La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • « Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (Romains 1:7 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur » (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (Galates 1:3 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix » (Ephésiens 1:2 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix » (Philippiens 1:2 BDS).
  • « ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix » (Colossiens 1:2 BDS).
  • « Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées » (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • « salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix » (1 Timothée 1:2 BDS).
  • « salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix » (2 Timothée 1:2 BDS).
  • « Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix » (Tite 1:4 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix » (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  • «  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées » (1 Pierre 1:2 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur » (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • « La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour » (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et « imméritable » (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée » (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: « Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: « Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: « Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu » (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par « déclarés justes » est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: « Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité » (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: « Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul » (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: « Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: « Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus » (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. « Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: « Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père » (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : « Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient » (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit « oui » en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, « agir » par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: « Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits » (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: « La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour » (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par « bonté » signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: « Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi » (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : « A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen! » (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent

Dans sa lettre aux Romains, alors que Paul est entrain de parler de l’incrédulité des Israélites qui a eu pour conséquence leur mise à l’écart, sans pour autant que Dieu les ait rejeté, il souligne ceci: « Considère donc, à la fois, la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité à l’égard de ceux qui sont tombés, bonté à ton égard aussi longtemps que tu t’attaches à cette bonté » (Romains 11:22 BDS). Lorsqu’on entend parler de la sévérité de Dieu, le premier réflexe est souvent de considérer la sévérité comme opposée à l’amour et à la bonté, parce que la manière humaine d’exercer la sévérité en est souvent dépourvue. Mais la sévérité signifie prendre les choses au sérieux et être rigoureux, agir de manière tranchante dans ce qu’on applique. En d’autres termes, cela signifie ne faire aucun compromis. Sévérité 5Paul vient d’expliquer, au début du chapitre, que les œuvres ne peuvent influencer le choix de Dieu qui choisit dans sa grâce, afin que la grâce reste la grâce, une faveur sans mérite (voir aussi: La foi: le seul moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué). Dieu avait « choisi » son peuple sans qu’aucune notion de mérite de leur part ne soit impliquée, et il leur a témoigné sa faveur imméritée, fidèlement à sa promesse faite à Abraham, leur témoignant son amour et sa bonté sans les leur imposer. Lorsque Paul parle de ceux qui sont tombés, il parle de certains du milieu du peuple d’Israël. Ce qu’il décrit comme une chute, ne se situe pas au niveau de leurs manquements à l’égard de la Loi (le décalogue) et de leurs œuvres, mais il s’agit de leur rejet de la grâce de Dieu démontrée en Jésus-Christ. Ce rejet s’est fait en essayant d’être déclarés justes par leurs œuvres et leur obéissance à la Loi et aux prescriptions de Moïse. Ils cherchaient à être déclarés justes en dehors de la grâce de Dieu, c’est-à-dire sans compter sur la bonté de Dieu seule pour être déclarés et rendus justes. La notion de sévérité de Dieu est à comprendre par:

Dieu ne fait aucun compromis avec sa grâce.

La nature de Dieu ne lui permet pas de fonctionner au mérite. Il ne peut faire aucun compromis avec sa propre nature. Ainsi, la grâce doit rester la grâce. La grâce de Dieu est incorruptible. En vérité, la mort est le salaire versé par le péché lui-même, ce n’est pas Dieu qui verse un tel salaire, mais Dieu sauve des pécheurs et leur donne la vie (voir Romains 6:23, Hébreux 2:14). Le péché est par définition une fausse manière de penser qui est contraire à Dieu, contraire à l’amour. La deuxième chose à considérer en même temps que l’intransigeance de Dieu, est la bonté de Dieu, nous dit Paul. Il dit clairement que:

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent.

Sévérité 1Ainsi, il s’agit de compter uniquement sur la bonté de Dieu, sa faveur imméritée, et de se maintenir dans cette réalité: Dieu agit uniquement par amour et nous pouvons (et sommes appelés à) nous attendre à ce qu’il agisse à cause de cet amour. C’est l’attachement à la bonté de Dieu qui permet d’être bénéficiaire de sa bonté. La foi qui plait à Dieu, c’est croire à sa simple bonté (voir aussi La foi qui plaît à Dieu: croire à sa faveur imméritée). L’auteur aux Hébreux l’exprime ainsi: « sans la foi, il est impossible de lui être agréable. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent » (Hébreux 11:6 BDS). Jésus dit à ses disciples, qui ont déjà été purifié par l’enseignement qu’il leur a donné: « Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire… (Jean 15:5 BDS) Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour » (Jean 15:9 BDS). Il s’agit de demeurer dans l’amour de Dieu, dans sa bonté et de compter sur sa bonté parce que c’est sa nature. Dans Romains 11, Paul rend attentif que celui qui cesse de s’attacher à la bonté de Dieu se retrouve retranché, et il souligne que « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11:29 BDS). Ce que Dieu a donné en Jésus-Christ, c’est-à-dire tout ce qu’il a promis, de même que l’appel, cette invitation, qu’il a lancé à tout être humain à travers Jésus-Christ, sont irrévocables. Dieu ne revient pas, et ne reviendra pas, ni sur ce qu’il a dit en Jésus-Christ, ni sur ce qu’il a fait. « Car Jésus-Christ, le Fils de Dieu, … , n’a pas été à la fois oui et non. En lui était le oui: car c’est en lui que Dieu a dit «oui» à tout ce qu’il avait promis » (2 Corinthiens 1:19-20 BDS).

Aussi, il est fondamental de réaliser que le fait d’être retranché n’est pas entre les mains de Dieu, parce qu’il offre sa grâce à tous sans exception. Le fait d’être retranché se trouve totalement entre les mains de chaque individu pour lui-même. Ce n’est pas Dieu qui retrancherait, parce que soudainement il ne ferait plus grâce et reviendrait sur ce qu’il a enseigné et démontré en Jésus-Christ. Dieu ne change pas. L’accessibilité à l’infini bonté de Dieu est uniquement dépendante du libre choix de chaque individu:

« Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants » (Deutéronome 30:19 BDS).

La foi: le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué

Dans sa lettre aux Romains, alors qu’il vient de souligner le fait que Dieu n’a pas abandonné son peuple (dans le contexte il s’agit des Israélites), Paul parle en faisant le parallèle avec l’histoire d’Élie et dit: « De même, dans le temps présent aussi, il y a un reste conformément à l’élection de la grâce (Romains 11:5 S21). Or, puisque c’est par grâce, cela ne peut pas venir des œuvres, ou alors la grâce n’est plus la grâce«  (Romains 5:6 BDS).

Election 2La notion d’élection de la grâce, c’est-à-dire par faveur imméritée et « imméritable » selon la volonté de Dieu, peut faire apparaître une impression de favoritisme, cette tendance à accorder des faveurs injustes, alors que Dieu ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2:11, Ephésiens 6:9, Colossiens 3:25) et il est juste dans tout ce qu’il fait. Paul dit encore: « Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous » (Romains 11:32 LSG). Il faut faire attention ici à la notion de « Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance« . Cette notion ne peut pas être prise au premier degré, sous peine d’amener des caractéristiques de Dieu qui seraient contraires à la vérité qui est en Christ. Dieu n’enferme pas les hommes dans la désobéissance, il est celui qui les en délivre pour les habiliter à l’obéissance, l’obéissance à l’amour. Mais les tablettes de pierre, données à Moïse, ont clairement établie qu’aucun être humain depuis Adam n’avait vécu conformément au décalogue gravé sur ces tablettes (voir Romains 3:20). Ainsi, par le décalogue, tous les hommes ont été reconnu comme désobéissant à la loi de Dieu, c’est-à-dire ne vivant pas conformément à l’amour. Toutefois, Dieu est amour et l’amour est miséricordieux, il fait grâce. Ainsi, la condition depuis la désobéissance d’Adam est que tout homme est « naturellement » dans une position d’être sous la miséricorde de Dieu, et d’être potentiellement au bénéfice de la grâce de Dieu. En effet, à cause du péché, cette fausse manière de penser induite aux hommes par le père du mensonge, sous lequel se sont placés Adam et Eve, personne ne peut réussir à mériter la faveur de Dieu, « tous ont péché… » (Romains 3:23), « il n’y a pas de juste, pas même un seul » (Romains 3:10, Psaume 143:2, voir aussi Jacques 2:11, Jean 8:7-9). Le fait est que tous ont péché, mis à part Christ. Ainsi, tout ce à quoi l’homme pourrait s’attendre de Dieu et recevoir de lui peut uniquement être le résultat de sa faveur imméritée, à cause de sa miséricorde et de sa grâce. Paul amène à comprendre que:

La volonté de Dieu est de faire grâce à tous.

 « Car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité«  (1 Timothée 2:4 BDS). Ainsi, la volonté de Dieu, c’est que tout homme soit au bénéfice de sa faveur imméritée. Mais la grâce étant par définition imméritée et « imméritable », quelqu’un qui s’approche de Dieu avec une notion quelconque de mérite, en s’attendant à la faveur de Dieu en fonction de ses propres actions (dire, faire ou penser), est assuré d’être exclu de la grâce, donc de ne pas accéder à la faveur de Dieu. C’est ce que Paul dit aux Galates, qui avaient commencé à faire intervenir le mérite (par des prescriptions de Moïse) dans la justification: « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez à être considérés comme justes dans le cadre de la loi (de Moïse), vous êtes déchus de la grâce » (Galates 5:4 S21).

Election 1Dieu choisit par sa grâce. Ce qu’il faut comprendre par cela, c’est que son « système d’élection » est à travers la grâce. Il est dans la grâce, par la grâce et pour la grâce. On peut illustrer cela de la manière suivante: Pour être sur la liste des personnes éligibles, la seule possibilité est parce que Dieu est miséricordieux et qu’il a « choisi » de faire grâce à tous. En vérité, Dieu ne pourrait pas « choisir » de ne pas faire grâce, car il ne peut pas aller contre sa propre nature: l’Amour. Ainsi, tous sont éligibles par défaut. Ceci contribue à démontrer que l’amour de Dieu est inconditionnel, car tous sont qualifiés d’office à cause de sa grâce, dont Christ est la démonstration, pour pouvoir être potentiellement « sélectionnés ». Il n’y a donc aucun favoritisme dans ce processus d’élection.

Le système d’élection de Dieu c’est la grâce.

Alors, dans ce système d’élection, comment quelqu’un qui est donc éligible peut-il être élu? Pour que la grâce reste la grâce, seul un moyen qui fait intervenir aucun mérite, ni du favoritisme, peut être utilisé. Le moyen dans lequel il n’y a pas de favoritisme et qui est celui « choisi » par Dieu, à cause de sa propre nature, c’est: la foi. La foi consiste à croire en Dieu, à lui faire confiance et agir dans cette confiance et par cette confiance, à croire à sa faveur imméritée, à sa bonté parce qu’il est bon, en résumé à croire à son amour. Il n’y a absolument aucune notion de mérite ou de favoritisme dans le moyen de la foi en Dieu, tel que Christ en a révélé la véritable nature: l’Amour. Ainsi,

La foi est le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué.

Ce qui est extraordinaire dans le système d’élection de Dieu, et qui est lié à la nature même de Dieu, c’est qu’il place l’élection entre les mains de chaque individu pour lui-même. Et ce système ne fait appel qu’au libre choix de l’individu. Chaque individu peut choisir lui-même d’être élu: en choisissant de croire à la grâce de Dieu qui choisit par amour, sans faire intervenir ni mérite, ni favoritisme. C’est de cette manière que Dieu choisit les gens dans sa grâce, sans faire de favoritisme.

Dieu est Amour et l’Amour ne peut qu’inviter l’autre, mais ne peut pas s’imposer. Il ne peut pas aller à l’encontre de la volonté de l’autre, de son libre choix. Ce système d’élection de la grâce est à l’opposé du fonctionnement du monde. Le drame est que certains sont tellement imprégnés de la notion de mérite avec laquelle le monde définit leur valeur, et définit ce qu’ils reçoivent, qu’ils approchent Dieu avec ce même fonctionnement. Et pour certains, l’idée de la grâce leur est même insupportable. A la fin de la parabole des invités, illustrant notamment le rejet (par les invités) du Fils de Dieu qui est venu établir le régime de la grâce, Jésus conclut: « Car, beaucoup sont invités, mais ceux qui sont élus sont peu nombreux » (Matthieu 22:14 BDS). Dans cette parabole de Jésus, il sous-entend que les invités étaient le peuple Juif, ceux qui étaient « le peuple de Dieu », et que ceux-ci ont rejeté l’invitation de Dieu Lui-même: Jésus-Christ. Le fait est que ce peuple avait été modelé, dans leur manière de penser et de comprendre les choses, par la loi de Moïse avec ses prescriptions et son fonctionnement au mérite. Ils pensaient que leur élection venait par le fait de posséder ses prescriptions et par leur obéissance à ces prescriptions pour mériter la faveur de Dieu. C’est cette manière de penser, à laquelle ils s’accrochaient obstinément, qui ne leur permettaient pas d’accepter le véritable système d’élection de Dieu: la grâce. Et ainsi, ils rejetaient l’invitation gratuite. C’est ce rejet de l’invitation qui amène à ne pas faire partie des « élus », et ce malgré Celui qui invite et dont l’appel est irrévocable (voir Romains 11:29). Mais dans la parabole de Jésus, il laisse comprendre que ceux qui n’étaient pas du peuple Juif ont répondu à l’invitation.

L’immensité de l’amour de Dieu, et la « folie » (aux yeux des hommes) de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, est que tous les trésors surabondant de la grâce sont reçus en suivant le même principe: ils sont saisis par la grâce au moyen de la foi. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter » (Ephésiens 2:8-9 BDS).

« Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants » (Deutéronome 30:19 BDS).

 

PS: Dans le parallèle avec l’histoire d’Élie à laquelle Paul se réfère dans Romains 11, le reste qui ont été choisi par Dieu conformément à l’élection de la grâce, ne l’ont été que parce qu’ils n’avaient pas plié le genou devant Baal (1 Rois 19:18). En d’autres termes, ils n’avaient pas placé leur confiance dans des idoles mais dans l’Éternel. Au sujet du choix de ce reste, il n’y a pas de mention de leur éventuelle obéissance ou désobéissance face au décalogue. Le seul manquement qui soit fatale, c’est le rejet de Dieu lui-même, et qui demeure un choix de chaque individu.

Démontrer la grâce de Dieu c’est lui être fidèle et honorer sa Sainteté

S’il y a une notion du caractère de Dieu qui est souvent mal comprise, c’est celle de sa Sainteté. Dieu est Amour et sa Sainteté est une conséquence du fait d’être amour (voir aussi L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu). Il n’y a aucun mal dans l’amour, l’amour ne trame pas le mal (cf. 1 Corinthiens 13:5). L’Amour est dépourvu du mal car le mal ne trouve aucun accès dans l’amour, et Dieu ne tente/éprouve personne (cf. Jacques 1:13). En réalité:

L’absence de mal est ce qui caractérise la sainteté.

Infidélité 3La sainteté est à l’opposé du mal, elle est à l’opposé de ce qui est du péché. Aussi, la tendance naturelle de la pensée humaine, c’est de vouloir prendre le caractère Saint de Dieu pour le faire pointer le mal et le punir. Mais ce qu’on observe, dès la première désobéissance de l’homme en Eden, c’est un Dieu qui s’approche de l’homme, qui le cherche, alors que celui-ci se cache à cause de la honte qui l’habite à cause de sa faute (cf. Genèse 3:8-13). Bien qu’il sache déjà ce qu’il s’est passé, Dieu montre que de son côté la relation n’est pas brisée. Il pose des questions sans pointer la faute et laisse l’homme lui répondre. Au milieu des conséquences de la désobéissance de l’homme, Dieu montre de suite son désir de pourvoir à ce qui est nécessaire pour couvrir la honte que l’homme ressent. Celui qui détenait le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14) a pu agir dans ce monde, une fois qu’Adam s’est placé sous le pouvoir de son autorité, en plaçant sa confiance dans celui qui est le meurtrier et le père du mensonge (cf. Jean 8:44). Les animaux sont les premières victimes de la mort, le meurtrier a frappé dès qu’il a pu. Mais Dieu, celui qui est la vie, en fait des vêtements de peaux à Adam et Eve (cf. Genèse 3:21), afin de couvrir leur honte. Dès le commencement, Dieu a démontré sa grâce et son désir de prendre soin de l’homme, et de supprimer le sentiment de honte et de culpabilité, afin que l’homme place sa confiance en Lui et ne soit pas sous le pouvoir de l’autorité du voleur, celui qui vient pour voler, pour tuer, pour détruire (cf. Jean 10:10). Il y avait déjà là une manifestation du caractère de Dieu, de la vérité qu’il a clairement démontrée en Christ. Car Dieu ne change pas. Il y avait déjà en Eden, cette réalité du besoin de se revêtir de la vérité qui a été démontrée une fois pour toute en Christ (cf. Romains 13:14Galates 3:27). C’est la vérité au sujet de Dieu qui enlève la honte de la désobéissance, par une démonstration de grâce qui est l’expression de l’amour véritable.

Dieu ne change pas, il reste le même. Ce qu’on observe par exemple à la sortie d’Egypte, c’est un peuple qui râle sans cesse, s’en prend à Moïse pour se plaindre de leur situation, et pourtant Dieu, lui, ne les reprend pas. Il leur montre son amour et sa grâce en prenant soin d’eux, sans tenir compte de leur rébellion, ni même la mentionner. Dans le livre des Nombres au chapitre 20, il y a un épisode où Dieu démontre clairement ce que sa sainteté signifie, comment elle se manifeste et l’importance qu’il y attache.

« Le premier mois de l’année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn… L’eau vint à manquer. Alors le peuple s’attroupa pour s’en prendre à Moïse et Aaron. Ils s’en prirent à Moïse et lui dirent: Ah! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l’Eternel! Pourquoi avez-vous mené la communauté de l’Eternel dans ce désert? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte et venir dans ce lieu de misère? Ici on ne peut rien semer! Il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n’y a même pas d’eau à boire!
Moïse et Aaron s’éloignèrent de l’assemblée pour se diriger vers l’entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l’Eternel leur apparut. L’Eternel parla à Moïse et lui dit: Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu’il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l’Eternel, comme celui-ci le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l’assemblée devant le rocher désigné; et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles que vous êtes! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L’eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer. Mais l’Eternel dit à Moïse et à Aaron: Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. A cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine. »
(Nombres 20:1-12 BDS)

Dans ce passage, on voit que Dieu ne demande pas à Moïse de dire quoi que ce soit à son peuple, ni même concernant leur rébellion, mais de montrer simplement sa puissance et sa bonté qui prend soin de leurs besoins. Il dit à Moïse de se tenir devant le peuple avec son bâton, qui est le symbole pour le peuple de l’autorité que Dieu lui a déléguée, et il lui dit de parler au rocher. Mais au lieu de faire ce que Dieu a demandé, Moïse (et Aaron qui était le porte-parole de Moïse pour le peuple) traite le peuple de rebelle, il pointe leur faute et les accuse. Malgré la désobéissance de Moïse, l’eau jaillit en abondance du rocher, car l’Éternel désire bel et bien abreuver le peuple et prendre soin d’eux. Mais le reproche de l’Éternel envers Moïse et Aaron est direct, et la conséquence est importante.

Dieu qualifie d’infidélité envers sa personne le fait de condamner en son nom au lieu de montrer sa grâce, et il appelle cela « ne pas honorer sa sainteté ».

Infidélité 1

La conséquence de cette infidélité à Dieu est que Moïse et Aaron n’ont pas fait entrer le peuple en terre promise. Cet épisode nous montre l’importance que Dieu attache à sa grâce, faveur imméritée, qui est l’expression de sa Sainteté.

Dieu n’a pas changé. Jésus, qui est la vérité, a démontré une fidélité à la sainteté de Dieu dans toutes ses œuvres et ses paroles, et il a dit lui-même: « En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui » (Jean 3:17 BDS). Et ce n’est pas surprenant que Jésus ait dit, à ceux dont la manière de penser était modelée par les prescriptions de Moïse: « Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance » (Jean 5:45 NEG79).

Il y a dans cet épisode de Nombres 20, un principe qui demeure aujourd’hui: pointer et condamner les fautes au nom de Dieu, au lieu de démontrer et témoigner de sa grâce, empêche d’entrer dans les promesses de Dieu. Cela empêche ceux qui appartiennent à Dieu de prendre possession de l’héritage qu’il a promis en Christ, et il en est de même pour celui qui ne vit pas la grâce pour lui-même. Avec cette infidélité à Dieu concernant sa Sainteté, de la part de ceux qui conduisent et/ou enseignent le peuple, le cœur de ceux qui appartiennent à Dieu ne peut jamais être pleinement transformé. Parce que l’image de Dieu qui leur est transmise est celle de la condamnation au lieu de la grâce (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Cela a été la problématique de Moïse, durant tout son ministère, qui est d’ailleurs appelé par Paul « le ministère de la condamnation ». « Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu! » (2 Corinthiens 3:7-9 BDS). Paul relève le fait que le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu. Cette gloire venait du temps passé avec l’Éternel. Mais elle était passagère, cette gloire disparaissait lorsque Moïse allait vers le peuple… sans doute à cause de la condamnation et l’absence de grâce avec laquelle Moïse conduisait le peuple. Mais la gloire de ceux qui amènent les hommes à être rendus justes, pour mener une vie juste et sainte, par une démonstration de la grâce en Jésus-Christ, cette gloire-là n’est pas passagère.

Infidélité 2Dans Exode 17, une quarantaine d’années avant l’épisode de Nombres 20, il y avait déjà eu une situation similaire où le peuple s’était plaint. Dieu n’avait pas non plus pointé l’attitude du peuple, mais il avait dit à Moïse: « Passe devant le peuple et emmène avec toi quelques responsables d’Israël. Prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil et va! Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb; tu frapperas le rocher, de l’eau en jaillira et le peuple pourra boire. Moïse fit ainsi en présence des responsables d’Israël » (Exode 17:5-6 BDS). En se tenant sur le rocher pour être frappé, il y avait déjà là une démonstration de l’amour de l’Éternel qui prend lui-même les coups que Moïse aurait certainement préféré donner au peuple. Et il y avait déjà là aussi une démonstration que Dieu est la source d’eau vive. C’est ce que Paul souligne aux Corinthiens: « Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait*; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même » (1 Corinthiens 10:4 BDS). Un parallèle avec le Christ que nous montre Exode 17 et Nombres 20 peut faire place à l’illustration suivante: puisque le rocher (le Christ) a pris les coups sur lui-même (à la croix) pour les fautes du peuple, il ne faut plus frapper le rocher en pointant les fautes du peuple, car cela est une infidélité à Dieu et s’appelle déshonorer la Sainteté de Dieu. Christ vit dans chaque croyant en Lui, et par la foi le croyant est un avec Christ, il est son corps et l’ensemble des croyants fait un seul corps: le corps de Christ (cf. Galates 2:20, 1 Corinthiens 12:27Ephésiens 3:17). Jésus a dit à Saul (avant qu’il devienne Paul) qui persécutait les chrétiens: « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes » (cf. Actes 9:4-5). Ainsi, ce qui est fait (ou dit) à ceux qui ont la foi en Christ, c’est à Jésus et à Dieu lui-même que cela est fait (cf. Luc 10:16).

Aujourd’hui, tous ceux qui appartiennent à Dieu, par la foi en Christ et le sceau de son Esprit, sont à l’image des « prêtres » de la loi de Moïse (cf. 1 Pierre 2:5, Apocalypse 1:6). Ce que Dieu désire de la part de ceux qui conduisent son peuple, mais aussi de tous ses « prêtres » que sont chaque croyant, c’est qu’ils montrent sa grâce au peuple en s’adressant au rocher (le Christ), et ce devant le peuple pour qu’il en sorte de l’eau vive, afin que les hommes soient abreuvés par cette eau vive et goûte à la grâce de Dieu. C’est ainsi que ses « prêtres » (tout disciple de Jésus), et ceux qui conduisent le peuple de Dieu en particulier, feront entrer son peuple dans les réalités que Dieu a promise en Christ.

* Paul dit que le rocher accompagnait le peuple, parce qu’il y avait eu deux événements similaires  à une quarantaine d’années d’intervalle.

Demander le pardon à Dieu: une hérésie…

Où est-il dit de demander le pardon à Dieu pour recevoir son pardon ?

La question du pardon que Dieu donne est essentielle et fondamentale parce qu’elle est une question de vie ou de mort, une question de salut pour le présent et pour l’éternité. Le salut consiste à être délivré, libéré, restauré, placé en sécurité, guéri, rétabli, béni. Aussi, en ce qui concerne le pardon, la question ne peut pas être prise à la légère, on ne peut pas se contenter de ce qu’on croit être vrai parce que d’autres y adhèrent aussi, sans avoir vérifié que cela soit véritablement ce que Dieu dit. Le pardon des péchés est la fondation des fondations et si cette fondation n’est pas correcte et saine, tout ce qui est construit dessus est voué à être bancal (voir aussi Apologétique).

Forgiveness 1Une notion qui revient très régulièrement dans de nombreuses prédications aujourd’hui et qui habite beaucoup de gens qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, est celle de devoir demander à Dieu de nous pardonner afin qu’il nous pardonne. Cela avec l’idée, plus ou moins consciente, que tant qu’on ne lui a pas demandé de nous pardonner pour les fautes dont on a conscience (ou pas), celles-ci ne sont pas pardonnées par Dieu et qu’il en tient compte jusqu’à ce qu’une demande de pardon soit formulée, et dans cette attente la conscience reste chargée de culpabilité et la condamnation demeure active.

Mais où se trouve cette idée dans la Bible, sur quoi cette notion se fonde-t-elle ?

Premièrement, il faut regarder ce que signifient le pardon et l’action de pardonner. La définition du pardon correspond au fait de ne pas tenir rigueur d’une faute. L’action de pardonner consiste à ne pas sanctionner une faute, une erreur ou ce qui pourrait être considérer comme un manquement à un règlement, une règle morale. Le terme original dans le Nouveau Testament pour l’action de pardonner est « aphiemi » (en grec ἀφῆτε), qui a le sens d’envoyer au loin, de laisser aller, de ne tenir aucune compte de quelque chose, de ne pas en discuter maintenant, d’oublier, de remettre une dette. Concrètement, cela consiste donc à agir, ou réagir, envers le fautif comme si la faute n’avait pas eu lieu, et même plus encore, à effacer sa dette, à prendre sur soi les conséquences de la faute de l’autre. On entend parfois la « sagesse » humaine dire qu’on pardonne mais qu’on n’oublie pas. Ceci est à l’opposé de ce qu’est le pardon, car le pardon oublie la faute, il efface, il ne tient pas compte des fautes. C’est ce que Dieu a cherché à faire comprendre à l’homme à travers toute la vie de Christ et ce qu’il a fait en Lui et à travers Lui, jusqu’à sa mort à la croix (cf. 2 Corinthiens 5 :19) pour mettre un terme aux prescriptions de Moïse qui condamnaient le fautif, prescriptions contraires à l’amour, données en marge du décalogue, qui lui, correspond à la loi de l’amour. Car Dieu est amour et l’amour véritable ne tient pas compte des fautes de l’autre, il ne les sanctionne pas, il les efface et n’est pas habité de ressentiment, Jésus l’a démontré dans sa vie et par sa vie. L’amour véritable ne se sent pas offensé par les offenses envers lui, car l’amour ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il pardonne tout, il supporte tout (cf. 1 Corinthiens 13 :5-7). L’amour pardonne sans aucune condition, sans attendre une manifestation de l’autre pour ce faire. L’amour n’aime pas pour soi-même, mais il aime pour l’autre, l’amour donne, il ne reprend pas. L’amour aime l’autre indépendamment que l’autre soit aimable ou pas, c’est la définition même de l’amour et Dieu est amour (cf. Luc 6:35). Il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour, pas plus qu’il n’y a d’amour dans l’égocentrisme. C’est pourquoi l’amour ne peut pas se sentir offensé par personne, car seul l’égocentrisme peut se sentir offensé. Jésus l’a démontré, lui qui est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être (cf. Hébreux 1 :3). Même à la croix, au point culminant de la méchanceté manifestée par les hommes envers lui, au sommet du rejet et au milieu d’une souffrance extrême, Jésus ne s’offense pas, il ne s’irrite pas contre les hommes, il leur pardonne encore, il ne tient pas compte de leurs fautes, car il a conscience qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, à cause de leur ignorance de la vérité. Dieu est amour, Christ est l’expression parfaite de Dieu ! La définition et les caractéristiques de l’amour devraient être suffisant pour comprendre le non-sens de demander à l’amour de pardonner, et le non-sens de l’idée que sans demander à être pardonné l’amour ne pardonne pas et tient compte des fautes. C’est un non-sens car l’amour pardonne sans aucune demande. L’amour ne tient pas compte des fautes.

Mais regardons tout ce que le Nouveau Testament a d’écrit concernant le pardon. Dans l’ordre classique des écrits du N.T., la première apparition de ce qui touche au pardon arrive dans ce que Jésus enseigne à ses disciples sur la prière dans Matthieu 6.

Matthieu 6:12 – « … pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous. » Matthieu 6 BDS (chapitre)

  • Le terme original traduit ici par torts est « opheilema » (en grec ὀφειλήματα) qui signifie ce qu’on doit à quelqu’un, une dette, métaphoriquement une offense ou péché. Le texte original ne contient pas l’idée des torts envers Dieu dans ce verset. Même si, toute la création dont l’humanité fait partie appartient à Dieu (cf. Deutéronome 10:14). Et ainsi, toute atteinte envers les hommes est donc une atteinte à ce qui est à Dieu. C’est un manquement à l’amour. Mais il est important de garder en tête que, même si on porte atteinte contre Dieu lui-même, à sa réputation ou à ce qui lui appartient, Dieu ne peut pas s’irrité dans le sens où les hommes livrés à eux-mêmes le sont, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8). L’amour ne cherche pas son propre intérêt. Christ a démontré cette « inoffensabilité » de l’amour. Il n’y a pas d’égo dans l’amour, seul l’égo peut être offensé. Tout ce que Dieu a créé n’est pas pour nourrir un égo, mais il a créé depuis l’amour, par amour, pour exprimer et manifester cet amour qui est sa propre nature. Dieu a créé les hommes pour qu’ils soient son image, pour que les hommes soient amour, à son image (cf. Genèse 1:26-27). Il désire que les hommes soient participants à sa propre nature divine (cf. 2 Pierre 1:3-4), à l’exemple de Jésus. Dieu a créé pour aimer et non pour être adulé (cf. Matthieu 9:13), car il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour. L’Amour n’a pas un besoin de reconnaissance. La souffrance que peut ressentir l’Amour (Dieu) lorsque l’être aimé rejette l’Amour, n’est pas une blessure d’un égo qui aime l’autre pour soi-même et qui perd quelque chose parce que l’autre ne l’aime pas. Non, l’Amour souffre de voir l’autre rejeter l’Amour, parce que c’est l’autre qui perd quelque chose par ce rejet, et ce que l’autre perd c’est l’Amour ! Et l’Amour souffre de ce que l’autre se trouve alors privé des caractéristiques de l’Amour et vive dans l’expérience des caractéristiques qui sont à l’opposé de l’Amour…
  • Très souvent, les gens prennent la moitié du verset 12 pour en faire une demande : « pardonne-nous nos torts envers toi », pourtant il n’y a aucune séparation à cette endroit dans cette phrase. Certaines traductions vont même jusqu’à placer une virgule à cet endroit qui n’existe pas dans le texte original. Concernant toute cette prière de Matthieu 6:9-13, Jésus n’ajoute qu’une seule explication, un seul commentaire, un seul, comme pour s’assurer qu’on ait bien compris une chose, et son commentaire concerne précisément la signification du verset 12. Jésus explique clairement le sens de ce qu’il veut dire : « En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Matthieu 6:14-15 BDS).
  • Le sens du verset 12 doit être compris conformément à l’explication que Jésus en donne lui-même, en incluant la définition réelle du pardon qui consiste à l’effacement des fautes, à ne pas en tenir compte. Jésus lie clairement l’effacement des fautes par Dieu au fait de pardonner aux autres et non pas à une demande nécessaire qui serait une condition pour que Dieu pardonne comme si, sans cette demande Dieu ne voudrait pas le faire… Et il faut relever qu’il s’agit ici (versets 14-15) de ne pas tenir compte des torts des autres, implicitement tous les autres, peu importe si ces torts sont envers nous ou uniquement envers d’autres. Cela s’applique sans même que nous soyons directement concernés par les fautes commises. Comme évoqué plus haut, le fait est que toute faute commise envers des hommes est envers ce qui est à Dieu, et tout le bien commis aussi (cf. Matthieu 25:33-46).
  • Il est fondamental de comprendre ce qu’il se passe ici au sujet du pardon, avec en tête la définition du pardon qui est l’effacement des fautes. Le fait est qu’il est impossible de traiter les autres différemment de soi-même. Et il est impossible de se traiter soi-même différemment que l’on traite les autres ! Le traitement qu’on utilise pour les autres et toujours celui qu’on utilise pour soi-même. Par exemple, si l’on considère la valeur de quelqu’un en fonction de ce qu’il fait et de ce qu’il possède, c’est uniquement parce qu’on considère notre propre valeur en fonction de ce qu’on fait et de ce qu’on possède (A noter: ceci est le modèle du monde qui établit sa valeur sans tenir compte de ce que Dieu a démontré de notre valeur absolue). Le fait est que si quelqu’un ne fait pas grâce aux autres pour leurs fautes, mais qu’il retient leurs fautes au lieu de les effacer, il continuera naturellement aussi à tenir compte de ses propres fautes. Cela uniquement parce qu’il ne reçoit pas la grâce pour lui-même, il ne s’en saisit pas. Aussi, sa propre conscience restera coupable et chargée de ses propres fautes, il vit dans une autojustification. Et ainsi, le péché en tant que force agissante garde de l’emprise sur lui, le poussant même à la faute. C’est parce qu’une personne a une conscience chargée de ses propres fautes qu’elle va instinctivement et par automatisme tenir compte des fautes des autres. C’est parce qu’une personne vit sous la condamnation (l’expérience du mal) qu’elle condamne les autres et, sans en avoir conscience, en condamnant les autres elle se condamne elle-même. C’est ce que Jésus dit clairement dans l’évangile de Luc: « Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés » (Luc 6:37 BDS). Jésus ne place même pas Dieu dans son explication, il ne dit pas ici que ce serait Dieu qui juge, qui accuse, qui condamne, qui ne pardonne pas et qui tient compte des fautes. Dieu ne le fait pas et Jésus l’a enseigné et démontré. Jésus et le Père ne sont qu’un (cf. Jean 10:30). Ce n’est pas que Dieu ne veuille pas effacer les fautes de celui qui ne pardonne pas, car Dieu est amour et l’amour pardonne tout, il pardonne d’avance, il efface, il ne tient pas compte des fautes. Mais celui qui juge les autres, qui ne pardonne pas leurs fautes et qui les condamne, le fait parce qu’il continue de se juger lui-même, de tenir compte de ses propres fautes, et de se placer ainsi sous la condamnation qui devient son expérience. Ou encore, cela se produit parce qu’il prend sur lui le jugement des autres, la culpabilité et le non-pardon envers lui. Ainsi, il se sent jugé, pas pardonné et rempli d’un sentiment de culpabilité. Aussi, pour un tel croyant, même la démonstration du pardon de Christ jusqu’à la mort sur une croix, en vue que sa conscience puisse être purifiée de ses fautes et être libéré de l’esclavage du péché, sera inefficace malgré la volonté de Dieu de l’en libérer. Le fait est que ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ ne peut pas effacer les fautes de la conscience de celui qui continue lui-même d’en tenir compte pour lui-même et pour les autres (les deux sont indissociables). Dieu est amour et l’Amour ne peut pas forcer l’autre à croire ce qu’il a dit et fait, il ne peut pas forcer à croire la vérité au sujet de l’Amour et de ses caractéristiques. En réalité, celui qui tient compte des fautes des autres le fait parce qu’il tient compte de ses propres fautes, et il le fait parce qu’il croit que Dieu tient compte de ces fautes… Ou alors, il le fait parce qu’il a supprimé l’existence de Dieu dans son système de croyance. En vérité, c’est donc une auto-condamnation qui se produit pour l’incrédule. Cela se produit lorsqu’on ne croit pas la vérité que Dieu a démontrée en Christ: l’amour pardonne tout, sans prérogative demandée. Jésus décrit ce problème de l’auto-condamnation en disant: « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres » (Matthieu 7:1-2 BDS). Encore ici, Jésus n’attribue pas cette condamnation comme en provenance de Dieu (cf. Jean 3:17-18). En vérité, c’est une auto-condamnation qui se produit par un maintien des fautes dans la conscience de la personne elle-même, et sa mauvaise conscience la pousse à condamner les autres alors que Dieu dit à celui qui a péché : « Je ne te condamne pas… » (cf. Jean 8:10-11). Par incrédulité, la condamnation se produit pour la personne, au lieu qu’elle cesse définitivement d’avoir une conscience chargée de culpabilité afin que le péché perde son emprise sur elle, qu’elle en soit délivrée dans l’union avec le Christ, ce qui est en partie ce que Dieu est venu accomplir en Christ (cf. Colossiens 2:14).
  • Au verset 12, le temps utilisé pour « pardonne-nous » est un temps aoriste, qui n’existe pas dans le français et qui désigne un événement situé dans le passé, utilisé ici dans un mode impératif. Cette demande n’est pas à percevoir comme une demande au bon vouloir de Dieu à laquelle il pourrait vouloir dire non. Dieu est amour et l’Amour efface les fautes, c’est lié à sa nature même. Dieu ne peut pas dire non à ce qu’il est venu dire au monde et démontrer en Christ. Le temps utilisé pour « comme nous pardonnons nous-mêmes » est, quant à lui, un présent continue… La part de Dieu est déjà accomplie et définitive, alors que notre part est continue. Le pardon que Dieu donne est permanent et lié à sa nature, il est Amour. Dieu ne peut pas sortir de l’amour car l’Amour est sa propre nature. Son pardon est donc permanent, c’est-à-dire que Dieu ne tient pas compte des fautes. Pour être à notre tour amour et pardonner comme Dieu pardonne, il est nécessaire de demeurer dans son amour et dans le pardon qu’il nous a révélé et démontré en Jésus-Christ. C’est une nécessité qui est continue pour l’homme, à cause de la faute d’Adam qui a amené la corruption de la manière de penser, par le mensonge qui est entré dans le monde. Sans demeurer dans l’amour de Dieu et dans l’effacement des fautes, nécessitant un changement de la manière de penser, le croyant ne peut pas aimer véritablement en ne tenant pas compte des fautes de son prochain, d’autant plus si ce prochain est son ennemi… Et le croyant incrédule face au pardon des péchés ne peut pas non plus être délivré de l’esclavage du péché (cf. Colossiens 1:14, Ephésiens 1:7). Un tel croyant reste dominé par le mal en lui, et le mal commis envers lui continuera de produire le mal en lui.
  • On ne trouve pas non plus dans le Nouveau Testament une invitation à demander aux autres de nous pardonner nos fautes, cela n’existe pas. On trouve l’incitation à reconnaître ouvertement nos fautes (Jacques 5:16), mais pas de demande aux autres pour qu’ils nous pardonnent. Mais il est clairement dit que nous devons pardonner aux autres, c’est-à-dire effacer leurs fautes et ne pas en tenir compte, et ils doivent nous pardonner, sans prérogatives : « Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné: vous aussi, pardonnez-vous de la même manière » (Colossiens 3:13 BDS). Il s’agit de pardonner comme Christ a démontré le pardon: il n’a pas tenu compte des fautes, même jusqu’à subir la mort par ses ennemis… A noter aussi ici, le terme original pour « supportez-vous » c’est anechomai qui signifie soutenir, porter, endurer, tenir fermement quelqu’un pour ne pas qu’il tombe. Il n’a pas le sens qu’on lui donne dans l’usage courant dont l’idée que si l’autre agit mal, alors il est détestable et il faut prendre son mal en patience et garder la rancune en silence comme si rien n’était. Le terme parle de se soutenir les uns les autres, ce qui est très différent. Jésus a même dit clairement avant de retourner auprès du Père que le pardon des péchés sur terre est entre les mains des hommes : « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20:23 LSG).
  • Ainsi, la prière « pardonne-nous nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:12 NEG79), revient à demander à Dieu d’effacer et de jeter au loin les offenses que nous avons pu commettre, indépendamment des personnes offensées, et ce de la même manière que nous-mêmes nous le faisons envers ceux qui ont commis des offenses envers nous. Il s’agit pour nous d’effacer les fautes des autres envers nous, et de s’attendre à Dieu pour qu’il efface les fautes que nous avons pu commettre envers d’autres. Cette prière ne revient pas à demander à Dieu de ne plus retenir contre nous un quelconque ressentiment, sans quoi il serait en colère, car cela n’existe pas dans sa nature (A noter: l’expression « la colère de Dieu » ne se retrouve pas dans la bouche de Jésus). Mais en vérité, celui qui est établi dans l’amour de Christ et dans l’union avec lui, ne s’irrite pas contre ceux qui agissent mal envers lui, il ne tient pas compte de leurs fautes, à l’image de Jésus-Christ. L’amour ne s’irrite pas contre les autres (cf. 1 Corinthiens 13:5).
  • On pourrait s’arrêter là dans l’explication. Mais il est bon d’aller au fond des choses, par préoccupation de la vérité, d’autant plus lorsqu’on touche à la fondation des fondations de l’Évangile, la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. (voir le dossier complet avec la totalité des passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon Dossier: Le point sur le pardon des péchés)

Forgiveness 4Bien que la question du pardon de Dieu soit essentielle et fondamentale, une question de vie ou de mort, à aucun moment Jésus invite quelqu’un à demander le pardon à Dieu dans les évangiles, jamais il ne dit quelque chose qui suggère « en effet, si vous demandez à Dieu de vous pardonner, il vous pardonnera, et si vous ne demandez pas à Dieu de vous pardonner, alors il ne vous sera pas pardonné ». On ne trouve pas non plus Jésus dire à quelqu’un: « Demande-moi pardon et fais-moi des excuses et alors je te pardonnerai… ». Ce pourrait-il que Jésus ait omis quelque chose dans son enseignement concernant la prière et qu’il ait été à ce point négligeant concernant le pardon que Dieu donne, comment il le donne et comment on le reçoit ? Se pourrait-il que Jésus ait oublié de mettre en pratique en rappelant au gens ce qu’il a lui-même enseigné dans Matthieu 6:12 ?

Jésus met en pratique toute la vérité qu’il enseigne. Aussi, il faut voir comment Jésus agit dans la pratique, et l’on ne trouve aucun exemple où Jésus dit à quelqu’un de demander le pardon à Dieu pour ses fautes. Il y a deux situations intéressantes où Jésus montre clairement le pardon et/ou la non-condamnation:

  • La scène du paralytique (Matthieu 9:1-8): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) considèrent comme un blasphème la prétention de Jésus à pardonner les péchés. Mais Jésus souligne le fait que le fils de l’homme, c’est-à-dire tout fils d’homme, a sur la terre ce pouvoir de pardonner les péchés. Et Jésus le démontre par la guérison du paralytique. C’est ainsi qu’il atteste ce pouvoir de pardonner. Il n’y a aucune intervention du paralytique dans le pardon annoncé par Jésus. Jésus annonce le pardon des péchés au paralytique, sans aucune mention ni suggestion d’une demande de pardon, et sans même que le paralytique dise quelque chose, ni ne manifeste un quelconque regret des fautes dont Jésus dit qu’elles sont pardonnées.
  • La scène de la femme adultère (Jean 8:1-11): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) et les chefs religieux sont ceux qui viennent avec le péché de la femme et veulent la condamner (où est l’homme impliqué? car la loi de Moïse ordonnait que les deux soient lapidés…). Jésus met en lumière la culpabilité de tous à cause de leurs fautes, sans toutefois les condamner, ni pointer directement leurs fautes. Ceux qui condamnaient la femme se retrouvent désarmés. Jésus démontre la non-condamnation envers la femme, ce qui démontre qu’elle est déjà pardonnée. Mais il n’y a aucune mention, ni suggestion, d’une demande de pardon. C’est même grâce à la non-condamnation qui libère, et l’amour qu’il lui témoigne, que Jésus peut dire ensuite à la femme: « Va, et ne pèche plus« . Et cette parole de Jésus est davantage une proclamation dans la vie de cette femme, comparable à la parole donnée au paralytique « lève-toi… », qu’une simple invitation à ne plus pécher.

Jésus a enseigné et démontré le pardon des péchés. Il a démontré que l’amour pardonne sans prérogative. Dans Matthieu 26, Jésus exprime clairement: « ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance. Il va être versé pour beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés » (Matthieu 26:28 BDS). Jésus dit que son sang est ce qui scelle l’alliance, c’est-à-dire l’alliance de Dieu avec les hommes. Il utilise le langage dans lequel la pensée modelée par les hommes de l’ancien testament réfléchissait. Jésus dit que son sang va être versé pour “beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés“. Le terme traduit par “beaucoup” est le terme polus qui signifie un grand nombre, il ne signifie pas “tous les hommes“… En effet, d’une part le fait est que seuls ceux qui croient au pardon des péchés et qui s’en saisissent, par le moyen de la foi, voient leurs fautes effacées de leur conscience et en être libéré, et être ainsi habilité à ne plus répondre au mal par le mal. Et d’autre part, Jésus a démontré que le Père ne tient pas compte des fautes et que ce n’est pas Lui qui condamne. Mais tous ne le croient pas, tous ne croient pas dans la vérité qui est en Jésus. Et ceux qui croyaient que les prescriptions de sacrifices demandés par Moïse pour le pardon des péchés étaient demandées par Dieu, ceux-là n’arrivent pas à se saisir du pardon des péchés sans concevoir la nécessité d’un sacrifice. Ces hommes-là croient à la nécessité d’une punition pour le péché, et à la nécessité d’une effusion de sang pour le pardon des péchés. Ils en arrivent à croire au pardon des péchés uniquement en regardant la mort de Jésus à la croix comme un sacrifice prétendument demandé par Dieu, et en identifiant Jésus à ce que demandait Moïse pour le pardon des péchés. C’est ainsi que Paul, par exemple, modelé par la loi de Moïse en est arrivé à accepter et à se saisir du pardon des péchés et à en être délivré. Cette perspective l’a poussé à voir toute chose de la loi de Moïse comme une préfiguration, mais ceci va à l’encontre de la vérité que Christ a démontrée au sujet du caractère même de Dieu. D’ailleurs on ne voit nul part dans les évangiles, Jésus se présenter lui-même comme “le sacrifice demandé par Dieu”, ni comme “l’Agneau de Dieu”, ce sont les hommes qui ont regardé à Christ de cette manière-là, à cause des prescriptions que Moïse avaient demandées pour le pardon des péchés. Toutefois, il faut relever que Moïse avait exclu tout pardon pour certains péchés comme l’adultère, ou déshonorer père et mère… Alors que Christ a démontré le pardon et la non-condamnation de sa part, et au nom du Père, même pour ces péchés-là. Car le Père n’est pas un meurtrier, ce n’est pas Lui qui condamne. Lorsque Jésus parle à son propre sujet, il ne prend pas l’image des sacrifices demandés par Moïse, mais il prend l’exemple du serpent que Moïse a élevé dans le désert et vers lequel il avait suffi de regarder pour être sauvé (cf. Nombres 21:8-9). “Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui” (Jean 3:14-17 NEG79). Jésus a donc voulu qu’on regarde à Lui comme à celui qu’il suffit de regarder. Et Jésus a dit: “Celui qui m’a vu a vu le Père” (cf. Jean 14:9). Jésus a montré comment le Père agit. Jésus a fait tout ce que le Père fait (cf. Jean 5:19-20): il n’a pas lapidé pour l’adultère (cf. Jean 8)… il n’a pas puni de mort pour le fait de déshonorer père et mère (cf. Marc 7)… alors que Moïse l’avait ordonné au nom de l’Éternel… Jésus n’a jamais condamné personne, il n’a jamais enseigné ou réclamé qu’il y ait effusion de sang pour le pardon des péchés. Car l’effusion de sang n’est pas une demande qui vient de Dieu, mais c’est une soif de vengeance qui apparaît depuis la première mort d’un être humain, et c’est un cri de vengeance qui vient de la terre envers Dieu en réponse au sang versé (cf. Genèse 4:10). Ce cri de vengeance n’existe pas en Dieu. Il ne vient pas de Lui, il vient de la terre sous l’inspiration de celui qui est le meurtrier dès le commencement. Jésus a montré qu’il aime le Père et qu’il n’agit pas conformément au père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Mais Jésus agit conformément au Père céleste (cf. Jean 14:30-31) qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10:11). Il l’a donne de son propre gré alors que personne n’a le pouvoir de la lui prendre (cf. Jean 10:18). L’Amour ne condamne pas, il ne punit pas, il est prêt à mourir sans frapper ses ennemis, car il ne cherche pas à sauver sa propre vie mais celles des autres. “En effet, si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés” (Jean 8:24 BDS). C’est intéressant de relever que Jésus n’a pas dit “c’est par mon sang que le Père pardonne les péchés…”, car Dieu est amour et l’amour pardonne sans prérogative. Jésus a encore dit en citant Osée: “Allez donc apprendre quel est le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices” (Matthieu 9:13 BDS). “Ah! si vous aviez compris le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices, vous n’auriez pas condamné ces innocents” (Matthieu 12:7 BDS). La perspective de la croix comme un sacrifice demandé par Dieu pour qu’il accepte de pardonner est une pensée tout humaine. C’est une pensée opposée à Dieu et que l’Esprit avait déjà essayé de faire comprendre par la bouche de Jérémie: “Non! je n’ai rien prescrit à vos ancêtres, je ne leur ai rien ordonné concernant les holocaustes et autres sacrifices quand je les ai fait sortir d’Égypte. Mais voici ce que je leur ai commandé: «Ecoutez-moi et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez heureux.» Mais eux, ils n’ont pas écouté, non, ils n’ont pas prêté l’oreille. Mais ils se sont conduits selon leurs propres raisonnements et selon les penchants de leur mauvais cœur. Ils sont devenus pires au lieu de devenir meilleurs. Depuis le jour où vos ancêtres sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, jour après jour, inlassablement. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille. Ils ont raidi leur nuque, et ils ont fait plus de mal que leurs ancêtres. Dis-leur toutes ces choses, mais ils ne t’écouteront pas; appelle-les, mais ils ne te répondront pas. Alors tu leur diras: Vous êtes une nation qui n’a pas obéi à l’Éternel son Dieu et qui n’a pas voulu accepter sa leçon. La vérité n’est plus, elle a été retirée de leur bouche” (Jérémie 7:22-28 BDS) et l’Esprit l’avait aussi exprimé par la bouche de David qui en avait même fait l’expérience: “Tu n’as voulu ni offrande ni sacrifice. Tu m’as ouvert l’oreille, car tu n’as demandé ni holocaustes ni sacrifices pour expier le péché” (Psaume 40:7 BDS).

Jésus a annoncé le pardon des péchés à des hommes et l’a enseigné, alors qu’il n’y avait pas eu le moindre sacrifice, ni effusion de sang pour ce faire, et que lui-même n’était même pas encore passé par la mort.. Toutefois, malheureusement c’est seulement par le sang versé de Jésus, que “beaucoup” d’hommes sont d’accords d’accepter de croire que leurs péchés sont pardonnés sans prérogative de leur part, parce que leur manière de penser a été modelée par les prescriptions de Moïse… Jésus a mis fin à ces prescriptions qui demandaient des sacrifices et du sang versé pour le pardon des péchés. Jésus a démontré le pardon, même pour les fautes pour lesquelles Moïse avait ordonné la mort. Jésus a démontré ce pardon sans effusion de sang. Les dispositions que Dieu a démontrées en Christ sont scellées par le sang de Jésus. Jésus s’adressait à des hommes dont la manière de penser et de réfléchir au sujet de Dieu, et en particulier au sujet du pardon, était modelée par les prescriptions de Moïse, qu’ils avaient placé à l’égal de Dieu… C’est pourquoi Jésus a dit clairement: “Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance” (Jean 5:45 NEG79). Et pour rappel, celui qui détient le pouvoir de la mort n’est pas Dieu (cf. Hébreux 2:14-15), mais il est la résurrection et la vie (cf. Jean 11:25).

 

Lorsque Jésus se révèle à Saul (qui deviendra Paul), il lui dit: « Tu devras leur ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu pour qu’en croyant en moi, ils reçoivent le pardon de leurs péchés et une part d’héritage avec ceux qui appartiennent à Dieu » (Actes 26:18 BDS). C’est en croyant en Jésus, c’est-à-dire croire à ce qu’il a dit, enseigné et démontré par sa vie que le pardon est reçu. C’est Jésus qui amène la compréhension du pardon et à le saisir dans la manière de penser des croyants. Il s’agit de se saisir par la foi de ce qu’il a enseigné et démontré. C’est ainsi, en croyant, que les péchés sont effacés et que la conscience est purifiée, par ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ.

Le pardon est déjà donné, mais le moyen de le recevoir c’est de le croire.

C’est de la même manière que la part d’héritage donnée est reçue, en croyant en Jésus, c’est-à-dire à ce qu’il a démontré comme accessible par le moyen de la foi. C’est par la confiance en Lui, et en ce qu’il a démontré, que nous avons accès à cet héritage. Cette réalité fait passer des ténèbres à la lumière, alors on y voit clair. Cette réalité, à laquelle on accède par le moyen de la foi, fait passer du pouvoir de Satan à Dieu, Satan n’a ainsi plus de pouvoir. Les yeux ont besoin d’être ouverts pour voir clair et voir la vérité que nous révèle Jésus-Christ, et qui n’était pas enseignée précédemment.

Dans tout ce qui concerne le pardon dans le Nouveau Testament, le constat qui s’impose est le suivant:

Demander le pardon à Dieu pour être pardonné est… une hérésie !

Cette notion ne se trouve pas dans le Nouveau Testament. C’est la tradition qui maintient ce mensonge vivant, et le fait que l’idée semble à priori sage, mais elle est une folie car en réalité elle nie l’œuvre de la vie de Christ ! Cette notion de demande de pardon est le résultat d’une pensée toute humaine, mais pas celle de Christ. Ce mensonge maintient les gens sous la condamnation et sous l’emprise du péché, car il ne peuvent pas se saisir du pardon des péchés de cette manière, c’est-à-dire par le moyen d’une demande. Le pardon est déjà donné et il est à saisir par la foi. Il s’agit d’accepter que Dieu ne tient pas compte des fautes, parce qu’il est amour. Il l’a démontré en Christ.

Et il est d’ailleurs inutile de demander pardon à Dieu dans l’idée qu’il soit réconcilié avec nous, comme si Dieu était irrité contre l’humanité. Jésus n’a pas enseigné ni démontré une telle pensée. Ce sont les hommes qui ont besoin d’être eux-mêmes réconciliés avec Dieu (cf. 2 Corinthiens 5:20), en acceptant le moyen par lequel Dieu déclare les hommes justes (cf. Romains 10:2-4) et les amène à une vie juste et sainte: la foi en la vérité qui est en Christ. Mais beaucoup ignorent la vérité que Christ a enseignée et démontrée. Car pour ce qui est de la part de Dieu envers nous, l’amour pardonne tout, il ne s’irrite pas, il ne tient pas compte des fautes. Lorsqu’on saisit ce que Dieu nous a montré en Christ jusqu’à donner sa vie, c’est nous qui sommes réconciliés avec Dieu et délivrés pour entrer dans les mêmes réalités qui étaient celles de Paul : « Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis de Dieu par vos pensées et par vos œuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort de son Fils dans son corps de chair pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche. Mais il faut que vous restiez fondés et inébranlables dans la foi » (Colossiens 1 :21-23 SG21). Ce n’est pas qu’une apparence de sainteté, cela devient une réalité que Dieu produit lui-même chez celui qui croit à la vérité qui est en Christ, et qui se saisit du pardon tel que Christ l’a enseigné et démontré. La délivrance de l’esclavage du péché, délivrance qui produit une vie juste et sainte, vient de comprendre à travers la vie de Jésus jusqu’à sa mort, que les fautes sont effacées sans prérogative de notre part. La délivrance vient de se saisir personnellement de cette vérité pour soi-même et de l’appliquer aussi aux autres: « Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés » (Luc 6:37 BDS). Et cette vérité permet de libérer les autres en les amenant à s’en saisir pour eux-mêmes, ce que Jésus a fait lui-même en disant : « tes péchés sont pardonnés » ou « je ne te condamne pas non plus« . « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20:23 SG21). Sur terre, le pardon des péchés est entre les mains des hommes ! (cf. Marc 2:10, Matthieu 9:6, Luc 5:24).

Forgiveness 2L’enseignement de Jésus purifie, lave du péché. Jésus a dit à ses disciples: « Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée » (Jean 15:3 NEG79). Jésus est venu ôter les péchés, comme Jean en a fait l’expérience et l’enseigne : « Or, vous le savez: Jésus est apparu pour ôter les péchés, et il n’y a pas de péché en lui. Par conséquent, celui qui demeure uni à lui ne pèche pas et celui qui pèche ne l’a jamais vu et ne l’a jamais connu » (1 Jean 3:5-6 BDS). Même avec une perspective modelée par les prescriptions de Moïse sans tenir compte des paroles de Jésus, l’auteur aux Hébreux en est arrivé à recevoir ce que le sang de Christ à scellé comme alliance : « Par une offrande unique, en effet, il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il purifie du péché (littéralement ceux qui sont sanctifiés, c’est un présent continue!). C’est là ce que le Saint-Esprit nous confirme de son côté. Car il dit d’abord: Mais voici quelle alliance je vais établir avec eux après ces jours-là, dit le Seigneur: je placerai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée. Puis il ajoute: Je ne tiendrai plus compte ni de leurs péchés, ni de leurs fautes. Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter. » (Hébreux 10:14-18 BDS).

Celui qui continue de croire et de véhiculer l’idée qu’il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas demandé le pardon à Dieu, fait Jésus-Christ menteur. Un tel croyant ne vit pas dans la nouvelle alliance scellée par le sang de Christ, mais il vit dans un équivalent aux prescriptions de Moïse qui sont inefficaces. Dieu ne tient pas compte des péchés, il les a « oubliés », comme si ces péchés n’avaient jamais eu lieu. En vérité, celui qui ne vit pas dans le pardon établi sans demande, démontre ainsi qu’il ne croit pas à ce que Christ a enseigné, démontré, et que son sang versé a scellé à la croix une fois pour toute. Un tel croyant ne peut pas connaître pleinement le salut, c’est-à-dire être délivré, libéré de la loi du péché (voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés). Il ne peut pas recevoir et connaître pleinement la sanctification qui se produit dans l’union avec le Christ, en celui qui croit.

Ce mensonge de la demande de pardon empêche de recevoir le don de la justification (droiture) et les trésors surabondant de la grâce par lesquels le chrétien règne dans la vie par Jésus-Christ, lui seul (cf. Romains 5:17). Avec ce mensonge de la demande de pardon, il est impossible de vivre la vie juste et sainte que Dieu appelle à vivre, et impossible de vivre toute la plénitude qui se trouve dans l’union avec le Christ. La conséquence est d’être étranger à la vie que Dieu donne véritablement et qu’on observe dans le livre des Actes. Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur.

« Quel est le Dieu semblable à toi, qui efface les fautes et qui pardonne les péchés du reste de ton peuple qui t’appartient? Toi, tu ne gardes pas ta colère à jamais, mais tu prends ton plaisir à faire grâce » (Michée 7:18 BDS).

« Mais toi, Seigneur notre Dieu, tu as de la pitié et tu pardonnes, alors que nous nous sommes révoltés contre toi » (Daniel 9:9 BDS).

« Que tout mon être loue l’Eternel, sans oublier aucun de ses bienfaits. Car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, c’est lui qui te guérit de toute maladie, qui t’arrache à la tombe… Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent » (Psaume 103:2-11 BDS).

Voir le dossier complet avec tous les passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon, sur la page Approche théologique : Dossier: Le point sur le pardon des péchés.

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

Amour 3La grâce est la faveur de Dieu, imméritée et « imméritable », il ne peut pas en être autrement parce que Dieu est Amour. La grâce est comment Dieu exprime et manifeste concrètement son Amour, qui est inconditionnel. Dieu ne peut pas aimer autrement que inconditionnellement. Dieu ne peut pas exprimer un Amour issu du mérite, en fonction de l’autre, ceci est impossible parce que son Amour est absolu, parfait, inconditionnel et ne peut pas dépendre de l’être aimé. Rien ni personne ne peut changer Dieu Lui-même, et Dieu est Amour. La grâce ne peut qu’être imméritée et « imméritable », autrement ce n’est plus la grâce, c’est du mérite (définition du mérite: ce qui rend quelqu’un, ou sa conduite, digne d’estime, de récompense, eu égard aux difficultés surmontées). L’Amour parfait ne peut pas s’imposer, il ne peut que tenir compte de la volonté de l’être aimé, autrement ce n’est plus l’Amour. L’Amour ne peut pas être intéressé, dans le sens de chercher son propre intérêt, mais il s’intéresse à l’autre et à son intérêt. Et un aspect qui peut être essentiel de comprendre, c’est que:

L’Amour donne mais ne peut pas imposer à l’autre de recevoir.

Dieu nous a donné Jésus-Christ, mais il ne peut pas nous imposer de recevoir, car il est Amour. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné…« . Quand il s’agit de donner à l’autre, l’Amour ne peut que donner du bon à l’autre. Quand il s’agit de « prendre » quelque chose de l’autre, l’Amour ne peut « prendre » que le mal de l’autre:

« Pourtant, en vérité, c’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui, alors que nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié.
Mais c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé.
Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin: l’Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous » (Esaïe 53:4-6 BDS). Contrairement à la pensée tout humaine, Dieu n’a pas puni Jésus, mais il était en Christ réconciliant le monde avec lui-même ne tenant pas compte des fautes (cf. 2 Corinthiens 5:19). Christ a démontré que Dieu ne punit pas, ne frappe pas et n’humilie pas, mais il prend sur Lui. Dieu était en Christ et il a choisi de prendre sur lui: « En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10:18 BDS). Ésaïe a prophétisé notre fausse manière de penser en disant: « nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié« .

C’est là qui est Dieu: il est Amour.

Jésus est la Vérité concernant Dieu, toutes ces caractéristiques de Dieu se retrouvent en Christ, car il est dans le Père et le Père est en lui. C’est ce que Jésus dit à Philippe:

« Philippe intervint:
– Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira.
-Eh quoi, lui répondit Jésus, après tout le temps que j’ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire: «Montre-nous le Père?»
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même: le Père demeure en moi et c’est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres. Croyez-moi: je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez au moins à cause des œuvres que vous m’avez vu accomplir (Jean 14:8-11 BDS).

Amour 1Toutes les caractéristiques de l’Amour décrites dans cet article (1ère et 2ième partie), qui correspondent à qui est Dieu, ont été démontrées en Jésus et par Jésus durant son vie, et l’œuvre de Christ à la croix contient même la totalité des caractéristiques de l’Amour. « A peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être quelqu’un aurait-il le courage de mourir pour le bien. Mais voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Romains 5:7-8 BDS).

C’est essentiel de connaître ces caractéristiques de l’Amour, qui correspondent à qui est Dieu dans son essence, parce que toute méconnaissance de qui est Dieu en tant qu’Amour, ne permettra pas d’être rempli de l’amour de Dieu, ni de mener une vie dépourvue de crainte, cette réalité que Jean a connue et décrite: « Nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru... L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité. Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier » (1 Jean 4:16-19 BDS).

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 1ère Partie

Amour 4Dans sa première lettre écrite, notamment pour déceler un certain nombre d’hérésies qui commençaient à être enseignées parmi les chrétiens, Jean souligne ce qui est lié à l’amour. Il s’agit ici de l’amour “agapê”, qui est l’amour même de Dieu. « Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:7-8 BDS). En s’adressant à « mes chers amis« , Jean ne s’adresse pas uniquement à des chrétiens, mais aussi à des non-chrétiens*. Il y a là un test direct pour savoir si nous connaissons effectivement Dieu de façon intime. En d’autres termes, un test aussi pour savoir si ce que nous connaissons de Dieu est bien la vérité conforme à qui est le Dieu unique et véritable que Christ a démontré. Une relation d’intimité en communion avec Dieu implique une connaissance correcte au sujet de sa personne. Et le test de la connaissance intime de Dieu est: est-ce que j’aime d’un amour « agapê »? Si oui, c’est que je connais intimement Dieu, nous dit Jean. Ceci implique non seulement une relation avec Dieu, mais aussi une connaissance correcte concernant qui est Dieu:

Dieu est Amour.

Il est important de rappeler ici qu’il ne s’agit pas de recevoir une condamnation pour l’absence d’amour. Aussi, l’absence de l’amour « agapê » doit seulement être perçue comme une indication d’hérésie(s) ou d’ignorance(s) dans ce qui est cru concernant Dieu, autrement dit une méconnaissance de Dieu. On ne parle pas ici des choses de Dieu, mais des caractéristiques de Dieu lui-même, bien que les deux soient liées. On ne peut pas avoir une connaissance correcte des choses de Dieu sans avoir une connaissance correcte de Dieu lui-même et de ses caractéristiques.

Amour 2Jean décrit en quoi consiste l’amour: « cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire (un apaisement) pour nos péchés… Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui... La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4:10, 16, 18, 19 NEG79). Jean sait d’où lui vient l’amour « agapê » avec lequel il aime les gens, ce n’est pas une prétention, mais bien la réalité de ce qu’il connait et vit, c’est pourquoi il en parle.

Jésus a dit: « Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui » (Jean 3:16-17 BDS).

Aujourd’hui, le verbe « aimer » et le terme « amour » sont employés avec toutes sortes d’idées, mais Paul donne aux Corinthiens un descriptif des caractéristiques véritables de l’amour, telles qu’on peut les voir en Jésus-Christ. Par définition: « L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin. … En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour » (1 Corinthiens 13:4-8, 13 BDS).

L’amour est la plus grande chose, nous dit Paul. En réalité, c’est précisément parce que Dieu est Amour. Toutes les autres caractéristiques qui sont en Dieu découlent de celle-ci. Il n’y a pas de mal dans l’Amour, le mal n’y trouve aucun accès. C’est la raison pour laquelle Dieu est Saint, car il n’y a aucun mal en Lui et il ne peut pas y en avoir. L’Amour ne peut pas supporter, ni soutenir, ni semer l’injustice quelle qu’elle soit, c’est pourquoi Dieu peut seulement être Juste. C’est la raison pour laquelle Dieu ne répond pas à l’injustice par l’injustice, ni au mal par le mal, Christ l’a enseigné et démontré par sa vie. L’Amour tient parole quoi qu’il arrive, c’est pourquoi Dieu est Fidèle. « Si nous sommes infidèles, lui, il demeure fidèle, car il ne pourra jamais se renier lui-même » (2 Timothée 2:13 BDS). L’Amour est fidèle à tout ce qu’il dit, à tout ce qu’il promet, car l’Amour ne ment pas. L’Amour est la vérité, il n’y a pas de mensonge dans l’Amour, il ne peut pas mentir, c’est la raison pour laquelle Dieu est la vérité: Jésus-Christ est la vérité, car Dieu est amour et ils sont un, parfaitement unis (cf. Jean 10:30).

A suivre

 

* pour rappel: dans cette lettre, lorsque Jean s’adresse spécifiquement aux chrétiens, il les appelle « mes chers enfants » (chrétiens issus de son propre ministère), ou « enfants » (chrétiens au stade d’enfant), ou encore « jeunes gens » ou « pères » qui sont là aussi des termes de maturité dans l’union avec le Christ.

La vérité dans l’amour: clé de la croissance

S’il y a une notion qui a certainement provoquée plus de blessures chez les gens que ce qu’elle en a guérie, c’est probablement celle de « dire la vérité à son prochain« . Ceci vient essentiellement de ce que les gens comprennent par « dire la vérité« , qui est souvent interprété faussement comme dire tout ce que l’on pense, ce que l’on ressent, exprimer notre désaccord avec l’autre, lui faire savoir ce qu’il a provoqué chez nous, et surtout ce qui ne va pas chez lui…, etc. Dans le Nouveau Testament, lorsque la Bible parle de « la vérité« , elle sous-entend essentiellement dans la majorité des textes, la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu. Il s’agit en particulier de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, tout ce qu’elle comprend et dont Jésus en est la démonstration. C’est Jésus qui est la Vérité (cf. Jean 14:6) dont la Bible parle, l’image visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15).

Voici ce que Paul écrit avant de mentionner la notion de dire la vérité à son prochain : « C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête: le Christ (Ephésiens 4:11-15 BDS).

Vérité dans l'amour 2Ce que Paul dit ici, c’est que les serviteurs que Dieu a donnés comme ambassadeurs (apôtres), comme porte-paroles de Dieu (prophètes), comme annonceur de la Bonne Nouvelle (évangélistes), comme prenant soin des autres tels des bergers (pasteurs) et enseignant les choses de Dieu (enseignants), sont donnés pour équiper les autres dans ses domaines respectifs, afin qu’ils soient rendus aptes à servir pour construire le corps de Christ. Paul dit même que c’est de cette manière-là, à travers la contribution de chacun de ces services mentionnés, pour que tous soient équipés dans tous ces domaines, que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance de Jésus-Christ. Il dit qu’ainsi équipé, on parvient à l’état d’adultes dans la foi, c’est-à-dire à un stade où le plein développement de la vie de Christ est manifeste chez le croyant. Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucune hiérarchie dans ces services, mais que chacun d’eux est nécessaire pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à servir en vue de la construction du corps de Christ. Aujourd’hui, le problème se trouve dans le fait que ceux qui enseignent les autres dans ces domaines, bien que considérés dans ces cinq services, ne connaissent souvent pas eux-mêmes la vérité. En étant modelé par le monde actuel et par la tradition de ce qu’ils ont entendu des autres, ils font partie des « hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur« , par une sagesse tout humaine que les enfants dans la foi ne discernent en général pas. Le résultat est qu’aujourd’hui, de nombreux croyants ne parviennent jamais à l’état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude de Christ. Surtout, s’ils ne cherchent pas eux-mêmes à connaître la vérité. Les cinq services dont parle Paul étaient, en son temps, par des hommes qui connaissaient la vérité et qui vivaient selon la vérité. Celle-ci n’avait pas encore été diluée dans des traditions issues d’une pensée tout humaine, et maintenue durant des siècles à cause de l’inaccessibilité aux Écritures par les croyants, et dont l’Église en porte encore de nombreuses séquelles.

Ce passage de la lettre aux Ephésiens laisse entendre que ce qui caractérise un enfant dans la foi est d’être ballotté par le vent de toutes sortes d’enseignements, ces enseignements pouvant même être contradictoires entre eux. Il laisse entrevoir que ce ballottement provient, d’une part, d’un manque au niveau des cinq services mentionnés, mais aussi, d’enseignements provenant d’hommes habiles à entrainer les autres dans l’erreur. Il faut comprendre que lors des écrits de Paul, les écrits du Nouveau Testament que l’on connait aujourd’hui n’étaient pas encore rassemblés et accessibles à tous les croyants. Sans compter que les évangiles n’avaient pas encore été mis par écrit. Les services mentionnés étaient donc essentiels pour que les croyants soient enseignés correctement. Lorsqu’on parle d’entrainer les autres dans l’erreur, on parle ici d’enseignements qui ne sont pas conformes à la vérité, bien qu’ils semblent être authentiques aux oreilles de ceux qui sont enfants dans la foi*. La conséquence est que la plénitude qui vient du Christ n’est pas manifeste chez les croyants, l’état d’adulte n’est pas atteint. Mais ce stade n’est bien souvent pas atteint non plus chez ceux qui enseignent pourtant les autres. Pour cette raison:

Tout enseignement doit être éprouvé, avec une préoccupation sincère de la vérité, à la lumière de ce que dit véritablement celui qui est la vérité : Jésus-Christ.
(voir aussi Approche théologique)

Cette préoccupation de la vérité doit être constante, parce que tout enseignement qui n’est pas conforme à la vérité ne produit simplement pas ce que seule la vérité produit: la libération de l’esclavage du péché (cf. Jean 8:31-45), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) conforme à la volonté de Dieu: l’amour. Mais c’est aussi l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie du croyant qui se trouve compromis par une méconnaissance de la vérité. Malheureusement, chez de nombreux croyants, par leur méconnaissance de la vérité, le règne de Dieu (voir Romains 14:17) n’est pas manifesté dans leur vie, et les mêmes œuvres que Jésus a faites et qu’il a dit que ses disciples feraient (Jean 14:12) se trouvent également absentes de leur vie.

Vérité dans l'amour 3Dans la foi, le stade adulte n’est pas simplement atteint par les années qui passent. Il est possible de confesser Jésus comme Seigneur et de croire que Dieu l’a ressuscité des morts, et cela depuis de nombreuses années et être toutefois resté un enfant dans la foi aux caractéristiques ci-dessus (voir aussi note de bas de page*), à cause de manquements au niveau des services mentionnés et/ou d’enseignements erronés qui sont crus (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité). Le Saint-Esprit, que Jésus dénomme précisément « l’Esprit de vérité« , joue un rôle majeur pour conduire dans le discernement de la vérité et filtrer ce qui est erroné dans les enseignements donnés par certains hommes: « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jean 16:13 BDS). Les enseignements erronés sont rarement totalement erronés. Mais ils contiennent souvent un certain nombre d’éléments de la vérité qui se trouvent mélangés avec des mensonges issus d’une pensée tout humaine, généralement modelée par le monde actuel et par la tradition. Ces enseignements erronés peuvent résonner comme remplis de sagesse pour ceux qui connaissent mal les Écritures, et en particulier ignorent les paroles que Jésus a prononcées. Il est donc vital de connaître la vérité qui est en Christ et de se débarrasser du mensonge qui peut habiter ce qu’on croit.

« C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain… » (Ephésiens 4:25 BDS). C’est débarrassé du mensonge concernant Dieu et les choses de Dieu, que l’Évangile est véritablement ce qu’il est: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ainsi que ce qui est transmis est « la vérité à son prochain« . C’est cela que Paul décrit par « la vérité » à dire à son prochain (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce).

Mais cette vérité, la Bonne Nouvelle avec tout ce qu’elle comprend, se doit d’être exprimée dans l’amour (cf. caractéristiques de l’amour). C’est ainsi que nous grandissons à tous égards vers le Christ, c’est-à-dire à sa ressemblance. Exprimer la vérité dans l’amour implique d’être premièrement soi-même enraciné dans l’amour de Dieu, afin que la vérité qui est exprimée soit issue d’un amour pour les gens. Paul insiste sur l’amour à plusieurs reprises, comme aux Corinthiens: « Supposons que j’aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j’aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. » (1 Corinthiens 13:2-3 BDS).

Et c’est pour transmettre la vérité dans l’amour que Paul a consacré sa vie: « C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité » (1 Timothée 2:4-7 BDS).

 

* A noter: Les caractéristiques que Paul décrit comme celles des enfants dans la foi sont notamment: être asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde (Galates 4:3), fonctionner comme des hommes livrés à eux-mêmes en fonction de leur propre nature et agissant d’une manière tout humaine, se jalouser les uns les autres et se disputer, se caractériser et se comparer par une dénomination (1 Corinthiens 3:1-4). Jean le résume ainsi, lorsqu’il décrit ceux qui ne sont plus des enfants dans la foi, mais qui sont déjà parvenus à l’état de « jeunes gens« , il dit qu’ils ont vaincu le mal (1 Jean 2:12-14), leur vie n’est plus caractérisée par le péché (voir 1 Jean 3:1-10). Il n’y a pas de condamnation apportée par Paul et par Jean, mais un bon moyen de tester, en étant honnête avec soi-même, si ce que l’on croit est la vérité. La présence des caractéristiques de « l’enfant dans la foi » devrait être un signal dans la vie du croyant qu’il y a des choses erronées dans ce qu’il croit concernant Dieu et les choses de Dieu. La connaissance de qui est Dieu véritablement, tel qu’il s’est révélé en la personne de Jésus-Christ, a pour conséquence l’amour. C’est ce que nous dit Jean: « Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:8 BDS). Jean ne laisse aucune place à la prétention.

L’ignorance liée à l’absence de foi

Dans sa première lettre à Timothée, Paul se présente comme apôtre, c’est-à-dire messager, délégué, et rappelle qu’il l’a encouragé à demeurer à Éphèse pour avertir certains à ne pas enseigner de doctrines étrangères à la foi.

En rapport avec l’enseignement authentique, Paul dit: « Je suis reconnaissant envers celui qui m’a rendu capable de remplir cette tâche, Jésus-Christ, notre Seigneur. En effet, il m’a accordé sa confiance en me choisissant pour ce service, moi qui, autrefois, l’ai offensé, persécuté et insulté. Mais il a eu pitié de moi car j’agissais par ignorance, puisque je n’avais pas la foi » (1 Timothée 1:12-13 BDS).

ignorance 4

Avant sa conversion déjà, Paul était rempli d’un zèle ardent et remarquable pour Dieu. Mais  malgré toute sa sincérité, aveuglé par l’enseignement qu’il avait reçu de ses pères, ce zèle l’avait amené à persécuter ceux qui appartenaient aux Christ*. Et Paul reconnait les offenses qu’il a commises envers les chrétiens comme étant envers le Christ lui-même (A noter que Jésus considère la persécution de ceux qui lui appartiennent comme étant contre lui-même, cf. Actes 9:4-5). Paul reconnaît qu’il a agi ainsi parce qu’il était ignorant, et ce qu’il nous permet de savoir dans ce qu’il exprime c’est que:

L’ignorance est liée à l’absence de foi.

En réalité, Paul agissait poussé par la loi de Moïse avec ses prescriptions, et par ce qu’il connaissait de Dieu issue de l’enseignement qu’il avait reçu. Mais cela, sans avoir fait l’expérience du moyen de la foi. La foi est cette confiance en Dieu, qui ne compte pas sur les hommes ni sur des moyens humains, mais sur Dieu.

Tant qu’il n’avait pas la foi, Paul ignorait la vérité de la grâce de Dieu qui est en Jésus-Christ. Ainsi sa connaissance de Dieu était insuffisante et/ou incorrecte. Il n’est pas possible de connaître véritablement Dieu sans le moyen de la foi, car la foi est le moyen par lequel nous accédons à la grâce de Dieu qui témoigne de sa véritable nature : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu » (Ephésiens 2:8 BDS). La foi est le moyen qui permet de connaître la vérité, la grâce de Dieu, qui est en Christ, et démontre si ce que nous croyons est bien la vérité (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité).

C’est seulement par le moyen de la foi, qui donne accès à la grâce, que nous pouvons expérimenter la vie que Dieu donne. Sans le moyen de la foi, sans croire et agir en conséquence de la grâce de Dieu, notre compréhension se trouve limitée, l’intelligence est obscurcie. Dans sa lettre aux Ephésiens, en parlant des païens qui suivent leurs pensées vides de sens (ce qui peut aussi être le cas pour des croyants…), Paul dit: « Ils ont, en effet, l’intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie que Dieu donne, à cause de l’ignorance qui est en eux et qui provient de l’endurcissement de leur cœur » (Ephésiens 4:18 BDS).

Ignorance 2Ainsi, Paul nous dit même que l’ignorance provient de l’endurcissement du cœur, et que cette ignorance est la cause d’être étranger à la vie que Dieu donne. Christ est le modèle de la vie que Dieu donne. Mais un cœur endurci a de la difficulté à vouloir connaître véritablement Dieu. Il aura tendance à un fonctionnement religieux, dépourvu d’amour. Généralement, un tel cœur est au minimum partiellement imperméable à Dieu et ne vit pas dans la confiance en Dieu. Mais Dieu connaît ce problème du cœur de l’homme. C’est par la Bonne Nouvelle de sa grâce, démontrée en Jésus-Christ, qu’il amène un cœur endurci à devenir réceptif. Et ce message de la faveur de Dieu, imméritée et « imméritable », fait naître la foi qui, alors, donne accès à tout ce que contient la grâce de Dieu. C’est la grâce qui produit la vie que Dieu donne par son Esprit, généreusement dans son immense amour (voir aussi Le coeur est affermi par la grâce). « Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ » (1 Timothée 1:14 BDS). Ainsi, ce n’est que par le moyen de la foi que l’on accède à la connaissance de Dieu.

* Par exemple, Paul avait donné son accord et était présent lors de la lapidation d’Étienne (cf. Actes 7 et 8).

Le doute: conséquence d’un coeur partagé

« Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche. Il faut cependant qu’il la demande avec foi, sans douter, car celui qui doute ressemble aux vagues de la mer agitées et soulevées par le vent. Qu’un tel homme ne s’imagine pas obtenir quoi que ce soit du Seigneur. Son cœur est partagé, il est inconstant dans toutes ses entreprises » (Jacques 1:5-8 BDS). Jacques rappelle ici cette réalité de l’amour de Dieu qui donne à celui qui Lui demande:

Dieu donne à tous généreusement et sans faire de reproche!

La condition que Jacques relève dans ce passage pour recevoir quoi que ce soit que nous demandions à Dieu, c’est de demander sans douter. Jacques place ici la foi comme opposée au doute. C’est quelque chose que Jésus appuie aussi lorsqu’il dit à Pierre qui, ayant eu peur à cause du vent qui soufflait fort, avait commencé à s’enfoncer alors qu’il marchait sur l’eau: « Ta foi est bien faible! lui dit-il, pourquoi as-tu douté? » (Matthieu 14:31). Jacques donne d’ailleurs l’image des vagues agitées et soulevées par le vent pour qualifier celui qui doute, un peu comme un certain rappel de l’épisode de Pierre.

Entre 2 chaisesL’inconstance consiste à avoir des variations fréquentes dans ses opinions, ses sentiments, ses résolutions et, en particulier, à manquer de fidélité dans ses attachements. Aussi, Jacques lie l’inconstance à un cœur partagé. Et ce passage nous permet de savoir que:

le doute est la conséquence d’un cœur partagé!

En réalité, le cœur se trouve être partagé concernant Dieu, lorsque la connaissance de Dieu est insuffisante, incorrecte ou qu’il y a incrédulité face à la vérité que Christ a enseignée et démontrée. En vérité, le doute vient de l’ignorance des caractéristiques de l’amour de Dieu. Jean nous dit que « Dieu est amour: celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » (1 Jean 4:16b BDS). C’est une mauvaise connaissance de l’amour de Dieu qui engendre un cœur partagé. D’ailleurs, Jean décrit l’attachement aux choses du monde, par opposition aux choses de Dieu, comme une conséquence de ne pas être rempli de l’amour que Dieu a pour nous: « N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2:15 S21). Mais Jean, qui était rempli de l’amour du Père parce qu’il en faisait l’expérience par le moyen de la foi en Christ, s’exprime ainsi: « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru » (1 Jean 4:16a BDS) et « Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier » (1 Jean 4:19 BDS).

La solution à un cœur partagé se trouve en s’approchant de Dieu et en regardant à Son amour, par la vérité que Christ a démontrée à propos du Père, par son enseignement et par toute sa vie, jusqu’à inclure sa mort et sa résurrection. C’est par la grâce de Dieu que Jésus-Christ a démontrée que les hommes en viennent à oser se tourner vers Dieu sans crainte (voir 1 Jean 4:18). Jacques souligne que la conséquence du fait de s’approcher de Dieu est qu’il s’approche de nous. Car l’amour propose, il ne s’impose pas. Dieu est amour. « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez votre cœur, vous qui avez le cœur partagé » (Jacques 4:8 BDS). (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce et L’amour fait grandir dans la foi). En vérité, c’est Dieu Lui-même qui purifie le cœur partagé (voir Philippiens 2:13), et il le fait au moyen de la foi dans la vérité qui est en Christ. Pierre, qui l’a expérimenté lui-même et qui l’a aussi observé chez ceux qui n’étaient pas Juifs, l’a exprimé en disant: « Entre eux et nous, il (Dieu) n’a fait aucune différence puisque c’est par la foi qu’il a purifié leur cœur » (Actes 15:9 BDS). Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, et c’est par le moyen de la foi en Lui que Dieu purifie le cœur.

En ayant connaissance et en croyant à la vérité de la grâce de Dieu, telle que Christ l’a enseignée et démontrée par sa vie, le cœur se trouve transformé et devient entier pour Dieu, car en vérité son amour est irrésistible. Dieu est amour et l’amour ne fait aucun reproche à celui qui demande. L’amour ne repousse pas celui qui vient à Lui (voir Jean 6:37). L’amour donne à celui qui demande conformément à l’amour. Alors, immergé dans l’amour et le non rejet de la part de Dieu, le doute disparaît pour faire place à la foi et à l’amour que Dieu dépose dans nos cœurs. Paul, qui avait été un meurtrier avant que son cœur soit purifié par le moyen de la foi, a exprimé cette réalité de la confiance en Dieu, la foi, qui découlent de l’expérience de la grâce de Dieu : »Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ » (1 Timothée 1:14 BDS).