Bon arbre et mauvais arbre, discernement – 1ère Partie

Dans les textes bibliques, nous lisons que Jésus a dit qu’il est la vérité (cf. Jean 14:6) et qu’il n’est qu’un avec le Père céleste (cf. Jean 10:30), signifiant qu’il est dans une parfaite unité avec le Père. Le Père céleste est celui qui est l’Éternel dont les hommes ont parlé déjà dans les textes bibliques antécédents à Jésus, tout en ayant jamais vu ce Dieu dont ils ont parlé. Jésus-Christ, lui, est en parfaite unité avec le Père céleste, il a dit ce qu’il a vu chez le Père, c’est de Dieu qu’il est sorti et c’est de lui qu’il est venu (cf. Jean 8:42, Jean 8:38). Tout au long des textes bibliques antécédents à Jésus, on lit des passages qui annonçaient et laissaient percevoir la venue du Christ et qui pointaient vers lui. Il est donc essentiel de partir des paroles de celui dont les textes bibliques nous rapportent qu’il est lui-même la vérité, qu’il a vu ce que le Père fait et qui est venu du Père dans le monde (cf. Jean 16:28), il s’agit du fils unique Jésus-Christ. Il est fondamental de partir de ce point d’entrée de la vérité dans le monde pour lire tous les textes bibliques, quels qu’ils soient, et discerner les choses exprimées par les hommes à propos de Dieu et des choses de Dieu, parce que personne n’a jamais vu Dieu. Dieu est Esprit (cf. Jean 4:24).

bon-arbre-01Parmi les douze que Jésus a choisis, qui l’ont côtoyé de près et qu’il a enseignés, le disciple Jean, fils de Zébédée (cf. Marc 1 :19, Matthieu 4 :21, Luc 5 :10), a écrit que Jésus s’est adressé au Père en ces termes : « Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci (Jésus parle ici de ses propres disciples) qui ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux » (Jean 17 :25-26 LSG). Ailleurs, en s’adressant à certains Juifs, Jésus leur a dit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien. C’est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu, et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais; et, si je disais que je ne le connais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde (tereo qui signifie s’occuper soigneusement, prendre soin de) sa parole » (Jean 8 :54-55 NEG79). Et dans l’introduction de l’évangile qu’il a mis par écrit, ce même Jean, fils de Zébédée, a affirmé en s’appuyant sur ce qu’il a compris des paroles de Jésus: « Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître » (Jean 1 :18 LSG). C’est donc sur la base des paroles de Jésus qu’il a entendues que Jean dit que Jésus est le fils unique qui a fait connaître Dieu. On parle ici de celui, Dieu, que personne n’a jamais vu et que le monde n’a pas connu. Le terme traduit par monde est kosmos qui signifie l’univers, la terre et ses habitants. Jean, en parlant à partir de sa propre expérience et de celle d’autres disciples qui l’ont entouré, a écrit à propos du fils unique : « Et nous avons tous reçu de sa plénitude (ce qui est à son plus haut degré de développement), et grâce pour grâce, car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1 :16-17 LSG).

Les textes bibliques nous rapportent donc que la connaissance de Dieu (celui que personne n’a jamais vu et que le kosmos n’a pas connu), ainsi que la grâce et la vérité sont venus par un seul homme : Jésus-Christ. C’est lui qui a fait connaître Dieu, notre Père céleste tel qu’il est véritablement. Alors partons de celui dont les textes bibliques rapportent qu’il est la vérité, le fils unique Jésus-Christ, regardons les paroles qu’il a prononcées et qui nous sont rapportées dans les textes bibliques. Les paroles que Jésus a prononcées doivent impérativement être la référence de départ de toute lecture des textes bibliques, que ces textes soient antécédents à Jésus ou succédant.

Jésus a laissé entendre que le kosmos n’a pas connu Dieu. Le kosmos n’a jamais vu Dieu. Alors regardons ce que Jésus a enseigné à propos du discernement, nécessaire pour connaître Dieu et les choses de Dieu, car personne n’a jamais vu Dieu, mais Jésus-Christ est sorti et venu de Dieu.

A des pharisiens qui croyaient que Jésus chassaient les démons par Béelzébul, prince des démons (voir Matthieu 12 :22-30), Jésus a dit : « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. Ou dites que l’arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l’arbre est mauvais et que son fruit est mauvais; car on connaît l’arbre par le fruit » (Matthieu 12 :31-34 NEG79). Ces croyants auxquels Jésus s’adresse prenaient l’esprit qui était en Jésus et par lequel il faisait les œuvres du Père pour un esprit démoniaque. Ainsi, ils parlaient contre le Saint-Esprit en le prenant pour le prince des démons. Cela se produisait parce qu’à travers l’enseignement qu’ils avaient reçu de leurs pères, ils n’avaient pas le discernement entre ce qui est conforme à l’Esprit de Dieu et ce qui ne l’est pas. Car personne n’a jamais vu Dieu. En enseignant dans le temple, Jésus s’est d’ailleurs écrié aux Juifs qui étaient là : « Vous me connaissez, et vous savez d’où je suis. Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m’a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais; car je viens de lui, et c’est lui qui m’a envoyé«  (Jean 7 :28-29 LSG). En enseignant encore une fois dans le temple (voir Jean 8 :20), à ceux qui lui ont spécifiquement demandé où est son Père, Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père«  (Jean 8 : 19 LSG). Il faut prendre conscience qu’en parlant de son Père, Jésus est en train de leur parler de l’Éternel, le Dieu auquel pourtant tous ces auditeurs de Jésus se référaient et au nom duquel ils agissaient. Et ces croyants pensaient certainement avoir du discernement en disant que Jésus chassait les démons par Béelzébul…

Ailleurs dans les textes bibliques, on trouve que Jésus a dit à une femme samaritaine : « Dieu est Esprit » (cf. Jean 4:24). Ainsi, nul n’a jamais vu Dieu, l’Esprit. L’Éternel est Esprit. De plus, les Juifs à qui Jésus s’adresse ne connaissaient pas ce Père qui l’a envoyé, c’est-à-dire Dieu lui-même [1], c’est-à-dire l’Esprit, cet Éternel dont les hommes ont parlé sans le connaître tel qu’il est. La conséquence est que ces croyants, Juifs, bien qu’étant tournés vers Dieu et appartenant pourtant au peuple descendant d’Israël (Jacob), confondaient l’œuvre de Dieu et l’œuvre d’origine démoniaque à cause de leur méconnaissance de l’Esprit-Saint (Dieu). Ils ne connaissaient pas Dieu, l’Esprit. Ils étaient sans discernement des esprits. Attribuer à une source démoniaque les œuvres du Saint-Esprit et attribuer au Saint-Esprit des œuvres d’origine démoniaque, c’est là ce que Jésus appelle dans ce passage : blasphémer contre l’esprit. Blasphémer contre le Saint-Esprit, c’est blasphémer contre Dieu lui-même, car Dieu est Esprit, il est l’Esprit-Saint qui est le même de toute éternité. Mais les hommes ne le connaissaient pas, ils ne savaient pas discerner cet Esprit-là (l’Esprit-Saint) des autres esprits.

bon-arbre-02Le terme pour péché qui est utilisé dans Matthieu 12 ci-dessus, c’est hamartia qui vient de hamartano et qui signifie par définition : erreur, faux état d’esprit. Cela consiste à un état de l’esprit, dont une manière de penser et une manière de comprendre les choses, qui est contraire à Dieu (l’Esprit). Pour mieux comprendre, on pourrait parler du péché en termes d’un esprit en mauvais état, un esprit qui est malade et qui a donc besoin d’être rétabli. Un esprit en mauvaise état pense de manière contraire à Dieu, contraire à l’amour. La loi de Dieu, telle que Christ l’a enseignée (voir Matthieu 5 :21-48) c’est l’amour [2], un amour tel qu’il a aussi démontré dans sa vie et par sa vie. Jusqu’à sa mort, sa résurrection et jusqu’à ce qu’il s’en aille auprès du Père, Jésus a démontré les caractéristiques véritables de l’amour, celles qu’il a enseignées.

Ce sont les manières de penser qui produisent les paroles et les actions (cf. Colossiens 1 :21). Jésus laisse comprendre, dans Matthieu 12, que tout faux état d’esprit sera pardonné aux hommes. Il s’agit de toute fausse manière de penser et toute fausse manière de comprendre les choses qui produit des actions mauvaises et qui a aussi pour conséquence des blasphèmes. Blasphémer consiste à porter des accusations graves et mensongères, des diffamations qui font perdre à quelqu’un sa réputation en lui imputant un fait qui porte atteinte à son honneur et à sa considération. Jésus dit que tout cela sera pardonné aux hommes. Il est important de relever que Jésus ne donne aucune condition préalable nécessaire à ce pardon. Les mauvaises actions des hommes et leurs diffamations seront pardonnées aux hommes sans prérogative, même si celui qui est diffamé est la personne de Jésus-Christ dans son humanité – C’est ce que Jésus sous-entend lorsqu’il utilise l’expression « fils de l’homme » en parlant de lui-même, il s’agit là de son humanité – Cette affirmation de Jésus est valable pour tout fils/fille d’homme, c’est-à-dire pour tout être humain, quel qu’il soit. Conformément à ce que Jésus dit dans ce passage, tout péché et tout blasphème contre des êtres humains sera pardonné aux êtres humains sans aucune condition. Mais Jésus laisse clairement comprendre que celui qui porte des accusations mensongères [3] contre le Saint-Esprit, c’est-à-dire celui qui porte des diffamations déformant la réputation du Saint-Esprit en lui imputant un fait qui porte atteinte à son honneur et à sa considération, cela ne sera pas pardonné chez cette personne, ni dans le présent, ni dans les siècles à venir. Dans le passage de Matthieu 12, Jésus n’attribue aucune rancune à Dieu (l’Esprit). Il ne dit pas que ce serait Dieu qui tienne compte du blasphème contre le Saint-Esprit et ne veuille pas pardonner, chez la personne, le blasphème contre lui (Saint-Esprit). Mais Jésus laisse entendre que le blasphème contre le Saint-Esprit, en provenance d’une confusion, ne peut pas être pardonné, ni dans le présent, ni dans les siècles à venir. Le verbe pour pardonner est aphiemi qui signifie notamment envoyer au loin, ne tenir aucun compte de, oublier, laisser aller. Le nom correspondant est aphesis qui a le sens de libérer de l’esclavage. C’est donc la délivrance des fausses manières de penser (un faux état de l’esprit) qui n’est pas possible, ni dans le présent ni dans le futur. Cette délivrance n’est pas possible chez une personne qui ne différencie pas l’Esprit de Dieu d’avec les esprits mauvais et qui attribue à l’Esprit de Dieu des choses qui lui sont contraires et en vient ainsi à parler contre l’Esprit-Saint. La cause du problème ne se trouve pas au niveau des blasphèmes en tant que tels, mais dans le manque de discernement dont ils sont issus. Jésus démontre d’ailleurs clairement dans cette situation qu’il ne tient pas compte et ne condamne pas ces croyants auxquels il s’adresse, malgré leurs propos blasphémateurs. Pourtant, leur blasphème est porté précisément et déjà dans le présent contre le Saint-Esprit qui est en Jésus. Jésus démontre le pardon de sa part envers ces hommes. Jésus démontre le fait qu’il ne tient pas compte de ces blasphèmes, alors qu’il met pourtant en lumière que leur affirmation est un blasphème contre le Saint-Esprit qui est en lui. Jésus ne les accuse [4] pas, ne les juge [5] pas et ne les condamne [6] pas pour leur blasphème contre le Saint-Esprit. Il démontre là que le Saint-Esprit qui est en lui ne le fait pas. Dieu est Esprit et il est dans une parfaite unité avec Jésus. Jésus et le Père (l’Esprit) ne sont qu’un, parfaitement uni par l’esprit. Et tout ce que le Père (l’Esprit) fait, le fils le fait pareillement. Jésus fait tout ce qu’il a vu faire au Père (cf. Jean 5:19). Jésus leur pardonne donc sans condition préalable et il prend soin d’enseigner ces croyants et les avertit des conséquences, dans le présent et dans l’avenir, de leur fausse manière de penser et fausse manière de comprendre les choses. Ces conséquences sont valables pour ceux à qui Jésus s’adresse, mais aussi pour ceux qui suivent leurs fausses manières de penser. Jésus met en lumière leur manque de discernement des esprits et il leur parle des conséquences de ce manque de discernement: l’impossibilité d’être délivré des fausses manières de penser. Soit, l’impossibilité d’être guéri d’un esprit en mauvais état. En réalité, une confusion entre le Saint-Esprit et un esprit démoniaque amène l’homme, dans ce monde où l’on ne voit pas Dieu (l’Esprit), à rejeter des choses du Saint-Esprit par ignorance. bon-arbre-03Cela conduit à rejeter, par manque de discernement, des choses qui viennent de Dieu lui-même et à recevoir des choses en provenance d’esprits mauvais [7]. Le Saint-Esprit possède en lui-même la saine manière de penser, il est la saine manière de penser, il est le Dieu de toute éternité. Dieu est Esprit, il est l’Esprit-Saint, l’Éternel qui ne change pas. Ce que Jésus laisse aussi déjà percevoir en disant « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’esprit ne sera point pardonné » (Matthieu 12 :31 NEG79), c’est que le Saint-Esprit peut amener l’esprit des hommes à être complètement rétablie et conforme à Dieu dans la mesure du discernement entre ce qui est conforme à l’Esprit-Saint et ce qui ne l’est pas. Le discernement est essentiel. Jésus est le discernement. Car Jésus est le témoin de la vérité conforme à l’Esprit-Saint. Et de même, l’Esprit-Saint rend témoignage de Jésus. Ceci s’accorde avec ces paroles de Jésus : « Mais le consolateur (parakletos qui signifie convoqué, appelé aux côtés, un aide, un avocat), l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera (hupomimnesko qui signifie remettre en mémoire) tout ce que je vous ai dit«  (Jean 14 :26 NEG79), et « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement » (Jean 15 :26-27 NEG79), et « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité… » (Jean 16 :13a NEG79).

A noter, depuis la venue de Jésus, le Père n’envoie pas l’Esprit-Saint en réponse à un autre nom, mais Jésus dit que c’est en son mon qu’il est envoyé. Depuis la venue de Jésus, le Saint-Esprit rend témoignage que Jésus est bien la vérité. Précédemment, le Saint-Esprit avait inspiré l’annonce de choses qui concernaient Jésus-Christ. Jésus est la vérité au sujet du Père (l’Esprit), la vérité à laquelle il est impératif de se référer. En présence d’Élie et de Moïse aux côtés de Jésus, la voix du Père (l’Esprit) s’est faite entendre pour Pierre, Jacques et Jean en ces termes: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection: écoutez-le! » (Matthieu 17:15 NEG79). Les hommes prenaient Élie et Moïse comme des références indiscutables au sujet de toutes choses qu’ils ont transmises au nom de Dieu. Et Pierre semblait vouloir mettre Élie et Moïse sur un plan d’égalité avec Jésus (cf. Matthieu 17:4), et c’est à ce moment précis que la voix du Père s’est faite entendre: Il faut écouter Jésus. Jésus a enseigné à ses auditeurs, par exemple, que c’est Moïse en qui ils ont mis leur espérance qui est leur accusateur (cf. Jean 5:45), mais que lui, Jésus, ne les accuserai pas devant le Père. Jésus a enseigné, par exemple, à Jacques et Jean qui avaient l’idée de faire comme Élie et de réduire des hommes en cendre, qu’ils ne savaient pas quel esprit leur inspirait de telles pensées! (cf. Luc 9:54-55, 2 Rois 1). Jésus est le seul nom par lequel les hommes peuvent être sauvés (cf. Actes 4:12), notamment parce qu’il est le seul qui a révélé la vérité au sujet du Père (l’Esprit), tel qu’il est véritablement et sans aucun mélange avec les œuvres du diable. C’est Jésus qui a fait connaître le Père, alors que ni Moïse, ni Élie, ni personne d’autre ne pouvaient le faire connaître tel qu’il est véritablement. Moïse, Élie et tous ceux qui sont venus avant Jésus font partie du kosmos dont Jésus dit qu’il n’a pas connu Dieu (voir aussi Jean 10:8-10). C’est pourquoi c’est en Jésus, en son nom à lui, que l’Esprit-Saint est maintenant envoyé. Le terme traduit par nom est onoma qui signifie noms propres à chacun. Le nom est utilisé pour tout ce qu’il recouvre, tout ce qui est pensé ou ressenti quand il est amené à l’esprit par sa mention, en entendant ce nom, en s’en rappelant, tant par le rang, l’autorité, les actions etc. Et il s’agit ici du nom du fils unique, celui qui est à l’image du Père, celui qui est l’expression parfaite de son être (cf. Hébreux 1:3). En parlant du nom de Jésus, il s’agit donc de tout ce qui est pensé et amené à l’esprit lorsque son nom est mentionné, tout ce qui est conforme à la vérité qu’il a révélée et qui est inclue en Jésus. Il faut prendre conscience que le nom avec lequel notre Père céleste (l’Esprit) a envoyé son fils unique c’est « Yeshua » qui signifie « Dieu sauve« . Il n’y a aucune condition dans la vérité que c’est Dieu qui sauve, et Jésus en a fait la démonstration autour de lui. Mais Jésus a aussi enseigné et démontré que c’est l’ignorance de la vérité qui empêche les hommes de faire la pleine expérience du salut de Dieu. Il peut y avoir toutes sortes de pensées ou d’idées préconçues qui viennent à la mention du nom « Dieu », et d’autres qui viennent aussi à la mention du nom « Jésus », et qui ne correspondent pas à ce que Jésus a enseigné et démontré à leur propre sujet mais qui sont modelées par tous ceux qui ont précédé Jésus. Et ce sont ces idées fausses, ces fausses manières de penser, celles qui ne correspondent pas à ce que Jésus a enseigné et démontré, qui poussent les hommes à rejeter la vérité qui sauve (délivre, libère, restaure, rétabli, guéri, béni). L’esprit des hommes reste alors dans un mauvais état, avec de fausses manières de penser et avec de fausses manières de comprendre les choses… Toutefois, le Père envoie l’Esprit-Saint en lien avec le nom de Jésus, mais pas en lien avec un autre nom. Car le Saint-Esprit rend témoignage à la vérité et Jésus-Christ est la vérité. Et Jésus a dit: « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent » (Luc 11 :13 NEG79).

Le Père donne de bonnes choses. Le Saint-Esprit est une bonne « chose » que le Père céleste donne à ceux qui le lui demande, et qui demeure éternellement avec nous (cf. Jean 14:16). Dieu seul est bon. Dieu est Esprit et le Saint-Esprit donne de bonnes choses. Il y a un véritable besoin de l’aide de l’Esprit-Saint (Dieu) d’une part, mais aussi un besoin du témoignage des paroles de Jésus et de sa propre vie d’autre part. Car l’Esprit de Dieu s’il n’est pas associé à la vérité que Jésus-Christ a enseignée et démontrée ne produit pas dans ce monde un résultat très différent de celui qu’ont vécu et transmis Élie, Moïse, et tous ceux qui sont venus avant Jésus… et c’est le cas aussi depuis Jésus, pour ceux qui ne tiennent pas compte de la vérité qui est en Jésus-Christ. L’esprit des hommes étaient déjà dans un mélange et une confusion avant Jésus. Il leur manquait le discernement que Jésus a apporté et c’est pourquoi le Saint-Esprit pointait déjà vers Jésus comme d’une nécessité salutaire. C’est Jésus qui est le témoin de l’Esprit-Saint et l’Esprit-Saint est le témoin de Jésus. L’Esprit-Saint était déjà le témoin de Jésus bien avant même la venue de Jésus-Christ. C’est par l’inspiration de l’Esprit-Saint que des hommes ont annoncé des choses qui se référaient à Jésus, sans forcément en avoir conscience sur le moment. Toutefois, il leur manquait le discernement de ce qui était de l’Esprit de Dieu et ce qui ne l’était pas, ainsi ils ont transmis un mélange qui est présent même dans leurs paroles prophétiques. Toutefois ce qui annonçait la venue du Christ était suffisamment perceptible pour que le peuple s’attende au Christ (cf. Matthieu 11:3, Luc 7:19-20, Jean 1:41, 4:25-26).

La confusion entre les esprits mauvais et l’Esprit de Dieu (l’Esprit-Saint) amène à rejeter la vérité par manque de discernement. Car le Saint-Esprit est l’Esprit de vérité (cf. Jean 16 :13). Sans le témoignage du fils unique, Jésus-Christ, il est impossible de discerner et de comprendre les choses correctement. Le rejet de la vérité que Jésus-Christ a enseignée et démontrée est ce qui maintient le croyant dans des fausses manières de penser qui produisent sa propre condamnation, en le maintenant sous le pouvoir du mal et dans les ténèbres, ou régulièrement à l’écart de la lumière à cause de ses œuvres mauvaises (cf. Jean 3 :17-21). Un tel croyant ne peut pas être délivré de l’esclavage du péché. Il reste esclave de fausses manières de penser et de fausses manières de comprendre les choses. Un tel croyant ne peut pas parvenir à vaincre le mal pour atteindre le stade adulte dans la foi (voir 1 Jean 2:12-14). C’est pourquoi le discernement de ce qui est conforme à l’Esprit-Saint qu’apporte Jésus-Christ est fondamental. Il s’agit de discerner les manières de penser et de compréhension des choses, discerner celles qui sont conformes à la vérité qui est en Jésus-Christ et celles qui ne le sont pas. Et cela est essentiel aussi pour ce que les hommes ont exprimé avant, pendant et après Jésus. Pour ce discernement, trois choses sont nécessaires: la connaissance du Père tel que Jésus l’a révélé, la connaissance du Fils tel que Jésus l’a révélé, et la connaissance du Saint-Esprit tel que Jésus l’a révélé. Le Fils unique est central. Ce qui est avant pointe vers le Fils unique et ce qui est après pointe vers le Fils unique. Car c’est lui l’image visible du Dieu invisible et l’expression parfaite de son être. Tout ce qui vient à la pensée lorsqu’on entend le nom « Père céleste », ou le nom « Fils », ou le nom « Saint-Esprit » se doit d’être conforme à ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré au sujet de ces trois noms qui sont dans une parfaite unité d’esprit. Et c’est à cette parfaite unité d’esprit que Dieu (l’Esprit) désire joindre ses disciples (cf. Jean 17:22-23, 11). C’est pourquoi aussi Jésus a laissé entendre, à ses propres disciples, que pour faire des disciples il est nécessaire d’être immergé dans le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (cf. Matthieu 28:18-20). Il s’agit d’être immergé dans les caractéristiques véritables du Père, celles du Fils et celles du Saint-Esprit telles que Jésus-Christ les a révélées. C’est Jésus qui a fait connaître le nom du Père, l’Esprit, tel qu’il est véritablement dans ce qui le qualifie.

A suivre…

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[1] Dans Jean 6 :27, en parlant de la nourriture qui subsiste éternellement, Jésus dit : « …que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père, que Dieu lui-même a marqué de son sceau ». Jésus explicite que le Père c’est Dieu lui-même. Voir aussi Jean 20 :17, où Jésus dit à Marie de Magdala qui l’a vu après sa résurrection : « Va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu »

[2] Cf. Matthieu 22 :37-40 BDS « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le commandement le plus grand et le plus important. Et il y en a un second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’enseignent la loi et les prophètes est contenu dans ces deux commandements. » Cf. Romains 13 :10 BDS « Celui qui aime ne cause aucun mal à son prochain. Aimer son prochain, c’est donc accomplir toute la loi. »

[3] Parce qu’il y a confusion entre l’Esprit-Saint et un esprit démoniaque.

[4] Accuser signifie déférer quelqu’un en justice pour une faute commise.

[5] Juger signifie prononcer une sentence à propos de quelqu’un. Mais le terme signifie aussi évaluer la valeur de quelqu’un. Dans le terme original krino il y a le sens de séparer.

[6] Condamner signifie déclarer qu’un acte est répréhensible et que l’auteur est passible d’une peine, et la lui infliger.

[7] Ces esprits mauvais ne sont pas forcément externes aux hommes mais peuvent être simplement d’autres hommes.

La mort et la vie: au pouvoir de la langue – 1ière Partie

Dans le livre des proverbes, qu’il est toutefois nécessaire de filtrer avec la vérité qui est en Christ, se trouvent un bon nombre de joyaux, parmi ceux-ci: « Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits » (Proverbe 18:20-21 BDS).

Mortetvie3Qu’on en ait conscience ou pas, la réalité est que toutes les paroles que l’on prononce ont du poids, car elles produisent quelque chose. Jésus lui-même a démontré la puissance potentielle de la parole qui sort de nos bouches. Il l’a fait dans de nombreuses manifestations de la puissance du Saint-Esprit, qui agissait à travers lui, comme par exemple avec la tempête (voir Marc 4:39), ou dans l’histoire avec le figuier (cf. Matthieu 21:18-22). Lorsque le lendemain matin, Pierre est tout étonné de voir que le figuier que Jésus avait maudit la veille a séché jusqu’aux racines, Jésus répondit: « Ayez foi en Dieu. Vraiment, je vous l’assure, si quelqu’un dit à cette colline: «Soulève-toi de là et jette-toi dans la mer», sans douter dans son cœur, mais en croyant que ce qu’il dit va se réaliser, la chose s’accomplira pour lui. C’est pourquoi je vous le déclare: tout ce que vous demandez dans vos prières, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé » (Marc 11:22-24 BDS).

Jésus place la foi en Dieu comme point de départ de l’impact de ses propres paroles. Mais ensuite, de cette position de foi en Dieu, Jésus place les conséquences comme le résultat de ce qu’on dit et croit. Jésus invite à avoir foi en Dieu, et il définit ici les conséquences de cette foi: la foi dit sans douter, parce qu’elle croit que ce qu’elle dit va se réaliser. Et alors cette chose s’accomplira pour celui qui croit. L’auteur aux Hébreux a d’ailleurs résumé cela ainsi: « La foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1 SG21). La réalité de la foi se reflète dans le langage. Un exemple de cette réalité de la foi, qui croit que ce qu’elle dit va se réaliser, se trouve lorsque Pierre guérit un paralytique dans la cours du temple. Le paralytique ne s’attend pas à ce que Pierre le guérisse, mais il s’attend à recevoir l’aumône. Pierre lui dit: « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai je te le donne: au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche! » et il joint son geste à sa parole. Pierre prend le paralytique par la main droite et le fait se lever. Et le résultat est selon ce que Pierre s’attendait (cf. Actes 3:6-8 BDS). Un exemple similaire est lorsque Pierre guérit un autre paralytique du nom d’Enée et lui dit: « Enée, Jésus-Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit!« , et il nous est dit qu’il se leva aussitôt (cf. Actes 9:33-34). C’est intéressant de relever que Pierre ne formule pas une prière du genre qui demande à Dieu, ou à Jésus, de guérir la personne. Pierre ordonne lui-même les choses à cause de sa foi en Christ. Toutefois, Pierre dit clairement que ce n’est pas par son propre pouvoir que ce qu’il a ordonné s’est produit (cf. Actes 3:12-13). De la même manière, Jésus n’a pas fait les œuvres qui étaient les siennes par son propre pouvoir, il s’en est dépouillé en se revêtant d’une nature semblable à l’homme. Mais Jésus a agit par l’Esprit qui était en lui et qui est le même qu’il nous a donné. Et, le moyen que Jésus a utilisé pour agir, c’est le moyen de la foi en Dieu, la confiance dans l’Esprit qui était en Lui. Jésus avait foi en Dieu, et de cette position de confiance en Dieu, croyant sans douter que ce qu’il disait lui était donné, il ordonnait par exemple la guérison ou la résurrection (cf. par exemple Marc 2:9, Marc 3:5, Luc 7:14, Luc 8:54, Jean 5:8…). Et les disciples ont suivi l’exemple que Jésus a montré (cf. Actes 9:36-43).

Mortetvie2Les signes miraculeux, par la puissance de Dieu que Jésus a démontrée, ont tous des éléments qui nous enseignent d’une part au sujet des réalités du règne de Dieu, et d’autre part au sujet de la vérité concernant Dieu. Il s’agit de la vérité concernant les œuvres qui sont de Dieu et celles qui sont de son adversaire. Jésus semble se servir de l’exemple du figuier pour démontrer la puissance des paroles, lorsqu’on croit ce qu’on dit et qu’on dit ce qu’on croit. Dans l’exemple du figuier, la parole de Jésus était une parole qui peut être associée à une « parole de mort »: « Tu ne porteras plus jamais de fruit! » et ce que le texte nous dit, c’est qu’à l’instant même, le figuier devint tout sec (Matthieu 21:19 BDS). Mais cette « parole de mort » était dirigée envers un arbre. Il faut préciser qu’à aucun moment dans les évangiles, on voit Jésus maudire et produire la mort d’un être humain, même si certains qu’il a rencontré étaient des hommes qu’on qualifie de « mauvais » (hostile à Dieu) et qui ne produisaient aucun bon fruit. En réalité, ils étaient déjà « mort » (cf. ex. Ephésiens 2:1). Non, Jésus n’a produit lui-même ni la mort d’un être humain, ni maladie, ni infirmité… et n’a verbalisé aucune malédiction envers des hommes (Remarque: lorsque certaines traductions place dans la bouche de Jésus l’expression « Malheur à vous », le terme original signifie « Hélas » et n’a rien à voir avec un proclamation de malheur). Jésus a démontré ce que le Père fait et ce qu’il ne fait pas ! Jésus montre et enseigne ici, avec le figuier, la puissance de nos paroles, lorsqu’on croit que ce qu’on dit va se réaliser. Jésus connaît la puissance de vie et de mort contenue dans la parole, et il ne l’a jamais utilisée envers des hommes pour voler, détruire ou tuer (cf. Luc 9:55). Jésus, qui a semé la vie par ses paroles, démontre avec le figuier que nos paroles ont aussi le pouvoir de mort… ! Dieu a tout créé par sa parole (cf. Genèse 1:3, 6, 9, 11,14, 20, 22, 24, 26, 28, 29). Dieu créé en disant, et il bénit en disant. Par sa parole, il a créé les hommes, homme et femme, pour être son image. Il a mis cette même puissance dans la bouche des hommes. Lorsqu’on croit ce qu’on dit, nos paroles ont du poids dans notre propre vie, et nos paroles ont même du poids sur la création, à l’exemple du figuier ou de la tempête (cf. Marc 4:39). Il est important de réaliser aussi, que des paroles qu’on ne croirait pas mais qu’on exprime quand même, ont un impact sur ceux qui les entendent et les croient ! Toutefois, si les gens qui entendent ces paroles ne les croient pas, ces paroles n’ont pas forcément du poids. D’une manière générale, les gens croient ce qu’ils disent, bien plus que ce qu’ils veulent bien reconnaître. Malheureusement, surtout pour les paroles négatives qui sortent de leur bouche ou qu’ils entendent des autres…

La croyance des gens est souvent déterminée par leur seule observation du visible et l’expérience se trouve alors modelée par le visible. Mais pour les réalités du règne de Dieu, la foi précède toujours le visible. La foi amène les réalités invisibles du règne de Dieu à devenir visibles. La foi aligne ses paroles et ses actes en fonction de ce que Dieu a enseigné et démontré en Jésus-Christ. La foi, c’est croire ce que Dieu a dit, puis s’exprimer et agir en conséquence. Malheureusement, on voit beaucoup de croyants vivre par les observations qu’ils font dans le monde actuel, et vivre par les seuls principes élémentaires de ce monde, sans tenir compte des réalités invisibles démontrées en Christ. Cela vient d’un manque d’expérience de la foi, celle qui rend visible les réalités invisibles du règne de Dieu. Ce manque d’expérience de la foi trouve bien souvent sa cause dans une méconnaissance de la grâce de Dieu. Cette méconnaissance amène une expérience de la grâce de Dieu qui semble aléatoire et au bon vouloir d’un Dieu qui semble faussement avoir une volonté aléatoire et des sauts d’humeur… Mais lorsque notre expérience est d’avoir vu, par exemple, des malades être guéris à travers nos mains et selon nos paroles exprimées avec foi, la croyance se trouve aussi modelée par ce qu’on a vu, mais modelée par ces réalités du règne de Dieu qui ont été rendues visibles par le moyen de la foi, et qui font partie de notre expérience. Le langage du croyant qui a fait l’expérience du règne de Dieu, va alors refléter ces réalités là.

Bien que le système de croyance des gens ne soit pas forcément lié à ce qu’ils voient faire par d’autres, même par Jésus (cf. Jean 12:37), les gens ont tendance à croire uniquement ce qu’ils voient par eux-mêmes, ou ce dont ils ont fait eux-mêmes l’expérience. Par exemple, les autres disciples qui ont dit à Thomas que Jésus était ressuscité, l’ont vu de leurs propres yeux. Mais Thomas qui n’était pas avec eux, ne croit pas ce qu’ils disent. Il doute même de leur témoignage. Pourtant, Thomas devait bien connaître certains de ces disciples, avec qui il a tout partagé avec Jésus pendant trois années (cf. Jean 20:24-31). Ce qu’on observe dans les évangiles, c’est que beaucoup de ceux qui n’avaient pas fait eux-mêmes l’expérience du règne de Dieu, mais qui croyaient pourtant dans le Dieu d’Abraham et de Moïse, inclus tous les miracles décrits dans les Écritures, ne croyaient pas dans les réalités du règne de Dieu que Jésus leur démontrait. Et ils croyaient encore moins dans la possibilité de faire eux-mêmes les mêmes œuvres que Jésus…

La tendance des gens est d’avoir leur croyance modelée par ce qui concerne la présence de ce qui est en lien avec le mal: maladies, infirmités, catastrophes, événements malheureux, etc. Une des raisons, c’est que tous ont été victime à un moment ou un autre de ce mal et, en général, sans pouvoir l’expliquer ni en comprendre ses causes et son origine, par méconnaissance des réalités invisibles et par méconnaissance de Dieu. Et bien souvent, les paroles des croyants sont alors alignées sur les seules réalités visibles, qu’ils croient dans leur cœur comme seule réalité, et ils confessent sans cesse de leur bouche ces réalités là. Même si parfois, ils essaient d’aligner leur confession sur les promesses de Dieu, leur cœur reste rempli de doutes. Ils confessent le mal qu’ils ont expérimenté, ils confessent les principes de ce monde, bien davantage que la possibilité qu’il puisse en être autrement. Parce qu’ils ne croient pas dans leur cœur qu’il puisse en être autrement. Ils alignent alors naturellement, sans en avoir forcément conscience, leurs paroles sur ces réalités visibles, au lieu de vivre dans la foi en Christ et d’aligner leurs paroles sur les promesses de Dieu, sur la Parole de Christ, sur les réalités possibles qui sont en Christ. En Christ, Dieu a dit « oui » à tout ce qu’il a promis, « oui » aux réalités du règne de Dieu. Ces réalités sont possibles que par le moyen de la foi: croire et agir en conséquence, langage inclus. Les réalités du règne de Dieu ont été démontrées par Christ. Il s’en est saisi par le moyen de la foi. Et ces réalités ne se limitent pas aux principes élémentaires de ce monde (cf. Matthieu 14:14-21, 14:22-33, 8:23-27, Jean 2:1-12, …). Mais toutes ses réalités du règne de Dieu sont considérées comme une folie par le monde, et par l’homme livré à lui-même avec sa propre manière de penser… (cf. 1 Corinthiens 2:14). Malheureusement, il en est souvent de même pour le croyant qui est au stade d’enfant dans son union avec le Christ.

Mortetvie4Le fait est que nos paroles proviennent de ce qui nous habite réellement. La puissance de la parole, qui sort de nos bouches, s’observe dans la vie de chacun. La vie d’un individu est le reflet des paroles qui sortent de sa bouche. Et ces mêmes paroles sont celles qui produisent la vie qui est la sienne… Les gens croient ce qu’ils disent et ils disent ce qu’ils croient. Parfois, les gens vont contrebalancer, avec des paroles opposées, ce qu’ils viennent d’exprimer de « destructeur ». C’est parce qu’ils se rendent compte de ce qu’ils viennent d’exprimer. Mais la vérité de ce qu’ils croient dans leur cœur se trouve dans ce qu’ils venaient d’exprimer en premier lieu… Aussi, c’est ce qu’ils croient véritablement qui se produit. L’observation est la suivante: « Ce que le méchant (celui qui est hostile à Dieu) redoute lui arrive, mais ce que le juste (celui qui vit dans la foi en Dieu) désire lui sera accordé » (Proverbes 10:24 BDS). Jésus a enseigné que Dieu est bon avec les justes et avec les injustes (cf. Luc 6:35-36). Le problème ne vient pas du côté de Dieu. Le « juste » comme le « méchant » s’expriment en fonction de ce qu’ils croient. La tendance c’est que l’un exprime ce qu’il redoute, à cause de sa mauvaise manière de penser, et l’autre exprime son assurance dans l’avenir, à cause de sa confiance en Dieu. Ce qu’ils croient se produit pour chacun (cf. Matthieu 8:13, 9:30, 15:21-28). A noter: Le croyant qui ne vit pas dans le don de la justification par la foi et sous le régime de la grâce de Dieu, aura naturellement tendance à s’exprimer comme quelqu’un qui est hostile à Dieu, et à redouter le malheur. Ces paroles le reflèteront. Ce que Jésus nous permet de percevoir dans Marc 11, c’est que:

Les paroles ont du poids seulement à la mesure de ce qu’on croit!

Les paroles des autres ont la même puissance que nos propres paroles, si nous croyons ce qu’ils disent. Lorsque quelqu’un croit ce que d’autres ont dit, il va aligner ses paroles sur ce qui a été dit par les autres et qu’il croit. Ainsi, on voit malheureusement, par exemple, un grand nombre de personnes se dénigrer et se dévaloriser elles-mêmes dans leurs paroles, parce qu’elles se sont alignées sur ce que d’autres ont dit et qui est maintenant devenu ce qu’elles croient dans leur cœur. Malheureusement, par ces mêmes paroles ces personnes produisent leur vécu, à cause de ce qu’elles croient. L’adversaire de Dieu se plaît même à s’appuyer sur leurs paroles pour œuvrer, ainsi ce qu’ils croient et verbalisent leur arrive. C’est pourquoi, il est important de comprendre quelle est la source de ce qui sort de la bouche, car il n’est pas suffisant de dire à quelqu’un de changer son langage, bien qu’il soit important d’être attentif à la puissance des paroles. Mais la puissance des paroles se trouve dans ce qui est cru par la personne. Il est donc nécessaire d’agir et de changer ce qui est cru dans le cœur.

Aux pharisiens qui étaient remplis de mauvaises pensées, Jésus leur dit: « Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l’êtes? En effet, la bouche exprime ce dont le cœur est plein » (Matthieu 12:34 SG21). A noter, l’expression « races de vipères« , n’est pas une insulte que Jésus lance aux Pharisiens, mais elle souligne le fait que la nature de l’homme a été revêtue de la même nature que le Serpent (le père du mensonge) depuis la faute d’Adam en Eden. Et c’est une manière de penser conforme au père du mensonge qui est maintenant présente dans la pensée des hommes et qui produit son fruit. Il ne faut pas imaginer Jésus entrain de crier sur les pharisiens et de dévaloriser la nature humaine, comme le font les hommes livrés à eux-mêmes. Mais il faut percevoir Jésus rempli d’un cœur compatissant, qui s’exprime avec les caractéristiques de l’amour. Il met en lumière le problème de l’homme, sa manière fausse de penser, auquel Jésus apporte la solution: il s’agit de connaître la vérité qu’il enseigne et démontre au sujet du Père et de son amour. A ses disciples, Jésus leur dit aussi: « L’homme qui est bon tire le bien du bon trésor de son cœur; celui qui est mauvais tire le mal de son mauvais fonds. Ce qu’on dit vient de ce qui remplit le cœur » (Luc 6:45 BDS). Ainsi, c’est à la source de ce qu’on dit qu’il faut agir, c’est-à-dire au niveau du cœur (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). On retrouvait déjà cette observation dans les Proverbes, avec cette invitation: « Par-dessus tout: veille soigneusement sur ton cœur, car il est à la source de tout ce qui fait ta vie » (Proverbe 4:23 BDS).

A suivre

Sortir du stade d’enfant dans l’union avec Jésus-Christ

Lorsqu’on parle de maturité dans l’union avec le Christ, la tendance naturelle est d’évaluer cette maturité avec des critères d’évaluations qui sont modelés par le monde actuel, selon une pensée tout humaine. Dans de nombreux domaines, la pensée du monde se trouve éloignée de la pensée du Christ. Aussi, si l’on veut avoir une sage évaluation de notre maturité en Christ, il est important de savoir quels sont les critères d’évaluation qui nous sont donnés dans la Bible, par les écrits de ceux qui ont été parmi les premiers à vivre dans l’union avec le Christ.

Enfant 3L’évaluation de la maturité est un sujet sensible et demande de l’humilité parce ce que les textes bibliques ne laisse pas beaucoup de place à la prétention. Il est donc nécessaire de s’assoir dans le rappel que notre valeur aux yeux de Dieu et son amour pour nous ne sont en rien liés au résultat de cette évaluation. La Parole de Dieu évalue les pensées et les dispositions du cœur, Dieu n’est pas celui qui condamne si elles ne sont pas correctes, mais Sa Parole les met en lumière (cf. Hébreux 4:12). Lorsque quelque chose est mis en lumière, il est important de le recevoir sans laisser le cœur s’endurcir (cf. Hébreux 3:7-8, Ephésiens 4:18). La Parole de Dieu fait apparaître la vérité concernant ce qui nous habite réellement. Si la culpabilité habite encore le croyant, c’est un signal qu’il est nécessaire pour lui de revisiter l’union avec le Christ et en particulier ce que Dieu a démontré en Christ concernant le pardon des péchés. Aussi, pour ne pas laisser le père du mensonge s’adonner à son occupation favorite qui est l’accusation, il est important de commencer ici en rappelant la vérité que Christ a annulé à la croix, une fois pour toute, l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements (cf. Colossiens 2:14). Dieu déclare/rend juste celui qui croit (cf. Romains 8:33). « Puisque nous avons été déclarés/rendus justes en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains 5:1 – BDS), alors nous pouvons entendre ce que les textes bibliques disent, avec un cœur purifié de toute mauvaise conscience (cf. Hébreux 10:22). Et s’il y a une mauvaise conscience, elle est en général liée à de mauvaises intentions du cœur qui a besoin d’être lavé dans la vérité qui est en Jésus-Christ (cf. Jean 13:8, Jean 15:3, Jacques 4:8).

Voici ce que Paul dit aux Corinthiens chez qui il y avait des problèmes d’orgueil, de division et d’immoralité: « Pour ma part, frères et sœurs, je n’ai pas pu vous parler comme à des personnes dirigées par l’Esprit, mais comme à des personnes dirigées par leur nature propre, comme à de petits enfants en ChristJe vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter. D’ailleurs, même maintenant vous ne le pouvez pas parce que vous êtes encore animés par votre nature. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie, des disputes et des divisions, n’êtes-vous pas dirigés par votre nature propre et ne vous conduisez-vous pas d’une manière tout humaine? Quand l’un dit: «Moi, je me rattache à Paul» et un autre: «Moi, à Apollos», n’êtes-vous pas animés par votre nature? » (1 Corinthiens 3:1-4 – SG21).

Paul laisse comprendre que le fait d’être encore dirigé par notre propre nature est ce qui caractérise celui qui est encore un petit enfant dans l’union avec le Christ. Dans les caractéristiques que Paul mentionne ici, on retrouve la jalousie, les disputes, et les divisions qui proviennent par exemple des revendications à une dénomination. Celui qui est au stade d’enfant a typiquement tendance à s’évaluer par son appartenance à une dénomination et par ce qui caractérise cette dénomination. Il s’évalue par comparaison aux autres, dont les autres dénominations. La jalousie, les disputes et les divisions sont là autant de comportements issus du fait d’être dirigé par notre propre nature et non par l’Esprit de Dieu. En ce qui concerne la division, il peut être bon de préciser de quelle division on parle. Parce qu’il y a une division qui vient de la parole même de Christ (cf. Jean 10:19), une division qui est provoquée par sa parole et qui est dans l’intention de Jésus (cf. Luc 12:51-53). Cette division intentionnelle de Jésus vient séparer les « brebis » des « boucs » (cf. Matthieu 25:32-33), c’est-à-dire mettre en évidence ceux qui lui appartiennent et qui connaissent réellement sa voix (cf. Jean 10:14, 26, 27), et qui connaissent ce que sa parole dit véritablement, ce qu’elle signifie. A noter, ce n’est pas parce qu’un groupe de croyants est uni dans un système de pensée que cette unité vient de l’Esprit de Dieu (voir aussi L’unité est donnée par l’Esprit). Satan n’est d’ailleurs pas divisé contre lui-même (cf. Matthieu 12:26), mais il continuera d’essayer de semer de la division parmi ceux qui appartiennent à Dieu. Ceux qui font la promotion d’une même manière de penser sont généralement unis entre eux autour et à cause de cette manière de penser. C’est ce qui fait que les individus ont, par nature, tendance à se regrouper avec ceux qui pensent comme eux, indépendamment du contenu et de la valeur de leur manière de penser. Aussi, l’unité d’un certain groupe de croyants ne signifie pas forcément que cette unité vienne de l’Esprit de Dieu. Car si la manière de penser qui est commune au milieu d’eux n’est pas conforme à la vérité, particulièrement en ce qui concerne le pardon des péchés, alors ce groupe de croyants sera très certainement au stade d’enfant, sans discernement. Jésus suscitait de la division parmi les pharisiens et les spécialistes de la Loi. Ceux-ci, d’après les critères bibliques qui ont fait suite à Jésus-Christ, étaient très loin d’être des adultes spirituellement. Le problème n’était pas Jésus mais la manière de penser qui habitait les religieux qui croyaient en Dieu, mais qui vivaient comme livrés à eux-mêmes et ne discernaient pas la vérité qui était en Christ. De la même manière qu’avec Jésus, la présence d’un croyant qui ne serait plus au stade d’enfant peut provoquer de la division parmi ceux qui sont encore au stade d’enfant et qui ne discernent pas la vérité. Ceux qui sont au stade d’enfant vont alors causer des divisions parmi les croyants parce qu’ils n’ont pas la pensée du Christ, de la même manière que les religieux au temps de Jésus. Paul parle de cette division qui vient de ceux qui n’ont pas la pensée du Seigneur, c’est-à-dire qui ne sont pas conduits par l’Esprit de Dieu mais par leur propre nature, comme Jude le mentionne aussi: « Eh bien! il s’agit de ces gens-là! Ils causent des divisions, ils sont livrés à eux-mêmes et n’ont pas l’Esprit de Dieu » (Jude 1:19 – BDS). Ne pas avoir l’Esprit de Dieu signifie notamment ne pas avoir sa manière de penser. Et Paul pense même que cette division provoquée par les hommes qui vivent comme livrés à eux-mêmes, est nécessaire chez les Corinthiens pour que les chrétiens qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, et qui ont fait leur preuve de la vie de Christ en eux, soient reconnus parmi eux:  « Sans doute faut-il qu’il y ait chez vous des divisions, pour que les chrétiens qui ont fait leurs preuves soient clairement reconnus au milieu de vous! » (1 Corinthiens 11:19 – BDS). Paul rejoint ainsi l’intention de Jésus. Ceux qui sont « la lumière du monde » ne doivent pas échapper aux regards: « Vous êtes la lumière du monde. Une ville au sommet d’une colline n’échappe pas aux regards. Il en est de même d’une lampe: si on l’allume, ce n’est pas pour la mettre sous une mesure à grains: au contraire, on la fixe sur un pied de lampe pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. C’est ainsi que votre lumière doit briller devant tous les hommes, pour qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils en attribuent la gloire à votre Père céleste » (Matthieu 5:14-16 – BDS), (voir aussi L’unité est donnée par l’Esprit). Jésus faisait le bien au milieu du peuple qui se disait de Dieu, mais même ce bien qu’il faisait provoquait de la division parmi ceux qui étaient livrés à eux-mêmes, sans discernement malgré leur « connaissance » des Écritures et tout leur zèle pour Dieu. Il y avait des divisions parmi eux parce qu’ils ne comprenaient pas non plus ce que Jésus leur disait (cf. Jean 9:15-16, Jean 10:1-21).

Paul ne dit pas aux Corinthiens que l’Esprit n’habite pas en eux ou que celui-ci les aurait quittés, mais il dit qu’ils ne sont pas dirigés par l’Esprit qui est en eux. Le fait d’être encore dirigé par notre propre nature fait en sorte que l’action du mal reste présente chez celui qui est encore au stade d’enfant dans l’union avec le Christ. Le résultat est par exemple l’immoralité (cf. 1 Corinthiens 5), qu’on peut décrire comme une incapacité à ne pas être dominé par son corps et par sa propre nature. Celui qui est encore au stade d’enfant croit en général que cette parfaite maîtrise de son corps n’est pas possible dans le monde présent, c’est parce que c’est là son expérience par méconnaissance de la vérité (cf. 1 Pierre 1:14). Paul sous-entends clairement qu’une parfaite maîtrise de son corps peut être gagnée et que c’est là une volonté de Dieu (cf. 1 Thessaloniciens 4:3-5). Cette maîtrise provient du renouvellement de la pensée pour l’alignée à la pensée enseignée et démontrée par Jésus-Christ, car c’est la pensée qui amène aux œuvres mauvaises (cf. Colossiens 1:21). Dans sa lettre, Jacques mentionne aussi que cette caractéristique de parfaite maîtrise du corps correspond au stade adulte dans l’union avec le Christ, et que cela va de pair avec la maîtrise de nos paroles (cf. Jacques 3:2). Celui qui ne vit pas encore cette réalité pourra difficilement en parler, car s’il ne le vit pas, en général c’est qu’il ne sait pas comment on y parvient. Paul et Jacques savaient de quoi ils parlaient. Toutes ces choses, telles que jalousie, disputes, divisions, immoralité sous toutes ses formes, ne pas maîtriser nos paroles, etc. sont des caractéristiques du stade d’enfant dans l’union avec le Christ.

Enfant 4Dans la lettre aux Ephésiens, en parlant d’être enseigné correctement, Paul dit: « De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur » (Ephésiens 4:14 – BDS). Le fait d’être ballotté par toutes sortes d’enseignements qui parfois divergent et s’opposent entre eux, ne sachant pas où se positionner et être dans la confusion, cela est aussi une caractéristique de celui qui est encore au stade d’enfant. Il manque de discernement. En réalité, il a de la peine à discerner la vérité par méconnaissance de celle-ci, parce qu’il est mal équipé. Il ne peut donc pas être établi dans la vérité qu’il méconnaît. Sa méconnaissance de la vérité l’empêche de pouvoir faire le tri dans les enseignements. Ainsi, il est facilement ébranlé et ballotté dans ce qu’il croit, et face à ce qu’il entend autour de lui. Son réflexe sera en général de se ranger du côté de l’enseignement de ceux qui sont les plus considérés par la majorité. Il se laisse plus volontiers influencer par des livres écrits par ceux que la majorité considère, et par des témoignages, que par ce qu’il pourrait trouver lui-même dans les textes bibliques avec l’aide de l’Esprit Saint. Ainsi, celui qui est au stade d’enfant aura tendance à voir toute chose avec les lunettes des autres. Le problème est lorsque la majorité qui entoure celui qui est au stade d’enfant se trouve elle-même au stade d’enfant, et manque de discernement par méconnaissance de la vérité contenue dans les Écritures. Il n’y a alors pas de discernement face aux enseignements, face au contenu des livres et des témoignages, dont les auteurs peuvent avoir été eux-mêmes au stade d’enfant, eux-mêmes sans discernement et conduits par leur propre nature. Chaque individu a tendance à promouvoir ce qui lui semble correct. C’est pourquoi, une fois encore, il est essentiel d’évaluer personnellement toute chose à la lueur des Écritures. La tendance du stade d’enfant c’est de s’appuyer en grande partie sur l’interprétation que les autres font des Écritures. Il aura tendance à prendre comme vérité toute « méditation », ou réflexion tirée d’un texte biblique, si cela est publié par un organisme officiel ou par une personne de renommée, ou possédant un titre particulier.

Caractéristiques de la vérité

Lorsque quelque chose qui correspond à la vérité est confirmée par l’Esprit, avec une révélation claire de ce que dit l’ensemble des Écritures, cela devient inébranlable en celui qui croit, car le royaume que nous recevons est inébranlable. La Parole de Dieu est inébranlable, mais ce qui n’est pas la Parole de Dieu est voué à être ébranlé pour que ne demeure que la vérité, ce qui est du royaume de Dieu (cf. Hébreux 12:26-29). « L’inébranlabilité » de la vérité n’est pas à confondre avec une obstination aveugle, souvent arrogante et prétentieuse, qui s’accroche fermement à ce qui est cru, simplement par crainte que cette croyance s’effondre et s’avère erronée. L’insistance convaincue de celui qui connaît la vérité sera d’ailleurs souvent perçue faussement comme de l’arrogance par celui qui est au stade d’enfant. Car, en général l’enfant a tendance à croire qu’il n’est pas possible de connaître la vérité, et que prétendre connaître la vérité est forcément arrogant et prétentieux. Il ne réalise pas que ainsi il fait de tous les auteurs du Nouveau Testament, et même de Jésus, d’arrogants prétentieux. Jésus a même dit que le Saint-Esprit nous conduirait dans la vérité tout entière (cf. Jean 16:13). Une confusion entre l’arrogance et l’assurance que donne l’Esprit, démontre précisément une méconnaissance de la vérité, une méconnaissance des caractéristiques de la vérité par celui qui est au stade d’enfant. Celui qui connaît la vérité présente la vérité parce qu’elle est la vérité démontrée dans les Écritures et dans sa vie par ce que seule la vérité produit. Il ne défend pas son contenu comme si c’était le fait d’avoir en soi de la connaissance qui définirait la valeur de son identité. En réalité, la vérité fait découvrir notre véritable valeur et notre identité de fils (ou fille) adoptif de Dieu qui amène à ne plus être susceptible à l’opinion des autres. C’est pourquoi celui qui est établi dans la vérité peut défendre la vérité sans que son identité et sa valeur soient mises en jeu en exposant ce qu’il croit être la vérité. Il n’a pas son identité et sa valeur dans le fait de connaître quelque chose qui appartient à la vérité. Il y a une assurance paisible qui accompagne la vérité lorsqu’elle est attestée par l’Esprit, démontrée par les Écritures et par ce que seule la vérité produit. La vérité peut ainsi être mise à l’épreuve sans être ébranlée, car « En effet, nous n’avons aucun pouvoir contre la vérité. C’est seulement pour la vérité que nous en avons » (2 Corinthiens 13:8 – BDS). Chaque individu croit que ce qu’il croit est la vérité, car personne ne choisit consciemment de croire à du mensonge. Mais le mensonge donnera toujours lieu à des incohérences qui deviennent inconfortables pour celui qui s’obstine dans une croyance qui appartient au mensonge. Et en fonction du cœur de la personne, il y a deux réactions face à la vérité: soit la personne est conduite à changer sa manière de penser, soit elle prend un chemin de fuite. Ce chemin de fuite peut être animé d’une certaine violence, mais il peut aussi être sous forme d’une simple parole du type: « il faut être d’accord de ne pas être d’accord… » Cette expression est souvent le résultat d’une certaine malhonnêteté lorsque de fausses croyances sont mises en lumière. Le mensonge amène des incohérences entre les interprétations des différents passages bibliques, des incohérences entre ce que quelqu’un dit et ce qu’il vit réellement, etc. Jésus n’a démontré aucune incohérence entre ce qu’il a cité des Écritures, ce qu’il a dit, ce qu’il a enseigné et ce qu’il a démontré par sa propre vie. La vérité est cohérente car Dieu est cohérent, il est la vérité, sa parole est la vérité. C’est ce que les hommes disent de Dieu et font dire à Dieu et à certains textes bibliques qui est parfois mensonger et donc incohérent. Et cela fait apparaître Dieu comme quelqu’un de schizophrène: typiquement un Dieu d’amour qui commet le mal pour enseigner des leçons pour produire le bien, tout en disant de ne pas commettre le mal… Ce n’est pas là le Père que Jésus-Christ nous a fait connaître en révélant la vérité incomprise sans lui.

L’erreur typique que fera quelqu’un qui est au stade d’enfant lorsqu’il constate que ces caractéristiques du stade enfant soulignées par Paul sont présentes dans sa vie, ou si quelqu’un le lui fait remarquer, sera par exemple de vouloir faire des efforts pour faire disparaître ces caractéristiques. Par exemple, il fera cela afin de prouver que selon lui il n’est pas au stade d’enfant, surtout si d’après les critères du monde il est considéré comme au stade adulte par les autres. Les problèmes d’égo sont propre au stade d’enfant, car il n’est pas encore établi dans l’amour qui fait disparaître l’égocentrisme. Ainsi, l’enfant n’a pas encore renoncé à lui-même (cf. Matthieu 16:24, Marc 8:34, Luc 9:23), c’est sa propre nature qui s’exprime et qui le conduit encore. La réalité malheureuse, c’est que par ses efforts il va au-devant d’une grande déception et d’un découragement certain. Car poussé par sa propre nature et l’auto-justification inconsciente qui l’anime, il donnera plein de force au péché. Et en général, celui qui est au stade d’enfant ne sait malheureusement pas comment le péché agit. Alors il renforcera précisément, sans même le savoir, les caractéristiques qu’il cherche pourtant à dissimuler ou à faire disparaître. Le drame, c’est qu’il en éprouvera de la culpabilité qui l’éloigne de Dieu alors que Dieu l’accueille à bras ouverts sans lui faire de reproche. Mais malheureusement, il n’en a pas conscience, souvent par ignorance. Ainsi, en cherchant à « sauver » sa vie, celui qui est au stade d’enfant la perd, de la même manière que ceux qui ne connaissent pas Dieu (cf. Matthieu 10:39, 16:25, Marc 8:35, Luc 9:24). Avec une différence toutefois, c’est que la vérité demeure qu’il appartient à Dieu par l’Esprit qui est en lui. Celui qui est au stade d’enfant dans l’union avec le Christ, peut perdre progressivement et à coup d’efforts l’abondance de vie qui lui a été donnée en Christ par l’Esprit qu’il a reçu. Il se meure et se dessèche, car « le dard de la mort, c’est le péché, et le péché tire sa force de la Loi » (1 Corinthiens 15:56 – BDS). Celui qui est au stade d’enfant, vivant comme livré à lui-même, se laisse tromper par les commandements, et se retrouve avec la même expérience que Paul lorsqu’il n’avait pas la foi: « le péché a pris appui sur le commandement: il m’a trompé et m’a donné la mort en se servant du commandement » (Romains 7:11 – BDS). C’est notamment pour toutes ces raisons qu’il n’est pas bon de demeurer au stade d’enfant dans l’union avec le Christ. C’est sans doute pourquoi Paul insistait sur la crucifixion de Christ (cf. 1 Corinthiens 2:2) et ce qu’elle signifie en ce qui concerne le péché et la justification/droiture (cf. 1 Corinthiens 1:30), si on regarde à la croix avec les lunettes de la loi de Moïse comme Paul l’a fait.

Le stade de « jeunes gens« 

C’est la connaissance correcte de la Parole de Dieu, la Vérité, c’est-à-dire ce que Dieu dit véritablement, et le fait que cette Parole demeure en nous, qui amène à passer du stade d’enfants à celui de « jeune gens » dans l’union avec le Christ. Ce ne sont pas les efforts ni la discipline basée sur les principes de ce monde pour essayer de surmonter notre propre nature qui produit la croissance. Il n’y a pas matière à pouvoir se vanter dans la manière dont Jésus-Christ nous sauve par la Bonne Nouvelle dEnfant 1e la grâce de Dieu qu’il a enseignée et démontrée. Lorsque c’est effectivement la Parole de Dieu qui nous habite, notre manière de penser est renouvelée et notre vie est transformée par cette Parole même (cf. Romains 12:2). La Parole de Dieu est vivante et efficace (cf. Hébreux 4:12). Mais elle est efficace en celui qui croit à cette Parole (cf. 1 Thessaloniciens 2:13). Un verset tiré de la Bible auquel on fait dire autre chose que ce que Dieu dit n’est pas la Parole de Dieu. De même, une parole qui se trouve dans la Bible mais qui est opposée à la vérité qui est en Jésus-Christ n’est pas la Parole de Dieu. Dans ce sens, croire à une parole qui n’est pas la Parole de Dieu est inefficace et ne produit pas les caractéristiques de Jésus-Christ en celui qui croit. Une parole n’appartenant pas à la vérité mais considérée faussement comme la vérité sera inefficace, et ce malgré toute la conviction qui peut habiter celui qui s’y accroche. C’est la Parole véritable qui produit la victoire sur le mal en celui qui croit. Car c’est Dieu lui-même qui agit en nous, pour produire à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (cf. Philippiens 2:13), et Dieu agit par Sa Parole. C’est ce que Dieu dit qui nous purifie (cf. Jean 15:3, Ephésiens 5:25-26). Lorsque c’est la Parole de Dieu qui nous habite, c’est Dieu lui-même, le même Esprit qui était en Christ qui vit en nous par ce même Esprit. C’est ce que Jean permet de comprendre au sujet de la Parole de Dieu et du stade de « jeunes gens » lorsqu’il dit: « Je vous écris ceci, jeunes gens: vous avez vaincu le diable (ou le mal)… Je vous le confirmejeunes gens: vous êtes forts, la Parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le diable (ou le mal) » (1 Jean 2:13-14 – BDS). A noter, la parole de Moïse n’a jamais produit un caractère semblable à Christ, ni la victoire sur le mal chez ceux qui étaient habités par cette parole et y restaient fermement attaché.

La Parole incarnée dans le croyant

Le degré de maturité à partir duquel nous avons la victoire sur le mal vient du fait d’avoir la Parole de Dieu, en nous, c’est-à-dire la Vérité. Il ne s’agit pas juste d’une mémorisation de versets bibliques que l’on interprète faussement à cause d’une manière de penser modelée par le monde actuel et par la tradition. Mais il s’agit d’être imprégné par le sens que Dieu donne véritablement à ce qu’il a dit. Il s’agit d’avoir une manière de penser alignée sur ce que Dieu a véritablement voulu dire, qui nous habite et qui est devenue notre propre manière de penser (cf.1 Corinthiens 2:16, 2 Corinthiens 10:5, 1 Pierre 4:1). C’est la manière de penser que Jésus-Christ a enseignée et démontrée, qui est la Parole de Dieu, et doit devenir notre manière de penser. Cette Parole de Dieu est alors comme incarnée dans notre être tout entier, pour produire les mêmes caractéristiques qui étaient en Jésus-Christ à cause de cette même Parole qui était en lui. Jésus-Christ est la vérité, ce qu’il a enseigné est conforme à Dieu. Et la vérité c’est la grâce de Dieu (voir aussi La vérité c’est la grâce & la grâce c’est la vérité). Le fait d’être habité par la vérité (la grâce), c’est-à-dire solidement établi dans la vérité que nos péchés sont pardonnés/effacés est ce qui amène à passer du stade d’enfants à celui de « jeunes gens » (cf. Romains 6:14). C’est en étant totalement imprégné par cette vérité, au point qu’elle a produit de nouveaux automatismes en nous, que ce stade de « jeunes gens » est atteint. Ce stade est caractérisé par la victoire sur le mal avec une capacité à répondre au mal par le bien (cf. Romains 12:17, 21). Ce stade ne peut pas être atteint si la parole qui nous habite n’est pas la vérité, si l’on croit des choses erronées qui n’appartiennent pas à la vérité. Plus précisément, ce stade ne peut pas être atteint si le pardon des péchés avec le don de la justification/droiture ne sont pas correctement compris et solidement établis dans la vie du croyant et dans sa manière de penser. Ce n’est pas seulement une question de compréhension intellectuelle, cela doit aller jusqu’au point de la pensée qui est inconsciente, c’est ce qui amène de nouveaux automatismes. Pour illustrer cela, un exemple est l’apprentissage de la conduite d’un véhicule. Comprendre la théorie au sujet de la conduite d’un véhicule ne fait pas de nous quelqu’un qui sait conduire. Par la mise en pratique, lorsque notre attention consciente peut se porter entièrement sur ce qui se passe à l’extérieur du véhicule, parce que nous ne sommes plus consciemment en train de réfléchir et penser au changement de vitesses, à l’utilisation des pédales d’embrayage, de frein, d’accélération, aux clignotants etc, mais que leur utilisation est devenue un automatisme, naturel et inconscient, c’est que nous avons intégré ces aspects de la conduite. Il en va de même pour la transformation qui vient du renouvellement de la pensée en lien avec ce qui concerne les choses de Dieu, son amour, et en particulier ce qui touche au pardon des péchés et au don de la justification/droiture. Tant que ces choses ne sont pas intégrées au point d’avoir atteint la pensée inconsciente, les caractéristiques de l’homme livré à lui-même seront encore présentes chez le croyant. Ceci, même s’il a reçu l’Esprit de Dieu et qu’il prétend croire que ses péchés sont pardonnés et qu’il approuvera l’idée d’être déclaré/rendu juste par la foi seule. Son attitude et ses actions démontreront le contraire de ce qu’il prétend croire (cf. Tite 1:16).Enfant 8 Ce sont les réactions face à la culpabilité et à la condamnation potentielles qui démontrent si la personne est réellement établie dans le pardon des péchés et dans le don de la justification/droiture. C’est là qu’on voit si la pensée du croyant a été renouvelée et que l’homme nouveau a été revêtu (cf. Ephésiens 4:23-24) pour laisser place à de nouveaux automatismes, aux caractéristiques de Jésus-Christ, au fruit de l’Esprit. La vérité est le plus visible dans la réaction face au mal, intentionnel ou pas, dont le croyant peut être victime directement ou indirectement. C’est là que l’on voit si le pardon des péchés et le don de la justification/droiture sont effectivement établis dans la vie du croyant. Lorsqu’on presse une orange on s’attend à en voir sortir du jus d’orange. S’il en sort du jus de pomme, on trouverait ça bizarre et penserait que ce n’est pas une orange. On saurait qu’il s’agit d’une pomme, bien qu’elle ait l’apparence d’une orange. De la même manière, quelqu’un qui est né de nouveau (né d’Esprit) et prétend croire que en Jésus-Christ les péchés sont pardonnés, mais si lorsqu’il est « pressé » (confronté, dévalorisé, attaqué, etc.) il en sort de la culpabilité, de la honte, de la condamnation en retour et autre chose que le fruit de l’Esprit dans ses réactions, c’est qu’il ne vit pas dans le pardon des péchés qu’il prétend croire, il ne vit pas dans le don de la justification/droiture… Il peut bien avoir l’apparence de quelqu’un de « mature » en Christ, mais en réalité il est encore au stade d’enfant. Le mal dirigé contre lui continuera de produire le mal en lui.

Le lien entre le don de la justification/droiture et la victoire sur le mal

On peut percevoir ce lien entre le fait d’être déclaré/rendu juste devant Dieu et la victoire sur le mal notamment chez Jésus. Jésus était juste et sans faute devant Dieu (cf. 1 Pierre 2:20-24). Pour cette raison, il était rempli d’assurance et en paix devant les hommes lorsque ceux-ci essayaient de le piéger, ou de lui trouver des fautes, de le condamner ou de lui faire ressentir une quelconque culpabilité, essayant de le prendre à défaut, même par rapport à la loi de Moïse. Le sentiment de culpabilité ne pouvait pas atteindre Jésus ni l’habiter, car il se savait juste devant le Père et connaissait la vérité. Jésus vivait conformément à la vérité. Jésus n’avait nullement besoin de l’approbation des hommes et il ne se laissait influencer par personne (cf. Matthieu 22:16, Marc 12:14). Toutefois, ne se laisser influencer par personne ne signifie pas qu’il faille être imperméable aux enseignements qui seraient conformes à la vérité. Jésus était enseignable et désireux d’apprendre dès son jeune âge (cf. Luc 2:46-49). En ce qui concerne Jésus, le fait d’être juste devant le Père provenait de vivre dans l’union avec le Père, et d’obéir à la loi de Dieu: l’amour. Jésus n’est pas venu pour abolir ce qui est de Dieu dans la Loi, mais pour la compléter (cf. Matthieu 5:17-20). Jésus a complété la Loi, et l’a démontrée sans faute dans sa propre vie, et aujourd’hui il amène la juste exigence de la Loi, l’amour, à être pleinement satisfaite dans la vie de celui qui vit dans la dépendance de l’Esprit (cf. Romains 8:4). C’est Dieu lui-même qui, par son Esprit, vient habiliter le croyant pour que l’obéissance à la Loi, l’amour, soit produite en celui qui croit. Et pour la victoire sur le mal, il s’agit du don de la justification/droiture qu’il est nécessaire de se saisir par le moyen de la foi, comme pour tout ce que Dieu donne. Dans le terme original, il signifie non seulement justification mais aussi droiture. Le terme implique les deux aspects. En se saisissant du don de la justification, on se saisi de la droiture qui en découle. Parallèlement, l’établissement dans l’amour de Dieu pour nous, avec les caractéristiques de l’amour, est essentiel pour que l’obéissance se produise (voir aussi L’obéissance: conséquence de l’amour). L’obéissance à la Loi de Dieu, l’amour, n’est pas quelque chose que le croyant viendrait à produire à coup d’efforts et de discipline, à coup de sagesse humaine et par une compréhension du mal et du bien, ni en subdivisant les commandements pour essayer de les rendre plus accessibles. C’est l’Esprit de Dieu qui conduit vers la manière de penser de Dieu. Lorsque nous avons sa manière de penser, cela produit cette obéissance. Il nous faut être conduit par cet Esprit avec sa manière de penser, au lieu d’être conduit par notre propre nature et une manière de penser tout humaine. Tout ceci les pharisiens et les spécialistes de la loi de Moïse ne l’avaient pas saisi. Ils persévéraient dans des tentatives d’obéir par eux-mêmes, refusant de changer leur manière de penser pour l’aligner à celle de Jésus-Christ. Et de nos jours, nombreux sont ceux qui ont aussi de la difficulté à saisir ces réalités, c’est malheureusement ce qui contribue à les maintenir au stade d’enfant…

Enfant 5L’obéissance sans faille de Jésus s’appuyait sur une connaissance parfaite de la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, et aussi concernant le diable et son œuvre. Aussi, le mal n’a jamais trouvé un accès en Christ, bien qu’il fut tenté comme nous en toutes choses (cf. Hébreux 2:18, 4:15). Aucune suggestion du diable ne pouvait le tromper (cf. Matthieu 4:1-11) ou influencer sa manière de penser dans une direction contraire à Dieu (cf. Matthieu 16:23). Jésus alignait sa pensée sur celle du Père, par le Saint-Esprit. Jésus connaissait la vérité et il n’y avait pas de mensonge en lui, c’est pour cela qu’il est la Vérité (cf. Jean 14:6). Tout ce qu’il a dit, fait ou pensé, était conforme à la vérité. La vérité est la Parole de Dieu (cf. Jean 17:17). L’enseignement de Jésus était conforme à Dieu (cf. Jean 5:19, 7:16-17, 8:45, 8:55, 14:10). La Parole de Dieu l’habitait et demeurait en lui en permanence. C’est ce qui fait que Jésus était incorruptible face au mal, totalement vainqueur sur le mal, sans commettre le moindre mal, sans être influençable même par le mal dirigé contre lui. Il répondait au mal par le bien, car il connaissait la valeur véritable de chaque individu aux yeux de Dieu. Rien ne pouvait atteindre le cœur de Jésus par le mal, pas même la perspective de la mort sur la croix (cf. Luc 23:34). La Parole de Dieu, la Vérité, a été sans cesse manifestée en lui et à travers lui. Jésus savait à quel point le Père l’aimait et à quel point le Père aime chaque individu (cf. Jean 15:9). Il était profondément enraciné dans cet amour dont il débordait, et aucune circonstance ne pouvait remettre en question cet amour, ni la vérité qui est en Dieu et qui était en lui. Il était impossible de tromper ou de piéger Jésus par un quelconque mensonge à propos de Dieu et des choses de Dieu. Lorsqu’on connaît la vérité sur un point, les mensonges du « père du mensonge » ne peuvent pas nous tromper sur ce point. Seule l’ignorance de la vérité amène à ne pas reconnaître un mensonge et à être ainsi trompé. C’est pour cela qu’il est vital de grandir dans la connaissance de la vérité tout entière, parce que lorsque c’est la vérité qui nous habite, c’est la vie de Christ qui est produite en nous qui croyons. Alors nous ne pouvons plus être trompé sur les points que nous savons être la vérité, parce qu’ils ont été confirmés par l’Esprit, par ce que seule la vérité produit. L’abondance de vie que Jésus promet et qui est éternelle, vient de connaître intimement le Dieu unique et véritable, et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ (cf. Jean 17:3-4). Le caractère de Jésus-Christ ne peut pas être manifesté en dehors de la communion avec Dieu. « Celui qui a une conduite conforme à la vérité vient à la lumière pour qu’on voie clairement que tout ce qu’il fait, il l’accomplit dans la communion avec Dieu » (Jean 3:21 – BDS). « Celui qui ne reste pas attaché à l’enseignement qui concerne le Christ, mais s’en écarte, n’a pas de communion avec Dieu. Celui qui reste attaché à cet enseignement est uni au Père comme au Fils » (2 Jean 1:9 – BDS).

Parmi ceux à qui Jean écrit dans sa première lettre, il y avait des croyants au stade d’enfants, certains au stade de jeunes gens qui avaient vaincus le mal, et d’autres au stade de pères dont la connaissance du Père céleste était plus qu’évidente (cf. 1 Jean 2:12-14). Jean était lui-même au stade de « père », c’est ce qui lui permet de discerner le stade d’enfants, celui de jeunes gens et de confirmer celui de pères. Et c’est en tant que « père » que Jean est poussé à appeler certains de ses lecteurs « mes chers enfants » (cf. 1 Jean 2:1). Le stade de « père » est lié non seulement au fait d’être au stade adulte, mais d’avoir amené d’autres à la vie en Christ. Il s’agit donc d’avoir engendré des enfants par la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. A noter, quelqu’un qui est au stade d’enfant et qui engendre un autre enfant (un nouveau croyant), bien que devenu « parent », il ne sera pas adulte pour autant. Il ne pourra pas se considérer comme « père » au sens où Jean l’entend dans sa lettre. Jean parle ici des « pères » qui sont au stade adulte. Le terme original pour père inclue ici la notion de celui qui transmet toute chose, dans le sens d’enseignant. Seuls des « pères » peuvent véritablement amener les autres à ce stade de maturité. Au temps de Jean, l’enseignement était donné par ceux qui étaient au stade adulte, ceux qui avaient une connaissance correcte et précise de Dieu et des choses de Dieu, et n’était plus conduit par leur propre nature. A ceux qui sont au stade d’enfant, Jean leur rappelle que leurs péchés sont pardonnés à cause de Jésus-Christ (cf. 1 Jean 2:12). Il cherche ainsi à établir cette vérité en eux afin qu’ils en arrivent à la victoire sur le mal. Car la caractéristique du stade d’enfant dans la foi est d’avoir encore une conscience remplie de culpabilité, avec une incertitude concernant le pardon des péchés. Et ainsi, il ne se saisit pas du don de la justification/droiture par le moyen de la foi. Il a de la peine à croire que toutes ses fautes ont été effacées sans prérogative et que Dieu ne tienne pas compte des fautes. Car, en général, l’enfant méconnait aussi l’œuvre de l’ennemi de Dieu et il mélange les deux (cf. Jean 10:10). C’est difficile pour l’enfant de se saisir simplement de l’effacement de ses fautes, sans prérogative de sa part autre que le prendre personnellement pour lui-même, en croyant dans son cœur et en le confessant de sa bouche. Il aura de la difficulté à confesser de sa bouche qu’il est pardonné, car il regarde à lui-même, à ce qu’il fait encore et à ce que les autres disent, au lieu de regarder à ce que Dieu a dit et démontré en Christ. Le don de la justification/droiture n’est pas encore solidement établi chez celui qui est au stade d’enfant dans la foi. Il est encore sensible aux accusations du « père du mensonge« . Souvent, il va même confondre la voix de l’Accusateur avec celle de Dieu. C’est la raison pour laquelle celui qui est au stade d’enfant n’a pas encore vaincu le mal, et c’est pourquoi il demeure encore esclave de la loi du péché, commettant le mal indésirable et n’arrivant pas à faire le bien désiré. Il est influencé par les autres, dans le sens qu’il est sensible et susceptible à ce que les autres disent, et surtout à ce que les autres disent et pensent de lui (cf. Jean 5:44). Il est facilement offensé et susceptible aux fautes que les autres pourraient relever, ou essayer de relever, chez lui. Il reçoit encore dans son cœur la condamnation que les autres pourraient lui faire porter, indépendamment que ce soit volontaire de leur part ou pas. Typiquement, celui qui est au stade d’enfant est susceptible à beaucoup de choses, en particulier à tout ce qui pourrait le remettre en question d’une manière ou d’une autre, ou démontrer certains manquements, ou mettre en évidence des fautes commises, ou mettre en lumière des incohérences dans ce qu’il croit par méconnaissance de la vérité, ou mettre en évidence des mensonges dans ce qu’il croit. Il cherchera à se justifier, souvent par comparaison avec les autres, de manière ouverte ou dans son cœur. Le sentiment de culpabilité et de condamnation qui l’habitent fait en sorte qu’il est dans un mode de réaction plus ou moins impulsif. Son automatisme sera par exemple de vouloir retourner la culpabilité et une condamnation directement sur ceux qui le remettent en question, sur ceux qui l’offensent ou sur d’autres personnes, à la manière d’Adam (cf. Genèse 3:12) et Eve (cf. Genèse 3:13). En général, celui qui est au stade d’enfant pourra difficilement se contenir. Et s’il se contient, il bouillonne à l’intérieur et n’est pas en paix, car il médite de mauvaises pensées qui le rongent. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que le sentiment de culpabilité qui l’habite et le fait de bouillonner en lui-même est perceptible de l’extérieur par quelqu’un qui n’est plus au stade d’enfant, mais qui a du discernement et connaît la vérité. Comme le propre de quelqu’un qui est au stade d’enfant est d’être conduit par sa propre nature et non par l’Esprit, le fruit de l’Esprit sera quasiment absent et peu observable dans sa vie, c’est-à-dire l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22). Ces caractéristiques sont un seul et même fruit. Toutes ces caractéristiques apparaissent simultanément ensembles. Celui qui est au stade d’enfant aura tendance à croire que ce sont là neuf fruits auxquels il doit travailler individuellement avec effort pour les voir grandir. Il pensera qu’il est plus développé dans l’une ou l’autre de ces caractéristiques, malgré le fait que Paul parle d’un seul et même fruit contenant neufs caractéristiques. Celui qui est conduit par l’Esprit, et non plus par sa propre nature, expérimente que toutes les caractéristiques de ce fruit sont présentes en même temps et sont indépendantes des circonstances, de l’opposition ou de la confrontation. C’est même au cœur de l’opposition et face au mal que ce fruit est le plus évident pour celui qui l’a en lui. Aussi, parce que ce fruit contraste fortement avec les opposants qui en seraient dépourvus. Celui qui est conduit par l’Esprit fait alors ce même constat que Paul: « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi » (Galates 2:20 – BDS). En général, les caractéristiques du fruit de l’Esprit contribuent même à mettre hors d’eux-mêmes les opposants qui sont encore conduits par leur propre nature, inconsciemment parce qu’ils n’arrivent pas à produire ces caractéristiques et qu’elles ne sont pas en eux. Celui qui est au stade d’avoir vaincu le mal est, quant à lui, rempli d’amour et marche dans la lumière. Dans ce sens, il voit clair et aucun obstacle ne risque de le faire tomber (cf. 1 Jean 2:10). Il sait par quelle vérité il se tient debout et il sait comment résister aux épreuves (cf. 1 Corinthiens 10:12-13), parce qu’il est soumis à Dieu et connaît Sa Parole (voir aussi La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu).

Enfant 9Dans sa lettre aux Galates, Paul parle encore de certaines caractéristiques de celui qui est enfant dans la foi et il dit: « Aussi longtemps que l’héritier est un enfant, il ne se distingue en rien d’un esclave. Bien qu’il soit le propriétaire de tout le patrimoine, il reste soumis à l’autorité de tuteurs et d’intendants jusqu’au terme fixé par son père. Nous aussi, lorsque nous étions des enfants, nous étions de même asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde » (Galates 4:1-3 – BDS). Ce que Paul illustre ici avec une parabole, c’est que celui qui appartient au Seigneur mais qui est au stade d’enfant, est semblable à quelqu’un qui n’est pas un enfant du Seigneur… En d’autres termes, il est difficile de faire la différence entre celui qui est au stade d’enfant dans la foi et un non-croyant. Car en fait l’enfant reste comme un non-croyant, semblable à un « esclave ». Dans les caractéristiques associées au stade d’enfant, il y a l’esclavage de la loi du péché qui agit dans la nature propre, qui a pour résultat de faire le mal indésirable et ne pas arriver à faire le bien désiré, comme évoqué plus haut. Mais Paul parle aussi de l’héritage, que celui qui est au stade d’enfant possède déjà bel et bien, mais dont il ne bénéficie pas. En d’autres termes, celui qui reste au stade d’enfant ne vit pas le bénéfice de l’héritage qu’il a bel et bien déjà reçu en Jésus-Christ, il n’en voit pas la couleur… Pourtant, Dieu lui a déjà donné cet héritage en Christ, il en a même reçu un acompte par l’Esprit qui est en lui (cf. 2 Corinthiens 1:22, 2 Corinthiens 5:5). Mais concrètement, il ne touche pas, ou presque pas, aux trésors surabondants de la grâce de Dieu, comme le « oui » à toutes les promesses (2 Corinthiens 1:20). Il ne goûte pas vraiment aux caractéristiques de l’Esprit et à la puissance de Dieu (1 Corinthiens 4:20). Malheureusement, il n’expérimente pas la libération de la malédiction (cf. Galates 3:10, 13, Deutéronome 28:15-68). Il ne porte pas en lui-même le fruit de l’Esprit (cf. Galates 5:22-23). Il reste souvent en grande partie étranger aux dons de l’Esprit (1 Corinthiens 12:8-11). En résumé, il s’agit de tout l’acompte sur l’héritage, la partie de l’héritage qui nous est donnée dans ce monde présent, qui échappe à celui qui demeure au stade d’enfant. Ces réalités ne font donc parties, ou quasiment pas parties, de la vie de celui qui est au stade d’enfant. C’est ce qui fait qu’en l’observant dans son attitude et ses paroles, dans tout ce qu’il vit au quotidien dans ce monde, on ne voit pas de réelles différences avec quelqu’un qui n’appartient pas au Seigneur. Celui qui est au stade d’enfant aura bien un discours concernant les valeurs morales qui l’habitent, et qui sont différentes de certains non-croyants, car il a reçu un cœur nouveau (cf. Hébreux 10:16). Mais son attitude ne sera guère différente de celle des non-croyants. Bien souvent, il condamne les non-croyants dans son cœur et en paroles, étant lui-même encore sous la condamnation. Il est poussé à parler des valeurs morales qui sont en lui, parce qu’il y trouve inconsciemment une partie de son identité et de sa valeur. Il se compare aux autres d’une manière générale et notamment sur le plan des valeurs morales. Il se justifie par les valeurs morales qui sont en lui, même s’il n’arrive pas à les vivre. C’est là le fonctionnement d’auto-justification propre au stade d’enfant, qui n’est pas encore établi dans le pardon des péchés pour tous les hommes (cf. Romains 5:18, Hébreux 2:9, 1 Jean 2:2), ni établi dans le fait que Dieu ne se souvienne « plus » des péchés (cf. Hébreux 10:17). Dans Galates 4, les tuteurs auxquels l’enfant reste soumis et auxquels Paul fait allusion, c’est la Loi avec ses commandements (cf. Galates 3:24). Il en résulte souvent divers tendances de légalisme et l’auto-justification typiques qui habitent encore celui qui est au stade d’enfant.

Enfant 10L’autre caractéristique que Paul donne encore dans Galates 4 et qui est propre à celui qui est encore au stade d’enfant dans la foi, est le fait de vivre par les seules réalités qui régissent la vie dans ce monde. Il reste asservi aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde. En d’autres termes, il reste sous l’emprise des seules réalités visibles de ce monde. Il ne vit pas selon les réalités invisibles, selon les réalités du règne de Dieu telles que Jésus-Christ les a démontrées. Il ne vit pas en ayant les pensées tendues vers les réalités d’en haut (cf. Colossiens 3:1-2). Il se comporte, réfléchi et prend ses décisions essentiellement en fonction des seuls principes de ce monde visible, à la manière des non-croyants, et typiquement selon une sagesse de ce monde. Celui qui est encore au stade d’enfant se laisse facilement séduire par ce qu’il voit, de la même manière qu’Adam et Eve ont réfléchi et agi en fonction des réalités visibles (cf. Genèse 3:6), sans discerner le mensonge (cf. Genèse 3:1, Genèse 3:4-5). Adam et Eve ont les deux réfléchi en fonction des seules réalités visibles.

On pourrait penser que Paul et Jean ne donnent pas des listes identiques de ce qui caractérise celui qui est au stade d’enfant en Christ, mais en réalité aucune contradiction ne se trouve entre Paul et Jean. Les deux parlent des mêmes choses en utilisant un langage différent, à cause des lecteurs à qui ils s’adressent et de leur contexte. Toutes les caractéristiques que Paul évoque, en parlant d’être conduit par sa propre nature au lieu d’être conduit par l’Esprit, démontrent le fait de ne pas encore avoir vaincu le mal, c’est-à-dire que la nature propre est encore active et dominante. Avoir vaincu le mal est la caractéristique du stade de jeunes gens en Christ, mais ce n’est pas la caractéristique du stade d’enfant… Aussi, la présence récurrente de l’une des caractéristiques que Paul donne comme décrivant celui qui est encore au stade d’enfant en Christ, est suffisante pour constater le fait d’être encore au stade d’enfant. Et selon ce que Jean nous permet de savoir, le simple fait de ne pas être établi dans le pardon des péchés démontre d’être encore au stade d’enfant. La vérité que nous révèlent Paul et Jean ne laisse aucune place à la prétention dans notre auto-évaluation. C’est pourquoi il est important de rappeler encore une fois que notre valeur aux yeux de Dieu et son amour pour nous ne sont en rien influencées par le résultat de cette évaluation! Car, de manière continuelle encore aujourd’hui: « voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Romains 5:7-8 – BDS).

Connaissant la manière d’agir de celui qui est le menteur dès le commencement et qui se plaît à semer le doute chez ceux qui sont encore au stade d’enfant, il peut être bon de préciser qu’à aucun moment, ni Jean, ni Paul, ne remettent en question la partie du salut qui touche au fait de passer l’éternité avec Dieu. Ils ne le remettent pas en question chez ceux qui sont encore au stade d’enfant et vivent encore dominés par leur nature propre. Le sceau de l’Esprit est irrévocable (cf. Romains 11:29) si on ne rejette pas l’Esprit, même si ceux qui sont encore au stade d’enfant dans leur foi sont encore conduits par leur propre nature au lieu d’être conduit par l’Esprit qui est en eux. Ce fut notamment le cas chez les Corinthiens et chez les Galates. A aucun moment, nous voyons Paul dire aux Corinthiens qu’ils auraient « perdu » leur salut éternel, ou que l’Esprit de Dieu qui est en eux les auraient quitté. Ils leur précisent toutefois que la qualité de l’œuvre de chacun de ceux qui enseignent les autres sera rendue évidente, et que ceux qui amènent de mauvaises fondations seront quand même sauvés, mais tout juste, comme des hommes qui ont réussi à échapper au feu (cf. 1 Corinthiens 3:13-15). De même avec les Galates qui mélangeaient la loi de Moïse et la grâce, ce qui avait pour conséquence d’être au bénéfice ni de la grâce, ni de la vie de Christ en eux (cf. Galates 5:4 – BDS), et aussi de ne pas bénéficier de l’héritage en Christ. Au contraire, dès l’introduction de sa lettre où il adresse les problèmes, Paul rappelle aux Corinthiens qu’ils ont été purifiés de leurs péchés dans leur union avec le Christ (cf. 1 Corinthiens 1:1-2). C’est là comme le rappel de Jean au sujet du pardon des péchés à ceux qui sont encore au stade d’enfant. Et aussi, Paul leur rappelle qu’ils sont le temple du Saint-Esprit: « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous? » (1 Corinthiens 3:16 – BDS). Paul mentionne ici le temple de Dieu à l’échelle communautaire*, mais il le redit aussi à l’échelle individuelle: « Ou bien encore, ignorez-vous que votre corps est le temple même du Saint-Esprit qui vous a été donné par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous? Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes » (1 Corinthiens 6:19 – BDS). Et il rappelle aux Galates: « Je ne vous poserai qu’une seule question: A quel titre avez-vous reçu le Saint-Esprit? Est-ce parce que vous avez accompli la Loi, ou parce que vous avez accueilli avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue? Manquez-vous à ce point d’intelligence? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources que vous allez parvenir à la perfection? » (Galates 3:2-3 – BDS). Si ce n’est pas par l’accomplissement de la Loi que l’Esprit est donné, ce n’est pas par un manquement à la Loi que l’Esprit pourrait être ôté. Et Paul ne laisse place à aucune suggestion comme quoi l’Esprit les aurait quitté parce qu’ils mélangeaient le régime de la Loi et celui de la grâce, au contraire il leur dit: « Je vous dis donc ceci: laissez le Saint-Esprit diriger votre vie, et vous n’obéirez pas aux désirs qui animent l’homme livré à lui-même » (Galates 5:16 – BDS). En disant cela, Paul sous-entend que c’est une manière de penser saine, conforme à un esprit Saint, c’est-à-dire selon la pensée de Dieu donnée par l’Esprit, que l’on doit laisser diriger notre vie. Celui qui n’a pas reçu l’Esprit de Dieu, ou qui vit livré à lui-même, ne reçoit pas cette manière de penser de Dieu, pour lui c’est une folie.

Enfant 11« Or nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit même qui vient de Dieu pour que nous comprenions tous les bienfaits que Dieu nous a accordés par grâce. Et nous en parlons, non avec les termes qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit. Ainsi nous exposons les réalités spirituelles dans des termes inspirés par l’Esprit. Mais l’homme livré à lui-même ne reçoit pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu; à ses yeux, c’est «pure folie» et il est incapable de le comprendre, car seul l’Esprit de Dieu permet d’en juger » (1 Corinthiens 2:12-14 – BDS). La difficulté de celui qui est au stade d’enfant, en étant conduit par sa propre nature avec ses propres raisonnements au lieu d’être conduit par l’Esprit de Dieu qui est en lui, est qu’il ne comprend pas tous les bienfaits que Dieu nous a accordés par grâce. Il a encore de la difficulté à se saisir de ces bienfaits, qu’il ne comprend pas et qui lui semblent encore une folie, comme c’est aussi le cas pour ceux qui n’ont pas reçu l’Esprit de Dieu. Chez celui qui est au stade d’enfant dans la foi, cela vient en grande partie de son manque de compréhension/révélation au niveau du pardon des péchés. Dans son raisonnement, il fonctionne encore au mérite. Le scandale de la grâce de Dieu, comme par exemple le fait que Dieu manifeste sa bonté envers des pécheurs, lui est difficilement acceptable. Pourtant, la vérité qui est en Jésus-Christ c’est que Dieu est bon avec ceux qui sont non-miséricordieux et avec ceux qui sont hostiles à Dieu (cf. Luc 6:35-36).

Propre critique

Paul lance cette invitation aux Corinthiens: « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous? à moins peut-être que vous ne soyez désapprouvés » (2 Corinthiens 13:5 NEG79). Faisant suite à toutes les caractéristiques propres au stade d’enfant dans l’union avec le Christ, il est important d’avoir une sage évaluation de soi-même, afin de permettre la croissance et que: « Ainsi, il ne vous manque aucun don de la grâce divine tandis que vous attendez le moment où notre Seigneur Jésus-Christ apparaîtra » (1 Corinthiens 1:7 BDS). Le cœur de Paul, comme de tous ceux qui sont sortis du stade d’enfant, languit à voir ceux qui appartiennent au Seigneur sortir du stade d’enfant dans leur union avec le Christ, pour qu’ils soient au plein bénéfice de l’héritage qui est le leur, goûtant à la plénitude qui est en Christ et à tous les bienfaits de Dieu. Et que ainsi ils soient correctement équipés pour faire face au dominateur de ce monde et arrêter la destruction que celui-ci opère en maintenant les gens dans l’ignorance de la vérité. Parce que celui qui reste au stade d’enfant passe à côté de la grâce et de la paix qui devraient être multipliées dans sa vie, il passe à côté de connaître le salut qui vient du pardon des péchés (voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés). Le salut consiste à être délivré, libéré, restauré, placé en sécurité, guéri, béni et rétabli dans la condition originelle voulue par Dieu. Et ensuite, c’est aussi parce que celui qui reste au stade d’enfant ne goûte pas à la joie qui vient de la manifestation du règne de Dieu en vivant comme le Christ dans ce monde, conduit par l’amour (cf. 1 Jean 4:17) et faisant les mêmes œuvres que Christ. Il ne goûte rarement aux mêmes œuvres que Christ, comme des fils et filles du Dieu vivant. Et s’il touche à la réalité des dons de l’Esprit et manifeste par ces dons la puissance de Dieu, celui qui est au stade d’enfant y placera facilement son identité et sa valeur, nourrissant un égo caractéristique du stade d’enfant. Il en viendra facilement à se justifier par ces œuvres qui manifestent la puissance de Dieu, et ses motifs seront rapidement corrompus face à la puissance de Dieu qui se manifeste à travers lui. Ces œuvres qui sont bonnes en soi, risquent de le desservir (cf. Matthieu 7:22-23). Celui qui est encore au stade d’enfant ne vit pas pleinement dans sa position de fils, il ignore en grande partie qui il est en Christ. Aussi, Christ n’est pas pleinement manifeste en lui. Ceci est malheureux déjà pour celui qui reste au stade d’enfant, et ensuite pour ceux qui pourraient bénéficier de l’eau vive dont il devrait déborder (cf. Jean 7:37-38).

feather and stone balanceLa vérité ne laisse aucune place à la prétention, et c’est avec humilité qu’il est important de faire sa propre évaluation. La tendance du stade d’enfant dans l’union avec le Christ est aussi typiquement de vouloir prendre tous les critères de maturité donnés dans les textes bibliques pour évaluer les autres avant de s’évaluer soi-même. Ce fonctionnement ne permet pas de sortir du stade d’enfant, car « Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il accorde sa grâce aux humbles » (cf. Jacques 4:6, 1 Pierre 5:5). Ceci dit, après avoir fait sa propre évaluation, l’évaluation des autres peut avoir sa place. Notamment, aujourd’hui l’évaluation de ceux qui enseignent est importante. Non par esprit de comparaison (cf. Matthieu 18:1-3, Marc 9:35) avec un désir de rabaisser ceux qui enseignent, ni dans une justification qui serait par le stade de maturité, mais parce qu’un enseignant qui est au stade d’enfant ne peut pas amener quelqu’un à sortir du stade d’enfant, tant que l’enseignant n’est pas lui-même sorti de ce stade. Car, en réalité il n’en connaît pas encore les clés. Un enfant ne peut pas enseigner à devenir adulte, ni enseigner ce que seuls des adultes comprennent. Ce qu’enseignera un enfant sera avec une perspective et une compréhension qui correspondent au stade d’enfant, amenant un certain nombre d’hérésies malheureusement fondamentales. Avoir conscience de cela est d’autant plus important pour un croyant qui est encore au stade d’enfant, s’il veut véritablement grandir sans être trompé par ce qui sonne juste à la pensée humaine mais qui est contraire à la vérité qui est en Jésus-Christ. Ceci dit, il est important de le redire: aux yeux de Dieu un enfant n’a pas moins de valeur et n’est pas moins considéré qu’un adulte! Un adulte dans l’union avec le Christ considérera les autres comme plus important que lui-même (cf. Philippiens 2:3-4).

Au temps de Paul, ceux qui enseignaient ainsi que les dirigeants étaient au stade d’adulte dans leur union avec le Christ. Ils étaient d’ailleurs choisis par des croyants qui étaient eux-mêmes au stade adulte. Et le choix était fait selon les caractéristiques correspondant au stade adulte dans l’union avec le Christ (cf. 1 Timothée 3:1-13, Tite 1:5-2:1). Malheureusement de nos jours, avec une grande majorité de croyants qui ne connaissent que le stade d’enfant (sans même en avoir conscience), il y a une grande incompréhension de ces caractéristiques demandées par Paul. Ces caractéristiques qui sont un acquis pour celui qui est au stade adulte, sont alors approchées avec légalisme et comme quelque chose d’attendu à coup d’efforts et de discipline de la part de ceux qui dirigent et enseignent alors qu’ils sont encore eux-mêmes au stade d’enfant… Tristement, la mauvaise conscience et la condamnation ne peuvent que les attendre au contour de leurs manquements face à ces caractéristiques qui ne correspondent pas au stade d’enfant dans lequel il se trouve. Avec les caractéristiques propres au stade d’enfant que Paul nous donne, on comprend mieux le défi immense et lourd à porter que peut représenter aujourd’hui le fait pour certains d’être dirigeants et/ou enseignants lorsqu’ils sont eux-mêmes au stade d’enfant et que toute leur assemblé est au stade d’enfant. On comprend mieux les causes de burnout parmi ceux qui dirigent/enseignent alors qu’ils sont encore eux-mêmes au stade d’enfant… C’est le résultat malheureux et douloureux d’enfants qui conduisent/enseignent des enfants au sein du Corps de Christ, l’Eglise. Pour celui qui est sorti du stade d’enfant, ce constat fait déborder de compassion avec un cri du cœur qui saigne pour tous ses frères et sœurs en Christ qui demeurent à ce stade d’enfant dans leur maturité… Paul va jusqu’à comparer avec les douleurs de l’enfantement cette douleur de l’attente de voir Christ être formé en ceux qu’il a amenés à la foi en Jésus-Christ (cf. Galates 4:19). Que cet article et tous les autres de ce site puissent aider beaucoup à voir Christ être formé en eux et sortir du stade d’enfant pour goûter à toute la plénitude qui est en Christ.

Le pardon des péchés avec le don de la justification/droiture sont fondamentaux!

Aussi, à la lumière de la première lettre de Jean et de ce que Paul nous laissent comprendre, il ne faut pas être surpris d’observer que là où l’enseignement en ce qui concerne le pardon des péchés (avec le don de la justification/droiture) et le renouvellement de la pensée (Metanoia, mal traduit par « repentance« ) n’est pas correctement enseigné, la communauté de croyants ne peut pas sortir du stade d’enfant dans leur union avec le Christ. Ce ne sont pas les caractéristiques modelées par la pensée du monde comme les titres, le niveau d’études, le niveau de responsabilité, les capacités humaines ou le nombre d’années de conversion qui déterminent la maturité dans l’union avec Jésus-Christ et l’aptitude à enseigner ou à diriger au sein du Corps de Christ. De nos jours, le nombre de croyants qui sont sortis du stade d’enfant semble très faible, y compris parmi ceux qui enseignent ou dirigent… Et malheureusement, s’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes et de leur enseignement, mais s’ils restent avec les lunettes de la tradition, ils passent à côté du salut pour eux-mêmes et pour ceux qu’ils enseignent (cf. 1 Timothée 4:16). Ce qui est malheureux, c’est que si un croyant au stade d’enfant est dans un environnement où l’enseignement n’est pas correct, en particulier en ce qui concerne le pardon des péchés et le renouvellement de la pensée, et qu’il reçoit un enseignement qui mélange la grâce et la Loi, il est peu probable que ce croyant arrive un jour à sortir du stade d’enfant.

Mais Dieu est à l’œuvre par son Esprit et l’enseignement authentique duquel Paul invite Tite à parler, est redécouvert par de nombreux croyants de par le monde qui ont soif de vérité et qui se plongent dans les textes bibliques, cherchant la vérité de tout leur cœur pour connaître intimement le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. De plus en plus de croyants sortent du stade d’enfant, et voient Christ être formé en eux pour en amener d’autres à goûter à l’acompte sur l’héritage et manifester au monde l’amour du Christ, en vivant les réalités du règne de Dieu au quotidien, comme on peut l’observer dans le livre des Actes.

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance, correcte et précise, de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

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* A noter: bien que dans le contexte de ce chapitre Paul fasse clairement allusion à l’assemblée des croyants lorsqu’il parle du « temple de Dieu« , il leur dit que l’Esprit habite en eux. Ceci est valable aussi pour l’individu, car l’Esprit est donné aux individus. Il s’agit d’ailleurs exactement du même Esprit pour chacun, le même qui était en Jésus-Christ. Jésus-Christ a parlé de lui-même en utilisant cette même expression du temple de Dieu (cf. Jean 2:19-21). C’est précisément parce que l’Esprit de Dieu était en lui. C’est pour cela que Paul utilise l’expression du « temple » à la fois pour les individus, mais aussi pour l’assemblée en tant que « Corps de Christ« .

On ne peut parler que de ce que nous savons réellement – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

Connaissance 1Nicodème était quelqu’un sensé connaître les Écritures puisqu’il enseignait les autres, mais Nicodème ignorait visiblement ce que les Écritures disent concernant l’Esprit et comment on naît d’en haut, c’est-à-dire d’Esprit. Jésus semblait s’attendre à ce que Nicodème sache cela, d’autant plus que Jésus rendait témoignage de l’Esprit. Dans les évangiles, on voit que les chefs religieux et théologiens qui enseignaient le peuple pourtant à partir des Écritures, ont été en grande partie de ceux qui n’ont pas reconnu Jésus. Ils ont été de ceux qui ne l’ont pas reconnu comme le Messie dont les Écritures parlent pourtant. Ils ont aussi été de ceux qui ont remis en question les œuvres de Jésus qui manifestaient le règne de Dieu, et remis en question la puissance par laquelle il agissait, c’est-à-dire l’Esprit (cf. Matthieu 12:22-32Marc 3:22-30). Jésus, s’adressant à ceux qui enseignaient le peuple, leur a dit: « Malheur à vous, professeurs de la loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes (dans le royaume de Dieu) et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés » (Luc 11:52 SG21). Ceux qui enseignent les autres sans connaître les réalités du règne de Dieu, non seulement n’y entrent pas eux-mêmes, mais ils empêchent les autres d’y entrer parce qu’ils ne peuvent parler uniquement de ce qu’ils savent réellement. Cela correspond à des enfants dans leur union avec le Christ qui enseignent des enfants dans leur union avec le Christ. Ceci a pour résultat de reproduire des croyants qui restent au stade d’enfants et qui sont étrangers à la vie d’adulte dans leur union avec le Christ. Sauf pour ceux qui recherchent réellement à connaître Dieu et Jésus-Christ avec une préoccupation réelle de la vérité contenue dans les Écritures. Ceux-là seront plus enclin à laisser de côté les lunettes de la tradition qu’ils ont reçue et qu’ils continuent d’entendre. Ils seront moins facilement sous l’influence des croyances de ceux qui sont considérés comme matures et sages selon les critères de ce monde, alors qu’en vérité ils sont encore au stade d’enfants dans leur union avec le Christ. Il est nécessaire de chercher à connaître Dieu, donc la vérité à son sujet, avec l’aide de Dieu lui-même, avec l’aide de celui qu’il a donné pour ce faire: le Saint-Esprit. La problématique d’avoir des enseignants aux stades d’enfants dans leur union avec le Christ, et qui enseignent des enfants, c’est qu’en peu de temps un groupe complet de croyants se retrouve composé que de croyants au stade d’enfants, enseignants compris. Et l’une des caractéristiques du stade d’enfant étant le manque de discernement (voir article à venir sur les caractéristiques bibliques du stade d’enfant dans l’union avec le Christ), c’est la garantie de se retrouver avec une grande partie du corps de Christ en souffrance, ce qui est le cas de nos jours…

Quelqu’un qui ne connaît pas l’ensemble des Écritures, et dont la Parole de Dieu ne demeure pas en lui parce qu’il n’a pas la pensée de Christ, se verra facilement séduit par des raisonnements qui semblent justes à la pensée humaine, même si ces raisonnements sont contraires à ce que disent véritablement les Écritures à travers Jésus-Christ. L’enfant dans la foi* est facilement séduit par ce qui semble juste à la pensée humaine et qui est modelé par les principes élémentaires de ce monde, modelé par une nature humaine corrompue qui n’a pas la pensée de Christ. Toutefois, chacun est responsable pour lui-même de chercher à connaître Dieu et la vérité (cf. Romains 14:12). Dans l’auto-évaluation, il est toujours important de faire preuve d’humilité et reconnaître, sans condamnation ni sentiment de culpabilité, la réalité d’où nous en sommes réellement par rapport à ce que la Bible laisse entendre, Jésus étant la référence absolue. Ce n’est pas que l’amour de Dieu pour nous en dépende. Aucunement, mais c’est notre connaissance intime de cet amour qui en dépend, de même que tout ce qui découle de cet amour et qui en est la conséquence. Il est donc important de rester établi dans le fait que notre valeur aux yeux de Dieu n’est pas liée à notre maturité dans la foi et au stade où nous en sommes, mais notre valeur véritable est liée au « prix » que Dieu a été prêt « à payer » pour chacun de nous: sa venue en personne, dans son Fils unique Jésus-Christ, jusqu’à donner sa propre vie pour nous, alors que nous étions encore hostiles à Dieu (cf. Romains 5:7-8, Jean 10:18). Cette manière d’exprimer les choses reste une image. Mais Christ a démontré la valeur des hommes/femmes à Ses yeux, ceux du Père, durant toute sa vie jusqu’à inclure sa mort et l’après.

Il est donc non seulement important d’examiner les Écritures à la lumière de la vérité qui est en Jésus-Christ pour vérifier les enseignements entendus, mais il est aussi important d’examiner la vie de ceux qui enseignent, en particulier par rapport aux choses qu’ils enseignent. Parce que chaque enseignant ne peut parler que de ce qu’il sait réellement concernant les choses qu’il enseigne. Il faut discerner s’ils savent vraiment de quoi ils parlent. S’ils ne vivent pas encore les choses dont ils parlent, en réalité ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ils ne peuvent donc pas amener quelqu’un à vivre ce qu’ils ne vivent eux-mêmes pas encore. L’examen concernant les enseignants et leurs enseignements doit se faire à la lumière des Écritures, elles-mêmes lues à la lumière de la vérité que Jésus-Christ a révélée. Pour donner un exemple, quelqu’un qui ne démontre pas dans son quotidien un amour pour ses ennemis et pour les gens détestables aux yeux des hommes, ne peut pas conduire les autres à le vivre. Il n’a pas encore la connaissance des clés bibliques pour y parvenir lui-même et ne peut donc pas enseigner correctement au sujet de l’amour du prochain. S’il le fait, il est fort probable qu’il le fasse selon des caractéristiques de ce monde concernant l’amour et non selon les caractéristiques bibliques. Il ne pourra pas non plus enseigner correctement concernant l’amour de Dieu, car l’amour du prochain est directement lié à l’amour de Dieu (cf. 1 Jean 4:7-819-21). De même, si quelqu’un démontre encore un attachement au monde et aux choses du monde, il ne pourra pas enseigner correctement concernant l’amour de Dieu, parce que Jean nous dit qu’un attachement au monde et aux choses du monde démontre que l’amour du Père n’est pas dans cette personne (cf. 1 Jean 2:15), ou que cette personne n’a pas d’amour pour Dieu, ce qui revient au même car les deux sont intimement liés. Cette personne ne pourra donc pas enseigner correctement non plus au sujet du contentement, car elle parlerait en ne sachant pas de quoi elle parle, même si elle semble être sûr d’elle à ce sujet. D’ailleurs, il est fortement probable qu’elle ne vive pas le contentement à l’exemple de Paul (cf. Philippiens 4:12-13), et que si elle parle du contentement elle suggèrera des solutions tout humaines, comme par exemple commencer d’apprendre à être content pour des petites choses, comme si c’était ainsi que le contentement allait se produire. Alors que la cause du contentement en toute circonstance, ce que vivait Paul, vient de la révélation de l’amour de Dieu qui satisfait pleinement le cœur.

Connaissance 3Quelqu’un qui connait réellement les Écritures, parce qu’il est devenu familier avec l’expérience qui démontre ce qu’elles disent, décèlera facilement les erreurs dans les enseignements qui concernent les domaines qui touchent ce qu’il sait lui-même réellement. Mais pour celui qui est au stade d’enfant dans la foi, il devra être vigilant, et chercher Dieu en examinant de près les Écritures, à la lumière de la vérité qui est en Jésus-Christ. Parce que croire quelque chose qui n’est pas la vérité, et le croire parce que des gens qui apparaissent sages et matures aux yeux des hommes l’enseignent, ne produit pas ce que seule la vérité produit, malgré tous les titres que ces gens peuvent avoir et le crédit aux yeux des hommes. Aussi, celui qui est au stade d’enfant, comme celui qui ne l’est plus, doit chercher avec humilité à examiner les choses, non pour rabaisser ceux qui enseigneraient des hérésies, mais pour avoir du discernement afin de pouvoir lui-même grandir dans la connaissance de la vérité et grandir dans l’union avec le Christ par cette connaissance. Et celui qui cherche trouve et celui qui demande reçoit (cf. Matthieu 7:8).

Ce n’est pas pour rien que Paul a donné le conseil suivant aux Philippiens: « Suivez tous mon exemple, frères, et observez comment se conduisent ceux qui vivent selon le modèle que vous trouvez en nous » (Philippiens 3:17 BDS), et de même aux Corinthiens: « Suivez donc mon exemple, comme moi, de mon côté, je suis celui du Christ » (1 Corinthiens 11:1 BDS). Christ demeure l’exemple à suivre par excellence. Paul est, quant à lui, un très bon exemple de quelqu’un qui était précédemment sous la loi du péché, lorsqu’il n’avait pas la foi malgré son zèle pour Dieu, mais qui en a été délivré et qui était parvenu au stade d’adulte. Ainsi, il vivait les réalités du règne de Dieu et la plénitude qui est en Christ. Paul est un modèle de ce dont il parle dans ses lettres. Dans son invitation à suivre son exemple, c’est seulement pour ce qui est semblable à Christ dans sa vie, mais non pour ce qui ne le serait pas. La référence reste Jésus-Christ, et c’est en fonction du Christ que Paul évalue sa propre maturité. Paul sous-entend clairement que ce qu’il pouvait vivre, le stade où il en était, est accessible à tous ses lecteurs. Et ce, parce qu’il savait clairement par quel moyen sa vie avait été transformée pour arriver à la maturité qui était la sienne dans l’union avec le Christ, le stade d’adulte. Il sait que ce stade est accessible à tous, parce que le moyen est à la portée de tous, il s’agit du moyen de la foi en la vérité qui est en Christ. C’est parce qu’il connaît la manière dont la transformation se produit qu’il peut dire: « Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée » (Romains 12:2 BDS).

Au début du chapitre, Paul avait clarifié: « Car, bien que je n’aie rien à me reprocher, ce n’est pas cela qui fait de moi un juste. Celui qui me juge, c’est le Seigneur » (1 Corinthiens 4:4 BDS). Mais ce que Paul décrit ensuite place la barre de l’exemple de Christ qu’il suit lui-même, tout en étant persécuté: « Jusqu’à présent, nous souffrons la faim et la soif, nous sommes mal vêtus, exposés aux coups, errant de lieu en lieu. Nous nous épuisons à travailler de nos propres mains. On nous insulte? Nous bénissons. On nous persécute? Nous le supportons. On nous calomnie? Nous répondons par des paroles bienveillantes. Jusqu’à maintenant, nous sommes devenus comme les déchets du monde et traités comme le rebut de l’humanité » (1 Corinthiens 4:11-13 BDS). Ce ne sont pas là que de belles paroles de la part de Paul avec une intention de se mettre en avant. Non, Paul expose là ce qu’il vit concrètement, par la force du Christ qui agit en lui puissamment (cf. Colossiens 1:28-29). Il s’agit des caractéristiques de la vie de Christ en lui. C’est ainsi qu’il démontre la véracité de l’Évangile qu’il annonce: « ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Galates 2:20 NEG79). Quelqu’un peu bien citer ce passage biblique et en parler, mais s’il ne le vit pas en faisant le constat évident de la vie de Christ en lui, en réalité il ne saura pas de quoi il parle. Et ce constat se fait par les caractéristiques qui en découlent. Ces caractéristiques de l’attitude de Paul qui répond au mal par le bien ne sont pas issues de ses propres capacités, mais de ce que la vérité de l’Évangile produit chez celui qui croit. Paul ne démontre pas d’amertume, à aucun moment il ne se pose en victime avec des plaintes, mais il vit la réalité suivante face à l’opposition: « Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:37 BDS). Ses lecteurs ont pu observer la vie de Paul, et la cohérence entre sa prédication et sa vie. Il dit notamment à Timothée, alors qu’il l’invite à prendre soin de la vérité et de confier le message de l’Évangile à des personnes dignes de confiance, ceci pour le retransmettre correctement: « Mais toi, tu as pu m’observer dans mon enseignement, ma conduite, mes projets, ma foi, ma patience, mon amour, mon endurance. Tu as pu voir quelles persécutions et quelles souffrances j’ai endurées à Antioche, à Iconium et à Lystre. Quelles persécutions, en effet, n’ai-je pas subies! Et chaque fois, le Seigneur m’en a délivré » (2 Timothée 3:10-11 BDS). Paul va aussi rappeler aux Corinthiens du fait qu’il leur a démontré les caractéristiques d’un apôtre parmi eux: « Les marques qui caractérisent un apôtre ont été produites parmi vous: une persévérance sans faille, des miracles, des prodiges, des actes extraordinaires » (2 Corinthiens 12:12 BDS). En réalité, seul quelqu’un qui est plus mature que nous en Christ, selon les critères bibliques de cette maturité et non selon les critères du monde, peut réellement nous enseigner comment parvenir à une maturité supérieure à la nôtre. Mais il ne pourra difficilement nous permettre de parvenir plus loin que là où il en est dans son union avec le Christ. Toutefois, avec les clés qui permettent de grandir soi-même dans la connaissance de la vérité, il est possible d’aller plus loin dans la maturité en Christ que ceux qui nous entourent, ou nous enseignent, en étant encore au stade d’enfant. Dieu se révèle lui-même à tous ceux qui le cherchent véritablement. Ainsi s’accomplit cette parole de l’Écriture: « Ils n’auront plus besoin de s’enseigner l’un l’autre, en répétant chacun à son compagnon ou son frère: Il faut que tu connaisses l’Eternel! Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands, l’Eternel le déclare, car je pardonnerai leurs fautes, je ne tiendrai plus compte de leur péché » (Jérémie 31:34 BDS, Hébreux 8:11 BDS). Et Jésus a clairement dit que le Saint-Esprit conduit dans toute la vérité et qu’il enseigne toute chose (Jean 16:13, Jean 14:26). Ainsi, celui qui cherche sincèrement la vérité, sans avoir peur de déplaire aux hommes, la trouve.

Connaissance 4L’observation de la vie de tous ceux que nous écoutons est importante, et ce peu importe leur position, leurs responsabilités, leur niveau d’études, leurs titres ou l’absence de ces critères humains. La tendance humaine est d’écouter de préférence ceux qui répondent à ces critères humains, pensant que c’est ce qui leur donne du crédit. Et pour ceux qui correspondent eux-mêmes à ces critères humains, la tendance humaine est de penser que ce sont ces critères par lesquels ils sont accrédités pour enseigner les autres. Ces manières de penser sont effectivement présentes pour ceux qui restent sans discernement, encore au stade d’enfant. Dans ce qu’il écrit aux Galates, Paul montre que, bien qu’il ait été voir les dirigeants les plus influents pour des questions liées à ce qu’il enseignait, il ne tenait pas compte du fait qu’ils étaient des dirigeants influents (cf. Galates 2:6). En réalité, on peut supposer que Paul a été vers eux parce qu’ils avaient une connaissance de première main en ayant été enseigné par Jésus lui-même, mais aussi parce qu’il devait être évident que la vie de ces dirigeants les plus influents était cohérente avec leur enseignement. Leur vie devait certainement refléter la vie de Christ en eux, démontrant un stade adulte, pour que Paul leur accorde un tel crédit. Paul était cohérent aussi pour lui-même avec le fait de ne pas non plus se juger lui-même d’après des critères humains: « En ce qui nous concerne, Apollos et moi, qu’on nous considère donc comme de simples serviteurs du Christ, des intendants chargés de communiquer les secrets de Dieu. Or, en fin de compte, que demande-t-on à des intendants? Qu’ils accomplissent fidèlement la tâche qui leur a été confiée. Pour ma part, peu m’importe le jugement que vous, ou une instance humaine, pouvez porter sur moi. D’ailleurs, je ne me juge pas non plus moi-même. Car, bien que je n’aie rien à me reprocher, ce n’est pas cela qui fait de moi un juste. Celui qui me juge, c’est le Seigneur » (1 Corinthiens 4:1-4 BDS).

Concernant les critères d’évaluation purement humains, Jésus lui-même a dit aux pharisiens et aux spécialistes de la Loi: « Vous jugez selon des critères purement humains, moi, je ne juge personne. Et à supposer que je porte un jugement, ce jugement est vrai, car je ne suis pas seul pour juger, mais avec moi, il y a aussi le Père qui m’a envoyé » (Jean 8:15-16 BDS). Et Paul dit aux Corinthiens: « Si quelqu’un parmi vous se croit sage selon les critères de ce monde, qu’il devienne fou afin de devenir véritablement sage » (1 Corinthiens 3:18 BDS). C’est pour cela qu’il leur précise encore dans sa deuxième lettre: « désormais, nous ne considérons plus personne d’une manière purement humaine. Certes, autrefois, nous avons considéré le Christ de cette manière, mais ce n’est plus ainsi que nous le considérons maintenant » (2 Corinthiens 5:16 BDS). A noter: ce n’est pas le fait de se croire sage qui est une folie et un manque de sagesse selon les critères bibliques, mais le fait de se croire sage basé sur les critères de ce monde. La sagesse est à recevoir de Dieu, elle vient de l’union avec le Christ, par la connaissance de la vérité qui est en lui, et lorsque cette sagesse-là commence à nous habiter nous savons qu’elle est là (cf. Jacques 1:5-8, Colossiens 2:3). Nous savons qu’elle est là, notamment parce qu’elle ne correspond pas aux critères de sagesse de ce monde et que les caractéristiques de Christ sont manifestes en nous. Sachant d’où nous venons et où nous en sommes, et par quel moyen la croissance s’est produite.

Même dans l’évaluation du Christ, une considération de manière purement humaine est une folie. Il est nécessaire d’inclure notamment les critères liés à l’Esprit de Dieu qui était en Christ, car c’est ce même Esprit qui nous est donné par la foi en la Bonne Nouvelle (cf. Galates 3:2-5). Paul invite à ne plus évaluer les hommes selon des critères purement humains, car ces critères sont modelés par le monde actuel avec une pensée tout humaine. Ils ne correspondent pas aux réalités du royaume de Dieu, aux réalités du monde céleste. Celui qui vit le constat de la vie de Christ en lui expérimente le fait que: « Sans doute, nous sommes des hommes et nous vivons comme tels, mais nous ne menons pas notre combat d’une manière purement humaine » (2 Corinthiens 10:3 BDS). Vivre comme des hommes ne veut pas dire vivre esclave de l’ancienne nature. Celui qui constate la vie de Christ en lui se bat avec les armes célestes (cf. Ephésiens 6:10-17). « Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas simplement humaines; elles tiennent leur puissance de Dieu qui les rend capables de renverser des forteresses. Oui, nous renversons les faux raisonnements » (2 Corinthiens 10:4 BDS). Lorsqu’on constate la vie de Christ en nous-mêmes, on sait et réalise à quel point les critères d’évaluation selon ce monde sont une folie, ainsi que les conseils et les solutions que la pensée du monde suggère. Malheureusement, bien souvent les moyens humains basés sur les principes de ce monde sont mélangés à l’Évangile par de nombreux croyants qui enseignent tout en étant encore au stade d’enfant dans leur union avec le Christ. Ce mélange rend l’Évangile inefficace et sans puissance dans leur propre vie et dans la vie de ceux qui les écoutent. La conséquence est que la mort de l’ancienne nature ne se produit pas chez ceux qui s’attachent à ces enseignements, et les mêmes œuvres de Christ sont aussi absentes de leur vie, de même que de nombreuses promesses que Dieu a faites. Les solutions suggérées qui sont basées sur les critères purement humains sont une folie, car ce n’est pas ainsi que l’on arrive à la victoire sur le mal pour régner dans la vie. C’est en se saisissant, par le moyen de la foi, des trésors surabondants de la faveur imméritée de Dieu, ainsi que du don de la justification/droiture qu’il nous a révélé en Christ (cf. Romains 5:17).

Ce qu’on croit détermine ce qu’on vit.

Il est encore bon de préciser que la seule cohérence entre la prédication et la vie d’un prédicateur n’est pas une garantie que sa prédication repose sur la vérité. La cohérence avec ce que les Écritures révèlent véritablement dans l’ensemble est nécessaire. Et la référence à Christ comme la vérité et l’exemple à suivre reste essentielle.

Connaissance 2Chaque enseignant parle de ce qu’il vit concrètement. Si ce qu’il vit correspond au stade d’enfant dans la foi, il parlera de Dieu et des choses de Dieu avec une approche correspondante au stade d’enfant dans la foi. Ce qu’il vit sera cohérent avec ce qu’il prêche et ce qu’il prêche sera cohérent avec ce qu’il vit. Mais sa prédication sera certainement incohérente avec la vérité contenue dans les Écritures à la lumière de Jésus-Christ, à cause des caractéristiques propres à ce que la Bible nous dit que la vérité produit. Ainsi, certainement un tel enseignant ne mènera pas une vie juste et sainte qui est caractéristique de celui qui a vaincu le mal, c’est-à-dire celui qui n’est plus au stade d’enfant (cf. 1 Jean 2). Sa vie ne pourra pas être à l’exemple de Christ (cf. 1 Jean 2:6), certainement pas non plus à l’exemple de Paul, et sans doute même pas à l’exemple d’Ananias (cf. Actes 9:10-19).

Par exemple, nombreux sont ceux qui sous-entendent que l’on reste esclave du péché. En général, c’est parce que c’est leur expérience, ils n’arrivent pas à se défaire de cette esclavage et qu’ils n’ont jamais vu quelqu’un vivre autre chose que leur réalité. Ou encore, un enfant dans la foi, qui n’a jamais vu de sa vie un adulte dans la foi, ne considérera pas forcément Paul comme un exemple du stade adulte dans la foi, mais comme un super homme que Dieu aurait choisi précisément pour ses qualités intrinsèques humaines exceptionnelles et ses antécédents Juifs, Romains, Hébreux, pharisiens, spécialistes de la Loi, et autres. Et il est encore moins probable qu’un enfant dans la foi considérera que tous les croyant sont invités à vivre les mêmes réalités de l’Évangile que Paul vivait. Un enfant dans la foi pensera peut être que la puissance de Dieu vécu par Paul était seulement pour les apôtres et les premiers disciples, ou que Paul était un homme d’exception quant à son caractère et sa capacité à être victorieux dans l’épreuve. Pourtant, Paul parle clairement du stade adulte comme un objectif pour tout homme: « C’est ce Christ que nous, nous annonçons, en avertissant et en enseignant tout homme, avec toute la sagesse possible (pas une sagesse humaine), afin de faire paraître devant Dieu tout homme parvenu à l’état d’adulte dans son union avec le Christ » (Colossiens 1:28 BDS). Mais là encore, Paul peut parler du stade adulte dans l’union avec le Christ, parce qu’il connait ce stade. Il parle de ce qu’il sait réellement. Il a vécu la croissance de la non-foi jusqu’au stade adulte dans l’union avec le Christ. Aussi, il sait comment il y est parvenu. Il sait ce dont un enfant dans la foi a besoin pour grandir et sortir du stade d’enfant. Seul un adulte dans l’union avec le Christ sait réellement comment on parvient au stade d’adulte, parce qu’il est devenu familier au stade adulte avec l’expérience. Il sait de quoi il parle parce qu’il a vécu les étapes de cette croissance. Et lorsqu’un adulte lit les Écritures, il interprète correctement les textes qui se réfèrent au sujet de la croissance. Ceux qui essayent d’en parler sans avoir conscience qu’ils sont encore eux-mêmes au stade d’enfant, malgré qu’ils peuvent se prétendre adulte, en parleront avec un regard du stade d’enfant. Ils seront incapables de dire comment on passe du stade d’enfant à celui d’adulte, parce qu’il n’en ont pas fait l’expérience. En général, ils ne connaissent pas non plus les textes bibliques qui en parlent. Les solutions qu’ils proposeront seront basées sur une sagesse tout humaine et selon les principes de ce monde. En général, l’absence de l’expérience véritable de ce dont parle la Bible contribue à l’incompréhension des textes correspondants. Mais à la lueur des textes de la Bible, malgré la prétention par certains d’être adulte, leur vie démontrera clairement les caractéristiques d’un stade d’enfant dans l’union avec le Christ. En général, la prétention au stade adulte est là à cause d’un jugement selon des critères purement humains. C’est pour cela qu’il est important de connaître ce que les Écritures disent, à la lumière de la vérité qui est en Jésus-Christ, afin de ne pas être freiné dans la croissance en demeurant au stade d’enfant, juste parce que les enseignements de certains semblent juste à la pensée humaine, et qu’ils parlent parfois de ce qu’ils ne savent pas réellement…

Parler de ce qu’on ne sait pas réellement amène des hérésies. Chaque hérésie est décelée par les incohérences qu’elle amène. Et il est nécessaire aussi de prendre conscience que tout croyant, peu importe sa maturité, véhicule un certain nombre d’hérésies malgré lui. Car c’est la connaissance de la vérité qui dévoile les hérésies. Une absence totale d’incohérence montrerait d’être parvenu à une connaissance de la vérité tout entière et un vécu selon la vérité tout entière, l’exemple c’est la vie de Christ. Bien sûr chacun grandit dans la connaissance de la vérité, et la révélation est progressive. Chacun se trouve à différents stades et il est important de rappeler encore une fois que l’amour de Dieu pour nous ne dépend en rien d’où nous en sommes! Notre valeur à ses yeux, elle non plus, ne dépend pas d’où nous en sommes dans notre connaissance de la vérité! Il l’a montré en Christ une fois pour toute! Tous les hommes depuis Adam ignoraient la vérité concernant Dieu lorsque Dieu est venu lui-même, en Christ, pour révéler la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Il a été nécessaire que Dieu vienne en personne pour dire et démontrer la vérité, parce que la pensée tout humaine modelée par le père du mensonge empêchait de le saisir. L’ignorance de la vérité touche directement et profondément notre compréhension de notre valeur véritable aux yeux de Dieu, et notre compréhension de son amour pour nous.

En grandissant dans la connaissance de la vérité, les incohérences disparaissent progressivement, souvent à commencer par les grosses incohérences pour aller vers de plus petites plus subtiles. Les plus grosses incohérences ne sont pas les plus faciles à corriger, car ce sont celles qui sont souvent le plus rependues par la majorité et le plus profondément enraciné dans de faux raisonnements maintenus par la tradition. Ceci dit, l’Évangile ne nécessite pas une connaissance approfondie des Écritures pour être libéré de la loi du péché et faire les mêmes œuvres que Christ! Dieu a prévu que tout ce qu’il offre dans le salut soit accessible à ceux qui sont comme des enfants (cf. Matthieu 19:14, Marc 10:14). Un enfant (sur le plan humain) est capable de recevoir les trésors surabondant de la grâce et le don de la justification/droiture. En général, ce sont les adultes (sur le plan humain) qui ont plus de peine, car leur pensée a été plus longtemps exposée à la pensée du monde et sous son influence. Toutes les hérésies n’ont bien sûr pas les mêmes conséquences. Par exemple, des hérésies en ce qui concernent certaines promesses de Dieu, peuvent avoir comme conséquence de ne pas voir s’accomplir ses promesses. Mais par exemple, des hérésies en ce qui concerne le pardon des péchés a comme conséquence de rester dominé par le mal et de rester esclave du péché, commettant le mal indésirable et n’arrivant pas à faire le bien désiré. La conséquence est donc l’impossibilité d’aimer ses ennemis et son prochain comme soi-même. Et malheureusement, nombreux sont ceux dont c’est la seule expérience, parce qu’ils ne connaissent pas réellement ce que disent les Écritures, à la lumière de Jésus-Christ, au sujet du pardon des péchés. Aussi, lorsqu’ils en parlent, ils ne parlent que de ce qu’ils savent réellement, et cette connaissance exclue le vécu de la libération de la loi du péché, la délivrance de cette force agissante dans l’homme livré à lui-même. Cette délivrance vient de la vérité que Christ a révélée, par ses paroles et par sa vie.

Chacun est appelé à grandir dans la connaissance de la vérité tout entière. Il s’agit de grandir dans la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, pour grandir en maturité dans son union avec le Christ, et manifester l’amour du Père dans le monde comme Christ lui-même a montré l’exemple. La préoccupation de Paul était d’amener tous les croyants à parvenir au stade d’adulte dans leur union avec le Christ. Si un croyant n’est pas vigilant et manque de discernement avec ses propres lectures, ou avec les enseignements qu’il entend et par lesquels il se « nourrit », cette nourriture peut potentiellement l’empêcher de sortir du stade d’enfant dans l’union avec le Christ et l’empêcher de grandir pour atteindre le stade adulte dans sa vie.

Cet article, comme tous les autres de ce site, a pour but de favoriser la croissance de chacun, où qu’il en soit dans son union avec le Christ. Cet article a pour but de donner des clés pour discerner et grandir dans la connaissance de la vérité, afin d’aimer comme le Christ a aimé. Nous sommes tous invités à être des disciples et à faire des disciples (cf. Matthieu 28:19). Cet article s’adresse à la base surtout pour ceux qui sont encore au stade d’enfant (sans forcément en avoir conscience) et les aider à discerner les choses qu’ils peuvent entendre ou lire. Maintenant, le fait est que, malheureusement et malgré l’intention de cet article, une des caractéristiques du stade d’enfant est de ressentir encore des sentiments de culpabilité et la condamnation. Alors pour rappel: Il n’y a pas de culpabilité à éprouver encore ces sentiments-là, mais il ne faut pas les accepter car ils ne sont pas inspirés par Dieu ! Aussi, puisqu’il n’est pas possible de transmettre par écrit toute la douceur et l’affection avec lequel cet article est écrit, c’est les paroles de Jean qu’il semble nécessaire de rappeler ici: « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même un apaisement pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom«  (1 Jean 2:1-2, 12 NEG79). Et c‘est avec les paroles de Paul que cet article se conclut: « Si j’écris ainsi, ce n’est pas pour vous remplir de confusion. C’est pour vous mettre en garde comme des enfants bien-aimés » (1 Corinthiens 4:14 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

 

* A noter: le stade d’enfant dans l’union avec le Christ n’est pas lié au nombre d’années dans la foi. Il est possible de rester à un stade d’enfant durant toute la vie, surtout pour ceux qui n’ont jamais vu à quoi ressemble un adulte dans l’union avec le Christ, et qui ne connaissent pas les caractéristiques que donne la Bible concernant la maturité dans la foi. Ils confondent alors la maturité du monde avec sa sagesse tout humaine (modelée sur les principes de ce monde) et la maturité dans la foi. En général, ils évaluent la maturité par le niveau des responsabilités des croyants, la taille de leur « ministère », ou par le niveau d’études, ou par la capacité à parler en publique, ou par leur nombre d’années dans la foi ou dans le « ministère », ou par le miraculeux, etc.

On ne peut parler que de ce que nous savons réellement – 1ère Partie

Savoir réellement 5Dans le chapitre 3 de l’évangile de Jean, on voit Jésus avoir une discussion avec Nicodème. Cet homme était un membre du parti des pharisiens (courant religieux) et un chef des Juifs. Ils ont une discussion au sujet de la nécessité de naître d’en haut, c’est-à-dire de naître d’Esprit. Jésus dit que sans cette naissance on ne peut pas voir ni entrer dans le royaume de Dieu. En d’autres termes, sans cette naissance on ne peut pas vivre le règne de Dieu sur terre comme au ciel à la manière que Jésus et ses disciples après lui ont démontrée. Nicodème ne comprend pas de quoi Jésus lui parle, ni comment cette « naissance d’Esprit » peut se produire, et Jésus lui dit: « Tu es l’enseignant d’Israël et tu ne sais pas cela! En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage » (Jean 3:10-11 SG21). Le terme original ici pour « avons vu » (en grec ἑωράκαμεν, Horao) signifie non seulement voir avec les yeux, mais aussi voir avec l’Esprit. Le terme original inclue aussi le fait d’être devenu familier avec l’expérience. Il s’agit de parler en connaissance de cause. C’est une connaissance éprouvée, pratique, concrète qui inclut l’expérience de ce dont on parle. Jésus sait de quoi il parle et il le démontre pratiquement par la manifestation du règne de Dieu, c’est-à-dire par les œuvres qu’il accomplit. Pourtant, le témoignage de sa propre vie n’est pas reçu par les chefs religieux, ni par les spécialistes de la Loi. Le terme original pour « ne recevez pas » (en grec lambano) signifie notamment se saisir, prendre, admettre. Nicodème ne sait pas de quoi lui parle Jésus, car c’est quelque chose qui ne fait pas partie de ce qu’il a vu lui-même, ni quelque chose qui fait partie de sa propre expérience. Paul et tous les auteurs du Nouveau Testament savaient, comme Jésus, de quoi ils parlaient lorsqu’ils parlaient de certaines choses de Dieu. Ils parlaient de ce qu’ils avaient vu et de leur propre expérience de ces réalités. Ils ne parlaient pas de ce qu’ils avaient entendu dire par les autres sans que ces choses soient une réalité concrète dans leur vie. Ils ne parlaient pas que d’enseignements théoriques qu’ils auraient eux-mêmes reçus, mais ils démontraient par leur vie et par leurs œuvres ce qu’ils enseignaient. Ils démontraient la véracité de leur enseignement par ce que seule la vérité produit en celui qui croit. C’est pourquoi, ils pouvaient en parler de la manière dont ils l’ont fait. Ils en parlaient avec l’assurance que donne l’Esprit. Car l’Esprit est celui qui produit les réalités dont ils parlent. Ces réalités sont inaccessibles à ceux qui n’ont pas cet Esprit. Il ne s’agissait pas que de théories et de discours intellectuels, le témoignage de leur vie démontrait ce dont ils parlaient. Le fait est que:

On ne peut parler que de ce que nous savons réellement !

Un exemple de cette vérité : quelqu’un qui n’a pas vécu la nouvelle naissance (« naître d’Esprit« ) dont Jésus parle à Nicodème, ne pourra pas parler véritablement sur la thématique de « naître d’Esprit« . Tout au plus, si c’est quelqu’un qui lit la Bible, il pourra en parler avec les descriptifs qu’il peut trouver dans la Bible. Mais il ne pourra pas véritablement comprendre, ni connaître, la réalité et la vérité en ce qui concerne la nouvelle naissance tant qu’il ne l’a pas vécue. Toute l’approche explicative de cette personne pour ce qui se rattache à « naître d’Esprit« , sera dépourvue de la connaissance qui vient du vécu. Une telle personne cherchera naturellement à comprendre les choses par un raisonnement intellectuel modelé sur les principes élémentaires de ce monde. Mais n’ayant pas l’expérience de cette réalité spirituelle, elle ne pourra quasiment pas comprendre correctement les textes bibliques relatifs à ce sujet. Elle ne peut qu’essayer d’imaginer quelque chose qu’elle n’a pas vécu. Elle ne pourra pas connaître la vérité au sujet de la nouvelle naissance, d’autant plus que le Saint-Esprit qui caractérise cette naissance est nécessaire pour être conduit dans la vérité tout entière (cf. Jean 16:13). Car seul l’Esprit de Dieu, c’est-à-dire l’Esprit de Vérité, permet de connaître la vérité au sujet des réalités invisibles, c’est-à-dire les réalités célestes, qui sont rendues visibles dans le monde visible, seulement par le moyen de la foi. On ne peut pas connaître la vérité de ces réalités qui sont invisibles sans la foi, et sans l’Esprit de Dieu. A noter: si une personne, malgré qu’elle ait reçu l’Esprit-Saint, ne cherche pas véritablement à connaître la vérité, sa tendance naturelle sera d’interpréter ce qu’elle trouve dans la Bible uniquement en fonction de sa propre expérience. Aussi, tant que l’expérience d’une personne n’inclut pas l’expérience de ce qui se trouve dans la Bible à ce sujet, elle n’arrivera pas à la connaissance de la vérité dont parle la Bible concernant ce sujet. Elle ne pourra pas en parler en pleine connaissance. Pour l’exemple de la nouvelle naissance, l’absence de l’expérience de celle-ci, amènera pour sûr des explications incohérentes en parlant des textes bibliques qui concernent la nouvelle naissance. Car cette personne parlera de ces textes en les comprenant à travers sa propre expérience qui ne comprend pas la nouvelle naissance. Elle en parlera avec les seules réalités des principes de ce monde visible, alors que la nouvelle naissance implique les réalités du monde céleste qui est invisible, mais dont il est fait mention dans la Bible.

Savoir réellement 8Pour continuer avec cet exemple, en parlant de « naître d’Esprit« , Jésus savait de quoi il parlait. Notamment parce qu’après avoir reçu le baptême de Jean, il a reçu l’Esprit-Saint (Matthieu 3:13-17, Marc 1:9-13, Luc 3:21-22) et ensuite fait l’expérience des réalités du règne de Dieu auxquelles cet Esprit donne accès par la foi. Aussi, il a démontré ces réalités dont il parlait. Jésus était familier avec l’expérience de l’Esprit en Lui. Ses enseignements n’étaient pas juste des hypothèses non démontrées. Il démontrait tout ce qu’il enseignait concernant ce qui est possible par le moyen de la foi dans le monde présent. Un autre exemple, simple et facilement compréhensible pour illustrer les choses : comment quelqu’un qui est aveugle de naissance pourrait-il parler de tout ce qui est en lien direct avec la vue? Il pourra essayer de s’imaginer les choses. Il pourra se représenter certaines formes dans son imagination, celles qu’il peut saisir par d’autres sens comme le toucher. Mais pour ce qui est des réalités qui proviennent uniquement de la vue, comme les couleurs par exemple, cela lui est inaccessible. Ainsi, un aveugle de naissance ne peut pas parler de la vue, en vérité. Il peut seulement essayer d’en parler. Peut être il sera même capable de donner quelques descriptions correctes, mais seulement pour ce qui est en lien avec ce qu’il peut percevoir avec ses autres sens. Mais il ne peut pas connaître la vérité en ce qui concerne la vue, et encore moins enseigner quelqu’un correctement en ce qui concerne la vue… Il en va de même pour toutes les réalités spirituelles dont parle la Bible: on ne peut parler véritablement que de ce que nous savons réellement.

Le fait de ne pouvoir parler que de ce que nous savons réellement est important à savoir. C’est important pour soi-même, afin de grandir avec humilité dans la connaissance de Dieu et des choses de Dieu. Mais c’est encore plus important lorsqu’on enseigne les autres, mais aussi lorsqu’on entend d’autres personnes qui nous enseignent. Parce qu’on peut se retrouver en face d’enseignants, ou être nous-mêmes des enseignants qui « se posent en enseignants de la Loi (ou l’Evangile) mais, au fond, ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni les sujets sur lesquels ils se montrent si sûrs d’eux-mêmes » (1 Timothée 1:7 BDS). C’est d’autant plus important d’en avoir conscience pour celui qui est « jeune dans la foi », s’il ne veut pas être ballotté comme une barque par les vagues, et emporté çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur (cf. Ephésiens 4:14). Paul, parce qu’il savait réellement de quoi il parlait, pouvait discerner facilement que certains enseignants ne comprenaient pas ce qu’ils disaient, ni les sujets sur lesquels ils se montraient si sûrs d’eux-mêmes. Chacun ne peut parler que de ce qu’il sait réellement. C’est valable pour tous les croyants, et tous ceux qui enseignent les autres ne font pas exception à cette vérité. Chacun va donc parler en fonction de ce qui est issu de sa propre expérience. Mais personne ne peut parler correctement et précisément de ce qui est en dehors de son propre vécu. Par exemple, celui qui n’a pas goûté à certaines réalités du règne de Dieu aura tendance à en parler comme quelque chose qui ne fait pas partie de la réalité présente, d’autant plus si cela fait de nombreuses années qu’il s’est tourné vers Dieu à travers Jésus-Christ. Typiquement, il aura tendance à affirmer que ces réalités ne sont pas pour le monde présent. Il donnera des explications autour des textes bibliques de manière à ce que cela corresponde à sa propre expérience, à ce qu’il a vu, à la réalité qu’il connaît parce que c’est ce qu’il vit et beaucoup d’autres aussi autour de lui. Il lira les textes bibliques avec les lunettes de son expérience, alors il pourra difficilement en parler autrement. Il aura tendance par les explications qu’il donne, à justifier la réalité qu’il expérimente et à se rassurer ainsi dans son propre vécu. Et de manière générale, tous ceux qui ont la même expérience que lui et vivent la même réalité, auront tendance à approuver son enseignement, parce que c’est également leur expérience. Les seuls qui désapprouveront l’enseignement d’une telle personne sont ceux qui vivent au quotidien les réalités du règne de Dieu que l’enseignant prétend ne pas être pour le monde présent. Ceux qui ont déjà vu d’autres croyants vivre ces réalités du règne de Dieu, mais ne le vivent pas eux-mêmes, auront probablement certaines réserves quant aux affirmations d’un tel enseignant, ou seront partagés, ne sachant que croire. Ceci laisse déjà apparaître que:

L’expérience seule n’est pas la garantie de la vérité.

Et ceci ne dépend pas du nombre de personnes qui expérimente la même chose. Il faut peut être préciser que ce qui est en question, ce n’est pas l’authenticité du vécu d’une expérience, mais la prétention de ce vécu comme la seule réalité possible à chacun dans le monde présent. Par exemple, certains peuvent prétendre que le monde spirituel n’existe pas et l’affirmer avec conviction parce qu’ils n’ont jamais fait l’expérience, ni vu de leur propre yeux, quelque chose qui pourrait mettre en doute cette affirmation. C’est leur vécu personnel, leur expérience. Leur vécu est réel, il est la vérité s’ils ne mentent pas en ce qui concerne leur vécu. Mais ce qu’ils prétendent est-il la vérité? Non, et ceux qui expérimentent au quotidien les réalités du monde spirituel le savent. Ils peuvent dire que ces autres gens ne savent pas de quoi ils parlent. Alors comment savoir si ce que quelqu’un prétend à partir de son expérience, correspond à la vérité dont parle la Bible? Comment savoir si l’interprétation de textes bibliques que quelqu’un utilise pour enseigner, et que son expérience semble confirmer, correspond effectivement à la vérité?

Déjà et premièrement, en cherchant véritablement ce que la Bible dit. Dieu éclairera toujours celui qui cherche la vérité. Le Saint-Esprit joue d’ailleurs un rôle fondamental dans cette recherche. La vérité de Dieu qui est en Christ permet d’examiner les choses pour parvenir à avoir du discernement face aux enseignements qu’on peut entendre, ou que l’on donne nous-mêmes. Il y a de nombreuses caractéristiques données par la Bible qui sont propres à la vérité et que seule la vérité produit. Il est donc important de savoir ce que la Bible dit. La question fondamentale à se poser est de savoir comment ces caractéristiques sont produites? Et de chercher les réponses que la Bible donne à ce sujet. Parallèlement, comment savoir alors que l’on a bien compris ce que la Bible dit? La réponse est dans la caractéristique suivante, intrinsèque et unique à la vérité: la cohérence de l’ensemble. La vérité tout entière a des réponses cohérentes à toutes les questions. Ce qui appartient à la vérité est cohérent.

La vérité est cohérente.

OLYMPUS DIGITAL CAMERADes explications, concernant des textes bibliques et certaines thématiques, qui ne correspondent pas à la vérité seront forcément incohérentes dans l’ensemble de ce que la Bible dit sur ces thématiques. Car seule la vérité est cohérente totalement. Et le vécu doit lui aussi être inclus dans la cohérence avec ce que la Bible dit. Le défi est que la tendance naturelle de celui qui est au stade d’enfant dans la foi est de chercher l’approbation des autres. Sa tendance est de chercher des gens qui vivent les mêmes choses que lui, qui croient les mêmes choses que lui, et de se rassurer de cette manière concernant ce qu’il croit. Ceci peut sembler sage à priori, car s’appuyer sur ceux qui ont plus de vécu dans la foi n’est pas une mauvaise chose en soi. Le problème c’est lorsque ceux qui entourent les enfants dans la foi, et qui enseignent les autres parce qu’ils ont un plus long vécu et un certain niveau d’études, sont eux aussi à un stade d’enfant dans leur union avec le Christ. Ils pourront difficilement en avoir conscience s’ils pensent que c’est leur nombre d’années, leur sagesse aux yeux du monde et leur niveau d’études qui qualifient la maturité. Ainsi, ils vivent dans l’illusion d’être mature dans la foi. Le stade de maturité dans l’union avec le Christ doit être évalué en fonction des caractéristiques bibliques de cette maturité et non en fonction des principes de ce monde avec sa sagesse humaine. La sagesse du monde est liée à l’expérience du monde avec les caractéristiques du monde. La sagesse qui est en Christ est liée à l’expérience de Dieu et de son royaume avec les caractéristiques qui lui sont propres. Sans l’union avec le Christ cette sagesse ne peut pas être acquise car « En lui (Christ) se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Colossiens 2:3 BDS).

En général, un enseignant qui est encore au stade d’enfant présente rarement les clés pour chercher à connaître la vérité dans les Ecritures, et encore moins comment déceler les mensonges dans ce qu’on croit et dans ce qui est enseigné. Mal équipé lui-même pour grandir dans la connaissance de la vérité, il ne peut pas donner aux autres ce qu’il n’a pas. Celui qui est au stade d’enfant dans l’union avec le Christ, aura tendance à chercher l’approbation des autres pour vérifier ce qu’il croit, et à se plier à leur compréhension si ces autres sont considérés comme matures par la majorité ambiante, ou sages aux yeux des autres. A noter: la foi apparaît souvent comme folie à l’esprit du monde et à la sagesse humaine qui est basée sur les principes de ce monde. Pourtant, la foi alignée sur la Parole véritable de Dieu, Christ, est la véritable sagesse qui vient de Dieu. Cette sagesse de Dieu a pour conséquence une vie semblable à Christ, avec la même confiance dans le Père qu’il avait, et les mêmes œuvres qu’il a faites. A cause de la confusion en ce qui concerne la sagesse, par ignorance de ce que disent les Écritures, la sagesse du monde est alors souvent perçue faussement comme une maturité dans la foi par ceux qui sont encore au stade d’enfant, peu importe leur nombre d’années de leur vécu dans la foi.

En général, celui qui est au stade d’enfant connaît rarement les caractéristiques bibliques de la maturité spirituelle. En conséquence, il ne discernera pas sa propre immaturité spirituelle ni celle des autres. L’approche qui consiste à chercher l’approbation des autres pour se rassurer dans ce qui est cru a le potentiel d’empêcher de grandir dans la foi, et d’empêcher de sortir du stade d’enfant dans l’union avec le Christ. Quelqu’un qui connaît uniquement le stade d’enfant et qui n’a jamais vu à quoi ressemble le stade d’adulte, ne pourra pas parler de ce qu’est le stade d’adulte. Il ignore ce qu’est la réalité d’adulte dont parle les Écritures, notamment par les écrits de Paul et Jean. C’est important d’avoir conscience de ces choses parce que cette vérité est valable pour chaque individu. C’est aussi pour cette raison qu’il est vital d’examiner tout enseignement en fonction de ce que disent véritablement les Écritures. Celles-ci donnent certaines caractéristiques qui correspondent au stade d’enfant, ou à celui de jeune gens et à celui d’adulte. Mais celui qui est au stade d’enfant, même s’il enseigne pourtant les autres, en général ne les connaît pas ou n’y est pas attentif, en sorte que ces caractéristiques n’entrent pas dans son évaluation de la maturité, ni pour lui-même, ni pour les autres. Il a tendance à juger de sa maturité dans la foi en fonction d’une sagesse tout humaine modelée par le monde actuel, sans même en avoir conscience. Sa manière de penser est en grande partie alignée avec la pensée du monde et non avec la pensée de Christ.

A suivre…

L’unité est donnée par l’Esprit

Dans sa première lettre aux Corinthiens, parmi lesquels il y avait des divisions, Paul leur écrit la recommandation suivante: « Je vous supplie, frères et sœurs, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de tenir tous le même langage. Qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez parfaitement unis dans le même état d’esprit et dans la même pensée » (1 Corinthiens 1:10 SG21).

Le texte original pour tenir le même langage (« lego », en grec λέγητε) parle de dire les mêmes choses, d’enseigner les mêmes choses, d’avoir les mêmes affirmations, les mêmes exhortations. Paul souligne ici que l’unité vient en ayant une même conviction et une même façon de penser, en d’autres termes: le même Esprit. Dans sa lettre aux Ephésiens, il leur dit: « Efforcez-vous de conserver l’unité que donne l’Esprit, dans la paix qui vous lie les uns aux autres » (Ephésiens 4:3 BDS). A noter, la paix qui lie les croyants les uns aux autres est la paix avec Dieu que Christ a apportée (cf. Romains 5:1, Galates 3:26-28, Galates 5:22, Actes 10:36, Romains 8:6, Romains 14:17, Romains 15:33, Ephésiens 2:14-15). Ainsi, Paul dit que:

L’unité est donnée par l’Esprit!

unité4Cette unité dont parle Paul ne peut pas exister en dehors de Jésus-Christ. Bien souvent, ce ne sont pas ces discours de Paul cités plus haut qui sont véhiculés aujourd’hui concernant l’unité des croyants qui confessent Jésus-Christ. La recherche de la vérité autour des textes bibliques est même parfois évitée, afin de maintenir une prétendue unité… Une pensée modelée par le monde actuel amène de nombreux croyants à véhiculer l’idée que l’unité vient en faisant abstraction des différences de convictions et des différentes façons de penser au sein de la communauté des croyants qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur. Mais cela est à l’opposé de ce que même Paul enseigne et recommande.
L’unité est donnée par l’Esprit de Dieu, qui s’appelle l’Esprit de vérité (cf. Jean 14:16-17, Jean 15:26, Jean 16:13, 1 Jean 4:6). Cet Esprit ne correspond pas à l’esprit du monde, ses désirs sont opposés à ceux de l’homme livré à lui-même (cf. Galates 5:16-17). C’est la pensée de Christ qui doit habiter chaque croyant, c’est-à-dire une manière de penser et de comprendre les choses selon la pensée donnée par la vérité qui est en Jésus-Christ. Il s’agit de la vérité que Christ a révélée concernant Dieu et les choses de Dieu. Dans la vérité, il y a notamment trois volets qui sont importants et pour lesquels l’Esprit-Saint joue un rôle majeur de conviction pour permettre de s’aligner avec la pensée de Christ. Jésus appelle l’Esprit-Saint le « Défenseur« . Et l’Esprit-Saint convainc le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement (cf. Jean 16:8-11). Jésus parle de convaincre le monde concernant ces trois volets. Cela à cause de la manière des hommes de penser qui est modelée par le monde :

  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne le péché, parce que le monde ne croit pas en Jésus-Christ (cf. Jean 16:9). Le terme original pour péché est « hamartia » (en grec ἁμαρτίας) qui parle d’erreur, de faux état d’esprit, de manquer le but, de s’éloigner des lois de Dieu. La loi de Moïse a établi la culpabilité de tous les hommes devant Dieu, car tous ont péché (cf. Romains 3:19-20). La culpabilité demeure dans la conscience de celui qui est incrédule, à cause du fait de ne pas croire en Jésus-Christ qui a démontré le pardon, le fait que Dieu ne tient pas compte des péchés. Mais l’histoire a démontré que les hommes qui en tiennent compte. Paul considère même qu’à la croix Jésus a annulé l’acte qui établissait les manquements des hommes à l’égard de Dieu (cf. Colossiens 2:14). En effet, Christ a démontré que Dieu ne tient même pas compte des fautes, même de ses ennemis. Dieu déclare les hommes justes à cause de leur foi en Jésus-Christ (cf. Romains 5:1). Les péchés sont effacés de leur conscience et cela semble une folie aux yeux du monde (cf. 1 Corinthiens 1:21). Celui qui vit sans croire à la vérité au sujet du péché, continuera de vivre avec un certain rejet de Dieu, et restera esclave du péché, condamnant les autres et se condamnant ainsi lui-même. Sans l’intervention du Saint-Esprit pour comprendre et être convaincu de la vérité, qui s’oppose à la pensée tout humaine, les gens restent sous la culpabilité du péché qui les maintient à l’écart de Dieu. Et ce malgré le fait que Jésus-Christ a enseigné et démontré de manière parfaite, totale et une fois pour toute jusqu’à sa mort à la croix, l’amour et le pardon véritable de Dieu (cf. Romains 5:7-8) – (voir aussi Dossier: Le point sur la pardon des péchés).
  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne la justice de Dieu, parce que Christ est auprès du Père et qu’on ne le voit plus (cf. Jean 16:10). Le terme original pour justice est « dikaiosune » (en grec δικαιοσύνης) qui signifie, au sens large, l’état de celui qui est comme il doit être, la condition acceptable par Dieu et, au sens étroit, la justice qui donne à chacun ce qui lui est dû. Sans la conviction donnée par l’Esprit, le fait d’être déclaré juste devant Dieu à cause de la foi en Lui est insaisissable et semble une folie, parce que cela va à l’encontre de la pensée tout humaine modelée par le monde actuel qui fonctionne au mérite, et qui rend le mal pour le mal. Par ailleurs, il est aussi difficile d’observer la justice de Dieu dans ce monde, d’une manière semblable à ce que Jésus a démontré en faisant les œuvres du Père (cf. Jean 10:25, Jean 14:11, Jean 10:30, Jean 10:37-38, Jean 5:19-30). La justice de Dieu est difficile à observer, notamment parce que le nombre de croyants qui pratique les mêmes œuvres que Jésus, et qui démontrent la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu et le pardon des péchés, est encore trop infime. Mais ceux qui en côtoient peuvent observer le rétablissement de la justice de Dieu dans la vie de ces croyants et à travers eux, par la puissance du même Esprit par lequel Jésus a agit. Le monde vivant sans Dieu reste victime de l’injustice de l’œuvre du mal, et sous une justice des hommes qui donne le mal pour le mal. Ainsi, le mal dirigé contre eux produit le mal en eux. L’injustice qui est dans le monde vient du fait qu’à travers la faute d’Adam, en croyant à l’image déformée de Dieu que le serpent a suggérée, la manière de penser des hommes a été corrompue au sujet de Dieu Lui-même. Jésus-Christ est venu rétablir la justice (cf. Romains 5:12, 5:18), en rétablissant la vérité au sujet du Père. Jésus-Christ est retourné auprès du Père, comme à l’image du « grand-prêtre » dans les prescriptions de Moïse, et intercède en notre faveur (cf. Hébreux 8-10). Mais il ne faut pas oublié que Jésus et le Père ne sont qu’un! (cf. Jean 10:30). C’est donc là une image pour aider à se saisir de la grâce de Dieu. Et Jésus est retourné auprès du Père pour envoyer l’Esprit-Saint (cf. Jean 16:7), qui confère chez celui qui vit par le moyen de la foi, la vie de Christ avec les mêmes œuvres que lui (cf.Jean 14:12, Marc 16:15-18, Romains 8:11). Lorsque Jésus annonçait le pardon des péchés à quelqu’un qui n’était pas dans l’autojustification*, il rétablissait ainsi la justice de Dieu dans la vie de cette personne et il lui donnait ainsi ce qui lui est dû. Lorsque Jésus guérissait un infirme, un malade ou chassait un démon d’une personne, il rétablissait la justice de Dieu dans la vie de la personne en question, il lui donnait ainsi ce qui lui est dû. Jésus a démontré ainsi l’amour, le règne et la justice de Dieu. Le don du Saint-Esprit permet de rétablir la justice dans la vie de la personne qui le reçoit par la foi en Jésus-Christ, pour autant que cette personne vive ensuite par le moyen de la foi. Sans cela la justice n’est pas rétablie dans la vie de cette personne. Le Saint-Esprit permet aussi à cette personne de manifester la justice de Dieu dans la vie des autres, dont ceux qui ne connaissent pas Dieu, en faisant les mêmes œuvres que Christ, avec un même amour, et la proclamation du règne de Dieu (voir Matthieu 10:7-8). Mais pour que ces réalités soient présentes dans la vie d’un croyant, il est nécessaire qu’il ait une foi cohérente (qui agit en fonction de la Parole de Christ), que ce soit pour voir la justice de Dieu dans sa propre vie, ou dans celle des autres par ses propres mains et ses paroles.
  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne le jugement de Dieu, parce que le dominateur de ce monde est déjà condamné (cf. Jean 16:11, 3:17-19). Le terme original pour jugement est « krisis » (en grec κρίσεως) qui parle de séparation, de décision donnée concernant toute chose, notamment en ce qui concerne la justice et l’injustice. Le monde est dominé par le mal, c’est l’œuvre du diable, celui dont Jésus a dit qu’il est le père du mensonge et le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). C’est lui, le diable, qui détient le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14). Mais la condamnation du diable est déjà là, il est déjà jugé et condamné. Il subit déjà sa propre condamnation par son rejet de Dieu. Ce rejet est une séparation de l’amour et de ses caractéristiques. Cette séparation lui fait déjà subir pour lui-même tout ce qui est opposé aux caractéristiques de l’amour, c’est-à-dire la haine, la peur, la culpabilité, la honte, la dépression, la souffrance émotionnelle et autre, en résumé: la mort spirituelle. C’est de cette position là, envahi par les caractéristiques de cette séparation d’avec l’amour de Dieu, que le diable agit et qu’il rôde comme un lion rugissant, cherchant quelqu’un à dévorer (cf. 1 Pierre 5:8). Toutefois, il ne peut donc pas dévorer qui il veut…

unité2Sans l’éclairage que donne le Saint-Esprit au sujet du péché, de la justice et du jugement de Dieu, ces choses sont incomprises et approchées avec une pensée modelée par le monde actuel et la pensée des hommes de l’ancien testament. Pourtant Jésus a été clair en disant: « Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs et des brigands » (Jean 10:8 BDS). La pensée du monde sur ces trois sujets est pour ainsi dire à l’opposé de la pensée de Christ. Ces trois volets, que Jésus a souligné comme nécessitant une conviction par le Saint-Esprit, sont déjà trois domaines où l’on peut observer de profondes divergences parmi ceux qui se réclament de Jésus-Christ. Car la tendance est de réfléchir et d’approcher les choses avec la pensée du monde, sans connaître l’ensemble des Écritures, et sans tenir pleinement compte des paroles et des actes de Jésus. Les Écritures sont alors lues avec les lunettes du monde, ou avec celles des hommes de l’Ancien Testament, au lieu de la vérité qui est en Jésus-Christ concernant Dieu et les choses de Dieu. Il y a une séquence dans ces trois domaines que sont le péché, la justice et le jugement. Le jugement de Dieu peut difficilement être compris sans comprendre correctement ce qui touche à la justice de Dieu, et la justice de Dieu peut difficilement être comprise correctement sans une compréhension correcte au niveau de ce qui est en lien avec le péché. Ainsi, si la fondation en ce qui concerne le péché n’est pas correcte, il y a aura une mauvaise compréhension de la justice de Dieu, et une mauvaise compréhension du jugement de Dieu, et donc l’unité dont parle Paul est fortement compromise, pour ne pas dire impossible pour ceux qui n’ont pas la pensée du Christ. Aussi parce que sans une compréhension correcte du pardon des péchés, l’amour du prochain (au sens bibliques cf. 1 Corinthiens 13) ne peut pas habiter le croyant. Son « amour » du prochain, et des frères et sœurs en Christ, ne pourra pas dépasser le stade de la sympathie envers ceux qui sont aimables aux yeux des hommes. Et sans l’amour, l’unité sera toujours retenue par un égocentrisme qui cherche à être applaudit par les hommes.

L’unité découle de l’Esprit de Dieu, qui conduit dans la vérité tout entière. Mais seuls ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu qu’ils ont reçu, et non par leur propre nature, parviennent à la pensée de Christ. Une des caractéristiques de celui qui est encore un enfant en Christ est d’être encore conduit par sa propre nature, comme quelqu’un livré à lui-même. Il est encore esclave du péché, avec des jalousies, des rivalités, des divisions, etc. que Paul va souligner dans cette première lettre aux Corinthiens, lorsqu’il leur dit: « C’est pourquoi je vous ai donné du lait et non de la nourriture solide; car vous n’auriez pas pu l’assimiler alors. Et même aujourd’hui, vous êtes encore incapables de la supporter, parce que vous êtes comme des hommes livrés à eux-mêmes. En effet, lorsque vous vous jalousez les uns les autres et que vous vous disputez, n’êtes-vous pas semblables à des hommes livrés à eux-mêmes, ne vous comportez-vous pas d’une manière tout humaine? Lorsque vous dites: «Moi je suis pour Paul!» ou: «Moi pour Apollos!», n’agissez-vous pas comme les autres hommes? » (1 Corinthiens 3:2-4 BDS).

Il est donc difficile aujourd’hui d’observer globalement l’unité dont parle Paul, car une grande partie des croyants se retrouvent dans ces caractéristiques, encore conduits par leur propre nature, même ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint. Ceux qui sont encore au stade d’enfant dans leur union avec le Christ, et cela peut être le cas toute leur vie durant, ne peuvent pas parvenir à l’unité telle que décrite par Paul. Ils essaieront de vivre une unité qui est approchée sur le modèle du monde actuel, et qui n’est pas l’unité dans la foi ni l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu. Le monde actuel cherche typiquement une unité entre les hommes par une acceptation de toutes les croyances, sans distinction, et en évitant de chercher ou de parler de la vérité. Paul parle aussi de la revendication à une certaine dénomination, comme étant une caractéristique de celui qui est encore livré à lui-même, se comportant d’une manière tout humaine. L’unité dont parle Paul ne peut pas exister parmi des croyants qui définissent leur identité par une dénomination, en d’autres termes, qui se définissent par la dénomination à laquelle ils sont affiliés. Les revendications de dénominations, et prises de positions comparatives de ces dénominations, sont une démonstration d’un état d’enfant en Christ, qui vient du fait d’être livré à soi-même, conduit par l’égo au lieu d’être conduit par l’Esprit. Mais cela démontre aussi un Évangile qui n’est pas celui que Paul prêchait, parce que des enseignements corrects amènent à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu, à un état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ (cf. (Ephésiens 4:11-13 BDS). Ainsi, ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu et non par leur propre nature, devraient parvenir à une même manière de penser: la manière de Christ.

Dans sa lettre d’encouragement aux Philippiens, Paul leur dit: « N’avez-vous pas trouvé dans le Christ un réconfort, dans l’amour un encouragement, par l’Esprit une communion entre vous? N’avez-vous pas de l’affection et de la bonté les uns pour les autres? Rendez donc ma joie complète: tendez à vivre en accord les uns avec les autres. Et pour cela, ayez le même amour, une même pensée, et tendez au même but » (Philippiens 2:1-2 BDS). Paul souligne encore que:

La communion entre croyants est donnée par l’Esprit.

unité1Il y a encore ici des indications précieuses concernant l’unité. Paul laisse comprendre que chacun est sensé combler son besoin de réconfort dans le Christ, et son besoin d’encouragement dans l’amour de Dieu, car Dieu déverse son amour dans nos cœurs par l’Esprit-Saint (cf. Romains 5:5). Ceci est ce qui produit la communion fraternelle avec de l’affection et de la bonté les uns pour les autres. Comblés par Dieu, nous pouvons être là pour les autres, sans que l’égo soit présent (cf. Philippiens 2:3-4). Mais cette réalité ne peut pas avoir lieue pour les individus qui s’attendent, souvent inconsciemment, à être comblés par les autres dans leur besoin de réconfort et d’encouragement, parce qu’ils ne trouvent pas cela en Christ. Ce manque trouve en général son origine dans une méconnaissance de la vérité qui est en Jésus-Christ. Cette méconnaissance produit déception et frustration, caractéristique de l’homme livré à lui-même. Mais lorsque le réconfort et l’encouragement sont trouvés en Christ, alors il est possible de vivre en accord les uns avec les autres, parce qu’on ne cherche plus à recevoir ces choses par les autres. Toutefois, pour que cette réalité soit collective au sein des croyants, il doit en être ainsi pour chaque individu. Paul dit aussi aux Philippiens qu’il faut avoir le même amour, une même pensée et tendre au même but. Le même amour est l’amour de Dieu (cf. 1 Jean 4:7-21), la même pensée est la pensée de Christ (cf. 1 Corinthiens 2:16, 2 Corinthiens 10:5, Ephésiens 4:24, Romains 12:2, Colossiens 1:21, Romains 1:28), et le même but résulte de ce même amour et de cette même pensée : faire du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux notre préoccupation première et faire les mêmes œuvres que Christ (cf. Matthieu 6:33, Matthieu 28:18-20, Ephésiens 2:10).

L’amour et la pensée de Christ produisent l’unité donnée par l’Esprit, car il s’agit du même Esprit qui était en Christ. Dans cette unité dont parle Paul, il y a un même amour, une même manière de penser et les mêmes œuvres que Christ, donnés par le même Esprit que celui qui était en Christ. Nous sommes uns avec Christ (cf. Galates 3:28 BDS) et cette unité se manifeste chez ceux qui demeurent en Christ : « Celui qui prétend qu’il demeure en Christ doit aussi vivre comme le Christ lui-même a vécu » (1 Jean 2:6 BDS).

unité3Un constat de l’absence des caractéristiques de l’unité en Christ ne doit pas faire naître un sentiment de culpabilité chez celui qui le constate pour lui-même, ce sentiment de culpabilité n’est pas inspiré par l’Esprit de Dieu. Et pour ceux qui ressentiraient le besoin de condamner les croyants qui ne vivent pas cette unité, cela dénote d’une pensée qui n’est pas celle de Christ. Ils ne sont donc eux-mêmes pas conduit par l’Esprit qui donne l’unité, mais ils sont encore conduits par leur propre nature. Il n’y a pas de sentiment de culpabilité à recevoir pour eux non plus, mais une indication de la nécessité de revoir la manière de penser et de comprendre les choses. Il y a dans les caractéristiques de l’unité en Christ des indications précieuses pour une saine autoévaluation, en vue d’être amené à un état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. Il est important de noter encore, que vivre l’unité dont parle Paul, ne nécessite pas que tous aient le même degré de connaissance de la vérité contenue dans les Écritures, ni la même maturité en Christ. En ce qui concerne la connaissance de la vérité, la pensée essentielle pour vivre l’unité, c’est une préoccupation réelle de la vérité. Mais pour que cette préoccupation soit réelle chez quelqu’un, il est essentiel que son identité et sa valeur soit véritablement en Christ, fondée dans la grâce de Dieu. Car si son identité est encore définie d’une certaine manière par sa connaissance, ou par son degré de maturité en Christ, ou par ses œuvres ou autres, l’égo fera toujours obstacle à l’unité et à l’amour.

« A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jean 13:35 BDS).

En parlant au Père, Jésus s’est fait entendre ainsi: « Bientôt, je ne serai plus dans le monde, car je vais à toi, mais eux, ils vont rester dans le monde. Père saint, garde-les par le pouvoir de ton nom, celui que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous le sommes… Je te demande qu’ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, moi en eux et toi en moi. Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes!«  (Jean 17:11, 21-23 BDS).

 

* A noter: dans les évangiles, on ne voit pas Jésus dire à des pharisiens (courant religieux) ou à des spécialistes de la Loi (théologiens) que leurs péchés sont pardonnés. Les pharisiens comme les spécialistes de la Loi avaient tendance à vivre dans une autojustification, dans une justification par les œuvres de la Loi, se justifiant par leurs propres actions et leur piété. Ce fonctionnement est ce qui s’appelle le légalisme. Cette manière de penser empêche d’accepter le pardon des péchés sans prérogatives. On voit dans les évangiles que lorsque Jésus proclame le pardon des péchés sans prérogatives, les pharisiens et les spécialistes de la Loi, non seulement ne le reçoivent pas, mais cela les met hors d’eux-mêmes (cf. Marc 2:1-12). Ce n’est pas que Dieu tenait compte de leurs péchés, mais ils étaient incapables d’accepter et de se saisir du pardon des péchés sans prérogatives. Ceci à cause de leur manière de penser et de comprendre les choses, à cause de leur rejet de la vérité que Jésus-Christ apportait et qui était contraire à l’enseignement qu’ils avaient reçu et auquel ils s’attachaient obstinément. Leur autojustification les privaient de goûter à la grâce de Dieu que Jésus démontrait.

La tradition: annulation de la Parole de Dieu – 3ième Partie

…suite de l’article précédent.

Voici ce que Paul dit à Timothée: « Cependant, l’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons*. Ils seront séduits par l’hypocrisie de prédicateurs de mensonges dont la conscience est comme marquée au fer rouge. Ces gens-là interdiront le mariage, et exigeront que l’on s’abstienne de certains aliments, alors que Dieu a créé toutes choses pour que les croyants, ceux qui connaissent la vérité, en jouissent avec reconnaissance. En effet, tout ce que Dieu a créé est bon, rien n’est à rejeter, pourvu que l’on remercie Dieu en le prenant. Car tout ce qu’il a créé est saint lorsqu’on l’utilise conformément à sa Parole et avec prière. Expose cela aux frères, et tu seras un bon serviteur de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi et du bon enseignement que tu as fidèlement suivi. Mais rejette les récits absurdes et contraires à la foi. Entraîne-toi plutôt à rester attaché à Dieu » (1 Timothée 4:1-7 – BDS). A noter, la liste de Paul en parlant d’interdire le mariage et de s’abstenir de certains aliments n’est ni représentative ni exhaustive pour qualifier un « prédicateur de mensonges« . A noter aussi, les enseignements contraires à la foi préconisent souvent une grande discipline en vue de l’obéissance aux commandements. Mais c’est seulement par le moyen de la foi que l’obéissance à Dieu se produit (cf. Romains 1:5). Ceci parce que c’est par le moyen de la foi que nous sommes sauvés (cf. Ephésiens 2:8), c’est-à-dire délivrés du pouvoir de l’ennemi de Dieu. C’est la foi qui libère l’action de Dieu par Son Esprit dans la vie du croyant, et non pas la discipline et les efforts.

* Attention : ce n’est pas parce qu’une manière de penser est inspiré par des démons, que celui qui a cette manière de penser est possédé par un démon ! Par exemple, lorsque Jésus reprend Pierre en lui disant: « Arrière, «Satan»! Eloigne-toi de moi! Tu es un obstacle à ma mission, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu; ce sont des pensées tout humaines » (cf. Matthieu 16:23, Marc 8:33), il n’est pas en train de dire que Pierre est Satan en personne, ni même qu’il soit possédé par un démon. D’ailleurs Jésus ne va pas ensuite chasser un quelconque démon qui habiterait Pierre. Jésus parle de la manière de penser de Pierre, et il sous-entend que la manière de penser tout humaine provient de l’adversaire: Satan. En réalité, c’est une manière de penser qui est faussée, tordue, qui est de l’ordre du mensonge inspiré par celui qui est le « père du mensonge« .

« Prédicateurs de mensonges« 

Paul nous dit qu’une caractéristique du « prédicateur de mensonges » est une conscience coupable: « marquée au fer rouge« . En réalité, c’est parce que le « prédicateur de mensonges » vit sous le régime de la Loi qui le condamne. Il ne vit pas sous la réalité de la vérité qui est en Christ et qui purifie du péché. C’est sa fondation qui est déjà incorrecte. Mais parmi les croyants qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur, le plus souvent, cette fondation incorrecte est recouverte de grâce pour donner lieu à un mélange de grâce et du régime de la Loi. C’est la composante du régime de la Loi qui maintient la condamnation et garde le péché plein de force chez le croyant. Le « prédicateur de mensonges » ne vit pas ce qu’il recommande aux autres, il ne le peut pas à cause de cette composante du régime de la Loi. C’est ce qui fait de lui un hypocrite et contribue à sa conscience coupable, malgré son apparente bonne intention. Il ne peut simplement pas vivre ce qu’il recommande, car il reste esclave du péché à cause de ce qu’il croit. Le péché continue d’agir en lui à cause de son fonctionnement sous le régime de la Loi, car la fondation de ce qu’il croit est incorrecte. Il enseignera facilement aux autres d’aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme et de toute leur pensée, et d’aimer leur prochain comme eux-mêmes, sans savoir comment on y parvient. Cela lui semble sage puisque ce sont les deux commandements les plus grands cités par Jésus lui-même. Mais le « prédicateur de mensonges » ne les vit pas lui-même. Il ne le peut pas parce qu’il ne connait pas la Vérité qui le lui permet et qui fait appel au moyen de la foi. Il ignore la Vérité qui libère de l’esclavage du péché. Ou parfois, il refuse de croire la Vérité du pardon des péchés sans prérogative, cela lui semble une folie, son fonctionnement sous le régime de la Loi l’empêche de croire cela. Ou alors, il prétendra qu’il le croit, pourtant il ne le met pas en pratique. Aussi, il ne donne pas de solution véritable dans ses discours. Il se contente souvent de transmettre des buts à atteindre, des valeurs et des idéaux avec une sagesse tout humaine. Tradition 3C’était déjà le cas des pharisiens et spécialistes de la Loi que Jésus reprenaient régulièrement. En général, le « prédicateur de mensonges » préconise des moyens humains, une sagesse modelée par le monde actuel, basée sur les principes de ce monde, et invite les autres à changer de comportement, comme s’ils pouvaient le faire par leur propre volonté et de la discipline sans changer leur manière de penser et de comprendre les choses au sujet de Dieu. Lorsqu’il présente des prétendues solutions, c’est rarement quelque chose à croire et à verbaliser au sujet de Dieu selon la vérité qui est en Jésus-Christ. Mais il recommande plus volontiers des choses à faire, des efforts à fournir et une grande discipline. En général, il n’y arrive pas lui-même parce qu’il est sans force (cf. Romains 5:6), comptant sur ses propres ressources qu’il accompagne de prières. Son discours peut sembler sage parce qu’il sonne juste à la sagesse humaine de ceux qui ne connaissent pas la Vérité qui est en Christ, et ne se rendent pas compte que cette sagesse est modelée par le monde actuel. L’Evangile apporté par un « prédicateur de mensonges » comporte forcément des contradictions et des incohérences plus ou moins flagrantes. Celui-ci cherche rarement à les résoudre par une recherche de la Vérité. Il vit avec ces incohérences et s’en accommode, par exemple en prétextant qu’on ne peut pas tout comprendre. Mais il ne cherche pas vraiment à comprendre, surtout si chercher à comprendre peut remettre en question des choses qu’il a enseignées dans ses prédications. La prédication d’un « prédicateur de mensonges » augmente rarement la confiance en Dieu de ceux qui l’écoutent. Il apporte peu d’encouragements à la foi et ne pousse pas à s’attendre à la bonté de Dieu dans toute sa « folie » sur la seule base de la bonté de Dieu. Le « prédicateur de mensonges » partage plus volontiers ce qu’il faut faire pour Dieu plutôt que ce que Dieu a montré et fait en Jésus-Christ pour l’humanité. Son enseignement s’appuie en grande partie sur la tradition des hommes, c’est-à-dire ce qu’il a entendu des autres, lu dans des livres et qui lui semble sage, mais peu sur une révélation personnelle de la Vérité qu’il aurait assidument cherchée indépendamment des autres, et trouvée dans une communion avec Dieu sous la conduite du Saint-Esprit, en cherchant dans la Bible. La tendance du « prédicateur de mensonges » c’est d’étudier un peu plus la Bible lorsqu’il a en vue une prédication devant une assemblée. Sa lecture de la Bible est facilement motivée par un sens du devoir. Sa tendance naturelle est donc de lire la Bible parce qu’il le faut et que c’est important, mais son contenu devient rarement comme du miel sur ses lèvres. Son cœur est rarement passionné par sa lecture biblique. Il peut difficilement en être autrement, parce qu’une lecture de la Bible dans un fonctionnement sous le régime de la Loi renforce une conscience des manquements à l’égard des commandements. La compréhension des textes bibliques est voilée à cause des lunettes de la tradition tout humaine. C’est naturellement avec ces mêmes lunettes que le « prédicateur de mensonges » approche Dieu lui-même. La question qui l’habite généralement c’est « que dois-je faire pour…?« . Jésus a souvent eu à faire à cette question de ceux qui fonctionnent sous la Loi avec un désir inconscient d’être justifié par leurs œuvres. La réponse de Jésus envers eux fut systématiquement les dix commandements, ou des paraboles qui illustrent ces commandements. Et lorsque ces gens avaient l’impression d’avoir réussi à obéir à certains de ces commandements, alors Jésus leur montrait ce qui leur manquait encore (cf. Marc 10, Matthieu 19). La réalité est qu’il manquera toujours quelque chose à celui qui cherche à être justifié en dehors du moyen de la foi en la vérité qui est en Christ, et qui produit l’obéissance, c’est-à-dire l’amour comme Christ. La tristesse et le découragement en découle, parce que c’est le cœur qui doit être transformé pour être libéré, mais les lunettes de la tradition tout humaine rendent incapable de comprendre.

Ce qui est dramatique c’est que le « prédicateur de mensonges » séduit du monde par ses discours qui s’appuient sur une sagesse tout humaine autour de la Bible. Et ceux qui sont séduits finissent par se détourner de la foi (confiance en Dieu). Certains restent toutefois attachés au groupe de croyants auxquels ils s’associent, parce qu’ils y placent leur identité et leur valeur. Etre détourné de la foi signifie: ne pas vivre avec cette pleine assurance des choses qu’on espère et sans démonstration des réalités qu’on ne voit pas (cf. Hébreux 11:1). Cela revient à vivre par ses propres efforts, comme un homme livré à lui-même, limité par les seuls principes élémentaires de ce monde, victime du dominateur de ce monde. C’est le doute et la crainte qui dominent alors celui qui ne vit pas dans/par le moyen de la foi. Le « prédicateur de mensonges » amène les croyants à avoir un cœur qui est bien loin de Dieu. Il suscite des croyants à sa propre image, qui honorent Dieu du bout des lèvres et qui gardent une conscience coupable. Ceux qui sont séduits marchent dans la tradition ainsi transmise et répliquent chez les autres ce qu’ils vivent eux-mêmes. La parole d’Esaïe rappelée par Jésus dresse un tableau qui en découle: « Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur, car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes » (Marc 7:6-7 – BDS).

Comment discerner ce qui est de la tradition humaine et ce qui est de la Vérité?

Tradition 5La réponse la plus courte c’est: l’amour semblable à Christ ! Dans sa première lettre qui vise à déceler les hérésies, les faux enseignements, Jean utilise l’amour comme la caractéristique essentielle pour reconnaître si ce que quelqu’un prétend être la vérité est bien la vérité: « Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:8 – BDS). La tradition humaine non conforme à la vérité qui est en Christ ne produit pas l’amour, car elle présente certaines caractéristiques de Dieu et des choses de Dieu qui ne sont pas la Vérité que Christ a démontrée au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Les caractéristiques de l’amour sont très clairement présentées par Paul: « L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère » (1 Corinthiens 13:4-7 – BDS). Quelqu’un qui ne connait pas la Vérité, malgré toute sa sincérité et sa bonne volonté, ne pourra pas être animé de cet amour-là et manifester ces caractéristiques. D’ailleurs, comment Paul a-t-il pu lister ces caractéristiques si précisément? C’est justement parce qu’il a expérimenté ce que la Vérité au sujet du don de la justification/droiture, auquel on accède par le moyen de la foi, a produit en lui. Et Paul connait celui qu’il était quand il était livré à lui-même, et qu’il agissait par ignorance parce qu’il n’avait pas la foi (cf. Romains 7). Si l’on observe Jésus dans les évangiles, on constate que l’amour peut se tenir en compagnie des « pécheurs notoires » et les aimer sans réserve, et sans les condamner (punir). L’amour se donne pour eux. Une autre caractéristique de la Vérité est une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) d’une part, et d’autre part les signent décrits par Jésus qui accompagnent ceux qui croient (cf. Marc 16:15-20). Mais ces choses ne viennent pas de n’importe quelles croyances, mais c’est croire la Vérité qui est en Christ au sujet de Dieu qui amène ces réalités. Le croyant qui reste encré dans des traditions qui ne sont pas la Vérité, peut passer sa vie entière dans ses propres croyances sans jamais expérimenter la vie que Dieu donne véritablement. Tout au plus, il en effleure quelques caractéristiques occasionnellement, mais typiquement il n’arrive pas à renoncer véritablement à lui-même pour être disciple de Christ. Tous ses efforts et ses prières ne suffisent pas, il reste esclave du péché et ne pratique pas les mêmes œuvres que Jésus, ce qu’il a pourtant dit que ses disciples feraient. La tradition tout humaine comprend le plus souvent un subtil mélange de vérité et de mensonge au sujet de Dieu et des choses de Dieu, c’est ce qui permet la séduction. Le « père du mensonge » se plaît dès le commencement à déformer partiellement la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu pour masquer le mensonge. Cela ne veut pas dire que le « prédicateur de mensonges » déforme volontairement la vérité, mais par un manque d’amour de la Vérité et de recherche personnel pour connaître Dieu, il se trouve séduit par ce qui n’est pas la Vérité (cf. 2 Thessaloniciens 2:10-12), mais qui sonne juste à la pensée tout humaine (voir Proverbes 14:12, 16:25).

Jésus donne une clé qui permet de reconnaître des « faux prophètes« , ou des « prédicateurs de mensonges« , c’est-à-dire ceux qui ne connaissent pas la Vérité qui est en Christ : « Gardez-vous des faux prophètes! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces? Ainsi, un bon arbre porte de bons fruits, un mauvais arbre produit de mauvais fruits » (Matthieu 7:15-17 – BDS). Le fruit de celui qui est planté dans le bon arbre est la vie de Christ en lui. Cette vie est notamment caractérisée par le fruit de l’Esprit qui est: l’amour (agapê) avec les caractéristiques décrites dans 1 Corinthiens 13, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité (foi), la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23). Cette liste de caractéristiques est un seul et même fruit, celui de l’Esprit. La tradition tout humaine qui n’appartient pas à la vérité ne produit pas ce fruit, même chez quelqu’un qui aurait pourtant reçu l’Esprit de Dieu et appartient à Dieu. Ce fruit n’est pas le résultat d’efforts et de discipline, mais il découle de l’Esprit de Vérité, de la connaissance de la Vérité dans l’union avec le Christ. Ce fruit est un tout, il ne peut pas comporter seulement certaines caractéristiques et pas les autres. Toutes ses caractéristiques sont présentes en même temps et avec la même ampleur. Si ce n’est pas le cas, nous ne sommes pas en présence du fruit de l’Esprit, mais de certaines caractéristiques que la personne a développées elle-même, par ses propres forces. La différence est facilement reconnaissable, le fruit de l’Esprit est totalement indépendant des circonstances. Il demeure présent dans l’épreuve, sous la pression et la persécution, car le royaume que nous recevons est inébranlable (cf. Hébreux 12:28).

Il peut être bon de préciser que les caractéristiques mentionnées dans cet article au sujet de ceux que Paul appelle « prédicateurs de mensonges » ne sont ni représentatives, ni exhaustives. Elles n’ont pas été partagées pour que certains s’en saisir afin de condamner des prédicateurs, ni pour que quelqu’un qui se reconnaîtrait dans ces caractéristiques ressente une quelconque culpabilité et accusation. De telles pensées ne seraient pas de Dieu. Il ne s’agit pas de faire une chasse aux « prédicateurs de mensonges » pour les condamner, ce serait contraire à Christ. Mais il s’agit pour chacun d’être équipé dans la recherche de la Vérité en vue de la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ qui produit l’amour. Il s’agit d’avoir du discernement face aux messages entendus ou lus, ainsi que face aux témoignages rendus. Il est important d’être attentif à ce qui est de la tradition tout humaine, conscient de l’importance de la Vérité et de ce qu’elle seule produit. Ce sont les mensonges contenus dans la tradition tout humaine qui ont pour résultat de produire des « prédicateurs de mensonges » et de les multiplier. En réalité, celui qui voudrait accuser et condamner les autres doit prendre conscience que tout croyant qui partage aux autres des choses qui ne sont pas la Vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, se trouve être lui-même dans une position de « prédicateur de mensonges« . Ce n’est pas pour rien que Jacques souligne: « ne soyez pas nombreux à enseigner; vous le savez: nous qui enseignons, nous serons jugés plus sévèrement » (Jacques 3:1 – BDS). Il n’y a pas lieu ici d’accuser et de condamner qui que ce soit, « car chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains 14:12 – BDS). Celui qui connaît Dieu et la vérité à son sujet, est rempli d’amour nous dit Jean. C’est l’amour qui le poussera à partager la Vérité aux autres, et ce sans accuser ni condamner (Jésus lui-même ne l’a pas fait), car « aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même » (Romains 14:7 – BDS). La Vérité ne consiste pas à accuser les autres pour leurs erreurs et manquements, mais la Vérité consiste en la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ (voir aussi La vérité dans l’amour: clé de la croissance et La grâce c’est la vérité et la vérité c’est la grâce). La Bonne Nouvelle c’est la folie de ce que Christ a démontré: il a pardonné les péchés sans prérogative pour produire la vie en celui qui croit. « C’est l’Esprit (Dieu est Esprit) qui donne la vie; l’homme n’aboutit à rien par lui-même. Les paroles que je (Jésus) vous ai dites sont Esprit et vie«  (Jean 6:63 – BDS).

Jésus est La Parole de Dieu. La Parole de Dieu produit la vie, toute tradition humaine qui n’appartient pas à la Vérité annule la Parole de Dieu et produit la mort.