La grâce rend à la vie

Dans sa lettre aux Colossiens, après leur avoir parlé du fait que tous les trésors de la sagesse et de la connaissance sont en Christ et les avoir mis en garde afin que personne ne les trompe par des discours séduisants s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires du monde, et non sur Christ, Paul leur écrit : “Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses; il a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous, et il l’a éliminé en le clouant à la croix; il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix.” (Colossiens 2:13-15 NEG79)

Ainsi, Paul laisse comprendre que c’est par les offenses et par l’incirconcision de ce qui est charnel que nous sommes morts, c’est-à-dire sans l’abondance de vie que Jésus a promis (cf. Jean 10:10). En effet, il n’est pas possible de vivre de manière charnel, offensante et faisant le mal, et d’être en même temps plein de vie. Mais Paul fait comprendre ensuite que c’est en faisant grâce pour toutes nos offenses que Christ nous rend à la vie. Paul dit que Christ a effacé l’acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous. Cet acte dont les ordonnances nous condamnaient et qui subsistait contre nous est la loi mosaïques avec ses prescriptions. On ne parle pas ici des dix paroles appelées dix commandements, mais il s’agit des prescriptions de Moïse en marge des dix commandements. Par exemple, Moïse avait prescrit la lapidation en cas d’adultère, mais dans l’Évangile selon Jean au chapitre 8, on voit Jésus sauver une femme adultère alors que certains hommes voulaient la lapider conformément aux prescriptions de Moïse. C’est par la grâce manifestée envers cette femme, et envers ses accusateurs, que Jésus a rendu cette femme à la vie. Jusqu’à la croix et jusqu’à son ascension auprès du Père, Jésus a annoncé, démontré et enseigné le pardon des péchés. Nul part nous voyons Jésus condamner un fautif. Le fait est que c’est l’expérience de la grâce, l’expérience du pardon des péchés, qui amène le dépouillement de ce qui est charnel.

Car en lui (Christ) habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. Et c’est en lui que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair: ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts. (Colossiens 2:9-12 NEG79) Le dépouillement de ce qui est charnel se produit en Christ, par la foi en la puissance de Dieu qui ressuscite les morts. C’est par la foi en Dieu, par la conscience du pardon des péchés, que le dépouillement de ce qui est charnel se produit afin d’amener à une abondance de vie, une vie juste et sainte. Cette réalité se produit non par des efforts dont on pourrait se venter, mais par le seul moyen de la foi qui est cette assurance des choses que l’on espère, cette démonstration de celles qu’on ne voit pas. “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu” (Ephésiens 2:8 NEG79). Malheureusement, ceux qui essaient de se dépouiller de ce qui est charnel à coup d’efforts, mais sans le moyen de la foi, expérimentent bien souvent comme résultat une vie non transformée de manière durable, une conscience chargée de culpabilité marquée par le découragement et la tiédeur, avec une emprise du péché très présente.

Voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés.

La consolation: par la patience à supporter la souffrance

Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, Paul écrit : “Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que nous endurons” (2 Corinthiens 1:5-6 NEG79). Paul a connu la persécution et toutes sortes d’épreuves, ce qui fait que lorsqu’il parle de souffrance il sait de quoi il parle. Mais au-delà des souffrances, Paul parle de la consolation qui abonde par Christ. Paul ne reste toutefois pas centré sur lui-même, et il s’exprime en disant que s’il est affligé c’est pour la consolation et pour le salut de ceux à qui il s’adresse. C’est là ce qui l’afflige : l’absence de consolation et de salut chez les autres. Paul laisse entendre aussi que si les souffrances sont les mêmes que sa propre expérience, alors la consolation est la même, mais elle n’est pas automatique. Et il souligne que la consolation se réalise à travers la patience à supporter les mêmes souffrances que ce qu’il endure. Et si Paul est consolé, c’est pour que ceux à qui il s’adresse soient également consolés. Le terme traduit par patience à supporter est hupomone qui signifie constance, persévérance, endurance. Il y a une consolation qui vient de l’endurance dans l’épreuve, et c’est ce dont Paul nous parle ici. Dans Romains 8 où Paul parle de la persécution, il écrit : “Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés” (Romains 8:37 NEG79).

La consolation c’est non seulement le soulagement apporté à la peine de quelqu’un, mais c’est aussi, par définition, un sujet de joie ou de satisfaction au milieu des épreuves. Lorsqu’on a fait l’expérience de la consolation et de la victoire dans l’affliction, alors nous pouvons consoler ceux qui se trouvent dans l’affliction. C’est ce que Paul écrit aux Corinthiens lorsqu’il leur dit : “Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans l’affliction!” (2 Corinthiens 1:3-4 NEG79)

Dieu est le Père non seulement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais il est aussi le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. Dieu est la source de la consolation, et ce que nous puisons à la source nous pouvons le transmettre aux autres, afin qu’ils soient eux-même conduit à puiser à la source.

La tendance naturelle est la crainte des afflictions, mais celui qui a fait l’expérience de la consolation qui vient de Dieu par la persévérance dans la souffrance, celui-là ne craint plus l’affliction. C’était le cas de Paul qui, malgré ses propres épreuves, se plaçait en consolateur des autres affligés. L’Évangile, la bonne nouvelle de la grâce de Dieu, n’est jamais quelque chose d’égocentré. Au contraire, l’amour et la grâce sont tournés vers son prochain : “Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut“.

La croissance par la connaissance de Dieu

Dans sa lettre aux Colossiens, après avoir mentionné d’avoir appris de quel amour l’Esprit les anime, Paul leur écrit : “C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous; nous demandons que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients” (Colossiens 1:9-11 NEG79).

Ce que Paul demande dans ses prières est toujours très dense et instructif. Ce passage nous laisse percevoir que c’est par la puissance glorieuse de Dieu que nous sommes fortifiés à tous égards. Il souligne aussi que cette fortification a pour but d’être persévérants et patients, et cela avec joie et toujours. On perçoit ici un état qui ne dépend pas des circonstances, mais qui est le résultat d’une certaine maturité. Cette maturité est agréable au Seigneur et correspond à une marche digne de Lui, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres. Et Paul précise “croissant par la connaissance de Dieu“. Ainsi, c’est la connaissance de Dieu qui amène la croissance. Le terme traduit par connaissance ici est epignosis qui a le sens de connaissance précise et correcte. Ce ne sont pas des efforts à fournir mais une connaissance précise et correcte de Dieu qui produit la croissance. En d’autres termes, si nous ne grandissons pas dans la connaissance de Dieu, il ne faut pas s’étonner d’un manque de croissance “spirituelle”. Si les choses que nous connaissons de Dieu sont imprécises et incorrectes, la croissance ne se produit pas. Parfois, on croit connaître Dieu, mais si ce qu’on connait de Dieu n’est pas conforme à la vérité, la maturité où la persévérance et la joie sont toujours présents ne peut pas être atteinte. Il est bon de rappeler que la mesure de la connaissance de Dieu c’est l’amour, conformément à ce que la première lettre de Jean nous laisse savoir : “Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:7-8 NEG79). Dieu est amour, il s’agit donc de grandir dans la connaissance des caractéristiques de l’amour telles que Christ les a faites connaître. Une méconnaissance intime des caractéristiques de l’amour de Dieu est un obstacle à la croissance. Jésus-Christ est la vérité. C’est pourquoi il est important de passer en revue notre connaissance de Dieu à la lumière de la vérité qui est en Jésus-Christ.

La volonté de Dieu: être toujours dans la joie

Lorsqu’il est question de connaître la volonté de Dieu, une connaissance de Dieu incorrecte et/ou imprécise peut conduire la pensée humaine à être facilement trompée et confondre l’œuvre de l’ennemi de Dieu avec l’œuvre de Dieu lui-même. Jésus a clairement dit: “Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés... Le voleur ne vient que pour dérober, égorger (thuo: faire des sacrifices dont l’agneau pascal) et détruire (apollumi: détruire complètement, déclarer que quelqu’un doit mourir, tuer); moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance.” (Jean 10:8-10 NEG79). L’abondance signifie plus que nécessaire, superflu, excédant, hors du commun, extraordinaire. Voilà la vie que Jésus est venu donner, une abondance de vie, et Jésus en est l’exemple. Alors que celui qui détourne, le voleur, vient pour dérober, faire des sacrifices, détruire et déclarer que quelqu’un doit mourir et tuer. Jésus est l’image du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15), il est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être (cf. Hébreux 1:3). Jésus n’a rien fait de lui-même et tout ce qu’il a fait est ce qu’il a vu faire au Père, le Fils fait ce qu’il voit le Père faire (cf. Jean 5:19). Jésus est la vérité concernant le Père (cf. Jean 14:6-7), il démontre la vérité concernant ce qui est de Dieu et ce qui n’est pas de Dieu. Comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, le Fils donne la vie (cf. Jean 5:21, 11:25). Jésus a dit que le commandement du Père c’est la vie éternelle, et c’est pourquoi les choses qu’il dit il les dit comme le Père les lui a dites (cf. Jean 12:50).

Dans sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul écrit ceci: “Soyez toujours (en tout temps) dans la joie. Priez sans cesse. Remerciez Dieu en toute circonstance: telle est pour vous la volonté que Dieu a exprimée en Jésus-Christ” (1 Thessaloniciens 5:16-18 BDS). Toujours signifie continuellement, en tout temps. Prier signifie désirer, vouloir, prier, demander, souhaiter. Être continuellement dans la joie, demander et prier sans cesse, remercier Dieu en toute circonstance, voilà quelle est la volonté de Dieu telle qu’exprimée en Jésus-Christ. C’est une abondance de vie. Jésus a dit à ses disciples. “Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite” (Jean 16:24 NEG79). “Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements (préceptes), vous demeurerez dans mon amour, de même que j’ai gardé les commandements (préceptes) de mon Père, et que je demeure dans son amour. Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite” (Jean 15:9-11 NEG79). La perfection de la joie c’est l’amour tel que révélé en Jésus-Christ.

C’est pourquoi Paul écrit aussi aux Philippiens: Réjouissez-vous en tout temps de tout ce que le Seigneur est pour vous. Oui, je le répète, soyez dans la joie” (Philippiens 4:4 BDS). Paul écrit aux Romains: “Ne prenez pas comme modèle le monde actuel, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait” (Romains 12:2 BDS). Le terme original traduit par bon est agathos qui signifie de bonne constitution, utile, salutaire, bon, agréable, plaisant, joyeux, heureux, excellent, honorable. Le terme original traduit par “ce qui lui plaît” est euarestos qui signifie très plaisant, acceptable, agréable. Le terme original traduit par parfait est teleios qui signifie arrivé à ses fins, accompli, à qui rien ne manque pour être complet. C’est le terme utilisé dans Matthieu 5 lorsque Jésus en parlant de l’amour dit “soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait” (cf. Matthieu 5:43-48). Ainsi, on comprend que la volonté de Dieu c’est que nous soyons en tout temps dans la joie, dans ce qui est conforme à l’amour, ce qui est parfait. La volonté de Dieu n’est pas tant quelque chose à faire mais quelque chose à vivre par ce qu’on croit. C’est pourquoi, à ceux qui lui ont demandé “que devons-nous faire, pour accomplir les œuvres de Dieu?“, Jésus a répondu : “L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé” (cf. Jean 6:28-29).

 

L’intelligence obscurcie: résultat de l’endurcissement du coeur

Dans sa lettre aux Ephésiens, après avoir parlé de ne plus être de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur, Paul écrit : “Voici donc ce que je vous dis, ce que je vous déclare au nom du Seigneur: vous ne devez plus vivre comme les païens, qui suivent leurs pensées vides de sens. Ils ont, en effet, l’intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie que Dieu donne, à cause de l’ignorance qui est en eux et qui provient de l’endurcissement de leur cœur” (Ephésiens 4: 17-18 BDS). Dans l’original, il y a deux termes derrière le terme païens. Il y a le terme loipoy qui signifie le reste, et le terme ethnos qui signifie multitude, nations. Ainsi, le terme païens ici a le sens suivant : le reste des multitudes. Paul dit que le reste des multitudes, sous-entendu ceux qui ne suivent pas Jésus-Christ, suivent leurs pensées vides de sens. Ils suivent donc des manières de penser qui sont non-conformes à Jésus-Christ, non-conformes à l’amour tel qu’il l’a révélé. Dieu est amour. Et les actions découlent des manières de penser.

Intelligence obscurciePaul laisse comprendre que les pensées vides de sens proviennent du fait d’avoir une intelligence obscurcie et d’être étranger à la vie que Dieu donne. Jésus-Christ est la référence de la vie que Dieu donne, une vie conforme à l’amour. Et Paul nous fait savoir que la cause de l’intelligence obscurcie, et le fait d’être étranger à la vie que Dieu donne, est l’ignorance. Paul continue en disant que:

L’ignorance provient de l’endurcissement du cœur.

Il peut y avoir un certain nombre de raison pour lesquels le cœur s’est endurci, mais la principale est une méconnaissance de l’amour de Dieu et de ses caractéristiques. Dieu est amour. C’est la connaissance de la vérité qui sanctifie, qui libère du péché, c’est-à-dire qui libère des fausses manières de penser. Il faut savoir qu’il y a quatre obstacles principaux à la connaissance de la vérité :

  • Le manque d’information : il s’agit simplement du fait de ne pas être suffisamment informé. Parfois on croit savoir, mais il nous manque des informations. On ne peut tirer des conclusions personnelles qu’à partir de l’information dont on dispose personnellement. Et pour certaines informations, on s’appuie parfois sur d’autres individus qui ne peuvent tirer des conclusions personnelles qu’à partir de l’information dont ils disposent eux-mêmes. Ceci peut amener un grand nombre de gens dans l’erreur lorsque l’information n’est pas vérifiée par les individus eux-mêmes.
  • La tromperie : il s’agit d’avoir reçu des informations fausses. Que ce soit par des gens bien intentionnés ou désireux de tromper les autres, le résultat est le même: une fausse information.
  • Les à priori : ce sont les raisonnements ou conclusions prématurés qui sont établis avant tout examen approfondi. Ces à priori amènent à de faux raisonnements, à de fausses conclusions ou à d’autres à priori.
  • Les préférences : il s’agit là des préférences personnelles, de ce qui nous convient le mieux, ce qui nous arrange bien, même si l’on sait que ce n’est peut être pas conforme à la vérité.

C’est quatre point sont à la fois des obstacles à la connaissance de la vérité mais peuvent aussi contribuer à l’endurcissement du cœur. Par exemple, certaines personnes qui ont été trompées peuvent s’endurcir et avoir tendance à rejeter certaines nouvelles informations par crainte d’être trompées à nouveau. Il y aura là des à priori en provenance de tromperies, par exemple, et possiblement certaines préférences qui viendront faire obstacle à la connaissance de la vérité… Ou par exemple, certaines personnes peuvent rejeter certaines informations nouvelles, simplement par crainte que si ces informations qu’elles n’avaient pas précédemment sont vraies alors cela signifierait qu’elles ont été trompées jusque-là sur ce qu’elles croyaient. C’est pourquoi, il est important de prendre soin de son cœur et de ne pas le laisser s’endurcir. Ceci est fondamental pour la connaissance de la vérité qui sanctifie et ne pas être étranger à la vie que Dieu donne.

Ainsi, lorsqu’il est écrit : “Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie” (Proverbe 4:23 NEG79), il ne s’agit pas de mettre une carapace de protection qui endurcit le cœur, mais il s’agit de le garder tendre, perméable à Dieu et à son amour démontré en Jésus-Christ, ouvert à la vérité. Car un endurcissement du cœur a pour aboutissement d’être étranger à la vie que Dieu donne, et d’être ignorant avec une intelligence obscurcie.

Le salut: le but de notre foi

Dans la première lettre de Pierre, écrite à des croyants dispersés dans divers lieux, il est écrit : “Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d’une joie glorieuse et inexprimable, car vous obtenez en retour votre salut qui est le but de votre foi” (1 Pierre 1:8-9 BDS).

But de la foiPierre relève le fait que c’est en plaçant notre confiance en Jésus, bien que nous ne l’ayons pas encore vu, que nous sommes remplis d’une joie glorieuse et inexprimable. Et cette joie glorieuse et inexprimable vient du fait d’obtenir le salut. Le terme traduit par salut est soteria qui signifie délivrance, conservation, sûreté, sécurité. Il s’agit d’être délivré de l’esclavage du péché, d’être restauré, rétabli dans la condition voulue par Dieu, guéri, béni dans le sens de couvert des bienfaits de Dieu, à l’image de ce dont Jésus-Christ est le témoin. En quelque sorte, on peut voir en Jésus-Christ le témoin de ce à quoi ressemble le salut dans ce monde. Pierre en a fait l’expérience et c’est ce qui l’amène à écrire dans la deuxième lettre : “Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu; celles-ci nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise.” (2 Pierre 1:3-4 NEG79) Le salut nous amène à devenir participant à la nature divine, à l’exemple de Jésus-Christ, dévêtu de la corruption qui existe dans le monde. A noter, la corruption est le résultat de la convoitise. Toutefois, c’est par la divine puissance donnée par Dieu que la convoitise disparaît. Et cela se produit par la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, c’est-à-dire Jésus-Christ. C’est pourquoi il est si important de regarder et de s’instruire à partir de Jésus-Christ.

En ce qui concerne le salut, Pierre écrit que :

Le salut est le but de notre foi.

La foi c’est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas” (Hébreux 11:1 NEG79), et c’est par le moyen de la foi que l’on accède au salut. C’est par le moyen de la foi que la démonstration des choses qu’on espère, celles dont on a la ferme assurance, devient visible. Il est écrit “le juste vivra par la foi” (Habakkuk 2:4 NEG79). On peut aussi dire que c’est par la foi que l’on vivra juste, c’est-à-dire que l’on accède au salut, à la délivrance de l’esclavage du péché, en sorte de mener une vie juste et sainte. Cela n’est possible que par le moyen de la foi. C’est pourquoi l’auteur aux Hébreux écrit: “Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent” (Hébreux 11:6 NEG79).

Conformément à ce qui est écrit dans la première lettre de Pierre, le but de notre foi est le salut. C’est là le but du moyen de la foi. Paul met en garde, déjà en son temps, contre ceux qui ne connaissent plus la vérité et qui considèrent, par exemple, le moyen de la foi en Dieu comme un moyen de s’enrichir (cf. 1 Timothée 6:5). C’est là une perversion du moyen de la foi qui existait déjà au temps de Paul. Conformément à la vérité qui est en Jésus-Christ, tout est possible à celui qui croit (cf. Marc 9:23). Mais ce n’est pas parce que tout est possible, et que par le moyen de la foi on peut s’enrichir que l’enrichissement est justifié et conforme à Jésus-Christ. Tout ce qui est possible n’est pas conforme à l’amour. Il est écrit que “Celui qui se confie dans ses richesses tombera, mais les justes verdiront comme le feuillage” (Proverbe 11:18 NEG79) et que “l’amour de l’argent est une racine de tous les maux” (1 Timothée 6:10). C’est l’amour de l’argent qui pose problème. Celui qui n’est pas poussé par l’amour de l’argent ne cherche pas à s’enrichir, même par le moyen de la foi. L’auteur aux Hébreux exhorte “Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent; contentez-vous de ce que vous avez; car Dieu lui-même a dit: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point” (Hébreux 13:5 NEG79). Jésus a aussi exhorter dans le sens que les besoins sont couverts pour celui qui recherche premièrement le royaume et la justice/droiture de Dieu (cf. Matthieu 6:33). De plus, Jésus a été clair sur le fait que les richesses de ce monde sont des richesses injustes (cf. Luc 16:11). Jésus est l’exemple du moyen de la foi correctement utilisé, conformément à l’amour. Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens, a aussi rendu clairement attentif que “quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien” (1 Corinthiens 13:2). Le but de notre foi est le salut. Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d’une joie glorieuse et inexprimable, car vous obtenez en retour votre salut qui est le but de votre foi” (1 Pierre 1:8-9 BDS).

La parole de Dieu: mystère caché de tout temps mais révélé maintenant aux saints

On entend beaucoup de choses au sujet de l’expression “la parole de Dieu”. Cette expression est malheureusement souvent utilisée comme un synonyme pour la Bible. Certains disent conformément à leur tradition : “toute la Bible est la parole de Dieu”, avec l’idée plus ou moins avouée que l’on pourrait prendre n’importe quel verset de la Bible et dire c’est la “parole de Dieu”, puisque c’est dans la Bible et qu’ils appellent la Bible “la parole de Dieu”. Mais ce n’est pas ainsi que les auteurs des textes bibliques ont considéré les Écritures, ni dans l’Ancien Testament, ni dans le Nouveau Testament. De plus, on voit par exemple Jésus parler des psaumes en disant “n’est-il pas écrit dans votre loi” (cf. Jean 10:34), ce qui signifie “n’est-il pas écrit dans ce que vous avez vous-mêmes établi et accepté par l’usage“. C’est là ce qu’amène le sens du terme nomos traduit par la loi, il s’agit des choses établies et acceptées par l’usage. Ainsi, Jésus ne s’associe pas avec la parole de l’Écriture à laquelle il a fait référence dans Jean 10. De même, lorsqu’il parle à ses disciples de la persécution venant de certains croyants et qu’il parle des psaumes en disant “leur loi” (cf. Jean 15:25). On ne peut donc pas qualifier de “parole de Dieu” une parole de l’Écriture que Jésus appelle “votre loi” ou “leur loi“, ces deux expressions se référant aux mêmes personnes. Jésus ne s’étant pas placé sous cette loi, puisqu’il ne l’appelle pas “notre loi” mais “votre loi” et “leur loi“. D’ailleurs, nul part dans les Évangiles on trouve Jésus utiliser l’expression “notre loi“, en général il parle de la loi (choses établis et acceptées par l’usage) de manière détachée en disant “la loi“, bien qu’il soit venu au monde en tant que Juif sous cette loi. Mais il était libre par rapport à cette loi et ne la faisait pas sienne sans discernement. De même, on ne peut pas prendre le verset qui dit de Jésus “il a un démon, il est fou; pourquoi l’écoutez-vous?” (cf. Jean 10:20) et dire que c’est “la parole de Dieu“. Non, le contexte et les paroles de Jésus montrent que c’est une parole de croyants qui ne connaissaient pas Dieu malgré leur judaïsme, leur loi et leurs Écritures. heart-bibleIls étaient sans discernement spirituel et n’arrivaient même pas à reconnaître en Jésus le Messie dont leurs Écritures parlaient pourtant. “Il a un démon, il est fou; pourquoi l’écoutez-vous?” était une parole tout humaine de croyants qui étaient dans l’erreur, et cela se trouve dans les textes bibliques. C’est l’ensemble qui nous permet de le savoir. C’est donc une erreur de vouloir utiliser l’expression “la parole de Dieu” comme un synonyme pour parler systématiquement de la Bible, et cela amène un manque de discernement des Écritures chez beaucoup à cause de leur tradition.

Dans les textes bibliques, il est toujours important de laisser la Bible interpréter la Bible. Si l’on recherche comment la Bible décrit la parole de Dieu, on trouve que Paul donne une description lorsqu’il écrit aux Colossiens: C’est d’elle (l’Église) que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonce pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints” (Colossiens 1:25-26 NEG79).

Ainsi, Paul décrit la parole de Dieu comme “le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints“. Voilà la définition de la parole de Dieu telle que Paul l’a décrite. Les Écritures, quant à elles, ne sont pas un mystère caché de tout temps et dans tous les âges. Mais la parole de Dieu, elle, est un mystère caché de tout temps et dans tous les âges, selon Paul, mais révélé maintenant aux saints. Un discernement est donc nécessaire. En d’autres termes, la parole de Dieu peut se trouver dans les Écritures, mais toute Écriture n’est pas synonyme de parole de Dieu. C’est ce que Paul sous-entend lorsqu’il écrit à Timothée en disant : “Toute Écriture est inspirée (comme un souffle) de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice (droiture), afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre” (2 Timothée 3:16-17 NEG79).

Jésus lui-même s’est intéressé aux Écritures dès son jeune âge (voir Luc 2) et il se référait aux Écritures, car toute l’Écriture est “utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice (droiture), afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre“. Mais Jésus n’a pas fait des Écritures un synonyme de “parole de Dieu”, et il a été clair sur le fait que la vie est en lui, et qu’il est donc nécessaire de venir à lui pour avoir la vie: “Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!” (Jean 5:39-40 NEG79). Avec les Évangiles, aujourd’hui plus que jamais, les Écritures rendent témoignage de Jésus. L’ensemble pointe vers Jésus. Pour nous aujourd’hui, cela signifie venir à l’enseignement et au témoignage que Jésus a rendu à la vérité et que l’on trouve dans les Évangiles. Car beaucoup de ceux qui utilisent l’expression “la parole de Dieu” sans discernement pour parler de la Bible, prennent toutes sortes d’enseignement sans discernement, et sans confronter les choses écrites ou entendues à la vérité qui est en Jésus-Christ. Et il est essentiel de se rappeler que Jésus n’a pas utilisé l’expression “la parole de Dieu” comme synonyme des Écritures. De même, aucun des auteurs du Nouveau Testament ne l’a fait non plus. Ils disent “les Écritures” pour parler des Écritures. Et lorsque Jésus utilise l’expression “la parole de Dieu” en référence à des Écritures, c’est qu’il parle d’un certain passage en particulier, mais tout n’est pas parole de Dieu. Il est bon de ne pas oublier la parole de Jésus aux Sadducéens : “Vous êtes dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu” (Matthieu 22:29 NEG79). Et le terme original eido traduit par comprendre signifie voir, discerner, connaître et comprendre. Une bonne compréhension et un bon discernement des Écritures est donc nécessaire pour éviter d’être dans l’erreur, mais aussi en ce qui concerne la puissance de Dieu.

Que l’expression “la parole de Dieu” soit utilisée avec discernement et non comme un synonyme de la Bible. Dire de la Bible qu’elle est la parole de Dieu n’est pas une parole de Dieu et c’est précisément la Bible qui permet de le savoir…

Jésus a prié le Père en disant : “Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité” (Jean 17:17 NEG79) Ainsi, toute parole non conforme à la vérité ne peut pas contribuer à la sanctification, car seul ce qui appartient à la vérité sanctifie. Et Jésus a dit à Pilate: “Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix” (Jean 18:37 NEG79).

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