L’unité est donnée par l’Esprit

Dans sa première lettre aux Corinthiens, parmi lesquels il y avait des divisions, Paul leur écrit la recommandation suivante: Je vous supplie, frères et sœurs, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de tenir tous le même langage. Qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez parfaitement unis dans le même état d’esprit et dans la même pensée” (1 Corinthiens 1:10 SG21).

Le texte original pour tenir le même langage (“lego”, en grec λέγητε) parle de dire les mêmes choses, d’enseigner les mêmes choses, d’avoir les mêmes affirmations, les mêmes exhortations. Paul souligne ici que l’unité vient en ayant une même conviction et une même façon de penser, en d’autres termes: le même Esprit. Dans sa lettre aux Ephésiens, il leur dit: “Efforcez-vous de conserver l’unité que donne l’Esprit, dans la paix qui vous lie les uns aux autres” (Ephésiens 4:3 BDS). A noter, la paix qui lie les croyants les uns aux autres est la paix avec Dieu que Christ a apportée (cf. Romains 5:1, Galates 3:26-28, Galates 5:22, Actes 10:36, Romains 8:6, Romains 14:17, Romains 15:33, Ephésiens 2:14-15). Ainsi, Paul dit que:

L’unité est donnée par l’Esprit!

unité4Cette unité dont parle Paul ne peut pas exister en dehors de Jésus-Christ. Bien souvent, ce ne sont pas ces discours de Paul cités plus haut qui sont véhiculés aujourd’hui concernant l’unité des croyants qui confessent Jésus-Christ. La recherche de la vérité autour des textes bibliques est même parfois évitée, afin de maintenir une prétendue unité… Une pensée modelée par le monde actuel amène de nombreux croyants à véhiculer l’idée que l’unité vient en faisant abstraction des différences de convictions et des différentes façons de penser au sein de la communauté des croyants qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur. Mais cela est à l’opposé de ce que même Paul enseigne et recommande.
L’unité est donnée par l’Esprit de Dieu, qui s’appelle l’Esprit de vérité (cf. Jean 14:16-17, Jean 15:26, Jean 16:13, 1 Jean 4:6). Cet Esprit ne correspond pas à l’esprit du monde, ses désirs sont opposés à ceux de l’homme livré à lui-même (cf. Galates 5:16-17). C’est la pensée de Christ qui doit habiter chaque croyant, c’est-à-dire une manière de penser et de comprendre les choses selon la pensée donnée par la vérité qui est en Jésus-Christ. Il s’agit de la vérité que Christ a révélée concernant Dieu et les choses de Dieu. Dans la vérité, il y a notamment trois volets qui sont importants et pour lesquels l’Esprit-Saint joue un rôle majeur de conviction pour permettre de s’aligner avec la pensée de Christ. Jésus appelle l’Esprit-Saint le “Défenseur“. Et l’Esprit-Saint convainc le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement (cf. Jean 16:8-11). Jésus parle de convaincre le monde concernant ces trois volets. Cela à cause de la manière des hommes de penser qui est modelée par le monde :

  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne le péché, parce que le monde ne croit pas en Jésus-Christ (cf. Jean 16:9). Le terme original pour péché est “hamartia” (en grec ἁμαρτίας) qui parle d’erreur, de faux état d’esprit, de manquer le but, de s’éloigner des lois de Dieu. La loi de Moïse a établi la culpabilité de tous les hommes devant Dieu, car tous ont péché (cf. Romains 3:19-20). La culpabilité demeure dans la conscience de celui qui est incrédule, à cause du fait de ne pas croire en Jésus-Christ qui a démontré le pardon, le fait que Dieu ne tient pas compte des péchés. Mais l’histoire a démontré que les hommes qui en tiennent compte. Paul considère même qu’à la croix Jésus a annulé l’acte qui établissait les manquements des hommes à l’égard de Dieu (cf. Colossiens 2:14). En effet, Christ a démontré que Dieu ne tient même pas compte des fautes, même de ses ennemis. Dieu déclare les hommes justes à cause de leur foi en Jésus-Christ (cf. Romains 5:1). Les péchés sont effacés de leur conscience et cela semble une folie aux yeux du monde (cf. 1 Corinthiens 1:21). Celui qui vit sans croire à la vérité au sujet du péché, continuera de vivre avec un certain rejet de Dieu, et restera esclave du péché, condamnant les autres et se condamnant ainsi lui-même. Sans l’intervention du Saint-Esprit pour comprendre et être convaincu de la vérité, qui s’oppose à la pensée tout humaine, les gens restent sous la culpabilité du péché qui les maintient à l’écart de Dieu. Et ce malgré le fait que Jésus-Christ a enseigné et démontré de manière parfaite, totale et une fois pour toute jusqu’à sa mort à la croix, l’amour et le pardon véritable de Dieu (cf. Romains 5:7-8) – (voir aussi Dossier: Le point sur la pardon des péchés).
  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne la justice de Dieu, parce que Christ est auprès du Père et qu’on ne le voit plus (cf. Jean 16:10). Le terme original pour justice est “dikaiosune” (en grec δικαιοσύνης) qui signifie, au sens large, l’état de celui qui est comme il doit être, la condition acceptable par Dieu et, au sens étroit, la justice qui donne à chacun ce qui lui est dû. Sans la conviction donnée par l’Esprit, le fait d’être déclaré juste devant Dieu à cause de la foi en Lui est insaisissable et semble une folie, parce que cela va à l’encontre de la pensée tout humaine modelée par le monde actuel qui fonctionne au mérite, et qui rend le mal pour le mal. Par ailleurs, il est aussi difficile d’observer la justice de Dieu dans ce monde, d’une manière semblable à ce que Jésus a démontré en faisant les œuvres du Père (cf. Jean 10:25, Jean 14:11, Jean 10:30, Jean 10:37-38, Jean 5:19-30). La justice de Dieu est difficile à observer, notamment parce que le nombre de croyants qui pratique les mêmes œuvres que Jésus, et qui démontrent la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu et le pardon des péchés, est encore trop infime. Mais ceux qui en côtoient peuvent observer le rétablissement de la justice de Dieu dans la vie de ces croyants et à travers eux, par la puissance du même Esprit par lequel Jésus a agit. Le monde vivant sans Dieu reste victime de l’injustice de l’œuvre du mal, et sous une justice des hommes qui donne le mal pour le mal. Ainsi, le mal dirigé contre eux produit le mal en eux. L’injustice qui est dans le monde vient du fait qu’à travers la faute d’Adam, en croyant à l’image déformée de Dieu que le serpent a suggérée, la manière de penser des hommes a été corrompue au sujet de Dieu Lui-même. Jésus-Christ est venu rétablir la justice (cf. Romains 5:12, 5:18), en rétablissant la vérité au sujet du Père. Jésus-Christ est retourné auprès du Père, comme à l’image du “grand-prêtre” dans les prescriptions de Moïse, et intercède en notre faveur (cf. Hébreux 8-10). Mais il ne faut pas oublié que Jésus et le Père ne sont qu’un! (cf. Jean 10:30). C’est donc là une image pour aider à se saisir de la grâce de Dieu. Et Jésus est retourné auprès du Père pour envoyer l’Esprit-Saint (cf. Jean 16:7), qui confère chez celui qui vit par le moyen de la foi, la vie de Christ avec les mêmes œuvres que lui (cf.Jean 14:12, Marc 16:15-18, Romains 8:11). Lorsque Jésus annonçait le pardon des péchés à quelqu’un qui n’était pas dans l’autojustification*, il rétablissait ainsi la justice de Dieu dans la vie de cette personne et il lui donnait ainsi ce qui lui est dû. Lorsque Jésus guérissait un infirme, un malade ou chassait un démon d’une personne, il rétablissait la justice de Dieu dans la vie de la personne en question, il lui donnait ainsi ce qui lui est dû. Jésus a démontré ainsi l’amour, le règne et la justice de Dieu. Le don du Saint-Esprit permet de rétablir la justice dans la vie de la personne qui le reçoit par la foi en Jésus-Christ, pour autant que cette personne vive ensuite par le moyen de la foi. Sans cela la justice n’est pas rétablie dans la vie de cette personne. Le Saint-Esprit permet aussi à cette personne de manifester la justice de Dieu dans la vie des autres, dont ceux qui ne connaissent pas Dieu, en faisant les mêmes œuvres que Christ, avec un même amour, et la proclamation du règne de Dieu (voir Matthieu 10:7-8). Mais pour que ces réalités soient présentes dans la vie d’un croyant, il est nécessaire qu’il ait une foi cohérente (qui agit en fonction de la Parole de Christ), que ce soit pour voir la justice de Dieu dans sa propre vie, ou dans celle des autres par ses propres mains et ses paroles.
  • L’Esprit-Saint doit convaincre en ce qui concerne le jugement de Dieu, parce que le dominateur de ce monde est déjà condamné (cf. Jean 16:11, 3:17-19). Le terme original pour jugement est “krisis” (en grec κρίσεως) qui parle de séparation, de décision donnée concernant toute chose, notamment en ce qui concerne la justice et l’injustice. Le monde est dominé par le mal, c’est l’œuvre du diable, celui dont Jésus a dit qu’il est le père du mensonge et le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). C’est lui, le diable, qui détient le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14). Mais la condamnation du diable est déjà là, il est déjà jugé et condamné. Il subit déjà sa propre condamnation par son rejet de Dieu. Ce rejet est une séparation de l’amour et de ses caractéristiques. Cette séparation lui fait déjà subir pour lui-même tout ce qui est opposé aux caractéristiques de l’amour, c’est-à-dire la haine, la peur, la culpabilité, la honte, la dépression, la souffrance émotionnelle et autre, en résumé: la mort spirituelle. C’est de cette position là, envahi par les caractéristiques de cette séparation d’avec l’amour de Dieu, que le diable agit et qu’il rôde comme un lion rugissant, cherchant quelqu’un à dévorer (cf. 1 Pierre 5:8). Toutefois, il ne peut donc pas dévorer qui il veut…

unité2Sans l’éclairage que donne le Saint-Esprit au sujet du péché, de la justice et du jugement de Dieu, ces choses sont incomprises et approchées avec une pensée modelée par le monde actuel et la pensée des hommes de l’ancien testament. Pourtant Jésus a été clair en disant: “Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs et des brigands” (Jean 10:8 BDS). La pensée du monde sur ces trois sujets est pour ainsi dire à l’opposé de la pensée de Christ. Ces trois volets, que Jésus a souligné comme nécessitant une conviction par le Saint-Esprit, sont déjà trois domaines où l’on peut observer de profondes divergences parmi ceux qui se réclament de Jésus-Christ. Car la tendance est de réfléchir et d’approcher les choses avec la pensée du monde, sans connaître l’ensemble des Écritures, et sans tenir pleinement compte des paroles et des actes de Jésus. Les Écritures sont alors lues avec les lunettes du monde, ou avec celles des hommes de l’Ancien Testament, au lieu de la vérité qui est en Jésus-Christ concernant Dieu et les choses de Dieu. Il y a une séquence dans ces trois domaines que sont le péché, la justice et le jugement. Le jugement de Dieu peut difficilement être compris sans comprendre correctement ce qui touche à la justice de Dieu, et la justice de Dieu peut difficilement être comprise correctement sans une compréhension correcte au niveau de ce qui est en lien avec le péché. Ainsi, si la fondation en ce qui concerne le péché n’est pas correcte, il y a aura une mauvaise compréhension de la justice de Dieu, et une mauvaise compréhension du jugement de Dieu, et donc l’unité dont parle Paul est fortement compromise, pour ne pas dire impossible pour ceux qui n’ont pas la pensée du Christ. Aussi parce que sans une compréhension correcte du pardon des péchés, l’amour du prochain (au sens bibliques cf. 1 Corinthiens 13) ne peut pas habiter le croyant. Son “amour” du prochain, et des frères et sœurs en Christ, ne pourra pas dépasser le stade de la sympathie envers ceux qui sont aimables aux yeux des hommes. Et sans l’amour, l’unité sera toujours retenue par un égocentrisme qui cherche à être applaudit par les hommes.

L’unité découle de l’Esprit de Dieu, qui conduit dans la vérité tout entière. Mais seuls ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu qu’ils ont reçu, et non par leur propre nature, parviennent à la pensée de Christ. Une des caractéristiques de celui qui est encore un enfant en Christ est d’être encore conduit par sa propre nature, comme quelqu’un livré à lui-même. Il est encore esclave du péché, avec des jalousies, des rivalités, des divisions, etc. que Paul va souligner dans cette première lettre aux Corinthiens, lorsqu’il leur dit: “C’est pourquoi je vous ai donné du lait et non de la nourriture solide; car vous n’auriez pas pu l’assimiler alors. Et même aujourd’hui, vous êtes encore incapables de la supporter, parce que vous êtes comme des hommes livrés à eux-mêmes. En effet, lorsque vous vous jalousez les uns les autres et que vous vous disputez, n’êtes-vous pas semblables à des hommes livrés à eux-mêmes, ne vous comportez-vous pas d’une manière tout humaine? Lorsque vous dites: «Moi je suis pour Paul!» ou: «Moi pour Apollos!», n’agissez-vous pas comme les autres hommes?” (1 Corinthiens 3:2-4 BDS).

Il est donc difficile aujourd’hui d’observer globalement l’unité dont parle Paul, car une grande partie des croyants se retrouvent dans ces caractéristiques, encore conduits par leur propre nature, même ceux qui ont reçu l’Esprit-Saint. Ceux qui sont encore au stade d’enfant dans leur union avec le Christ, et cela peut être le cas toute leur vie durant, ne peuvent pas parvenir à l’unité telle que décrite par Paul. Ils essaieront de vivre une unité qui est approchée sur le modèle du monde actuel, et qui n’est pas l’unité dans la foi ni l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu. Le monde actuel cherche typiquement une unité entre les hommes par une acceptation de toutes les croyances, sans distinction, et en évitant de chercher ou de parler de la vérité. Paul parle aussi de la revendication à une certaine dénomination, comme étant une caractéristique de celui qui est encore livré à lui-même, se comportant d’une manière tout humaine. L’unité dont parle Paul ne peut pas exister parmi des croyants qui définissent leur identité par une dénomination, en d’autres termes, qui se définissent par la dénomination à laquelle ils sont affiliés. Les revendications de dénominations, et prises de positions comparatives de ces dénominations, sont une démonstration d’un état d’enfant en Christ, qui vient du fait d’être livré à soi-même, conduit par l’égo au lieu d’être conduit par l’Esprit. Mais cela démontre aussi un Évangile qui n’est pas celui que Paul prêchait, parce que des enseignements corrects amènent à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu, à un état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ (cf. (Ephésiens 4:11-13 BDS). Ainsi, ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu et non par leur propre nature, devraient parvenir à une même manière de penser: la manière de Christ.

Dans sa lettre d’encouragement aux Philippiens, Paul leur dit: “N’avez-vous pas trouvé dans le Christ un réconfort, dans l’amour un encouragement, par l’Esprit une communion entre vous? N’avez-vous pas de l’affection et de la bonté les uns pour les autres? Rendez donc ma joie complète: tendez à vivre en accord les uns avec les autres. Et pour cela, ayez le même amour, une même pensée, et tendez au même but” (Philippiens 2:1-2 BDS). Paul souligne encore que:

La communion entre croyants est donnée par l’Esprit.

unité1Il y a encore ici des indications précieuses concernant l’unité. Paul laisse comprendre que chacun est sensé combler son besoin de réconfort dans le Christ, et son besoin d’encouragement dans l’amour de Dieu, car Dieu déverse son amour dans nos cœurs par l’Esprit-Saint (cf. Romains 5:5). Ceci est ce qui produit la communion fraternelle avec de l’affection et de la bonté les uns pour les autres. Comblés par Dieu, nous pouvons être là pour les autres, sans que l’égo soit présent (cf. Philippiens 2:3-4). Mais cette réalité ne peut pas avoir lieue pour les individus qui s’attendent, souvent inconsciemment, à être comblés par les autres dans leur besoin de réconfort et d’encouragement, parce qu’ils ne trouvent pas cela en Christ. Ce manque trouve en général son origine dans une méconnaissance de la vérité qui est en Jésus-Christ. Cette méconnaissance produit déception et frustration, caractéristique de l’homme livré à lui-même. Mais lorsque le réconfort et l’encouragement sont trouvés en Christ, alors il est possible de vivre en accord les uns avec les autres, parce qu’on ne cherche plus à recevoir ces choses par les autres. Toutefois, pour que cette réalité soit collective au sein des croyants, il doit en être ainsi pour chaque individu. Paul dit aussi aux Philippiens qu’il faut avoir le même amour, une même pensée et tendre au même but. Le même amour est l’amour de Dieu (cf. 1 Jean 4:7-21), la même pensée est la pensée de Christ (cf. 1 Corinthiens 2:16, 2 Corinthiens 10:5, Ephésiens 4:24, Romains 12:2, Colossiens 1:21, Romains 1:28), et le même but résulte de ce même amour et de cette même pensée : faire du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux notre préoccupation première et faire les mêmes œuvres que Christ (cf. Matthieu 6:33, Matthieu 28:18-20, Ephésiens 2:10).

L’amour et la pensée de Christ produisent l’unité donnée par l’Esprit, car il s’agit du même Esprit qui était en Christ. Dans cette unité dont parle Paul, il y a un même amour, une même manière de penser et les mêmes œuvres que Christ, donnés par le même Esprit que celui qui était en Christ. Nous sommes uns avec Christ (cf. Galates 3:28 BDS) et cette unité se manifeste chez ceux qui demeurent en Christ : “Celui qui prétend qu’il demeure en Christ doit aussi vivre comme le Christ lui-même a vécu(1 Jean 2:6 BDS).

unité3Un constat de l’absence des caractéristiques de l’unité en Christ ne doit pas faire naître un sentiment de culpabilité chez celui qui le constate pour lui-même, ce sentiment de culpabilité n’est pas inspiré par l’Esprit de Dieu. Et pour ceux qui ressentiraient le besoin de condamner les croyants qui ne vivent pas cette unité, cela dénote d’une pensée qui n’est pas celle de Christ. Ils ne sont donc eux-mêmes pas conduit par l’Esprit qui donne l’unité, mais ils sont encore conduits par leur propre nature. Il n’y a pas de sentiment de culpabilité à recevoir pour eux non plus, mais une indication de la nécessité de revoir la manière de penser et de comprendre les choses. Il y a dans les caractéristiques de l’unité en Christ des indications précieuses pour une saine autoévaluation, en vue d’être amené à un état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. Il est important de noter encore, que vivre l’unité dont parle Paul, ne nécessite pas que tous aient le même degré de connaissance de la vérité contenue dans les Écritures, ni la même maturité en Christ. En ce qui concerne la connaissance de la vérité, la pensée essentielle pour vivre l’unité, c’est une préoccupation réelle de la vérité. Mais pour que cette préoccupation soit réelle chez quelqu’un, il est essentiel que son identité et sa valeur soit véritablement en Christ, fondée dans la grâce de Dieu. Car si son identité est encore définie d’une certaine manière par sa connaissance, ou par son degré de maturité en Christ, ou par ses œuvres ou autres, l’égo fera toujours obstacle à l’unité et à l’amour.

A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres” (Jean 13:35 BDS).

En parlant au Père, Jésus s’est fait entendre ainsi: “Bientôt, je ne serai plus dans le monde, car je vais à toi, mais eux, ils vont rester dans le monde. Père saint, garde-les par le pouvoir de ton nom, celui que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous le sommes… Je te demande qu’ils soient tous un. Comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, qu’ils soient un en nous pour que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un, comme toi et moi nous sommes un, moi en eux et toi en moi. Qu’ils soient parfaitement un et qu’ainsi le monde puisse reconnaître que c’est toi qui m’as envoyé et que tu les aimes comme tu m’aimes! (Jean 17:11, 21-23 BDS).

 

* A noter: dans les évangiles, on ne voit pas Jésus dire à des pharisiens (courant religieux) ou à des spécialistes de la Loi (théologiens) que leurs péchés sont pardonnés. Les pharisiens comme les spécialistes de la Loi avaient tendance à vivre dans une autojustification, dans une justification par les œuvres de la Loi, se justifiant par leurs propres actions et leur piété. Ce fonctionnement est ce qui s’appelle le légalisme. Cette manière de penser empêche d’accepter le pardon des péchés sans prérogatives. On voit dans les évangiles que lorsque Jésus proclame le pardon des péchés sans prérogatives, les pharisiens et les spécialistes de la Loi, non seulement ne le reçoivent pas, mais cela les met hors d’eux-mêmes (cf. Marc 2:1-12). Ce n’est pas que Dieu tenait compte de leurs péchés, mais ils étaient incapables d’accepter et de se saisir du pardon des péchés sans prérogatives. Ceci à cause de leur manière de penser et de comprendre les choses, à cause de leur rejet de la vérité que Jésus-Christ apportait et qui était contraire à l’enseignement qu’ils avaient reçu et auquel ils s’attachaient obstinément. Leur autojustification les privaient de goûter à la grâce de Dieu que Jésus démontrait.

Apôtre, prophète, évangéliste, pasteur et enseignant: pour équiper les autres

Ministère 6Dans sa lettre aux Ephésiens, Paul parle de la construction du corps de Christ, l’Eglise, soit l’ensemble des croyants qui confessent Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur. Voici ce qu’il dit : “C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ” (Ephésiens 4:11-13 BDS).

Paul dit que ceux qui appartiennent à Dieu ont besoin d’être équipé pour servir en vue de la construction du corps de Christ. Il dit que cet équipement est apporté par certains hommes qui sont donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant. Paul utilise ces qualificatifs, ces noms, pour ceux qui équipent les autres dans ces domaines respectifs. C’est aussi pour cela que lorsque Paul décrit aux Corinthiens comment vivre les rassemblements au sein du corps de Christ, en vu d’être équipé, il dit que tous ne sont pas apôtres, tous ne sont pas prophètes, tous ne sont pas enseignants, tous ne font pas des miracles (cf. 1 Corinthiens 12:29). Bien que toute la communauté des croyants a besoin d’être équipée dans tous les domaines que couvrent ces hommes donnés, tous ne sont pas déjà équipés dans tous les domaines, y compris ces hommes donnés. C’est pourquoi, tous ne peuvent pas nécessairement enseigner les autres dans tous ces domaines. Sans compter que le fait d’enseigner les autres n’est pas à prendre à la légère, c’est ce à quoi Jacques rend attentif : “Mes frères, ne soyez pas nombreux à enseigner; vous le savez: nous qui enseignons, nous serons jugés plus sévèrement” (Jacques 3:1 BDS). Et dans les rassemblements de croyants, même si tous les croyants étaient équipés dans les dons de l’Esprit, tous ne vont évidemment pas manifester tous les dons de l’Esprit durant ces rassemblements. Car les rencontres ne servent pas à la démonstration de l’équipement de chaque individu, son aptitude à servir (au sens où Paul l’entend) et à l’application des dons de l’Esprit, mais, durant les rassemblements, “en chacun, l’Esprit se manifeste d’une façon particulière, en vue du bien commun” (1 Corinthiens 12:7 BDS). Dans ce chapitre de la première lettre aux Corinthiens, il est question des rassemblements entre croyants et de comment les vivre. Mais chaque croyant est appelé à faire des disciples et à les immerger dans le nom de Jésus-Christ. Chaque croyant est appelé à vivre les réalités du règne de Dieu, à vivre les dons de l’Esprit qui démontrent la souveraineté de Dieu, à conduire les non-croyants à Jésus-Christ et en faire des disciples. Ainsi, dans le livre des Actes on voit par exemple un disciple du nom d’Ananias qui est simplement conduit par l’Esprit qui vit en lui. Il reconnait et discerne la voix du Seigneur et s’en va voir Saul (Paul), lui impose les mains pour qu’il soit guéri, et qu’il reçoive le Saint-Esprit et qu’il soit baptisé (cf. Actes 9:10-19). Ananias montre à quoi ressemble la vie d’un disciple du Christ qui est correctement équipé pour servir à l’image du Christ. Il montre à quoi ressemble ce service en vue de la construction du corps de Christ, l’Église. Ananias est quelqu’un qui a reçu le Saint-Esprit, se laisse conduire par celui-ci et agit par la puissance de cet Esprit au moyen de la foi. Il a été correctement enseigné, il est équipé et ainsi habilité à prier pour Saul (Paul) afin qu’il soit guéri. Il sait quoi faire pour baptiser Saul (Paul) et comment prier pour lui afin qu’il reçoive aussi le Saint-Esprit, maintenant que Saul (Paul) s’est tourné vers Dieu par la foi en Jésus-Christ.

Ministère 7La réalité est que tout croyant est appelé à être semblable à Ananias, équipé dans tous les domaines couverts par les apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et enseignants, et ce afin d’être amené à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. En d’autres termes, cela signifie vivre comme le Christ a vécu et faire les mêmes œuvres que lui, et faire des disciples comme il l’a demandé et fait lui-même. Le stade où se manifeste toute cette plénitude du Christ est ce qui caractérise un adulte dans l’union avec le Christ (que Jean appelle “père” dans sa première lettre – cf. 1 Jean 2:12-14). Paul aussi peut en parler parce qu’il est un exemple du stade adulte. Tout croyant est appelé à être un représentant du Christ en manifestant la puissance de Dieu par le Saint-Esprit, comme Ananias évoqué ci-dessus. Tout croyant est appelé à donner des paroles d’encouragement et d’édification pour fortifier les gens. Tout croyant est appelé à partager l’Évangile et faire connaître la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu autour de lui. Tout croyant est appelé à aimer les gens comme Christ et à en prendre soin. Tout croyant est appelé à connaître les choses de Dieu pour les vivre et les rendre manifestes au monde. C’est pour cela que les hommes qui sont donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant, sont nécessaires pour que tous ceux qui appartiennent à Dieu soient “rendus aptes” à accomplir leur service en vue de la construction du corps de Christ. Sans ces aptitudes chez les croyants, la construction du corps de Christ est en souffrance parce que ceux qui appartiennent à Dieu ne sont pas équipés, ou mal équipés. Pas équipés ou mal équipés, ils ne peuvent pas parvenir au stade où se manifeste toute la plénitude qui est en Christ, et bien souvent ils restent même au stade d’enfants dans leur union avec le Christ, esclave du péché. Toutefois aujourd’hui, chaque individu peut potentiellement trouver dans les textes bibliques, avec l’aide du Saint-Esprit qui enseigne toutes choses et conduit dans la vérité tout entière, tout ce qui est nécessaire pour parvenir au stade d’adulte où se manifeste toute la plénitude qui est en Christ, pour autant qu’il recherche la vérité sans se laisser modeler par des traditions tout humaines.

Malheureusement, de nos jours l’enfant dans la foi demeure souvent au stade d’enfant dans la foi malgré les années. Il parvient difficilement au stade de “jeune gens” dont la caractéristique est d’avoir vaincu le mal (cf. 1 Jean 2:13). En général, c’est parce qu’il est mal enseigné au niveau du pardon des péchés et du don de la justification/droiture dont on se saisit par le moyen de la foi et qui produit une vie juste et sainte. L’enfant dans la foi vit aussi en général sans la manifestation de la puissance de Dieu, parce que cette puissance ne lui a jamais été démontrée ou correctement enseignée. La conséquence est une foi fragile, remplie de doutes, avec de la difficulté à avoir pleinement confiance en Dieu. Et aussi, pour ce qui est d’être témoin du Christ, cela restera limité à des discours timides et incertains, facilement ébranlés. Mais lorsque Paul annonçait l’Évangile, il ne se contentait pas de discours basés sur la sagesse humaine pour essayer de convaincre ses interlocuteurs, il agissait en manifestant l’amour du Christ et par la puissance de l’Esprit. Il était son propre témoin par le fruit de l’Esprit et aussi par les dons de l’Esprit. Ce fut le cas chez les Corinthiens : De plus, quand je suis arrivé chez vous, je me sentais bien faible et je tremblais de crainte. Mon enseignement et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la «sagesse», mais sur une action manifeste de la puissance de l’Esprit. Ainsi votre foi a été fondée, non sur la «sagesse» humaine, mais sur la puissance de Dieu” (1 Corinthiens 2:3-5 BDS). La puissance de Dieu, la démonstration que c’est Dieu qui règne tel que Christ l’a vécu, est ce sur quoi la foi des Corinthiens a été fondée et une des raisons pour laquelle Paul fait le constat suivant : “En effet, vous avez été comblés en lui dans tous les domaines, en particulier celui de la parole et celui de la connaissance, dans la mesure même où la vérité dont le Christ est le témoin a été fermement établie chez vousAinsi, il ne vous manque aucun don de la grâce divine tandis que vous attendez le moment où notre Seigneur Jésus-Christ apparaîtra” (1 Corinthiens 1:5-7 BDS).

La tradition a transmis faussement que les caractéristiques couvertes par les hommes donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant sont uniquement réservées à ces hommes. Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, Paul parle de ce qui caractérise un apôtre, c’est-à-dire un véritable représentant du Christ. Et il dit qu’il a démontré ces caractéristiques, ces marques, parmi les Corinthiens : “Les marques qui caractérisent un apôtre ont été produites parmi vous: une persévérance sans faille, des miracles, des prodiges, des actes extraordinaires” (2 Corinthiens 12:12 BDS). Ce sont là les caractéristiques d’un véritable représentant du Christ. Et Paul prend ces caractéristiques pour confronter certains hommes qui commençaient à prêcher et enseigner aux Corinthiens un Évangile déformé, et qui apparemment se prétendaient “apôtres”, c’est-à-dire représentants du Christ. Paul dit d’eux qu’ils sont de faux apôtres, des ouvriers malhonnêtes déguisés en apôtres du Christ (cf. 2 Corinthiens 11:13-15). Ce n’est pas que leur intention était volontairement mauvaise, mais le message que ces hommes prêchaient était tordu et non conforme à la vérité qui est en Christ. Leur message ne correspondait pas à la vérité de l’Évangile de Jésus-Christ. Ces hommes-là n’étaient pas comblés dans tous les domaines avec tous les dons de la grâce divine, et encore moins dans le domaine de la parole et de la connaissance. La raison est que la vérité dont le Christ est le témoin n’était pas établie chez ces hommes prétendus apôtres, dont Paul parle. Dans sa première lettre aux Corinthiens, une lettre antécédente, Paul parle d’aller chez les Corinthiens pour se rendre compte de ce dont certains hommes aux beaux-discours sont capables (cf. 1 Corinthiens 4:19). Parce que les caractéristiques que seule la vérité permet, ne peuvent pas être produites chez quelqu’un qui ne connait pas la vérité qui libère du péché (le don de la justification/droiture saisie par le moyen de la foi). L’apôtre est quelqu’un qui vit ces caractéristiques de la puissance de Dieu qui permet d’avoir une foi fondée sur cette puissance, sur les réalités du règne de Dieu. Et le règne de Dieu consiste à nous rendre justes et à nous donner la paix et la joie par le Saint-Esprit (cf. Romains 14:17). L’apôtre au sens biblique est donc en position d’enseigner ces réalités aux autres pour qu’ils soient équipés pour ce qui touche aux caractéristiques de l’apôtre. Pour enseigner correctement ces réalités et amener les autres à les vivre, il est nécessaire de les vivre soi-même et d’en avoir une compréhension correcte. Une compréhension correcte n’est possible que pour celui qui le vit. Il en est de même pour les hommes donnés comme prophètes et comme évangélistes. Ainsi, dans sa lettre aux Ephésiens ci-dessus, Paul ne parle pas du qualificatif de prophète pour quelqu’un qui se contente de prophétiser, ou de l’évangéliste comme quelqu’un qui se contente de partager l’évangile. Il utilise ces termes pour celui qui enseigne les autres dans le domaine de la prophétie (le prophète) et pour celui qui enseigne les autres dans le domaine du partage de l’Évangile (l’évangéliste). Mais il va de soi que seul quelqu’un qui est établi dans le don de prophétie peut enseigner à prophétiser, et seul quelqu’un d’établi dans le partage de l’Évangile peut enseigner à le faire.

Il y a toutes sortes de dons (charisma: faveur que reçoit quelqu’un sans aucun mérite de sa part), mais c’est le même Esprit. Il y a toutes sortes de services (diakona: service qui répond aux besoins des autres), mais c’est le même Seigneur. Il y a toutes sortes d’activités (energema: chose travaillée, façonnée, opération effectuée) mais c’est le même Dieu; et c’est lui qui met tout cela en action chez tous” (1 Corinthiens 12:4-6 BDS).

Ministère 8En recevant l’Esprit Saint, chaque croyant possède par cet Esprit la totalité de ce que peut produire cet Esprit (Dieu est Esprit et il est Seigneur). Mais si le croyant n’est pas correctement enseigné dans les domaines couverts par l’apôtre, le prophète, l’évangéliste, le pasteur et enseignant, il reste étranger à la vie que Dieu donne véritablement. Il reste étranger à ce que permet et produit l’Esprit de Dieu, et toute sa puissance ne sera pas manifestée dans la vie du croyant. Un croyant mal équipé ignorera ce qui lui a été donné avec l’Esprit qui est en lui. Il ne saura pas comment “activer” (recevoir/saisir) ces réalités qui lui sont déjà données, et il passera à côté de faire les mêmes œuvres que Christ et que de nombreux disciples ont faites après lui et font aujourd’hui encore de par le monde.

Paul fait une distinction entre les dons de l’Esprit, les services et les activités, mais il dit que tout cela est mis en action chez tous, sans restriction, par Dieu. Le résultat n’est pas l’œuvre des hommes dans ce qu’ils peuvent faire par eux-mêmes avec les principes de ce monde, mais l’œuvre de Dieu par l’Esprit au moyen de la foi, qui fait appel aux réalités invisibles qui ont été rendue visibles en Christ. C’est la puissance de Dieu par l’Esprit-Saint qui est manifestée. Mais la tradition tout humaine a amené de nombreux croyants à croire faussement que les caractéristiques de l’apôtre, du prophète et de l’évangéliste, ne sont pas pour eux, ni pour tous. La plus part des traductions des passages de 1 Corinthiens 12 et Ephésiens 4 amènent d’ailleurs de la confusion, et démontrent une influence certaine de la tradition tout humaine dans la pensée des traducteurs, et la méconnaissance dans la pratique de ces dons. Très probablement, les traducteurs n’étaient pas parvenus à l’état où se manifeste toute la plénitude qui est en Christ et ne vivaient pas eux-mêmes les réalités dont parle ces textes. Par ailleurs, cette confusion amenée par les traductions et la tradition tout humaine, ont aussi amené ceux qui manifestent certaines réalités et caractéristiques que l’Esprit permet, à en parler systématiquement en terme de “ministère“, ce qui veut dire service. Ainsi, cela amène quelqu’un qui sait prophétiser à dire qu’il a un “ministère de prophétie“. Celui qui sait guérir les malades dira qu’il a un “ministère de guérison“. Et souvent ces mêmes gens sont qualifiés/nommés/identifiés par leur “ministère“. Cela amène les gens à qualifier de prophète quelqu’un qui donne des paroles prophétiques en s’appuyant sur les textes d’Éphésiens 4, même s’il n’enseigne pas les autres dans le domaine de la prophétie. Pourtant, ce n’est pas ainsi que Paul en parle dans Éphésiens 4. Cette méconnaissance des réalités de l’Esprit et des rôles d’apôtre, de prophète, d’évangéliste, de pasteur et enseignant a comme conséquence de pousser les gens à croire systématiquement qu’ils ont un “ministère particulier“, alors qu’ils manifestent simplement un don de l’Esprit. Bien souvent ce “ministère particulier” définit alors une grande partie de l’identité de ces hommes et de leur valeur à leurs propres yeux et aux yeux des autres. Ceci démontre qu’ils n’ont eux-mêmes pas été correctement équipés, ni correctement enseignés. Parallèlement, ceux qui ne manifestent pas encore ces réalités de l’Esprit, parce qu’ils sont mal enseignés et mal renseignés, se considèrent alors comme “sans ministère particulier“. Et effectivement, ils peuvent difficilement répondre aux besoins des autres et servir à la construction du corps de Christ, car ils ne sont pas équipés par ceux qui le sont. Ces croyants diront alors qu’ils ne sont pas apôtre, pas prophète, pas évangéliste, pas pasteur et enseignant, en pensant que les caractéristiques de ces domaines respectifs ne sont pas pour eux, ou que cela ne leur a pas été donné par Dieu, et/ou ne se sentent pas forcément “appelés” à les avoir. Ainsi, leur tendance sera de vouloir servir essentiellement avec les dons naturels de ce monde, mais pas avec ce qui fait pas appel aux réalités de l’Esprit à saisir par la foi. Pourtant Paul lance cette incitation à tous : “Aspirez (zeloo: brûler de zèle, désirer sincèrement, poursuivre) aux dons les meilleures” (1 Corinthiens 12:31). Et il ne parle pas ici des dons naturels de ce monde que tout être humain peut développer sans Dieu et sans le moyen de la foi, mais Paul parle des dons de l’Esprit. Mais la réalité pour une majorité des croyants est qu’ils ne sont simplement pas ou mal équipés dans ces domaines respectifs, parce qu’ils ne sont pas enseignés correctement dans ces domaines. Et les croyants qui pratiquent certains dons de l’Esprit sans aider les autres à s’en saisir aussi, et agissent ainsi parce qu’ils pensent qu’ils ont un “ministère particulier” dont ils ont fait leur identité, voir même leur carrière, ne contribuent pas à construire le corps de Christ. Ceci dit, nombreux sont ceux qui commencent à redécouvrir la vérité biblique autour des dons de l’Esprit, à le vivre dans leur quotidien, et qui le transmette aux autres croyants pour leur permettre d’entrer dans ces réalités du règne de Dieu.

Dans le passage d’Éphésiens 4, Paul laisse entendre aussi que c’est en étant correctement enseigné et équipé, autrement dit “rendu apte“, dans tous les domaines couverts par ceux qui sont donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant que l’on parvient tous ensemble à l’unité non seulement dans la foi, mais aussi à l’unité dans la connaissance du Fils de Dieu. Il n’est donc pas étonnant qu’une mauvaise compréhension de ce qui est des hommes donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant, et une mauvaise compréhension des dons de l’Esprit, génère des divisions depuis des siècles parmi ceux qui se réclament de Jésus-Christ, au lieu de parvenir tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu.

Paul était un disciple au stade d’adulte dans la foi, quelqu’un chez qui se manifestait toute la plénitude qui est en Christ, raison pour laquelle il peut en parler. A travers le livre des Actes qui relate son parcourt, on voit Paul être conduit par l’Esprit, on le voit apporter des paroles de connaissance/prophétique, on le voit guérir des malades et faire des signes miraculeux, et à travers toutes ses lettres on le voit prendre soin des gens, on le voit partager l’Évangile et donner de nombreux enseignements dans tous les domaines. C’est pour cela que Paul rappelle à Timothée : “C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité” (1 Timothée 2:4-7 BDS).

Les hommes qui sont donnés comme apôtre, comme prophète, comme évangéliste, comme pasteur et enseignant, sont donnés pour équipés les autres afin que chaque croyant soit équipé et manifeste les caractéristiques que ces hommes peuvent transmettre. Cela ne veut pas dire que ces hommes ne sont pas censés être eux-mêmes équipés dans les autres domaines que le domaine où ils ont le plus d’expérience, bien au contraire. Toutefois, chacun sera le plus apte à équiper les autres dans les domaines qu’il pratique le plus et avec lequel il est le plus familier. Malheureusement aujourd’hui, bien souvent ceux qui sont qualifiés par les autres (ou par eux-mêmes) d’apôtre, de prophète, d’évangéliste, de pasteur et enseignant ne sont eux-mêmes pas forcément correctement équipés, notamment dans les autres domaines que celui qu’ils pratiquent couramment et enseignent. Ceci a pour conséquence une mauvaise perspective et compréhension pour eux-mêmes, même dans le domaine qui est celui qu’ils enseignent, car tous ces domaines interagissent entre eux. Par exemple, celui qui a son identité dans son “ministère” ou dans l’exercice des dons de l’Esprit, a visiblement souffert d’un manque certain dans les domaines couvert par le pasteur et enseignant, et ainsi le fruit de l’Esprit est en souffrance (cf. Galates 5:22). Si chacun a besoin d’être équipé dans tous ces domaines pour être “rendu apte” à servir en vue de la construction du corps de Christ et parvenir au stade adulte, ceux qui équipent les autres dans certains domaines particuliers ne font pas exception. Au contraire, ils se doivent de veiller sur leur enseignement, comme Paul recommande notamment à Timothée : “Veille sur toi-même et sur ton enseignement. Sois persévérant en cela. En agissant ainsi, tu assureras ton salut et celui de tes auditeurs” (1 Timothée 4:16 BDS). Si ces hommes qui enseignent les autres ne sont pas eux-mêmes correctement équipés, ils ne peuvent pas être eux-mêmes à l’état d’adulte. Ils ne peuvent pas être à un stade où se manifeste toute la plénitude qui est en Christ. Ils sont donc eux-mêmes à un stade qui n’est pas celui d’adulte… Ceci amène à s’interroger sur leur véritable aptitude à équiper les autres en vue de les amener au stade d’adulte dans l’union avec le Christ, ce stade où toute la plénitude qui est en Christ se manifeste. Car comment quelqu’un qui n’est lui-même pas au stade d’adulte pourrait-il enseigner les autres enfants dans un domaine nécessaire au stade d’adulte? Jésus a dit clairement: “Le disciple n’est pas plus grand que celui qui l’enseigne, ni le serviteur supérieur à son maître” (Matthieu 10:24 BDS).

 

* A noter: lorsque Paul a écrit la lettre aux Ephésiens, il n’y avait pas encore un recueil contenant les évangiles (qui n’étaient d’ailleurs même pas encore mis par écrits au temps des lettres de Paul!) et toutes les lettres que l’on trouve aujourd’hui dans les textes bibliques, auquel chaque croyant aurait pu avoir accès pour lui-même. Les apports des hommes donnés comme apôtres, comme prophètes, comme évangélistes, comme pasteurs et enseignants étaient essentiels parce que les textes de l’Ancien Testament ne contenaient pas l’enseignement de Christ. Il n’y avait guère la possibilité autrement que par les premiers apôtres/disciples de parvenir à l’état où se manifeste toute la plénitude de Christ. Mais aujourd’hui, le Nouveau Testament contient suffisamment d’informations pour que celui qui recherche la vérité par lui-même, avec l’aide du Saint-Esprit, puisse y accéder, et ce malgré un manque certain aujourd’hui au niveau des enseignements au sein de l’Église.