La croissance par la connaissance de Dieu

Dans sa lettre aux Colossiens, après avoir mentionné d’avoir appris de quel amour l’Esprit les anime, Paul leur écrit : “C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous; nous demandons que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients” (Colossiens 1:9-11 NEG79).

Ce que Paul demande dans ses prières est toujours très dense et instructif. Ce passage nous laisse percevoir que c’est par la puissance glorieuse de Dieu que nous sommes fortifiés à tous égards. Il souligne aussi que cette fortification a pour but d’être persévérants et patients, et cela avec joie et toujours. On perçoit ici un état qui ne dépend pas des circonstances, mais qui est le résultat d’une certaine maturité. Cette maturité est agréable au Seigneur et correspond à une marche digne de Lui, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres. Et Paul précise “croissant par la connaissance de Dieu“. Ainsi, c’est la connaissance de Dieu qui amène la croissance. Le terme traduit par connaissance ici est epignosis qui a le sens de connaissance précise et correcte. Ce ne sont pas des efforts à fournir mais une connaissance précise et correcte de Dieu qui produit la croissance. En d’autres termes, si nous ne grandissons pas dans la connaissance de Dieu, il ne faut pas s’étonner d’un manque de croissance “spirituelle”. Si les choses que nous connaissons de Dieu sont imprécises et incorrectes, la croissance ne se produit pas. Parfois, on croit connaître Dieu, mais si ce qu’on connait de Dieu n’est pas conforme à la vérité, la maturité où la persévérance et la joie sont toujours présents ne peut pas être atteinte. Il est bon de rappeler que la mesure de la connaissance de Dieu c’est l’amour, conformément à ce que la première lettre de Jean nous laisse savoir : “Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:7-8 NEG79). Dieu est amour, il s’agit donc de grandir dans la connaissance des caractéristiques de l’amour telles que Christ les a faites connaître. Une méconnaissance intime des caractéristiques de l’amour de Dieu est un obstacle à la croissance. Jésus-Christ est la vérité. C’est pourquoi il est important de passer en revue notre connaissance de Dieu à la lumière de la vérité qui est en Jésus-Christ.

Connaître la volonté de Dieu: Entière sagesse et parfait discernement par l’Esprit-Saint

Dans sa lettre aux Colossiens, Paul écrit : “Aussi, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous aussi, nous ne cessons de prier Dieu pour vous. Nous lui demandons qu’il vous fasse connaître pleinement sa volonté, en vous donnant, par le Saint-Esprit, une entière sagesse et un parfait discernement. Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d’œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu’au bout – et cela avec joie.” (Colossiens 1:9-11 BDS)

Paul demande pour les Colossiens que Dieu leur fasse connaître pleinement sa volonté. Il laisse comprendre que cette connaissance se produit lorsque Dieu donne une entière sagesse et un parfait discernement, et que cela se produit par le Saint-Esprit. Jésus-Christ a annoncé à ses disciples que lorsque le Saint-Esprit, qu’il appelle aussi le Consolateur et l’Esprit de vérité, sera venu, celui-ci leur enseignera toute chose, il les conduira dans la vérité tout entière, il rappellera les paroles que Jésus a prononcées et annoncera les choses à venir. Le Saint-Esprit ne parlera pas de lui-même, mais il parlera de ce qu’il aura entendu. (cf. Jean 14, Jean 16). Cela signifie que l’Esprit-Saint, en nous, enseigne à partir de ce qu’il entend, que ce soit à partir des Écritures (paroles écrites) ou par ce qui est prononcé. Mais toute parole écrite ou prononcée n’est pas nécessairement conforme à l’Esprit de vérité. Le discernement est donc nécessaire. Mais Paul vient de laisser savoir que pour connaître pleinement la volonté de Dieu, une entière sagesse et un parfait discernement sont nécessaires. Plus loin, Paul dit aux Colossiens que “En lui (Christ) se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.” (Colossiens 2:3 BDS) C’est donc dans la vérité qui est en Jésus-Christ, et que l’on trouve dans les Évangiles qui sont le point de départ, que se trouve “cachés” tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. En Jésus-Christ se trouve ce qui est nécessaire pour parvenir à une entière sagesse et un parfait discernement, tels que Jésus-Christ en est lui-même le témoin. C’est par Jésus-Christ, à l’aide de l’Esprit-Saint, que cela est rendu possible. Jean va d’ailleurs confirmer ce que Jésus a dit concernant l’Esprit-Saint qui nous enseigne toutes choses, lorsqu’il écrit : “Je vous ai écrit ces choses au sujet de ceux qui vous égarent. Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, qu’elle est véritable, et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés.” (1 Jean 2:26-27 NEG79) La version du Semeur le rend un peu plus explicite : “C’est au sujet de ceux qui vous entraînent dans l’erreur que je vous écris ces choses. Quant à vous, l’Esprit dont vous avez été oints par Christ demeure en vous. Vous n’avez donc pas besoin que l’on vous instruise, car cet Esprit dont vous avez été oints vous enseigne tout. Il est véridique, il ne ment pas. Restez donc attachés à cet enseignement tel que vous l’avez reçu de l’Esprit.” (1 Jean 2:26-27 BDS) Malheureusement, de nos jours très peu d’enseignants instruisent dans le sens de ce que Jean a écrit ici conformément à la vérité qui est en Jésus-Christ. Très peu nombreux sont ceux qui enseignent les croyants à être enseignés directement par l’Esprit-Saint, et à être attachés à ce que l’Esprit leur enseigne par Jésus-Christ. De nombreux enseignants ont tendance à véhiculer indirectement, et malgré eux, l’idée qu’ils sont eux-mêmes indispensables pour l’instruction des croyants. Ainsi, au lieu d’instruire en sorte que les croyants soient eux-mêmes enseignés par l’Esprit-Saint, par exemple dans leur propre lecture des Écritures, ils instruisent en sorte que les croyants restent dépendant de l’enseignement de leurs “maîtres”. Il en résulte une relation de codépendance entre ceux qui enseignent et ceux qui sont enseignés, les enseignants ayants souvent fait de leur “ministère” leur profession, par laquelle ils vivent et subviennent à leurs besoins. Ainsi, un tel enseignant n’instruira pas ses propres disciples en leur disant “vous n’avez donc pas besoin que l’on vous instruise, car cet Esprit dont vous avez été oints vous enseigne tout“.

Colossiens 1C’est pourquoi Jean écrit plus loin : “Mais attention, mes chers amis, ne vous fiez pas à n’importe quel esprit; mettez les esprits à l’épreuve pour voir s’ils viennent de Dieu, car bien des prophètes de mensonge se sont répandus à travers le monde. Voici comment savoir s’il s’agit de l’Esprit de Dieu: tout esprit qui reconnaît que c’est pleinement humain que Jésus est venu, vient de Dieu. Tout esprit, au contraire, qui ne reconnaît pas ce Jésus-là ne vient pas de Dieu. C’est là l’esprit de «l’anti-Christ» dont vous avez entendu annoncer la venue. Eh bien, dès à présent, cet esprit est dans le monde. Vous, mes enfants, vous êtes de Dieu et vous avez la victoire sur ces prophètes de mensonge, car celui qui est en vous est plus puissant que celui qui inspire ce monde. Eux, ils font partie du monde. C’est pourquoi ils tiennent le langage du monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu. Celui qui connaît Dieu nous écoute, mais celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas. De cette manière, nous pouvons distinguer l’Esprit de la vérité de l’esprit de l’erreur.” (1 Jean 4:1-6 BDS) Déjà au temps de Jean, bien des prophètes de mensonge se sont répandus à travers le monde. Alors qu’en est-il aujourd’hui? La sagesse de l’esprit de l’erreur, conforme à l’esprit du monde et anti-Christ, est une sagesse du monde qui se base sur les seules principes de ce monde tel que le vivent ceux qui sont au stade d’enfant (voir Galates 4) et ne fait en général pas intervenir le moyen de la foi. C’est une sagesse qui fait appel aux hommes et aux moyens humains (voir Jérémie 17), sans faire intervenir la foi (voir Hébreux 11). La sagesse de Dieu apparaît comme une folie pour ceux qui ne marchent pas par le moyen de la foi pour puiser dans la grâce de Dieu, mais qui marchent par leurs propres moyens, qui sont des moyens tout humains conformes à ce monde. Et la sagesse de ce monde est une folie aux yeux de Dieu (cf. 1 Corinthiens 3). Malheureusement, c’est bien souvent une sagesse du monde basée sur les principes de ce monde qui est enseignée parmi les croyants par ceux qui ne font pas intervenir le moyen de la foi, ni le renouvellement de la pensée dans leur enseignement.

Jean parle de l’esprit de l’erreur qui est dans le monde et qui s’oppose à Christ, et il dit que cet esprit ne confesse pas que Jésus est venu pleinement humain. Mais depuis des siècles, certains prétendent que Jésus est pleinement humain et aussi pleinement Dieu, dans le sens d’égal à Dieu. Une telle affirmation est contraire à l’ensemble des paroles que Jésus-Christ a exprimées et contraire à ce qu’on peut lire dans les lettres du Nouveau Testament. Jésus ne s’est nullement fait l’égal du Père. Il a clairement exprimé “car le Père est plus grand que moi” (Jean 14:28) et “Mon Père… est plus grand que tous” (Jean 10:29). Jésus s’est référé à lui-même en tant que “fils de l’homme” a près de 80 reprises dans les évangiles. De plus, appeler Dieu son Père ne fait pas de quelqu’un l’égal du Père, ni l’égal de Dieu. Autrement, lorsque Jésus enseigne ses disciples à prier Dieu en disant “notre Père qui est aux cieux” cela signifierait que tous ceux qui s’expriment avec cette prière sont l’égal de Dieu… De plus, l’unité avec le Père dont Jésus parle en disant “Moi et le Père nous sommes un” (Jean 10:30 NEG79) est une unité d’esprit, une même manière de penser et d’agir conforme au Père, et qui l’amène a dire à Philippe : “Celui qui m’a vu a vu le Père” (Jean 14:9 NEG79). C’est d’ailleurs à cette même unité avec le Père que Jésus appelle ses disciples à vivre lorsqu’il prie au Père : “Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné (Yeshua=Dieu sauve), afin qu’ils soient un comme nousJe leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes unmoi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.” (Jean 17:11, 22-23 NEG79). Ainsi, il ne faut pas confondre un caractère divin, conforme à Dieu est amour, une unité avec le Père tel que Jésus-Christ en a été le témoin, et une égalité avec le Dieu Tout Puissant qu’il n’a pas affirmée, ni les auteurs des lettres du Nouveau Testament d’ailleurs. Les versets qui semblent prétendre à une égalité avec Dieu sont en général pris hors contexte et sans tenir compte de l’ensemble des paroles de Jésus qui se trouvent dans les évangiles.

Jésus après avoir affirmer à des scribes et des pharisiens “Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie” (Jean 8:12 NEG79) et “Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père” (Jean 8:19 NEG79), il a mis en garde sur l’importance de croire ce qu’il est, sans quoi nous mourrons dans nos péchés, c’est-à-dire nous mourrons dans nos fausses manières de comprendre les choses et nos fausses manières de penser. Après leur avoir dit “Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais“, puis qu’il est ce qu’il dit depuis le commencement, Jésus s’exprime clairement : “C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés; car si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés.” (Jean 8:24 NEG79) De plus, Jésus a été clair en disant que le Père est le seul vrai Dieu (cf. Jean 17:3). En général, ceux qui font Jésus l’égale de Dieu, et diminuent son humanité, en viennent à enseigner qu’il est impossible de marcher comme Jésus. Mais il est clair que sans un renouvellement de la manière de penser pour l’aligner à la sienne, cela est impossible. Toutefois, Jésus a enseigné que ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu (cf. Luc 18:27). Et Dieu donne son Esprit pour ce faire. Il est important de ne pas oublier non plus que Jésus a enseigné que le blasphème contre le Saint-Esprit est ce qui empêche de recevoir l’effacement des péchés, c’est-à-dire l’effacement des fausses manières de penser (cf. Matthieu 12:31). Aller à l’encontre de ce que l’Esprit-Saint enseigne prive de l’expérience du salut déjà dans ce monde. Cela empêche de pouvoir être renouvelé dans notre manière de penser afin de pouvoir marcher comme Jésus.

Paul écrit aux Romains : “Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.” (Romains 12:2 NEG79)

Ainsi, la volonté de Dieu est ce qui est bon, ce qui est agréable conformément aux caractéristiques de l’amour (cf. 1 Corinthiens 13), et ce qui est parfait. C’est là la volonté de Dieu. Et pour pourvoir discerner ce qui est bon, agréable et parfait, il est nécessaire d’être transformé par le renouvellement de notre intelligence. Le terme original grec nous traduit par intelligence signifie toutes les facultés de perception et de compréhension et celles de sentiment, jugement, détermination. Il s’agit de notre manière de comprendre les choses, c’est-à-dire notre manière de penser. Et notre manière de penser doit s’aligner sur les caractéristique de l’amour, les caractéristiques du Père tel que Jésus-Christ l’a révélé. Paul l’a exprimé ainsi : “Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l’instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ.” (1 Corinthiens 2:16 NEG79) Ainsi, la manière de penser du Christ se retrouve dans l’enseignement du Christ et dans le témoignage de sa vie conforme à la vérité. Et lorsque nous nous laissons transformer par le changement de notre manière de penser pour l’aligner avec celle de Jésus-Christ, alors nous faisons l’expérience des caractéristiques de l’amour tel que Jésus-Christ les a enseignées et démontrées lui-même. Et ainsi, nous parvenons à une entière sagesse et à un parfait discernement, qui conduit à la connaissance de la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. “Ainsi vous pourrez avoir une conduite digne du Seigneur et qui lui plaise à tous égards. Car vous porterez comme fruit toutes sortes d’œuvres bonnes et vous ferez des progrès dans la connaissance de Dieu. Dieu vous fortifiera pleinement à la mesure de sa puissance glorieuse, pour que vous puissiez tout supporter et persévérer jusqu’au bout – et cela avec joie.” (Colossiens 1:9-11 BDS)

L’amour: conséquence d’un coeur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère

Coeur pur 1Dans sa première lettre à Timothée, Paul lui rappelle qu’il l’a encouragé à demeurer à Ephèse pour avertir certains de ne pas enseigner de doctrines étrangères à la foi (cf. 1 Timothée 1:3 – BDS). Il faut comprendre que tout ensemble de croyances et de principes qui ne s’appuient pas sur la confiance en Dieu comme le seul moyen de transformation et d’accès aux réalités du règne de Dieu, n’appartient pas à la foi. En réalité, tout enseignement qui ne fait pas intervenir le moyen de la foi, c’est-à-dire des choses à croire au sujet de Dieu, est voué à l’échec et à la déception de ceux qui s’y attachent. Tout enseignement qui s’appuie sur une sagesse tout humaine basée sur les principes de ce monde n’a rien à voir avec la foi, et n’a donc rien à voir avec l’Evangile qui est la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est uniquement par le moyen de la foi qu’on accède à la grâce de Dieu (cf. Ephésiens 2:8). Il s’agit de la faveur de Dieu qui, par définition et par ce qui caractérise l’amour, ne peut faire intervenir aucune notion de mérite (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu). Paul précise ensuite l’intention de sa lettre à Timothée: Le but de cet avertissement est d’éveiller l’amour, un amour venant d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère” (1 Timothée 1:5 – BDS).

L’amour est central dans tout l’Evangile car c’est la nature même de Dieu, il est amour (cf. 1 Jean 4:8, 4:16). Et l’homme est créé précisément, homme et femme, pour être l’image de Dieu (cf. Genèse 1:26-27), c’est-à-dire amour. Cela signifie aimer comme Dieu aime, car Dieu est amour. Christ est l’exemple parfait de cette image visible du Dieu invisible, telle que créée conformément à son intention (cf. Colossiens 1:15). En parlant de l’amour et de Dieu, Jean l’exprime ainsi: “Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous” (1 Jean 4:17 – LSG). Toutefois, Jean ne dit pas cela sans avoir précisé d’où vient cet amour qui l’habite : “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (1 Jean 4:16 – LSG), “Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu” (1 Jean 4:7 – BDS). Et Jean fait donc le constat que: “Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier” (1 Jean 4:19 – BDS). Paul rappelle aussi que: “la Loi se trouve accomplie tout entière par l’obéissance à cette seule parole: Aime ton prochain comme toi-même” (Galates 5:14 – BDS, cf. aussi Romains 13:9). Jacques appelle cette réalité de l’amour: “la loi du royaume de Dieu” (cf. Jacques 2:8). Paul dit que si nous n’avons pas l’amour en nous, nous ne sommes rien et que même le don de notre vie, sans l’amour, ne nous sert de rien (cf. 1 Corinthiens 13:1-3). Les caractéristiques de l’amour sont celles que Christ a manifestées jusqu’à donner sa propre vie par amour. Ce sont des caractéristiques que Paul connait bien, à cause de l’amour du Christ qu’il a vu naître en lui: “L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal (il ne tient pas compte du mal). L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin” (1 Corinthiens 13:4-8 – BDS). L’absence de l’amour verra toujours la présence de caractéristiques qui lui sont opposées comme par exemple: de l’impatience, de la méchanceté, de l’envie, le besoin de se faire valoir, de l’orgueil, du cynisme, une recherche de son propre intérêt, de l’irritabilité, du ressentiment, une réjouissance lorsque le mal atteint ceux qui commettent le mal, l’absence de réjouissance face à la faveur imméritée (notamment celle que les autres expérimentent), de l’accusation (envers les autres et envers soi-même), de l’anxiété, de la crainte, du désespoir, de l’inconstance. Ce sont là autant de caractéristiques qui sont un signal qui indique le manque d’amour, c’est-à-dire un manque d’enracinement dans l’amour que Dieu a pour nous. L’amour vient de Dieu. Celui qui n’est pas établi dans l’amour que Dieu a pour lui, ne pourra pas aimer les autres. Il ne pourra pas porter en lui les caractéristiques de l’amour décrites dans 1 Corinthiens 13.

Paul donne des clés importantes pour parvenir à cet amour en disant que l’amour vient à la fois d’un cœur pur, et d’une bonne conscience et d’une foi sincère. Ces composantes sont donc impliquées pour parvenir à l’amour que Paul et Jean ont expérimenté eux-mêmes.

Un cœur pur, une bonne conscience, une foi sincère

Coeur pur 2Jésus a dit “Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu” (Matthieu 5:8 – BDS). Après avoir constaté qu’en entendant la Bonne Nouvelle les non-Juifs sont devenus croyants et que Dieu les a marqué en leur donnant son Esprit comme aux Juifs, Pierre s’est exprimé devant d’anciens membres du parti des pharisiens en disant: Entre eux (non-Juifs) et nous (Juifs), il (Dieu) n’a fait aucune différence puisque c’est par la foi qu’il a purifié leur cœur” (Actes 15:9 – BDS). En devenant croyant en la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, Dieu marque de son Esprit, et dans ce qui avait été annoncé de l’alliance en Jésus-Christ, il y a cette partie: “je placerai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée (cf. Hébreux 10:16, 8:10). Ceci correspond à ce qui avait été annoncé par la bouche d’Ezéchiel à deux reprises : “Je leur donnerai un cœur qui me sera entièrement dévoué et je mettrai en eux un esprit nouveau, j’ôterai de leur être leur cœur dur comme la pierre, et je leur donnerai un cœur de chair, afin qu’ils vivent selon mes ordonnances, qu’ils obéissent à mes lois, et les appliquent. Ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu” (Ezéchiel 11:19-20 – BDS), “Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau, j’enlèverai de votre être votre cœur dur comme la pierre et je vous donnerai un cœur de chair” (Ezéchiel 36:-26 – BDS). Avec les lois de Dieu (les lois de l’amour) dans le cœur, le cœur est purifié, il s’aligne avec celui de Dieu. Ainsi, celui qui a reçu ce cœur nouveau est rendu sensible aux mêmes choses que Dieu. Le moyen de la foi est impliqué puisque c’est en croyant en la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ que ce cœur nouveau est donné par Dieu, avec son Esprit. Mais pour que le cœur reste établi dans cette réalité, il est important de demeurer dans la grâce de Dieu. C’est ce que l’auteur aux Hébreux souligne alors qu’il donne la même mise en garde que la première lettre de Paul à Timothée: “Ne vous laissez pas entraîner par toutes sortes de doctrines qui sont étrangères à notre foi. Ce qui est bien, en effet, c’est que notre cœur soit affermi par la grâce divine et non par des règles relatives à des aliments. Ces règles n’ont jamais profité à ceux qui les suivent” (Hébreux 13:9 – BDS). Cette réalité des lois de Dieu, gravées dans le cœur du croyant qui est né d’Esprit, n’est pas suffisante pour qu’il puisse vivre conformément à ces lois de l’amour. Il est essentiel de ne pas négliger la deuxième partie de l’alliance: “il ajoute: Je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs fautes. Or là où il y a pardon (effacement) des péchés, il n’y a plus à présenter d’offrande pour le péché” (Hébreux 10:17-18 – SG21). Sans cette deuxième partie, il est impossible pour le croyant d’avoir une bonne conscience, car il essaiera de se conformer aux lois de Dieu, qui se trouvent maintenant inscrites dans son cœur avec l’idée d’être justifié devant Dieu par cette conformité et il échouera (cf. Galates 5:4). Cela donne même de la force au péché (cf. 1 Corinthiens 15:56, Romains 3:28, 7:8). L’Accusateur s’appuiera avec plaisir sur ces lois inscrites dans le cœur pour placer alors le croyant sous la culpabilité devant Dieu. Aussi, le croyant ne sera pas rempli d’assurance devant Dieu et aura tendance à se “tenir à distance” de Dieu et se sentir séparé de Lui. Pourtant, Dieu ne lui retire pas son Esprit, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). C’est ce que Jean laisse percevoir en disant: “si notre cœur ne nous condamne pas, nous sommes pleins d’assurance devant Dieu” (1 Jean 3:21 – BDS) et que l’auteur aux Hébreux souligne de cette manière: Approchons-nous donc de Dieu avec un cœur droit, avec la pleine assurance que donne la foi, le cœur purifié de toute mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure” (Hébreux 10:22 – BDS). Le moyen de la foi purifie le cœur de toute mauvaise conscience et cela produit la sanctification, une vie juste et sainte, le corps lavé d’une eau pure comme la réalité du baptême d’eau: nous sommes lavés par l’Esprit.

Coeur pur 3Ce que Dieu a révélé en Christ, à travers ce qu’il a enseigné et fait, c’est ce qui purifie celui qui croit (cf. Jean 15:3). Jésus a dit à Pierre qui ne voulait pas être lavé par Jésus: “Si je ne te lave pas, il n’y a plus rien de commun entre toi et moi” (Jean 13:8 – BDS). Ce que Jésus nous laisse savoir ici, c’est que si c’est lui qui nous lave et nous purifie, alors nous avons tout en commun avec lui. En lavant les pieds de ses disciples Jésus a démontré la valeur de ses disciples à ses yeux, aux yeux de Dieu. Jésus a démontré que ce qui peut être salle chez l’homme et produire le sentiment de honte, ne repousse pas Dieu, au contraire, Dieu le lave pour redonner toute sa dignité à l’homme. Et ce que nous avons en commun avec Jésus c’est en particulier l’amour du Père pour nous: “Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 – BDS). En saisissant l’amour de Dieu pour nous démontré en Christ, cet amour que rien ne repousse, alors cet amour nous habite. Lorsque c’est ce que Jésus a enseigné et démontré par sa vie jusqu’à accepter la mort sur une croix, ce qui amène la bonne conscience, alors nous avons tout en commun avec Christ qui nous purifie. Lorsque nous avons l’amour en commun, alors nous avons tout en commun avec Lui, car tout découle de l’amour. Lorsque le croyant vit dans la réalité que Dieu ne tient pas compte de ses fautes, il peut alors marcher dans la lumière avec une bonne conscience, d’autant plus que le péché perd alors son emprise sur ce croyant (cf. 1 Jean 1:7, Romains 6:14) et qu’il devient habilité à ne plus être dominé par le mal. Ceci lui permet ainsi de marcher conformément aux lois de Dieu qui sont dans son cœur, dans la communion avec Dieu. “En effet, celui qui fait le mal déteste la lumière, et il se garde bien de venir à la lumière de peur que ses mauvaises actions ne soient révélées. Mais celui qui a une conduite conforme à la vérité vient à la lumière pour qu’on voie clairement que tout ce qu’il fait, il l’accomplit dans la communion avec Dieu” (Jean 3:20:21 – BDS).

Le fait est qu’une foi sincère, authentique, est nécessaire pour que la conscience soit bonne et que le cœur soit purifié. Sans le moyen de la foi, ni la bonne conscience ni la purification du cœur ne se produise. L’absence d’une bonne conscience démontre que le croyant ne croit pas dans l’effacement de ses fautes sans prérogative de sa part, il ne croit pas au don de la justification, il ne s’en saisit pas par le moyen de la foi. Sa conscience le condamnera en s’appuyant alors sur les lois de Dieu qui sont dans son cœur. En général, un tel croyant continuera à vouloir “présenter une offrande pour le péché“, que ce soit à travers ses œuvres pour Dieu, ou par des demandes de pardon (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés), ou par le regret de ses fautes (voir aussi Dossier: Le point sur la repentance). Et il faut savoir qu’il n’est pas possible de traiter les autres différemment que l’on se traite soi-même. Ainsi, sans une bonne conscience le croyant condamnera les autres à la mesure de sa propre mauvaise conscience. Un tel croyant attendra des autres qu’ils lui fassent des excuses pour leur pardonner et/ou qu’ils soient remplis de regrets avant de leur pardonner. Il ne pourra pas leur faire grâce et les aimer comme Christ les aime. Il aura tendance à juger et condamner les autres d’après les lois de Dieu qui sont dans son cœur et gravées dans ses pensées. Ainsi, il ne peut simplement pas vivre les caractéristiques de l’amour. Ne se saisissant pas de la grâce de Dieu pour lui-même, il sera incapable de manifester la grâce aux autres.

Coeur pur 4C’est pourquoi, en parlant de l’amour qui vient d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère, Paul continue en disant: “Certains se sont écartés de ces principes et se sont égarés dans des argumentations sans aucune valeur. Ils se posent en enseignants de la Loi mais, au fond, ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni les sujets sur lesquels ils se montrent si sûrs d’eux-mêmes” (1 Timothée 1:6-8 – BDS). Et la caractéristique inévitable lorsqu’on s’écarte de ces principes évoqués par Paul est alors l’absence de l’amour du Christ chez le croyant. Et Paul se donne en exemple de la transformation que la Bonne Nouvelle produit par le moyen de la foi (cf. 1 Timothée 1:15). Paul a été sauvé et transformé par le moyen de la foi. Il n’y a aucun autre moyen que celui de la foi qui permette l’accès à ces réalités. Paul a été délivré du péché dans lequel il était captif lorsqu’il fonctionnait au mérite (sous le régime de la loi de Moïse) sans le moyen de la foi, cela avant de croire en l’Evangile (cf. Romains 7:8-11). Son expérience passée était à cause d’une mauvaise approche de la Loi (les dix paroles/commandements). La bonne conscience est charnière dans la relation avec Dieu et la vie par le moyen de la foi. Paul en parle en ces termes: “…cette bonne conscience dont certains se sont écartés au point que leur foi a fait naufrage” (1 Timothée 1:19 – BDS). La confiance en Dieu, la foi, cette pleine assurance devant Dieu disparaît lorsque le croyant est habité par une mauvaise conscience. C’est malheureusement, le cas de nombreux croyants aujourd’hui. Ils ne sont pas remplis d’assurance devant Dieu à cause de leur mauvaise conscience.

Ce n’est certainement pas pour rien que Paul place la bonne conscience au centre entre le cœur pur et la foi sincère. Malgré toute la sincérité qui était la sienne et le plaisir dans son être intérieur à la Loi de Dieu qu’il avait dans le passé, sans le moyen de la foi en Christ qui amène la bonne conscience, Paul avait constaté l’impossibilité de se défaire du péché par lui-même (cf. Romains 7). C’est l’union avec le Christ, par le moyen de la foi, qui l’a délivré et qui a produit la vie en lui par l’Esprit. Paul laisse aussi comprendre plus loin dans sa lettre à Timothée qu’une mauvaise conscience est même une des caractéristiques typique des prédicateurs de mensonge (cf. 1 Timothée 4:2). Un prédicateur de mensonge est par définition quelqu’un qui enseignent des choses contraire à la vérité, contraire à la grâce de Dieu qui est l’Evangile, en ne faisant pas appel au moyen de la foi. L’enseignement d’un prédicateur de mensonge, malgré tout le cœur et la bonne volonté qui peut mettre dans ce qu’il enseigne, ne connaît pas la vérité qui délivre du péché, sa conscience en reste chargée de ses fautes. Comme évoqué plus haut, c’est la bonne conscience apportée par le don de la justification (cf. Romains 10:4) qui permet une pleine assurance devant Dieu, d’autant plus que le don de la justification, lorsqu’il est saisi par le moyen de la foi, libère de la loi du péché et produit la droiture. Une mauvaise conscience poussera toujours le croyant vers des formes diverses d’auto-justification (légalisme), une focalisation sur les choses à faire et une tentative inconsciente de sauver sa vie par ses propres efforts et sa discipline. Mais la bonne conscience provient uniquement de la foi dans ce que Christ a enseignée et démontré par sa vie tout entière jusqu’à la croix, et qui permet l’effacement des fautes de la conscience (cf. Hébreux 10). Cette bonne conscience amène une vie pleine de confiance en Dieu et produit la vie que Dieu donne. Un cœur endurci par une mauvaise conscience, non délivré de l’esclavage du péché, ne permet pas d’accéder à la vie que Dieu donne (cf. Ephésiens 4:18). Ainsi, par la grâce à laquelle il a cru, Paul a fait cette expérience: “Dans la surabondance de sa grâce (qui amène notamment la bonne conscience et la transformation), notre Seigneur a fait naître en moi la foi (la confiance en Dieu qui amène une démonstration des choses qui sont invisibles sans ce moyen) et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ” (1 Timothée 1:14 – BDS).

Voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés…” (1 Jean 4:10 – BDS).

La crainte: méconnaissance de l’amour de Dieu

Dans sa première lettre, Jean utilise l’amour comme critère principal pour déceler les hérésies dans ce que les gens croient, et il le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS).

15245259235_91609b1fda_kL’amour est la caractéristique fondamentale de Dieu. L’amour est la nature même de Dieu. Une connaissance correcte et précise de qui est Dieu et des choses de Dieu produit un amour similaire à celui de Dieu chez le croyant, à l’image de Christ. C’est ce même amour qui animait Jésus et qui animent ceux dont la connaissance de Dieu est correcte, et qui vivent dans l’union avec le Christ. On parle d’un amour dont les caractéristiques sont listées en 1 Corinthiens 13. C’est cet amour qui est perceptible dans les lettres de Paul, parce que cet amour l’animait, de même pour Jean et les disciples de Jésus depuis la pentecôte jusqu’à aujourd’hui, pour ceux qui laissent le Saint-Esprit diriger leur vie (cf. Galates 5:16-17). Voici ce que Jean dit encore: “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:16-19 LSG).

Lorsque Jésus parle à ses disciples de l’importance de demeurer en lui, car sans lui ils ne peuvent rien faire (cf. Jean 15:4-5), il précise en quoi consiste la notion de demeurer en lui: “Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 BDS).

En réalité, celui qui vit avec de la crainte et des peurs, que ce soit face aux circonstances ou dans ses relations avec les autres, démontre une méconnaissance de l’immensité de l’amour de Dieu pour lui. C’est ce que Jean laisse entendre. Les peurs dénotent d’un manque de connaissance et d’établissement dans l’amour de Dieu, ce sur quoi Jésus insiste dans Jean 15. Celui qui a une connaissance correcte de l’amour de Dieu, révélé en la personne de Jésus-Christ, et qui demeure enraciné dans cet amour, vit sans crainte. Parce que le fait est que dans la vie de Jésus jusqu’à sa mort à la croix, Dieu a montré cette réalité que souligne Paul aux Romains : “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi tout avec lui? Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous” (Romains 8:31-34 BDS). En Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il a promis (cf. 2 Corinthiens 1:20) et de plus, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). Attention toutefois à la notion transmise par Paul ici avec l’idée de “Lui (le Père) qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous…“, car elle véhicule l’idée d’un Père meurtrier indirect de son propre Fils. Une telle idée est contraire à la vérité qui est en Christ : “En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père” (Jean 10:18 BDS). Paul n’avait visiblement pas connaissance de ces paroles de Jésus.

Crainte 2Celui qui est établi dans la vérité que Christ a révélée au sujet de l’amour du Père, et qui vit dans le don de la justification qui provient de la foi, est alors plein d’assurance devant Dieu et devant les hommes. D’autant plus qu’il peut avoir, par le moyen de la foi, l’assurance de toutes les promesses de Dieu. La justification donnée par Dieu à travers le moyen de la foi, suffit à faire disparaître toute crainte (cf. Psaume 56:4-5, Psaume 118:6, Romains 8:36-37). Concernant l’amour de Dieu, Jean sous-entend clairement que ce n’est pas seulement une question d’avoir entendu parlé du fait que l’amour de Dieu est immense et inconditionnel, encore faut-il le croire et agir en fonction de cette réalité. Le doute concernant l’amour de Dieu est souvent le résultat du fait de regarder aux circonstances et au monde actuel pour évaluer son amour (voir aussi Le doute: conséquence d’un coeur partagé). L’observation du monde vivant sans l’Éternel et sans le moyen de la foi, et qui se trouve alors sous le pouvoir de l’autorité du mal, ne reflète évidemment pas cet amour, ni le règne de Dieu, bien que ce règne et cet amour soient véritables et bien réels. Même observer ceux qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, peut s’avérer trompeur concernant les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses. Car tous ceux qui ignorent en grande partie la vérité, ou ne s’en saisissent pas par le moyen de la foi, surtout en ce qui concernent le don de la justification/droiture, restent souvent sous la malédiction de la Loi (cf. Deutéronome 28:15-69) par leur désobéissance à la foi. Les observer sans connaître la vérité, peut laisser croire faussement que le problème est du côté de Dieu et de sa volonté, et leurs discours présentent en général le royaume de Dieu essentiellement comme quelque chose de futur, parce que son règne ne fait pas partie de leur expérience. Souvent, les croyants demeurent des “enfants dans la foi” qui ne touchent pas à l’héritage, qui pourtant leur appartient. Ils vivent sans qu’il y ait de différence avec ceux qui ne connaissent pas Dieu (cf. Galates 4:1-5). Et ils sont étrangers à la vie que Dieu donne véritablement (cf. Ephésiens 4:18, voir aussi L’ignorance liée à l’absence de foi). Ainsi, ils ne vivent pas pleinement sous la bénédiction (cf. Deutéronome 28:1-14) promise à l’obéissance à ce que Dieu a dit en Jésus-Christ. Car en Christ, Dieu a mis fin aux prescriptions de Moïse et à la malédiction qu’elles faisaient porter. En Christ, Dieu a scellé une alliance nouvelle (cf. Marc 14:24, Hébreux 9Galates 3:10, 13, voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés et Dossier: Le point sur la repentance). Il n’y a pas de culpabilité à avoir pour ceux qui se retrouveraient dans les caractéristiques d’un “enfant dans la foi“, même après de nombreuses années à cheminer avec Dieu. D’autant plus que, bien souvent, c’est le résultat de l’ignorance et/ou de croyances erronées (ce qui s’associe à de l’ignorance) véhiculées par d’autres croyants qui enseignent les autres, mais qui ont eux-mêmes une mauvaise connaissance de la vérité, parce qu’ils ont eux-mêmes reçu ces mêmes enseignements qui tendent ainsi à se perpétuer… Toutefois, chacun rendra compte à Dieu pour lui-même (cf. Romains 14:12), d’où l’importance vitale pour chaque individu de chercher à connaître Dieu et la vérité à son sujet, en examinant les Écritures à la lumière de la vérité qui est en Christ, et vérifier les enseignements reçus (cf. Actes 17:11). Il s’agit donc de remplacer, par la vérité, les mensonges qui étaient crus précédemment.

En vérité, c’est l’œuvre de la vie de Christ, son enseignement et toute sa vie jusqu’à sa mort et sa résurrection, qui nous révèle l’ampleur de l’amour de Dieu (cf. Romains 5:7-8). Et cet amour de Dieu n’est pas seulement théorique, c’est un amour très concret qui se manifeste pratiquement et puissamment (cf. 1 Corinthiens 4:20). C’est un amour qui donne. La difficulté, pour de nombreuses personnes, c’est que tout ce qui est compris dans ce que Dieu donne par amour, c’est-à-dire par grâce (faveur imméritée et “imméritable”), s’obtient uniquement par le moyen de la foi (cf. Ephésiens 2:8), croire et agir en conséquence.

Tout ce que Dieu donne se manifeste uniquement par la grâce et au moyen de la foi.

Crainte 3Il s’agit de croire dans le cœur et de se saisir activement de cet amour de Dieu et de toutes les promesses qui y sont rattachées. L’expérience de ce que Dieu donne par grâce, et qui est à saisir par le moyen de la foi, aura pour conséquence la confiance en Dieu, l’assurance de son amour et de ses promesses. Car tout ce que Dieu donne et qui était précédemment invisible, est alors rendu visible et concret au moyen de la foi (cf. Hébreux 11:1) dans la vie du croyant. C’est cette expérience qui avait déjà amené Paul à dire: “Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ” (1 Timothée 1:14 BDS). Jean avait également fait ce constat: “Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre” (Jean 1:16 BDS). Mais bien avant cela, David avait aussi déjà expérimenté cette réalité de l’amour concret de Dieu, qui l’a poussé à proclamer cette invitation : “Goûtez et constatez que l’Éternel est bon! Oui, heureux l’homme qui trouve son refuge en lui” (Psaume 34:9 BDS). David avait confiance en l’Éternel et cette confiance l’avait même épargné de certaines malédictions de la loi de Moïse (voir Marc 2:25-26).

Cette réalité très concrète de l’amour de Dieu, lorsqu’on y goûte et le constate, fait disparaître non seulement le doute quant aux promesses de Dieu et son amour inconditionnel, mais elle fait aussi disparaître la crainte dans le cœur de celui qui vit par le moyen de la foi. Il expérimente continuellement les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses, auxquelles Dieu est fidèle. La paix parfaite l’habite, cette paix qui vient de Dieu et qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. Son cœur et ses pensées sont sous la protection de Jésus-Christ (cf. Philippiens 4:6-7). La difficulté pour beaucoup de croyants, c’est que cette expérience concrète de l’amour de Dieu ne peut pas se faire sans le moyen de la foi, et donc ne peut pas se faire sans connaître la Parole de Dieu: Jésus-Christ. La raison est la suivante:

Ce que Dieu dit est la base sur laquelle la foi s’appuie !

Si cette base est erronée, c’est-à-dire que ce qui est cru n’est pas ce que Dieu dit véritablement, même la plus grande “foi” possible ne produira rien de ce que la vérité produit.  Et, la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ (Romains 10:17 BDS). Il est donc essentiel de filtrer toutes paroles par la parole du Christ. L’expérience de l’immense bonté de Dieu ne peut pas avoir lieu sans croire dans son cœur et se saisir activement de ce que Dieu a dit et promis. Se saisir activement de ce que Dieu a dit consiste à ne pas se laisser tromper par les circonstances et ce que les seules réalités du monde actuel et des personnes semblent dire. Mais cela consiste à placer toute la confiance dans la vérité qui est révélée en la personne du Christ et dans les promesses de Dieu pour celui qui croit. Cela signifie donc : être cohérent dans les actions avec les promesses de Dieu. C’est-à-dire avoir des actes, des pensées et des paroles qui sont cohérentes avec le fait de croire dans les promesses de Dieu, et de compter sur la réalisation de ces promesses. Et de constater la même réalité qu’Esaïe : “A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures une paix parfaite, parce qu’il se confie en toi” (Esaïe 26:3 BDS).

Toutes les réalités de Dieu puisent leur source dans son amour. Ainsi, lorsque la crainte est encore présente, cela devrait être pris comme un signal qui révèle le besoin de se repositionner dans l’amour de Dieu, et/ou le besoin d’une plus grande révélation de l’amour de Dieu. Mais cette révélation et ce positionnement aussi nécessitent le moyen de la foi, il s’agit de la foi en Christ. Car pour connaître l’amour du Père, il est nécessaire de regarder à Christ, à ses paroles et ses actes conformes au Père. En effet, Jésus a dit: Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour (Jean 15:9 BDS)

La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_oBéni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix” (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est “soteria” (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: “Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie” (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est “eirene” (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme “eirene” inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne” (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

Amour 3La grâce est la faveur de Dieu, imméritée et “imméritable”, il ne peut pas en être autrement parce que Dieu est Amour. La grâce est comment Dieu exprime et manifeste concrètement son Amour, qui est inconditionnel. Dieu ne peut pas aimer autrement que inconditionnellement. Dieu ne peut pas exprimer un Amour issu du mérite, en fonction de l’autre, ceci est impossible parce que son Amour est absolu, parfait, inconditionnel et ne peut pas dépendre de l’être aimé. Rien ni personne ne peut changer Dieu Lui-même, et Dieu est Amour. La grâce ne peut qu’être imméritée et “imméritable”, autrement ce n’est plus la grâce, c’est du mérite (définition du mérite: ce qui rend quelqu’un, ou sa conduite, digne d’estime, de récompense, eu égard aux difficultés surmontées). L’Amour parfait ne peut pas s’imposer, il ne peut que tenir compte de la volonté de l’être aimé, autrement ce n’est plus l’Amour. L’Amour ne peut pas être intéressé, dans le sens de chercher son propre intérêt, mais il s’intéresse à l’autre et à son intérêt. Et un aspect qui peut être essentiel de comprendre, c’est que:

L’Amour donne mais ne peut pas imposer à l’autre de recevoir.

Dieu nous a donné Jésus-Christ, mais il ne peut pas nous imposer de recevoir, car il est Amour. “Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné…“. Quand il s’agit de donner à l’autre, l’Amour ne peut que donner du bon à l’autre. Quand il s’agit de “prendre” quelque chose de l’autre, l’Amour ne peut “prendre” que le mal de l’autre:

Pourtant, en vérité, c’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui, alors que nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié.
Mais c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé.
Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin: l’Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous” (Esaïe 53:4-6 BDS). Contrairement à la pensée tout humaine, Dieu n’a pas puni Jésus, mais il était en Christ réconciliant le monde avec lui-même ne tenant pas compte des fautes (cf. 2 Corinthiens 5:19). Christ a démontré que Dieu ne punit pas, ne frappe pas et n’humilie pas, mais il prend sur Lui. Dieu était en Christ et il a choisi de prendre sur lui: “En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père” (Jean 10:18 BDS). Ésaïe a prophétisé notre fausse manière de penser en disant: “nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié“.

C’est là qui est Dieu: il est Amour.

Jésus est la Vérité concernant Dieu, toutes ces caractéristiques de Dieu se retrouvent en Christ, car il est dans le Père et le Père est en lui. C’est ce que Jésus dit à Philippe:

Philippe intervint:
– Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira.
-Eh quoi, lui répondit Jésus, après tout le temps que j’ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire: «Montre-nous le Père?»
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même: le Père demeure en moi et c’est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres. Croyez-moi: je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez au moins à cause des œuvres que vous m’avez vu accomplir (Jean 14:8-11 BDS).

Amour 1Toutes les caractéristiques de l’Amour décrites dans cet article (1ère et 2ième partie), qui correspondent à qui est Dieu, ont été démontrées en Jésus et par Jésus durant son vie, et l’œuvre de Christ à la croix contient même la totalité des caractéristiques de l’Amour. “A peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être quelqu’un aurait-il le courage de mourir pour le bien. Mais voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous” (Romains 5:7-8 BDS).

C’est essentiel de connaître ces caractéristiques de l’Amour, qui correspondent à qui est Dieu dans son essence, parce que toute méconnaissance de qui est Dieu en tant qu’Amour, ne permettra pas d’être rempli de l’amour de Dieu, ni de mener une vie dépourvue de crainte, cette réalité que Jean a connue et décrite: “Nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru... L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité. Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier” (1 Jean 4:16-19 BDS).

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 1ère Partie

Amour 4Dans sa première lettre écrite, notamment pour déceler un certain nombre d’hérésies qui commençaient à être enseignées parmi les chrétiens, Jean souligne ce qui est lié à l’amour. Il s’agit ici de l’amour “agapê”, qui est l’amour même de Dieu. “Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:7-8 BDS). En s’adressant à “mes chers amis“, Jean ne s’adresse pas uniquement à des chrétiens, mais aussi à des non-chrétiens*. Il y a là un test direct pour savoir si nous connaissons effectivement Dieu de façon intime. En d’autres termes, un test aussi pour savoir si ce que nous connaissons de Dieu est bien la vérité conforme à qui est le Dieu unique et véritable que Christ a démontré. Une relation d’intimité en communion avec Dieu implique une connaissance correcte au sujet de sa personne. Et le test de la connaissance intime de Dieu est: est-ce que j’aime d’un amour “agapê”? Si oui, c’est que je connais intimement Dieu, nous dit Jean. Ceci implique non seulement une relation avec Dieu, mais aussi une connaissance correcte concernant qui est Dieu:

Dieu est Amour.

Il est important de rappeler ici qu’il ne s’agit pas de recevoir une condamnation pour l’absence d’amour. Aussi, l’absence de l’amour “agapê” doit seulement être perçue comme une indication d’hérésie(s) ou d’ignorance(s) dans ce qui est cru concernant Dieu, autrement dit une méconnaissance de Dieu. On ne parle pas ici des choses de Dieu, mais des caractéristiques de Dieu lui-même, bien que les deux soient liées. On ne peut pas avoir une connaissance correcte des choses de Dieu sans avoir une connaissance correcte de Dieu lui-même et de ses caractéristiques.

Amour 2Jean décrit en quoi consiste l’amour: “cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire (un apaisement) pour nos péchés… Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui... La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:10, 16, 18, 19 NEG79). Jean sait d’où lui vient l’amour “agapê” avec lequel il aime les gens, ce n’est pas une prétention, mais bien la réalité de ce qu’il connait et vit, c’est pourquoi il en parle.

Jésus a dit: “Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui” (Jean 3:16-17 BDS).

Aujourd’hui, le verbe “aimer” et le terme “amour” sont employés avec toutes sortes d’idées, mais Paul donne aux Corinthiens un descriptif des caractéristiques véritables de l’amour, telles qu’on peut les voir en Jésus-Christ. Par définition: “L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin. … En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour” (1 Corinthiens 13:4-8, 13 BDS).

L’amour est la plus grande chose, nous dit Paul. En réalité, c’est précisément parce que Dieu est Amour. Toutes les autres caractéristiques qui sont en Dieu découlent de celle-ci. Il n’y a pas de mal dans l’Amour, le mal n’y trouve aucun accès. C’est la raison pour laquelle Dieu est Saint, car il n’y a aucun mal en Lui et il ne peut pas y en avoir. L’Amour ne peut pas supporter, ni soutenir, ni semer l’injustice quelle qu’elle soit, c’est pourquoi Dieu peut seulement être Juste. C’est la raison pour laquelle Dieu ne répond pas à l’injustice par l’injustice, ni au mal par le mal, Christ l’a enseigné et démontré par sa vie. L’Amour tient parole quoi qu’il arrive, c’est pourquoi Dieu est Fidèle. “Si nous sommes infidèles, lui, il demeure fidèle, car il ne pourra jamais se renier lui-même” (2 Timothée 2:13 BDS). L’Amour est fidèle à tout ce qu’il dit, à tout ce qu’il promet, car l’Amour ne ment pas. L’Amour est la vérité, il n’y a pas de mensonge dans l’Amour, il ne peut pas mentir, c’est la raison pour laquelle Dieu est la vérité: Jésus-Christ est la vérité, car Dieu est amour et ils sont un, parfaitement unis (cf. Jean 10:30).

A suivre

 

* pour rappel: dans cette lettre, lorsque Jean s’adresse spécifiquement aux chrétiens, il les appelle “mes chers enfants” (chrétiens issus de son propre ministère), ou “enfants” (chrétiens au stade d’enfant), ou encore “jeunes gens” ou “pères” qui sont là aussi des termes de maturité dans l’union avec le Christ.