Sagesse véritable : bonne conduite et actes empreints d’humilité

Lorsqu’on pense à la sagesse, il y a toutes sortes d’idées qui peuvent être présentes et par lesquelles on qualifie la sagesse dans le monde. Bien souvent cette sagesse s’avère une sagesse tout humaine et parfois opposées à ce que Dieu considère comme sage. Ainsi, si l’on prend le livre des proverbes (de Salomon) qui se veut comme un recueil de sagesse, on y trouve à la fois des paroles de sagesse véritable “Car l’Éternel donne la sagesse, et ce sont ses paroles qui procurent la connaissance et l’intelligence” (Proverbe 2:6 BDS), mais on y trouve aussi : “N’hésite pas à corriger le jeune enfant; si tu lui donnes des coups de bâton, il n’en mourra pas” (Proverbe 23:13 BDS). On imagine difficilement Jésus enseigner à corriger les enfants à coups de bâton, et cette idée se trouve même à l’opposé de tout l’enseignement que Jésus a démontré par sa propre vie. C’est pourquoi il a aussi enseigné “quiconque reçoit en mon nom un petit enfant comme celui-ci, me reçoit moi-même. Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspende à son cou une meule de moulin, et qu’on le jette au fond de la mer” (Matthieu 18:5-6 NEG79). Non, les coups de bâton ne conduisent pas les enfants à l’amour, bien au contraire, cela endurcit leur cœur en produisant une obéissance par la crainte. Mais l’amour bannit la crainte. La référence en terme de sagesse se doit d’être Jésus-Christ. C’est pourquoi Jésus s’est exprimé en disant: “La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec les hommes de cette génération et les condamnera, parce qu’elle vint des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon; et voici, il y a ici plus que Salomon” (Luc 11:31 NEG79). Jésus-Christ est la sagesse de Dieu. C’est ce que Paul relève aussi lorsqu’il écrit: “En lui (Christ) se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance” (Colossiens 2:3 BDS).

La sagesse de Jésus était perceptible parmi ceux qui l’entendaient (cf. Matthieu 13:54, Luc 2:40, 2.52). Mais face à certains qui se prenaient pour des sagesses et ne comprenait pas l’œuvre de Jésus parmi les gens dit de mauvaises vie, Jésus s’est exprimé en disant: “Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent: C’est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sagesse a été justifiée par ses œuvres” (Matthieu 11:19 NEG79). La vie de Jésus est une démonstration de la sagesse véritable sur laquelle Jacques s’est appuyé en écrivant: Y a-t-il parmi vous quelqu’un de sage et d’expérimenté ? Qu’il en donne la preuve par sa bonne conduite, c’est-à-dire par des actes empreints de l’humilité qui caractérise la véritable sagesse. Mais si votre cœur est plein d’amère jalousie, si vous êtes animés d’un esprit querelleur, il n’y a vraiment pas lieu de vous vanter ; ce serait faire entorse à la vérité. Une telle sagesse ne vient certainement pas du ciel, elle est de ce monde, de l’homme sans Dieu, elle est démoniaque. Car là où règnent la jalousie et l’esprit de rivalité, là aussi habitent le désordre et toutes sortes de pratiques indignes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est en premier lieu pure; de plus, elle aime la paix, elle est modérée et conciliante, pleine de compassion ; elle produit beaucoup de bons fruits, elle est sans parti pris et sans hypocrisie. Ceux qui travaillent à la paix sèment dans la paix une semence qui produira un fruit conforme à ce qui est juste” (Jacques 3:13-18 BDS).

Ainsi, à l’image de Jésus-Christ, la sagesse véritable est caractérisée par des actes empreints d’humilité et par une bonne conduite. Jacques rend attentif que là où il y a de la jalousie et de la rivalité, il n’y a pas de sagesse. Il va jusqu’à parler d’une “sagesse” démoniaque. Il y a même avec de la jalousie et de la rivalité du désordre et toutes sortes de pratiquent indignes. Aussi est-il écrit: “Je détruirai la sagesse des sages,
Et je rendrai nulle l’intelligence des intelligents. Où est le sage? où est le scribe? où est le raisonneur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, il a plu à Dieu dans sa sagesse de sauver les croyants par la folie de la prédication” (1 Corinthiens 1:19-21 NEG79) “Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. Aussi est-il écrit: Il prend les sages dans leur ruse. Et encore: Le Seigneur connaît les pensées des sages, Il sait qu’elles sont vaines” (1 Corinthiens 3:19-20 NEG79).

La manière dont l’amour agit est une folie aux yeux du monde, mais c’est la sagesse de Dieu. Dieu est amour. L’amour n’agit pas par le moyen de la crainte. “La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour” (1 Jean 4:18 NEG79). Il est fondamental de revisiter à la lumière de Jésus-Christ ce que le monde et les hommes appellent “sagesse”, car la sagesse des hommes est bien souvent une folie aux yeux de Dieu. C’est pourquoi “Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse” (Proverbe 3:5 NEG79). Etsi quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée” (Jacques 1:5 NEG79). Et face à l’adversité, “mettez-vous donc dans l’esprit de ne pas préméditer votre défense; car je vous donnerai des paroles et une sagesse telles que vos adversaires ne pourront leur résister ou les contredire” (Luc 21:14-15 NEG79). C’est ainsi que dans le livre des Actes on observe Étienne rempli d’une sagesse et d’un Esprit auxquels ses interlocuteurs ne pouvaient résister (cf. Actes 6). Le moyen de la foi en Dieu apparaît souvent (ou toujours?) comme une folie aux yeux des hommes, mais ce moyen est la sagesse de Dieu.

C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous; nous demandons que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients.” (Colossiens 1:9-11 NEG79)

La crainte adhère au châtiment

33533398575_9ce42bb209_kDans la première lettre de Jean, qui est une aide pour déceler les hérésies, l’amour avec ses caractéristiques y est décrit comme caractéristique de la connaissance de Dieu et de la vérité à son sujet. C’est pourquoi Jean écrit : “Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme un apaisement[1] pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. Nous connaissons que nous demeurons en lui, et qu’il demeure en nous, parce qu’il nous a donné de son Esprit. Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui déclarera publiquement que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (1 Jean 4:7-16 ~NEG79).

En effet, ces choses s’accordent avec les paroles de Jésus : “Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu” (Jean 3:16-21 NEG79).

Le “périssement” des hommes est déjà présent dans le monde. Le jugement par lequel les hommes sont jugés provient de leurs croyances appartenant aux ténèbres, qui produisent leurs œuvres mauvaises, et à cause desquelles ils ne viennent pas à la lumière et préfèrent les ténèbres, poussés par le désir que leurs œuvres mauvaises soient cachées. Dieu n’est pas dans l’ignorance des œuvres de chacun, et il n’est pas dans l’ignorance de ce qu’il se passe dans les ténèbres (cf. Psaume 139:11-12, Luc 12:2, Hébreux 4:13, Daniel 2:22). Mais celui qui agit selon la vérité fait des œuvres appartenant à la lumière, et de telles œuvres sont faites en Dieu, par Dieu, avec Dieu, à l’exemple du Fils de Dieu. Comme le Fils de Dieu, Jésus-Christ, l’a clairement exprimé : “Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé” (Jean 5:22-23 NEG79), “Vous jugez selon la chair; moi, je ne juge personne” (Jean 8:15 NEG79). Le Père céleste ne juge personne, le Fils non plus. Et tout le jugement que le Père a remis au Fils consiste à avoir un discernement clair entre ce qui appartient à la vérité et ce qui ne lui appartient pas, entre ce qui est conforme au Père et ce qui ne l’est pas, afin que lorsque le Fils prononce un jugement, c’est-à-dire lorsqu’il donne une opinion concernant toute chose, son jugement ne soit pas un jugement des personnes, mais un verdict concernant les manières de penser, les croyances des uns et des autres. Les hommes suivent les unes ou les autres manières de penser. Mais l’opinion donnée par le Fils concernant toute chose est conforme à la vérité qui est dans le Père. C’est pourquoi Jésus s’est exprimé en disant : “Et si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul; mais le Père qui m’a envoyé est avec moi” (Jean 8:16 NEG79). Le jugement du Fils est dans l’amour, par amour et pour l’amour. C’est pourquoi, “en professant la vérité dans l’amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ” (Ephésiens 4:15 NEG79). Dans le livre des proverbes, on trouve cette parole :Voici encore ce qui vient des sages: Il n’est pas bon, dans les jugements, d’avoir égard aux personnes” (Proverbes 24:23 NEG79). C’est pourquoi Jésus n’a pas jugé ni condamné, par exemple, les pharisiens et les sadducéens, mais il a clairement mis en garde contre leurs enseignements, leurs fausses manières de penser, car “un peu de levain fait lever toute la pâte” (cf. Matthieu 16:11-12, Marc 8:15, Galates 5:9).

XKivj-900x562Dans la première lettre de Jean, il est écrit ensuite: “Tel il (Jésus-Christ) est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:17-19 NEG79). Il est écrit plus haut que Dieu est amour et ensuite ci-dessus que la crainte n’est pas dans l’amour. Le terme pour crainte est phobos qui signifie la peur, la terreur, la crainte. Le verbe correspondant est phobeo qui a le sens d’avoir peur, de s’enfuir, de faire fuir en terrifiant. De telles caractéristiques ne sont pas en Dieu. Il y a deux termes derrière le verbe bannir, il y a ballo qui signifie jeter ou laisser tomber une chose sans se préoccuper de l’endroit de la chute, suivi de exo qui signifie dehors, à l’extérieur. Ainsi, l’amour parfait abandonne la crainte et la laisse dehors. Le terme traduit par supposer est echo qui signifie avoir dans le sens de posséder, et le sens de se trouver ou se tenir soi-même de telle ou telle manière, mais il a aussi le sens de s’attacher à une chose, adhérer à, s’accrocher à. Le terme traduit par châtiment est kolasis qui signifie correction mais dans le sens de punition, de châtiment, de pénalité. Ainsi, la lettre de Jean révèle que celui qui vit dans la crainte est attaché au châtiment, à la punition. En d’autres termes, celui qui vit dans la crainte ne pardonne pas mais réclame un châtiment, il adhère à la punition, il y est favorable. Celui qui vit dans la crainte espère et souhaite le châtiment de ses ennemis. Mais celui qui est la vérité conforme au Père céleste a enseigné : “Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez: Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent” (Luc 6:27-28 NEG79). Typiquement, c’est par le châtiment des fautifs que celui qui vit dans la crainte croit faussement qu’il pourra sauver sa propre vie et se protéger du mal, sans même avoir conscience que, ainsi, il perpétue le mal en y participant lui-même. Celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Par ce qui est écrit dans la première lettre de Jean, nous comprenons que :

Il n’y a pas de châtiment dans l’amour.

Le châtiment existe en dehors de l’amour. C’est pourquoi celui qui vit dans l’amour ne craint pas de châtiment au jour du jugement (séparation, opinion donnée concernant toute chose), parce qu’il connait les caractéristiques de l’amour. Dieu est amour. Dieu sauve. C’est Jésus-Christ qui l’a fait connaître. Le châtiment existe et il est pratiqué parmi ceux qui ne vivent pas selon l’amour, mais qui vivent dans la crainte et dans les ténèbres, selon les caractéristiques du père du mensonge en qui il n’y a pas de vérité et qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44, Matthieu 8:28-29). Celui qui châtie ne connaît pas l’amour avec ses caractéristiques. De même, la persécution de qui que ce soit vient par ceux qui vivent dans la crainte, parce qu’ils ne connaissent pas l’amour. Ils ne connaissent pas l’amour parce qu’ils ne connaissent pas Dieu, le Père qui a envoyé son fils Jésus-Christ (cf. Jean 15:20-21). Et ils ne connaissent pas le Père parce qu’ils ne connaissent pas le Fils qui a révélé le Père qui l’a envoyé.

Ainsi, si nous constatons encore une soif quelconque de châtiment, il est important de s’interroger sur les craintes présentes, car cette soif de châtiment n’est pas en Jésus-Christ, ni dans le Père céleste qui l’a envoyé. Et en cas de crainte, quelle qu’elle soit, elle est un indicateur qu’il est nécessaire d’avoir une plus grande révélation de l’amour de Dieu. C’est un amour à connaître et à se saisir avec foi. En sorte que comme Jean, le constat devienne : “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (1 Jean 4:16 NEG79).

Que la grâce, la miséricorde et la paix soient avec vous de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père, dans la vérité et l’amour!” (2 Jean 1:3 NEG79)

[1] Le terme original est hilasmos qui signifie apaisement, propitiation, le moyen d’apaiser. Ce terme est utilisé uniquement dans 1 Jean 2:2 et 4:10. Malheureusement, influencées par la tradition, de nombreuses versions dont la NEG1979, LSG, SG21, Colombe, TOB ont traduit par “victime expiatoire“, ou “sacrifice” comme la PDV, BFC, amenant certains parallèles avec la loi de Moïse qui sont trompeurs. D’autres versions comme la Bible du Semeur ont traduit hilasmos par “apaiser la colère de Dieu“, alors qu’il n’est pas parlé de colère de Dieu ni dans le terme original ni dans ces versets en questions. Par la vérité qui est en Jésus-Christ, il va de soi que ce n’est pas Dieu qui avait besoin d’être apaisé pour nos péchés, mais ce sont les hommes qui ont besoin d’un apaisement concernant leurs péchés et concernant ceux du monde entier. Dieu est Esprit et le fruit de l’Esprit c’est la paix (cf. Galates 5:22, Romains 4:17). L’opposé de la paix, c’est précisément la colère, l’irritation, et il est important de noter que la loi produit la colère (cf. Romains 4:15). De plus, l’enseignement de Jésus concernant la colère est clair, celui qui se met en colère contre son frère sera lié au jugement, sujet au jugement et responsable de jugement (cf. Matthieu 5:22). C’est là le sens du verbe echonos utilisé dans ce verset. L’amour ne s’irrite pas (cf. 1 Corinthiens 13:5). Dieu est amour. Aussi, c’est une erreur de projeter sur Dieu l’irritation/colère qui habite les hommes ignorants les caractéristiques de l’amour et ne connaissant pas Dieu (cf. 1 Jean 4:8). Dieu n’est pas à l’image des hommes du monde, mais Jésus-Christ est à l’image du Père céleste.

La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_oBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix” (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est “soteria” (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: “Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie” (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est “eirene” (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme “eirene” inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne” (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Romains 1:7 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur” (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Galates 1:3 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Ephésiens 1:2 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix” (Philippiens 1:2 BDS).
  • ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix” (Colossiens 1:2 BDS).
  • Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées” (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix” (1 Timothée 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix” (2 Timothée 1:2 BDS).
  • Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix” (Tite 1:4 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  •  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées” (1 Pierre 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur” (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et “imméritable” (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: “Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée” (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: “Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde” (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: “Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu” (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par “déclarés justes” est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: “Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité” (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: “Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul” (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés” (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: “Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus” (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. “Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: “Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père” (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient” (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit “oui” en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, “agir” par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: “Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits” (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: “La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par “bonté” signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: “Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi” (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : “A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen!” (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La confiance en Dieu: clé de toute joie et de la paix divine

ConfianceA l’approche de la fin de sa lettre aux Romains, Paul exprime ceci:

Que Dieu, qui est l’auteur de l’espérance, vous comble de toute joie et de sa paix par votre confiance en lui. Ainsi votre cœur débordera d’espérance par la puissance du Saint-Esprit” (Romains 15:13 BDS).

Il y a toujours beaucoup de substance dans ce que Paul exprime. Ici, il rappelle que Dieu est l’auteur de l’espérance. L’espérance est ce sentiment de confiance en l’avenir, qui porte à attendre avec confiance la réalisation de ce qu’on désire. De nos jours, dans l’utilisation courante du terme “espérance”, la tendance est d’entendre ce terme comme empreint d’incertitude, et non de confiance, mais ce n’est pas là la définition du mot. Ce qui permet de nourrir l’espérance, dans sa véritable définition, est notamment la garantie de l’amour inconditionnel de Dieu démontrée en Jésus-Christ (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu). Et Paul dit d’ailleurs ceci au chapitre 8 : “Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui?” (Romains 8:32 NEG79). Dieu désire effectivement tout nous donner avec son Fils, Jésus-Christ, qui a démontré par sa vie à quoi ressemble ce que Dieu donne. Toutefois, il faut faire attention ici avec cette pensée exprimée par Paul disant “Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous…“. Cette affirmation, en faisant passer le Père pour un complice de meurtre, fait apparaître des caractéristiques au sujet du Père qui s’opposent à la vérité qui est en Jésus-Christ. Jésus a été très clair en disant: “En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père” (Jean 10:18 BDS). “Le voleur vient seulement pour voler, pour tuer et pour détruire. Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante.” (Jean 10:10 BDS)

Après le rappel que Dieu est l’auteur de l’espérance, Paul insinue ceci:

C’est par la confiance en Lui, que Dieu nous comble de toute joie et de sa paix.

La confiance en Lui est ce qui donne accès à la grâce de Dieu, faveur imméritée et “imméritable”. En réalité, placer sa confiance en Dieu c’est croire à sa bonté et à sa fidélité. Aussi:

Faire confiance à Dieu, c’est croire à son intégrité.

Confiance 2Ne pas lui faire confiance c’est la remettre en doute. Mais l’amour n’est pas susceptible, ni irritable, et Dieu est amour. Et il nous est dit par Paul que Dieu comble de toute joie et de sa paix celui qui a confiance en Lui. Faire confiance à Dieu est un choix délibéré, sans aucune notion de mérite. Ainsi, l’amour inconditionnel de Dieu peut s’exprimer par sa grâce, sans mérite, en réponse à la confiance en Lui (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu). C’est là un encouragement de plus puisque toute joie et la paix de Dieu ne sont pas le résultat de ce que nous pouvons produire par nous-mêmes. Et ainsi, rempli de toute joie et de la paix divine, notre cœur déborde réellement d’espérance, de confiance en l’avenir, par la puissance du Saint-Esprit. Dieu est Esprit.

Le Fils, Jésus-Christ, est celui qui a fait connaître le Père, le seul vrai Dieu. C’est par la confiance dans le Fils au sujet du Père que nous parvenons à la confiance dans le Père. C’est pourquoi, Pierre, qui en a aussi fait l’expérience, confirme cette réalité d’une joie glorieuse que procure la confiance dans le Fils, lorsqu’il dit : “Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d’une joie glorieuse qu’aucune parole ne saurait exprimer, car vous obtenez votre salut qui est le but de votre foi.” (1 Pierre 1:8-9 BDS).