La mort et la vie: au pouvoir de la langue – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

L’apôtre Jacques qui écrit à une église avec apparemment un bon nombre de croyants qui sont au stade d’enfant dans leur union avec le Christ, va souligner la puissance des paroles dans le sens du bien comme dans le sens du mal: De la même bouche sortent bénédiction et malédiction. Mes frères, il ne faut pas qu’il en soit ainsi” (Jacques 3:10 BDS). Jacques dit même que les paroles donnent une indication de maturité dans l’union avec le Christ:Celui qui ne commet jamais de faute dans ses paroles est un homme parvenu à l’état d’adulte, capable de maîtriser aussi son corps tout entier” (Jacques 3:2 BDS). 

Mortetvie6De même, Paul invite les Ephésiens à prendre soin de leurs paroles, notamment envers les autres:Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent. N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu car, par cet Esprit, Dieu vous a marqués de son sceau comme sa propriété pour le jour de la délivrance finale” (Ephésiens 4:29-30 BDS). Paul laisse même comprendre ici que ce sont nos paroles qui ont le potentiel d’attrister le Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu est l’Esprit de vérité, la vérité est la Parole de Dieu, et c’est Jésus qui est la vérité, la Parole de Dieu faite homme. Jésus n’a dit que la vérité, la vérité se trouve en Christ, elle l’habitait. Il a démontré ce que la vérité dit et aussi, ce qu’elle ne dit pas mais que les hommes ont prétendu que Dieu dit… Il a démontré ce que la vérité fait et aussi, ce qu’elle ne fait pas mais que les hommes ont prétendu que Dieu fait… Des paroles blessantes dans leurs intentions et dépourvues de bonté sont à l’opposé de la vérité. Elles sont à l’opposé de la valeur des hommes aux yeux de Dieu. Elle sont à l’opposé de son amour qui l’a amené jusqu’à donner sa vie pour nous alors que nous étions encore des pécheurs (cf. Romains 5:7-8), c’est-à-dire hostiles à Dieu et commettant le mal. Des paroles qui ramènent la vérité qui est en Christ au sujet des hommes et de leur valeur véritable que Dieu a démontrée en Christ jusqu’à la croix, ces paroles aident à grandir dans la foi. Ces paroles aide à grandir dans la confiance en Dieu, à cause de son amour et de sa bonté véritable démontrée par l’enseignement et la vie de Christ. Ce sont des paroles qui parlent de l’amour de Dieu et de la réalité de sa grâce qui amènent le changement du cœur (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Ces paroles sont la vérité qui rend libre. Ces paroles sont la vérité qui délivre du péché en tant que force agissante dans la nature de l’homme, et le délivre de l’œuvre du mal dans sa vie et à travers sa vie. Ceci se passe pour celui qui croit ces paroles conformes à la vérité qui est en Christ. Jésus a dit lui-même à ses disciples : “Vous aussi, vous avez déjà été purifiés grâce à l’enseignement que je vous ai donné (Jean 15:3 BDS). C’est aussi pourquoi, Paul dit aux Colossiens:Que votre parole soit toujours empreinte de la grâce de Dieu et pleine de saveur pour savoir comment répondre avec à-propos à chacun” (Colossiens 4:6 BDS). Il s’agit de démontrer la bonté de Dieu, mais:

On ne peut démontrer la bonté de Dieu aux autres, seulement à la mesure de notre propre révélation et expérience personnelle de sa bonté.

La confiance en Dieu vient de la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ. C’est cette connaissance, si elle est correcte, qui amène une connaissance intime de l’amour de Dieu. La connaissance correcte nous est donnée à travers Jésus-Christ qui est la vérité (cf. Jean 14:6). Et “la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ (Romains 10:17 BDS). La parole du Christ est la parole véritable conforme à la vérité au sujet de Dieu, au sujet des hommes et des réalités de ce monde visible (terrestre) qui est régi par des réalités invisibles (célestes). La foi, cette confiance en Dieu, vient donc des paroles que l’on entend, pour autant que ces paroles soient la vérité, c’est-à-dire qu’elles s’appuient sur la parole du Christ. Car cette parole du Christ, la parole de vérité au sujet de Dieu et des hommes, n’avait pas été dites avant Jésus. La parole dite avant lui par les hommes au nom de Dieu, était mélangée avec une pensée toute humaine. Jésus a été clair en disant: “Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs (kleptes qui signifie celui qui détourne, nom utilisé pour les faux enseignants qui n’ont pas soin d’instruire mais abusent de la confiance pour leur propre gain) et des brigands. Mais les brebis (ses disciples) ne les ont pas écoutés” (cf. Jean 10:8 BDS). Il s’agit donc de croire ce que Christ a révélé concernant Dieu, mais que le monde, y compris les plus grands hommes de Dieu, n’avait pas compris avant sa venue. Ils ne le comprenaient pas, à cause d’une pensée modelée par le monde visible qui reflète l’œuvre du mal. Aujourd’hui encore, nombreux sont les croyants qui voient leur cœur rempli de doutes. En général, ces doutes proviennent du message qu’ils ont entendu, qu’ils continuent d’entendre autour d’eux, et qu’ils croient et continuent de croire. Le message qu’ils entendent et croient ne suscite pas la foi. C’est un message souvent mélangé et qui s’appuie en partie sur ce qu’on dit les hommes de l’Ancien Testament, au lieu de s’appuyer pleinement sur la parole du Christ. Christ est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10:9-11). Nombreux sont les croyants qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent dans l’Ancien Testament et ne discernent pas les pensées toutes humaines mélangées à la pensée de Dieu. Alors qu’il venait d’aborder le retour du Seigneur et l’importance d’être pur et sans reproche devant Dieu, et d’être dans la paix qu’il donne, Pierre avait déjà fait le constat suivant: “Comprenez bien que la patience du Seigneur est le salut des hommes. Paul, notre frère bien-aimé, vous l’a aussi écrit avec la sagesse que Dieu lui a donnée. Il l’a fait comme dans toutes ses lettres, où il aborde ces sujets. Certes, il s’y trouve des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies déforment le sens, comme elles le font aussi – pour leur propre ruine – des autres textes de l’Écriture” (2 Pierre 3:15-16 BDS).

Mortetvie7Ainsi, l’esprit de ces croyants est dans la confusion à cause de leur incompréhension de l’Ancien Testament, parce qu’ils ne le lisent pas avec les lunettes de la vérité que Christ a révélée (voir aussi 2 Corinthiens 3:14). Ils n’arrivent pas à discerner, ni même à croire que certaines perspectives étaient tordues par une manière de penser tout humaine, qui attribue à Dieu le mal et place dans sa bouche des paroles de malédiction contre les hommes. De tels croyants restent dans l’ignorance parce qu’ils n’ont pas la foi, et ils n’ont pas la foi parce que le message qu’ils entendent et croient n’est pas celui de la grâce démontrée en Christ (cf. 1 Timothée 1:13-14). Pourtant Jésus a démontré la vérité concernant Dieu. Il a démontré que Dieu n’est pas un voleur qui vient pour voler, pour tuer et pour détruire (cf. Jean 10:10), mais que Dieu donne la vie, il délivre, libère, restaure, guérit, rétablit. En résumé: Dieu sauve (Yeshua). L’apôtre Jean dit que Jésus leur a clairement dit qu’il n’y a aucune trace de ténèbres en Dieu (cf. 1 Jean 1:5). L’idée du mal n’est même pas en Dieu. L’Amour ne conçoit pas le mal et il n’en tient pas compte (cf. 1 Corinthiens 13:5). Ce n’est pas pour rien que lorsque Jésus s’entretient avec Elie (représentant des prophètes) et Moïse (représentant de la loi de Moïse avec ses prescriptions données en marge du décalogue), le Père fait entendre sa voix à Pierre, Jacques et Jean qui sont présents et leur dit: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie. Ecoutez-le!” (Matthieu 17:5 BDS, Marc 9:7, Luc 9:35). Contrairement à tout homme de Dieu avant lui, il n’y avait aucun mensonge en Christ, rien de corrompu dans sa nature. Sa manière de penser était totalement conforme à Dieu. Toutes ses paroles correspondaient à l’intention de Dieu, et il n’a fait que les œuvres du Père. C’est pourquoi c’est Jésus que le Père souhaite que nous écoutions attentivement. Il a enseigné et démontré une image totalement correcte de Dieu. C’est à travers Christ que la vérité qu’il a révélée met en lumière les mensonges de l’ennemi au sujet de Dieu. Lorsque la vérité est rétablie au sujet de Dieu, la confiance en Lui est présente, car Dieu est amour et il n’y a pas de mal en lui.

La confiance en Dieu est à la mesure de la connaissance de la vérité à son sujet.

Au début de sa lettre, Jacques souligne déjà la réalité de la grâce de Dieu et comment on y accède: “Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche. Il faut cependant qu’il la demande avec foi, sans douter, car celui qui doute ressemble aux vagues de la mer agitées et soulevées par le vent. Qu’un tel homme ne s’imagine pas obtenir quoi que ce soit du Seigneur. Son cœur est partagé, il est inconstant dans toutes ses entreprises” (Jacques 1:5-8 BDS). Jacques est très clair sur le fait que le doute, l’absence de foi, est l’obstacle qui empêche de recevoir ce qu’on demande (voir aussi Le doute: conséquence d’un cœur partagé). Il est important de relever que Dieu donne à tous sans faire de reproche ! Jacques souligne ici que la problématique du fait de ne pas recevoir est du côté du demandeur et non du côté de la volonté de Dieu (voir aussi Jacques 3:1-4). C’est rempli d’amour pour les hommes que la préoccupation principale de Jésus, en pensant à son retour, c’est: “Alors, pouvez-vous supposer que Dieu ne défendra pas le droit de ceux qu’il a choisis et qui crient à lui jour et nuit, et qu’il tardera à leur venir en aide? Moi je vous dis qu’il défendra leur droit promptement. Seulement, lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre?” (Luc 18:7-8 BDS). Jésus laisse aussi comprendre que le fait de voir Dieu tarder à agir, ne vient pas de la volonté de Dieu qui, de plus, agit promptement, mais le problème est au niveau de l’absence de foi… A noter: Il est important d’entendre ces choses sans recevoir de la culpabilité, mais dans une perspective de chercher à connaître la vérité qui donne accès à toute la plénitude qui vient de Dieu et qui se trouve en Christ (cf. Colossiens 2:10, 2:3). Car cette plénitude ne peut être vécue uniquement par le moyen de la foi et pas autrement. L’incrédulité des hommes est malheureusement ce qui les maintient sous le pouvoir du dominateur de ce monde, alors qu’il est déjà condamné (cf. Jean 16:11) et que Christ a désarmé toute Autorité et tout Pouvoir à la croix (cf. Colossiens 2:13-15). A noter, Paul illustre cette réalité, en disant que l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements a été annulé à la croix. Paul le verbalise ainsi parce qu’il regarde les choses avec les lunettes des prescriptions de Moïse. En vérité, c’est l’effacement (pardon) des péchés qui permet la vie et Christ a enseigné et démontré le pardon déjà avant sa mort sur la croix (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés). Mais le don de sa vie jusqu’à la croix, sans aucune manifestation à l’encontre de ses ennemis, démontre le pardon de Dieu de manière puissante et indéniable.

Mortetvie8Les disciples se sont réjouis de constater que même les démons leur étaient soumis, lorsqu’ils leur donnaient des ordres au nom de Jésus (cf. Luc 10:17). Mais lorsqu’ils n’ont pas réussi à guérir un épileptique, Jésus s’exprime à toutes les personnes présentes et leur dit: “Génération incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? Jusqu’à quand devrai-je vous supporter? Amenez-le-moi ici” (Matthieu 17:17 SG21). Ici aussi, il faut entendre ce que Jésus dit avec les caractéristiques de l’amour et avec le sens de ce qu’il dit. Jésus relève ici que cette génération est sans foi (incrédule), c’est-à-dire incroyante et sans confiance en Dieu. Ce n’est pas une dévalorisation de ses auditeurs, mais c’est un cri du cœur de Jésus qui soupire à ce que les hommes croient à ce qu’il leur dit, et qu’il leur démontre concernant Dieu, et concernant son règne et sa justice, afin que les hommes soient délivrés de l’œuvre du diable. Jésus dit que cette génération est pervertie, c’est-à-dire qu’elle a une manière de penser qui est déformée, corrompue, qui ne correspond pas à la pensée de Dieu. Et c’est la raison de l’absence en eux de la foi, et qui est le moyen qui les sauverait. Rempli d’amour, Jésus se demande jusqu’à quand il sera nécessaire qu’il soutienne et aide cette génération là. Car il sait qu’il ne restera pas indéfiniment au milieu d’eux, et que chaque être humain doit se saisir pour lui-même des clés du règne de Dieu. Mais ces clés impliquent le moyen de la foi, car les réalités qui régissent le monde visible se trouvent dans l’invisible. Jésus sait qu’il devra remonter auprès du Père afin d’envoyer le Saint-Esprit, pour que tout homme qui croit puisse faire les mêmes œuvres que lui, c’est-à-dire détruire les œuvres du diable et cette lutte n’est pas contre des hommes (cf. Ephésiens 6:10-18). Jésus n’est pas entrain de reprendre ses disciples comme le ferait un homme excédé, conduit par une nature sans Dieu. Mais le cœur de Jésus souffre de voir les hommes être incrédules et ne pas réussir à se saisir des réalités du règne de Dieu afin qu’ils soient sauvés. Car l’incrédibilité est ce qui les maintient sous le pouvoir du dominateur de ce monde, ce qui les maintient victimes du mal. Dans ce passage, les disciples n’ont pas compris la problématique de l’incrédulité. Alors, les disciples prirent Jésus à part et le questionnèrent: Pourquoi n’avons-nous pas réussi, nous, à chasser ce démon? Parce que vous n’avez que peu de foi, leur répondit-il (Jésus). Vraiment, je vous l’assure, si vous aviez de la foi, même si elle n’était pas plus grosse qu’une graine de moutarde, vous pourriez commander à cette montagne: Déplace-toi d’ici jusque là-bas, et elle le ferait. Rien ne vous serait impossible” (Matthieu 17:20 BDS). Jésus dit que même un peu de foi est suffisant. Les disciples n’avaient donc même pas eu ce peu de foi en face de l’épileptique. Jésus parle de cette même clé: croire que ce qu’on dit va se réaliser. Jésus a réussi à chasser le démon par le moyen de la foi, mais les disciples n’y sont pas parvenus. La volonté de Dieu c’est de guérir et de libérer, mais les disciples eux n’ont pas réussi cette fois-ci… On peut imaginer que les disciples ont ordonné les mêmes paroles qu’ils avaient déjà utilisées précédemment pour chasser les démons. Ils ont certainement “fait” comme les autres fois. Mais les circonstances étaient un peu différentes. Précédemment Jésus les avaient envoyé guérir les malades et chasser les démons (cf. Matthieu 10), alors que cette fois-ci quelqu’un était venu vers eux en l’absence de Jésus. Ont-ils douté que l’autorité que Jésus leur avait donnée soit toujours valable? Le texte ne nous permet pas de le savoir. Mais il est probable que le cas de l’épileptique devait être plus impressionnant à leurs yeux que ce qu’ils avaient rencontré, semant ainsi le doute dans leur cœur en sorte que leurs paroles n’ont pas eu d’effet. Il y a même de fortes chances pour qu’ils s’y soient pris à plusieurs reprises, s’essayant les uns et les autres. Mais le résultat n’étant pas là, le doute a probablement augmenté même aux fils des essais infructueux des uns et des autres… Dans le récit transmis par Marc (voir Marc 9:14-29), on voit que les disciples étaient en discussion aussi avec la foule et les spécialistes de la loi. Il est aussi probable que cette foule et les spécialistes de la loi n’encourageaient pas les disciples à la foi, mais contribuaient au doute en eux. Même si ce sont là des suppositions, ce qui est clair c’est que le doute semble avoir été général auprès des disciples, car aucun d’eux n’a réussi à guérir l’épileptique, alors que “Jésus menaça le démon, qui sortit de l’enfant, et celui-ci fut guéri à partir de ce moment-là” (Matthieu 17:18 SG21). Jésus a clairement démontré ici que la volonté de Dieu est de guérir, mais les disciples eux n’ont pas réussi à le faire cette fois-ci… Le problème n’était pas au niveau de la volonté de Dieu: “Car il veut que tous les hommes soient sauvés (délivrés, libérés, restaurés, rétablis, guéris, bénis) et parviennent à la connaissance de la vérité” (1 Timothée 2:4 BDS). Le problème était au niveau de l’absence de foi des disciples…

A suivre…

La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_oBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix” (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est “soteria” (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: “Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie” (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est “eirene” (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme “eirene” inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne” (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

La foi sans les actes: méconnaissance de la vérité et/ou incrédulité

Dans la lettre qu’il adresse aux douze tribus dispersées du peuple de Dieu, alors qu’il dénonce le favoritisme Jacques écrit: “Mes frères, à quoi servirait-il à un homme de dire qu’il a la foi s’il ne le démontre pas par ses actes? Une telle foi peut-elle le sauver?” (Jacques 2:14 BDS). Ce que Jacques évoque dans ce deuxième chapitre peut laisser croire faussement qu’il n’est pas en accord avec ce que dit Paul, lorsqu’il parle aussi d’être sauvé. Dans sa lettre aux Ephésiens Paul écrit: “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter” (Ephésiens 2:8-9 BDS).

Il peut être bon de souligner que dans ces deux passages, Paul et Jacques ne sont pas en train de parler de la partie du salut qui consiste à la vie après la mort. Ces deux passages parlent du présent, d’être sauvé du péché dans le quotidien. On parle d’être libéré de la loi du péché qui pousse à commettre le mal indésirable et empêche de faire le bien désiré. Il s’agit de ce qui empêche d’aimer véritablement son prochain.

La foi c’est la confiance en Dieu et en ce qu’il a dit.

foi & actions 4Lorsqu’on parle de la foi, il faut entendre: confiance en la personne de Dieu qui inclue la confiance en ce qu’il a dit. Paul dit clairement aux Ephésiens que ce n’est pas le résultat d’efforts et par des moyens humains que nous sommes sauvés, c’est-à-dire libérés du péché (en terme de force agissante). En réalité, ce que dit Paul est aussi valable pour ce qui est de la résurrection et de l’éternité. La différence pour ce qui est de la vie après la mort est que le constat de cette partie du salut par la foi ne se fait pas de notre vivant. Il n’est pas possible de vérifier ici-bas la validité des promesses de Dieu concernant cette partie du salut qui touche à la vie après la mort. Par contre, pour la partie du salut qui concerne la libération de la loi du péché, qui a pour résultat une vie juste et sainte, le constat est direct. Il en est de même pour toutes les promesses et les aspects du Royaume de Dieu qui sont déjà pour aujourd’hui, tel que Christ les a démontrées.

Jacques laisse entendre dans sa lettre que si la foi est présente chez quelqu’un, ses actions le démontrent forcément, ce n’est pas possible autrement. La foi en la vérité qui est en Jésus-Christ est ce qui libère de la loi du péché. Cette libération n’est effectivement pas le résultat d’efforts, ni d’un accomplissement de quelque chose à faire, mais la conséquence de connaître et de croire la vérité de la grâce de Dieu qui est: Dieu ne tient “plus” compte de nos fautes et de nos péchés (cf. Hébreux 10), il ne nous traite pas selon ce que méritent nos fautes (cf. Psaumes 103:10), Christ l’a enseigné et démontré, jusqu’à sa mort à la croix. Jacques écrit au début du chapitre: “Mes frères, gardez-vous de toutes formes de favoritisme: c’est incompatible avec la foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ” (Jacques 2:1 BDS). Le favoritisme consiste à faire une différence entre les gens dans la manière dont on les considère.

Toutes formes de favoritisme est incompatible avec la foi.

foi & actions 6Il dit ceci parce que le favoritisme est simplement incompatible avec la grâce de Dieu, faveur imméritée et “imméritable” envers tous, et qui est donnée en Jésus-Christ. Dieu lui-même ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2), il traite tout le monde selon les mêmes critères, “car Dieu a enfermé tout homme dans la désobéissance afin de faire grâce à tous” (Romains 11:32 BDS). Aussi, quelqu’un qui tend à faire une différence entre les gens et à les considérer différemment les uns des autres, démontre par là qu’il ne vit lui-même pas sous le régime de la grâce de Dieu. En réalité, il vit encore sous le régime de la loi de Moïse, c’est-à-dire sous une forme quelconque d’autojustification. Il y a là un signal concernant la vérité. Pourquoi? Parce que quelqu’un qui vit lui-même sous le régime de la grâce ne peut que traiter les autres sans favoritisme ni différence entre les gens, ce régime étant pour tous sans différence entre les gens. Le fait est que chaque individu applique aux autres les mêmes principes sous lesquels il vit lui-même. S’il vit pleinement sous la grâce de Dieu par la foi, il appliquera le principe de la grâce. S’il vit sous le principe du mérite (la loi de Moïse), il traitera les autres en fonction de ce qu’il juge qu’ils méritent, et étant lui-même sous la condamnation de cette même loi, il portera un jugement de condamnation sur les autres.

Ainsi, faire une différence entre les gens est une démonstration de l’absence de foi en la vérité que Christ a démontrée au sujet de l’amour du Père, et du fait qu’il ne fait pas de favoritisme. C’est aussi une démonstration que le don de la justification/droiture n’a pas été saisi par la personne au moyen de la foi. Le don de la justification/droiture n’a pas été reçu par le moyen de la foi chez celui qui traite les gens en faisant une différence entre les uns et les autres. Une fois encore, il est important en toute humilité d’entendre cette indication sans culpabilité. Il y a là une information précieuse pour vérifier la substance de la foi, pour ce qui touche à la justification.

Maintenant, Jacques dit encore: “Il en est ainsi de la foi: si elle reste seule, sans se traduire en actes, elle est morte” (Jacques 2:17 BDS), et en parlant d’Abraham il dit: “Tu le vois, sa foi et ses actes agissaient ensemble et, grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement. Ainsi s’accomplit ce que l’Écriture déclare à son sujet: Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste, et il l’a appelé son ami. Vous le voyez donc: on est déclaré juste devant Dieu à cause de ses actes, et pas uniquement à cause de sa foi” (Jacques 2:22-24 BDS). Le fait est qu’on ne peut pas prétendre avoir la foi et ne pas agir en conséquence de cette confiance en Dieu et dans Sa Parole véritable: Jésus-Christ. La foi ne peut pas être silencieuse et dépourvue d’actions, parce qu’on s’exprime et agit inévitablement en fonction de ce qu’on croit réellement.

Nos actions démontrent la substance de ce qu’on croit.

Croissance d'une pâquerette, fond nature et soleilPar exemple, quelqu’un qui prétend croire que ses péchés sont pardonnés à cause de Jésus-Christ, mais qui, s’il commet une faute demande à Dieu de le pardonner pour la faute commise, démontre qu’en réalité il ne croit pas que ses péchés ont déjà été pardonnés à cause de ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré. En réalité, il démontre qu’il croit qu’il est pardonné en réponse à sa demande d’être pardonné, et pas parce que Dieu est amour et que l’amour pardonne. Ceci démontre qu’il ne croit pas qu’il est déclaré juste par sa foi. Aussi, il agit en conséquence… Dans les faits, il n’a pas confiance dans ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ. La triste réalité est que c’est exactement ce qui maintient un grand nombre de croyants sous la loi du péché et l’esclavage de celui-ci. C’est pour cela que Jean dit à ceux qu’il a amené à la foi en Christ: “Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire (attention le terme original signifie ici un apaisement. La notion de victime est contraire à la parole de Christ) pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. Si nous gardons ses commandements, nous savons par cela que nous l’avons connu” (1 Jean 2:1-3 NEG79). Jean donne ici un rappel de ce que Christ a démontré et son “rôle auprès du Père”. Toutefois Jésus et le Père ne sont qu’un (voir Jean 10:30). Jean ne donne aucune indication de quelque chose à faire pour que ce soit effectif, aucune demande à Dieu pour être pardonné. Et Jean donne même le moyen pour vérifier que le pardon des péchés est bien compris, et donc que la connaissance de Christ est correcte: l’obéissance à ses commandements.

Dans Romains 10, Paul parle de la justice (à comprendre par justification et droiture) reçue par le moyen de la foi et il dit que cette foi s’exprime. “Que dit-elle donc? La Parole de Dieu est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole est celle de la foi, et c’est celle que nous annonçonsEn effet, si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé, car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve” (Romains 10:8-10 BDS).

foi & actions 3Dans ce passage Paul parle de la partie du salut qui touche la vie après la mort et il confirme ce que dit Jacques: la foi et les actes agissent ensemble. L’action ici c’est l’affirmation, c’est-à-dire verbaliser ce qu’on croit. Paul dit que quelqu’un qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste. Ceci est un verdict établi par Dieu, mais sans résultat visible dans ce monde à ce stade. Mais Paul dit que lorsque celui qui croit dans son cœur affirme de sa bouche, alors Dieu le sauve (voir aussi Matthieu 12:37). On peut illustrer cela en disant: Croire a pour conséquence un statut et agir en fonction de ce qu’on croit a pour conséquence l’action de Dieu. C’est ainsi qu’il faut percevoir que la foi qui ne se traduit pas en action est morte, elle ne porte aucun résultat. Croire sans agir en fonction de ce qu’on croit est vain. En ce qui concerne la vie après la mort, l’action est une affirmation verbalisée qui traduit ce qui est cru dans le cœur. Nous avons dans les évangiles un exemple concret de ce passage de Romains 10. En une phrase, le brigand sur la croix démontre à la fois qu’il croit dans son cœur que Dieu va ressusciter Jésus, et il confesse que Jésus est Seigneur: “Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner” (Luc 23:42 BDS). Ce n’est pas par des “œuvres”, un accomplissement de quelque chose, que le brigand est déclaré juste, mais par ce qu’il croit dans son cœur. Son affirmation démontre ce qu’il croit, c’est là une action en fonction de ce qu’il croit. Les péchés de cet homme lui sont déjà pardonnés, sans aucune demande. C’est précisément pour scellé une fois pour toute ce pardon, le fait que Dieu est pour les hommes et pas contre les hommes, que Jésus est cloué à côté de lui. Et la réponse de Jésus à ce que dit le brigand est claire: “Vraiment, je te l’assure: aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis“(Luc 23:43 BDS). On pourrait résumer ainsi:

La foi c’est croire et agir en fonction.

La foi se traduit par des actions parce que tout individu agit en fonction de ce qu’il croit. Le fond de ce que les gens croient est démontré par leurs actions et leurs affirmations. La Bible décrit tout ce que croire en Jésus-Christ produit et qui pourrait se résumer ainsi: la vie de Christ, par Son Esprit, en celui qui croit avec les mêmes œuvres (et même de plus grandes) qu’il a pratiquées lui-même par ce même Esprit (cf. Jean 14:12-13). Jean le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS). Toutes ces choses ne sont pas le fruit d’efforts humains, mais bien l’œuvre de Dieu lui-même, car c’est lui qui produit à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (cf. Philippiens 2:13). Il fait cela par son Esprit, qui est donné à celui qui croit en la Bonne Nouvelle de la grâce en Jésus-Christ (cf. Galates 3:5). La totalité de ce que Dieu fait et donne est le fruit de sa grâce, faveur imméritée et “imméritable”. Le moyen d’y accéder est celui de la foi: croire dans son cœur ce que Dieu a dit en Christ et agir en fonction de ce qu’on croit. Le piège pour de nombreux croyants, c’est lorsqu’ils essaient de vivre comme Christ a vécu et qu’il attend de ses disciples (parce que Jésus sait ce que la vérité produit), mais sans discerner que s’ils n’y arrivent pas, ce n’est pas à cause d’un manque d’efforts, de volonté ou de prière, mais par méconnaissance de la vérité concernant la justification/droiture, ou parce qu’ils ne croient pas cette vérité de la justification/droiture par le seul moyen de la foi*. Ils pourront toutefois expérimenter des dons de l’Esprit (1 Corinthiens 12) mais le fruit de l’Esprit (Galates 5:22-23) sera très peu présent. Ils pourront expérimenter les trésors surabondants de la grâce de Dieu dans de nombreux domaines de leur vie, où ils ont confiance dans les promesses de Dieu sans faire intervenir le mérite. Mais ils ne pourront pas expérimenter pleinement la vie juste et sainte, ni l’entière protection de Dieu que produit la vérité de la justification/droiture saisie par le moyen de la foi (voir aussi La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu). Et, surtout ils n’arriveront pas à aimer véritablement leur prochain, d’autant plus si ce prochain est leur ennemi, ou si ce prochain mène une vie caractérisée par le péché. Même un frère ou une sœur dans la foi qui ferait une faute leur sera détestable.

Ainsi, lorsque quelqu’un prétend avoir la foi en Jésus-Christ et que ses actions ne démontrent pas les réalités que la Bible décrit comme conséquences de la foi, cela indique deux possibilités:

  • une méconnaissance de la vérité: la personne croit quelque(s) chose(s) concernant Dieu, Jésus-Christ, et les choses de Dieu qui est inexact, imprécis, ou qui n’est simplement pas la vérité. Il peut aussi s’agir simplement d’ignorance, la personne ne sait pas car elle n’a pas eu connaissance de certains éléments inclus dans la vérité concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu. Cette méconnaissance peut venir d’enseignements incorrects que la personne a reçus (par des prédications, des lectures, l’opinion des autres etc.) et croit des choses sans savoir qu’il y a des erreurs dans ce qu’elle croit. En général, c’est déjà au niveau de la fondation concernant le pardon des péchés qu’il y a une méconnaissance de la vérité.
  • il y a incrédulité: la personne ne croit pas la vérité qu’elle prétend. En réalité ce cas semble assez improbable, parce que quelqu’un qui prétend que ce qu’il dit concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu est la vérité, agit en fonction de ce qu’il croit. Et si ce qu’il croit est effectivement la vérité, alors c’est la plénitude de Christ et des choses de Dieu qui sera expérimenté et constaté par la personne elle-même. Cette personne expérimentera les réalités invisibles du Royaume de Dieu qui deviennent visibles par la foi, et l’accomplissement des promesses de Dieu qu’elle connait. Cette expérience de la vérité va même renforcer sa foi, confirmer la vérité, la remplir d’assurance et augmenter sa confiance en Dieu, donc supprimer son incrédulité concernant les choses qu’elle connait, parce que “grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement” (Jacques 2:22). Aussi, elle sera plein d’assurance concernant ce qu’elle connait de la vérité.

 

*Note: “par le seul moyen de la foi” veut dire agir conformément au fait de croire que ce ne sont pas nos œuvres bonnes, l’absence de mal avec une vie juste et sainte, ni le fait d’avoir de bonnes valeurs morales etc, ni même une demande de pardon, par lesquels nous sommes pardonnés et déclarés justes, mais uniquement par la foi en Dieu par Jésus-Christ (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés).