Sortir du stade d’enfant dans l’union avec Jésus-Christ

Lorsqu’on parle de maturité dans l’union avec le Christ, la tendance naturelle est d’évaluer cette maturité avec des critères d’évaluations qui sont modelés par le monde actuel, selon une pensée tout humaine. Dans de nombreux domaines, la pensée du monde se trouve éloignée de la pensée du Christ. Aussi, si l’on veut avoir une sage évaluation de notre maturité en Christ, il est important de savoir quels sont les critères d’évaluation qui nous sont donnés dans la Bible, par les écrits de ceux qui ont été parmi les premiers à vivre dans l’union avec le Christ.

Enfant 3L’évaluation de la maturité est un sujet sensible et demande de l’humilité parce ce que les textes bibliques ne laisse pas beaucoup de place à la prétention. Il est donc nécessaire de s’assoir dans le rappel que notre valeur aux yeux de Dieu et son amour pour nous ne sont en rien liés au résultat de cette évaluation. La Parole de Dieu évalue les pensées et les dispositions du cœur, Dieu n’est pas celui qui condamne si elles ne sont pas correctes, mais Sa Parole les met en lumière (cf. Hébreux 4:12). Lorsque quelque chose est mis en lumière, il est important de le recevoir sans laisser le cœur s’endurcir (cf. Hébreux 3:7-8, Ephésiens 4:18). La Parole de Dieu fait apparaître la vérité concernant ce qui nous habite réellement. Si la culpabilité habite encore le croyant, c’est un signal qu’il est nécessaire pour lui de revisiter l’union avec le Christ et en particulier ce que Dieu a démontré en Christ concernant le pardon des péchés. Aussi, pour ne pas laisser le père du mensonge s’adonner à son occupation favorite qui est l’accusation, il est important de commencer ici en rappelant la vérité que Christ a annulé à la croix, une fois pour toute, l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements (cf. Colossiens 2:14). Dieu déclare/rend juste celui qui croit (cf. Romains 8:33). “Puisque nous avons été déclarés/rendus justes en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ” (Romains 5:1 – BDS), alors nous pouvons entendre ce que les textes bibliques disent, avec un cœur purifié de toute mauvaise conscience (cf. Hébreux 10:22). Et s’il y a une mauvaise conscience, elle est en général liée à de mauvaises intentions du cœur qui a besoin d’être lavé dans la vérité qui est en Jésus-Christ (cf. Jean 13:8, Jean 15:3, Jacques 4:8).

Voici ce que Paul dit aux Corinthiens chez qui il y avait des problèmes d’orgueil, de division et d’immoralité: Pour ma part, frères et sœurs, je n’ai pas pu vous parler comme à des personnes dirigées par l’Esprit, mais comme à des personnes dirigées par leur nature propre, comme à de petits enfants en ChristJe vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter. D’ailleurs, même maintenant vous ne le pouvez pas parce que vous êtes encore animés par votre nature. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie, des disputes et des divisions, n’êtes-vous pas dirigés par votre nature propre et ne vous conduisez-vous pas d’une manière tout humaine? Quand l’un dit: «Moi, je me rattache à Paul» et un autre: «Moi, à Apollos», n’êtes-vous pas animés par votre nature?” (1 Corinthiens 3:1-4 – SG21).

Paul laisse comprendre que le fait d’être encore dirigé par notre propre nature est ce qui caractérise celui qui est encore un petit enfant dans l’union avec le Christ. Dans les caractéristiques que Paul mentionne ici, on retrouve la jalousie, les disputes, et les divisions qui proviennent par exemple des revendications à une dénomination. Celui qui est au stade d’enfant a typiquement tendance à s’évaluer par son appartenance à une dénomination et par ce qui caractérise cette dénomination. Il s’évalue par comparaison aux autres, dont les autres dénominations. La jalousie, les disputes et les divisions sont là autant de comportements issus du fait d’être dirigé par notre propre nature et non par l’Esprit de Dieu. En ce qui concerne la division, il peut être bon de préciser de quelle division on parle. Parce qu’il y a une division qui vient de la parole même de Christ (cf. Jean 10:19), une division qui est provoquée par sa parole et qui est dans l’intention de Jésus (cf. Luc 12:51-53). Cette division intentionnelle de Jésus vient séparer les “brebis” des “boucs(cf. Matthieu 25:32-33), c’est-à-dire mettre en évidence ceux qui lui appartiennent et qui connaissent réellement sa voix (cf. Jean 10:14, 26, 27), et qui connaissent ce que sa parole dit véritablement, ce qu’elle signifie. A noter, ce n’est pas parce qu’un groupe de croyants est uni dans un système de pensée que cette unité vient de l’Esprit de Dieu (voir aussi L’unité est donnée par l’Esprit). Satan n’est d’ailleurs pas divisé contre lui-même (cf. Matthieu 12:26), mais il continuera d’essayer de semer de la division parmi ceux qui appartiennent à Dieu. Ceux qui font la promotion d’une même manière de penser sont généralement unis entre eux autour et à cause de cette manière de penser. C’est ce qui fait que les individus ont, par nature, tendance à se regrouper avec ceux qui pensent comme eux, indépendamment du contenu et de la valeur de leur manière de penser. Aussi, l’unité d’un certain groupe de croyants ne signifie pas forcément que cette unité vienne de l’Esprit de Dieu. Car si la manière de penser qui est commune au milieu d’eux n’est pas conforme à la vérité, particulièrement en ce qui concerne le pardon des péchés, alors ce groupe de croyants sera très certainement au stade d’enfant, sans discernement. Jésus suscitait de la division parmi les pharisiens et les spécialistes de la Loi. Ceux-ci, d’après les critères bibliques qui ont fait suite à Jésus-Christ, étaient très loin d’être des adultes spirituellement. Le problème n’était pas Jésus mais la manière de penser qui habitait les religieux qui croyaient en Dieu, mais qui vivaient comme livrés à eux-mêmes et ne discernaient pas la vérité qui était en Christ. De la même manière qu’avec Jésus, la présence d’un croyant qui ne serait plus au stade d’enfant peut provoquer de la division parmi ceux qui sont encore au stade d’enfant et qui ne discernent pas la vérité. Ceux qui sont au stade d’enfant vont alors causer des divisions parmi les croyants parce qu’ils n’ont pas la pensée du Christ, de la même manière que les religieux au temps de Jésus. Paul parle de cette division qui vient de ceux qui n’ont pas la pensée du Seigneur, c’est-à-dire qui ne sont pas conduits par l’Esprit de Dieu mais par leur propre nature, comme Jude le mentionne aussi: “Eh bien! il s’agit de ces gens-là! Ils causent des divisions, ils sont livrés à eux-mêmes et n’ont pas l’Esprit de Dieu” (Jude 1:19 – BDS). Ne pas avoir l’Esprit de Dieu signifie notamment ne pas avoir sa manière de penser. Et Paul pense même que cette division provoquée par les hommes qui vivent comme livrés à eux-mêmes, est nécessaire chez les Corinthiens pour que les chrétiens qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, et qui ont fait leur preuve de la vie de Christ en eux, soient reconnus parmi eux:  “Sans doute faut-il qu’il y ait chez vous des divisions, pour que les chrétiens qui ont fait leurs preuves soient clairement reconnus au milieu de vous!” (1 Corinthiens 11:19 – BDS). Paul rejoint ainsi l’intention de Jésus. Ceux qui sont “la lumière du monde” ne doivent pas échapper aux regards: “Vous êtes la lumière du monde. Une ville au sommet d’une colline n’échappe pas aux regards. Il en est de même d’une lampe: si on l’allume, ce n’est pas pour la mettre sous une mesure à grains: au contraire, on la fixe sur un pied de lampe pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. C’est ainsi que votre lumière doit briller devant tous les hommes, pour qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils en attribuent la gloire à votre Père céleste(Matthieu 5:14-16 – BDS), (voir aussi L’unité est donnée par l’Esprit). Jésus faisait le bien au milieu du peuple qui se disait de Dieu, mais même ce bien qu’il faisait provoquait de la division parmi ceux qui étaient livrés à eux-mêmes, sans discernement malgré leur “connaissance” des Écritures et tout leur zèle pour Dieu. Il y avait des divisions parmi eux parce qu’ils ne comprenaient pas non plus ce que Jésus leur disait (cf. Jean 9:15-16, Jean 10:1-21).

Paul ne dit pas aux Corinthiens que l’Esprit n’habite pas en eux ou que celui-ci les aurait quittés, mais il dit qu’ils ne sont pas dirigés par l’Esprit qui est en eux. Le fait d’être encore dirigé par notre propre nature fait en sorte que l’action du mal reste présente chez celui qui est encore au stade d’enfant dans l’union avec le Christ. Le résultat est par exemple l’immoralité (cf. 1 Corinthiens 5), qu’on peut décrire comme une incapacité à ne pas être dominé par son corps et par sa propre nature. Celui qui est encore au stade d’enfant croit en général que cette parfaite maîtrise de son corps n’est pas possible dans le monde présent, c’est parce que c’est là son expérience par méconnaissance de la vérité (cf. 1 Pierre 1:14). Paul sous-entends clairement qu’une parfaite maîtrise de son corps peut être gagnée et que c’est là une volonté de Dieu (cf. 1 Thessaloniciens 4:3-5). Cette maîtrise provient du renouvellement de la pensée pour l’alignée à la pensée enseignée et démontrée par Jésus-Christ, car c’est la pensée qui amène aux œuvres mauvaises (cf. Colossiens 1:21). Dans sa lettre, Jacques mentionne aussi que cette caractéristique de parfaite maîtrise du corps correspond au stade adulte dans l’union avec le Christ, et que cela va de pair avec la maîtrise de nos paroles (cf. Jacques 3:2). Celui qui ne vit pas encore cette réalité pourra difficilement en parler, car s’il ne le vit pas, en général c’est qu’il ne sait pas comment on y parvient. Paul et Jacques savaient de quoi ils parlaient. Toutes ces choses, telles que jalousie, disputes, divisions, immoralité sous toutes ses formes, ne pas maîtriser nos paroles, etc. sont des caractéristiques du stade d’enfant dans l’union avec le Christ.

Enfant 4Dans la lettre aux Ephésiens, en parlant d’être enseigné correctement, Paul dit: “De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur” (Ephésiens 4:14 – BDS). Le fait d’être ballotté par toutes sortes d’enseignements qui parfois divergent et s’opposent entre eux, ne sachant pas où se positionner et être dans la confusion, cela est aussi une caractéristique de celui qui est encore au stade d’enfant. Il manque de discernement. En réalité, il a de la peine à discerner la vérité par méconnaissance de celle-ci, parce qu’il est mal équipé. Il ne peut donc pas être établi dans la vérité qu’il méconnaît. Sa méconnaissance de la vérité l’empêche de pouvoir faire le tri dans les enseignements. Ainsi, il est facilement ébranlé et ballotté dans ce qu’il croit, et face à ce qu’il entend autour de lui. Son réflexe sera en général de se ranger du côté de l’enseignement de ceux qui sont les plus considérés par la majorité. Il se laisse plus volontiers influencer par des livres écrits par ceux que la majorité considère, et par des témoignages, que par ce qu’il pourrait trouver lui-même dans les textes bibliques avec l’aide de l’Esprit Saint. Ainsi, celui qui est au stade d’enfant aura tendance à voir toute chose avec les lunettes des autres. Le problème est lorsque la majorité qui entoure celui qui est au stade d’enfant se trouve elle-même au stade d’enfant, et manque de discernement par méconnaissance de la vérité contenue dans les Écritures. Il n’y a alors pas de discernement face aux enseignements, face au contenu des livres et des témoignages, dont les auteurs peuvent avoir été eux-mêmes au stade d’enfant, eux-mêmes sans discernement et conduits par leur propre nature. Chaque individu a tendance à promouvoir ce qui lui semble correct. C’est pourquoi, une fois encore, il est essentiel d’évaluer personnellement toute chose à la lueur des Écritures. La tendance du stade d’enfant c’est de s’appuyer en grande partie sur l’interprétation que les autres font des Écritures. Il aura tendance à prendre comme vérité toute “méditation”, ou réflexion tirée d’un texte biblique, si cela est publié par un organisme officiel ou par une personne de renommée, ou possédant un titre particulier.

Caractéristiques de la vérité

Lorsque quelque chose qui correspond à la vérité est confirmée par l’Esprit, avec une révélation claire de ce que dit l’ensemble des Écritures, cela devient inébranlable en celui qui croit, car le royaume que nous recevons est inébranlable. La Parole de Dieu est inébranlable, mais ce qui n’est pas la Parole de Dieu est voué à être ébranlé pour que ne demeure que la vérité, ce qui est du royaume de Dieu (cf. Hébreux 12:26-29). “L’inébranlabilité” de la vérité n’est pas à confondre avec une obstination aveugle, souvent arrogante et prétentieuse, qui s’accroche fermement à ce qui est cru, simplement par crainte que cette croyance s’effondre et s’avère erronée. L’insistance convaincue de celui qui connaît la vérité sera d’ailleurs souvent perçue faussement comme de l’arrogance par celui qui est au stade d’enfant. Car, en général l’enfant a tendance à croire qu’il n’est pas possible de connaître la vérité, et que prétendre connaître la vérité est forcément arrogant et prétentieux. Il ne réalise pas que ainsi il fait de tous les auteurs du Nouveau Testament, et même de Jésus, d’arrogants prétentieux. Jésus a même dit que le Saint-Esprit nous conduirait dans la vérité tout entière (cf. Jean 16:13). Une confusion entre l’arrogance et l’assurance que donne l’Esprit, démontre précisément une méconnaissance de la vérité, une méconnaissance des caractéristiques de la vérité par celui qui est au stade d’enfant. Celui qui connaît la vérité présente la vérité parce qu’elle est la vérité démontrée dans les Écritures et dans sa vie par ce que seule la vérité produit. Il ne défend pas son contenu comme si c’était le fait d’avoir en soi de la connaissance qui définirait la valeur de son identité. En réalité, la vérité fait découvrir notre véritable valeur et notre identité de fils (ou fille) adoptif de Dieu qui amène à ne plus être susceptible à l’opinion des autres. C’est pourquoi celui qui est établi dans la vérité peut défendre la vérité sans que son identité et sa valeur soient mises en jeu en exposant ce qu’il croit être la vérité. Il n’a pas son identité et sa valeur dans le fait de connaître quelque chose qui appartient à la vérité. Il y a une assurance paisible qui accompagne la vérité lorsqu’elle est attestée par l’Esprit, démontrée par les Écritures et par ce que seule la vérité produit. La vérité peut ainsi être mise à l’épreuve sans être ébranlée, car “En effet, nous n’avons aucun pouvoir contre la vérité. C’est seulement pour la vérité que nous en avons(2 Corinthiens 13:8 – BDS). Chaque individu croit que ce qu’il croit est la vérité, car personne ne choisit consciemment de croire à du mensonge. Mais le mensonge donnera toujours lieu à des incohérences qui deviennent inconfortables pour celui qui s’obstine dans une croyance qui appartient au mensonge. Et en fonction du cœur de la personne, il y a deux réactions face à la vérité: soit la personne est conduite à changer sa manière de penser, soit elle prend un chemin de fuite. Ce chemin de fuite peut être animé d’une certaine violence, mais il peut aussi être sous forme d’une simple parole du type: “il faut être d’accord de ne pas être d’accord…” Cette expression est souvent le résultat d’une certaine malhonnêteté lorsque de fausses croyances sont mises en lumière. Le mensonge amène des incohérences entre les interprétations des différents passages bibliques, des incohérences entre ce que quelqu’un dit et ce qu’il vit réellement, etc. Jésus n’a démontré aucune incohérence entre ce qu’il a cité des Écritures, ce qu’il a dit, ce qu’il a enseigné et ce qu’il a démontré par sa propre vie. La vérité est cohérente car Dieu est cohérent, il est la vérité, sa parole est la vérité. C’est ce que les hommes disent de Dieu et font dire à Dieu et à certains textes bibliques qui est parfois mensonger et donc incohérent. Et cela fait apparaître Dieu comme quelqu’un de schizophrène: typiquement un Dieu d’amour qui commet le mal pour enseigner des leçons pour produire le bien, tout en disant de ne pas commettre le mal… Ce n’est pas là le Père que Jésus-Christ nous a fait connaître en révélant la vérité incomprise sans lui.

L’erreur typique que fera quelqu’un qui est au stade d’enfant lorsqu’il constate que ces caractéristiques du stade enfant soulignées par Paul sont présentes dans sa vie, ou si quelqu’un le lui fait remarquer, sera par exemple de vouloir faire des efforts pour faire disparaître ces caractéristiques. Par exemple, il fera cela afin de prouver que selon lui il n’est pas au stade d’enfant, surtout si d’après les critères du monde il est considéré comme au stade adulte par les autres. Les problèmes d’égo sont propre au stade d’enfant, car il n’est pas encore établi dans l’amour qui fait disparaître l’égocentrisme. Ainsi, l’enfant n’a pas encore renoncé à lui-même (cf. Matthieu 16:24, Marc 8:34, Luc 9:23), c’est sa propre nature qui s’exprime et qui le conduit encore. La réalité malheureuse, c’est que par ses efforts il va au-devant d’une grande déception et d’un découragement certain. Car poussé par sa propre nature et l’auto-justification inconsciente qui l’anime, il donnera plein de force au péché. Et en général, celui qui est au stade d’enfant ne sait malheureusement pas comment le péché agit. Alors il renforcera précisément, sans même le savoir, les caractéristiques qu’il cherche pourtant à dissimuler ou à faire disparaître. Le drame, c’est qu’il en éprouvera de la culpabilité qui l’éloigne de Dieu alors que Dieu l’accueille à bras ouverts sans lui faire de reproche. Mais malheureusement, il n’en a pas conscience, souvent par ignorance. Ainsi, en cherchant à “sauver” sa vie, celui qui est au stade d’enfant la perd, de la même manière que ceux qui ne connaissent pas Dieu (cf. Matthieu 10:39, 16:25, Marc 8:35, Luc 9:24). Avec une différence toutefois, c’est que la vérité demeure qu’il appartient à Dieu par l’Esprit qui est en lui. Celui qui est au stade d’enfant dans l’union avec le Christ, peut perdre progressivement et à coup d’efforts l’abondance de vie qui lui a été donnée en Christ par l’Esprit qu’il a reçu. Il se meure et se dessèche, car “le dard de la mort, c’est le péché, et le péché tire sa force de la Loi” (1 Corinthiens 15:56 – BDS). Celui qui est au stade d’enfant, vivant comme livré à lui-même, se laisse tromper par les commandements, et se retrouve avec la même expérience que Paul lorsqu’il n’avait pas la foi: “le péché a pris appui sur le commandement: il m’a trompé et m’a donné la mort en se servant du commandement” (Romains 7:11 – BDS). C’est notamment pour toutes ces raisons qu’il n’est pas bon de demeurer au stade d’enfant dans l’union avec le Christ. C’est sans doute pourquoi Paul insistait sur la crucifixion de Christ (cf. 1 Corinthiens 2:2) et ce qu’elle signifie en ce qui concerne le péché et la justification/droiture (cf. 1 Corinthiens 1:30), si on regarde à la croix avec les lunettes de la loi de Moïse comme Paul l’a fait.

Le stade de “jeunes gens

C’est la connaissance correcte de la Parole de Dieu, la Vérité, c’est-à-dire ce que Dieu dit véritablement, et le fait que cette Parole demeure en nous, qui amène à passer du stade d’enfants à celui de “jeune gens” dans l’union avec le Christ. Ce ne sont pas les efforts ni la discipline basée sur les principes de ce monde pour essayer de surmonter notre propre nature qui produit la croissance. Il n’y a pas matière à pouvoir se vanter dans la manière dont Jésus-Christ nous sauve par la Bonne Nouvelle dEnfant 1e la grâce de Dieu qu’il a enseignée et démontrée. Lorsque c’est effectivement la Parole de Dieu qui nous habite, notre manière de penser est renouvelée et notre vie est transformée par cette Parole même (cf. Romains 12:2). La Parole de Dieu est vivante et efficace (cf. Hébreux 4:12). Mais elle est efficace en celui qui croit à cette Parole (cf. 1 Thessaloniciens 2:13). Un verset tiré de la Bible auquel on fait dire autre chose que ce que Dieu dit n’est pas la Parole de Dieu. De même, une parole qui se trouve dans la Bible mais qui est opposée à la vérité qui est en Jésus-Christ n’est pas la Parole de Dieu. Dans ce sens, croire à une parole qui n’est pas la Parole de Dieu est inefficace et ne produit pas les caractéristiques de Jésus-Christ en celui qui croit. Une parole n’appartenant pas à la vérité mais considérée faussement comme la vérité sera inefficace, et ce malgré toute la conviction qui peut habiter celui qui s’y accroche. C’est la Parole véritable qui produit la victoire sur le mal en celui qui croit. Car c’est Dieu lui-même qui agit en nous, pour produire à la fois le vouloir et le faire conformément à son projet plein d’amour (cf. Philippiens 2:13), et Dieu agit par Sa Parole. C’est ce que Dieu dit qui nous purifie (cf. Jean 15:3, Ephésiens 5:25-26). Lorsque c’est la Parole de Dieu qui nous habite, c’est Dieu lui-même, le même Esprit qui était en Christ qui vit en nous par ce même Esprit. C’est ce que Jean permet de comprendre au sujet de la Parole de Dieu et du stade de “jeunes gens” lorsqu’il dit: “Je vous écris ceci, jeunes gens: vous avez vaincu le diable (ou le mal)… Je vous le confirmejeunes gens: vous êtes forts, la Parole de Dieu demeure en vous et vous avez vaincu le diable (ou le mal)” (1 Jean 2:13-14 – BDS). A noter, la parole de Moïse n’a jamais produit un caractère semblable à Christ, ni la victoire sur le mal chez ceux qui étaient habités par cette parole et y restaient fermement attaché.

La Parole incarnée dans le croyant

Le degré de maturité à partir duquel nous avons la victoire sur le mal vient du fait d’avoir la Parole de Dieu, en nous, c’est-à-dire la Vérité. Il ne s’agit pas juste d’une mémorisation de versets bibliques que l’on interprète faussement à cause d’une manière de penser modelée par le monde actuel et par la tradition. Mais il s’agit d’être imprégné par le sens que Dieu donne véritablement à ce qu’il a dit. Il s’agit d’avoir une manière de penser alignée sur ce que Dieu a véritablement voulu dire, qui nous habite et qui est devenue notre propre manière de penser (cf.1 Corinthiens 2:16, 2 Corinthiens 10:5, 1 Pierre 4:1). C’est la manière de penser que Jésus-Christ a enseignée et démontrée, qui est la Parole de Dieu, et doit devenir notre manière de penser. Cette Parole de Dieu est alors comme incarnée dans notre être tout entier, pour produire les mêmes caractéristiques qui étaient en Jésus-Christ à cause de cette même Parole qui était en lui. Jésus-Christ est la vérité, ce qu’il a enseigné est conforme à Dieu. Et la vérité c’est la grâce de Dieu (voir aussi La vérité c’est la grâce & la grâce c’est la vérité). Le fait d’être habité par la vérité (la grâce), c’est-à-dire solidement établi dans la vérité que nos péchés sont pardonnés/effacés est ce qui amène à passer du stade d’enfants à celui de “jeunes gens” (cf. Romains 6:14). C’est en étant totalement imprégné par cette vérité, au point qu’elle a produit de nouveaux automatismes en nous, que ce stade de “jeunes gens” est atteint. Ce stade est caractérisé par la victoire sur le mal avec une capacité à répondre au mal par le bien (cf. Romains 12:17, 21). Ce stade ne peut pas être atteint si la parole qui nous habite n’est pas la vérité, si l’on croit des choses erronées qui n’appartiennent pas à la vérité. Plus précisément, ce stade ne peut pas être atteint si le pardon des péchés avec le don de la justification/droiture ne sont pas correctement compris et solidement établis dans la vie du croyant et dans sa manière de penser. Ce n’est pas seulement une question de compréhension intellectuelle, cela doit aller jusqu’au point de la pensée qui est inconsciente, c’est ce qui amène de nouveaux automatismes. Pour illustrer cela, un exemple est l’apprentissage de la conduite d’un véhicule. Comprendre la théorie au sujet de la conduite d’un véhicule ne fait pas de nous quelqu’un qui sait conduire. Par la mise en pratique, lorsque notre attention consciente peut se porter entièrement sur ce qui se passe à l’extérieur du véhicule, parce que nous ne sommes plus consciemment en train de réfléchir et penser au changement de vitesses, à l’utilisation des pédales d’embrayage, de frein, d’accélération, aux clignotants etc, mais que leur utilisation est devenue un automatisme, naturel et inconscient, c’est que nous avons intégré ces aspects de la conduite. Il en va de même pour la transformation qui vient du renouvellement de la pensée en lien avec ce qui concerne les choses de Dieu, son amour, et en particulier ce qui touche au pardon des péchés et au don de la justification/droiture. Tant que ces choses ne sont pas intégrées au point d’avoir atteint la pensée inconsciente, les caractéristiques de l’homme livré à lui-même seront encore présentes chez le croyant. Ceci, même s’il a reçu l’Esprit de Dieu et qu’il prétend croire que ses péchés sont pardonnés et qu’il approuvera l’idée d’être déclaré/rendu juste par la foi seule. Son attitude et ses actions démontreront le contraire de ce qu’il prétend croire (cf. Tite 1:16).Enfant 8 Ce sont les réactions face à la culpabilité et à la condamnation potentielles qui démontrent si la personne est réellement établie dans le pardon des péchés et dans le don de la justification/droiture. C’est là qu’on voit si la pensée du croyant a été renouvelée et que l’homme nouveau a été revêtu (cf. Ephésiens 4:23-24) pour laisser place à de nouveaux automatismes, aux caractéristiques de Jésus-Christ, au fruit de l’Esprit. La vérité est le plus visible dans la réaction face au mal, intentionnel ou pas, dont le croyant peut être victime directement ou indirectement. C’est là que l’on voit si le pardon des péchés et le don de la justification/droiture sont effectivement établis dans la vie du croyant. Lorsqu’on presse une orange on s’attend à en voir sortir du jus d’orange. S’il en sort du jus de pomme, on trouverait ça bizarre et penserait que ce n’est pas une orange. On saurait qu’il s’agit d’une pomme, bien qu’elle ait l’apparence d’une orange. De la même manière, quelqu’un qui est né de nouveau (né d’Esprit) et prétend croire que en Jésus-Christ les péchés sont pardonnés, mais si lorsqu’il est “pressé” (confronté, dévalorisé, attaqué, etc.) il en sort de la culpabilité, de la honte, de la condamnation en retour et autre chose que le fruit de l’Esprit dans ses réactions, c’est qu’il ne vit pas dans le pardon des péchés qu’il prétend croire, il ne vit pas dans le don de la justification/droiture… Il peut bien avoir l’apparence de quelqu’un de “mature” en Christ, mais en réalité il est encore au stade d’enfant. Le mal dirigé contre lui continuera de produire le mal en lui.

Le lien entre le don de la justification/droiture et la victoire sur le mal

On peut percevoir ce lien entre le fait d’être déclaré/rendu juste devant Dieu et la victoire sur le mal notamment chez Jésus. Jésus était juste et sans faute devant Dieu (cf. 1 Pierre 2:20-24). Pour cette raison, il était rempli d’assurance et en paix devant les hommes lorsque ceux-ci essayaient de le piéger, ou de lui trouver des fautes, de le condamner ou de lui faire ressentir une quelconque culpabilité, essayant de le prendre à défaut, même par rapport à la loi de Moïse. Le sentiment de culpabilité ne pouvait pas atteindre Jésus ni l’habiter, car il se savait juste devant le Père et connaissait la vérité. Jésus vivait conformément à la vérité. Jésus n’avait nullement besoin de l’approbation des hommes et il ne se laissait influencer par personne (cf. Matthieu 22:16, Marc 12:14). Toutefois, ne se laisser influencer par personne ne signifie pas qu’il faille être imperméable aux enseignements qui seraient conformes à la vérité. Jésus était enseignable et désireux d’apprendre dès son jeune âge (cf. Luc 2:46-49). En ce qui concerne Jésus, le fait d’être juste devant le Père provenait de vivre dans l’union avec le Père, et d’obéir à la loi de Dieu: l’amour. Jésus n’est pas venu pour abolir ce qui est de Dieu dans la Loi, mais pour la compléter (cf. Matthieu 5:17-20). Jésus a complété la Loi, et l’a démontrée sans faute dans sa propre vie, et aujourd’hui il amène la juste exigence de la Loi, l’amour, à être pleinement satisfaite dans la vie de celui qui vit dans la dépendance de l’Esprit (cf. Romains 8:4). C’est Dieu lui-même qui, par son Esprit, vient habiliter le croyant pour que l’obéissance à la Loi, l’amour, soit produite en celui qui croit. Et pour la victoire sur le mal, il s’agit du don de la justification/droiture qu’il est nécessaire de se saisir par le moyen de la foi, comme pour tout ce que Dieu donne. Dans le terme original, il signifie non seulement justification mais aussi droiture. Le terme implique les deux aspects. En se saisissant du don de la justification, on se saisi de la droiture qui en découle. Parallèlement, l’établissement dans l’amour de Dieu pour nous, avec les caractéristiques de l’amour, est essentiel pour que l’obéissance se produise (voir aussi L’obéissance: conséquence de l’amour). L’obéissance à la Loi de Dieu, l’amour, n’est pas quelque chose que le croyant viendrait à produire à coup d’efforts et de discipline, à coup de sagesse humaine et par une compréhension du mal et du bien, ni en subdivisant les commandements pour essayer de les rendre plus accessibles. C’est l’Esprit de Dieu qui conduit vers la manière de penser de Dieu. Lorsque nous avons sa manière de penser, cela produit cette obéissance. Il nous faut être conduit par cet Esprit avec sa manière de penser, au lieu d’être conduit par notre propre nature et une manière de penser tout humaine. Tout ceci les pharisiens et les spécialistes de la loi de Moïse ne l’avaient pas saisi. Ils persévéraient dans des tentatives d’obéir par eux-mêmes, refusant de changer leur manière de penser pour l’aligner à celle de Jésus-Christ. Et de nos jours, nombreux sont ceux qui ont aussi de la difficulté à saisir ces réalités, c’est malheureusement ce qui contribue à les maintenir au stade d’enfant…

Enfant 5L’obéissance sans faille de Jésus s’appuyait sur une connaissance parfaite de la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, et aussi concernant le diable et son œuvre. Aussi, le mal n’a jamais trouvé un accès en Christ, bien qu’il fut tenté comme nous en toutes choses (cf. Hébreux 2:18, 4:15). Aucune suggestion du diable ne pouvait le tromper (cf. Matthieu 4:1-11) ou influencer sa manière de penser dans une direction contraire à Dieu (cf. Matthieu 16:23). Jésus alignait sa pensée sur celle du Père, par le Saint-Esprit. Jésus connaissait la vérité et il n’y avait pas de mensonge en lui, c’est pour cela qu’il est la Vérité (cf. Jean 14:6). Tout ce qu’il a dit, fait ou pensé, était conforme à la vérité. La vérité est la Parole de Dieu (cf. Jean 17:17). L’enseignement de Jésus était conforme à Dieu (cf. Jean 5:19, 7:16-17, 8:45, 8:55, 14:10). La Parole de Dieu l’habitait et demeurait en lui en permanence. C’est ce qui fait que Jésus était incorruptible face au mal, totalement vainqueur sur le mal, sans commettre le moindre mal, sans être influençable même par le mal dirigé contre lui. Il répondait au mal par le bien, car il connaissait la valeur véritable de chaque individu aux yeux de Dieu. Rien ne pouvait atteindre le cœur de Jésus par le mal, pas même la perspective de la mort sur la croix (cf. Luc 23:34). La Parole de Dieu, la Vérité, a été sans cesse manifestée en lui et à travers lui. Jésus savait à quel point le Père l’aimait et à quel point le Père aime chaque individu (cf. Jean 15:9). Il était profondément enraciné dans cet amour dont il débordait, et aucune circonstance ne pouvait remettre en question cet amour, ni la vérité qui est en Dieu et qui était en lui. Il était impossible de tromper ou de piéger Jésus par un quelconque mensonge à propos de Dieu et des choses de Dieu. Lorsqu’on connaît la vérité sur un point, les mensonges du “père du mensonge” ne peuvent pas nous tromper sur ce point. Seule l’ignorance de la vérité amène à ne pas reconnaître un mensonge et à être ainsi trompé. C’est pour cela qu’il est vital de grandir dans la connaissance de la vérité tout entière, parce que lorsque c’est la vérité qui nous habite, c’est la vie de Christ qui est produite en nous qui croyons. Alors nous ne pouvons plus être trompé sur les points que nous savons être la vérité, parce qu’ils ont été confirmés par l’Esprit, par ce que seule la vérité produit. L’abondance de vie que Jésus promet et qui est éternelle, vient de connaître intimement le Dieu unique et véritable, et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ (cf. Jean 17:3-4). Le caractère de Jésus-Christ ne peut pas être manifesté en dehors de la communion avec Dieu. “Celui qui a une conduite conforme à la vérité vient à la lumière pour qu’on voie clairement que tout ce qu’il fait, il l’accomplit dans la communion avec Dieu” (Jean 3:21 – BDS). “Celui qui ne reste pas attaché à l’enseignement qui concerne le Christ, mais s’en écarte, n’a pas de communion avec Dieu. Celui qui reste attaché à cet enseignement est uni au Père comme au Fils” (2 Jean 1:9 – BDS).

Parmi ceux à qui Jean écrit dans sa première lettre, il y avait des croyants au stade d’enfants, certains au stade de jeunes gens qui avaient vaincus le mal, et d’autres au stade de pères dont la connaissance du Père céleste était plus qu’évidente (cf. 1 Jean 2:12-14). Jean était lui-même au stade de “père”, c’est ce qui lui permet de discerner le stade d’enfants, celui de jeunes gens et de confirmer celui de pères. Et c’est en tant que “père” que Jean est poussé à appeler certains de ses lecteurs “mes chers enfants” (cf. 1 Jean 2:1). Le stade de “père” est lié non seulement au fait d’être au stade adulte, mais d’avoir amené d’autres à la vie en Christ. Il s’agit donc d’avoir engendré des enfants par la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. A noter, quelqu’un qui est au stade d’enfant et qui engendre un autre enfant (un nouveau croyant), bien que devenu “parent”, il ne sera pas adulte pour autant. Il ne pourra pas se considérer comme “père” au sens où Jean l’entend dans sa lettre. Jean parle ici des “pères” qui sont au stade adulte. Le terme original pour père inclue ici la notion de celui qui transmet toute chose, dans le sens d’enseignant. Seuls des “pères” peuvent véritablement amener les autres à ce stade de maturité. Au temps de Jean, l’enseignement était donné par ceux qui étaient au stade adulte, ceux qui avaient une connaissance correcte et précise de Dieu et des choses de Dieu, et n’était plus conduit par leur propre nature. A ceux qui sont au stade d’enfant, Jean leur rappelle que leurs péchés sont pardonnés à cause de Jésus-Christ (cf. 1 Jean 2:12). Il cherche ainsi à établir cette vérité en eux afin qu’ils en arrivent à la victoire sur le mal. Car la caractéristique du stade d’enfant dans la foi est d’avoir encore une conscience remplie de culpabilité, avec une incertitude concernant le pardon des péchés. Et ainsi, il ne se saisit pas du don de la justification/droiture par le moyen de la foi. Il a de la peine à croire que toutes ses fautes ont été effacées sans prérogative et que Dieu ne tienne pas compte des fautes. Car, en général, l’enfant méconnait aussi l’œuvre de l’ennemi de Dieu et il mélange les deux (cf. Jean 10:10). C’est difficile pour l’enfant de se saisir simplement de l’effacement de ses fautes, sans prérogative de sa part autre que le prendre personnellement pour lui-même, en croyant dans son cœur et en le confessant de sa bouche. Il aura de la difficulté à confesser de sa bouche qu’il est pardonné, car il regarde à lui-même, à ce qu’il fait encore et à ce que les autres disent, au lieu de regarder à ce que Dieu a dit et démontré en Christ. Le don de la justification/droiture n’est pas encore solidement établi chez celui qui est au stade d’enfant dans la foi. Il est encore sensible aux accusations du “père du mensonge“. Souvent, il va même confondre la voix de l’Accusateur avec celle de Dieu. C’est la raison pour laquelle celui qui est au stade d’enfant n’a pas encore vaincu le mal, et c’est pourquoi il demeure encore esclave de la loi du péché, commettant le mal indésirable et n’arrivant pas à faire le bien désiré. Il est influencé par les autres, dans le sens qu’il est sensible et susceptible à ce que les autres disent, et surtout à ce que les autres disent et pensent de lui (cf. Jean 5:44). Il est facilement offensé et susceptible aux fautes que les autres pourraient relever, ou essayer de relever, chez lui. Il reçoit encore dans son cœur la condamnation que les autres pourraient lui faire porter, indépendamment que ce soit volontaire de leur part ou pas. Typiquement, celui qui est au stade d’enfant est susceptible à beaucoup de choses, en particulier à tout ce qui pourrait le remettre en question d’une manière ou d’une autre, ou démontrer certains manquements, ou mettre en évidence des fautes commises, ou mettre en lumière des incohérences dans ce qu’il croit par méconnaissance de la vérité, ou mettre en évidence des mensonges dans ce qu’il croit. Il cherchera à se justifier, souvent par comparaison avec les autres, de manière ouverte ou dans son cœur. Le sentiment de culpabilité et de condamnation qui l’habitent fait en sorte qu’il est dans un mode de réaction plus ou moins impulsif. Son automatisme sera par exemple de vouloir retourner la culpabilité et une condamnation directement sur ceux qui le remettent en question, sur ceux qui l’offensent ou sur d’autres personnes, à la manière d’Adam (cf. Genèse 3:12) et Eve (cf. Genèse 3:13). En général, celui qui est au stade d’enfant pourra difficilement se contenir. Et s’il se contient, il bouillonne à l’intérieur et n’est pas en paix, car il médite de mauvaises pensées qui le rongent. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que le sentiment de culpabilité qui l’habite et le fait de bouillonner en lui-même est perceptible de l’extérieur par quelqu’un qui n’est plus au stade d’enfant, mais qui a du discernement et connaît la vérité. Comme le propre de quelqu’un qui est au stade d’enfant est d’être conduit par sa propre nature et non par l’Esprit, le fruit de l’Esprit sera quasiment absent et peu observable dans sa vie, c’est-à-dire l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22). Ces caractéristiques sont un seul et même fruit. Toutes ces caractéristiques apparaissent simultanément ensembles. Celui qui est au stade d’enfant aura tendance à croire que ce sont là neuf fruits auxquels il doit travailler individuellement avec effort pour les voir grandir. Il pensera qu’il est plus développé dans l’une ou l’autre de ces caractéristiques, malgré le fait que Paul parle d’un seul et même fruit contenant neufs caractéristiques. Celui qui est conduit par l’Esprit, et non plus par sa propre nature, expérimente que toutes les caractéristiques de ce fruit sont présentes en même temps et sont indépendantes des circonstances, de l’opposition ou de la confrontation. C’est même au cœur de l’opposition et face au mal que ce fruit est le plus évident pour celui qui l’a en lui. Aussi, parce que ce fruit contraste fortement avec les opposants qui en seraient dépourvus. Celui qui est conduit par l’Esprit fait alors ce même constat que Paul: “Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi” (Galates 2:20 – BDS). En général, les caractéristiques du fruit de l’Esprit contribuent même à mettre hors d’eux-mêmes les opposants qui sont encore conduits par leur propre nature, inconsciemment parce qu’ils n’arrivent pas à produire ces caractéristiques et qu’elles ne sont pas en eux. Celui qui est au stade d’avoir vaincu le mal est, quant à lui, rempli d’amour et marche dans la lumière. Dans ce sens, il voit clair et aucun obstacle ne risque de le faire tomber (cf. 1 Jean 2:10). Il sait par quelle vérité il se tient debout et il sait comment résister aux épreuves (cf. 1 Corinthiens 10:12-13), parce qu’il est soumis à Dieu et connaît Sa Parole (voir aussi La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu).

Enfant 9Dans sa lettre aux Galates, Paul parle encore de certaines caractéristiques de celui qui est enfant dans la foi et il dit: “Aussi longtemps que l’héritier est un enfant, il ne se distingue en rien d’un esclave. Bien qu’il soit le propriétaire de tout le patrimoine, il reste soumis à l’autorité de tuteurs et d’intendants jusqu’au terme fixé par son père. Nous aussi, lorsque nous étions des enfants, nous étions de même asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde” (Galates 4:1-3 – BDS). Ce que Paul illustre ici avec une parabole, c’est que celui qui appartient au Seigneur mais qui est au stade d’enfant, est semblable à quelqu’un qui n’est pas un enfant du Seigneur… En d’autres termes, il est difficile de faire la différence entre celui qui est au stade d’enfant dans la foi et un non-croyant. Car en fait l’enfant reste comme un non-croyant, semblable à un “esclave”. Dans les caractéristiques associées au stade d’enfant, il y a l’esclavage de la loi du péché qui agit dans la nature propre, qui a pour résultat de faire le mal indésirable et ne pas arriver à faire le bien désiré, comme évoqué plus haut. Mais Paul parle aussi de l’héritage, que celui qui est au stade d’enfant possède déjà bel et bien, mais dont il ne bénéficie pas. En d’autres termes, celui qui reste au stade d’enfant ne vit pas le bénéfice de l’héritage qu’il a bel et bien déjà reçu en Jésus-Christ, il n’en voit pas la couleur… Pourtant, Dieu lui a déjà donné cet héritage en Christ, il en a même reçu un acompte par l’Esprit qui est en lui (cf. 2 Corinthiens 1:22, 2 Corinthiens 5:5). Mais concrètement, il ne touche pas, ou presque pas, aux trésors surabondants de la grâce de Dieu, comme le “oui” à toutes les promesses (2 Corinthiens 1:20). Il ne goûte pas vraiment aux caractéristiques de l’Esprit et à la puissance de Dieu (1 Corinthiens 4:20). Malheureusement, il n’expérimente pas la libération de la malédiction (cf. Galates 3:10, 13, Deutéronome 28:15-68). Il ne porte pas en lui-même le fruit de l’Esprit (cf. Galates 5:22-23). Il reste souvent en grande partie étranger aux dons de l’Esprit (1 Corinthiens 12:8-11). En résumé, il s’agit de tout l’acompte sur l’héritage, la partie de l’héritage qui nous est donnée dans ce monde présent, qui échappe à celui qui demeure au stade d’enfant. Ces réalités ne font donc parties, ou quasiment pas parties, de la vie de celui qui est au stade d’enfant. C’est ce qui fait qu’en l’observant dans son attitude et ses paroles, dans tout ce qu’il vit au quotidien dans ce monde, on ne voit pas de réelles différences avec quelqu’un qui n’appartient pas au Seigneur. Celui qui est au stade d’enfant aura bien un discours concernant les valeurs morales qui l’habitent, et qui sont différentes de certains non-croyants, car il a reçu un cœur nouveau (cf. Hébreux 10:16). Mais son attitude ne sera guère différente de celle des non-croyants. Bien souvent, il condamne les non-croyants dans son cœur et en paroles, étant lui-même encore sous la condamnation. Il est poussé à parler des valeurs morales qui sont en lui, parce qu’il y trouve inconsciemment une partie de son identité et de sa valeur. Il se compare aux autres d’une manière générale et notamment sur le plan des valeurs morales. Il se justifie par les valeurs morales qui sont en lui, même s’il n’arrive pas à les vivre. C’est là le fonctionnement d’auto-justification propre au stade d’enfant, qui n’est pas encore établi dans le pardon des péchés pour tous les hommes (cf. Romains 5:18, Hébreux 2:9, 1 Jean 2:2), ni établi dans le fait que Dieu ne se souvienne “plus” des péchés (cf. Hébreux 10:17). Dans Galates 4, les tuteurs auxquels l’enfant reste soumis et auxquels Paul fait allusion, c’est la Loi avec ses commandements (cf. Galates 3:24). Il en résulte souvent divers tendances de légalisme et l’auto-justification typiques qui habitent encore celui qui est au stade d’enfant.

Enfant 10L’autre caractéristique que Paul donne encore dans Galates 4 et qui est propre à celui qui est encore au stade d’enfant dans la foi, est le fait de vivre par les seules réalités qui régissent la vie dans ce monde. Il reste asservi aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde. En d’autres termes, il reste sous l’emprise des seules réalités visibles de ce monde. Il ne vit pas selon les réalités invisibles, selon les réalités du règne de Dieu telles que Jésus-Christ les a démontrées. Il ne vit pas en ayant les pensées tendues vers les réalités d’en haut (cf. Colossiens 3:1-2). Il se comporte, réfléchi et prend ses décisions essentiellement en fonction des seuls principes de ce monde visible, à la manière des non-croyants, et typiquement selon une sagesse de ce monde. Celui qui est encore au stade d’enfant se laisse facilement séduire par ce qu’il voit, de la même manière qu’Adam et Eve ont réfléchi et agi en fonction des réalités visibles (cf. Genèse 3:6), sans discerner le mensonge (cf. Genèse 3:1, Genèse 3:4-5). Adam et Eve ont les deux réfléchi en fonction des seules réalités visibles.

On pourrait penser que Paul et Jean ne donnent pas des listes identiques de ce qui caractérise celui qui est au stade d’enfant en Christ, mais en réalité aucune contradiction ne se trouve entre Paul et Jean. Les deux parlent des mêmes choses en utilisant un langage différent, à cause des lecteurs à qui ils s’adressent et de leur contexte. Toutes les caractéristiques que Paul évoque, en parlant d’être conduit par sa propre nature au lieu d’être conduit par l’Esprit, démontrent le fait de ne pas encore avoir vaincu le mal, c’est-à-dire que la nature propre est encore active et dominante. Avoir vaincu le mal est la caractéristique du stade de jeunes gens en Christ, mais ce n’est pas la caractéristique du stade d’enfant… Aussi, la présence récurrente de l’une des caractéristiques que Paul donne comme décrivant celui qui est encore au stade d’enfant en Christ, est suffisante pour constater le fait d’être encore au stade d’enfant. Et selon ce que Jean nous permet de savoir, le simple fait de ne pas être établi dans le pardon des péchés démontre d’être encore au stade d’enfant. La vérité que nous révèlent Paul et Jean ne laisse aucune place à la prétention dans notre auto-évaluation. C’est pourquoi il est important de rappeler encore une fois que notre valeur aux yeux de Dieu et son amour pour nous ne sont en rien influencées par le résultat de cette évaluation! Car, de manière continuelle encore aujourd’hui: “voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous” (Romains 5:7-8 – BDS).

Connaissant la manière d’agir de celui qui est le menteur dès le commencement et qui se plaît à semer le doute chez ceux qui sont encore au stade d’enfant, il peut être bon de préciser qu’à aucun moment, ni Jean, ni Paul, ne remettent en question la partie du salut qui touche au fait de passer l’éternité avec Dieu. Ils ne le remettent pas en question chez ceux qui sont encore au stade d’enfant et vivent encore dominés par leur nature propre. Le sceau de l’Esprit est irrévocable (cf. Romains 11:29) si on ne rejette pas l’Esprit, même si ceux qui sont encore au stade d’enfant dans leur foi sont encore conduits par leur propre nature au lieu d’être conduit par l’Esprit qui est en eux. Ce fut notamment le cas chez les Corinthiens et chez les Galates. A aucun moment, nous voyons Paul dire aux Corinthiens qu’ils auraient “perdu” leur salut éternel, ou que l’Esprit de Dieu qui est en eux les auraient quitté. Ils leur précisent toutefois que la qualité de l’œuvre de chacun de ceux qui enseignent les autres sera rendue évidente, et que ceux qui amènent de mauvaises fondations seront quand même sauvés, mais tout juste, comme des hommes qui ont réussi à échapper au feu (cf. 1 Corinthiens 3:13-15). De même avec les Galates qui mélangeaient la loi de Moïse et la grâce, ce qui avait pour conséquence d’être au bénéfice ni de la grâce, ni de la vie de Christ en eux (cf. Galates 5:4 – BDS), et aussi de ne pas bénéficier de l’héritage en Christ. Au contraire, dès l’introduction de sa lettre où il adresse les problèmes, Paul rappelle aux Corinthiens qu’ils ont été purifiés de leurs péchés dans leur union avec le Christ (cf. 1 Corinthiens 1:1-2). C’est là comme le rappel de Jean au sujet du pardon des péchés à ceux qui sont encore au stade d’enfant. Et aussi, Paul leur rappelle qu’ils sont le temple du Saint-Esprit: Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous?” (1 Corinthiens 3:16 – BDS). Paul mentionne ici le temple de Dieu à l’échelle communautaire*, mais il le redit aussi à l’échelle individuelle:Ou bien encore, ignorez-vous que votre corps est le temple même du Saint-Esprit qui vous a été donné par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous? Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes” (1 Corinthiens 6:19 – BDS). Et il rappelle aux Galates: “Je ne vous poserai qu’une seule question: A quel titre avez-vous reçu le Saint-Esprit? Est-ce parce que vous avez accompli la Loi, ou parce que vous avez accueilli avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue? Manquez-vous à ce point d’intelligence? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources que vous allez parvenir à la perfection?” (Galates 3:2-3 – BDS). Si ce n’est pas par l’accomplissement de la Loi que l’Esprit est donné, ce n’est pas par un manquement à la Loi que l’Esprit pourrait être ôté. Et Paul ne laisse place à aucune suggestion comme quoi l’Esprit les aurait quitté parce qu’ils mélangeaient le régime de la Loi et celui de la grâce, au contraire il leur dit: “Je vous dis donc ceci: laissez le Saint-Esprit diriger votre vie, et vous n’obéirez pas aux désirs qui animent l’homme livré à lui-même” (Galates 5:16 – BDS). En disant cela, Paul sous-entend que c’est une manière de penser saine, conforme à un esprit Saint, c’est-à-dire selon la pensée de Dieu donnée par l’Esprit, que l’on doit laisser diriger notre vie. Celui qui n’a pas reçu l’Esprit de Dieu, ou qui vit livré à lui-même, ne reçoit pas cette manière de penser de Dieu, pour lui c’est une folie.

Enfant 11Or nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit même qui vient de Dieu pour que nous comprenions tous les bienfaits que Dieu nous a accordés par grâce. Et nous en parlons, non avec les termes qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit. Ainsi nous exposons les réalités spirituelles dans des termes inspirés par l’Esprit. Mais l’homme livré à lui-même ne reçoit pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu; à ses yeux, c’est «pure folie» et il est incapable de le comprendre, car seul l’Esprit de Dieu permet d’en juger” (1 Corinthiens 2:12-14 – BDS). La difficulté de celui qui est au stade d’enfant, en étant conduit par sa propre nature avec ses propres raisonnements au lieu d’être conduit par l’Esprit de Dieu qui est en lui, est qu’il ne comprend pas tous les bienfaits que Dieu nous a accordés par grâce. Il a encore de la difficulté à se saisir de ces bienfaits, qu’il ne comprend pas et qui lui semblent encore une folie, comme c’est aussi le cas pour ceux qui n’ont pas reçu l’Esprit de Dieu. Chez celui qui est au stade d’enfant dans la foi, cela vient en grande partie de son manque de compréhension/révélation au niveau du pardon des péchés. Dans son raisonnement, il fonctionne encore au mérite. Le scandale de la grâce de Dieu, comme par exemple le fait que Dieu manifeste sa bonté envers des pécheurs, lui est difficilement acceptable. Pourtant, la vérité qui est en Jésus-Christ c’est que Dieu est bon avec ceux qui sont non-miséricordieux et avec ceux qui sont hostiles à Dieu (cf. Luc 6:35-36).

Propre critique

Paul lance cette invitation aux Corinthiens: “Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous? à moins peut-être que vous ne soyez désapprouvés” (2 Corinthiens 13:5 NEG79). Faisant suite à toutes les caractéristiques propres au stade d’enfant dans l’union avec le Christ, il est important d’avoir une sage évaluation de soi-même, afin de permettre la croissance et que: Ainsi, il ne vous manque aucun don de la grâce divine tandis que vous attendez le moment où notre Seigneur Jésus-Christ apparaîtra” (1 Corinthiens 1:7 BDS). Le cœur de Paul, comme de tous ceux qui sont sortis du stade d’enfant, languit à voir ceux qui appartiennent au Seigneur sortir du stade d’enfant dans leur union avec le Christ, pour qu’ils soient au plein bénéfice de l’héritage qui est le leur, goûtant à la plénitude qui est en Christ et à tous les bienfaits de Dieu. Et que ainsi ils soient correctement équipés pour faire face au dominateur de ce monde et arrêter la destruction que celui-ci opère en maintenant les gens dans l’ignorance de la vérité. Parce que celui qui reste au stade d’enfant passe à côté de la grâce et de la paix qui devraient être multipliées dans sa vie, il passe à côté de connaître le salut qui vient du pardon des péchés (voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés). Le salut consiste à être délivré, libéré, restauré, placé en sécurité, guéri, béni et rétabli dans la condition originelle voulue par Dieu. Et ensuite, c’est aussi parce que celui qui reste au stade d’enfant ne goûte pas à la joie qui vient de la manifestation du règne de Dieu en vivant comme le Christ dans ce monde, conduit par l’amour (cf. 1 Jean 4:17) et faisant les mêmes œuvres que Christ. Il ne goûte rarement aux mêmes œuvres que Christ, comme des fils et filles du Dieu vivant. Et s’il touche à la réalité des dons de l’Esprit et manifeste par ces dons la puissance de Dieu, celui qui est au stade d’enfant y placera facilement son identité et sa valeur, nourrissant un égo caractéristique du stade d’enfant. Il en viendra facilement à se justifier par ces œuvres qui manifestent la puissance de Dieu, et ses motifs seront rapidement corrompus face à la puissance de Dieu qui se manifeste à travers lui. Ces œuvres qui sont bonnes en soi, risquent de le desservir (cf. Matthieu 7:22-23). Celui qui est encore au stade d’enfant ne vit pas pleinement dans sa position de fils, il ignore en grande partie qui il est en Christ. Aussi, Christ n’est pas pleinement manifeste en lui. Ceci est malheureux déjà pour celui qui reste au stade d’enfant, et ensuite pour ceux qui pourraient bénéficier de l’eau vive dont il devrait déborder (cf. Jean 7:37-38).

feather and stone balanceLa vérité ne laisse aucune place à la prétention, et c’est avec humilité qu’il est important de faire sa propre évaluation. La tendance du stade d’enfant dans l’union avec le Christ est aussi typiquement de vouloir prendre tous les critères de maturité donnés dans les textes bibliques pour évaluer les autres avant de s’évaluer soi-même. Ce fonctionnement ne permet pas de sortir du stade d’enfant, car “Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il accorde sa grâce aux humbles” (cf. Jacques 4:6, 1 Pierre 5:5). Ceci dit, après avoir fait sa propre évaluation, l’évaluation des autres peut avoir sa place. Notamment, aujourd’hui l’évaluation de ceux qui enseignent est importante. Non par esprit de comparaison (cf. Matthieu 18:1-3, Marc 9:35) avec un désir de rabaisser ceux qui enseignent, ni dans une justification qui serait par le stade de maturité, mais parce qu’un enseignant qui est au stade d’enfant ne peut pas amener quelqu’un à sortir du stade d’enfant, tant que l’enseignant n’est pas lui-même sorti de ce stade. Car, en réalité il n’en connaît pas encore les clés. Un enfant ne peut pas enseigner à devenir adulte, ni enseigner ce que seuls des adultes comprennent. Ce qu’enseignera un enfant sera avec une perspective et une compréhension qui correspondent au stade d’enfant, amenant un certain nombre d’hérésies malheureusement fondamentales. Avoir conscience de cela est d’autant plus important pour un croyant qui est encore au stade d’enfant, s’il veut véritablement grandir sans être trompé par ce qui sonne juste à la pensée humaine mais qui est contraire à la vérité qui est en Jésus-Christ. Ceci dit, il est important de le redire: aux yeux de Dieu un enfant n’a pas moins de valeur et n’est pas moins considéré qu’un adulte! Un adulte dans l’union avec le Christ considérera les autres comme plus important que lui-même (cf. Philippiens 2:3-4).

Au temps de Paul, ceux qui enseignaient ainsi que les dirigeants étaient au stade d’adulte dans leur union avec le Christ. Ils étaient d’ailleurs choisis par des croyants qui étaient eux-mêmes au stade adulte. Et le choix était fait selon les caractéristiques correspondant au stade adulte dans l’union avec le Christ (cf. 1 Timothée 3:1-13, Tite 1:5-2:1). Malheureusement de nos jours, avec une grande majorité de croyants qui ne connaissent que le stade d’enfant (sans même en avoir conscience), il y a une grande incompréhension de ces caractéristiques demandées par Paul. Ces caractéristiques qui sont un acquis pour celui qui est au stade adulte, sont alors approchées avec légalisme et comme quelque chose d’attendu à coup d’efforts et de discipline de la part de ceux qui dirigent et enseignent alors qu’ils sont encore eux-mêmes au stade d’enfant… Tristement, la mauvaise conscience et la condamnation ne peuvent que les attendre au contour de leurs manquements face à ces caractéristiques qui ne correspondent pas au stade d’enfant dans lequel il se trouve. Avec les caractéristiques propres au stade d’enfant que Paul nous donne, on comprend mieux le défi immense et lourd à porter que peut représenter aujourd’hui le fait pour certains d’être dirigeants et/ou enseignants lorsqu’ils sont eux-mêmes au stade d’enfant et que toute leur assemblé est au stade d’enfant. On comprend mieux les causes de burnout parmi ceux qui dirigent/enseignent alors qu’ils sont encore eux-mêmes au stade d’enfant… C’est le résultat malheureux et douloureux d’enfants qui conduisent/enseignent des enfants au sein du Corps de Christ, l’Eglise. Pour celui qui est sorti du stade d’enfant, ce constat fait déborder de compassion avec un cri du cœur qui saigne pour tous ses frères et sœurs en Christ qui demeurent à ce stade d’enfant dans leur maturité… Paul va jusqu’à comparer avec les douleurs de l’enfantement cette douleur de l’attente de voir Christ être formé en ceux qu’il a amenés à la foi en Jésus-Christ (cf. Galates 4:19). Que cet article et tous les autres de ce site puissent aider beaucoup à voir Christ être formé en eux et sortir du stade d’enfant pour goûter à toute la plénitude qui est en Christ.

Le pardon des péchés avec le don de la justification/droiture sont fondamentaux!

Aussi, à la lumière de la première lettre de Jean et de ce que Paul nous laissent comprendre, il ne faut pas être surpris d’observer que là où l’enseignement en ce qui concerne le pardon des péchés (avec le don de la justification/droiture) et le renouvellement de la pensée (Metanoia, mal traduit par “repentance“) n’est pas correctement enseigné, la communauté de croyants ne peut pas sortir du stade d’enfant dans leur union avec le Christ. Ce ne sont pas les caractéristiques modelées par la pensée du monde comme les titres, le niveau d’études, le niveau de responsabilité, les capacités humaines ou le nombre d’années de conversion qui déterminent la maturité dans l’union avec Jésus-Christ et l’aptitude à enseigner ou à diriger au sein du Corps de Christ. De nos jours, le nombre de croyants qui sont sortis du stade d’enfant semble très faible, y compris parmi ceux qui enseignent ou dirigent… Et malheureusement, s’ils ne prennent pas soin d’eux-mêmes et de leur enseignement, mais s’ils restent avec les lunettes de la tradition, ils passent à côté du salut pour eux-mêmes et pour ceux qu’ils enseignent (cf. 1 Timothée 4:16). Ce qui est malheureux, c’est que si un croyant au stade d’enfant est dans un environnement où l’enseignement n’est pas correct, en particulier en ce qui concerne le pardon des péchés et le renouvellement de la pensée, et qu’il reçoit un enseignement qui mélange la grâce et la Loi, il est peu probable que ce croyant arrive un jour à sortir du stade d’enfant.

Mais Dieu est à l’œuvre par son Esprit et l’enseignement authentique duquel Paul invite Tite à parler, est redécouvert par de nombreux croyants de par le monde qui ont soif de vérité et qui se plongent dans les textes bibliques, cherchant la vérité de tout leur cœur pour connaître intimement le seul vrai Dieu, et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. De plus en plus de croyants sortent du stade d’enfant, et voient Christ être formé en eux pour en amener d’autres à goûter à l’acompte sur l’héritage et manifester au monde l’amour du Christ, en vivant les réalités du règne de Dieu au quotidien, comme on peut l’observer dans le livre des Actes.

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance, correcte et précise, de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

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* A noter: bien que dans le contexte de ce chapitre Paul fasse clairement allusion à l’assemblée des croyants lorsqu’il parle du “temple de Dieu“, il leur dit que l’Esprit habite en eux. Ceci est valable aussi pour l’individu, car l’Esprit est donné aux individus. Il s’agit d’ailleurs exactement du même Esprit pour chacun, le même qui était en Jésus-Christ. Jésus-Christ a parlé de lui-même en utilisant cette même expression du temple de Dieu (cf. Jean 2:19-21). C’est précisément parce que l’Esprit de Dieu était en lui. C’est pour cela que Paul utilise l’expression du “temple” à la fois pour les individus, mais aussi pour l’assemblée en tant que “Corps de Christ“.

La crainte: méconnaissance de l’amour de Dieu

Dans sa première lettre, Jean utilise l’amour comme critère principal pour déceler les hérésies dans ce que les gens croient, et il le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS).

15245259235_91609b1fda_kL’amour est la caractéristique fondamentale de Dieu. L’amour est la nature même de Dieu. Une connaissance correcte et précise de qui est Dieu et des choses de Dieu produit un amour similaire à celui de Dieu chez le croyant, à l’image de Christ. C’est ce même amour qui animait Jésus et qui animent ceux dont la connaissance de Dieu est correcte, et qui vivent dans l’union avec le Christ. On parle d’un amour dont les caractéristiques sont listées en 1 Corinthiens 13. C’est cet amour qui est perceptible dans les lettres de Paul, parce que cet amour l’animait, de même pour Jean et les disciples de Jésus depuis la pentecôte jusqu’à aujourd’hui, pour ceux qui laissent le Saint-Esprit diriger leur vie (cf. Galates 5:16-17). Voici ce que Jean dit encore: “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:16-19 LSG).

Lorsque Jésus parle à ses disciples de l’importance de demeurer en lui, car sans lui ils ne peuvent rien faire (cf. Jean 15:4-5), il précise en quoi consiste la notion de demeurer en lui: “Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 BDS).

En réalité, celui qui vit avec de la crainte et des peurs, que ce soit face aux circonstances ou dans ses relations avec les autres, démontre une méconnaissance de l’immensité de l’amour de Dieu pour lui. C’est ce que Jean laisse entendre. Les peurs dénotent d’un manque de connaissance et d’établissement dans l’amour de Dieu, ce sur quoi Jésus insiste dans Jean 15. Celui qui a une connaissance correcte de l’amour de Dieu, révélé en la personne de Jésus-Christ, et qui demeure enraciné dans cet amour, vit sans crainte. Parce que le fait est que dans la vie de Jésus jusqu’à sa mort à la croix, Dieu a montré cette réalité que souligne Paul aux Romains : “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi tout avec lui? Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous” (Romains 8:31-34 BDS). En Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il a promis (cf. 2 Corinthiens 1:20) et de plus, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). Attention toutefois à la notion transmise par Paul ici avec l’idée de “Lui (le Père) qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous…“, car elle véhicule l’idée d’un Père meurtrier indirect de son propre Fils. Une telle idée est contraire à la vérité qui est en Christ : “En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père” (Jean 10:18 BDS). Paul n’avait visiblement pas connaissance de ces paroles de Jésus.

Crainte 2Celui qui est établi dans la vérité que Christ a révélée au sujet de l’amour du Père, et qui vit dans le don de la justification qui provient de la foi, est alors plein d’assurance devant Dieu et devant les hommes. D’autant plus qu’il peut avoir, par le moyen de la foi, l’assurance de toutes les promesses de Dieu. La justification donnée par Dieu à travers le moyen de la foi, suffit à faire disparaître toute crainte (cf. Psaume 56:4-5, Psaume 118:6, Romains 8:36-37). Concernant l’amour de Dieu, Jean sous-entend clairement que ce n’est pas seulement une question d’avoir entendu parlé du fait que l’amour de Dieu est immense et inconditionnel, encore faut-il le croire et agir en fonction de cette réalité. Le doute concernant l’amour de Dieu est souvent le résultat du fait de regarder aux circonstances et au monde actuel pour évaluer son amour (voir aussi Le doute: conséquence d’un coeur partagé). L’observation du monde vivant sans l’Éternel et sans le moyen de la foi, et qui se trouve alors sous le pouvoir de l’autorité du mal, ne reflète évidemment pas cet amour, ni le règne de Dieu, bien que ce règne et cet amour soient véritables et bien réels. Même observer ceux qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, peut s’avérer trompeur concernant les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses. Car tous ceux qui ignorent en grande partie la vérité, ou ne s’en saisissent pas par le moyen de la foi, surtout en ce qui concernent le don de la justification/droiture, restent souvent sous la malédiction de la Loi (cf. Deutéronome 28:15-69) par leur désobéissance à la foi. Les observer sans connaître la vérité, peut laisser croire faussement que le problème est du côté de Dieu et de sa volonté, et leurs discours présentent en général le royaume de Dieu essentiellement comme quelque chose de futur, parce que son règne ne fait pas partie de leur expérience. Souvent, les croyants demeurent des “enfants dans la foi” qui ne touchent pas à l’héritage, qui pourtant leur appartient. Ils vivent sans qu’il y ait de différence avec ceux qui ne connaissent pas Dieu (cf. Galates 4:1-5). Et ils sont étrangers à la vie que Dieu donne véritablement (cf. Ephésiens 4:18, voir aussi L’ignorance liée à l’absence de foi). Ainsi, ils ne vivent pas pleinement sous la bénédiction (cf. Deutéronome 28:1-14) promise à l’obéissance à ce que Dieu a dit en Jésus-Christ. Car en Christ, Dieu a mis fin aux prescriptions de Moïse et à la malédiction qu’elles faisaient porter. En Christ, Dieu a scellé une alliance nouvelle (cf. Marc 14:24, Hébreux 9Galates 3:10, 13, voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés et Dossier: Le point sur la repentance). Il n’y a pas de culpabilité à avoir pour ceux qui se retrouveraient dans les caractéristiques d’un “enfant dans la foi“, même après de nombreuses années à cheminer avec Dieu. D’autant plus que, bien souvent, c’est le résultat de l’ignorance et/ou de croyances erronées (ce qui s’associe à de l’ignorance) véhiculées par d’autres croyants qui enseignent les autres, mais qui ont eux-mêmes une mauvaise connaissance de la vérité, parce qu’ils ont eux-mêmes reçu ces mêmes enseignements qui tendent ainsi à se perpétuer… Toutefois, chacun rendra compte à Dieu pour lui-même (cf. Romains 14:12), d’où l’importance vitale pour chaque individu de chercher à connaître Dieu et la vérité à son sujet, en examinant les Écritures à la lumière de la vérité qui est en Christ, et vérifier les enseignements reçus (cf. Actes 17:11). Il s’agit donc de remplacer, par la vérité, les mensonges qui étaient crus précédemment.

En vérité, c’est l’œuvre de la vie de Christ, son enseignement et toute sa vie jusqu’à sa mort et sa résurrection, qui nous révèle l’ampleur de l’amour de Dieu (cf. Romains 5:7-8). Et cet amour de Dieu n’est pas seulement théorique, c’est un amour très concret qui se manifeste pratiquement et puissamment (cf. 1 Corinthiens 4:20). C’est un amour qui donne. La difficulté, pour de nombreuses personnes, c’est que tout ce qui est compris dans ce que Dieu donne par amour, c’est-à-dire par grâce (faveur imméritée et “imméritable”), s’obtient uniquement par le moyen de la foi (cf. Ephésiens 2:8), croire et agir en conséquence.

Tout ce que Dieu donne se manifeste uniquement par la grâce et au moyen de la foi.

Crainte 3Il s’agit de croire dans le cœur et de se saisir activement de cet amour de Dieu et de toutes les promesses qui y sont rattachées. L’expérience de ce que Dieu donne par grâce, et qui est à saisir par le moyen de la foi, aura pour conséquence la confiance en Dieu, l’assurance de son amour et de ses promesses. Car tout ce que Dieu donne et qui était précédemment invisible, est alors rendu visible et concret au moyen de la foi (cf. Hébreux 11:1) dans la vie du croyant. C’est cette expérience qui avait déjà amené Paul à dire: “Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ” (1 Timothée 1:14 BDS). Jean avait également fait ce constat: “Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre” (Jean 1:16 BDS). Mais bien avant cela, David avait aussi déjà expérimenté cette réalité de l’amour concret de Dieu, qui l’a poussé à proclamer cette invitation : “Goûtez et constatez que l’Éternel est bon! Oui, heureux l’homme qui trouve son refuge en lui” (Psaume 34:9 BDS). David avait confiance en l’Éternel et cette confiance l’avait même épargné de certaines malédictions de la loi de Moïse (voir Marc 2:25-26).

Cette réalité très concrète de l’amour de Dieu, lorsqu’on y goûte et le constate, fait disparaître non seulement le doute quant aux promesses de Dieu et son amour inconditionnel, mais elle fait aussi disparaître la crainte dans le cœur de celui qui vit par le moyen de la foi. Il expérimente continuellement les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses, auxquelles Dieu est fidèle. La paix parfaite l’habite, cette paix qui vient de Dieu et qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. Son cœur et ses pensées sont sous la protection de Jésus-Christ (cf. Philippiens 4:6-7). La difficulté pour beaucoup de croyants, c’est que cette expérience concrète de l’amour de Dieu ne peut pas se faire sans le moyen de la foi, et donc ne peut pas se faire sans connaître la Parole de Dieu: Jésus-Christ. La raison est la suivante:

Ce que Dieu dit est la base sur laquelle la foi s’appuie !

Si cette base est erronée, c’est-à-dire que ce qui est cru n’est pas ce que Dieu dit véritablement, même la plus grande “foi” possible ne produira rien de ce que la vérité produit.  Et, la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ (Romains 10:17 BDS). Il est donc essentiel de filtrer toutes paroles par la parole du Christ. L’expérience de l’immense bonté de Dieu ne peut pas avoir lieu sans croire dans son cœur et se saisir activement de ce que Dieu a dit et promis. Se saisir activement de ce que Dieu a dit consiste à ne pas se laisser tromper par les circonstances et ce que les seules réalités du monde actuel et des personnes semblent dire. Mais cela consiste à placer toute la confiance dans la vérité qui est révélée en la personne du Christ et dans les promesses de Dieu pour celui qui croit. Cela signifie donc : être cohérent dans les actions avec les promesses de Dieu. C’est-à-dire avoir des actes, des pensées et des paroles qui sont cohérentes avec le fait de croire dans les promesses de Dieu, et de compter sur la réalisation de ces promesses. Et de constater la même réalité qu’Esaïe : “A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures une paix parfaite, parce qu’il se confie en toi” (Esaïe 26:3 BDS).

Toutes les réalités de Dieu puisent leur source dans son amour. Ainsi, lorsque la crainte est encore présente, cela devrait être pris comme un signal qui révèle le besoin de se repositionner dans l’amour de Dieu, et/ou le besoin d’une plus grande révélation de l’amour de Dieu. Mais cette révélation et ce positionnement aussi nécessitent le moyen de la foi, il s’agit de la foi en Christ. Car pour connaître l’amour du Père, il est nécessaire de regarder à Christ, à ses paroles et ses actes conformes au Père. En effet, Jésus a dit: Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour (Jean 15:9 BDS)

La tradition: annulation de la Parole de Dieu – 3ième Partie

…suite de l’article précédent.

Voici ce que Paul dit à Timothée: “Cependant, l’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons*. Ils seront séduits par l’hypocrisie de prédicateurs de mensonges dont la conscience est comme marquée au fer rouge. Ces gens-là interdiront le mariage, et exigeront que l’on s’abstienne de certains aliments, alors que Dieu a créé toutes choses pour que les croyants, ceux qui connaissent la vérité, en jouissent avec reconnaissance. En effet, tout ce que Dieu a créé est bon, rien n’est à rejeter, pourvu que l’on remercie Dieu en le prenant. Car tout ce qu’il a créé est saint lorsqu’on l’utilise conformément à sa Parole et avec prière. Expose cela aux frères, et tu seras un bon serviteur de Jésus-Christ, nourri des paroles de la foi et du bon enseignement que tu as fidèlement suivi. Mais rejette les récits absurdes et contraires à la foi. Entraîne-toi plutôt à rester attaché à Dieu” (1 Timothée 4:1-7 – BDS). A noter, la liste de Paul en parlant d’interdire le mariage et de s’abstenir de certains aliments n’est ni représentative ni exhaustive pour qualifier un “prédicateur de mensonges“. A noter aussi, les enseignements contraires à la foi préconisent souvent une grande discipline en vue de l’obéissance aux commandements. Mais c’est seulement par le moyen de la foi que l’obéissance à Dieu se produit (cf. Romains 1:5). Ceci parce que c’est par le moyen de la foi que nous sommes sauvés (cf. Ephésiens 2:8), c’est-à-dire délivrés du pouvoir de l’ennemi de Dieu. C’est la foi qui libère l’action de Dieu par Son Esprit dans la vie du croyant, et non pas la discipline et les efforts.

* Attention : ce n’est pas parce qu’une manière de penser est inspiré par des démons, que celui qui a cette manière de penser est possédé par un démon ! Par exemple, lorsque Jésus reprend Pierre en lui disant: “Arrière, «Satan»! Eloigne-toi de moi! Tu es un obstacle à ma mission, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu; ce sont des pensées tout humaines” (cf. Matthieu 16:23, Marc 8:33), il n’est pas en train de dire que Pierre est Satan en personne, ni même qu’il soit possédé par un démon. D’ailleurs Jésus ne va pas ensuite chasser un quelconque démon qui habiterait Pierre. Jésus parle de la manière de penser de Pierre, et il sous-entend que la manière de penser tout humaine provient de l’adversaire: Satan. En réalité, c’est une manière de penser qui est faussée, tordue, qui est de l’ordre du mensonge inspiré par celui qui est le “père du mensonge“.

Prédicateurs de mensonges

Paul nous dit qu’une caractéristique du “prédicateur de mensonges” est une conscience coupable: “marquée au fer rouge“. En réalité, c’est parce que le “prédicateur de mensonges” vit sous le régime de la Loi qui le condamne. Il ne vit pas sous la réalité de la vérité qui est en Christ et qui purifie du péché. C’est sa fondation qui est déjà incorrecte. Mais parmi les croyants qui confessent Jésus-Christ comme Seigneur, le plus souvent, cette fondation incorrecte est recouverte de grâce pour donner lieu à un mélange de grâce et du régime de la Loi. C’est la composante du régime de la Loi qui maintient la condamnation et garde le péché plein de force chez le croyant. Le “prédicateur de mensonges” ne vit pas ce qu’il recommande aux autres, il ne le peut pas à cause de cette composante du régime de la Loi. C’est ce qui fait de lui un hypocrite et contribue à sa conscience coupable, malgré son apparente bonne intention. Il ne peut simplement pas vivre ce qu’il recommande, car il reste esclave du péché à cause de ce qu’il croit. Le péché continue d’agir en lui à cause de son fonctionnement sous le régime de la Loi, car la fondation de ce qu’il croit est incorrecte. Il enseignera facilement aux autres d’aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme et de toute leur pensée, et d’aimer leur prochain comme eux-mêmes, sans savoir comment on y parvient. Cela lui semble sage puisque ce sont les deux commandements les plus grands cités par Jésus lui-même. Mais le “prédicateur de mensonges” ne les vit pas lui-même. Il ne le peut pas parce qu’il ne connait pas la Vérité qui le lui permet et qui fait appel au moyen de la foi. Il ignore la Vérité qui libère de l’esclavage du péché. Ou parfois, il refuse de croire la Vérité du pardon des péchés sans prérogative, cela lui semble une folie, son fonctionnement sous le régime de la Loi l’empêche de croire cela. Ou alors, il prétendra qu’il le croit, pourtant il ne le met pas en pratique. Aussi, il ne donne pas de solution véritable dans ses discours. Il se contente souvent de transmettre des buts à atteindre, des valeurs et des idéaux avec une sagesse tout humaine. Tradition 3C’était déjà le cas des pharisiens et spécialistes de la Loi que Jésus reprenaient régulièrement. En général, le “prédicateur de mensonges” préconise des moyens humains, une sagesse modelée par le monde actuel, basée sur les principes de ce monde, et invite les autres à changer de comportement, comme s’ils pouvaient le faire par leur propre volonté et de la discipline sans changer leur manière de penser et de comprendre les choses au sujet de Dieu. Lorsqu’il présente des prétendues solutions, c’est rarement quelque chose à croire et à verbaliser au sujet de Dieu selon la vérité qui est en Jésus-Christ. Mais il recommande plus volontiers des choses à faire, des efforts à fournir et une grande discipline. En général, il n’y arrive pas lui-même parce qu’il est sans force (cf. Romains 5:6), comptant sur ses propres ressources qu’il accompagne de prières. Son discours peut sembler sage parce qu’il sonne juste à la sagesse humaine de ceux qui ne connaissent pas la Vérité qui est en Christ, et ne se rendent pas compte que cette sagesse est modelée par le monde actuel. L’Evangile apporté par un “prédicateur de mensonges” comporte forcément des contradictions et des incohérences plus ou moins flagrantes. Celui-ci cherche rarement à les résoudre par une recherche de la Vérité. Il vit avec ces incohérences et s’en accommode, par exemple en prétextant qu’on ne peut pas tout comprendre. Mais il ne cherche pas vraiment à comprendre, surtout si chercher à comprendre peut remettre en question des choses qu’il a enseignées dans ses prédications. La prédication d’un “prédicateur de mensonges” augmente rarement la confiance en Dieu de ceux qui l’écoutent. Il apporte peu d’encouragements à la foi et ne pousse pas à s’attendre à la bonté de Dieu dans toute sa “folie” sur la seule base de la bonté de Dieu. Le “prédicateur de mensonges” partage plus volontiers ce qu’il faut faire pour Dieu plutôt que ce que Dieu a montré et fait en Jésus-Christ pour l’humanité. Son enseignement s’appuie en grande partie sur la tradition des hommes, c’est-à-dire ce qu’il a entendu des autres, lu dans des livres et qui lui semble sage, mais peu sur une révélation personnelle de la Vérité qu’il aurait assidument cherchée indépendamment des autres, et trouvée dans une communion avec Dieu sous la conduite du Saint-Esprit, en cherchant dans la Bible. La tendance du “prédicateur de mensonges” c’est d’étudier un peu plus la Bible lorsqu’il a en vue une prédication devant une assemblée. Sa lecture de la Bible est facilement motivée par un sens du devoir. Sa tendance naturelle est donc de lire la Bible parce qu’il le faut et que c’est important, mais son contenu devient rarement comme du miel sur ses lèvres. Son cœur est rarement passionné par sa lecture biblique. Il peut difficilement en être autrement, parce qu’une lecture de la Bible dans un fonctionnement sous le régime de la Loi renforce une conscience des manquements à l’égard des commandements. La compréhension des textes bibliques est voilée à cause des lunettes de la tradition tout humaine. C’est naturellement avec ces mêmes lunettes que le “prédicateur de mensonges” approche Dieu lui-même. La question qui l’habite généralement c’est “que dois-je faire pour…?“. Jésus a souvent eu à faire à cette question de ceux qui fonctionnent sous la Loi avec un désir inconscient d’être justifié par leurs œuvres. La réponse de Jésus envers eux fut systématiquement les dix commandements, ou des paraboles qui illustrent ces commandements. Et lorsque ces gens avaient l’impression d’avoir réussi à obéir à certains de ces commandements, alors Jésus leur montrait ce qui leur manquait encore (cf. Marc 10, Matthieu 19). La réalité est qu’il manquera toujours quelque chose à celui qui cherche à être justifié en dehors du moyen de la foi en la vérité qui est en Christ, et qui produit l’obéissance, c’est-à-dire l’amour comme Christ. La tristesse et le découragement en découle, parce que c’est le cœur qui doit être transformé pour être libéré, mais les lunettes de la tradition tout humaine rendent incapable de comprendre.

Ce qui est dramatique c’est que le “prédicateur de mensonges” séduit du monde par ses discours qui s’appuient sur une sagesse tout humaine autour de la Bible. Et ceux qui sont séduits finissent par se détourner de la foi (confiance en Dieu). Certains restent toutefois attachés au groupe de croyants auxquels ils s’associent, parce qu’ils y placent leur identité et leur valeur. Etre détourné de la foi signifie: ne pas vivre avec cette pleine assurance des choses qu’on espère et sans démonstration des réalités qu’on ne voit pas (cf. Hébreux 11:1). Cela revient à vivre par ses propres efforts, comme un homme livré à lui-même, limité par les seuls principes élémentaires de ce monde, victime du dominateur de ce monde. C’est le doute et la crainte qui dominent alors celui qui ne vit pas dans/par le moyen de la foi. Le “prédicateur de mensonges” amène les croyants à avoir un cœur qui est bien loin de Dieu. Il suscite des croyants à sa propre image, qui honorent Dieu du bout des lèvres et qui gardent une conscience coupable. Ceux qui sont séduits marchent dans la tradition ainsi transmise et répliquent chez les autres ce qu’ils vivent eux-mêmes. La parole d’Esaïe rappelée par Jésus dresse un tableau qui en découle: “Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur, car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes” (Marc 7:6-7 – BDS).

Comment discerner ce qui est de la tradition humaine et ce qui est de la Vérité?

Tradition 5La réponse la plus courte c’est: l’amour semblable à Christ ! Dans sa première lettre qui vise à déceler les hérésies, les faux enseignements, Jean utilise l’amour comme la caractéristique essentielle pour reconnaître si ce que quelqu’un prétend être la vérité est bien la vérité: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 – BDS). La tradition humaine non conforme à la vérité qui est en Christ ne produit pas l’amour, car elle présente certaines caractéristiques de Dieu et des choses de Dieu qui ne sont pas la Vérité que Christ a démontrée au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Les caractéristiques de l’amour sont très clairement présentées par Paul: “L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère” (1 Corinthiens 13:4-7 – BDS). Quelqu’un qui ne connait pas la Vérité, malgré toute sa sincérité et sa bonne volonté, ne pourra pas être animé de cet amour-là et manifester ces caractéristiques. D’ailleurs, comment Paul a-t-il pu lister ces caractéristiques si précisément? C’est justement parce qu’il a expérimenté ce que la Vérité au sujet du don de la justification/droiture, auquel on accède par le moyen de la foi, a produit en lui. Et Paul connait celui qu’il était quand il était livré à lui-même, et qu’il agissait par ignorance parce qu’il n’avait pas la foi (cf. Romains 7). Si l’on observe Jésus dans les évangiles, on constate que l’amour peut se tenir en compagnie des “pécheurs notoires” et les aimer sans réserve, et sans les condamner (punir). L’amour se donne pour eux. Une autre caractéristique de la Vérité est une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) d’une part, et d’autre part les signent décrits par Jésus qui accompagnent ceux qui croient (cf. Marc 16:15-20). Mais ces choses ne viennent pas de n’importe quelles croyances, mais c’est croire la Vérité qui est en Christ au sujet de Dieu qui amène ces réalités. Le croyant qui reste encré dans des traditions qui ne sont pas la Vérité, peut passer sa vie entière dans ses propres croyances sans jamais expérimenter la vie que Dieu donne véritablement. Tout au plus, il en effleure quelques caractéristiques occasionnellement, mais typiquement il n’arrive pas à renoncer véritablement à lui-même pour être disciple de Christ. Tous ses efforts et ses prières ne suffisent pas, il reste esclave du péché et ne pratique pas les mêmes œuvres que Jésus, ce qu’il a pourtant dit que ses disciples feraient. La tradition tout humaine comprend le plus souvent un subtil mélange de vérité et de mensonge au sujet de Dieu et des choses de Dieu, c’est ce qui permet la séduction. Le “père du mensonge” se plaît dès le commencement à déformer partiellement la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu pour masquer le mensonge. Cela ne veut pas dire que le “prédicateur de mensonges” déforme volontairement la vérité, mais par un manque d’amour de la Vérité et de recherche personnel pour connaître Dieu, il se trouve séduit par ce qui n’est pas la Vérité (cf. 2 Thessaloniciens 2:10-12), mais qui sonne juste à la pensée tout humaine (voir Proverbes 14:12, 16:25).

Jésus donne une clé qui permet de reconnaître des “faux prophètes“, ou des “prédicateurs de mensonges“, c’est-à-dire ceux qui ne connaissent pas la Vérité qui est en Christ : “Gardez-vous des faux prophètes! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces? Ainsi, un bon arbre porte de bons fruits, un mauvais arbre produit de mauvais fruits” (Matthieu 7:15-17 – BDS). Le fruit de celui qui est planté dans le bon arbre est la vie de Christ en lui. Cette vie est notamment caractérisée par le fruit de l’Esprit qui est: l’amour (agapê) avec les caractéristiques décrites dans 1 Corinthiens 13, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité (foi), la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23). Cette liste de caractéristiques est un seul et même fruit, celui de l’Esprit. La tradition tout humaine qui n’appartient pas à la vérité ne produit pas ce fruit, même chez quelqu’un qui aurait pourtant reçu l’Esprit de Dieu et appartient à Dieu. Ce fruit n’est pas le résultat d’efforts et de discipline, mais il découle de l’Esprit de Vérité, de la connaissance de la Vérité dans l’union avec le Christ. Ce fruit est un tout, il ne peut pas comporter seulement certaines caractéristiques et pas les autres. Toutes ses caractéristiques sont présentes en même temps et avec la même ampleur. Si ce n’est pas le cas, nous ne sommes pas en présence du fruit de l’Esprit, mais de certaines caractéristiques que la personne a développées elle-même, par ses propres forces. La différence est facilement reconnaissable, le fruit de l’Esprit est totalement indépendant des circonstances. Il demeure présent dans l’épreuve, sous la pression et la persécution, car le royaume que nous recevons est inébranlable (cf. Hébreux 12:28).

Il peut être bon de préciser que les caractéristiques mentionnées dans cet article au sujet de ceux que Paul appelle “prédicateurs de mensonges” ne sont ni représentatives, ni exhaustives. Elles n’ont pas été partagées pour que certains s’en saisir afin de condamner des prédicateurs, ni pour que quelqu’un qui se reconnaîtrait dans ces caractéristiques ressente une quelconque culpabilité et accusation. De telles pensées ne seraient pas de Dieu. Il ne s’agit pas de faire une chasse aux “prédicateurs de mensonges” pour les condamner, ce serait contraire à Christ. Mais il s’agit pour chacun d’être équipé dans la recherche de la Vérité en vue de la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ qui produit l’amour. Il s’agit d’avoir du discernement face aux messages entendus ou lus, ainsi que face aux témoignages rendus. Il est important d’être attentif à ce qui est de la tradition tout humaine, conscient de l’importance de la Vérité et de ce qu’elle seule produit. Ce sont les mensonges contenus dans la tradition tout humaine qui ont pour résultat de produire des “prédicateurs de mensonges” et de les multiplier. En réalité, celui qui voudrait accuser et condamner les autres doit prendre conscience que tout croyant qui partage aux autres des choses qui ne sont pas la Vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, se trouve être lui-même dans une position de “prédicateur de mensonges“. Ce n’est pas pour rien que Jacques souligne: “ne soyez pas nombreux à enseigner; vous le savez: nous qui enseignons, nous serons jugés plus sévèrement” (Jacques 3:1 – BDS). Il n’y a pas lieu ici d’accuser et de condamner qui que ce soit, “car chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même” (Romains 14:12 – BDS). Celui qui connaît Dieu et la vérité à son sujet, est rempli d’amour nous dit Jean. C’est l’amour qui le poussera à partager la Vérité aux autres, et ce sans accuser ni condamner (Jésus lui-même ne l’a pas fait), car “aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même” (Romains 14:7 – BDS). La Vérité ne consiste pas à accuser les autres pour leurs erreurs et manquements, mais la Vérité consiste en la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu en Jésus-Christ (voir aussi La vérité dans l’amour: clé de la croissance et La grâce c’est la vérité et la vérité c’est la grâce). La Bonne Nouvelle c’est la folie de ce que Christ a démontré: il a pardonné les péchés sans prérogative pour produire la vie en celui qui croit. “C’est l’Esprit (Dieu est Esprit) qui donne la vie; l’homme n’aboutit à rien par lui-même. Les paroles que je (Jésus) vous ai dites sont Esprit et vie (Jean 6:63 – BDS).

Jésus est La Parole de Dieu. La Parole de Dieu produit la vie, toute tradition humaine qui n’appartient pas à la Vérité annule la Parole de Dieu et produit la mort.

La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Romains 1:7 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur” (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Galates 1:3 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Ephésiens 1:2 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix” (Philippiens 1:2 BDS).
  • ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix” (Colossiens 1:2 BDS).
  • Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées” (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix” (1 Timothée 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix” (2 Timothée 1:2 BDS).
  • Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix” (Tite 1:4 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  •  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées” (1 Pierre 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur” (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et “imméritable” (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: “Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée” (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: “Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde” (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: “Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu” (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par “déclarés justes” est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: “Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité” (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: “Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul” (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés” (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: “Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus” (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. “Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: “Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père” (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient” (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit “oui” en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, “agir” par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: “Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits” (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: “La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par “bonté” signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: “Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi” (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : “A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen!” (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent

Dans sa lettre aux Romains, alors que Paul est entrain de parler de l’incrédulité des Israélites qui a eu pour conséquence leur mise à l’écart, sans pour autant que Dieu les ait rejeté, il souligne ceci: “Considère donc, à la fois, la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité à l’égard de ceux qui sont tombés, bonté à ton égard aussi longtemps que tu t’attaches à cette bonté” (Romains 11:22 BDS). Lorsqu’on entend parler de la sévérité de Dieu, le premier réflexe est souvent de considérer la sévérité comme opposée à l’amour et à la bonté, parce que la manière humaine d’exercer la sévérité en est souvent dépourvue. Mais la sévérité signifie prendre les choses au sérieux et être rigoureux, agir de manière tranchante dans ce qu’on applique. En d’autres termes, cela signifie ne faire aucun compromis. Sévérité 5Paul vient d’expliquer, au début du chapitre, que les œuvres ne peuvent influencer le choix de Dieu qui choisit dans sa grâce, afin que la grâce reste la grâce, une faveur sans mérite (voir aussi: La foi: le seul moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué). Dieu avait “choisi” son peuple sans qu’aucune notion de mérite de leur part ne soit impliquée, et il leur a témoigné sa faveur imméritée, fidèlement à sa promesse faite à Abraham, leur témoignant son amour et sa bonté sans les leur imposer. Lorsque Paul parle de ceux qui sont tombés, il parle de certains du milieu du peuple d’Israël. Ce qu’il décrit comme une chute, ne se situe pas au niveau de leurs manquements à l’égard de la Loi (le décalogue) et de leurs œuvres, mais il s’agit de leur rejet de la grâce de Dieu démontrée en Jésus-Christ. Ce rejet s’est fait en essayant d’être déclarés justes par leurs œuvres et leur obéissance à la Loi et aux prescriptions de Moïse. Ils cherchaient à être déclarés justes en dehors de la grâce de Dieu, c’est-à-dire sans compter sur la bonté de Dieu seule pour être déclarés et rendus justes. La notion de sévérité de Dieu est à comprendre par:

Dieu ne fait aucun compromis avec sa grâce.

La nature de Dieu ne lui permet pas de fonctionner au mérite. Il ne peut faire aucun compromis avec sa propre nature. Ainsi, la grâce doit rester la grâce. La grâce de Dieu est incorruptible. En vérité, la mort est le salaire versé par le péché lui-même, ce n’est pas Dieu qui verse un tel salaire, mais Dieu sauve des pécheurs et leur donne la vie (voir Romains 6:23, Hébreux 2:14). Le péché est par définition une fausse manière de penser qui est contraire à Dieu, contraire à l’amour. La deuxième chose à considérer en même temps que l’intransigeance de Dieu, est la bonté de Dieu, nous dit Paul. Il dit clairement que:

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent.

Sévérité 1Ainsi, il s’agit de compter uniquement sur la bonté de Dieu, sa faveur imméritée, et de se maintenir dans cette réalité: Dieu agit uniquement par amour et nous pouvons (et sommes appelés à) nous attendre à ce qu’il agisse à cause de cet amour. C’est l’attachement à la bonté de Dieu qui permet d’être bénéficiaire de sa bonté. La foi qui plait à Dieu, c’est croire à sa simple bonté (voir aussi La foi qui plaît à Dieu: croire à sa faveur imméritée). L’auteur aux Hébreux l’exprime ainsi: “sans la foi, il est impossible de lui être agréable. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent” (Hébreux 11:6 BDS). Jésus dit à ses disciples, qui ont déjà été purifié par l’enseignement qu’il leur a donné: “Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire… (Jean 15:5 BDS) Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 BDS). Il s’agit de demeurer dans l’amour de Dieu, dans sa bonté et de compter sur sa bonté parce que c’est sa nature. Dans Romains 11, Paul rend attentif que celui qui cesse de s’attacher à la bonté de Dieu se retrouve retranché, et il souligne que “les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables” (Romains 11:29 BDS). Ce que Dieu a donné en Jésus-Christ, c’est-à-dire tout ce qu’il a promis, de même que l’appel, cette invitation, qu’il a lancé à tout être humain à travers Jésus-Christ, sont irrévocables. Dieu ne revient pas, et ne reviendra pas, ni sur ce qu’il a dit en Jésus-Christ, ni sur ce qu’il a fait. Car Jésus-Christ, le Fils de Dieu, … , n’a pas été à la fois oui et non. En lui était le oui: car c’est en lui que Dieu a dit «oui» à tout ce qu’il avait promis” (2 Corinthiens 1:19-20 BDS).

Aussi, il est fondamental de réaliser que le fait d’être retranché n’est pas entre les mains de Dieu, parce qu’il offre sa grâce à tous sans exception. Le fait d’être retranché se trouve totalement entre les mains de chaque individu pour lui-même. Ce n’est pas Dieu qui retrancherait, parce que soudainement il ne ferait plus grâce et reviendrait sur ce qu’il a enseigné et démontré en Jésus-Christ. Dieu ne change pas. L’accessibilité à l’infini bonté de Dieu est uniquement dépendante du libre choix de chaque individu:

Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants” (Deutéronome 30:19 BDS).

La foi: le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué

Dans sa lettre aux Romains, alors qu’il vient de souligner le fait que Dieu n’a pas abandonné son peuple (dans le contexte il s’agit des Israélites), Paul parle en faisant le parallèle avec l’histoire d’Élie et dit: “De même, dans le temps présent aussi, il y a un reste conformément à l’élection de la grâce (Romains 11:5 S21). Or, puisque c’est par grâce, cela ne peut pas venir des œuvres, ou alors la grâce n’est plus la grâce (Romains 5:6 BDS).

Election 2La notion d’élection de la grâce, c’est-à-dire par faveur imméritée et “imméritable” selon la volonté de Dieu, peut faire apparaître une impression de favoritisme, cette tendance à accorder des faveurs injustes, alors que Dieu ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2:11, Ephésiens 6:9, Colossiens 3:25) et il est juste dans tout ce qu’il fait. Paul dit encore: “Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous” (Romains 11:32 LSG). Il faut faire attention ici à la notion de “Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance“. Cette notion ne peut pas être prise au premier degré, sous peine d’amener des caractéristiques de Dieu qui seraient contraires à la vérité qui est en Christ. Dieu n’enferme pas les hommes dans la désobéissance, il est celui qui les en délivre pour les habiliter à l’obéissance, l’obéissance à l’amour. Mais les tablettes de pierre, données à Moïse, ont clairement établie qu’aucun être humain depuis Adam n’avait vécu conformément au décalogue gravé sur ces tablettes (voir Romains 3:20). Ainsi, par le décalogue, tous les hommes ont été reconnu comme désobéissant à la loi de Dieu, c’est-à-dire ne vivant pas conformément à l’amour. Toutefois, Dieu est amour et l’amour est miséricordieux, il fait grâce. Ainsi, la condition depuis la désobéissance d’Adam est que tout homme est “naturellement” dans une position d’être sous la miséricorde de Dieu, et d’être potentiellement au bénéfice de la grâce de Dieu. En effet, à cause du péché, cette fausse manière de penser induite aux hommes par le père du mensonge, sous lequel se sont placés Adam et Eve, personne ne peut réussir à mériter la faveur de Dieu, “tous ont péché…” (Romains 3:23), “il n’y a pas de juste, pas même un seul” (Romains 3:10, Psaume 143:2, voir aussi Jacques 2:11, Jean 8:7-9). Le fait est que tous ont péché, mis à part Christ. Ainsi, tout ce à quoi l’homme pourrait s’attendre de Dieu et recevoir de lui peut uniquement être le résultat de sa faveur imméritée, à cause de sa miséricorde et de sa grâce. Paul amène à comprendre que:

La volonté de Dieu est de faire grâce à tous.

 “Car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Timothée 2:4 BDS). Ainsi, la volonté de Dieu, c’est que tout homme soit au bénéfice de sa faveur imméritée. Mais la grâce étant par définition imméritée et “imméritable”, quelqu’un qui s’approche de Dieu avec une notion quelconque de mérite, en s’attendant à la faveur de Dieu en fonction de ses propres actions (dire, faire ou penser), est assuré d’être exclu de la grâce, donc de ne pas accéder à la faveur de Dieu. C’est ce que Paul dit aux Galates, qui avaient commencé à faire intervenir le mérite (par des prescriptions de Moïse) dans la justification: “Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez à être considérés comme justes dans le cadre de la loi (de Moïse), vous êtes déchus de la grâce” (Galates 5:4 S21).

Election 1Dieu choisit par sa grâce. Ce qu’il faut comprendre par cela, c’est que son “système d’élection” est à travers la grâce. Il est dans la grâce, par la grâce et pour la grâce. On peut illustrer cela de la manière suivante: Pour être sur la liste des personnes éligibles, la seule possibilité est parce que Dieu est miséricordieux et qu’il a “choisi” de faire grâce à tous. En vérité, Dieu ne pourrait pas “choisir” de ne pas faire grâce, car il ne peut pas aller contre sa propre nature: l’Amour. Ainsi, tous sont éligibles par défaut. Ceci contribue à démontrer que l’amour de Dieu est inconditionnel, car tous sont qualifiés d’office à cause de sa grâce, dont Christ est la démonstration, pour pouvoir être potentiellement “sélectionnés”. Il n’y a donc aucun favoritisme dans ce processus d’élection.

Le système d’élection de Dieu c’est la grâce.

Alors, dans ce système d’élection, comment quelqu’un qui est donc éligible peut-il être élu? Pour que la grâce reste la grâce, seul un moyen qui fait intervenir aucun mérite, ni du favoritisme, peut être utilisé. Le moyen dans lequel il n’y a pas de favoritisme et qui est celui “choisi” par Dieu, à cause de sa propre nature, c’est: la foi. La foi consiste à croire en Dieu, à lui faire confiance et agir dans cette confiance et par cette confiance, à croire à sa faveur imméritée, à sa bonté parce qu’il est bon, en résumé à croire à son amour. Il n’y a absolument aucune notion de mérite ou de favoritisme dans le moyen de la foi en Dieu, tel que Christ en a révélé la véritable nature: l’Amour. Ainsi,

La foi est le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué.

Ce qui est extraordinaire dans le système d’élection de Dieu, et qui est lié à la nature même de Dieu, c’est qu’il place l’élection entre les mains de chaque individu pour lui-même. Et ce système ne fait appel qu’au libre choix de l’individu. Chaque individu peut choisir lui-même d’être élu: en choisissant de croire à la grâce de Dieu qui choisit par amour, sans faire intervenir ni mérite, ni favoritisme. C’est de cette manière que Dieu choisit les gens dans sa grâce, sans faire de favoritisme.

Dieu est Amour et l’Amour ne peut qu’inviter l’autre, mais ne peut pas s’imposer. Il ne peut pas aller à l’encontre de la volonté de l’autre, de son libre choix. Ce système d’élection de la grâce est à l’opposé du fonctionnement du monde. Le drame est que certains sont tellement imprégnés de la notion de mérite avec laquelle le monde définit leur valeur, et définit ce qu’ils reçoivent, qu’ils approchent Dieu avec ce même fonctionnement. Et pour certains, l’idée de la grâce leur est même insupportable. A la fin de la parabole des invités, illustrant notamment le rejet (par les invités) du Fils de Dieu qui est venu établir le régime de la grâce, Jésus conclut: “Car, beaucoup sont invités, mais ceux qui sont élus sont peu nombreux” (Matthieu 22:14 BDS). Dans cette parabole de Jésus, il sous-entend que les invités étaient le peuple Juif, ceux qui étaient “le peuple de Dieu”, et que ceux-ci ont rejeté l’invitation de Dieu Lui-même: Jésus-Christ. Le fait est que ce peuple avait été modelé, dans leur manière de penser et de comprendre les choses, par la loi de Moïse avec ses prescriptions et son fonctionnement au mérite. Ils pensaient que leur élection venait par le fait de posséder ses prescriptions et par leur obéissance à ces prescriptions pour mériter la faveur de Dieu. C’est cette manière de penser, à laquelle ils s’accrochaient obstinément, qui ne leur permettaient pas d’accepter le véritable système d’élection de Dieu: la grâce. Et ainsi, ils rejetaient l’invitation gratuite. C’est ce rejet de l’invitation qui amène à ne pas faire partie des “élus”, et ce malgré Celui qui invite et dont l’appel est irrévocable (voir Romains 11:29). Mais dans la parabole de Jésus, il laisse comprendre que ceux qui n’étaient pas du peuple Juif ont répondu à l’invitation.

L’immensité de l’amour de Dieu, et la “folie” (aux yeux des hommes) de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, est que tous les trésors surabondant de la grâce sont reçus en suivant le même principe: ils sont saisis par la grâce au moyen de la foi. “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter” (Ephésiens 2:8-9 BDS).

Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants” (Deutéronome 30:19 BDS).

 

PS: Dans le parallèle avec l’histoire d’Élie à laquelle Paul se réfère dans Romains 11, le reste qui ont été choisi par Dieu conformément à l’élection de la grâce, ne l’ont été que parce qu’ils n’avaient pas plié le genou devant Baal (1 Rois 19:18). En d’autres termes, ils n’avaient pas placé leur confiance dans des idoles mais dans l’Éternel. Au sujet du choix de ce reste, il n’y a pas de mention de leur éventuelle obéissance ou désobéissance face au décalogue. Le seul manquement qui soit fatale, c’est le rejet de Dieu lui-même, et qui demeure un choix de chaque individu.

Démontrer la grâce de Dieu c’est lui être fidèle et honorer sa Sainteté

S’il y a une notion du caractère de Dieu qui est souvent mal comprise, c’est celle de sa Sainteté. Dieu est Amour et sa Sainteté est une conséquence du fait d’être amour (voir aussi L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu). Il n’y a aucun mal dans l’amour, l’amour ne trame pas le mal (cf. 1 Corinthiens 13:5). L’Amour est dépourvu du mal car le mal ne trouve aucun accès dans l’amour, et Dieu ne tente/éprouve personne (cf. Jacques 1:13). En réalité:

L’absence de mal est ce qui caractérise la sainteté.

Infidélité 3La sainteté est à l’opposé du mal, elle est à l’opposé de ce qui est du péché. Aussi, la tendance naturelle de la pensée humaine, c’est de vouloir prendre le caractère Saint de Dieu pour le faire pointer le mal et le punir. Mais ce qu’on observe, dès la première désobéissance de l’homme en Eden, c’est un Dieu qui s’approche de l’homme, qui le cherche, alors que celui-ci se cache à cause de la honte qui l’habite à cause de sa faute (cf. Genèse 3:8-13). Bien qu’il sache déjà ce qu’il s’est passé, Dieu montre que de son côté la relation n’est pas brisée. Il pose des questions sans pointer la faute et laisse l’homme lui répondre. Au milieu des conséquences de la désobéissance de l’homme, Dieu montre de suite son désir de pourvoir à ce qui est nécessaire pour couvrir la honte que l’homme ressent. Celui qui détenait le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14) a pu agir dans ce monde, une fois qu’Adam s’est placé sous le pouvoir de son autorité, en plaçant sa confiance dans celui qui est le meurtrier et le père du mensonge (cf. Jean 8:44). Les animaux sont les premières victimes de la mort, le meurtrier a frappé dès qu’il a pu. Mais Dieu, celui qui est la vie, en fait des vêtements de peaux à Adam et Eve (cf. Genèse 3:21), afin de couvrir leur honte. Dès le commencement, Dieu a démontré sa grâce et son désir de prendre soin de l’homme, et de supprimer le sentiment de honte et de culpabilité, afin que l’homme place sa confiance en Lui et ne soit pas sous le pouvoir de l’autorité du voleur, celui qui vient pour voler, pour tuer, pour détruire (cf. Jean 10:10). Il y avait déjà là une manifestation du caractère de Dieu, de la vérité qu’il a clairement démontrée en Christ. Car Dieu ne change pas. Il y avait déjà en Eden, cette réalité du besoin de se revêtir de la vérité qui a été démontrée une fois pour toute en Christ (cf. Romains 13:14Galates 3:27). C’est la vérité au sujet de Dieu qui enlève la honte de la désobéissance, par une démonstration de grâce qui est l’expression de l’amour véritable.

Dieu ne change pas, il reste le même. Ce qu’on observe par exemple à la sortie d’Egypte, c’est un peuple qui râle sans cesse, s’en prend à Moïse pour se plaindre de leur situation, et pourtant Dieu, lui, ne les reprend pas. Il leur montre son amour et sa grâce en prenant soin d’eux, sans tenir compte de leur rébellion, ni même la mentionner. Dans le livre des Nombres au chapitre 20, il y a un épisode où Dieu démontre clairement ce que sa sainteté signifie, comment elle se manifeste et l’importance qu’il y attache.

Le premier mois de l’année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn… L’eau vint à manquer. Alors le peuple s’attroupa pour s’en prendre à Moïse et Aaron. Ils s’en prirent à Moïse et lui dirent: Ah! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l’Eternel! Pourquoi avez-vous mené la communauté de l’Eternel dans ce désert? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte et venir dans ce lieu de misère? Ici on ne peut rien semer! Il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n’y a même pas d’eau à boire!
Moïse et Aaron s’éloignèrent de l’assemblée pour se diriger vers l’entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l’Eternel leur apparut. L’Eternel parla à Moïse et lui dit: Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu’il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l’Eternel, comme celui-ci le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l’assemblée devant le rocher désigné; et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles que vous êtes! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L’eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer. Mais l’Eternel dit à Moïse et à Aaron: Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. A cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine.”
(Nombres 20:1-12 BDS)

Dans ce passage, on voit que Dieu ne demande pas à Moïse de dire quoi que ce soit à son peuple, ni même concernant leur rébellion, mais de montrer simplement sa puissance et sa bonté qui prend soin de leurs besoins. Il dit à Moïse de se tenir devant le peuple avec son bâton, qui est le symbole pour le peuple de l’autorité que Dieu lui a déléguée, et il lui dit de parler au rocher. Mais au lieu de faire ce que Dieu a demandé, Moïse (et Aaron qui était le porte-parole de Moïse pour le peuple) traite le peuple de rebelle, il pointe leur faute et les accuse. Malgré la désobéissance de Moïse, l’eau jaillit en abondance du rocher, car l’Éternel désire bel et bien abreuver le peuple et prendre soin d’eux. Mais le reproche de l’Éternel envers Moïse et Aaron est direct, et la conséquence est importante.

Dieu qualifie d’infidélité envers sa personne le fait de condamner en son nom au lieu de montrer sa grâce, et il appelle cela “ne pas honorer sa sainteté”.

Infidélité 1

La conséquence de cette infidélité à Dieu est que Moïse et Aaron n’ont pas fait entrer le peuple en terre promise. Cet épisode nous montre l’importance que Dieu attache à sa grâce, faveur imméritée, qui est l’expression de sa Sainteté.

Dieu n’a pas changé. Jésus, qui est la vérité, a démontré une fidélité à la sainteté de Dieu dans toutes ses œuvres et ses paroles, et il a dit lui-même: “En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui” (Jean 3:17 BDS). Et ce n’est pas surprenant que Jésus ait dit, à ceux dont la manière de penser était modelée par les prescriptions de Moïse: “Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance” (Jean 5:45 NEG79).

Il y a dans cet épisode de Nombres 20, un principe qui demeure aujourd’hui: pointer et condamner les fautes au nom de Dieu, au lieu de démontrer et témoigner de sa grâce, empêche d’entrer dans les promesses de Dieu. Cela empêche ceux qui appartiennent à Dieu de prendre possession de l’héritage qu’il a promis en Christ, et il en est de même pour celui qui ne vit pas la grâce pour lui-même. Avec cette infidélité à Dieu concernant sa Sainteté, de la part de ceux qui conduisent et/ou enseignent le peuple, le cœur de ceux qui appartiennent à Dieu ne peut jamais être pleinement transformé. Parce que l’image de Dieu qui leur est transmise est celle de la condamnation au lieu de la grâce (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Cela a été la problématique de Moïse, durant tout son ministère, qui est d’ailleurs appelé par Paul “le ministère de la condamnation”.Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu!” (2 Corinthiens 3:7-9 BDS). Paul relève le fait que le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu. Cette gloire venait du temps passé avec l’Éternel. Mais elle était passagère, cette gloire disparaissait lorsque Moïse allait vers le peuple… sans doute à cause de la condamnation et l’absence de grâce avec laquelle Moïse conduisait le peuple. Mais la gloire de ceux qui amènent les hommes à être rendus justes, pour mener une vie juste et sainte, par une démonstration de la grâce en Jésus-Christ, cette gloire-là n’est pas passagère.

Infidélité 2Dans Exode 17, une quarantaine d’années avant l’épisode de Nombres 20, il y avait déjà eu une situation similaire où le peuple s’était plaint. Dieu n’avait pas non plus pointé l’attitude du peuple, mais il avait dit à Moïse: “Passe devant le peuple et emmène avec toi quelques responsables d’Israël. Prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil et va! Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb; tu frapperas le rocher, de l’eau en jaillira et le peuple pourra boire. Moïse fit ainsi en présence des responsables d’Israël” (Exode 17:5-6 BDS). En se tenant sur le rocher pour être frappé, il y avait déjà là une démonstration de l’amour de l’Éternel qui prend lui-même les coups que Moïse aurait certainement préféré donner au peuple. Et il y avait déjà là aussi une démonstration que Dieu est la source d’eau vive. C’est ce que Paul souligne aux Corinthiens: “Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait*; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même” (1 Corinthiens 10:4 BDS). Un parallèle avec le Christ que nous montre Exode 17 et Nombres 20 peut faire place à l’illustration suivante: puisque le rocher (le Christ) a pris les coups sur lui-même (à la croix) pour les fautes du peuple, il ne faut plus frapper le rocher en pointant les fautes du peuple, car cela est une infidélité à Dieu et s’appelle déshonorer la Sainteté de Dieu. Christ vit dans chaque croyant en Lui, et par la foi le croyant est un avec Christ, il est son corps et l’ensemble des croyants fait un seul corps: le corps de Christ (cf. Galates 2:20, 1 Corinthiens 12:27Ephésiens 3:17). Jésus a dit à Saul (avant qu’il devienne Paul) qui persécutait les chrétiens: “Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes” (cf. Actes 9:4-5). Ainsi, ce qui est fait (ou dit) à ceux qui ont la foi en Christ, c’est à Jésus et à Dieu lui-même que cela est fait (cf. Luc 10:16).

Aujourd’hui, tous ceux qui appartiennent à Dieu, par la foi en Christ et le sceau de son Esprit, sont à l’image des “prêtres” de la loi de Moïse (cf. 1 Pierre 2:5, Apocalypse 1:6). Ce que Dieu désire de la part de ceux qui conduisent son peuple, mais aussi de tous ses “prêtres” que sont chaque croyant, c’est qu’ils montrent sa grâce au peuple en s’adressant au rocher (le Christ), et ce devant le peuple pour qu’il en sorte de l’eau vive, afin que les hommes soient abreuvés par cette eau vive et goûte à la grâce de Dieu. C’est ainsi que ses “prêtres” (tout disciple de Jésus), et ceux qui conduisent le peuple de Dieu en particulier, feront entrer son peuple dans les réalités que Dieu a promise en Christ.

* Paul dit que le rocher accompagnait le peuple, parce qu’il y avait eu deux événements similaires  à une quarantaine d’années d’intervalle.