La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_oBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix” (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est “soteria” (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: “Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie” (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est “eirene” (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme “eirene” inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne” (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

La foi sans les actes: méconnaissance de la vérité et/ou incrédulité

Dans la lettre qu’il adresse aux douze tribus dispersées du peuple de Dieu, alors qu’il dénonce le favoritisme Jacques écrit: “Mes frères, à quoi servirait-il à un homme de dire qu’il a la foi s’il ne le démontre pas par ses actes? Une telle foi peut-elle le sauver?” (Jacques 2:14 BDS). Ce que Jacques évoque dans ce deuxième chapitre peut laisser croire faussement qu’il n’est pas en accord avec ce que dit Paul, lorsqu’il parle aussi d’être sauvé. Dans sa lettre aux Ephésiens Paul écrit: “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter” (Ephésiens 2:8-9 BDS).

Il peut être bon de souligner que dans ces deux passages, Paul et Jacques ne sont pas en train de parler de la partie du salut qui consiste à la vie après la mort. Ces deux passages parlent du présent, d’être sauvé du péché dans le quotidien. On parle d’être libéré de la loi du péché qui pousse à commettre le mal indésirable et empêche de faire le bien désiré. Il s’agit de ce qui empêche d’aimer véritablement son prochain.

La foi c’est la confiance en Dieu et en ce qu’il a dit.

foi & actions 4Lorsqu’on parle de la foi, il faut entendre: confiance en la personne de Dieu qui inclue la confiance en ce qu’il a dit. Paul dit clairement aux Ephésiens que ce n’est pas le résultat d’efforts et par des moyens humains que nous sommes sauvés, c’est-à-dire libérés du péché (en terme de force agissante). En réalité, ce que dit Paul est aussi valable pour ce qui est de la résurrection et de l’éternité. La différence pour ce qui est de la vie après la mort est que le constat de cette partie du salut par la foi ne se fait pas de notre vivant. Il n’est pas possible de vérifier ici-bas la validité des promesses de Dieu concernant cette partie du salut qui touche à la vie après la mort. Par contre, pour la partie du salut qui concerne la libération de la loi du péché, qui a pour résultat une vie juste et sainte, le constat est direct. Il en est de même pour toutes les promesses et les aspects du Royaume de Dieu qui sont déjà pour aujourd’hui, tel que Christ les a démontrées.

Jacques laisse entendre dans sa lettre que si la foi est présente chez quelqu’un, ses actions le démontrent forcément, ce n’est pas possible autrement. La foi en la vérité qui est en Jésus-Christ est ce qui libère de la loi du péché. Cette libération n’est effectivement pas le résultat d’efforts, ni d’un accomplissement de quelque chose à faire, mais la conséquence de connaître et de croire la vérité de la grâce de Dieu qui est: Dieu ne tient “plus” compte de nos fautes et de nos péchés (cf. Hébreux 10), il ne nous traite pas selon ce que méritent nos fautes (cf. Psaumes 103:10), Christ l’a enseigné et démontré, jusqu’à sa mort à la croix. Jacques écrit au début du chapitre: “Mes frères, gardez-vous de toutes formes de favoritisme: c’est incompatible avec la foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ” (Jacques 2:1 BDS). Le favoritisme consiste à faire une différence entre les gens dans la manière dont on les considère.

Toutes formes de favoritisme est incompatible avec la foi.

foi & actions 6Il dit ceci parce que le favoritisme est simplement incompatible avec la grâce de Dieu, faveur imméritée et “imméritable” envers tous, et qui est donnée en Jésus-Christ. Dieu lui-même ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2), il traite tout le monde selon les mêmes critères, “car Dieu a enfermé tout homme dans la désobéissance afin de faire grâce à tous” (Romains 11:32 BDS). Aussi, quelqu’un qui tend à faire une différence entre les gens et à les considérer différemment les uns des autres, démontre par là qu’il ne vit lui-même pas sous le régime de la grâce de Dieu. En réalité, il vit encore sous le régime de la loi de Moïse, c’est-à-dire sous une forme quelconque d’autojustification. Il y a là un signal concernant la vérité. Pourquoi? Parce que quelqu’un qui vit lui-même sous le régime de la grâce ne peut que traiter les autres sans favoritisme ni différence entre les gens, ce régime étant pour tous sans différence entre les gens. Le fait est que chaque individu applique aux autres les mêmes principes sous lesquels il vit lui-même. S’il vit pleinement sous la grâce de Dieu par la foi, il appliquera le principe de la grâce. S’il vit sous le principe du mérite (la loi de Moïse), il traitera les autres en fonction de ce qu’il juge qu’ils méritent, et étant lui-même sous la condamnation de cette même loi, il portera un jugement de condamnation sur les autres.

Ainsi, faire une différence entre les gens est une démonstration de l’absence de foi en la vérité que Christ a démontrée au sujet de l’amour du Père, et du fait qu’il ne fait pas de favoritisme. C’est aussi une démonstration que le don de la justification/droiture n’a pas été saisi par la personne au moyen de la foi. Le don de la justification/droiture n’a pas été reçu par le moyen de la foi chez celui qui traite les gens en faisant une différence entre les uns et les autres. Une fois encore, il est important en toute humilité d’entendre cette indication sans culpabilité. Il y a là une information précieuse pour vérifier la substance de la foi, pour ce qui touche à la justification.

Maintenant, Jacques dit encore: “Il en est ainsi de la foi: si elle reste seule, sans se traduire en actes, elle est morte” (Jacques 2:17 BDS), et en parlant d’Abraham il dit: “Tu le vois, sa foi et ses actes agissaient ensemble et, grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement. Ainsi s’accomplit ce que l’Écriture déclare à son sujet: Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste, et il l’a appelé son ami. Vous le voyez donc: on est déclaré juste devant Dieu à cause de ses actes, et pas uniquement à cause de sa foi” (Jacques 2:22-24 BDS). Le fait est qu’on ne peut pas prétendre avoir la foi et ne pas agir en conséquence de cette confiance en Dieu et dans Sa Parole véritable: Jésus-Christ. La foi ne peut pas être silencieuse et dépourvue d’actions, parce qu’on s’exprime et agit inévitablement en fonction de ce qu’on croit réellement.

Nos actions démontrent la substance de ce qu’on croit.

Croissance d'une pâquerette, fond nature et soleilPar exemple, quelqu’un qui prétend croire que ses péchés sont pardonnés à cause de Jésus-Christ, mais qui, s’il commet une faute demande à Dieu de le pardonner pour la faute commise, démontre qu’en réalité il ne croit pas que ses péchés ont déjà été pardonnés à cause de ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré. En réalité, il démontre qu’il croit qu’il est pardonné en réponse à sa demande d’être pardonné, et pas parce que Dieu est amour et que l’amour pardonne. Ceci démontre qu’il ne croit pas qu’il est déclaré juste par sa foi. Aussi, il agit en conséquence… Dans les faits, il n’a pas confiance dans ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ. La triste réalité est que c’est exactement ce qui maintient un grand nombre de croyants sous la loi du péché et l’esclavage de celui-ci. C’est pour cela que Jean dit à ceux qu’il a amené à la foi en Christ: “Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire (attention le terme original signifie ici un apaisement. La notion de victime est contraire à la parole de Christ) pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. Si nous gardons ses commandements, nous savons par cela que nous l’avons connu” (1 Jean 2:1-3 NEG79). Jean donne ici un rappel de ce que Christ a démontré et son “rôle auprès du Père”. Toutefois Jésus et le Père ne sont qu’un (voir Jean 10:30). Jean ne donne aucune indication de quelque chose à faire pour que ce soit effectif, aucune demande à Dieu pour être pardonné. Et Jean donne même le moyen pour vérifier que le pardon des péchés est bien compris, et donc que la connaissance de Christ est correcte: l’obéissance à ses commandements.

Dans Romains 10, Paul parle de la justice (à comprendre par justification et droiture) reçue par le moyen de la foi et il dit que cette foi s’exprime. “Que dit-elle donc? La Parole de Dieu est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole est celle de la foi, et c’est celle que nous annonçonsEn effet, si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé, car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve” (Romains 10:8-10 BDS).

foi & actions 3Dans ce passage Paul parle de la partie du salut qui touche la vie après la mort et il confirme ce que dit Jacques: la foi et les actes agissent ensemble. L’action ici c’est l’affirmation, c’est-à-dire verbaliser ce qu’on croit. Paul dit que quelqu’un qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste. Ceci est un verdict établi par Dieu, mais sans résultat visible dans ce monde à ce stade. Mais Paul dit que lorsque celui qui croit dans son cœur affirme de sa bouche, alors Dieu le sauve (voir aussi Matthieu 12:37). On peut illustrer cela en disant: Croire a pour conséquence un statut et agir en fonction de ce qu’on croit a pour conséquence l’action de Dieu. C’est ainsi qu’il faut percevoir que la foi qui ne se traduit pas en action est morte, elle ne porte aucun résultat. Croire sans agir en fonction de ce qu’on croit est vain. En ce qui concerne la vie après la mort, l’action est une affirmation verbalisée qui traduit ce qui est cru dans le cœur. Nous avons dans les évangiles un exemple concret de ce passage de Romains 10. En une phrase, le brigand sur la croix démontre à la fois qu’il croit dans son cœur que Dieu va ressusciter Jésus, et il confesse que Jésus est Seigneur: “Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner” (Luc 23:42 BDS). Ce n’est pas par des “œuvres”, un accomplissement de quelque chose, que le brigand est déclaré juste, mais par ce qu’il croit dans son cœur. Son affirmation démontre ce qu’il croit, c’est là une action en fonction de ce qu’il croit. Les péchés de cet homme lui sont déjà pardonnés, sans aucune demande. C’est précisément pour scellé une fois pour toute ce pardon, le fait que Dieu est pour les hommes et pas contre les hommes, que Jésus est cloué à côté de lui. Et la réponse de Jésus à ce que dit le brigand est claire: “Vraiment, je te l’assure: aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis“(Luc 23:43 BDS). On pourrait résumer ainsi:

La foi c’est croire et agir en fonction.

La foi se traduit par des actions parce que tout individu agit en fonction de ce qu’il croit. Le fond de ce que les gens croient est démontré par leurs actions et leurs affirmations. La Bible décrit tout ce que croire en Jésus-Christ produit et qui pourrait se résumer ainsi: la vie de Christ, par Son Esprit, en celui qui croit avec les mêmes œuvres (et même de plus grandes) qu’il a pratiquées lui-même par ce même Esprit (cf. Jean 14:12-13). Jean le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS). Toutes ces choses ne sont pas le fruit d’efforts humains, mais bien l’œuvre de Dieu lui-même, car c’est lui qui produit à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (cf. Philippiens 2:13). Il fait cela par son Esprit, qui est donné à celui qui croit en la Bonne Nouvelle de la grâce en Jésus-Christ (cf. Galates 3:5). La totalité de ce que Dieu fait et donne est le fruit de sa grâce, faveur imméritée et “imméritable”. Le moyen d’y accéder est celui de la foi: croire dans son cœur ce que Dieu a dit en Christ et agir en fonction de ce qu’on croit. Le piège pour de nombreux croyants, c’est lorsqu’ils essaient de vivre comme Christ a vécu et qu’il attend de ses disciples (parce que Jésus sait ce que la vérité produit), mais sans discerner que s’ils n’y arrivent pas, ce n’est pas à cause d’un manque d’efforts, de volonté ou de prière, mais par méconnaissance de la vérité concernant la justification/droiture, ou parce qu’ils ne croient pas cette vérité de la justification/droiture par le seul moyen de la foi*. Ils pourront toutefois expérimenter des dons de l’Esprit (1 Corinthiens 12) mais le fruit de l’Esprit (Galates 5:22-23) sera très peu présent. Ils pourront expérimenter les trésors surabondants de la grâce de Dieu dans de nombreux domaines de leur vie, où ils ont confiance dans les promesses de Dieu sans faire intervenir le mérite. Mais ils ne pourront pas expérimenter pleinement la vie juste et sainte, ni l’entière protection de Dieu que produit la vérité de la justification/droiture saisie par le moyen de la foi (voir aussi La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu). Et, surtout ils n’arriveront pas à aimer véritablement leur prochain, d’autant plus si ce prochain est leur ennemi, ou si ce prochain mène une vie caractérisée par le péché. Même un frère ou une sœur dans la foi qui ferait une faute leur sera détestable.

Ainsi, lorsque quelqu’un prétend avoir la foi en Jésus-Christ et que ses actions ne démontrent pas les réalités que la Bible décrit comme conséquences de la foi, cela indique deux possibilités:

  • une méconnaissance de la vérité: la personne croit quelque(s) chose(s) concernant Dieu, Jésus-Christ, et les choses de Dieu qui est inexact, imprécis, ou qui n’est simplement pas la vérité. Il peut aussi s’agir simplement d’ignorance, la personne ne sait pas car elle n’a pas eu connaissance de certains éléments inclus dans la vérité concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu. Cette méconnaissance peut venir d’enseignements incorrects que la personne a reçus (par des prédications, des lectures, l’opinion des autres etc.) et croit des choses sans savoir qu’il y a des erreurs dans ce qu’elle croit. En général, c’est déjà au niveau de la fondation concernant le pardon des péchés qu’il y a une méconnaissance de la vérité.
  • il y a incrédulité: la personne ne croit pas la vérité qu’elle prétend. En réalité ce cas semble assez improbable, parce que quelqu’un qui prétend que ce qu’il dit concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu est la vérité, agit en fonction de ce qu’il croit. Et si ce qu’il croit est effectivement la vérité, alors c’est la plénitude de Christ et des choses de Dieu qui sera expérimenté et constaté par la personne elle-même. Cette personne expérimentera les réalités invisibles du Royaume de Dieu qui deviennent visibles par la foi, et l’accomplissement des promesses de Dieu qu’elle connait. Cette expérience de la vérité va même renforcer sa foi, confirmer la vérité, la remplir d’assurance et augmenter sa confiance en Dieu, donc supprimer son incrédulité concernant les choses qu’elle connait, parce que “grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement” (Jacques 2:22). Aussi, elle sera plein d’assurance concernant ce qu’elle connait de la vérité.

 

*Note: “par le seul moyen de la foi” veut dire agir conformément au fait de croire que ce ne sont pas nos œuvres bonnes, l’absence de mal avec une vie juste et sainte, ni le fait d’avoir de bonnes valeurs morales etc, ni même une demande de pardon, par lesquels nous sommes pardonnés et déclarés justes, mais uniquement par la foi en Dieu par Jésus-Christ (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés).

 

Demander le pardon à Dieu: une hérésie…

Où est-il dit de demander le pardon à Dieu pour recevoir son pardon ?

La question du pardon que Dieu donne est essentielle et fondamentale parce qu’elle est une question de vie ou de mort, une question de salut pour le présent et pour l’éternité. Le salut consiste à être délivré, libéré, restauré, placé en sécurité, guéri, rétabli, béni. Aussi, en ce qui concerne le pardon, la question ne peut pas être prise à la légère, on ne peut pas se contenter de ce qu’on croit être vrai parce que d’autres y adhèrent aussi, sans avoir vérifié que cela soit véritablement ce que Dieu dit. Le pardon des péchés est la fondation des fondations et si cette fondation n’est pas correcte et saine, tout ce qui est construit dessus est voué à être bancal (voir aussi Apologétique).

Forgiveness 1Une notion qui revient très régulièrement dans de nombreuses prédications aujourd’hui et qui habite beaucoup de gens qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, est celle de devoir demander à Dieu de nous pardonner afin qu’il nous pardonne. Cela avec l’idée, plus ou moins consciente, que tant qu’on ne lui a pas demandé de nous pardonner pour les fautes dont on a conscience (ou pas), celles-ci ne sont pas pardonnées par Dieu et qu’il en tient compte jusqu’à ce qu’une demande de pardon soit formulée, et dans cette attente la conscience reste chargée de culpabilité et la condamnation demeure active.

Mais où se trouve cette idée dans la Bible, sur quoi cette notion se fonde-t-elle ?

Premièrement, il faut regarder ce que signifient le pardon et l’action de pardonner. La définition du pardon correspond au fait de ne pas tenir rigueur d’une faute. L’action de pardonner consiste à ne pas sanctionner une faute, une erreur ou ce qui pourrait être considérer comme un manquement à un règlement, une règle morale. Le terme original dans le Nouveau Testament pour l’action de pardonner est “aphiemi” (en grec ἀφῆτε), qui a le sens d’envoyer au loin, de laisser aller, de ne tenir aucune compte de quelque chose, de ne pas en discuter maintenant, d’oublier, de remettre une dette. Concrètement, cela consiste donc à agir, ou réagir, envers le fautif comme si la faute n’avait pas eu lieu, et même plus encore, à effacer sa dette, à prendre sur soi les conséquences de la faute de l’autre. On entend parfois la “sagesse” humaine dire qu’on pardonne mais qu’on n’oublie pas. Ceci est à l’opposé de ce qu’est le pardon, car le pardon oublie la faute, il efface, il ne tient pas compte des fautes. C’est ce que Dieu a cherché à faire comprendre à l’homme à travers toute la vie de Christ et ce qu’il a fait en Lui et à travers Lui, jusqu’à sa mort à la croix (cf. 2 Corinthiens 5 :19) pour mettre un terme aux prescriptions de Moïse qui condamnaient le fautif, prescriptions contraires à l’amour, données en marge du décalogue, qui lui, correspond à la loi de l’amour. Car Dieu est amour et l’amour véritable ne tient pas compte des fautes de l’autre, il ne les sanctionne pas, il les efface et n’est pas habité de ressentiment, Jésus l’a démontré dans sa vie et par sa vie. L’amour véritable ne se sent pas offensé par les offenses envers lui, car l’amour ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il pardonne tout, il supporte tout (cf. 1 Corinthiens 13 :5-7). L’amour pardonne sans aucune condition, sans attendre une manifestation de l’autre pour ce faire. L’amour n’aime pas pour soi-même, mais il aime pour l’autre, l’amour donne, il ne reprend pas. L’amour aime l’autre indépendamment que l’autre soit aimable ou pas, c’est la définition même de l’amour et Dieu est amour (cf. Luc 6:35). Il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour, pas plus qu’il n’y a d’amour dans l’égocentrisme. C’est pourquoi l’amour ne peut pas se sentir offensé par personne, car seul l’égocentrisme peut se sentir offensé. Jésus l’a démontré, lui qui est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être (cf. Hébreux 1 :3). Même à la croix, au point culminant de la méchanceté manifestée par les hommes envers lui, au sommet du rejet et au milieu d’une souffrance extrême, Jésus ne s’offense pas, il ne s’irrite pas contre les hommes, il leur pardonne encore, il ne tient pas compte de leurs fautes, car il a conscience qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, à cause de leur ignorance de la vérité. Dieu est amour, Christ est l’expression parfaite de Dieu ! La définition et les caractéristiques de l’amour devraient être suffisant pour comprendre le non-sens de demander à l’amour de pardonner, et le non-sens de l’idée que sans demander à être pardonné l’amour ne pardonne pas et tient compte des fautes. C’est un non-sens car l’amour pardonne sans aucune demande. L’amour ne tient pas compte des fautes.

Mais regardons tout ce que le Nouveau Testament a d’écrit concernant le pardon. Dans l’ordre classique des écrits du N.T., la première apparition de ce qui touche au pardon arrive dans ce que Jésus enseigne à ses disciples sur la prière dans Matthieu 6.

Matthieu 6:12 – “… pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous.” Matthieu 6 BDS (chapitre)

  • Le terme original traduit ici par torts est “opheilema” (en grec ὀφειλήματα) qui signifie ce qu’on doit à quelqu’un, une dette, métaphoriquement une offense ou péché. Le texte original ne contient pas l’idée des torts envers Dieu dans ce verset. Même si, toute la création dont l’humanité fait partie appartient à Dieu (cf. Deutéronome 10:14). Et ainsi, toute atteinte envers les hommes est donc une atteinte à ce qui est à Dieu. C’est un manquement à l’amour. Mais il est important de garder en tête que, même si on porte atteinte contre Dieu lui-même, à sa réputation ou à ce qui lui appartient, Dieu ne peut pas s’irrité dans le sens où les hommes livrés à eux-mêmes le sont, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8). L’amour ne cherche pas son propre intérêt. Christ a démontré cette “inoffensabilité” de l’amour. Il n’y a pas d’égo dans l’amour, seul l’égo peut être offensé. Tout ce que Dieu a créé n’est pas pour nourrir un égo, mais il a créé depuis l’amour, par amour, pour exprimer et manifester cet amour qui est sa propre nature. Dieu a créé les hommes pour qu’ils soient son image, pour que les hommes soient amour, à son image (cf. Genèse 1:26-27). Il désire que les hommes soient participants à sa propre nature divine (cf. 2 Pierre 1:3-4), à l’exemple de Jésus. Dieu a créé pour aimer et non pour être adulé (cf. Matthieu 9:13), car il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour. L’Amour n’a pas un besoin de reconnaissance. La souffrance que peut ressentir l’Amour (Dieu) lorsque l’être aimé rejette l’Amour, n’est pas une blessure d’un égo qui aime l’autre pour soi-même et qui perd quelque chose parce que l’autre ne l’aime pas. Non, l’Amour souffre de voir l’autre rejeter l’Amour, parce que c’est l’autre qui perd quelque chose par ce rejet, et ce que l’autre perd c’est l’Amour ! Et l’Amour souffre de ce que l’autre se trouve alors privé des caractéristiques de l’Amour et vive dans l’expérience des caractéristiques qui sont à l’opposé de l’Amour…
  • Très souvent, les gens prennent la moitié du verset 12 pour en faire une demande : “pardonne-nous nos torts envers toi”, pourtant il n’y a aucune séparation à cette endroit dans cette phrase. Certaines traductions vont même jusqu’à placer une virgule à cet endroit qui n’existe pas dans le texte original. Concernant toute cette prière de Matthieu 6:9-13, Jésus n’ajoute qu’une seule explication, un seul commentaire, un seul, comme pour s’assurer qu’on ait bien compris une chose, et son commentaire concerne précisément la signification du verset 12. Jésus explique clairement le sens de ce qu’il veut dire : “En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes” (Matthieu 6:14-15 BDS).
  • Le sens du verset 12 doit être compris conformément à l’explication que Jésus en donne lui-même, en incluant la définition réelle du pardon qui consiste à l’effacement des fautes, à ne pas en tenir compte. Jésus lie clairement l’effacement des fautes par Dieu au fait de pardonner aux autres et non pas à une demande nécessaire qui serait une condition pour que Dieu pardonne comme si, sans cette demande Dieu ne voudrait pas le faire… Et il faut relever qu’il s’agit ici (versets 14-15) de ne pas tenir compte des torts des autres, implicitement tous les autres, peu importe si ces torts sont envers nous ou uniquement envers d’autres. Cela s’applique sans même que nous soyons directement concernés par les fautes commises. Comme évoqué plus haut, le fait est que toute faute commise envers des hommes est envers ce qui est à Dieu, et tout le bien commis aussi (cf. Matthieu 25:33-46).
  • Il est fondamental de comprendre ce qu’il se passe ici au sujet du pardon, avec en tête la définition du pardon qui est l’effacement des fautes. Le fait est qu’il est impossible de traiter les autres différemment de soi-même. Et il est impossible de se traiter soi-même différemment que l’on traite les autres ! Le traitement qu’on utilise pour les autres et toujours celui qu’on utilise pour soi-même. Par exemple, si l’on considère la valeur de quelqu’un en fonction de ce qu’il fait et de ce qu’il possède, c’est uniquement parce qu’on considère notre propre valeur en fonction de ce qu’on fait et de ce qu’on possède (A noter: ceci est le modèle du monde qui établit sa valeur sans tenir compte de ce que Dieu a démontré de notre valeur absolue). Le fait est que si quelqu’un ne fait pas grâce aux autres pour leurs fautes, mais qu’il retient leurs fautes au lieu de les effacer, il continuera naturellement aussi à tenir compte de ses propres fautes. Cela uniquement parce qu’il ne reçoit pas la grâce pour lui-même, il ne s’en saisit pas. Aussi, sa propre conscience restera coupable et chargée de ses propres fautes, il vit dans une autojustification. Et ainsi, le péché en tant que force agissante garde de l’emprise sur lui, le poussant même à la faute. C’est parce qu’une personne a une conscience chargée de ses propres fautes qu’elle va instinctivement et par automatisme tenir compte des fautes des autres. C’est parce qu’une personne vit sous la condamnation (l’expérience du mal) qu’elle condamne les autres et, sans en avoir conscience, en condamnant les autres elle se condamne elle-même. C’est ce que Jésus dit clairement dans l’évangile de Luc: “Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés” (Luc 6:37 BDS). Jésus ne place même pas Dieu dans son explication, il ne dit pas ici que ce serait Dieu qui juge, qui accuse, qui condamne, qui ne pardonne pas et qui tient compte des fautes. Dieu ne le fait pas et Jésus l’a enseigné et démontré. Jésus et le Père ne sont qu’un (cf. Jean 10:30). Ce n’est pas que Dieu ne veuille pas effacer les fautes de celui qui ne pardonne pas, car Dieu est amour et l’amour pardonne tout, il pardonne d’avance, il efface, il ne tient pas compte des fautes. Mais celui qui juge les autres, qui ne pardonne pas leurs fautes et qui les condamne, le fait parce qu’il continue de se juger lui-même, de tenir compte de ses propres fautes, et de se placer ainsi sous la condamnation qui devient son expérience. Ou encore, cela se produit parce qu’il prend sur lui le jugement des autres, la culpabilité et le non-pardon envers lui. Ainsi, il se sent jugé, pas pardonné et rempli d’un sentiment de culpabilité. Aussi, pour un tel croyant, même la démonstration du pardon de Christ jusqu’à la mort sur une croix, en vue que sa conscience puisse être purifiée de ses fautes et être libéré de l’esclavage du péché, sera inefficace malgré la volonté de Dieu de l’en libérer. Le fait est que ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ ne peut pas effacer les fautes de la conscience de celui qui continue lui-même d’en tenir compte pour lui-même et pour les autres (les deux sont indissociables). Dieu est amour et l’Amour ne peut pas forcer l’autre à croire ce qu’il a dit et fait, il ne peut pas forcer à croire la vérité au sujet de l’Amour et de ses caractéristiques. En réalité, celui qui tient compte des fautes des autres le fait parce qu’il tient compte de ses propres fautes, et il le fait parce qu’il croit que Dieu tient compte de ces fautes… Ou alors, il le fait parce qu’il a supprimé l’existence de Dieu dans son système de croyance. En vérité, c’est donc une auto-condamnation qui se produit pour l’incrédule. Cela se produit lorsqu’on ne croit pas la vérité que Dieu a démontrée en Christ: l’amour pardonne tout, sans prérogative demandée. Jésus décrit ce problème de l’auto-condamnation en disant: “Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres” (Matthieu 7:1-2 BDS). Encore ici, Jésus n’attribue pas cette condamnation comme en provenance de Dieu (cf. Jean 3:17-18). En vérité, c’est une auto-condamnation qui se produit par un maintien des fautes dans la conscience de la personne elle-même, et sa mauvaise conscience la pousse à condamner les autres alors que Dieu dit à celui qui a péché : “Je ne te condamne pas…” (cf. Jean 8:10-11). Par incrédulité, la condamnation se produit pour la personne, au lieu qu’elle cesse définitivement d’avoir une conscience chargée de culpabilité afin que le péché perde son emprise sur elle, qu’elle en soit délivrée dans l’union avec le Christ, ce qui est en partie ce que Dieu est venu accomplir en Christ (cf. Colossiens 2:14).
  • Au verset 12, le temps utilisé pour “pardonne-nous” est un temps aoriste, qui n’existe pas dans le français et qui désigne un événement situé dans le passé, utilisé ici dans un mode impératif. Cette demande n’est pas à percevoir comme une demande au bon vouloir de Dieu à laquelle il pourrait vouloir dire non. Dieu est amour et l’Amour efface les fautes, c’est lié à sa nature même. Dieu ne peut pas dire non à ce qu’il est venu dire au monde et démontrer en Christ. Le temps utilisé pour “comme nous pardonnons nous-mêmes” est, quant à lui, un présent continue… La part de Dieu est déjà accomplie et définitive, alors que notre part est continue. Le pardon que Dieu donne est permanent et lié à sa nature, il est Amour. Dieu ne peut pas sortir de l’amour car l’Amour est sa propre nature. Son pardon est donc permanent, c’est-à-dire que Dieu ne tient pas compte des fautes. Pour être à notre tour amour et pardonner comme Dieu pardonne, il est nécessaire de demeurer dans son amour et dans le pardon qu’il nous a révélé et démontré en Jésus-Christ. C’est une nécessité qui est continue pour l’homme, à cause de la faute d’Adam qui a amené la corruption de la manière de penser, par le mensonge qui est entré dans le monde. Sans demeurer dans l’amour de Dieu et dans l’effacement des fautes, nécessitant un changement de la manière de penser, le croyant ne peut pas aimer véritablement en ne tenant pas compte des fautes de son prochain, d’autant plus si ce prochain est son ennemi… Et le croyant incrédule face au pardon des péchés ne peut pas non plus être délivré de l’esclavage du péché (cf. Colossiens 1:14, Ephésiens 1:7). Un tel croyant reste dominé par le mal en lui, et le mal commis envers lui continuera de produire le mal en lui.
  • On ne trouve pas non plus dans le Nouveau Testament une invitation à demander aux autres de nous pardonner nos fautes, cela n’existe pas. On trouve l’incitation à reconnaître ouvertement nos fautes (Jacques 5:16), mais pas de demande aux autres pour qu’ils nous pardonnent. Mais il est clairement dit que nous devons pardonner aux autres, c’est-à-dire effacer leurs fautes et ne pas en tenir compte, et ils doivent nous pardonner, sans prérogatives : “Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné: vous aussi, pardonnez-vous de la même manière” (Colossiens 3:13 BDS). Il s’agit de pardonner comme Christ a démontré le pardon: il n’a pas tenu compte des fautes, même jusqu’à subir la mort par ses ennemis… A noter aussi ici, le terme original pour “supportez-vous” c’est anechomai qui signifie soutenir, porter, endurer, tenir fermement quelqu’un pour ne pas qu’il tombe. Il n’a pas le sens qu’on lui donne dans l’usage courant dont l’idée que si l’autre agit mal, alors il est détestable et il faut prendre son mal en patience et garder la rancune en silence comme si rien n’était. Le terme parle de se soutenir les uns les autres, ce qui est très différent. Jésus a même dit clairement avant de retourner auprès du Père que le pardon des péchés sur terre est entre les mains des hommes : “Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus” (Jean 20:23 LSG).
  • Ainsi, la prière “pardonne-nous nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés” (Matthieu 6:12 NEG79), revient à demander à Dieu d’effacer et de jeter au loin les offenses que nous avons pu commettre, indépendamment des personnes offensées, et ce de la même manière que nous-mêmes nous le faisons envers ceux qui ont commis des offenses envers nous. Il s’agit pour nous d’effacer les fautes des autres envers nous, et de s’attendre à Dieu pour qu’il efface les fautes que nous avons pu commettre envers d’autres. Cette prière ne revient pas à demander à Dieu de ne plus retenir contre nous un quelconque ressentiment, sans quoi il serait en colère, car cela n’existe pas dans sa nature (A noter: l’expression “la colère de Dieu” ne se retrouve pas dans la bouche de Jésus). Mais en vérité, celui qui est établi dans l’amour de Christ et dans l’union avec lui, ne s’irrite pas contre ceux qui agissent mal envers lui, il ne tient pas compte de leurs fautes, à l’image de Jésus-Christ. L’amour ne s’irrite pas contre les autres (cf. 1 Corinthiens 13:5).
  • On pourrait s’arrêter là dans l’explication. Mais il est bon d’aller au fond des choses, par préoccupation de la vérité, d’autant plus lorsqu’on touche à la fondation des fondations de l’Évangile, la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. (voir le dossier complet avec la totalité des passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon Dossier: Le point sur le pardon des péchés)

Forgiveness 4Bien que la question du pardon de Dieu soit essentielle et fondamentale, une question de vie ou de mort, à aucun moment Jésus invite quelqu’un à demander le pardon à Dieu dans les évangiles, jamais il ne dit quelque chose qui suggère “en effet, si vous demandez à Dieu de vous pardonner, il vous pardonnera, et si vous ne demandez pas à Dieu de vous pardonner, alors il ne vous sera pas pardonné”. On ne trouve pas non plus Jésus dire à quelqu’un: “Demande-moi pardon et fais-moi des excuses et alors je te pardonnerai…”. Ce pourrait-il que Jésus ait omis quelque chose dans son enseignement concernant la prière et qu’il ait été à ce point négligeant concernant le pardon que Dieu donne, comment il le donne et comment on le reçoit ? Se pourrait-il que Jésus ait oublié de mettre en pratique en rappelant au gens ce qu’il a lui-même enseigné dans Matthieu 6:12 ?

Jésus met en pratique toute la vérité qu’il enseigne. Aussi, il faut voir comment Jésus agit dans la pratique, et l’on ne trouve aucun exemple où Jésus dit à quelqu’un de demander le pardon à Dieu pour ses fautes. Il y a deux situations intéressantes où Jésus montre clairement le pardon et/ou la non-condamnation:

  • La scène du paralytique (Matthieu 9:1-8): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) considèrent comme un blasphème la prétention de Jésus à pardonner les péchés. Mais Jésus souligne le fait que le fils de l’homme, c’est-à-dire tout fils d’homme, a sur la terre ce pouvoir de pardonner les péchés. Et Jésus le démontre par la guérison du paralytique. C’est ainsi qu’il atteste ce pouvoir de pardonner. Il n’y a aucune intervention du paralytique dans le pardon annoncé par Jésus. Jésus annonce le pardon des péchés au paralytique, sans aucune mention ni suggestion d’une demande de pardon, et sans même que le paralytique dise quelque chose, ni ne manifeste un quelconque regret des fautes dont Jésus dit qu’elles sont pardonnées.
  • La scène de la femme adultère (Jean 8:1-11): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) et les chefs religieux sont ceux qui viennent avec le péché de la femme et veulent la condamner (où est l’homme impliqué? car la loi de Moïse ordonnait que les deux soient lapidés…). Jésus met en lumière la culpabilité de tous à cause de leurs fautes, sans toutefois les condamner, ni pointer directement leurs fautes. Ceux qui condamnaient la femme se retrouvent désarmés. Jésus démontre la non-condamnation envers la femme, ce qui démontre qu’elle est déjà pardonnée. Mais il n’y a aucune mention, ni suggestion, d’une demande de pardon. C’est même grâce à la non-condamnation qui libère, et l’amour qu’il lui témoigne, que Jésus peut dire ensuite à la femme: “Va, et ne pèche plus“. Et cette parole de Jésus est davantage une proclamation dans la vie de cette femme, comparable à la parole donnée au paralytique “lève-toi…”, qu’une simple invitation à ne plus pécher.

Jésus a enseigné et démontré le pardon des péchés. Il a démontré que l’amour pardonne sans prérogative. Dans Matthieu 26, Jésus exprime clairement: “ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance. Il va être versé pour beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés” (Matthieu 26:28 BDS). Jésus dit que son sang est ce qui scelle l’alliance, c’est-à-dire l’alliance de Dieu avec les hommes. Il utilise le langage dans lequel la pensée modelée par les hommes de l’ancien testament réfléchissait. Jésus dit que son sang va être versé pour “beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés“. Le terme traduit par “beaucoup” est le terme polus qui signifie un grand nombre, il ne signifie pas “tous les hommes“… En effet, d’une part le fait est que seuls ceux qui croient au pardon des péchés et qui s’en saisissent, par le moyen de la foi, voient leurs fautes effacées de leur conscience et en être libéré, et être ainsi habilité à ne plus répondre au mal par le mal. Et d’autre part, Jésus a démontré que le Père ne tient pas compte des fautes et que ce n’est pas Lui qui condamne. Mais tous ne le croient pas, tous ne croient pas dans la vérité qui est en Jésus. Et ceux qui croyaient que les prescriptions de sacrifices demandés par Moïse pour le pardon des péchés étaient demandées par Dieu, ceux-là n’arrivent pas à se saisir du pardon des péchés sans concevoir la nécessité d’un sacrifice. Ces hommes-là croient à la nécessité d’une punition pour le péché, et à la nécessité d’une effusion de sang pour le pardon des péchés. Ils en arrivent à croire au pardon des péchés uniquement en regardant la mort de Jésus à la croix comme un sacrifice prétendument demandé par Dieu, et en identifiant Jésus à ce que demandait Moïse pour le pardon des péchés. C’est ainsi que Paul, par exemple, modelé par la loi de Moïse en est arrivé à accepter et à se saisir du pardon des péchés et à en être délivré. Cette perspective l’a poussé à voir toute chose de la loi de Moïse comme une préfiguration, mais ceci va à l’encontre de la vérité que Christ a démontrée au sujet du caractère même de Dieu. D’ailleurs on ne voit nul part dans les évangiles, Jésus se présenter lui-même comme “le sacrifice demandé par Dieu”, ni comme “l’Agneau de Dieu”, ce sont les hommes qui ont regardé à Christ de cette manière-là, à cause des prescriptions que Moïse avaient demandées pour le pardon des péchés. Toutefois, il faut relever que Moïse avait exclu tout pardon pour certains péchés comme l’adultère, ou déshonorer père et mère… Alors que Christ a démontré le pardon et la non-condamnation de sa part, et au nom du Père, même pour ces péchés-là. Car le Père n’est pas un meurtrier, ce n’est pas Lui qui condamne. Lorsque Jésus parle à son propre sujet, il ne prend pas l’image des sacrifices demandés par Moïse, mais il prend l’exemple du serpent que Moïse a élevé dans le désert et vers lequel il avait suffi de regarder pour être sauvé (cf. Nombres 21:8-9). “Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui” (Jean 3:14-17 NEG79). Jésus a donc voulu qu’on regarde à Lui comme à celui qu’il suffit de regarder. Et Jésus a dit: “Celui qui m’a vu a vu le Père” (cf. Jean 14:9). Jésus a montré comment le Père agit. Jésus a fait tout ce que le Père fait (cf. Jean 5:19-20): il n’a pas lapidé pour l’adultère (cf. Jean 8)… il n’a pas puni de mort pour le fait de déshonorer père et mère (cf. Marc 7)… alors que Moïse l’avait ordonné au nom de l’Éternel… Jésus n’a jamais condamné personne, il n’a jamais enseigné ou réclamé qu’il y ait effusion de sang pour le pardon des péchés. Car l’effusion de sang n’est pas une demande qui vient de Dieu, mais c’est une soif de vengeance qui apparaît depuis la première mort d’un être humain, et c’est un cri de vengeance qui vient de la terre envers Dieu en réponse au sang versé (cf. Genèse 4:10). Ce cri de vengeance n’existe pas en Dieu. Il ne vient pas de Lui, il vient de la terre sous l’inspiration de celui qui est le meurtrier dès le commencement. Jésus a montré qu’il aime le Père et qu’il n’agit pas conformément au père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Mais Jésus agit conformément au Père céleste (cf. Jean 14:30-31) qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10:11). Il l’a donne de son propre gré alors que personne n’a le pouvoir de la lui prendre (cf. Jean 10:18). L’Amour ne condamne pas, il ne punit pas, il est prêt à mourir sans frapper ses ennemis, car il ne cherche pas à sauver sa propre vie mais celles des autres. “En effet, si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés” (Jean 8:24 BDS). C’est intéressant de relever que Jésus n’a pas dit “c’est par mon sang que le Père pardonne les péchés…”, car Dieu est amour et l’amour pardonne sans prérogative. Jésus a encore dit en citant Osée: “Allez donc apprendre quel est le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices” (Matthieu 9:13 BDS). “Ah! si vous aviez compris le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices, vous n’auriez pas condamné ces innocents” (Matthieu 12:7 BDS). La perspective de la croix comme un sacrifice demandé par Dieu pour qu’il accepte de pardonner est une pensée tout humaine. C’est une pensée opposée à Dieu et que l’Esprit avait déjà essayé de faire comprendre par la bouche de Jérémie: “Non! je n’ai rien prescrit à vos ancêtres, je ne leur ai rien ordonné concernant les holocaustes et autres sacrifices quand je les ai fait sortir d’Égypte. Mais voici ce que je leur ai commandé: «Ecoutez-moi et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez heureux.» Mais eux, ils n’ont pas écouté, non, ils n’ont pas prêté l’oreille. Mais ils se sont conduits selon leurs propres raisonnements et selon les penchants de leur mauvais cœur. Ils sont devenus pires au lieu de devenir meilleurs. Depuis le jour où vos ancêtres sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, jour après jour, inlassablement. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille. Ils ont raidi leur nuque, et ils ont fait plus de mal que leurs ancêtres. Dis-leur toutes ces choses, mais ils ne t’écouteront pas; appelle-les, mais ils ne te répondront pas. Alors tu leur diras: Vous êtes une nation qui n’a pas obéi à l’Éternel son Dieu et qui n’a pas voulu accepter sa leçon. La vérité n’est plus, elle a été retirée de leur bouche” (Jérémie 7:22-28 BDS) et l’Esprit l’avait aussi exprimé par la bouche de David qui en avait même fait l’expérience: “Tu n’as voulu ni offrande ni sacrifice. Tu m’as ouvert l’oreille, car tu n’as demandé ni holocaustes ni sacrifices pour expier le péché” (Psaume 40:7 BDS).

Jésus a annoncé le pardon des péchés à des hommes et l’a enseigné, alors qu’il n’y avait pas eu le moindre sacrifice, ni effusion de sang pour ce faire, et que lui-même n’était même pas encore passé par la mort.. Toutefois, malheureusement c’est seulement par le sang versé de Jésus, que “beaucoup” d’hommes sont d’accords d’accepter de croire que leurs péchés sont pardonnés sans prérogative de leur part, parce que leur manière de penser a été modelée par les prescriptions de Moïse… Jésus a mis fin à ces prescriptions qui demandaient des sacrifices et du sang versé pour le pardon des péchés. Jésus a démontré le pardon, même pour les fautes pour lesquelles Moïse avait ordonné la mort. Jésus a démontré ce pardon sans effusion de sang. Les dispositions que Dieu a démontrées en Christ sont scellées par le sang de Jésus. Jésus s’adressait à des hommes dont la manière de penser et de réfléchir au sujet de Dieu, et en particulier au sujet du pardon, était modelée par les prescriptions de Moïse, qu’ils avaient placé à l’égal de Dieu… C’est pourquoi Jésus a dit clairement: “Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance” (Jean 5:45 NEG79). Et pour rappel, celui qui détient le pouvoir de la mort n’est pas Dieu (cf. Hébreux 2:14-15), mais il est la résurrection et la vie (cf. Jean 11:25).

 

Lorsque Jésus se révèle à Saul (qui deviendra Paul), il lui dit: “Tu devras leur ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu pour qu’en croyant en moi, ils reçoivent le pardon de leurs péchés et une part d’héritage avec ceux qui appartiennent à Dieu” (Actes 26:18 BDS). C’est en croyant en Jésus, c’est-à-dire croire à ce qu’il a dit, enseigné et démontré par sa vie que le pardon est reçu. C’est Jésus qui amène la compréhension du pardon et à le saisir dans la manière de penser des croyants. Il s’agit de se saisir par la foi de ce qu’il a enseigné et démontré. C’est ainsi, en croyant, que les péchés sont effacés et que la conscience est purifiée, par ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ.

Le pardon est déjà donné, mais le moyen de le recevoir c’est de le croire.

C’est de la même manière que la part d’héritage donnée est reçue, en croyant en Jésus, c’est-à-dire à ce qu’il a démontré comme accessible par le moyen de la foi. C’est par la confiance en Lui, et en ce qu’il a démontré, que nous avons accès à cet héritage. Cette réalité fait passer des ténèbres à la lumière, alors on y voit clair. Cette réalité, à laquelle on accède par le moyen de la foi, fait passer du pouvoir de Satan à Dieu, Satan n’a ainsi plus de pouvoir. Les yeux ont besoin d’être ouverts pour voir clair et voir la vérité que nous révèle Jésus-Christ, et qui n’était pas enseignée précédemment.

Dans tout ce qui concerne le pardon dans le Nouveau Testament, le constat qui s’impose est le suivant:

Demander le pardon à Dieu pour être pardonné est… une hérésie !

Cette notion ne se trouve pas dans le Nouveau Testament. C’est la tradition qui maintient ce mensonge vivant, et le fait que l’idée semble à priori sage, mais elle est une folie car en réalité elle nie l’œuvre de la vie de Christ ! Cette notion de demande de pardon est le résultat d’une pensée toute humaine, mais pas celle de Christ. Ce mensonge maintient les gens sous la condamnation et sous l’emprise du péché, car il ne peuvent pas se saisir du pardon des péchés de cette manière, c’est-à-dire par le moyen d’une demande. Le pardon est déjà donné et il est à saisir par la foi. Il s’agit d’accepter que Dieu ne tient pas compte des fautes, parce qu’il est amour. Il l’a démontré en Christ.

Et il est d’ailleurs inutile de demander pardon à Dieu dans l’idée qu’il soit réconcilié avec nous, comme si Dieu était irrité contre l’humanité. Jésus n’a pas enseigné ni démontré une telle pensée. Ce sont les hommes qui ont besoin d’être eux-mêmes réconciliés avec Dieu (cf. 2 Corinthiens 5:20), en acceptant le moyen par lequel Dieu déclare les hommes justes (cf. Romains 10:2-4) et les amène à une vie juste et sainte: la foi en la vérité qui est en Christ. Mais beaucoup ignorent la vérité que Christ a enseignée et démontrée. Car pour ce qui est de la part de Dieu envers nous, l’amour pardonne tout, il ne s’irrite pas, il ne tient pas compte des fautes. Lorsqu’on saisit ce que Dieu nous a montré en Christ jusqu’à donner sa vie, c’est nous qui sommes réconciliés avec Dieu et délivrés pour entrer dans les mêmes réalités qui étaient celles de Paul : Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis de Dieu par vos pensées et par vos œuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort de son Fils dans son corps de chair pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche. Mais il faut que vous restiez fondés et inébranlables dans la foi” (Colossiens 1 :21-23 SG21). Ce n’est pas qu’une apparence de sainteté, cela devient une réalité que Dieu produit lui-même chez celui qui croit à la vérité qui est en Christ, et qui se saisit du pardon tel que Christ l’a enseigné et démontré. La délivrance de l’esclavage du péché, délivrance qui produit une vie juste et sainte, vient de comprendre à travers la vie de Jésus jusqu’à sa mort, que les fautes sont effacées sans prérogative de notre part. La délivrance vient de se saisir personnellement de cette vérité pour soi-même et de l’appliquer aussi aux autres: “Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés” (Luc 6:37 BDS). Et cette vérité permet de libérer les autres en les amenant à s’en saisir pour eux-mêmes, ce que Jésus a fait lui-même en disant : “tes péchés sont pardonnés” ou “je ne te condamne pas non plus“. “Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus” (Jean 20:23 SG21). Sur terre, le pardon des péchés est entre les mains des hommes ! (cf. Marc 2:10, Matthieu 9:6, Luc 5:24).

Forgiveness 2L’enseignement de Jésus purifie, lave du péché. Jésus a dit à ses disciples: “Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée” (Jean 15:3 NEG79). Jésus est venu ôter les péchés, comme Jean en a fait l’expérience et l’enseigne : “Or, vous le savez: Jésus est apparu pour ôter les péchés, et il n’y a pas de péché en lui. Par conséquent, celui qui demeure uni à lui ne pèche pas et celui qui pèche ne l’a jamais vu et ne l’a jamais connu” (1 Jean 3:5-6 BDS). Même avec une perspective modelée par les prescriptions de Moïse sans tenir compte des paroles de Jésus, l’auteur aux Hébreux en est arrivé à recevoir ce que le sang de Christ à scellé comme alliance :Par une offrande unique, en effet, il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il purifie du péché (littéralement ceux qui sont sanctifiés, c’est un présent continue!). C’est là ce que le Saint-Esprit nous confirme de son côté. Car il dit d’abord: Mais voici quelle alliance je vais établir avec eux après ces jours-là, dit le Seigneur: je placerai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée. Puis il ajoute: Je ne tiendrai plus compte ni de leurs péchés, ni de leurs fautes. Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter.” (Hébreux 10:14-18 BDS).

Celui qui continue de croire et de véhiculer l’idée qu’il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas demandé le pardon à Dieu, fait Jésus-Christ menteur. Un tel croyant ne vit pas dans la nouvelle alliance scellée par le sang de Christ, mais il vit dans un équivalent aux prescriptions de Moïse qui sont inefficaces. Dieu ne tient pas compte des péchés, il les a “oubliés”, comme si ces péchés n’avaient jamais eu lieu. En vérité, celui qui ne vit pas dans le pardon établi sans demande, démontre ainsi qu’il ne croit pas à ce que Christ a enseigné, démontré, et que son sang versé a scellé à la croix une fois pour toute. Un tel croyant ne peut pas connaître pleinement le salut, c’est-à-dire être délivré, libéré de la loi du péché (voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés). Il ne peut pas recevoir et connaître pleinement la sanctification qui se produit dans l’union avec le Christ, en celui qui croit.

Ce mensonge de la demande de pardon empêche de recevoir le don de la justification (droiture) et les trésors surabondant de la grâce par lesquels le chrétien règne dans la vie par Jésus-Christ, lui seul (cf. Romains 5:17). Avec ce mensonge de la demande de pardon, il est impossible de vivre la vie juste et sainte que Dieu appelle à vivre, et impossible de vivre toute la plénitude qui se trouve dans l’union avec le Christ. La conséquence est d’être étranger à la vie que Dieu donne véritablement et qu’on observe dans le livre des Actes. Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur.

“Quel est le Dieu semblable à toi, qui efface les fautes et qui pardonne les péchés du reste de ton peuple qui t’appartient? Toi, tu ne gardes pas ta colère à jamais, mais tu prends ton plaisir à faire grâce” (Michée 7:18 BDS).

“Mais toi, Seigneur notre Dieu, tu as de la pitié et tu pardonnes, alors que nous nous sommes révoltés contre toi” (Daniel 9:9 BDS).

“Que tout mon être loue l’Eternel, sans oublier aucun de ses bienfaits. Car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, c’est lui qui te guérit de toute maladie, qui t’arrache à la tombe… Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent” (Psaume 103:2-11 BDS).

Voir le dossier complet avec tous les passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon, sur la page Approche théologique : Dossier: Le point sur le pardon des péchés.