La mort et la vie: au pouvoir de la langue – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

L’apôtre Jacques qui écrit à une église avec apparemment un bon nombre de croyants qui sont au stade d’enfant dans leur union avec le Christ, va souligner la puissance des paroles dans le sens du bien comme dans le sens du mal: De la même bouche sortent bénédiction et malédiction. Mes frères, il ne faut pas qu’il en soit ainsi” (Jacques 3:10 BDS). Jacques dit même que les paroles donnent une indication de maturité dans l’union avec le Christ:Celui qui ne commet jamais de faute dans ses paroles est un homme parvenu à l’état d’adulte, capable de maîtriser aussi son corps tout entier” (Jacques 3:2 BDS). 

Mortetvie6De même, Paul invite les Ephésiens à prendre soin de leurs paroles, notamment envers les autres:Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent. N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu car, par cet Esprit, Dieu vous a marqués de son sceau comme sa propriété pour le jour de la délivrance finale” (Ephésiens 4:29-30 BDS). Paul laisse même comprendre ici que ce sont nos paroles qui ont le potentiel d’attrister le Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu est l’Esprit de vérité, la vérité est la Parole de Dieu, et c’est Jésus qui est la vérité, la Parole de Dieu faite homme. Jésus n’a dit que la vérité, la vérité se trouve en Christ, elle l’habitait. Il a démontré ce que la vérité dit et aussi, ce qu’elle ne dit pas mais que les hommes ont prétendu que Dieu dit… Il a démontré ce que la vérité fait et aussi, ce qu’elle ne fait pas mais que les hommes ont prétendu que Dieu fait… Des paroles blessantes dans leurs intentions et dépourvues de bonté sont à l’opposé de la vérité. Elles sont à l’opposé de la valeur des hommes aux yeux de Dieu. Elle sont à l’opposé de son amour qui l’a amené jusqu’à donner sa vie pour nous alors que nous étions encore des pécheurs (cf. Romains 5:7-8), c’est-à-dire hostiles à Dieu et commettant le mal. Des paroles qui ramènent la vérité qui est en Christ au sujet des hommes et de leur valeur véritable que Dieu a démontrée en Christ jusqu’à la croix, ces paroles aident à grandir dans la foi. Ces paroles aide à grandir dans la confiance en Dieu, à cause de son amour et de sa bonté véritable démontrée par l’enseignement et la vie de Christ. Ce sont des paroles qui parlent de l’amour de Dieu et de la réalité de sa grâce qui amènent le changement du cœur (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Ces paroles sont la vérité qui rend libre. Ces paroles sont la vérité qui délivre du péché en tant que force agissante dans la nature de l’homme, et le délivre de l’œuvre du mal dans sa vie et à travers sa vie. Ceci se passe pour celui qui croit ces paroles conformes à la vérité qui est en Christ. Jésus a dit lui-même à ses disciples : “Vous aussi, vous avez déjà été purifiés grâce à l’enseignement que je vous ai donné (Jean 15:3 BDS). C’est aussi pourquoi, Paul dit aux Colossiens:Que votre parole soit toujours empreinte de la grâce de Dieu et pleine de saveur pour savoir comment répondre avec à-propos à chacun” (Colossiens 4:6 BDS). Il s’agit de démontrer la bonté de Dieu, mais:

On ne peut démontrer la bonté de Dieu aux autres, seulement à la mesure de notre propre révélation et expérience personnelle de sa bonté.

La confiance en Dieu vient de la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ. C’est cette connaissance, si elle est correcte, qui amène une connaissance intime de l’amour de Dieu. La connaissance correcte nous est donnée à travers Jésus-Christ qui est la vérité (cf. Jean 14:6). Et “la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ (Romains 10:17 BDS). La parole du Christ est la parole véritable conforme à la vérité au sujet de Dieu, au sujet des hommes et des réalités de ce monde visible (terrestre) qui est régi par des réalités invisibles (célestes). La foi, cette confiance en Dieu, vient donc des paroles que l’on entend, pour autant que ces paroles soient la vérité, c’est-à-dire qu’elles s’appuient sur la parole du Christ. Car cette parole du Christ, la parole de vérité au sujet de Dieu et des hommes, n’avait pas été dites avant Jésus. La parole dite avant lui par les hommes au nom de Dieu, était mélangée avec une pensée toute humaine. Jésus a été clair en disant: “Tous ceux qui sont venus avant moi étaient des voleurs (kleptes qui signifie celui qui détourne, nom utilisé pour les faux enseignants qui n’ont pas soin d’instruire mais abusent de la confiance pour leur propre gain) et des brigands. Mais les brebis (ses disciples) ne les ont pas écoutés” (cf. Jean 10:8 BDS). Il s’agit donc de croire ce que Christ a révélé concernant Dieu, mais que le monde, y compris les plus grands hommes de Dieu, n’avait pas compris avant sa venue. Ils ne le comprenaient pas, à cause d’une pensée modelée par le monde visible qui reflète l’œuvre du mal. Aujourd’hui encore, nombreux sont les croyants qui voient leur cœur rempli de doutes. En général, ces doutes proviennent du message qu’ils ont entendu, qu’ils continuent d’entendre autour d’eux, et qu’ils croient et continuent de croire. Le message qu’ils entendent et croient ne suscite pas la foi. C’est un message souvent mélangé et qui s’appuie en partie sur ce qu’on dit les hommes de l’Ancien Testament, au lieu de s’appuyer pleinement sur la parole du Christ. Christ est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10:9-11). Nombreux sont les croyants qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent dans l’Ancien Testament et ne discernent pas les pensées toutes humaines mélangées à la pensée de Dieu. Alors qu’il venait d’aborder le retour du Seigneur et l’importance d’être pur et sans reproche devant Dieu, et d’être dans la paix qu’il donne, Pierre avait déjà fait le constat suivant: “Comprenez bien que la patience du Seigneur est le salut des hommes. Paul, notre frère bien-aimé, vous l’a aussi écrit avec la sagesse que Dieu lui a donnée. Il l’a fait comme dans toutes ses lettres, où il aborde ces sujets. Certes, il s’y trouve des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies déforment le sens, comme elles le font aussi – pour leur propre ruine – des autres textes de l’Écriture” (2 Pierre 3:15-16 BDS).

Mortetvie7Ainsi, l’esprit de ces croyants est dans la confusion à cause de leur incompréhension de l’Ancien Testament, parce qu’ils ne le lisent pas avec les lunettes de la vérité que Christ a révélée (voir aussi 2 Corinthiens 3:14). Ils n’arrivent pas à discerner, ni même à croire que certaines perspectives étaient tordues par une manière de penser tout humaine, qui attribue à Dieu le mal et place dans sa bouche des paroles de malédiction contre les hommes. De tels croyants restent dans l’ignorance parce qu’ils n’ont pas la foi, et ils n’ont pas la foi parce que le message qu’ils entendent et croient n’est pas celui de la grâce démontrée en Christ (cf. 1 Timothée 1:13-14). Pourtant Jésus a démontré la vérité concernant Dieu. Il a démontré que Dieu n’est pas un voleur qui vient pour voler, pour tuer et pour détruire (cf. Jean 10:10), mais que Dieu donne la vie, il délivre, libère, restaure, guérit, rétablit. En résumé: Dieu sauve (Yeshua). L’apôtre Jean dit que Jésus leur a clairement dit qu’il n’y a aucune trace de ténèbres en Dieu (cf. 1 Jean 1:5). L’idée du mal n’est même pas en Dieu. L’Amour ne conçoit pas le mal et il n’en tient pas compte (cf. 1 Corinthiens 13:5). Ce n’est pas pour rien que lorsque Jésus s’entretient avec Elie (représentant des prophètes) et Moïse (représentant de la loi de Moïse avec ses prescriptions données en marge du décalogue), le Père fait entendre sa voix à Pierre, Jacques et Jean qui sont présents et leur dit: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qui fait toute ma joie. Ecoutez-le!” (Matthieu 17:5 BDS, Marc 9:7, Luc 9:35). Contrairement à tout homme de Dieu avant lui, il n’y avait aucun mensonge en Christ, rien de corrompu dans sa nature. Sa manière de penser était totalement conforme à Dieu. Toutes ses paroles correspondaient à l’intention de Dieu, et il n’a fait que les œuvres du Père. C’est pourquoi c’est Jésus que le Père souhaite que nous écoutions attentivement. Il a enseigné et démontré une image totalement correcte de Dieu. C’est à travers Christ que la vérité qu’il a révélée met en lumière les mensonges de l’ennemi au sujet de Dieu. Lorsque la vérité est rétablie au sujet de Dieu, la confiance en Lui est présente, car Dieu est amour et il n’y a pas de mal en lui.

La confiance en Dieu est à la mesure de la connaissance de la vérité à son sujet.

Au début de sa lettre, Jacques souligne déjà la réalité de la grâce de Dieu et comment on y accède: “Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera, car il donne à tous généreusement et sans faire de reproche. Il faut cependant qu’il la demande avec foi, sans douter, car celui qui doute ressemble aux vagues de la mer agitées et soulevées par le vent. Qu’un tel homme ne s’imagine pas obtenir quoi que ce soit du Seigneur. Son cœur est partagé, il est inconstant dans toutes ses entreprises” (Jacques 1:5-8 BDS). Jacques est très clair sur le fait que le doute, l’absence de foi, est l’obstacle qui empêche de recevoir ce qu’on demande (voir aussi Le doute: conséquence d’un cœur partagé). Il est important de relever que Dieu donne à tous sans faire de reproche ! Jacques souligne ici que la problématique du fait de ne pas recevoir est du côté du demandeur et non du côté de la volonté de Dieu (voir aussi Jacques 3:1-4). C’est rempli d’amour pour les hommes que la préoccupation principale de Jésus, en pensant à son retour, c’est: “Alors, pouvez-vous supposer que Dieu ne défendra pas le droit de ceux qu’il a choisis et qui crient à lui jour et nuit, et qu’il tardera à leur venir en aide? Moi je vous dis qu’il défendra leur droit promptement. Seulement, lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre?” (Luc 18:7-8 BDS). Jésus laisse aussi comprendre que le fait de voir Dieu tarder à agir, ne vient pas de la volonté de Dieu qui, de plus, agit promptement, mais le problème est au niveau de l’absence de foi… A noter: Il est important d’entendre ces choses sans recevoir de la culpabilité, mais dans une perspective de chercher à connaître la vérité qui donne accès à toute la plénitude qui vient de Dieu et qui se trouve en Christ (cf. Colossiens 2:10, 2:3). Car cette plénitude ne peut être vécue uniquement par le moyen de la foi et pas autrement. L’incrédulité des hommes est malheureusement ce qui les maintient sous le pouvoir du dominateur de ce monde, alors qu’il est déjà condamné (cf. Jean 16:11) et que Christ a désarmé toute Autorité et tout Pouvoir à la croix (cf. Colossiens 2:13-15). A noter, Paul illustre cette réalité, en disant que l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements a été annulé à la croix. Paul le verbalise ainsi parce qu’il regarde les choses avec les lunettes des prescriptions de Moïse. En vérité, c’est l’effacement (pardon) des péchés qui permet la vie et Christ a enseigné et démontré le pardon déjà avant sa mort sur la croix (voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés). Mais le don de sa vie jusqu’à la croix, sans aucune manifestation à l’encontre de ses ennemis, démontre le pardon de Dieu de manière puissante et indéniable.

Mortetvie8Les disciples se sont réjouis de constater que même les démons leur étaient soumis, lorsqu’ils leur donnaient des ordres au nom de Jésus (cf. Luc 10:17). Mais lorsqu’ils n’ont pas réussi à guérir un épileptique, Jésus s’exprime à toutes les personnes présentes et leur dit: “Génération incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? Jusqu’à quand devrai-je vous supporter? Amenez-le-moi ici” (Matthieu 17:17 SG21). Ici aussi, il faut entendre ce que Jésus dit avec les caractéristiques de l’amour et avec le sens de ce qu’il dit. Jésus relève ici que cette génération est sans foi (incrédule), c’est-à-dire incroyante et sans confiance en Dieu. Ce n’est pas une dévalorisation de ses auditeurs, mais c’est un cri du cœur de Jésus qui soupire à ce que les hommes croient à ce qu’il leur dit, et qu’il leur démontre concernant Dieu, et concernant son règne et sa justice, afin que les hommes soient délivrés de l’œuvre du diable. Jésus dit que cette génération est pervertie, c’est-à-dire qu’elle a une manière de penser qui est déformée, corrompue, qui ne correspond pas à la pensée de Dieu. Et c’est la raison de l’absence en eux de la foi, et qui est le moyen qui les sauverait. Rempli d’amour, Jésus se demande jusqu’à quand il sera nécessaire qu’il soutienne et aide cette génération là. Car il sait qu’il ne restera pas indéfiniment au milieu d’eux, et que chaque être humain doit se saisir pour lui-même des clés du règne de Dieu. Mais ces clés impliquent le moyen de la foi, car les réalités qui régissent le monde visible se trouvent dans l’invisible. Jésus sait qu’il devra remonter auprès du Père afin d’envoyer le Saint-Esprit, pour que tout homme qui croit puisse faire les mêmes œuvres que lui, c’est-à-dire détruire les œuvres du diable et cette lutte n’est pas contre des hommes (cf. Ephésiens 6:10-18). Jésus n’est pas entrain de reprendre ses disciples comme le ferait un homme excédé, conduit par une nature sans Dieu. Mais le cœur de Jésus souffre de voir les hommes être incrédules et ne pas réussir à se saisir des réalités du règne de Dieu afin qu’ils soient sauvés. Car l’incrédibilité est ce qui les maintient sous le pouvoir du dominateur de ce monde, ce qui les maintient victimes du mal. Dans ce passage, les disciples n’ont pas compris la problématique de l’incrédulité. Alors, les disciples prirent Jésus à part et le questionnèrent: Pourquoi n’avons-nous pas réussi, nous, à chasser ce démon? Parce que vous n’avez que peu de foi, leur répondit-il (Jésus). Vraiment, je vous l’assure, si vous aviez de la foi, même si elle n’était pas plus grosse qu’une graine de moutarde, vous pourriez commander à cette montagne: Déplace-toi d’ici jusque là-bas, et elle le ferait. Rien ne vous serait impossible” (Matthieu 17:20 BDS). Jésus dit que même un peu de foi est suffisant. Les disciples n’avaient donc même pas eu ce peu de foi en face de l’épileptique. Jésus parle de cette même clé: croire que ce qu’on dit va se réaliser. Jésus a réussi à chasser le démon par le moyen de la foi, mais les disciples n’y sont pas parvenus. La volonté de Dieu c’est de guérir et de libérer, mais les disciples eux n’ont pas réussi cette fois-ci… On peut imaginer que les disciples ont ordonné les mêmes paroles qu’ils avaient déjà utilisées précédemment pour chasser les démons. Ils ont certainement “fait” comme les autres fois. Mais les circonstances étaient un peu différentes. Précédemment Jésus les avaient envoyé guérir les malades et chasser les démons (cf. Matthieu 10), alors que cette fois-ci quelqu’un était venu vers eux en l’absence de Jésus. Ont-ils douté que l’autorité que Jésus leur avait donnée soit toujours valable? Le texte ne nous permet pas de le savoir. Mais il est probable que le cas de l’épileptique devait être plus impressionnant à leurs yeux que ce qu’ils avaient rencontré, semant ainsi le doute dans leur cœur en sorte que leurs paroles n’ont pas eu d’effet. Il y a même de fortes chances pour qu’ils s’y soient pris à plusieurs reprises, s’essayant les uns et les autres. Mais le résultat n’étant pas là, le doute a probablement augmenté même aux fils des essais infructueux des uns et des autres… Dans le récit transmis par Marc (voir Marc 9:14-29), on voit que les disciples étaient en discussion aussi avec la foule et les spécialistes de la loi. Il est aussi probable que cette foule et les spécialistes de la loi n’encourageaient pas les disciples à la foi, mais contribuaient au doute en eux. Même si ce sont là des suppositions, ce qui est clair c’est que le doute semble avoir été général auprès des disciples, car aucun d’eux n’a réussi à guérir l’épileptique, alors que “Jésus menaça le démon, qui sortit de l’enfant, et celui-ci fut guéri à partir de ce moment-là” (Matthieu 17:18 SG21). Jésus a clairement démontré ici que la volonté de Dieu est de guérir, mais les disciples eux n’ont pas réussi à le faire cette fois-ci… Le problème n’était pas au niveau de la volonté de Dieu: “Car il veut que tous les hommes soient sauvés (délivrés, libérés, restaurés, rétablis, guéris, bénis) et parviennent à la connaissance de la vérité” (1 Timothée 2:4 BDS). Le problème était au niveau de l’absence de foi des disciples…

A suivre…

La crainte: méconnaissance de l’amour de Dieu

Dans sa première lettre, Jean utilise l’amour comme critère principal pour déceler les hérésies dans ce que les gens croient, et il le résume ainsi: “Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour” (1 Jean 4:8 BDS).

15245259235_91609b1fda_kL’amour est la caractéristique fondamentale de Dieu. L’amour est la nature même de Dieu. Une connaissance correcte et précise de qui est Dieu et des choses de Dieu produit un amour similaire à celui de Dieu chez le croyant, à l’image de Christ. C’est ce même amour qui animait Jésus et qui animent ceux dont la connaissance de Dieu est correcte, et qui vivent dans l’union avec le Christ. On parle d’un amour dont les caractéristiques sont listées en 1 Corinthiens 13. C’est cet amour qui est perceptible dans les lettres de Paul, parce que cet amour l’animait, de même pour Jean et les disciples de Jésus depuis la pentecôte jusqu’à aujourd’hui, pour ceux qui laissent le Saint-Esprit diriger leur vie (cf. Galates 5:16-17). Voici ce que Jean dit encore: “Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier” (1 Jean 4:16-19 LSG).

Lorsque Jésus parle à ses disciples de l’importance de demeurer en lui, car sans lui ils ne peuvent rien faire (cf. Jean 15:4-5), il précise en quoi consiste la notion de demeurer en lui: “Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 BDS).

En réalité, celui qui vit avec de la crainte et des peurs, que ce soit face aux circonstances ou dans ses relations avec les autres, démontre une méconnaissance de l’immensité de l’amour de Dieu pour lui. C’est ce que Jean laisse entendre. Les peurs dénotent d’un manque de connaissance et d’établissement dans l’amour de Dieu, ce sur quoi Jésus insiste dans Jean 15. Celui qui a une connaissance correcte de l’amour de Dieu, révélé en la personne de Jésus-Christ, et qui demeure enraciné dans cet amour, vit sans crainte. Parce que le fait est que dans la vie de Jésus jusqu’à sa mort à la croix, Dieu a montré cette réalité que souligne Paul aux Romains : “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? Lui qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnerait-il pas aussi tout avec lui? Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous” (Romains 8:31-34 BDS). En Christ, Dieu a dit “oui” à tout ce qu’il a promis (cf. 2 Corinthiens 1:20) et de plus, les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). Attention toutefois à la notion transmise par Paul ici avec l’idée de “Lui (le Père) qui n’a même pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous…“, car elle véhicule l’idée d’un Père meurtrier indirect de son propre Fils. Une telle idée est contraire à la vérité qui est en Christ : “En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père” (Jean 10:18 BDS). Paul n’avait visiblement pas connaissance de ces paroles de Jésus.

Crainte 2Celui qui est établi dans la vérité que Christ a révélée au sujet de l’amour du Père, et qui vit dans le don de la justification qui provient de la foi, est alors plein d’assurance devant Dieu et devant les hommes. D’autant plus qu’il peut avoir, par le moyen de la foi, l’assurance de toutes les promesses de Dieu. La justification donnée par Dieu à travers le moyen de la foi, suffit à faire disparaître toute crainte (cf. Psaume 56:4-5, Psaume 118:6, Romains 8:36-37). Concernant l’amour de Dieu, Jean sous-entend clairement que ce n’est pas seulement une question d’avoir entendu parlé du fait que l’amour de Dieu est immense et inconditionnel, encore faut-il le croire et agir en fonction de cette réalité. Le doute concernant l’amour de Dieu est souvent le résultat du fait de regarder aux circonstances et au monde actuel pour évaluer son amour (voir aussi Le doute: conséquence d’un coeur partagé). L’observation du monde vivant sans l’Éternel et sans le moyen de la foi, et qui se trouve alors sous le pouvoir de l’autorité du mal, ne reflète évidemment pas cet amour, ni le règne de Dieu, bien que ce règne et cet amour soient véritables et bien réels. Même observer ceux qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, peut s’avérer trompeur concernant les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses. Car tous ceux qui ignorent en grande partie la vérité, ou ne s’en saisissent pas par le moyen de la foi, surtout en ce qui concernent le don de la justification/droiture, restent souvent sous la malédiction de la Loi (cf. Deutéronome 28:15-69) par leur désobéissance à la foi. Les observer sans connaître la vérité, peut laisser croire faussement que le problème est du côté de Dieu et de sa volonté, et leurs discours présentent en général le royaume de Dieu essentiellement comme quelque chose de futur, parce que son règne ne fait pas partie de leur expérience. Souvent, les croyants demeurent des “enfants dans la foi” qui ne touchent pas à l’héritage, qui pourtant leur appartient. Ils vivent sans qu’il y ait de différence avec ceux qui ne connaissent pas Dieu (cf. Galates 4:1-5). Et ils sont étrangers à la vie que Dieu donne véritablement (cf. Ephésiens 4:18, voir aussi L’ignorance liée à l’absence de foi). Ainsi, ils ne vivent pas pleinement sous la bénédiction (cf. Deutéronome 28:1-14) promise à l’obéissance à ce que Dieu a dit en Jésus-Christ. Car en Christ, Dieu a mis fin aux prescriptions de Moïse et à la malédiction qu’elles faisaient porter. En Christ, Dieu a scellé une alliance nouvelle (cf. Marc 14:24, Hébreux 9Galates 3:10, 13, voir aussi Dossier: Le point sur le pardon des péchés et Dossier: Le point sur la repentance). Il n’y a pas de culpabilité à avoir pour ceux qui se retrouveraient dans les caractéristiques d’un “enfant dans la foi“, même après de nombreuses années à cheminer avec Dieu. D’autant plus que, bien souvent, c’est le résultat de l’ignorance et/ou de croyances erronées (ce qui s’associe à de l’ignorance) véhiculées par d’autres croyants qui enseignent les autres, mais qui ont eux-mêmes une mauvaise connaissance de la vérité, parce qu’ils ont eux-mêmes reçu ces mêmes enseignements qui tendent ainsi à se perpétuer… Toutefois, chacun rendra compte à Dieu pour lui-même (cf. Romains 14:12), d’où l’importance vitale pour chaque individu de chercher à connaître Dieu et la vérité à son sujet, en examinant les Écritures à la lumière de la vérité qui est en Christ, et vérifier les enseignements reçus (cf. Actes 17:11). Il s’agit donc de remplacer, par la vérité, les mensonges qui étaient crus précédemment.

En vérité, c’est l’œuvre de la vie de Christ, son enseignement et toute sa vie jusqu’à sa mort et sa résurrection, qui nous révèle l’ampleur de l’amour de Dieu (cf. Romains 5:7-8). Et cet amour de Dieu n’est pas seulement théorique, c’est un amour très concret qui se manifeste pratiquement et puissamment (cf. 1 Corinthiens 4:20). C’est un amour qui donne. La difficulté, pour de nombreuses personnes, c’est que tout ce qui est compris dans ce que Dieu donne par amour, c’est-à-dire par grâce (faveur imméritée et “imméritable”), s’obtient uniquement par le moyen de la foi (cf. Ephésiens 2:8), croire et agir en conséquence.

Tout ce que Dieu donne se manifeste uniquement par la grâce et au moyen de la foi.

Crainte 3Il s’agit de croire dans le cœur et de se saisir activement de cet amour de Dieu et de toutes les promesses qui y sont rattachées. L’expérience de ce que Dieu donne par grâce, et qui est à saisir par le moyen de la foi, aura pour conséquence la confiance en Dieu, l’assurance de son amour et de ses promesses. Car tout ce que Dieu donne et qui était précédemment invisible, est alors rendu visible et concret au moyen de la foi (cf. Hébreux 11:1) dans la vie du croyant. C’est cette expérience qui avait déjà amené Paul à dire: “Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ” (1 Timothée 1:14 BDS). Jean avait également fait ce constat: “Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre” (Jean 1:16 BDS). Mais bien avant cela, David avait aussi déjà expérimenté cette réalité de l’amour concret de Dieu, qui l’a poussé à proclamer cette invitation : “Goûtez et constatez que l’Éternel est bon! Oui, heureux l’homme qui trouve son refuge en lui” (Psaume 34:9 BDS). David avait confiance en l’Éternel et cette confiance l’avait même épargné de certaines malédictions de la loi de Moïse (voir Marc 2:25-26).

Cette réalité très concrète de l’amour de Dieu, lorsqu’on y goûte et le constate, fait disparaître non seulement le doute quant aux promesses de Dieu et son amour inconditionnel, mais elle fait aussi disparaître la crainte dans le cœur de celui qui vit par le moyen de la foi. Il expérimente continuellement les réalités du règne de Dieu et la validité de ses promesses, auxquelles Dieu est fidèle. La paix parfaite l’habite, cette paix qui vient de Dieu et qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir. Son cœur et ses pensées sont sous la protection de Jésus-Christ (cf. Philippiens 4:6-7). La difficulté pour beaucoup de croyants, c’est que cette expérience concrète de l’amour de Dieu ne peut pas se faire sans le moyen de la foi, et donc ne peut pas se faire sans connaître la Parole de Dieu: Jésus-Christ. La raison est la suivante:

Ce que Dieu dit est la base sur laquelle la foi s’appuie !

Si cette base est erronée, c’est-à-dire que ce qui est cru n’est pas ce que Dieu dit véritablement, même la plus grande “foi” possible ne produira rien de ce que la vérité produit.  Et, la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ (Romains 10:17 BDS). Il est donc essentiel de filtrer toutes paroles par la parole du Christ. L’expérience de l’immense bonté de Dieu ne peut pas avoir lieu sans croire dans son cœur et se saisir activement de ce que Dieu a dit et promis. Se saisir activement de ce que Dieu a dit consiste à ne pas se laisser tromper par les circonstances et ce que les seules réalités du monde actuel et des personnes semblent dire. Mais cela consiste à placer toute la confiance dans la vérité qui est révélée en la personne du Christ et dans les promesses de Dieu pour celui qui croit. Cela signifie donc : être cohérent dans les actions avec les promesses de Dieu. C’est-à-dire avoir des actes, des pensées et des paroles qui sont cohérentes avec le fait de croire dans les promesses de Dieu, et de compter sur la réalisation de ces promesses. Et de constater la même réalité qu’Esaïe : “A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures une paix parfaite, parce qu’il se confie en toi” (Esaïe 26:3 BDS).

Toutes les réalités de Dieu puisent leur source dans son amour. Ainsi, lorsque la crainte est encore présente, cela devrait être pris comme un signal qui révèle le besoin de se repositionner dans l’amour de Dieu, et/ou le besoin d’une plus grande révélation de l’amour de Dieu. Mais cette révélation et ce positionnement aussi nécessitent le moyen de la foi, il s’agit de la foi en Christ. Car pour connaître l’amour du Père, il est nécessaire de regarder à Christ, à ses paroles et ses actes conformes au Père. En effet, Jésus a dit: Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour (Jean 15:9 BDS)

La tradition : annulation de la Parole de Dieu – 1ère Partie

Tradition 1Dans l’un des nombreux échanges entre Jésus et les pharisiens et les spécialistes de la Loi, Marc nous relate celui-ci: “Les pharisiens et les spécialistes de la Loi demandèrent donc à Jésus: Pourquoi tes disciples ne se conforment-ils pas à la tradition de nos ancêtres? Pourquoi prennent-ils leur repas avec des mains impures? Hypocrites, leur répondit-il, Esaïe vous a fort bien dépeints dans sa prophétie où il est écrit: Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur, car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes. Vous mettez de côté le commandement de Dieu, pour observer la tradition des hommes ! Puis il ajouta: Ah! vous réussissez parfaitement à mettre de côté le commandement de Dieu pour établir votre propre tradition! En effet, Moïse a dit: Honore ton père et ta mère et que celui qui maudit son père ou sa mère soit puni de mort. Mais vous, que dites-vous? Si un homme dit à son père ou à sa mère: «La part de mes biens avec laquelle j’aurais pu t’assister est corban (c’est-à-dire offrande à Dieu)», alors vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou sa mère. Voilà comment vous annulez la Parole de Dieu par votre tradition, celle que vous vous transmettez. Et vous faites bien d’autres choses du même genre” (Marc 7:5-13 – BDS).

Tout au long des évangiles, on observe que ce qui préoccupe systématiquement les pharisiens et les spécialistes de la Loi, ce sont les règles auxquelles ils sont attachées, les traditions qu’ils ont reçues de leurs ancêtres et qui trouvent une place importante dans leur culte. Ils semblent sans cesse excédés et condamnent volontiers ceux qui ne suivent pas leurs traditions et n’agissent pas comme eux. A la lueur de ce que Jésus souligne, il semble qu’ils ne comprennent ni le sens des commandements de Dieu ni son intention. Jésus souligne clairement ici que ceux-là même qui pointent la désobéissance des autres aux règles de la tradition, n’obéissent pas eux-mêmes aux commandements. C’est ce que Jésus qualifie d’hypocrisie. Jésus défini indirectement dans ce passage que:

L’hypocrisie c’est juger les autres par rapport à la loi de Dieu sans l’accomplir totalement soi-même.

Tradition 3Certainement que les pharisiens et les spécialistes de la Loi prenaient soin de ne jamais prendre de repas avec des mains “impures”. C’est la raison pour laquelle ils se permettent de soulever le manquement des disciples de Jésus envers cette règle-là. Mais il est nécessaire de relever que cette règle est une tradition toute humaine et non un commandement de Dieu. Une caractéristique de celui qui vit sous le régime de la Loi est celle de souligner systématiquement les fautes des autres, celles que lui-même ne commet pas ou dont il n’a pas conscience. C’est un fonctionnement qui relève de l’auto-justification et non de la justification par la foi. Jésus parle de cette tendance à pointer les fautes des autres lorsqu’il dit: “Pourquoi vois-tu les grains de sciure dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien? Comment oses-tu dire à ton frère: «Laisse-moi enlever cette sciure de ton œil, alors qu’il y a une poutre dans le tien»? Hypocrite! Commence donc par retirer la poutre de ton œil, alors tu y verras assez clair pour ôter la sciure de l’œil de ton frère” (Matthieu 7:3-5 – BDS, Luc 6:41-42).

Les pharisiens et les spécialistes de la Loi arrivaient sans difficulté à suivre ce qui touche à la religiosité, aux règles et au rituels, et ils définissaient leur justification en fonction de ces choses, mais ils manquaient aux paroles qui concernent le fait d’aimer Dieu et son prochain: le décalogue. Ils modelaient le décalogue à leur convenance et en détournaient le sens et l’intention de Dieu. Dans le commandement que Jésus souligne en Marc 7, on voit que les pharisiens et les spécialistes de la Loi ont adapté le commandement de Moïse pour le tourner dans un prétendu acte d’amour pour Dieu, une offrande pour lui, alors que le commandement d’honorer son père et sa mère donné dans le décalogue consiste à leur témoigner de l’amour, dont le soutien en fait partie. Une autre caractéristique de celui qui vit sous le régime de la Loi, c’est de faire des choses pour Dieu au lieu de faire les choses en Christ et par Christ par le moyen de la foi. Il fera des choses pour Dieu croyant que faire des choses pour Dieu est ce qui lui plaît, même si ce qu’il fait est motivé par une auto-justification (dont il n’a pas forcément conscience), au lieu d’être motivé par un amour véritable pour Dieu et pour son prochain. Mais Jésus nous a révélé le Père qui n’a pas changé, et il nous dit: “Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup” (Matthieu 20:28 – BDS). “Voilà pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ a dit: Tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande: tu m’as formé un corps” (Hébreux 10:5 – BDS). Les sacrifices que l’homme peut faire ne transforment pas son cœur, ils ne produisent aucun changement en lui. C’est la confiance en Dieu, la vérité de la grâce de Dieu qui est en Jésus-Christ qui produit le changement (voir aussi Le coeur est affermi par la grâce), notamment par l’amour que Dieu déverse dans le cœur par son Esprit (cf. Romains 5:5). Jésus dit qu’il y a encore bien d’autres choses, du même genre que détourner le commandement évoqué, qui sont faites et il termine en disant que c’est de cette manière que:

par les traditions tout humaines, la Parole de Dieu est annulée!

Tradition 4Il y a de nombreuses choses qui continuent d’être transmises aujourd’hui et qui sont issues de la tradition et qui s’oppose à la vérité qui est en Christ et que l’on trouve dans les Ecritures. La tradition c’est l’ensemble des manières d’agir ou de penser qui sont transmises à l’intérieur d’un groupe de personnes. Toutes les manières d’agir et de penser devraient impérativement être confrontées à ce que Celui qui est la Parole de Dieu (c’est-à-dire Christ) dit véritablement, et non à ce que les gens prétendent, par tradition, être la Parole de Dieu. Sans une préoccupation et une recherche sincère et sérieuse de la Vérité qui est en Christ, c’est la tradition tout humaine qui devient alors la prétendue vérité, parce qu’elle est là depuis des générations et que la majorité agit et pense ainsi. Bien que de nombreuses traditions s’appuient sur des choses écrites dans la Bible, ce n’est pas le garant que ces traditions soient la Vérité conforme à Dieu, Christ, parce qu’elles peuvent être le résultat de mauvaises interprétations et une mauvaise compréhension de l’Evangile (voir aussi Approche théologique). Lorsque la tradition n’est pas en ligne avec la Vérité qui est en Christ, elle annule la Parole de Dieu. Ainsi, on verra de nombreux croyants agir et penser d’une manière qui ne correspond pas à la Vérité qui est en Christ, malgré qu’ils confessent Jésus-Christ comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts. Mais ils restent attachés à leurs croyances parce que c’est leur tradition, ils ont reçu cela des générations précédentes, par des croyants qui sont leurs ainés, et ils s’y accrochent parce que la majorité des croyants autour d’eux agissent et pensent pareil. Ceci tend à les rassurer dans ce qu’ils croient, même si cela s’oppose à Christ et à la vérité qui est en Lui. La Parole de Dieu est ainsi annulée dans leur vie, à cause de la tradition. Cela veut dire que la Parole de Dieu ne produit pas son fruit. C’est au fruit qu’on observe la conséquence de la tradition tout humaine. On peut observer un zèle ardent pour Dieu mais sans discernement. L’amour pour les gens (et pas seulement envers ceux qui sont aimables, mais par exemple l’amour envers les “gens de mauvaise vie”) et les réalités du royaume de Dieu sont en grande partie absents de leur vie. La tradition tout humaine ne produit pas ces réalités, car c’est la Vérité qui y donne accès.

Face à l’absence du fruit que seule la Vérité produit, il n’y a pas de condamnation de la part de Dieu mais une indication précieuse au sujet de ce qui est cru. Il est important de comprendre alors que ce qui est cru être la Vérité est en réalité de la tradition tout humaine qui n’est pas la Parole de Dieu. La tradition peut être un obstacle sérieux à la Vérité lorsque la foi est placée dans la tradition, croyant fermement que celle-ci est la Vérité puisque tout un groupe de personnes agi et pense de même et, de plus, cela fait des générations qu’il en est ainsi. Le croyant peut alors être dans la crainte de s’éloigner de la prétendue vérité s’il commence à s’éloigner de la tradition avec une manière d’agir et de penser différente de la majorité qui l’environne. Mais le drame est que cet attachement à la tradition tout humaine est ce qui fait obstacle pour découvrir et recevoir la Vérité, la Parole véritable de Dieu qui est en Christ, et la vie qui en découle.

A suivre

La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Romains 1:7 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur” (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (Galates 1:3 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Ephésiens 1:2 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix” (Philippiens 1:2 BDS).
  • ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix” (Colossiens 1:2 BDS).
  • Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées” (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ” (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix” (1 Timothée 1:2 BDS).
  • salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix” (2 Timothée 1:2 BDS).
  • Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix” (Tite 1:4 BDS).
  • Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix” (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  •  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées” (1 Pierre 1:2 BDS).
  • Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur” (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et “imméritable” (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: “Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée” (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: “Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: “Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde” (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: “Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu” (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par “déclarés justes” est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: “Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité” (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: “Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul” (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: “Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés” (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: “Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus” (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. “Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu” (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: “Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père” (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient” (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit “oui” en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, “agir” par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: “Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits” (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: “La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour” (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par “bonté” signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: “Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi” (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : “A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen!” (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent

Dans sa lettre aux Romains, alors que Paul est entrain de parler de l’incrédulité des Israélites qui a eu pour conséquence leur mise à l’écart, sans pour autant que Dieu les ait rejeté, il souligne ceci: “Considère donc, à la fois, la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité à l’égard de ceux qui sont tombés, bonté à ton égard aussi longtemps que tu t’attaches à cette bonté” (Romains 11:22 BDS). Lorsqu’on entend parler de la sévérité de Dieu, le premier réflexe est souvent de considérer la sévérité comme opposée à l’amour et à la bonté, parce que la manière humaine d’exercer la sévérité en est souvent dépourvue. Mais la sévérité signifie prendre les choses au sérieux et être rigoureux, agir de manière tranchante dans ce qu’on applique. En d’autres termes, cela signifie ne faire aucun compromis. Sévérité 5Paul vient d’expliquer, au début du chapitre, que les œuvres ne peuvent influencer le choix de Dieu qui choisit dans sa grâce, afin que la grâce reste la grâce, une faveur sans mérite (voir aussi: La foi: le seul moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué). Dieu avait “choisi” son peuple sans qu’aucune notion de mérite de leur part ne soit impliquée, et il leur a témoigné sa faveur imméritée, fidèlement à sa promesse faite à Abraham, leur témoignant son amour et sa bonté sans les leur imposer. Lorsque Paul parle de ceux qui sont tombés, il parle de certains du milieu du peuple d’Israël. Ce qu’il décrit comme une chute, ne se situe pas au niveau de leurs manquements à l’égard de la Loi (le décalogue) et de leurs œuvres, mais il s’agit de leur rejet de la grâce de Dieu démontrée en Jésus-Christ. Ce rejet s’est fait en essayant d’être déclarés justes par leurs œuvres et leur obéissance à la Loi et aux prescriptions de Moïse. Ils cherchaient à être déclarés justes en dehors de la grâce de Dieu, c’est-à-dire sans compter sur la bonté de Dieu seule pour être déclarés et rendus justes. La notion de sévérité de Dieu est à comprendre par:

Dieu ne fait aucun compromis avec sa grâce.

La nature de Dieu ne lui permet pas de fonctionner au mérite. Il ne peut faire aucun compromis avec sa propre nature. Ainsi, la grâce doit rester la grâce. La grâce de Dieu est incorruptible. En vérité, la mort est le salaire versé par le péché lui-même, ce n’est pas Dieu qui verse un tel salaire, mais Dieu sauve des pécheurs et leur donne la vie (voir Romains 6:23, Hébreux 2:14). Le péché est par définition une fausse manière de penser qui est contraire à Dieu, contraire à l’amour. La deuxième chose à considérer en même temps que l’intransigeance de Dieu, est la bonté de Dieu, nous dit Paul. Il dit clairement que:

La bonté de Dieu est pour ceux qui s’y attachent.

Sévérité 1Ainsi, il s’agit de compter uniquement sur la bonté de Dieu, sa faveur imméritée, et de se maintenir dans cette réalité: Dieu agit uniquement par amour et nous pouvons (et sommes appelés à) nous attendre à ce qu’il agisse à cause de cet amour. C’est l’attachement à la bonté de Dieu qui permet d’être bénéficiaire de sa bonté. La foi qui plait à Dieu, c’est croire à sa simple bonté (voir aussi La foi qui plaît à Dieu: croire à sa faveur imméritée). L’auteur aux Hébreux l’exprime ainsi: “sans la foi, il est impossible de lui être agréable. Car celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent” (Hébreux 11:6 BDS). Jésus dit à ses disciples, qui ont déjà été purifié par l’enseignement qu’il leur a donné: “Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire… (Jean 15:5 BDS) Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour” (Jean 15:9 BDS). Il s’agit de demeurer dans l’amour de Dieu, dans sa bonté et de compter sur sa bonté parce que c’est sa nature. Dans Romains 11, Paul rend attentif que celui qui cesse de s’attacher à la bonté de Dieu se retrouve retranché, et il souligne que “les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables” (Romains 11:29 BDS). Ce que Dieu a donné en Jésus-Christ, c’est-à-dire tout ce qu’il a promis, de même que l’appel, cette invitation, qu’il a lancé à tout être humain à travers Jésus-Christ, sont irrévocables. Dieu ne revient pas, et ne reviendra pas, ni sur ce qu’il a dit en Jésus-Christ, ni sur ce qu’il a fait. Car Jésus-Christ, le Fils de Dieu, … , n’a pas été à la fois oui et non. En lui était le oui: car c’est en lui que Dieu a dit «oui» à tout ce qu’il avait promis” (2 Corinthiens 1:19-20 BDS).

Aussi, il est fondamental de réaliser que le fait d’être retranché n’est pas entre les mains de Dieu, parce qu’il offre sa grâce à tous sans exception. Le fait d’être retranché se trouve totalement entre les mains de chaque individu pour lui-même. Ce n’est pas Dieu qui retrancherait, parce que soudainement il ne ferait plus grâce et reviendrait sur ce qu’il a enseigné et démontré en Jésus-Christ. Dieu ne change pas. L’accessibilité à l’infini bonté de Dieu est uniquement dépendante du libre choix de chaque individu:

Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants” (Deutéronome 30:19 BDS).

La foi: le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué

Dans sa lettre aux Romains, alors qu’il vient de souligner le fait que Dieu n’a pas abandonné son peuple (dans le contexte il s’agit des Israélites), Paul parle en faisant le parallèle avec l’histoire d’Élie et dit: “De même, dans le temps présent aussi, il y a un reste conformément à l’élection de la grâce (Romains 11:5 S21). Or, puisque c’est par grâce, cela ne peut pas venir des œuvres, ou alors la grâce n’est plus la grâce (Romains 5:6 BDS).

Election 2La notion d’élection de la grâce, c’est-à-dire par faveur imméritée et “imméritable” selon la volonté de Dieu, peut faire apparaître une impression de favoritisme, cette tendance à accorder des faveurs injustes, alors que Dieu ne fait pas de favoritisme (cf. Romains 2:11, Ephésiens 6:9, Colossiens 3:25) et il est juste dans tout ce qu’il fait. Paul dit encore: “Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous” (Romains 11:32 LSG). Il faut faire attention ici à la notion de “Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance“. Cette notion ne peut pas être prise au premier degré, sous peine d’amener des caractéristiques de Dieu qui seraient contraires à la vérité qui est en Christ. Dieu n’enferme pas les hommes dans la désobéissance, il est celui qui les en délivre pour les habiliter à l’obéissance, l’obéissance à l’amour. Mais les tablettes de pierre, données à Moïse, ont clairement établie qu’aucun être humain depuis Adam n’avait vécu conformément au décalogue gravé sur ces tablettes (voir Romains 3:20). Ainsi, par le décalogue, tous les hommes ont été reconnu comme désobéissant à la loi de Dieu, c’est-à-dire ne vivant pas conformément à l’amour. Toutefois, Dieu est amour et l’amour est miséricordieux, il fait grâce. Ainsi, la condition depuis la désobéissance d’Adam est que tout homme est “naturellement” dans une position d’être sous la miséricorde de Dieu, et d’être potentiellement au bénéfice de la grâce de Dieu. En effet, à cause du péché, cette fausse manière de penser induite aux hommes par le père du mensonge, sous lequel se sont placés Adam et Eve, personne ne peut réussir à mériter la faveur de Dieu, “tous ont péché…” (Romains 3:23), “il n’y a pas de juste, pas même un seul” (Romains 3:10, Psaume 143:2, voir aussi Jacques 2:11, Jean 8:7-9). Le fait est que tous ont péché, mis à part Christ. Ainsi, tout ce à quoi l’homme pourrait s’attendre de Dieu et recevoir de lui peut uniquement être le résultat de sa faveur imméritée, à cause de sa miséricorde et de sa grâce. Paul amène à comprendre que:

La volonté de Dieu est de faire grâce à tous.

 “Car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Timothée 2:4 BDS). Ainsi, la volonté de Dieu, c’est que tout homme soit au bénéfice de sa faveur imméritée. Mais la grâce étant par définition imméritée et “imméritable”, quelqu’un qui s’approche de Dieu avec une notion quelconque de mérite, en s’attendant à la faveur de Dieu en fonction de ses propres actions (dire, faire ou penser), est assuré d’être exclu de la grâce, donc de ne pas accéder à la faveur de Dieu. C’est ce que Paul dit aux Galates, qui avaient commencé à faire intervenir le mérite (par des prescriptions de Moïse) dans la justification: “Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez à être considérés comme justes dans le cadre de la loi (de Moïse), vous êtes déchus de la grâce” (Galates 5:4 S21).

Election 1Dieu choisit par sa grâce. Ce qu’il faut comprendre par cela, c’est que son “système d’élection” est à travers la grâce. Il est dans la grâce, par la grâce et pour la grâce. On peut illustrer cela de la manière suivante: Pour être sur la liste des personnes éligibles, la seule possibilité est parce que Dieu est miséricordieux et qu’il a “choisi” de faire grâce à tous. En vérité, Dieu ne pourrait pas “choisir” de ne pas faire grâce, car il ne peut pas aller contre sa propre nature: l’Amour. Ainsi, tous sont éligibles par défaut. Ceci contribue à démontrer que l’amour de Dieu est inconditionnel, car tous sont qualifiés d’office à cause de sa grâce, dont Christ est la démonstration, pour pouvoir être potentiellement “sélectionnés”. Il n’y a donc aucun favoritisme dans ce processus d’élection.

Le système d’élection de Dieu c’est la grâce.

Alors, dans ce système d’élection, comment quelqu’un qui est donc éligible peut-il être élu? Pour que la grâce reste la grâce, seul un moyen qui fait intervenir aucun mérite, ni du favoritisme, peut être utilisé. Le moyen dans lequel il n’y a pas de favoritisme et qui est celui “choisi” par Dieu, à cause de sa propre nature, c’est: la foi. La foi consiste à croire en Dieu, à lui faire confiance et agir dans cette confiance et par cette confiance, à croire à sa faveur imméritée, à sa bonté parce qu’il est bon, en résumé à croire à son amour. Il n’y a absolument aucune notion de mérite ou de favoritisme dans le moyen de la foi en Dieu, tel que Christ en a révélé la véritable nature: l’Amour. Ainsi,

La foi est le moyen d’être élu sans favoritisme ni aucun mérite impliqué.

Ce qui est extraordinaire dans le système d’élection de Dieu, et qui est lié à la nature même de Dieu, c’est qu’il place l’élection entre les mains de chaque individu pour lui-même. Et ce système ne fait appel qu’au libre choix de l’individu. Chaque individu peut choisir lui-même d’être élu: en choisissant de croire à la grâce de Dieu qui choisit par amour, sans faire intervenir ni mérite, ni favoritisme. C’est de cette manière que Dieu choisit les gens dans sa grâce, sans faire de favoritisme.

Dieu est Amour et l’Amour ne peut qu’inviter l’autre, mais ne peut pas s’imposer. Il ne peut pas aller à l’encontre de la volonté de l’autre, de son libre choix. Ce système d’élection de la grâce est à l’opposé du fonctionnement du monde. Le drame est que certains sont tellement imprégnés de la notion de mérite avec laquelle le monde définit leur valeur, et définit ce qu’ils reçoivent, qu’ils approchent Dieu avec ce même fonctionnement. Et pour certains, l’idée de la grâce leur est même insupportable. A la fin de la parabole des invités, illustrant notamment le rejet (par les invités) du Fils de Dieu qui est venu établir le régime de la grâce, Jésus conclut: “Car, beaucoup sont invités, mais ceux qui sont élus sont peu nombreux” (Matthieu 22:14 BDS). Dans cette parabole de Jésus, il sous-entend que les invités étaient le peuple Juif, ceux qui étaient “le peuple de Dieu”, et que ceux-ci ont rejeté l’invitation de Dieu Lui-même: Jésus-Christ. Le fait est que ce peuple avait été modelé, dans leur manière de penser et de comprendre les choses, par la loi de Moïse avec ses prescriptions et son fonctionnement au mérite. Ils pensaient que leur élection venait par le fait de posséder ses prescriptions et par leur obéissance à ces prescriptions pour mériter la faveur de Dieu. C’est cette manière de penser, à laquelle ils s’accrochaient obstinément, qui ne leur permettaient pas d’accepter le véritable système d’élection de Dieu: la grâce. Et ainsi, ils rejetaient l’invitation gratuite. C’est ce rejet de l’invitation qui amène à ne pas faire partie des “élus”, et ce malgré Celui qui invite et dont l’appel est irrévocable (voir Romains 11:29). Mais dans la parabole de Jésus, il laisse comprendre que ceux qui n’étaient pas du peuple Juif ont répondu à l’invitation.

L’immensité de l’amour de Dieu, et la “folie” (aux yeux des hommes) de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, est que tous les trésors surabondant de la grâce sont reçus en suivant le même principe: ils sont saisis par la grâce au moyen de la foi. “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies. Personne n’a donc de raison de se vanter” (Ephésiens 2:8-9 BDS).

Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoins: je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants” (Deutéronome 30:19 BDS).

 

PS: Dans le parallèle avec l’histoire d’Élie à laquelle Paul se réfère dans Romains 11, le reste qui ont été choisi par Dieu conformément à l’élection de la grâce, ne l’ont été que parce qu’ils n’avaient pas plié le genou devant Baal (1 Rois 19:18). En d’autres termes, ils n’avaient pas placé leur confiance dans des idoles mais dans l’Éternel. Au sujet du choix de ce reste, il n’y a pas de mention de leur éventuelle obéissance ou désobéissance face au décalogue. Le seul manquement qui soit fatale, c’est le rejet de Dieu lui-même, et qui demeure un choix de chaque individu.

Démontrer la grâce de Dieu c’est lui être fidèle et honorer sa Sainteté

S’il y a une notion du caractère de Dieu qui est souvent mal comprise, c’est celle de sa Sainteté. Dieu est Amour et sa Sainteté est une conséquence du fait d’être amour (voir aussi L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu). Il n’y a aucun mal dans l’amour, l’amour ne trame pas le mal (cf. 1 Corinthiens 13:5). L’Amour est dépourvu du mal car le mal ne trouve aucun accès dans l’amour, et Dieu ne tente/éprouve personne (cf. Jacques 1:13). En réalité:

L’absence de mal est ce qui caractérise la sainteté.

Infidélité 3La sainteté est à l’opposé du mal, elle est à l’opposé de ce qui est du péché. Aussi, la tendance naturelle de la pensée humaine, c’est de vouloir prendre le caractère Saint de Dieu pour le faire pointer le mal et le punir. Mais ce qu’on observe, dès la première désobéissance de l’homme en Eden, c’est un Dieu qui s’approche de l’homme, qui le cherche, alors que celui-ci se cache à cause de la honte qui l’habite à cause de sa faute (cf. Genèse 3:8-13). Bien qu’il sache déjà ce qu’il s’est passé, Dieu montre que de son côté la relation n’est pas brisée. Il pose des questions sans pointer la faute et laisse l’homme lui répondre. Au milieu des conséquences de la désobéissance de l’homme, Dieu montre de suite son désir de pourvoir à ce qui est nécessaire pour couvrir la honte que l’homme ressent. Celui qui détenait le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14) a pu agir dans ce monde, une fois qu’Adam s’est placé sous le pouvoir de son autorité, en plaçant sa confiance dans celui qui est le meurtrier et le père du mensonge (cf. Jean 8:44). Les animaux sont les premières victimes de la mort, le meurtrier a frappé dès qu’il a pu. Mais Dieu, celui qui est la vie, en fait des vêtements de peaux à Adam et Eve (cf. Genèse 3:21), afin de couvrir leur honte. Dès le commencement, Dieu a démontré sa grâce et son désir de prendre soin de l’homme, et de supprimer le sentiment de honte et de culpabilité, afin que l’homme place sa confiance en Lui et ne soit pas sous le pouvoir de l’autorité du voleur, celui qui vient pour voler, pour tuer, pour détruire (cf. Jean 10:10). Il y avait déjà là une manifestation du caractère de Dieu, de la vérité qu’il a clairement démontrée en Christ. Car Dieu ne change pas. Il y avait déjà en Eden, cette réalité du besoin de se revêtir de la vérité qui a été démontrée une fois pour toute en Christ (cf. Romains 13:14Galates 3:27). C’est la vérité au sujet de Dieu qui enlève la honte de la désobéissance, par une démonstration de grâce qui est l’expression de l’amour véritable.

Dieu ne change pas, il reste le même. Ce qu’on observe par exemple à la sortie d’Egypte, c’est un peuple qui râle sans cesse, s’en prend à Moïse pour se plaindre de leur situation, et pourtant Dieu, lui, ne les reprend pas. Il leur montre son amour et sa grâce en prenant soin d’eux, sans tenir compte de leur rébellion, ni même la mentionner. Dans le livre des Nombres au chapitre 20, il y a un épisode où Dieu démontre clairement ce que sa sainteté signifie, comment elle se manifeste et l’importance qu’il y attache.

Le premier mois de l’année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn… L’eau vint à manquer. Alors le peuple s’attroupa pour s’en prendre à Moïse et Aaron. Ils s’en prirent à Moïse et lui dirent: Ah! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l’Eternel! Pourquoi avez-vous mené la communauté de l’Eternel dans ce désert? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte et venir dans ce lieu de misère? Ici on ne peut rien semer! Il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n’y a même pas d’eau à boire!
Moïse et Aaron s’éloignèrent de l’assemblée pour se diriger vers l’entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l’Eternel leur apparut. L’Eternel parla à Moïse et lui dit: Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu’il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l’Eternel, comme celui-ci le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l’assemblée devant le rocher désigné; et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles que vous êtes! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L’eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer. Mais l’Eternel dit à Moïse et à Aaron: Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. A cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine.”
(Nombres 20:1-12 BDS)

Dans ce passage, on voit que Dieu ne demande pas à Moïse de dire quoi que ce soit à son peuple, ni même concernant leur rébellion, mais de montrer simplement sa puissance et sa bonté qui prend soin de leurs besoins. Il dit à Moïse de se tenir devant le peuple avec son bâton, qui est le symbole pour le peuple de l’autorité que Dieu lui a déléguée, et il lui dit de parler au rocher. Mais au lieu de faire ce que Dieu a demandé, Moïse (et Aaron qui était le porte-parole de Moïse pour le peuple) traite le peuple de rebelle, il pointe leur faute et les accuse. Malgré la désobéissance de Moïse, l’eau jaillit en abondance du rocher, car l’Éternel désire bel et bien abreuver le peuple et prendre soin d’eux. Mais le reproche de l’Éternel envers Moïse et Aaron est direct, et la conséquence est importante.

Dieu qualifie d’infidélité envers sa personne le fait de condamner en son nom au lieu de montrer sa grâce, et il appelle cela “ne pas honorer sa sainteté”.

Infidélité 1

La conséquence de cette infidélité à Dieu est que Moïse et Aaron n’ont pas fait entrer le peuple en terre promise. Cet épisode nous montre l’importance que Dieu attache à sa grâce, faveur imméritée, qui est l’expression de sa Sainteté.

Dieu n’a pas changé. Jésus, qui est la vérité, a démontré une fidélité à la sainteté de Dieu dans toutes ses œuvres et ses paroles, et il a dit lui-même: “En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui” (Jean 3:17 BDS). Et ce n’est pas surprenant que Jésus ait dit, à ceux dont la manière de penser était modelée par les prescriptions de Moïse: “Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance” (Jean 5:45 NEG79).

Il y a dans cet épisode de Nombres 20, un principe qui demeure aujourd’hui: pointer et condamner les fautes au nom de Dieu, au lieu de démontrer et témoigner de sa grâce, empêche d’entrer dans les promesses de Dieu. Cela empêche ceux qui appartiennent à Dieu de prendre possession de l’héritage qu’il a promis en Christ, et il en est de même pour celui qui ne vit pas la grâce pour lui-même. Avec cette infidélité à Dieu concernant sa Sainteté, de la part de ceux qui conduisent et/ou enseignent le peuple, le cœur de ceux qui appartiennent à Dieu ne peut jamais être pleinement transformé. Parce que l’image de Dieu qui leur est transmise est celle de la condamnation au lieu de la grâce (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Cela a été la problématique de Moïse, durant tout son ministère, qui est d’ailleurs appelé par Paul “le ministère de la condamnation”.Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu!” (2 Corinthiens 3:7-9 BDS). Paul relève le fait que le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu. Cette gloire venait du temps passé avec l’Éternel. Mais elle était passagère, cette gloire disparaissait lorsque Moïse allait vers le peuple… sans doute à cause de la condamnation et l’absence de grâce avec laquelle Moïse conduisait le peuple. Mais la gloire de ceux qui amènent les hommes à être rendus justes, pour mener une vie juste et sainte, par une démonstration de la grâce en Jésus-Christ, cette gloire-là n’est pas passagère.

Infidélité 2Dans Exode 17, une quarantaine d’années avant l’épisode de Nombres 20, il y avait déjà eu une situation similaire où le peuple s’était plaint. Dieu n’avait pas non plus pointé l’attitude du peuple, mais il avait dit à Moïse: “Passe devant le peuple et emmène avec toi quelques responsables d’Israël. Prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil et va! Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb; tu frapperas le rocher, de l’eau en jaillira et le peuple pourra boire. Moïse fit ainsi en présence des responsables d’Israël” (Exode 17:5-6 BDS). En se tenant sur le rocher pour être frappé, il y avait déjà là une démonstration de l’amour de l’Éternel qui prend lui-même les coups que Moïse aurait certainement préféré donner au peuple. Et il y avait déjà là aussi une démonstration que Dieu est la source d’eau vive. C’est ce que Paul souligne aux Corinthiens: “Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait*; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même” (1 Corinthiens 10:4 BDS). Un parallèle avec le Christ que nous montre Exode 17 et Nombres 20 peut faire place à l’illustration suivante: puisque le rocher (le Christ) a pris les coups sur lui-même (à la croix) pour les fautes du peuple, il ne faut plus frapper le rocher en pointant les fautes du peuple, car cela est une infidélité à Dieu et s’appelle déshonorer la Sainteté de Dieu. Christ vit dans chaque croyant en Lui, et par la foi le croyant est un avec Christ, il est son corps et l’ensemble des croyants fait un seul corps: le corps de Christ (cf. Galates 2:20, 1 Corinthiens 12:27Ephésiens 3:17). Jésus a dit à Saul (avant qu’il devienne Paul) qui persécutait les chrétiens: “Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes” (cf. Actes 9:4-5). Ainsi, ce qui est fait (ou dit) à ceux qui ont la foi en Christ, c’est à Jésus et à Dieu lui-même que cela est fait (cf. Luc 10:16).

Aujourd’hui, tous ceux qui appartiennent à Dieu, par la foi en Christ et le sceau de son Esprit, sont à l’image des “prêtres” de la loi de Moïse (cf. 1 Pierre 2:5, Apocalypse 1:6). Ce que Dieu désire de la part de ceux qui conduisent son peuple, mais aussi de tous ses “prêtres” que sont chaque croyant, c’est qu’ils montrent sa grâce au peuple en s’adressant au rocher (le Christ), et ce devant le peuple pour qu’il en sorte de l’eau vive, afin que les hommes soient abreuvés par cette eau vive et goûte à la grâce de Dieu. C’est ainsi que ses “prêtres” (tout disciple de Jésus), et ceux qui conduisent le peuple de Dieu en particulier, feront entrer son peuple dans les réalités que Dieu a promise en Christ.

* Paul dit que le rocher accompagnait le peuple, parce qu’il y avait eu deux événements similaires  à une quarantaine d’années d’intervalle.