La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_oBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix” (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est “soteria” (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: “Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie” (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est “eirene” (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme “eirene” inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne” (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Romains 1:7 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur” (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Galates 1:3 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Ephésiens 1:2 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix” (Philippiens 1:2 BDS).
  • ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix” (Colossiens 1:2 BDS).
  • Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées” (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix” (1 Timothée 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix” (2 Timothée 1:2 BDS).
  • Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix” (Tite 1:4 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  •  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées” (1 Pierre 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur” (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et “imméritable” (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: “Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée” (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: “Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde” (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: “Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu” (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par “déclarés justes” est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: “Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité” (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: “Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul” (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés” (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: “Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus” (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. “Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: “Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père” (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient” (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit “oui” en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, “agir” par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: “Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits” (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: “La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par “bonté” signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: “Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi” (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : “A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen!” (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La foi sans les actes: méconnaissance de la vérité et/ou incrédulité

Dans la lettre qu’il adresse aux douze tribus dispersées du peuple de Dieu, alors qu’il dénonce le favoritisme Jacques écrit: “Mes frères, à quoi servirait-il à un homme de dire qu’il a la foi s’il ne le démontre pas par ses actes? Une telle foi peut-elle le sauver?” (Jacques 2:14 BDS). Ce que Jacques évoque dans ce deuxième chapitre peut laisser croire faussement qu’il n’est pas en accord avec ce que dit Paul, lorsqu’il parle aussi d’être sauvé. Dans sa lettre aux Ephésiens Paul écrit: “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter” (Ephésiens 2:8-9 BDS).

Il peut être bon de souligner que dans ces deux passages, Paul et Jacques ne sont pas en train de parler de la partie du salut qui consiste à la vie après la mort. Ces deux passages parlent du présent, d’être sauvé du péché dans le quotidien. On parle d’être libéré de la loi du péché qui pousse à commettre le mal indésirable et empêche de faire le bien désiré. Il s’agit de ce qui empêche d’aimer véritablement son prochain.

La foi c’est la confiance en Dieu et en ce qu’il a dit.

foi & actions 4Lorsqu’on parle de la foi, il faut entendre: confiance en la personne de Dieu qui inclue la confiance en ce qu’il a dit. Paul dit clairement aux Ephésiens que ce n’est pas le résultat d’efforts et par des moyens humains que nous sommes sauvés, c’est-à-dire libérés du péché (en terme de force agissante). En réalité, ce que dit Paul est aussi valable pour ce qui est de la résurrection et de l’éternité. La différence pour ce qui est de la vie après la mort est que le constat de cette partie du salut par la foi ne se fait pas de notre vivant. Il n’est pas possible de vérifier ici-bas la validité des promesses de Dieu concernant cette partie du salut qui touche à la vie après la mort. Par contre, pour la partie du salut qui concerne la libération de la loi du péché, qui a pour résultat une vie juste et sainte, le constat est direct. Il en est de même pour toutes les promesses et les aspects du Royaume de Dieu qui sont déjà pour aujourd’hui, tel que Christ les a démontrées.

Jacques laisse entendre dans sa lettre que si la foi est présente chez quelqu’un, ses actions le démontrent forcément, ce n’est pas possible autrement. La foi en la vérité qui est en Jésus-Christ est ce qui libère de la loi du péché. Cette libération n’est effectivement pas le résultat d’efforts, ni d’un accomplissement de quelque chose à faire, mais la conséquence de connaître et de croire la vérité de la grâce de Dieu qui est: Dieu ne tient “plus” compte de nos fautes et de nos péchés (cf. Hébreux 10), il ne nous traite pas selon ce que méritent nos fautes (cf. Psaumes 103:10), Christ l’a enseigné et démontré, jusqu’à sa mort à la croix. Jacques écrit au début du chapitre: “Mes frères, gardez-vous de toutes formes de favoritisme: c’est incompatible avec la foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ” (Jacques 2:1 BDS). Le favoritisme consiste à faire une différence entre les gens dans la manière dont on les considère.

Toutes formes de favoritisme est incompatible avec la foi.

foi & actions 6Il dit ceci parce que le favoritisme est simplement incompatible avec la grâce de Dieu, faveur imméritée et “imméritable” envers tous, et qui est donnée en Jésus-Christ. Dieu lui-même ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2), il traite tout le monde selon les mêmes critères, “car Dieu a enfermé tout homme dans la désobéissance afin de faire grâce à tous” (Romains 11:32 BDS). Aussi, quelqu’un qui tend à faire une différence entre les gens et à les considérer différemment les uns des autres, démontre par là qu’il ne vit lui-même pas sous le régime de la grâce de Dieu. En réalité, il vit encore sous le régime de la loi de Moïse, c’est-à-dire sous une forme quelconque d’autojustification. Il y a là un signal concernant la vérité. Pourquoi? Parce que quelqu’un qui vit lui-même sous le régime de la grâce ne peut que traiter les autres sans favoritisme ni différence entre les gens, ce régime étant pour tous sans différence entre les gens. Le fait est que chaque individu applique aux autres les mêmes principes sous lesquels il vit lui-même. S’il vit pleinement sous la grâce de Dieu par la foi, il appliquera le principe de la grâce. S’il vit sous le principe du mérite (la loi de Moïse), il traitera les autres en fonction de ce qu’il juge qu’ils méritent, et étant lui-même sous la condamnation de cette même loi, il portera un jugement de condamnation sur les autres.

Ainsi, faire une différence entre les gens est une démonstration de l’absence de foi en la vérité que Christ a démontrée au sujet de l’amour du Père, et du fait qu’il ne fait pas de favoritisme. C’est aussi une démonstration que le don de la justification/droiture n’a pas été saisi par la personne au moyen de la foi. Le don de la justification/droiture n’a pas été reçu par le moyen de la foi chez celui qui traite les gens en faisant une différence entre les uns et les autres. Une fois encore, il est important en toute humilité d’entendre cette indication sans culpabilité. Il y a là une information précieuse pour vérifier la substance de la foi, pour ce qui touche à la justification.

Maintenant, Jacques dit encore: “Il en est ainsi de la foi: si elle reste seule, sans se traduire en actes, elle est morte” (Jacques 2:17 BDS), et en parlant d’Abraham il dit: “Tu le vois, sa foi et ses actes agissaient ensemble et, grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement. Ainsi s’accomplit ce que l’Écriture déclare à son sujet: Abraham a eu confiance en Dieu, et Dieu, en portant sa foi à son crédit, l’a déclaré juste, et il l’a appelé son ami. Vous le voyez donc: on est déclaré juste devant Dieu à cause de ses actes, et pas uniquement à cause de sa foi” (Jacques 2:22-24 BDS). Le fait est qu’on ne peut pas prétendre avoir la foi et ne pas agir en conséquence de cette confiance en Dieu et dans Sa Parole véritable: Jésus-Christ. La foi ne peut pas être silencieuse et dépourvue d’actions, parce qu’on s’exprime et agit inévitablement en fonction de ce qu’on croit réellement.

Nos actions démontrent la substance de ce qu’on croit.

Croissance d'une pâquerette, fond nature et soleilPar exemple, quelqu’un qui prétend croire que ses péchés sont pardonnés à cause de Jésus-Christ, mais qui, s’il commet une faute demande à Dieu de le pardonner pour la faute commise, démontre qu’en réalité il ne croit pas que ses péchés ont déjà été pardonnés à cause de ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré. En réalité, il démontre qu’il croit qu’il est pardonné en réponse à sa demande d’être pardonné, et pas parce que Dieu est amour et que l’amour pardonne. Ceci démontre qu’il ne croit pas qu’il est déclaré juste par sa foi. Aussi, il agit en conséquence… Dans les faits, il n’a pas confiance dans ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ. La triste réalité est que c’est exactement ce qui maintient un grand nombre de croyants sous la loi du péché et l’esclavage de celui-ci. C’est pour cela que Jean dit à ceux qu’il a amené à la foi en Christ: “Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire (attention le terme original signifie ici un apaisement. La notion de victime est contraire à la parole de Christ) pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. Si nous gardons ses commandements, nous savons par cela que nous l’avons connu” (1 Jean 2:1-3 NEG79). Jean donne ici un rappel de ce que Christ a démontré et son “rôle auprès du Père”. Toutefois Jésus et le Père ne sont qu’un (voir Jean 10:30). Jean ne donne aucune indication de quelque chose à faire pour que ce soit effectif, aucune demande à Dieu pour être pardonné. Et Jean donne même le moyen pour vérifier que le pardon des péchés est bien compris, et donc que la connaissance de Christ est correcte: l’obéissance à ses commandements.

Dans Romains 10, Paul parle de la justice (à comprendre par justification et droiture) reçue par le moyen de la foi et il dit que cette foi s’exprime. “Que dit-elle donc? La Parole de Dieu est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole est celle de la foi, et c’est celle que nous annonçonsEn effet, si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé, car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve” (Romains 10:8-10 BDS).

foi & actions 3Dans ce passage Paul parle de la partie du salut qui touche la vie après la mort et il confirme ce que dit Jacques: la foi et les actes agissent ensemble. L’action ici c’est l’affirmation, c’est-à-dire verbaliser ce qu’on croit. Paul dit que quelqu’un qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste. Ceci est un verdict établi par Dieu, mais sans résultat visible dans ce monde à ce stade. Mais Paul dit que lorsque celui qui croit dans son cœur affirme de sa bouche, alors Dieu le sauve (voir aussi Matthieu 12:37). On peut illustrer cela en disant: Croire a pour conséquence un statut et agir en fonction de ce qu’on croit a pour conséquence l’action de Dieu. C’est ainsi qu’il faut percevoir que la foi qui ne se traduit pas en action est morte, elle ne porte aucun résultat. Croire sans agir en fonction de ce qu’on croit est vain. En ce qui concerne la vie après la mort, l’action est une affirmation verbalisée qui traduit ce qui est cru dans le cœur. Nous avons dans les évangiles un exemple concret de ce passage de Romains 10. En une phrase, le brigand sur la croix démontre à la fois qu’il croit dans son cœur que Dieu va ressusciter Jésus, et il confesse que Jésus est Seigneur: “Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner” (Luc 23:42 BDS). Ce n’est pas par des “œuvres”, un accomplissement de quelque chose, que le brigand est déclaré juste, mais par ce qu’il croit dans son cœur. Son affirmation démontre ce qu’il croit, c’est là une action en fonction de ce qu’il croit. Les péchés de cet homme lui sont déjà pardonnés, sans aucune demande. C’est précisément pour scellé une fois pour toute ce pardon, le fait que Dieu est pour les hommes et pas contre les hommes, que Jésus est cloué à côté de lui. Et la réponse de Jésus à ce que dit le brigand est claire: “Vraiment, je te l’assure: aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis“(Luc 23:43 BDS). On pourrait résumer ainsi:

La foi c’est croire et agir en fonction.

La foi se traduit par des actions parce que tout individu agit en fonction de ce qu’il croit. Le fond de ce que les gens croient est démontré par leurs actions et leurs affirmations. La Bible décrit tout ce que croire en Jésus-Christ produit et qui pourrait se résumer ainsi: la vie de Christ, par Son Esprit, en celui qui croit avec les mêmes œuvres (et même de plus grandes) qu’il a pratiquées lui-même par ce même Esprit (cf. Jean 14:12-13). Jean le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS). Toutes ces choses ne sont pas le fruit d’efforts humains, mais bien l’œuvre de Dieu lui-même, car c’est lui qui produit à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (cf. Philippiens 2:13). Il fait cela par son Esprit, qui est donné à celui qui croit en la Bonne Nouvelle de la grâce en Jésus-Christ (cf. Galates 3:5). La totalité de ce que Dieu fait et donne est le fruit de sa grâce, faveur imméritée et “imméritable”. Le moyen d’y accéder est celui de la foi: croire dans son cœur ce que Dieu a dit en Christ et agir en fonction de ce qu’on croit. Le piège pour de nombreux croyants, c’est lorsqu’ils essaient de vivre comme Christ a vécu et qu’il attend de ses disciples (parce que Jésus sait ce que la vérité produit), mais sans discerner que s’ils n’y arrivent pas, ce n’est pas à cause d’un manque d’efforts, de volonté ou de prière, mais par méconnaissance de la vérité concernant la justification/droiture, ou parce qu’ils ne croient pas cette vérité de la justification/droiture par le seul moyen de la foi*. Ils pourront toutefois expérimenter des dons de l’Esprit (1 Corinthiens 12) mais le fruit de l’Esprit (Galates 5:22-23) sera très peu présent. Ils pourront expérimenter les trésors surabondants de la grâce de Dieu dans de nombreux domaines de leur vie, où ils ont confiance dans les promesses de Dieu sans faire intervenir le mérite. Mais ils ne pourront pas expérimenter pleinement la vie juste et sainte, ni l’entière protection de Dieu que produit la vérité de la justification/droiture saisie par le moyen de la foi (voir aussi La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu). Et, surtout ils n’arriveront pas à aimer véritablement leur prochain, d’autant plus si ce prochain est leur ennemi, ou si ce prochain mène une vie caractérisée par le péché. Même un frère ou une sœur dans la foi qui ferait une faute leur sera détestable.

Ainsi, lorsque quelqu’un prétend avoir la foi en Jésus-Christ et que ses actions ne démontrent pas les réalités que la Bible décrit comme conséquences de la foi, cela indique deux possibilités:

  • une méconnaissance de la vérité: la personne croit quelque(s) chose(s) concernant Dieu, Jésus-Christ, et les choses de Dieu qui est inexact, imprécis, ou qui n’est simplement pas la vérité. Il peut aussi s’agir simplement d’ignorance, la personne ne sait pas car elle n’a pas eu connaissance de certains éléments inclus dans la vérité concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu. Cette méconnaissance peut venir d’enseignements incorrects que la personne a reçus (par des prédications, des lectures, l’opinion des autres etc.) et croit des choses sans savoir qu’il y a des erreurs dans ce qu’elle croit. En général, c’est déjà au niveau de la fondation concernant le pardon des péchés qu’il y a une méconnaissance de la vérité.
  • il y a incrédulité: la personne ne croit pas la vérité qu’elle prétend. En réalité ce cas semble assez improbable, parce que quelqu’un qui prétend que ce qu’il dit concernant Dieu, Jésus-Christ et les choses de Dieu est la vérité, agit en fonction de ce qu’il croit. Et si ce qu’il croit est effectivement la vérité, alors c’est la plénitude de Christ et des choses de Dieu qui sera expérimenté et constaté par la personne elle-même. Cette personne expérimentera les réalités invisibles du Royaume de Dieu qui deviennent visibles par la foi, et l’accomplissement des promesses de Dieu qu’elle connait. Cette expérience de la vérité va même renforcer sa foi, confirmer la vérité, la remplir d’assurance et augmenter sa confiance en Dieu, donc supprimer son incrédulité concernant les choses qu’elle connait, parce que “grâce à ses actes, sa foi a atteint son plein épanouissement” (Jacques 2:22). Aussi, elle sera plein d’assurance concernant ce qu’elle connait de la vérité.

 

*Note: “par le seul moyen de la foi” veut dire agir conformément au fait de croire que ce ne sont pas nos œuvres bonnes, l’absence de mal avec une vie juste et sainte, ni le fait d’avoir de bonnes valeurs morales etc, ni même une demande de pardon, par lesquels nous sommes pardonnés et déclarés justes, mais uniquement par la foi en Dieu par Jésus-Christ (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés).