L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 1ère Partie

Amour 4Dans sa première lettre écrite, notamment pour déceler un certain nombre d’hérésies qui commençaient à être enseignées parmi les chrétiens, Jean souligne ce qui est lié à l’amour. Il s’agit ici de l’amour “agapê”, qui est l’amour même de Dieu. “Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:7-8 BDS). En s’adressant à “mes chers amis“, Jean ne s’adresse pas uniquement à des chrétiens, mais aussi à des non-chrétiens*. Il y a là un test direct pour savoir si nous connaissons effectivement Dieu de façon intime. En d’autres termes, un test aussi pour savoir si ce que nous connaissons de Dieu est bien la vérité conforme à qui est le Dieu unique et véritable que Christ a démontré. Une relation d’intimité en communion avec Dieu implique une connaissance correcte au sujet de sa personne. Et le test de la connaissance intime de Dieu est: est-ce que j’aime d’un amour “agapê”? Si oui, c’est que je connais intimement Dieu, nous dit Jean. Ceci implique non seulement une relation avec Dieu, mais aussi une connaissance correcte concernant qui est Dieu:

Dieu est Amour.

Il est important de rappeler ici qu’il ne s’agit pas de recevoir une condamnation pour l’absence d’amour. Aussi, l’absence de l’amour “agapê” doit seulement être perçue comme une indication d’hérésie(s) ou d’ignorance(s) dans ce qui est cru concernant Dieu, autrement dit une méconnaissance de Dieu. On ne parle pas ici des choses de Dieu, mais des caractéristiques de Dieu lui-même, bien que les deux soient liées. On ne peut pas avoir une connaissance correcte des choses de Dieu sans avoir une connaissance correcte de Dieu lui-même et de ses caractéristiques.

Amour 2Jean décrit en quoi consiste l’amour: “cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire (un apaisement) pour nos péchés… Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui... La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:10, 16, 18, 19 NEG79). Jean sait d’où lui vient l’amour “agapê” avec lequel il aime les gens, ce n’est pas une prétention, mais bien la réalité de ce qu’il connait et vit, c’est pourquoi il en parle.

Jésus a dit: “Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui” (Jean 3:16-17 BDS).

Aujourd’hui, le verbe “aimer” et le terme “amour” sont employés avec toutes sortes d’idées, mais Paul donne aux Corinthiens un descriptif des caractéristiques véritables de l’amour, telles qu’on peut les voir en Jésus-Christ. Par définition: “L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin. … En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour” (1 Corinthiens 13:4-8, 13 BDS).

L’amour est la plus grande chose, nous dit Paul. En réalité, c’est précisément parce que Dieu est Amour. Toutes les autres caractéristiques qui sont en Dieu découlent de celle-ci. Il n’y a pas de mal dans l’Amour, le mal n’y trouve aucun accès. C’est la raison pour laquelle Dieu est Saint, car il n’y a aucun mal en Lui et il ne peut pas y en avoir. L’Amour ne peut pas supporter, ni soutenir, ni semer l’injustice quelle qu’elle soit, c’est pourquoi Dieu peut seulement être Juste. C’est la raison pour laquelle Dieu ne répond pas à l’injustice par l’injustice, ni au mal par le mal, Christ l’a enseigné et démontré par sa vie. L’Amour tient parole quoi qu’il arrive, c’est pourquoi Dieu est Fidèle. “Si nous sommes infidèles, lui, il demeure fidèle, car il ne pourra jamais se renier lui-même” (2 Timothée 2:13 BDS). L’Amour est fidèle à tout ce qu’il dit, à tout ce qu’il promet, car l’Amour ne ment pas. L’Amour est la vérité, il n’y a pas de mensonge dans l’Amour, il ne peut pas mentir, c’est la raison pour laquelle Dieu est la vérité: Jésus-Christ est la vérité, car Dieu est amour et ils sont un, parfaitement unis (cf. Jean 10:30).

A suivre

 

* pour rappel: dans cette lettre, lorsque Jean s’adresse spécifiquement aux chrétiens, il les appelle “mes chers enfants” (chrétiens issus de son propre ministère), ou “enfants” (chrétiens au stade d’enfant), ou encore “jeunes gens” ou “pères” qui sont là aussi des termes de maturité dans l’union avec le Christ.

La vérité dans l’amour: clé de la croissance

S’il y a une notion qui a certainement provoquée plus de blessures chez les gens que ce qu’elle en a guérie, c’est probablement celle de “dire la vérité à son prochain“. Ceci vient essentiellement de ce que les gens comprennent par “dire la vérité“, qui est souvent interprété faussement comme dire tout ce que l’on pense, ce que l’on ressent, exprimer notre désaccord avec l’autre, lui faire savoir ce qu’il a provoqué chez nous, et surtout ce qui ne va pas chez lui…, etc. Dans le Nouveau Testament, lorsque la Bible parle de “la vérité“, elle sous-entend essentiellement dans la majorité des textes, la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu. Il s’agit en particulier de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, tout ce qu’elle comprend et dont Jésus en est la démonstration. C’est Jésus qui est la Vérité (cf. Jean 14:6) dont la Bible parle, l’image visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15).

Voici ce que Paul écrit avant de mentionner la notion de dire la vérité à son prochain : “C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête: le Christ (Ephésiens 4:11-15 BDS).

Vérité dans l'amour 2Ce que Paul dit ici, c’est que les serviteurs que Dieu a donnés comme ambassadeurs (apôtres), comme porte-paroles de Dieu (prophètes), comme annonceur de la Bonne Nouvelle (évangélistes), comme prenant soin des autres tels des bergers (pasteurs) et enseignant les choses de Dieu (enseignants), sont donnés pour équiper les autres dans ses domaines respectifs, afin qu’ils soient rendus aptes à servir pour construire le corps de Christ. Paul dit même que c’est de cette manière-là, à travers la contribution de chacun de ces services mentionnés, pour que tous soient équipés dans tous ces domaines, que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance de Jésus-Christ. Il dit qu’ainsi équipé, on parvient à l’état d’adultes dans la foi, c’est-à-dire à un stade où le plein développement de la vie de Christ est manifeste chez le croyant. Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucune hiérarchie dans ces services, mais que chacun d’eux est nécessaire pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à servir en vue de la construction du corps de Christ. Aujourd’hui, le problème se trouve dans le fait que ceux qui enseignent les autres dans ces domaines, bien que considérés dans ces cinq services, ne connaissent souvent pas eux-mêmes la vérité. En étant modelé par le monde actuel et par la tradition de ce qu’ils ont entendu des autres, ils font partie des “hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur“, par une sagesse tout humaine que les enfants dans la foi ne discernent en général pas. Le résultat est qu’aujourd’hui, de nombreux croyants ne parviennent jamais à l’état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude de Christ. Surtout, s’ils ne cherchent pas eux-mêmes à connaître la vérité. Les cinq services dont parle Paul étaient, en son temps, par des hommes qui connaissaient la vérité et qui vivaient selon la vérité. Celle-ci n’avait pas encore été diluée dans des traditions issues d’une pensée tout humaine, et maintenue durant des siècles à cause de l’inaccessibilité aux Écritures par les croyants, et dont l’Église en porte encore de nombreuses séquelles.

Ce passage de la lettre aux Ephésiens laisse entendre que ce qui caractérise un enfant dans la foi est d’être ballotté par le vent de toutes sortes d’enseignements, ces enseignements pouvant même être contradictoires entre eux. Il laisse entrevoir que ce ballottement provient, d’une part, d’un manque au niveau des cinq services mentionnés, mais aussi, d’enseignements provenant d’hommes habiles à entrainer les autres dans l’erreur. Il faut comprendre que lors des écrits de Paul, les écrits du Nouveau Testament que l’on connait aujourd’hui n’étaient pas encore rassemblés et accessibles à tous les croyants. Sans compter que les évangiles n’avaient pas encore été mis par écrit. Les services mentionnés étaient donc essentiels pour que les croyants soient enseignés correctement. Lorsqu’on parle d’entrainer les autres dans l’erreur, on parle ici d’enseignements qui ne sont pas conformes à la vérité, bien qu’ils semblent être authentiques aux oreilles de ceux qui sont enfants dans la foi*. La conséquence est que la plénitude qui vient du Christ n’est pas manifeste chez les croyants, l’état d’adulte n’est pas atteint. Mais ce stade n’est bien souvent pas atteint non plus chez ceux qui enseignent pourtant les autres. Pour cette raison:

Tout enseignement doit être éprouvé, avec une préoccupation sincère de la vérité, à la lumière de ce que dit véritablement celui qui est la vérité : Jésus-Christ.
(voir aussi Approche théologique)

Cette préoccupation de la vérité doit être constante, parce que tout enseignement qui n’est pas conforme à la vérité ne produit simplement pas ce que seule la vérité produit: la libération de l’esclavage du péché (cf. Jean 8:31-45), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) conforme à la volonté de Dieu: l’amour. Mais c’est aussi l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie du croyant qui se trouve compromis par une méconnaissance de la vérité. Malheureusement, chez de nombreux croyants, par leur méconnaissance de la vérité, le règne de Dieu (voir Romains 14:17) n’est pas manifesté dans leur vie, et les mêmes œuvres que Jésus a faites et qu’il a dit que ses disciples feraient (Jean 14:12) se trouvent également absentes de leur vie.

Vérité dans l'amour 3Dans la foi, le stade adulte n’est pas simplement atteint par les années qui passent. Il est possible de confesser Jésus comme Seigneur et de croire que Dieu l’a ressuscité des morts, et cela depuis de nombreuses années et être toutefois resté un enfant dans la foi aux caractéristiques ci-dessus (voir aussi note de bas de page*), à cause de manquements au niveau des services mentionnés et/ou d’enseignements erronés qui sont crus (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité). Le Saint-Esprit, que Jésus dénomme précisément “l’Esprit de vérité“, joue un rôle majeur pour conduire dans le discernement de la vérité et filtrer ce qui est erroné dans les enseignements donnés par certains hommes: “Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière” (Jean 16:13 BDS). Les enseignements erronés sont rarement totalement erronés. Mais ils contiennent souvent un certain nombre d’éléments de la vérité qui se trouvent mélangés avec des mensonges issus d’une pensée tout humaine, généralement modelée par le monde actuel et par la tradition. Ces enseignements erronés peuvent résonner comme remplis de sagesse pour ceux qui connaissent mal les Écritures, et en particulier ignorent les paroles que Jésus a prononcées. Il est donc vital de connaître la vérité qui est en Christ et de se débarrasser du mensonge qui peut habiter ce qu’on croit.

C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain…” (Ephésiens 4:25 BDS). C’est débarrassé du mensonge concernant Dieu et les choses de Dieu, que l’Évangile est véritablement ce qu’il est: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ainsi que ce qui est transmis est “la vérité à son prochain“. C’est cela que Paul décrit par “la vérité” à dire à son prochain (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce).

Mais cette vérité, la Bonne Nouvelle avec tout ce qu’elle comprend, se doit d’être exprimée dans l’amour (cf. caractéristiques de l’amour). C’est ainsi que nous grandissons à tous égards vers le Christ, c’est-à-dire à sa ressemblance. Exprimer la vérité dans l’amour implique d’être premièrement soi-même enraciné dans l’amour de Dieu, afin que la vérité qui est exprimée soit issue d’un amour pour les gens. Paul insiste sur l’amour à plusieurs reprises, comme aux Corinthiens: “Supposons que j’aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j’aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien.” (1 Corinthiens 13:2-3 BDS).

Et c’est pour transmettre la vérité dans l’amour que Paul a consacré sa vie: “C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité” (1 Timothée 2:4-7 BDS).

 

* A noter: Les caractéristiques que Paul décrit comme celles des enfants dans la foi sont notamment: être asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde (Galates 4:3), fonctionner comme des hommes livrés à eux-mêmes en fonction de leur propre nature et agissant d’une manière tout humaine, se jalouser les uns les autres et se disputer, se caractériser et se comparer par une dénomination (1 Corinthiens 3:1-4). Jean le résume ainsi, lorsqu’il décrit ceux qui ne sont plus des enfants dans la foi, mais qui sont déjà parvenus à l’état de “jeunes gens“, il dit qu’ils ont vaincu le mal (1 Jean 2:12-14), leur vie n’est plus caractérisée par le péché (voir 1 Jean 3:1-10). Il n’y a pas de condamnation apportée par Paul et par Jean, mais un bon moyen de tester, en étant honnête avec soi-même, si ce que l’on croit est la vérité. La présence des caractéristiques de “l’enfant dans la foi” devrait être un signal dans la vie du croyant qu’il y a des choses erronées dans ce qu’il croit concernant Dieu et les choses de Dieu. La connaissance de qui est Dieu véritablement, tel qu’il s’est révélé en la personne de Jésus-Christ, a pour conséquence l’amour. C’est ce que nous dit Jean: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS). Jean ne laisse aucune place à la prétention.

L’amour fait grandir dans la foi

Hands Holding a Seedling and SoilDans sa réponse aux Corinthiens sur leur question en rapport aux viandes sacrifiées aux idoles, Paul commence ainsi: “Passons au problème des viandes provenant d’animaux sacrifiés aux idoles. «Nous possédons tous la connaissance voulue,» dites-vous. C’est entendu, mais cette connaissance rend orgueilleux. L’amour, lui, fait grandir dans la foi” (1 Corinthiens 8:1 BDS).

Il est écrit ici que la connaissance évoquée par les Corinthiens rend orgueilleux, et dans ce passage Paul met en opposition la connaissance qui rend orgueilleux et l’amour.

Le terme ici pour connaissance est gnosis qui signifie la connaissance dans le sens général d’intelligence, de compréhension. La connaissance sans l’amour comme fondation se retrouve avec une prétention à se considérer comme supérieur par la connaissance. Il en découle une sagesse tout humaine qui ne fait pas appel au moyen de la foi, mais qui agit selon les principes de ce monde, et qui bien souvent cherche à être justifié par les œuvres, dans un fonctionnement au mérite. En réalité, c’est l’orgueil que nourrit la connaissance qui est dépourvue d’amour. L’amour ici est le terme agapê. C’est cet amour inconditionnel qui ne se trouve pas dans l’homme livré à lui-même vivant sans le moyen de la foi, mais cet amour qui se trouve dans celui qui se sait profondément aimé inconditionnellement par Dieu et qui connait Dieu conformément à la vérité qui est en Jésus-Christ. (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu). L’orgueil et l’amour inconditionnel sont incompatibles. Car celui qui croit qu’il est profondément aimé inconditionnellement et parfaitement accepté par Dieu, tel que Jésus-Christ l’a fait connaître, n’a plus rien à prouver à qui que ce soit. Sa valeur et son identité sont alors en Dieu, par la foi en Jésus-Christ, et non plus dans une connaissance qu’il évalue comme inférieure ou supérieure aux autres. Ainsi, l’amour (agapê) éteint l’orgueil qui n’a plus de raison d’être dans le cœur de celui qui connait Dieu et se sait aimé inconditionnellement par lui.

La lettre aux Hébreux 12:2 nous dit que Jésus est celui qui fait naître la foi et qui la mène à la perfection. Comment cela se produit-il? Jésus-Christ nous révèle la vérité concernant l’amour inconditionnel pour nous de notre Père céleste, le seul vrai Dieu. La connaissance de l’amour de Dieu pour nous a pour conséquence la confiance en lui, la foi, cette ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas (cf. Hébreux 11:1). C’est ainsi que l’amour fait grandir dans la foi. Sans l’amour agapê, la connaissance rend orgueilleux.

C’est aussi pour cela que Jésus a fait savoir à ses disciples : “Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour (agapê)” (Jean 15:9 BDS).

L’amour: clé de la plénitude de Dieu

Dans ce qu’il demande au Seigneur pour les chrétiens d’Ephèse, Paul évoque: “Que le Christ habite dans votre cœur par la foi. Enracinés et solidement fondés dans l’amour vous serez ainsi à même de comprendre, avec tous ceux qui appartiennent à Dieu, combien l’amour du Christ est large, long, élevé et profond. Oui, vous serez à même de connaître cet amour qui surpasse tout ce qu’on peut en connaître, et vous serez ainsi remplis de toute la plénitude de Dieu.” (Ephésiens 3:17-19 BDS). Ce qui est important ici, c’est que :

en connaissant l’amour de Christ pour nous, nous sommes remplis de toute la plénitude* de Dieu !

Toutes les choses de Dieu sont accessibles à l’homme par le seul moyen de la foi, Christ habite dans nos cœurs par la foi. C’est ainsi que Dieu agit et exprime son amour inconditionnel (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu). L’amour dont Paul fait mention ici, c’est l’amour de Christ pour nous. On n’est pas en train de parler de notre amour pour les autres et/ou pour Dieu. Dans sa première lettre de Jean, il est écrit : “Voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés…” (1 Jean 4:10a BDS). C’est donc dans cet amour-là, l’amour de Dieu pour nous tel que Jésus-Christ l’a démontré, qu’il nous faut être enracinés et solidement fondés. Et cela provient de la connaissance de la manière dont Dieu nous montre son amour inconditionnel qui peut se résumer ainsi :

A peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être quelqu’un aurait-il le courage de mourir pour le bien**. Mais voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous” (Romains 5:7-8 BDS).

Connaissance 1Cette connaissance surpasse ce qu’on peut en connaître, ce n’est pas seulement une notion intellectuelle. C’est lorsque nous sommes enracinés et solidement fondés dans l’amour (l’amour selon la définition de 1 Jean 4:10a) que nous commençons à comprendre l’immensité de l’amour de Christ, et cet amour-là s’expérimente, se vit, il nous remplit de toute la plénitude de Dieu.

Jean est clair et direct dans sa première lettre: “Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a démontré qu’il nous aime: il a envoyé son Fils unique dans le monde pour que, par lui, nous ayons la vie” (1 Jean 4:7-9 BDS). L’amour dont Jean fait allusion dans tout ce passage est l’amour “agapê”. Il s’agit de l’amour inconditionnel, celui exprimé par la vie et la mort de Jésus-Christ. C’est un amour qui ne se trouve pas dans l’homme livré à lui-même vivant sans la foi. Et Jean dit que celui qui n’aime pas de cet amour inconditionnel, n’a pas connu Dieu…! Le terme original utilisé ici par Jean pour “connaître” Dieu est ginosko qui signifie avoir une connaissance qui n’est pas seulement intellectuelle, mais une connaissance intime, qui inclue même une notion de ressenti. Le terme est d’ailleurs un idiome Juif pour parler de la relation sexuelle entre l’homme et la femme. Il s’agit là du même terme que Paul utilise en parlant de connaître (ginosko) l’amour de Dieu au-delà de ce qu’on peut en connaître (gnosis qui signifie connaissance dans le sens général de l’intelligence, compréhension).

Là encore, il nous faut faire preuve d’humilité, parce qu’on peut bien prétendre connaître Dieu, mais si nous ne sommes pas animés de cet amour inconditionnel dont parle Jean, alors en réalité nous n’avons pas encore véritablement connu Dieu, au sens intime de son amour pour nous… C’est ce que les textes bibliques nous permettent de comprendre. Certes, nous connaissons peut-être des choses au sujet de Dieu, et avons peut-être une connaissance et une compréhension intellectuelle de l’amour de Dieu, peut-être même qu’on lui parle et qu’on l’entend nous parler, mais la méconnaissance de l’intimité de l’amour de Dieu se démontre par l’absence d’amour “agapê” dans notre vie. Mais Jean nous donne la solution un peu plus loin dans sa lettre, lorsqu’il nous explique comment être animé de cet amour inconditionnel:

Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru. Dieu est amour: celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (1 Jean 4:16 BDS). Là encore le terme pour connaître l’amour de Dieu est ginosko, qui est une connaissance intime. Il s’agit donc de demeurer dans l’amour de Dieu pour nous! En demeurant dans son amour, nous demeurons en lui, et il demeure en nous! Notre conscience et notre cœur doivent être saturés de l’amour que Dieu nous porte. Nous devons avoir une connaissance intime de cet amour et y croire… Et ainsi se trouve la clé pour aimer:

Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier” (1 Jean 4:19 BDS)

Plénitude 2Ceci signifie que c’est l’amour de Dieu pour nous qui produit en nous l’amour pour lui et pour les autres. Il n’est pas possible de connaître véritablement Dieu, dans le sens intime de la connaissance, et ne pas être animé nous-mêmes de son amour inconditionnel, parce que l’amour “agapê” est la nature même de Dieu, et lorsqu’on demeure dans son amour, Dieu lui-même demeure en nous! C’est pour cela que Jean continue en disant: “Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? Et nous avons de lui ce commandement: Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.” (1 Jean 4:20-21 NEG79). Le terme traduit par commandement est entole qui signifie aussi ordre, précepte. Dans ce précepte il y a un ordre des choses : celui qui aime Dieu aime aussi son frère. Mais l’homme livré à lui-même, à cause de ses fausses manières de penser au sujet de Dieu, ne peut ni aimer Dieu, ni aimer véritablement son prochain (cf. Romains 8:7), surtout si ce prochain est un ennemi. Mais Jésus-Christ nous a fait connaître l’amour de Dieu dans toute son ampleur. C’est cet amour dans lequel il est nécessaire de demeurer. C’est pourquoi, Jésus a dit à ses disciples : “Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour” (Jean 15:9 NEG79). C’est Dieu lui-même qui fait naître en nous l’amour pour Dieu, par la connaissance intime de son amour qu’il nous a révélé en Jésus-Christ, et c’est cette connaissance intime qui produit inévitablement l’amour pour l’autre. Les “efforts” à fournir ne sont donc pas pour essayer d’aimer, mais pour comprendre dans toute sa profondeur et s’immerger dans l’amour de Dieu pour nous, pour le connaître intimement. Là se trouve la clé de la plénitude de Dieu et la source de l’amour du prochain. En résumé :

Plus je connais intimement combien Dieu m’aime, plus j’aime Dieu et plus j’aime mon prochain !

* La plénitude est l’état de ce qui est à son plus haut degré de développement, qui est dans toute sa force, son intensité, son intégralité.
** Autre traduction: pour un homme de bien

L’obéissance: conséquence de l’amour

Amour de Christ 1Dans l’Évangile selon Jean, il nous est rapporté que Jésus a exprimé ceci: “Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime” (Jean 14:21a NEG79), et un peu plus loin:

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole” (Jean 14:23a NEG79)

Ce qui est frappant ici, c’est que prendre soin des prescriptions que Jésus-Christ a prononcées est la conséquence d’un amour pour lui. Malheureusement, très souvent les choses sont comprises à l’envers. La tendance que l’on observe c’est de vouloir essayer d’obéir à ce que Jésus a dit, de vouloir retenir ses commandements et de les appliquer comme pour lui montrer qu’on l’aime, comme si cela pouvait être le résultat de nos efforts et de notre simple volonté. Mais la réalité de ce que Jésus dit là c’est que:

L’obéissance est la conséquence de l’amour pour Jésus!

Ce qui veut dire que l’obéissance, retenir ses préceptes et les mettre en pratique se produit naturellement lorsque nous sommes animés d’un véritable amour pour lui. Si l’amour pour Jésus-Christ n’est pas présent, l’obéissance, la mise en pratique de ses préceptes, ne se produit pas, et ce indépendamment des efforts fournis.

L’obéissance à la loi de Dieu, c’est-à-dire la loi de l’amour, ne peut être le fruit de nos efforts et nous ne pouvons pas aimer Dieu par une simple impulsion de notre part, c’est ce que dit Paul: “En effet, l’homme livré à lui-même, dans toutes ses tendances, n’est que haine de Dieu: il ne se soumet pas à la Loi de Dieu car il ne le peut même pas” (Romains 8:7 BDS). Le drame se produit lorsqu’on prétend qu’on aime Dieu en essayant d’obéir, voulant montrer un prétendu amour par une tentative d’obéissance. Cela donne de la force au péché, qui s’appuie alors sur le commandement, comme Paul en a aussi fait l’expérience (cf. Romains 7:8).

Lorsque nous constatons que l’obéissance et la mise en pratique des prescriptions de Jésus-Christ ne sont pas une évidence et font défaut dans notre vie, il ne faut pas se condamner, mais être honnête avec soi-même et humblement vérifier notre cœur : est-il réellement empreint d’amour pour Jésus-Christ?

Mais comment être animé d’un amour pour Dieu et pour Jésus-Christ?

Amour de Christ 2Dans la première lettre de Jean, il est écrit : “Voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés” (1 Jean 4:10a BDS). La réalité c’est que notre amour pour Dieu ne peut qu’être le résultat de son amour pour nous. C’est le fait de se savoir profondément aimé par lui qui suscite en nous un amour pour lui, et l’obéissance à la loi de l’amour. C’est Dieu qui déverse son amour dans notre cœur par son Esprit (cf. Romains 5:5) et cela produit un amour pour lui. Son amour est premier! Il est aussi écrit : “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru. Dieu est amour: celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui” (1 Jean 4:16 BDS). Aussi, si nous manquons d’amour pour Dieu, c’est que nous ne sommes pas suffisamment conscients et imprégnés de son amour pour nous. Il n’est pas suffisant de savoir que Dieu nous aime, il est nécessaire de le croire. Le moyen de la foi est nécessaire pour s’en saisir. La tendance de la pensée tout humaine, c’est de se baser sur les circonstances visibles pour évaluer l’amour de Dieu. Mais Dieu a déjà montré clairement son amour en Christ, et son amour ne change pas.

C’est intéressant que dans l’Évangile selon Jean, il est parlé de lui en termes du “disciple que Jésus aimait” (voir Jean 13:23 et Jean 19:26). Non, ce n’est pas que Jésus aurait eu un plus grand amour pour Jean que pour les autres, mais ce que Jean a transmis au sujet de Jésus-Christ était issu d’une forte conscience de l’amour de Jésus pour lui, c’est ce qui a amené à parler de Jean comme “le disciple que Jésus aimait”. Et la conscience que Jean avait de l’amour de Jésus l’a poussé à être systématiquement aux côtés de Jésus, même au pied de la croix.

Il peut sembler difficile de discerner quelle conscience les gens ont de l’amour de Jésus-Christ pour eux, et penser que nous pouvons le savoir que pour nous-mêmes. Toutefois, la conscience de l’amour de Jésus-Christ se manifeste clairement par l’obéissance et la mise en pratique de ses prescriptions.

Ce qui est encourageant, c’est que l’obéissance n’est pas le fruit de nos efforts. C’est en connaissant l’amour de Dieu pour nous, manifesté en Jésus-Christ, en le saisissant par le moyen de la foi, et en le méditant pour en avoir une parfaite conscience au point d’en être rempli, que l’obéissance se produit naturellement.

C’est pourquoi ces paroles de Jésus sont fondamentales : “Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour.” (Jean 15 :9 NEG79)

(voir aussi “Notre pensée: clé de la transformation“)

Amour de Christ 3

La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu

La grâce de Dieu est quelque chose qui semble connue de nombreux croyants mais qui se révèle bien souvent incomprise, étouffée, sous-estimée, voir oubliée ou même pervertie. Le problème lorsque la grâce est méconnue, c’est qu’il s’agit du fondement de l’Évangile. La grâce de Dieu est la substance même de l’Évangile, car l’Évangile est précisément la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ce que Luc rapporte dans le livre des Actes au sujet de ce que Paul a dit à propos de la Bonne Nouvelle : “Ma vie m’importe peu, je ne lui accorde aucun prix; mon but c’est d’aller jusqu’au bout de ma course et d’accomplir pleinement le service que le Seigneur m’a confié c’est-à-dire de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu” (Actes 20:24 BDS).

Le service dont Paul parle comme celui que le Seigneur lui a confié consiste à proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

Le terme original traduit par grâce est charis qui signifie ce qui fournit la joie, le plaisir, les délices, la douceur, le charme, la tendresse. Le terme parle aussi de la bonté, la faveur, de bonne volonté, c’est-à-dire une volonté qui est bonne. Il vient du verbe chairo qui a le sens de se réjouir, être heureux, être bien, être extrêmement réjoui.

Cross equals loveMatthieu nous rapporte que Jésus, qui a corrigé certaines choses qui avaient été enseignées et a rétabli la vérité,  a dit : “Vous avez appris qu’il a été dit : «  Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Eh bien, moi (Jésus) je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes” (Matthieu 5:45 BDS). Luc l’a rapporté ainsi : “Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats (non-miséricordieux) et pour les méchants (mauvais). Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux” (Luc 6:35-36 NEG79). C’est là, la racine de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

Ainsi, Jésus-Christ a enseigné et démontré que cette parole de l’Écriture : “C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié” (Exode 33:19 BDS) signifie “je ferai grâce à ceux à qui tu ne veux pas faire grâce et j’aurai pitié de ceux dont tu n’as aucune pitié”. Jésus-Christ a agi comme un fils du Très-Haut. Il a enseigné et démontré que le Père fait grâce et a pitié de ceux dont les êtres humains, notamment ceux enracinés dans les prescriptions de Moïse, n’avaient aucune pitié et ceux pour qui ils ne témoignaient aucune grâce.

Tous les hommes n’ont pas réagi de manière identique face à la grâce que Jésus-Christ a enseignée, démontrée et manifestée sur terre jusqu’à ce qu’il monte vers le Père. La grâce, telle que démontrée par Jésus-Christ, a même souvent été une des raisons pour laquelle certains hommes l’ont rejeté, déjà en son temps. Lorsque les êtres humains sont modelés par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement, alors ils ont soif de vengeance et sont animés par le mérite. Toutefois, la grâce ne s’impose pas, ce serait contraire à la grâce elle-même. Elle ne peut pas non plus contraindre les autres à manifester la grâce. En général, celui qui ne manifeste pas la grâce envers les autres agit ainsi parce qu’il ne vit pas lui-même sous la grâce de Dieu, celle à laquelle on accède par le moyen de la foi.

Dieu est amour et l’amour véritable est inconditionnel. En réalité, c’est un pléonasme de parler d’amour inconditionnel, car l’amour au sens biblique, tel que Jésus-Christ l’a révélé, est par définition inconditionnel. L’amour est, par ses caractéristiques intrinsèques, indépendant de l’être aimé, et de ce qu’il peut faire ou ne pas faire. La grâce de Dieu est, par définition, la faveur de Dieu. C’est une faveur, imméritée et “imméritable”, qui est l’expression de l’amour. Dieu désire profondément montrer et démontrer son amour (inconditionnel). Il veut le manifester à tous, et à chacun en particulier, parce qu’il est Amour. L’amour est Sa nature. Mais Dieu peut uniquement démontrer l’amour par la grâce. Pour quelle raison? C’est parce que la grâce exclut, par sa nature, toute notion de mérite. La grâce est imméritée et “imméritable”.

En observant dans les Évangiles comment Jésus-Christ manifestait la grâce, on comprend que la grâce est à l’opposé du mérite. Il n’y a pas de notion de mérite dans l’amour, pas plus qu’il n’y a d’amour dans la notion de mérite. Le fonctionnement au mérite, c’est : on agit envers vous en fonction de ce que vous méritez, ainsi on vous récompense en fonction de ce que vous faites ou ne faites pas, et on vous punit selon les mêmes principes. Mais l’amour donne sans compter. Toutefois, l’amour ne peut pas imposer à l’être aimer de recevoir ce qu’il donne, ce serait contraire à l’amour. L’amour tient compte de la volonté de l’autre, même si la volonté de l’autre n’est pas bonne.

En réalité, la grâce est en réalité le seul moyen d’expression de l’amour. Dieu est Amour. La grâce ne peut pas être en réponse à une notion quelconque de mérite. Si la grâce était en réponse à une notion de mérite, il ne s’agirait plus de la grâce, et donc ce ne serait plus l’expression de l’amour. Aussi, la grâce de Dieu ne peut être déversée ou, plus précisément, accédée, qu’en dehors de toute notion de mérite. La faveur donnée par amour ne peut être donnée qu’en dehors de toute notion de mérite et d’autojustification. Il est fondamental de comprendre que:

On accède à la grâce de Dieu que par le moyen de la foi.

Dieu déverse sa faveur, imméritée et “imméritable”, en réponse à la foi. Le terme original pistis signifie une conviction de la vérité, une pleine confiance concernant la relation avec Dieu et les choses de Dieu. “Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas” (Hébreux 11 :1 NEG79). Le moyen de la foi est ce qui maintient l’exclusion de toute notion de mérite dans la relation avec Dieu. Le mérite est d’ailleurs en général ce qui nourrit un égocentrisme qui crie du cœur “j’ai besoin d’être aimé et valorisé” ou “je suis haï et ne vaut rien”. Ces deux expressions ont la même racine: un égo centrisme qui est l’expression du besoin de se savoir profondément aimé sans condition. Ce besoin ne peut être rempli uniquement en Dieu, par la vérité qui est en Jésus-Christ. Mais le moyen de la foi, par laquelle on accède à la grâce de Dieu, implique une manière de penser conforme à la vérité qui se trouve en Jésus-Christ. Il s’agit d’avoir une manière de penser conforme à la pensée de Dieu : “Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné…” (cf. Jean 3:16-17). “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie” (Ephésiens 2:8-9 NEG79).

Une manière de penser et de comprendre les choses non conforme à la pensée de Dieu, mais conforme au père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement et qui déforme l’image de qui est Dieu, a pour conséquence l’expérience des caractéristiques d’une manière de penser qui s’oppose à l’amour, et donc s’oppose à la grâce de Dieu.