Démontrer la grâce de Dieu c’est lui être fidèle et honorer sa Sainteté

S’il y a une notion du caractère de Dieu qui est souvent mal comprise, c’est celle de sa Sainteté. Dieu est Amour et sa Sainteté est une conséquence du fait d’être amour (voir aussi L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu). Il n’y a aucun mal dans l’amour, l’amour ne trame pas le mal (cf. 1 Corinthiens 13:5). L’Amour est dépourvu du mal car le mal ne trouve aucun accès dans l’amour, et Dieu ne tente/éprouve personne (cf. Jacques 1:13). En réalité:

L’absence de mal est ce qui caractérise la sainteté.

Infidélité 3La sainteté est à l’opposé du mal, elle est à l’opposé de ce qui est du péché. Aussi, la tendance naturelle de la pensée humaine, c’est de vouloir prendre le caractère Saint de Dieu pour le faire pointer le mal et le punir. Mais ce qu’on observe, dès la première désobéissance de l’homme en Eden, c’est un Dieu qui s’approche de l’homme, qui le cherche, alors que celui-ci se cache à cause de la honte qui l’habite à cause de sa faute (cf. Genèse 3:8-13). Bien qu’il sache déjà ce qu’il s’est passé, Dieu montre que de son côté la relation n’est pas brisée. Il pose des questions sans pointer la faute et laisse l’homme lui répondre. Au milieu des conséquences de la désobéissance de l’homme, Dieu montre de suite son désir de pourvoir à ce qui est nécessaire pour couvrir la honte que l’homme ressent. Celui qui détenait le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14) a pu agir dans ce monde, une fois qu’Adam s’est placé sous le pouvoir de son autorité, en plaçant sa confiance dans celui qui est le meurtrier et le père du mensonge (cf. Jean 8:44). Les animaux sont les premières victimes de la mort, le meurtrier a frappé dès qu’il a pu. Mais Dieu, celui qui est la vie, en fait des vêtements de peaux à Adam et Eve (cf. Genèse 3:21), afin de couvrir leur honte. Dès le commencement, Dieu a démontré sa grâce et son désir de prendre soin de l’homme, et de supprimer le sentiment de honte et de culpabilité, afin que l’homme place sa confiance en Lui et ne soit pas sous le pouvoir de l’autorité du voleur, celui qui vient pour voler, pour tuer, pour détruire (cf. Jean 10:10). Il y avait déjà là une manifestation du caractère de Dieu, de la vérité qu’il a clairement démontrée en Christ. Car Dieu ne change pas. Il y avait déjà en Eden, cette réalité du besoin de se revêtir de la vérité qui a été démontrée une fois pour toute en Christ (cf. Romains 13:14Galates 3:27). C’est la vérité au sujet de Dieu qui enlève la honte de la désobéissance, par une démonstration de grâce qui est l’expression de l’amour véritable.

Dieu ne change pas, il reste le même. Ce qu’on observe par exemple à la sortie d’Egypte, c’est un peuple qui râle sans cesse, s’en prend à Moïse pour se plaindre de leur situation, et pourtant Dieu, lui, ne les reprend pas. Il leur montre son amour et sa grâce en prenant soin d’eux, sans tenir compte de leur rébellion, ni même la mentionner. Dans le livre des Nombres au chapitre 20, il y a un épisode où Dieu démontre clairement ce que sa sainteté signifie, comment elle se manifeste et l’importance qu’il y attache.

« Le premier mois de l’année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn… L’eau vint à manquer. Alors le peuple s’attroupa pour s’en prendre à Moïse et Aaron. Ils s’en prirent à Moïse et lui dirent: Ah! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l’Eternel! Pourquoi avez-vous mené la communauté de l’Eternel dans ce désert? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte et venir dans ce lieu de misère? Ici on ne peut rien semer! Il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n’y a même pas d’eau à boire!
Moïse et Aaron s’éloignèrent de l’assemblée pour se diriger vers l’entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l’Eternel leur apparut. L’Eternel parla à Moïse et lui dit: Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu’il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l’Eternel, comme celui-ci le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l’assemblée devant le rocher désigné; et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles que vous êtes! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L’eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer. Mais l’Eternel dit à Moïse et à Aaron: Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. A cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine. »
(Nombres 20:1-12 BDS)

Dans ce passage, on voit que Dieu ne demande pas à Moïse de dire quoi que ce soit à son peuple, ni même concernant leur rébellion, mais de montrer simplement sa puissance et sa bonté qui prend soin de leurs besoins. Il dit à Moïse de se tenir devant le peuple avec son bâton, qui est le symbole pour le peuple de l’autorité que Dieu lui a déléguée, et il lui dit de parler au rocher. Mais au lieu de faire ce que Dieu a demandé, Moïse (et Aaron qui était le porte-parole de Moïse pour le peuple) traite le peuple de rebelle, il pointe leur faute et les accuse. Malgré la désobéissance de Moïse, l’eau jaillit en abondance du rocher, car l’Éternel désire bel et bien abreuver le peuple et prendre soin d’eux. Mais le reproche de l’Éternel envers Moïse et Aaron est direct, et la conséquence est importante.

Dieu qualifie d’infidélité envers sa personne le fait de condamner en son nom au lieu de montrer sa grâce, et il appelle cela « ne pas honorer sa sainteté ».

Infidélité 1

La conséquence de cette infidélité à Dieu est que Moïse et Aaron n’ont pas fait entrer le peuple en terre promise. Cet épisode nous montre l’importance que Dieu attache à sa grâce, faveur imméritée, qui est l’expression de sa Sainteté.

Dieu n’a pas changé. Jésus, qui est la vérité, a démontré une fidélité à la sainteté de Dieu dans toutes ses œuvres et ses paroles, et il a dit lui-même: « En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui » (Jean 3:17 BDS). Et ce n’est pas surprenant que Jésus ait dit, à ceux dont la manière de penser était modelée par les prescriptions de Moïse: « Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance » (Jean 5:45 NEG79).

Il y a dans cet épisode de Nombres 20, un principe qui demeure aujourd’hui: pointer et condamner les fautes au nom de Dieu, au lieu de démontrer et témoigner de sa grâce, empêche d’entrer dans les promesses de Dieu. Cela empêche ceux qui appartiennent à Dieu de prendre possession de l’héritage qu’il a promis en Christ, et il en est de même pour celui qui ne vit pas la grâce pour lui-même. Avec cette infidélité à Dieu concernant sa Sainteté, de la part de ceux qui conduisent et/ou enseignent le peuple, le cœur de ceux qui appartiennent à Dieu ne peut jamais être pleinement transformé. Parce que l’image de Dieu qui leur est transmise est celle de la condamnation au lieu de la grâce (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Cela a été la problématique de Moïse, durant tout son ministère, qui est d’ailleurs appelé par Paul « le ministère de la condamnation ». « Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu! » (2 Corinthiens 3:7-9 BDS). Paul relève le fait que le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu. Cette gloire venait du temps passé avec l’Éternel. Mais elle était passagère, cette gloire disparaissait lorsque Moïse allait vers le peuple… sans doute à cause de la condamnation et l’absence de grâce avec laquelle Moïse conduisait le peuple. Mais la gloire de ceux qui amènent les hommes à être rendus justes, pour mener une vie juste et sainte, par une démonstration de la grâce en Jésus-Christ, cette gloire-là n’est pas passagère.

Infidélité 2Dans Exode 17, une quarantaine d’années avant l’épisode de Nombres 20, il y avait déjà eu une situation similaire où le peuple s’était plaint. Dieu n’avait pas non plus pointé l’attitude du peuple, mais il avait dit à Moïse: « Passe devant le peuple et emmène avec toi quelques responsables d’Israël. Prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil et va! Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb; tu frapperas le rocher, de l’eau en jaillira et le peuple pourra boire. Moïse fit ainsi en présence des responsables d’Israël » (Exode 17:5-6 BDS). En se tenant sur le rocher pour être frappé, il y avait déjà là une démonstration de l’amour de l’Éternel qui prend lui-même les coups que Moïse aurait certainement préféré donner au peuple. Et il y avait déjà là aussi une démonstration que Dieu est la source d’eau vive. C’est ce que Paul souligne aux Corinthiens: « Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait*; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même » (1 Corinthiens 10:4 BDS). Un parallèle avec le Christ que nous montre Exode 17 et Nombres 20 peut faire place à l’illustration suivante: puisque le rocher (le Christ) a pris les coups sur lui-même (à la croix) pour les fautes du peuple, il ne faut plus frapper le rocher en pointant les fautes du peuple, car cela est une infidélité à Dieu et s’appelle déshonorer la Sainteté de Dieu. Christ vit dans chaque croyant en Lui, et par la foi le croyant est un avec Christ, il est son corps et l’ensemble des croyants fait un seul corps: le corps de Christ (cf. Galates 2:20, 1 Corinthiens 12:27Ephésiens 3:17). Jésus a dit à Saul (avant qu’il devienne Paul) qui persécutait les chrétiens: « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes » (cf. Actes 9:4-5). Ainsi, ce qui est fait (ou dit) à ceux qui ont la foi en Christ, c’est à Jésus et à Dieu lui-même que cela est fait (cf. Luc 10:16).

Aujourd’hui, tous ceux qui appartiennent à Dieu, par la foi en Christ et le sceau de son Esprit, sont à l’image des « prêtres » de la loi de Moïse (cf. 1 Pierre 2:5, Apocalypse 1:6). Ce que Dieu désire de la part de ceux qui conduisent son peuple, mais aussi de tous ses « prêtres » que sont chaque croyant, c’est qu’ils montrent sa grâce au peuple en s’adressant au rocher (le Christ), et ce devant le peuple pour qu’il en sorte de l’eau vive, afin que les hommes soient abreuvés par cette eau vive et goûte à la grâce de Dieu. C’est ainsi que ses « prêtres » (tout disciple de Jésus), et ceux qui conduisent le peuple de Dieu en particulier, feront entrer son peuple dans les réalités que Dieu a promise en Christ.

* Paul dit que le rocher accompagnait le peuple, parce qu’il y avait eu deux événements similaires  à une quarantaine d’années d’intervalle.

Demander le pardon à Dieu: une hérésie…

Où est-il dit de demander le pardon à Dieu pour recevoir son pardon ?

La question du pardon que Dieu donne est essentielle et fondamentale parce qu’elle est une question de vie ou de mort, une question de salut pour le présent et pour l’éternité. Le salut consiste à être délivré, libéré, restauré, placé en sécurité, guéri, rétabli, béni. Aussi, en ce qui concerne le pardon, la question ne peut pas être prise à la légère, on ne peut pas se contenter de ce qu’on croit être vrai parce que d’autres y adhèrent aussi, sans avoir vérifié que cela soit véritablement ce que Dieu dit. Le pardon des péchés est la fondation des fondations et si cette fondation n’est pas correcte et saine, tout ce qui est construit dessus est voué à être bancal (voir aussi Apologétique).

Forgiveness 1Une notion qui revient très régulièrement dans de nombreuses prédications aujourd’hui et qui habite beaucoup de gens qui confessent Jésus comme Seigneur et croient dans leur cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, est celle de devoir demander à Dieu de nous pardonner afin qu’il nous pardonne. Cela avec l’idée, plus ou moins consciente, que tant qu’on ne lui a pas demandé de nous pardonner pour les fautes dont on a conscience (ou pas), celles-ci ne sont pas pardonnées par Dieu et qu’il en tient compte jusqu’à ce qu’une demande de pardon soit formulée, et dans cette attente la conscience reste chargée de culpabilité et la condamnation demeure active.

Mais où se trouve cette idée dans la Bible, sur quoi cette notion se fonde-t-elle ?

Premièrement, il faut regarder ce que signifient le pardon et l’action de pardonner. La définition du pardon correspond au fait de ne pas tenir rigueur d’une faute. L’action de pardonner consiste à ne pas sanctionner une faute, une erreur ou ce qui pourrait être considérer comme un manquement à un règlement, une règle morale. Le terme original dans le Nouveau Testament pour l’action de pardonner est « aphiemi » (en grec ἀφῆτε), qui a le sens d’envoyer au loin, de laisser aller, de ne tenir aucune compte de quelque chose, de ne pas en discuter maintenant, d’oublier, de remettre une dette. Concrètement, cela consiste donc à agir, ou réagir, envers le fautif comme si la faute n’avait pas eu lieu, et même plus encore, à effacer sa dette, à prendre sur soi les conséquences de la faute de l’autre. On entend parfois la « sagesse » humaine dire qu’on pardonne mais qu’on n’oublie pas. Ceci est à l’opposé de ce qu’est le pardon, car le pardon oublie la faute, il efface, il ne tient pas compte des fautes. C’est ce que Dieu a cherché à faire comprendre à l’homme à travers toute la vie de Christ et ce qu’il a fait en Lui et à travers Lui, jusqu’à sa mort à la croix (cf. 2 Corinthiens 5 :19) pour mettre un terme aux prescriptions de Moïse qui condamnaient le fautif, prescriptions contraires à l’amour, données en marge du décalogue, qui lui, correspond à la loi de l’amour. Car Dieu est amour et l’amour véritable ne tient pas compte des fautes de l’autre, il ne les sanctionne pas, il les efface et n’est pas habité de ressentiment, Jésus l’a démontré dans sa vie et par sa vie. L’amour véritable ne se sent pas offensé par les offenses envers lui, car l’amour ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il pardonne tout, il supporte tout (cf. 1 Corinthiens 13 :5-7). L’amour pardonne sans aucune condition, sans attendre une manifestation de l’autre pour ce faire. L’amour n’aime pas pour soi-même, mais il aime pour l’autre, l’amour donne, il ne reprend pas. L’amour aime l’autre indépendamment que l’autre soit aimable ou pas, c’est la définition même de l’amour et Dieu est amour (cf. Luc 6:35). Il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour, pas plus qu’il n’y a d’amour dans l’égocentrisme. C’est pourquoi l’amour ne peut pas se sentir offensé par personne, car seul l’égocentrisme peut se sentir offensé. Jésus l’a démontré, lui qui est le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression parfaite de son être (cf. Hébreux 1 :3). Même à la croix, au point culminant de la méchanceté manifestée par les hommes envers lui, au sommet du rejet et au milieu d’une souffrance extrême, Jésus ne s’offense pas, il ne s’irrite pas contre les hommes, il leur pardonne encore, il ne tient pas compte de leurs fautes, car il a conscience qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, à cause de leur ignorance de la vérité. Dieu est amour, Christ est l’expression parfaite de Dieu ! La définition et les caractéristiques de l’amour devraient être suffisant pour comprendre le non-sens de demander à l’amour de pardonner, et le non-sens de l’idée que sans demander à être pardonné l’amour ne pardonne pas et tient compte des fautes. C’est un non-sens car l’amour pardonne sans aucune demande. L’amour ne tient pas compte des fautes.

Mais regardons tout ce que le Nouveau Testament a d’écrit concernant le pardon. Dans l’ordre classique des écrits du N.T., la première apparition de ce qui touche au pardon arrive dans ce que Jésus enseigne à ses disciples sur la prière dans Matthieu 6.

Matthieu 6:12 – « … pardonne-nous nos torts envers toi comme nous pardonnons nous-mêmes les torts des autres envers nous. » Matthieu 6 BDS (chapitre)

  • Le terme original traduit ici par torts est « opheilema » (en grec ὀφειλήματα) qui signifie ce qu’on doit à quelqu’un, une dette, métaphoriquement une offense ou péché. Le texte original ne contient pas l’idée des torts envers Dieu dans ce verset. Même si, toute la création dont l’humanité fait partie appartient à Dieu (cf. Deutéronome 10:14). Et ainsi, toute atteinte envers les hommes est donc une atteinte à ce qui est à Dieu. C’est un manquement à l’amour. Mais il est important de garder en tête que, même si on porte atteinte contre Dieu lui-même, à sa réputation ou à ce qui lui appartient, Dieu ne peut pas s’irrité dans le sens où les hommes livrés à eux-mêmes le sont, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8). L’amour ne cherche pas son propre intérêt. Christ a démontré cette « inoffensabilité » de l’amour. Il n’y a pas d’égo dans l’amour, seul l’égo peut être offensé. Tout ce que Dieu a créé n’est pas pour nourrir un égo, mais il a créé depuis l’amour, par amour, pour exprimer et manifester cet amour qui est sa propre nature. Dieu a créé les hommes pour qu’ils soient son image, pour que les hommes soient amour, à son image (cf. Genèse 1:26-27). Il désire que les hommes soient participants à sa propre nature divine (cf. 2 Pierre 1:3-4), à l’exemple de Jésus. Dieu a créé pour aimer et non pour être adulé (cf. Matthieu 9:13), car il n’y a pas d’égocentrisme dans l’amour. L’Amour n’a pas un besoin de reconnaissance. La souffrance que peut ressentir l’Amour (Dieu) lorsque l’être aimé rejette l’Amour, n’est pas une blessure d’un égo qui aime l’autre pour soi-même et qui perd quelque chose parce que l’autre ne l’aime pas. Non, l’Amour souffre de voir l’autre rejeter l’Amour, parce que c’est l’autre qui perd quelque chose par ce rejet, et ce que l’autre perd c’est l’Amour ! Et l’Amour souffre de ce que l’autre se trouve alors privé des caractéristiques de l’Amour et vive dans l’expérience des caractéristiques qui sont à l’opposé de l’Amour…
  • Très souvent, les gens prennent la moitié du verset 12 pour en faire une demande : « pardonne-nous nos torts envers toi », pourtant il n’y a aucune séparation à cette endroit dans cette phrase. Certaines traductions vont même jusqu’à placer une virgule à cet endroit qui n’existe pas dans le texte original. Concernant toute cette prière de Matthieu 6:9-13, Jésus n’ajoute qu’une seule explication, un seul commentaire, un seul, comme pour s’assurer qu’on ait bien compris une chose, et son commentaire concerne précisément la signification du verset 12. Jésus explique clairement le sens de ce qu’il veut dire : « En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Matthieu 6:14-15 BDS).
  • Le sens du verset 12 doit être compris conformément à l’explication que Jésus en donne lui-même, en incluant la définition réelle du pardon qui consiste à l’effacement des fautes, à ne pas en tenir compte. Jésus lie clairement l’effacement des fautes par Dieu au fait de pardonner aux autres et non pas à une demande nécessaire qui serait une condition pour que Dieu pardonne comme si, sans cette demande Dieu ne voudrait pas le faire… Et il faut relever qu’il s’agit ici (versets 14-15) de ne pas tenir compte des torts des autres, implicitement tous les autres, peu importe si ces torts sont envers nous ou uniquement envers d’autres. Cela s’applique sans même que nous soyons directement concernés par les fautes commises. Comme évoqué plus haut, le fait est que toute faute commise envers des hommes est envers ce qui est à Dieu, et tout le bien commis aussi (cf. Matthieu 25:33-46).
  • Il est fondamental de comprendre ce qu’il se passe ici au sujet du pardon, avec en tête la définition du pardon qui est l’effacement des fautes. Le fait est qu’il est impossible de traiter les autres différemment de soi-même. Et il est impossible de se traiter soi-même différemment que l’on traite les autres ! Le traitement qu’on utilise pour les autres et toujours celui qu’on utilise pour soi-même. Par exemple, si l’on considère la valeur de quelqu’un en fonction de ce qu’il fait et de ce qu’il possède, c’est uniquement parce qu’on considère notre propre valeur en fonction de ce qu’on fait et de ce qu’on possède (A noter: ceci est le modèle du monde qui établit sa valeur sans tenir compte de ce que Dieu a démontré de notre valeur absolue). Le fait est que si quelqu’un ne fait pas grâce aux autres pour leurs fautes, mais qu’il retient leurs fautes au lieu de les effacer, il continuera naturellement aussi à tenir compte de ses propres fautes. Cela uniquement parce qu’il ne reçoit pas la grâce pour lui-même, il ne s’en saisit pas. Aussi, sa propre conscience restera coupable et chargée de ses propres fautes, il vit dans une autojustification. Et ainsi, le péché en tant que force agissante garde de l’emprise sur lui, le poussant même à la faute. C’est parce qu’une personne a une conscience chargée de ses propres fautes qu’elle va instinctivement et par automatisme tenir compte des fautes des autres. C’est parce qu’une personne vit sous la condamnation (l’expérience du mal) qu’elle condamne les autres et, sans en avoir conscience, en condamnant les autres elle se condamne elle-même. C’est ce que Jésus dit clairement dans l’évangile de Luc: « Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés » (Luc 6:37 BDS). Jésus ne place même pas Dieu dans son explication, il ne dit pas ici que ce serait Dieu qui juge, qui accuse, qui condamne, qui ne pardonne pas et qui tient compte des fautes. Dieu ne le fait pas et Jésus l’a enseigné et démontré. Jésus et le Père ne sont qu’un (cf. Jean 10:30). Ce n’est pas que Dieu ne veuille pas effacer les fautes de celui qui ne pardonne pas, car Dieu est amour et l’amour pardonne tout, il pardonne d’avance, il efface, il ne tient pas compte des fautes. Mais celui qui juge les autres, qui ne pardonne pas leurs fautes et qui les condamne, le fait parce qu’il continue de se juger lui-même, de tenir compte de ses propres fautes, et de se placer ainsi sous la condamnation qui devient son expérience. Ou encore, cela se produit parce qu’il prend sur lui le jugement des autres, la culpabilité et le non-pardon envers lui. Ainsi, il se sent jugé, pas pardonné et rempli d’un sentiment de culpabilité. Aussi, pour un tel croyant, même la démonstration du pardon de Christ jusqu’à la mort sur une croix, en vue que sa conscience puisse être purifiée de ses fautes et être libéré de l’esclavage du péché, sera inefficace malgré la volonté de Dieu de l’en libérer. Le fait est que ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ ne peut pas effacer les fautes de la conscience de celui qui continue lui-même d’en tenir compte pour lui-même et pour les autres (les deux sont indissociables). Dieu est amour et l’Amour ne peut pas forcer l’autre à croire ce qu’il a dit et fait, il ne peut pas forcer à croire la vérité au sujet de l’Amour et de ses caractéristiques. En réalité, celui qui tient compte des fautes des autres le fait parce qu’il tient compte de ses propres fautes, et il le fait parce qu’il croit que Dieu tient compte de ces fautes… Ou alors, il le fait parce qu’il a supprimé l’existence de Dieu dans son système de croyance. En vérité, c’est donc une auto-condamnation qui se produit pour l’incrédule. Cela se produit lorsqu’on ne croit pas la vérité que Dieu a démontrée en Christ: l’amour pardonne tout, sans prérogative demandée. Jésus décrit ce problème de l’auto-condamnation en disant: « Ne condamnez pas les autres, pour ne pas être vous-mêmes condamnés. Car vous serez condamnés vous-mêmes de la manière dont vous aurez condamné, et on vous appliquera la mesure dont vous vous serez servis pour mesurer les autres » (Matthieu 7:1-2 BDS). Encore ici, Jésus n’attribue pas cette condamnation comme en provenance de Dieu (cf. Jean 3:17-18). En vérité, c’est une auto-condamnation qui se produit par un maintien des fautes dans la conscience de la personne elle-même, et sa mauvaise conscience la pousse à condamner les autres alors que Dieu dit à celui qui a péché : « Je ne te condamne pas… » (cf. Jean 8:10-11). Par incrédulité, la condamnation se produit pour la personne, au lieu qu’elle cesse définitivement d’avoir une conscience chargée de culpabilité afin que le péché perde son emprise sur elle, qu’elle en soit délivrée dans l’union avec le Christ, ce qui est en partie ce que Dieu est venu accomplir en Christ (cf. Colossiens 2:14).
  • Au verset 12, le temps utilisé pour « pardonne-nous » est un temps aoriste, qui n’existe pas dans le français et qui désigne un événement situé dans le passé, utilisé ici dans un mode impératif. Cette demande n’est pas à percevoir comme une demande au bon vouloir de Dieu à laquelle il pourrait vouloir dire non. Dieu est amour et l’Amour efface les fautes, c’est lié à sa nature même. Dieu ne peut pas dire non à ce qu’il est venu dire au monde et démontrer en Christ. Le temps utilisé pour « comme nous pardonnons nous-mêmes » est, quant à lui, un présent continue… La part de Dieu est déjà accomplie et définitive, alors que notre part est continue. Le pardon que Dieu donne est permanent et lié à sa nature, il est Amour. Dieu ne peut pas sortir de l’amour car l’Amour est sa propre nature. Son pardon est donc permanent, c’est-à-dire que Dieu ne tient pas compte des fautes. Pour être à notre tour amour et pardonner comme Dieu pardonne, il est nécessaire de demeurer dans son amour et dans le pardon qu’il nous a révélé et démontré en Jésus-Christ. C’est une nécessité qui est continue pour l’homme, à cause de la faute d’Adam qui a amené la corruption de la manière de penser, par le mensonge qui est entré dans le monde. Sans demeurer dans l’amour de Dieu et dans l’effacement des fautes, nécessitant un changement de la manière de penser, le croyant ne peut pas aimer véritablement en ne tenant pas compte des fautes de son prochain, d’autant plus si ce prochain est son ennemi… Et le croyant incrédule face au pardon des péchés ne peut pas non plus être délivré de l’esclavage du péché (cf. Colossiens 1:14, Ephésiens 1:7). Un tel croyant reste dominé par le mal en lui, et le mal commis envers lui continuera de produire le mal en lui.
  • On ne trouve pas non plus dans le Nouveau Testament une invitation à demander aux autres de nous pardonner nos fautes, cela n’existe pas. On trouve l’incitation à reconnaître ouvertement nos fautes (Jacques 5:16), mais pas de demande aux autres pour qu’ils nous pardonnent. Mais il est clairement dit que nous devons pardonner aux autres, c’est-à-dire effacer leurs fautes et ne pas en tenir compte, et ils doivent nous pardonner, sans prérogatives : « Supportez-vous les uns les autres, et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement; le Seigneur vous a pardonné: vous aussi, pardonnez-vous de la même manière » (Colossiens 3:13 BDS). Il s’agit de pardonner comme Christ a démontré le pardon: il n’a pas tenu compte des fautes, même jusqu’à subir la mort par ses ennemis… A noter aussi ici, le terme original pour « supportez-vous » c’est anechomai qui signifie soutenir, porter, endurer, tenir fermement quelqu’un pour ne pas qu’il tombe. Il n’a pas le sens qu’on lui donne dans l’usage courant dont l’idée que si l’autre agit mal, alors il est détestable et il faut prendre son mal en patience et garder la rancune en silence comme si rien n’était. Le terme parle de se soutenir les uns les autres, ce qui est très différent. Jésus a même dit clairement avant de retourner auprès du Père que le pardon des péchés sur terre est entre les mains des hommes : « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20:23 LSG).
  • Ainsi, la prière « pardonne-nous nos offenses comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:12 NEG79), revient à demander à Dieu d’effacer et de jeter au loin les offenses que nous avons pu commettre, indépendamment des personnes offensées, et ce de la même manière que nous-mêmes nous le faisons envers ceux qui ont commis des offenses envers nous. Il s’agit pour nous d’effacer les fautes des autres envers nous, et de s’attendre à Dieu pour qu’il efface les fautes que nous avons pu commettre envers d’autres. Cette prière ne revient pas à demander à Dieu de ne plus retenir contre nous un quelconque ressentiment, sans quoi il serait en colère, car cela n’existe pas dans sa nature (A noter: l’expression « la colère de Dieu » ne se retrouve pas dans la bouche de Jésus). Mais en vérité, celui qui est établi dans l’amour de Christ et dans l’union avec lui, ne s’irrite pas contre ceux qui agissent mal envers lui, il ne tient pas compte de leurs fautes, à l’image de Jésus-Christ. L’amour ne s’irrite pas contre les autres (cf. 1 Corinthiens 13:5).
  • On pourrait s’arrêter là dans l’explication. Mais il est bon d’aller au fond des choses, par préoccupation de la vérité, d’autant plus lorsqu’on touche à la fondation des fondations de l’Évangile, la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. (voir le dossier complet avec la totalité des passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon Dossier: Le point sur le pardon des péchés)

Forgiveness 4Bien que la question du pardon de Dieu soit essentielle et fondamentale, une question de vie ou de mort, à aucun moment Jésus invite quelqu’un à demander le pardon à Dieu dans les évangiles, jamais il ne dit quelque chose qui suggère « en effet, si vous demandez à Dieu de vous pardonner, il vous pardonnera, et si vous ne demandez pas à Dieu de vous pardonner, alors il ne vous sera pas pardonné ». On ne trouve pas non plus Jésus dire à quelqu’un: « Demande-moi pardon et fais-moi des excuses et alors je te pardonnerai… ». Ce pourrait-il que Jésus ait omis quelque chose dans son enseignement concernant la prière et qu’il ait été à ce point négligeant concernant le pardon que Dieu donne, comment il le donne et comment on le reçoit ? Se pourrait-il que Jésus ait oublié de mettre en pratique en rappelant au gens ce qu’il a lui-même enseigné dans Matthieu 6:12 ?

Jésus met en pratique toute la vérité qu’il enseigne. Aussi, il faut voir comment Jésus agit dans la pratique, et l’on ne trouve aucun exemple où Jésus dit à quelqu’un de demander le pardon à Dieu pour ses fautes. Il y a deux situations intéressantes où Jésus montre clairement le pardon et/ou la non-condamnation:

  • La scène du paralytique (Matthieu 9:1-8): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) considèrent comme un blasphème la prétention de Jésus à pardonner les péchés. Mais Jésus souligne le fait que le fils de l’homme, c’est-à-dire tout fils d’homme, a sur la terre ce pouvoir de pardonner les péchés. Et Jésus le démontre par la guérison du paralytique. C’est ainsi qu’il atteste ce pouvoir de pardonner. Il n’y a aucune intervention du paralytique dans le pardon annoncé par Jésus. Jésus annonce le pardon des péchés au paralytique, sans aucune mention ni suggestion d’une demande de pardon, et sans même que le paralytique dise quelque chose, ni ne manifeste un quelconque regret des fautes dont Jésus dit qu’elles sont pardonnées.
  • La scène de la femme adultère (Jean 8:1-11): Le contexte nous montre que les spécialistes de la Loi (théologiens) et les chefs religieux sont ceux qui viennent avec le péché de la femme et veulent la condamner (où est l’homme impliqué? car la loi de Moïse ordonnait que les deux soient lapidés…). Jésus met en lumière la culpabilité de tous à cause de leurs fautes, sans toutefois les condamner, ni pointer directement leurs fautes. Ceux qui condamnaient la femme se retrouvent désarmés. Jésus démontre la non-condamnation envers la femme, ce qui démontre qu’elle est déjà pardonnée. Mais il n’y a aucune mention, ni suggestion, d’une demande de pardon. C’est même grâce à la non-condamnation qui libère, et l’amour qu’il lui témoigne, que Jésus peut dire ensuite à la femme: « Va, et ne pèche plus« . Et cette parole de Jésus est davantage une proclamation dans la vie de cette femme, comparable à la parole donnée au paralytique « lève-toi… », qu’une simple invitation à ne plus pécher.

Jésus a enseigné et démontré le pardon des péchés. Il a démontré que l’amour pardonne sans prérogative. Dans Matthieu 26, Jésus exprime clairement: « ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance. Il va être versé pour beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés » (Matthieu 26:28 BDS). Jésus dit que son sang est ce qui scelle l’alliance, c’est-à-dire l’alliance de Dieu avec les hommes. Il utilise le langage dans lequel la pensée modelée par les hommes de l’ancien testament réfléchissait. Jésus dit que son sang va être versé pour “beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés“. Le terme traduit par “beaucoup” est le terme polus qui signifie un grand nombre, il ne signifie pas “tous les hommes“… En effet, d’une part le fait est que seuls ceux qui croient au pardon des péchés et qui s’en saisissent, par le moyen de la foi, voient leurs fautes effacées de leur conscience et en être libéré, et être ainsi habilité à ne plus répondre au mal par le mal. Et d’autre part, Jésus a démontré que le Père ne tient pas compte des fautes et que ce n’est pas Lui qui condamne. Mais tous ne le croient pas, tous ne croient pas dans la vérité qui est en Jésus. Et ceux qui croyaient que les prescriptions de sacrifices demandés par Moïse pour le pardon des péchés étaient demandées par Dieu, ceux-là n’arrivent pas à se saisir du pardon des péchés sans concevoir la nécessité d’un sacrifice. Ces hommes-là croient à la nécessité d’une punition pour le péché, et à la nécessité d’une effusion de sang pour le pardon des péchés. Ils en arrivent à croire au pardon des péchés uniquement en regardant la mort de Jésus à la croix comme un sacrifice prétendument demandé par Dieu, et en identifiant Jésus à ce que demandait Moïse pour le pardon des péchés. C’est ainsi que Paul, par exemple, modelé par la loi de Moïse en est arrivé à accepter et à se saisir du pardon des péchés et à en être délivré. Cette perspective l’a poussé à voir toute chose de la loi de Moïse comme une préfiguration, mais ceci va à l’encontre de la vérité que Christ a démontrée au sujet du caractère même de Dieu. D’ailleurs on ne voit nul part dans les évangiles, Jésus se présenter lui-même comme “le sacrifice demandé par Dieu”, ni comme “l’Agneau de Dieu”, ce sont les hommes qui ont regardé à Christ de cette manière-là, à cause des prescriptions que Moïse avaient demandées pour le pardon des péchés. Toutefois, il faut relever que Moïse avait exclu tout pardon pour certains péchés comme l’adultère, ou déshonorer père et mère… Alors que Christ a démontré le pardon et la non-condamnation de sa part, et au nom du Père, même pour ces péchés-là. Car le Père n’est pas un meurtrier, ce n’est pas Lui qui condamne. Lorsque Jésus parle à son propre sujet, il ne prend pas l’image des sacrifices demandés par Moïse, mais il prend l’exemple du serpent que Moïse a élevé dans le désert et vers lequel il avait suffi de regarder pour être sauvé (cf. Nombres 21:8-9). “Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui” (Jean 3:14-17 NEG79). Jésus a donc voulu qu’on regarde à Lui comme à celui qu’il suffit de regarder. Et Jésus a dit: “Celui qui m’a vu a vu le Père” (cf. Jean 14:9). Jésus a montré comment le Père agit. Jésus a fait tout ce que le Père fait (cf. Jean 5:19-20): il n’a pas lapidé pour l’adultère (cf. Jean 8)… il n’a pas puni de mort pour le fait de déshonorer père et mère (cf. Marc 7)… alors que Moïse l’avait ordonné au nom de l’Éternel… Jésus n’a jamais condamné personne, il n’a jamais enseigné ou réclamé qu’il y ait effusion de sang pour le pardon des péchés. Car l’effusion de sang n’est pas une demande qui vient de Dieu, mais c’est une soif de vengeance qui apparaît depuis la première mort d’un être humain, et c’est un cri de vengeance qui vient de la terre envers Dieu en réponse au sang versé (cf. Genèse 4:10). Ce cri de vengeance n’existe pas en Dieu. Il ne vient pas de Lui, il vient de la terre sous l’inspiration de celui qui est le meurtrier dès le commencement. Jésus a montré qu’il aime le Père et qu’il n’agit pas conformément au père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Mais Jésus agit conformément au Père céleste (cf. Jean 14:30-31) qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10:11). Il l’a donne de son propre gré alors que personne n’a le pouvoir de la lui prendre (cf. Jean 10:18). L’Amour ne condamne pas, il ne punit pas, il est prêt à mourir sans frapper ses ennemis, car il ne cherche pas à sauver sa propre vie mais celles des autres. “En effet, si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés” (Jean 8:24 BDS). C’est intéressant de relever que Jésus n’a pas dit “c’est par mon sang que le Père pardonne les péchés…”, car Dieu est amour et l’amour pardonne sans prérogative. Jésus a encore dit en citant Osée: “Allez donc apprendre quel est le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices” (Matthieu 9:13 BDS). “Ah! si vous aviez compris le sens de cette parole: Je désire que vous fassiez preuve d’amour envers les autres plutôt que vous m’offriez des sacrifices, vous n’auriez pas condamné ces innocents” (Matthieu 12:7 BDS). La perspective de la croix comme un sacrifice demandé par Dieu pour qu’il accepte de pardonner est une pensée tout humaine. C’est une pensée opposée à Dieu et que l’Esprit avait déjà essayé de faire comprendre par la bouche de Jérémie: “Non! je n’ai rien prescrit à vos ancêtres, je ne leur ai rien ordonné concernant les holocaustes et autres sacrifices quand je les ai fait sortir d’Égypte. Mais voici ce que je leur ai commandé: «Ecoutez-moi et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez heureux.» Mais eux, ils n’ont pas écouté, non, ils n’ont pas prêté l’oreille. Mais ils se sont conduits selon leurs propres raisonnements et selon les penchants de leur mauvais cœur. Ils sont devenus pires au lieu de devenir meilleurs. Depuis le jour où vos ancêtres sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai envoyé tous mes serviteurs les prophètes, jour après jour, inlassablement. Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille. Ils ont raidi leur nuque, et ils ont fait plus de mal que leurs ancêtres. Dis-leur toutes ces choses, mais ils ne t’écouteront pas; appelle-les, mais ils ne te répondront pas. Alors tu leur diras: Vous êtes une nation qui n’a pas obéi à l’Éternel son Dieu et qui n’a pas voulu accepter sa leçon. La vérité n’est plus, elle a été retirée de leur bouche” (Jérémie 7:22-28 BDS) et l’Esprit l’avait aussi exprimé par la bouche de David qui en avait même fait l’expérience: “Tu n’as voulu ni offrande ni sacrifice. Tu m’as ouvert l’oreille, car tu n’as demandé ni holocaustes ni sacrifices pour expier le péché” (Psaume 40:7 BDS).

Jésus a annoncé le pardon des péchés à des hommes et l’a enseigné, alors qu’il n’y avait pas eu le moindre sacrifice, ni effusion de sang pour ce faire, et que lui-même n’était même pas encore passé par la mort.. Toutefois, malheureusement c’est seulement par le sang versé de Jésus, que “beaucoup” d’hommes sont d’accords d’accepter de croire que leurs péchés sont pardonnés sans prérogative de leur part, parce que leur manière de penser a été modelée par les prescriptions de Moïse… Jésus a mis fin à ces prescriptions qui demandaient des sacrifices et du sang versé pour le pardon des péchés. Jésus a démontré le pardon, même pour les fautes pour lesquelles Moïse avait ordonné la mort. Jésus a démontré ce pardon sans effusion de sang. Les dispositions que Dieu a démontrées en Christ sont scellées par le sang de Jésus. Jésus s’adressait à des hommes dont la manière de penser et de réfléchir au sujet de Dieu, et en particulier au sujet du pardon, était modelée par les prescriptions de Moïse, qu’ils avaient placé à l’égal de Dieu… C’est pourquoi Jésus a dit clairement: “Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance” (Jean 5:45 NEG79). Et pour rappel, celui qui détient le pouvoir de la mort n’est pas Dieu (cf. Hébreux 2:14-15), mais il est la résurrection et la vie (cf. Jean 11:25).

 

Lorsque Jésus se révèle à Saul (qui deviendra Paul), il lui dit: « Tu devras leur ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu pour qu’en croyant en moi, ils reçoivent le pardon de leurs péchés et une part d’héritage avec ceux qui appartiennent à Dieu » (Actes 26:18 BDS). C’est en croyant en Jésus, c’est-à-dire croire à ce qu’il a dit, enseigné et démontré par sa vie que le pardon est reçu. C’est Jésus qui amène la compréhension du pardon et à le saisir dans la manière de penser des croyants. Il s’agit de se saisir par la foi de ce qu’il a enseigné et démontré. C’est ainsi, en croyant, que les péchés sont effacés et que la conscience est purifiée, par ce que Dieu a enseigné et démontré en Christ.

Le pardon est déjà donné, mais le moyen de le recevoir c’est de le croire.

C’est de la même manière que la part d’héritage donnée est reçue, en croyant en Jésus, c’est-à-dire à ce qu’il a démontré comme accessible par le moyen de la foi. C’est par la confiance en Lui, et en ce qu’il a démontré, que nous avons accès à cet héritage. Cette réalité fait passer des ténèbres à la lumière, alors on y voit clair. Cette réalité, à laquelle on accède par le moyen de la foi, fait passer du pouvoir de Satan à Dieu, Satan n’a ainsi plus de pouvoir. Les yeux ont besoin d’être ouverts pour voir clair et voir la vérité que nous révèle Jésus-Christ, et qui n’était pas enseignée précédemment.

Dans tout ce qui concerne le pardon dans le Nouveau Testament, le constat qui s’impose est le suivant:

Demander le pardon à Dieu pour être pardonné est… une hérésie !

Cette notion ne se trouve pas dans le Nouveau Testament. C’est la tradition qui maintient ce mensonge vivant, et le fait que l’idée semble à priori sage, mais elle est une folie car en réalité elle nie l’œuvre de la vie de Christ ! Cette notion de demande de pardon est le résultat d’une pensée toute humaine, mais pas celle de Christ. Ce mensonge maintient les gens sous la condamnation et sous l’emprise du péché, car il ne peuvent pas se saisir du pardon des péchés de cette manière, c’est-à-dire par le moyen d’une demande. Le pardon est déjà donné et il est à saisir par la foi. Il s’agit d’accepter que Dieu ne tient pas compte des fautes, parce qu’il est amour. Il l’a démontré en Christ.

Et il est d’ailleurs inutile de demander pardon à Dieu dans l’idée qu’il soit réconcilié avec nous, comme si Dieu était irrité contre l’humanité. Jésus n’a pas enseigné ni démontré une telle pensée. Ce sont les hommes qui ont besoin d’être eux-mêmes réconciliés avec Dieu (cf. 2 Corinthiens 5:20), en acceptant le moyen par lequel Dieu déclare les hommes justes (cf. Romains 10:2-4) et les amène à une vie juste et sainte: la foi en la vérité qui est en Christ. Mais beaucoup ignorent la vérité que Christ a enseignée et démontrée. Car pour ce qui est de la part de Dieu envers nous, l’amour pardonne tout, il ne s’irrite pas, il ne tient pas compte des fautes. Lorsqu’on saisit ce que Dieu nous a montré en Christ jusqu’à donner sa vie, c’est nous qui sommes réconciliés avec Dieu et délivrés pour entrer dans les mêmes réalités qui étaient celles de Paul : « Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis de Dieu par vos pensées et par vos œuvres mauvaises, il vous a maintenant réconciliés par la mort de son Fils dans son corps de chair pour vous faire paraître devant lui saints, sans défaut et sans reproche. Mais il faut que vous restiez fondés et inébranlables dans la foi » (Colossiens 1 :21-23 SG21). Ce n’est pas qu’une apparence de sainteté, cela devient une réalité que Dieu produit lui-même chez celui qui croit à la vérité qui est en Christ, et qui se saisit du pardon tel que Christ l’a enseigné et démontré. La délivrance de l’esclavage du péché, délivrance qui produit une vie juste et sainte, vient de comprendre à travers la vie de Jésus jusqu’à sa mort, que les fautes sont effacées sans prérogative de notre part. La délivrance vient de se saisir personnellement de cette vérité pour soi-même et de l’appliquer aussi aux autres: « Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne serez pas vous-mêmes jugés. Gardez-vous de condamner les autres, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés » (Luc 6:37 BDS). Et cette vérité permet de libérer les autres en les amenant à s’en saisir pour eux-mêmes, ce que Jésus a fait lui-même en disant : « tes péchés sont pardonnés » ou « je ne te condamne pas non plus« . « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20:23 SG21). Sur terre, le pardon des péchés est entre les mains des hommes ! (cf. Marc 2:10, Matthieu 9:6, Luc 5:24).

Forgiveness 2L’enseignement de Jésus purifie, lave du péché. Jésus a dit à ses disciples: « Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée » (Jean 15:3 NEG79). Jésus est venu ôter les péchés, comme Jean en a fait l’expérience et l’enseigne : « Or, vous le savez: Jésus est apparu pour ôter les péchés, et il n’y a pas de péché en lui. Par conséquent, celui qui demeure uni à lui ne pèche pas et celui qui pèche ne l’a jamais vu et ne l’a jamais connu » (1 Jean 3:5-6 BDS). Même avec une perspective modelée par les prescriptions de Moïse sans tenir compte des paroles de Jésus, l’auteur aux Hébreux en est arrivé à recevoir ce que le sang de Christ à scellé comme alliance : « Par une offrande unique, en effet, il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il purifie du péché (littéralement ceux qui sont sanctifiés, c’est un présent continue!). C’est là ce que le Saint-Esprit nous confirme de son côté. Car il dit d’abord: Mais voici quelle alliance je vais établir avec eux après ces jours-là, dit le Seigneur: je placerai mes lois dans leur cœur et je les graverai dans leur pensée. Puis il ajoute: Je ne tiendrai plus compte ni de leurs péchés, ni de leurs fautes. Or, lorsque les péchés ont été pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande pour les ôter. » (Hébreux 10:14-18 BDS).

Celui qui continue de croire et de véhiculer l’idée qu’il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas demandé le pardon à Dieu, fait Jésus-Christ menteur. Un tel croyant ne vit pas dans la nouvelle alliance scellée par le sang de Christ, mais il vit dans un équivalent aux prescriptions de Moïse qui sont inefficaces. Dieu ne tient pas compte des péchés, il les a « oubliés », comme si ces péchés n’avaient jamais eu lieu. En vérité, celui qui ne vit pas dans le pardon établi sans demande, démontre ainsi qu’il ne croit pas à ce que Christ a enseigné, démontré, et que son sang versé a scellé à la croix une fois pour toute. Un tel croyant ne peut pas connaître pleinement le salut, c’est-à-dire être délivré, libéré de la loi du péché (voir aussi La connaissance du salut par le pardon des péchés). Il ne peut pas recevoir et connaître pleinement la sanctification qui se produit dans l’union avec le Christ, en celui qui croit.

Ce mensonge de la demande de pardon empêche de recevoir le don de la justification (droiture) et les trésors surabondant de la grâce par lesquels le chrétien règne dans la vie par Jésus-Christ, lui seul (cf. Romains 5:17). Avec ce mensonge de la demande de pardon, il est impossible de vivre la vie juste et sainte que Dieu appelle à vivre, et impossible de vivre toute la plénitude qui se trouve dans l’union avec le Christ. La conséquence est d’être étranger à la vie que Dieu donne véritablement et qu’on observe dans le livre des Actes. Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur.

« Quel est le Dieu semblable à toi, qui efface les fautes et qui pardonne les péchés du reste de ton peuple qui t’appartient? Toi, tu ne gardes pas ta colère à jamais, mais tu prends ton plaisir à faire grâce » (Michée 7:18 BDS).

« Mais toi, Seigneur notre Dieu, tu as de la pitié et tu pardonnes, alors que nous nous sommes révoltés contre toi » (Daniel 9:9 BDS).

« Que tout mon être loue l’Eternel, sans oublier aucun de ses bienfaits. Car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, c’est lui qui te guérit de toute maladie, qui t’arrache à la tombe… Il ne nous traite pas selon le mal que nous avons commis, il ne nous punit pas comme le méritent nos fautes. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant l’amour de Dieu dépasse tous ceux qui le révèrent » (Psaume 103:2-11 BDS).

Voir le dossier complet avec tous les passages du Nouveau Testament qui parlent du pardon, sur la page Approche théologique : Dossier: Le point sur le pardon des péchés.

La vérité dans l’amour: clé de la croissance

S’il y a une notion qui a certainement provoquée plus de blessures chez les gens que ce qu’elle en a guérie, c’est probablement celle de « dire la vérité à son prochain« . Ceci vient essentiellement de ce que les gens comprennent par « dire la vérité« , qui est souvent interprété faussement comme dire tout ce que l’on pense, ce que l’on ressent, exprimer notre désaccord avec l’autre, lui faire savoir ce qu’il a provoqué chez nous, et surtout ce qui ne va pas chez lui…, etc. Dans le Nouveau Testament, lorsque la Bible parle de « la vérité« , elle sous-entend essentiellement dans la majorité des textes, la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu. Il s’agit en particulier de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, tout ce qu’elle comprend et dont Jésus en est la démonstration. C’est Jésus qui est la Vérité (cf. Jean 14:6) dont la Bible parle, l’image visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15).

Voici ce que Paul écrit avant de mentionner la notion de dire la vérité à son prochain : « C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête: le Christ (Ephésiens 4:11-15 BDS).

Vérité dans l'amour 2Ce que Paul dit ici, c’est que les serviteurs que Dieu a donnés comme ambassadeurs (apôtres), comme porte-paroles de Dieu (prophètes), comme annonceur de la Bonne Nouvelle (évangélistes), comme prenant soin des autres tels des bergers (pasteurs) et enseignant les choses de Dieu (enseignants), sont donnés pour équiper les autres dans ses domaines respectifs, afin qu’ils soient rendus aptes à servir pour construire le corps de Christ. Paul dit même que c’est de cette manière-là, à travers la contribution de chacun de ces services mentionnés, pour que tous soient équipés dans tous ces domaines, que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance de Jésus-Christ. Il dit qu’ainsi équipé, on parvient à l’état d’adultes dans la foi, c’est-à-dire à un stade où le plein développement de la vie de Christ est manifeste chez le croyant. Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucune hiérarchie dans ces services, mais que chacun d’eux est nécessaire pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à servir en vue de la construction du corps de Christ. Aujourd’hui, le problème se trouve dans le fait que ceux qui enseignent les autres dans ces domaines, bien que considérés dans ces cinq services, ne connaissent souvent pas eux-mêmes la vérité. En étant modelé par le monde actuel et par la tradition de ce qu’ils ont entendu des autres, ils font partie des « hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur« , par une sagesse tout humaine que les enfants dans la foi ne discernent en général pas. Le résultat est qu’aujourd’hui, de nombreux croyants ne parviennent jamais à l’état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude de Christ. Surtout, s’ils ne cherchent pas eux-mêmes à connaître la vérité. Les cinq services dont parle Paul étaient, en son temps, par des hommes qui connaissaient la vérité et qui vivaient selon la vérité. Celle-ci n’avait pas encore été diluée dans des traditions issues d’une pensée tout humaine, et maintenue durant des siècles à cause de l’inaccessibilité aux Écritures par les croyants, et dont l’Église en porte encore de nombreuses séquelles.

Ce passage de la lettre aux Ephésiens laisse entendre que ce qui caractérise un enfant dans la foi est d’être ballotté par le vent de toutes sortes d’enseignements, ces enseignements pouvant même être contradictoires entre eux. Il laisse entrevoir que ce ballottement provient, d’une part, d’un manque au niveau des cinq services mentionnés, mais aussi, d’enseignements provenant d’hommes habiles à entrainer les autres dans l’erreur. Il faut comprendre que lors des écrits de Paul, les écrits du Nouveau Testament que l’on connait aujourd’hui n’étaient pas encore rassemblés et accessibles à tous les croyants. Sans compter que les évangiles n’avaient pas encore été mis par écrit. Les services mentionnés étaient donc essentiels pour que les croyants soient enseignés correctement. Lorsqu’on parle d’entrainer les autres dans l’erreur, on parle ici d’enseignements qui ne sont pas conformes à la vérité, bien qu’ils semblent être authentiques aux oreilles de ceux qui sont enfants dans la foi*. La conséquence est que la plénitude qui vient du Christ n’est pas manifeste chez les croyants, l’état d’adulte n’est pas atteint. Mais ce stade n’est bien souvent pas atteint non plus chez ceux qui enseignent pourtant les autres. Pour cette raison:

Tout enseignement doit être éprouvé, avec une préoccupation sincère de la vérité, à la lumière de ce que dit véritablement celui qui est la vérité : Jésus-Christ.
(voir aussi Approche théologique)

Cette préoccupation de la vérité doit être constante, parce que tout enseignement qui n’est pas conforme à la vérité ne produit simplement pas ce que seule la vérité produit: la libération de l’esclavage du péché (cf. Jean 8:31-45), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) conforme à la volonté de Dieu: l’amour. Mais c’est aussi l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie du croyant qui se trouve compromis par une méconnaissance de la vérité. Malheureusement, chez de nombreux croyants, par leur méconnaissance de la vérité, le règne de Dieu (voir Romains 14:17) n’est pas manifesté dans leur vie, et les mêmes œuvres que Jésus a faites et qu’il a dit que ses disciples feraient (Jean 14:12) se trouvent également absentes de leur vie.

Vérité dans l'amour 3Dans la foi, le stade adulte n’est pas simplement atteint par les années qui passent. Il est possible de confesser Jésus comme Seigneur et de croire que Dieu l’a ressuscité des morts, et cela depuis de nombreuses années et être toutefois resté un enfant dans la foi aux caractéristiques ci-dessus (voir aussi note de bas de page*), à cause de manquements au niveau des services mentionnés et/ou d’enseignements erronés qui sont crus (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité). Le Saint-Esprit, que Jésus dénomme précisément « l’Esprit de vérité« , joue un rôle majeur pour conduire dans le discernement de la vérité et filtrer ce qui est erroné dans les enseignements donnés par certains hommes: « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jean 16:13 BDS). Les enseignements erronés sont rarement totalement erronés. Mais ils contiennent souvent un certain nombre d’éléments de la vérité qui se trouvent mélangés avec des mensonges issus d’une pensée tout humaine, généralement modelée par le monde actuel et par la tradition. Ces enseignements erronés peuvent résonner comme remplis de sagesse pour ceux qui connaissent mal les Écritures, et en particulier ignorent les paroles que Jésus a prononcées. Il est donc vital de connaître la vérité qui est en Christ et de se débarrasser du mensonge qui peut habiter ce qu’on croit.

« C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain… » (Ephésiens 4:25 BDS). C’est débarrassé du mensonge concernant Dieu et les choses de Dieu, que l’Évangile est véritablement ce qu’il est: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ainsi que ce qui est transmis est « la vérité à son prochain« . C’est cela que Paul décrit par « la vérité » à dire à son prochain (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce).

Mais cette vérité, la Bonne Nouvelle avec tout ce qu’elle comprend, se doit d’être exprimée dans l’amour (cf. caractéristiques de l’amour). C’est ainsi que nous grandissons à tous égards vers le Christ, c’est-à-dire à sa ressemblance. Exprimer la vérité dans l’amour implique d’être premièrement soi-même enraciné dans l’amour de Dieu, afin que la vérité qui est exprimée soit issue d’un amour pour les gens. Paul insiste sur l’amour à plusieurs reprises, comme aux Corinthiens: « Supposons que j’aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j’aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. » (1 Corinthiens 13:2-3 BDS).

Et c’est pour transmettre la vérité dans l’amour que Paul a consacré sa vie: « C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité » (1 Timothée 2:4-7 BDS).

 

* A noter: Les caractéristiques que Paul décrit comme celles des enfants dans la foi sont notamment: être asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde (Galates 4:3), fonctionner comme des hommes livrés à eux-mêmes en fonction de leur propre nature et agissant d’une manière tout humaine, se jalouser les uns les autres et se disputer, se caractériser et se comparer par une dénomination (1 Corinthiens 3:1-4). Jean le résume ainsi, lorsqu’il décrit ceux qui ne sont plus des enfants dans la foi, mais qui sont déjà parvenus à l’état de « jeunes gens« , il dit qu’ils ont vaincu le mal (1 Jean 2:12-14), leur vie n’est plus caractérisée par le péché (voir 1 Jean 3:1-10). Il n’y a pas de condamnation apportée par Paul et par Jean, mais un bon moyen de tester, en étant honnête avec soi-même, si ce que l’on croit est la vérité. La présence des caractéristiques de « l’enfant dans la foi » devrait être un signal dans la vie du croyant qu’il y a des choses erronées dans ce qu’il croit concernant Dieu et les choses de Dieu. La connaissance de qui est Dieu véritablement, tel qu’il s’est révélé en la personne de Jésus-Christ, a pour conséquence l’amour. C’est ce que nous dit Jean: « Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:8 BDS). Jean ne laisse aucune place à la prétention.

L’Esprit donné en accueillant avec foi la Bonne Nouvelle

IMG_2430Tout au long de l’histoire biblique, nous voyons Dieu donner son Esprit à des hommes qui se sont tournés vers Lui et se retrouvaient alors à accomplir des choses extraordinaires, au-delà de leur propre capacité humaine. Dans Genèse 41, on voit le pharaon, qui pourtant ne marchait pas avec l’Éternel, faire le constat suivant face à Joseph: « Trouverions-nous un homme aussi compétent que celui-ci en qui habite l’Esprit de Dieu? » (Genèse 41:38 BDS). On voit Dieu donner son Esprit, à ceux qui sont tournés vers Lui et placent leur confiance en Lui. Et sa gloire est ainsi révélée par l’accomplissement de ses œuvres qui sont bonnes. Mais aucun des hommes qui ont précédé Jésus n’a accompli que les œuvres du Père qui sont bonnes, parce qu’ils ne l’avaient jamais vu. Par leur manière de penser, modelée par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement, même les hommes qui marchaient avec l’Éternel et qui avaient reçu son Esprit, accomplissaient aussi les œuvres du Malin qui sont contraires à l’amour. Les hommes étaient incapables de discerner entre l’Esprit de l’Éternel et d’autres esprits (voir Jean 8:48, 10:20, Marc 2:7, 14:64). Et ceci, parce qu’ils ne connaissaient pas le Père tel qu’il est véritablement (cf. Jean 16:2-3, Jean 17:6, 25-26). L’image de l’Éternel qui était ainsi transmise par les hommes du peuple de l’Éternel, inclus ceux qui avaient reçu l’Esprit de l’Éternel, était déformée et ne poussaient pas les hommes à se tourner vers l’Éternel (voir Jean 10:8-10). Au contraire, la tendance était de pousser les hommes loin de l’Éternel, ou de les maintenir tournés vers l’Éternel par un esprit religieux et une justice du mal pour le mal envers leurs ennemis, faussement prétendue justice de Dieu, par ignorance. Ainsi, toutes les actions des hommes prétendues au nom de l’Éternel ne sont pas toutes conformes à l’Esprit de l’Éternel (ex: 2 Rois 1:9-15, Luc 9:51-56).

Mais l’Éternel est venu Lui-même, en chair et en os en la personne de Jésus-Christ, montrer la vérité à son propre sujet. Il a ainsi démasqué les œuvres du Malin. Il a aussi montré sa volonté de donner Son Esprit à tous les hommes qui se tournent vers Lui, afin qu’ils puissent être délivré du mal qui est en eux. Cette délivrance se produit par la vérité qui est en Christ et dans laquelle son Esprit conduit. Ce salut est en Jésus-Christ. Et le don de l’Esprit de l’Éternel, le même qui était en Christ, est Celui par lequel il marque tous ceux qui appartiennent à Dieu. Les Écritures montrent Esaïe apercevoir déjà cette réalité que l’Éternel désirait : « Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu sur nous d’en haut, et alors le désert deviendra un verger, et le verger sera semblable à la forêt. Le droit habitera dans le désert, et la justice dans le verger. Le fruit de la justice (justice/droiture) sera la paix. L’effet de la justice (justice/droiture), ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais. Mon peuple habitera un domaine de paix dans des demeures sûres, dans des maisons tranquilles. La forêt tombera, abattue par la grêle, et la cité tombera au plus bas. Bienheureux serez vous: vous sèmerez partout le long d’eaux abondantes et vous pourrez laisser les bœufs comme les ânes en liberté » (Esaïe 32:15-20 BDS). Jésus, par une démonstration de la vérité au sujet de l’Éternel, Dieu est amour et l’amour ne commet pas le mal, attire les hommes vers Dieu (cf. Jean 12:32, 14:6), pour qu’ils se tournent vers Lui et fassent appel à Lui afin que ceux-ci reçoivent son Esprit.

Esprit donnéDans le livre de Joël, on voit déjà ce désir de Dieu de déverser son Esprit sur tout le monde, lorsque Joël dit au nom de l’Éternel : « Après cela, moi, je répandrai mon Esprit sur tout le monde: vos fils, vos filles prophétiseront. Vos vieillards, par des songes, vos jeunes gens, par des visions, recevront des révélations. Et même sur les serviteurs, sur les servantes, moi, je répandrai mon Esprit en ces jours-là… » (Joël 3 BDS).

Avant de s’en retourner vers le Père, Jésus a dit à ses disciples: « il vaut mieux pour vous que je m’en aille. En effet, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous. Mais si je m’en vais, alors je vous l’enverrai« . Jésus leur dit aussi : « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière…« , « Il manifestera ma gloire…« , « le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit moi-même«  (Jean 16:7, 13, 14, 14:26 BDS). Ainsi, c’est Jésus qui envoie l’Esprit, mais Jésus et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). C’est cet Esprit qui manifeste la gloire de Dieu et qui conduit le disciple de Jésus dans la vérité tout entière, à travers les paroles que Jésus a prononcées. C’est cet Esprit dont le fruit produit est « l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité/foi, la douceur, la maîtrise de soi » (Galates 5:22-23 BDS). Ce fruit, l’Esprit le produit en abondance, ce qui prouve ainsi que le croyant est réellement disciple de Jésus (cf. Jean 15:8), attaché aux paroles de Jésus (cf. Jean 8:31). C’est l’action de cet Esprit dans la vie du croyant qui est l’adoration véritable que Jésus annonce à la Samaritaine: « Crois-moi, lui dit Jésus, l’heure vient où il ne sera plus question de cette montagne ni de Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient du peuple juif. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent par l’Esprit et en vérité » (Jean 4:21-24 BDS). Jésus laisse comprendre que ceux qui l’ont précédé n’étaient pas de vrais adorateurs. La véritable adoration n’est pas ce que pourrait produire l’homme par ses propres efforts. L’adoration ne consiste pas non plus en un culte rendu sur une montagne ou dans un temple de pierre, comme l’ont fait ceux qui ont précédé Jésus, mais il s’agit de ce que produit l’Esprit de Dieu dans la vie de l’homme qui place sa confiance en Dieu, et qui est attaché à la vérité que Christ a révélée. L’exemple parfait de l’adoration, par l’Esprit et en vérité, dont Jésus parle c’est: Sa propre vie.

Alors la question à se poser est la suivante: Comment Jésus donne-t-il son Esprit? Comment être rempli de l’Esprit de Dieu et voir son fruit grandir en nous?

Le désir d’être rempli de l’Esprit de Dieu et d’expérimenter la plénitude de la vie de Christ, avec toutes les bonnes caractéristiques que produit l’Esprit Saint, est en général présent chez de nombreux croyants. On peut entendre toutes sortes de prières qui vont dans le sens d’exprimer ce désir, avec parfois une recherche assidue à ce que l’Esprit Saint se manifeste, conscient de la nécessité de l’intervention de l’Esprit de Dieu. Mais bien souvent la sincérité de cette démarche semble insuffisante et infructueuse, et la réalité de l’Esprit de Dieu quelque peu aléatoire, un peu comme si l’Esprit Saint agissait au bon vouloir de Dieu et que sa volonté était fluctuante. Mais cette inconstance apparente de l’action de l’Esprit et de la volonté de Dieu n’est clairement pas ce que l’on observe dans la vie de Jésus, ni dans celle des apôtres et disciples de Jésus qui est décrite dans le livre des actes ou dans les lettres du Nouveau Testament. Dieu n’est pas inconstant.

Paul donne une réponse à la question: comment Dieu donne son Esprit? Il le fait dans sa lettre aux Galates. Ceux-ci avaient commencé en expérimentant la vie de l’Esprit, la grâce de Dieu à laquelle on accède au moyen de la foi. Mais ils avaient progressivement commencé à mélanger la grâce et la loi de Moïse, ne comptant plus alors uniquement sur la grâce de Dieu en Jésus-Christ par le moyen de la foi seule, mais comptant sur leur obéissance aux prescriptions de Moïse pour obtenir la faveur de Dieu et essayer de voir ainsi la sanctification se produire. Et ce mélange de la grâce avec les prescriptions de Moïse chez les Galates amène Paul à réagir sans compromis et de manière assez directe. En sorte qu’il n’évoque aucune louange au sujet des Galates dans l’introduction de sa lettre, contrairement à toutes ses lettres adressées aux autres églises. Car Paul sait que ce mélange de la grâce et des prescriptions de Moïse, basées sur les propres efforts, produit l’opposé de la sanctification. Ce mélange ramène à l’esclavage du péché et lui donne sa force (voir 1 Corinthiens 15:56). Paul leur dit dans sa lettre: « Manquez-vous à ce point d’intelligence? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources que vous allez parvenir à la perfection? » (Galates 3:3 BDS). Paul laisse ainsi comprendre que les prescriptions de Moïse, que les Galates avaient commencé à mélanger à l’Évangile, sont basées sur les propres ressources humaines. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle ces prescriptions de Moïse, autour du décalogue (dix commandements), étaient inefficaces et donnaient même de la force au péché. Ainsi, en comptant sur des moyens humains, il est impossible de parvenir à être semblable à Christ. C’est par l’Esprit de Dieu que l’on parvient à la perfection qui est en Christ.

Et voici la réponse donnée par Paul à comment Dieu donne son Esprit: « Voyons! Lorsque Dieu vous donne son Esprit et qu’il accomplit parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous obéissez à la Loi ou parce que vous accueillez avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue? » (Galates 3:5 BDS). La Bonne Nouvelle consistait dans le fait de la grâce de Dieu, à laquelle on accède par le moyen de la foi.

IMG_2518Paul sous-entend que ce n’est pas en réponse à l’obéissance à la Loi, aux standards de Dieu et à ses commandements, ni aux prescriptions de Moïse auxquels les Galates avaient commencé à se soumettre, que Dieu donne son Esprit et accomplit des miracles parmi les croyants. Ce n’est pas non plus sur une demande formulée de leur part pour être davantage rempli de l’Esprit. Non, Dieu donne son Esprit et accomplit des miracles parce qu’on accueille avec foi la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu ! Il est intéressant de prendre conscience que Paul s’adresse à des chrétiens, aux chrétiens de la Galatie, donc à des gens qui ont déjà entendu la Bonne Nouvelle et qui avaient reçu l’Esprit de Dieu, par lequel ils avaient commencés. Le verbe « accueillir » est conjugué ici dans un présent continu. Paul permet aussi de comprendre que:

C’est en accueillant continuellement avec foi la Bonne Nouvelle que Dieu donne son Esprit!

La Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu a été plus que démontrée en Jésus-Christ, durant toute sa vie, jusqu’à sa mort et sa résurrection. Et la grâce de Dieu a été démontrée depuis, dans la vie de ses disciples (voir Jean 8:31-32, Matthieu 24:25, Actes 11:26). C’est cette réalité de la grâce de Dieu, démontrée en Christ jusqu’à choisir de mourir (cf. Jean 10:18) en démontrant que Dieu ne retourne pas le mal pour le mal (cf. Luc 23:34, Matthieu 5:38-48), qui purifie de la fausse manière des hommes de penser (ce en quoi consiste le péché par définition). Cette purification se produit dans l’union avec le Christ, par un changement de la manière tout humaine de penser, pour l’aligner avec celle de Christ, afin de nous faire paraître saints, irréprochables et sans faute devant Dieu (cf. Colossiens 1:22). Cette réalité est à saisir personnellement par le moyen de la foi en Jésus-Christ, c’est-à-dire la foi dans ses paroles et dans ce qu’il a démontré par sa propre vie. Il s’agit de demeurer dans l’amour du Père céleste que Christ a démontré (cf. Jean 15:3-4, 9). C’est en accueillant avec foi (croire et agir en conséquence) la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, que l’Esprit de Dieu est donné à ceux qui croient. Mais c’est aussi en continuant d’accueillir avec foi cette Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, que le croyant est rempli de l’Esprit de Dieu, et que cet Esprit produit Son fruit en celui qui croit. C’est ce que l’auteur aux Hébreux souligne aussi, indirectement, en disant: « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (Hébreux 12:2 BDS). Jésus ouvre le chemin de la pleine confiance en Dieu, et porte cette confiance à la perfection. C’est en gardant continuellement les yeux fixés sur la vérité qui est en Christ, la grâce de Dieu, que la perfection se produit en celui qui croit.

C’est en gardant les yeux fixés sur la vérité qui est en Christ, en nourrissant les pensées de la grâce de Dieu, de la vérité du pardon des péchés que Christ a enseignée et démontrée une fois pour toute, que la transformation se produit (cf. Romains 12:2), et que l’Esprit accomplit son œuvre dans le croyant (voir aussi Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté). Et de la même manière, c’est aussi en accueillant continuellement avec foi la Bonne Nouvelle de la grâce, que Dieu accomplit des miracles parmi les croyants. Et aussi, que par les croyants eux-mêmes, agissant par la foi dans la grâce de Dieu, il accomplit des miracles pour démontrer au monde la grâce de Dieu, et les attirer ainsi à Lui par son amour (voir Jean 14:12).

C’est afin qu’ils soient remplis de l’Esprit de Dieu, que Paul a dit aux Philippiens: « Enfin, frères, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, de tout ce qui mérite respect et louange«  (Philippiens 4:8 BDS), et qu’il dit aussi aux Ephésiens: « laissez-vous constamment remplir par l’Esprit: ainsi vous vous encouragerez mutuellement par le chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques inspirés par l’Esprit, vous louerez le Seigneur de tout votre cœur par vos chants et vos psaumes; à tout moment et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ«  (Ephésiens 5:18-20 BDS). Ainsi, c’est en nourrissant les pensées de tout ce qui est conforme à la grâce de Dieu et à la vérité, et par la reconnaissance exprimée à Dieu qui en découle, que le croyant est constamment rempli par l’Esprit. Mais il va de soi que si un croyant se nourrit de chants et de pensées qui ne sont pas conformes à la vérité que Christ a enseignée et démontrée, mais qui transmettent une image de Dieu qui est faussée, ces chants et ses pensées ne peuvent en aucun cas amener ce croyant à être rempli de l’Esprit de Dieu… Car l’Esprit de Dieu est l’Esprit de vérité, c’est Celui qui était en Christ, Christ est la vérité.

Toutefois, il peut être bon de préciser que le Saint-Esprit n’est pas retiré au croyant qui se nourrit de mauvaises pensées contraires à la vérité, car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). Dieu ne reprend pas ce qu’il donne. Mais le croyant qui nourrit ses pensées de ce qui n’est pas conforme à la vérité qui est en Christ, ne pourra simplement pas être rempli de cet Esprit qu’il a reçu. Par ses mauvaises manières de penser, c’est de ce qui est contraire à l’amour dont il sera rempli (voir Romains 8:4-7, Galates 5:17-21). Un tel croyant sera donc conduit par une nature tout humaine qui est corrompue et non par l’Esprit de vérité qui produit une vie juste et sainte. Ainsi, le fruit qu’il porte ne pourra pas être le fruit de l’Esprit (voir Galates 5:22-23), malgré le fait que l’Esprit de Dieu habite en Lui (voir 1 Corinthiens 6:19). Car il est non seulement nécessaire que l’Esprit de Dieu soit en nous, il est aussi nécessaire de demeurer dans l’Esprit de vérité, la vérité de la grâce de Dieu. Jésus a dit à ceux qui avaient déjà été purifié grâce à l’enseignement qu’il leur a donné: « Demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attaché au cep. Il en est de même pour vous: si vous ne demeurez pas en moi, vous ne pouvez porter aucun fruit«  (Jean 15:7 BDS). « Mais si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez«  (Jean 15:7 BDS).

 

La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité

Test de la vérité 1La première lettre de Jean est remplie d’indications précieuses permettant notamment d’évaluer notre connaissance de Dieu et de Jésus. Le constat que cette lettre de Jean a le potentiel de révéler peut s’avérer difficile à entendre pour certaines personnes parce que Jean ne laisse pas de place à la prétention. Il est bon de savoir que cette lettre a été rédigée dans une période où il y avait déjà des hérésies (conceptions erronées en matière de foi) niant, par exemple, l’humanité de Jésus et l’existence du péché avec les actions qui en découlent. Aussi, pour tirer le meilleur de cette lettre, il est vital de l’approcher avec humilité, en étant honnête avec soi-même et, surtout, accompagné de la réalité du pardon que Christ a démontré, en sorte d’éviter tout sentiment de culpabilité qui endurcit le cœur (voir Péchés pardonnés à cause de son nom et Le cœur est affermi par la grâce). Ainsi, cette lettre avec son intention devient un joyau qui permet de déceler s’il y a des hérésies dans ce que l’on croit, et chercher alors à rétablir la vérité qui produit la sanctification et la délivrance du péché pour mener une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24voir aussi Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté).

Jean, comme un père avec un cœur rempli d’amour qui repose les bases de la non-condamnation en provenance de Dieu, s’exprime ainsi: « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jean 2:1-2 NEG79). Le terme traduit ici par « victime expiatoire » est hilasmos qui en vérité a le sens d’apaisement, de moyen d’apaiser, c’est-à-dire le moyen de mettre fin à la violence d’un sentiment, d’une sensation pénible, à un trouble, à une agitation. Bien que Jésus ait fait l’expérience de la méchanceté des hommes, il n’est pas une « victime expiatoire » comme traduit ici, et Jésus l’a fait comprendre notamment lorsqu’il a dit: « En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10:18 BDS). Jésus n’a pas cherché à échapper à la mort bien qu’il en avait la possibilité (cf. Matthieu 26:52-54), mais il a démontré l’amour dans toutes ses caractéristiques, donnant sa propre vie jusqu’à la mort.  Et il a démontré qu’il est la résurrection et la vie (cf. Jean 11:25), en sorte que les hommes n’aient plus peur de la mort et soient habilités, par le moyen de la foi en Lui, à aimer leurs ennemis comme il l’a enseigné et démontré. Jésus est le moyen d’être apaisé en ce qui concerne le péché, parce qu’il a démontré que le Père ne tient pas compte des fautes, il n’est pas celui qui condamne, mais il sauve celui qui vient à Lui et fait appel à Lui. Jésus n’est pas le défenseur des hommes face au Père, mais il est le Défenseur de tous les hommes face à l’Accusateur. Jésus est le défenseur face à celui qui est le père du mensonge et le meurtrier dès le commencement, le diable qui a modelé la manière de penser des hommes (cf. Jean 8:44, Jean 5:45). Avec cette assurance devant Dieu donnée une fois pour toutes par Jésus-Christ, Jean enchaine avec ceci:

« Voici comment nous savons que nous connaissons le Christ: c’est parce que nous obéissons à ses commandementsSi quelqu’un dit: «Je le connais» sans obéir à ses commandements, c’est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jean 2:3-4 BDS).

Test de la vérité 3Le terme « connaître » (en grec ginosko) utilisé ici implique aussi une notion de connaissance rapprochée, d’intimité. La vérité au sujet de Jésus et l’intimité avec lui, c’est-à-dire la communion avec lui, vont de pair. On ne peut pas connaître Jésus intimement sans connaître la vérité dont parle la Bible à son sujet, dont ses propres paroles qui nous sont rapportées dans les évangiles. Et on ne peut pas connaître la vérité au sujet de Jésus sans être uni à lui, les deux sont nécessaires. C’est d’ailleurs dans l’union avec Jésus, qui se produit par le moyen de la foi (cf. Ephésiens 3:12), que le voile est ôté sur les Écritures (cf. 2 Corinthiens 3:14). Il s’avère qu’une méconnaissance de la vérité est non seulement la cause d’une méconnaissance de Jésus, mais elle est surtout la conséquence de cette méconnaissance de Jésus, car Jésus est la vérité. On pourrait l’illustrer ainsi:

La vérité = Jésus = la vérité.

Paul dit aux Colossiens que « En lui (Christ) se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Colossiens 2:3 BDS). Ainsi, une méconnaissance de Dieu est à la fois la cause et la conséquence d’une méconnaissance de la vérité qui est en Christ. Christ est la porte qui ouvre la connaissance. Ceci découle du fait que Jésus est la vérité (cf. Jean 14:6).

On accède au Père par la vérité et on accède à la vérité par Jésus.

Pour revenir à ce qui est dit dans 1 Jean 2 ci-dessus, c’est que si quelqu’un connait le Christ, il va forcément obéir à ses commandements, c’est indissociable. L’obéissance aux commandements de Christ est une conséquence directe de la connaissance du Christ, ce n’est pas le résultat d’efforts humains… L’obéissance aux commandements nous permet précisément de savoir et d’avoir l’assurance que nous connaissons effectivement la vérité au sujet de Christ, et donc du Père tel que Christ l’a révélé. L’obéissance est la mesure de la connaissance de la vérité: Christ. Ce que Jean nous dit donc ici, c’est que prétendre connaître le Christ sans obéir à ses commandements révèle que la vérité n’est pas en celui qui n’y obéit pas… En d’autres termes, si l’obéissance aux commandements de Jésus n’est pas là, notamment l’obéissance à cette parole « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jean 15:17 NEG79), c’est que ce qui est cru par le croyant n’est pas conforme à la vérité qui est en Christ. En vérité, il s’agit notamment de ce qui concerne la partie de la vérité qui délivre du péché et habilite à l’amour, et que Christ a révélé. En réalité, il s’agit de la partie fondamentale* et libératrice de l’esclavage du péché qui est ignorée, méconnue, ou parfois même rejetée à cause de la tradition.

C’est là une super indication que Jean nous donne pour savoir si ce que l’on croit concernant Dieu et nous-mêmes est effectivement la vérité, ou si l’on est dans de fausses interprétations de la Bible par ignorance des paroles de Christ, particulièrement en ce qui concerne le pardon des péchés. En conséquence, si quelqu’un n’arrive pas à obéir aux commandements, il ne faut pas continuer de s’efforcer d’essayer en prétendant connaitre Jésus, ceci donne vie au péché qui s’appuie précisément sur le commandement (cf. Romains 7:8). Ainsi avec ce que Jean nous dit, nous constatons que:

L’obéissance aux commandements de Jésus démontre si la vérité est en nous.

Il peut être bon de préciser qu’il s’agit d’aimer Dieu et d’aimer notre prochain comme Christ l’a fait lui-même. La réalité demeure que ce ne sont pas nos efforts qui produisent cette obéissance, mais connaître la vérité, c’est-à-dire le Christ. Alors, si l’obéissance aux commandements de Jésus, l’obéissance à l’amour, fait défaut, il faut premièrement ne pas prendre les choses personnellement, ni recevoir la culpabilité qui vient de l’accusateur qui est le père du mensonge. Mais il est nécessaire de vérifier ce que l’on croit en cherchant la vérité dans la Bible avec l’aide de l’Esprit-Saint. Et il s’agit principalement de connaître Jésus-Christ, c’est-à-dire ses paroles et ses actes qui nous enseignent la vérité et qui se trouvent dans les évangiles. Le rôle du Saint-Esprit a notamment pour but de conduire dans la vérité tout entière (cf. Jean 16:13), d’enseigner toutes choses et de rappeler les paroles que Jésus a prononcées (cf. Jean 14:26), car ce sont elles qui amènent à connaître la vérité qui délivre du péché (cf. Jean 8:31-36). Ainsi, en remplaçant les mensonges (ce que l’on croit mais qui est erroné) par la vérité qui est en Christ, l’obéissance aux commandements de Jésus se produit naturellement (par la nouvelle nature en Christ) pour celui qui est uni à lui par le moyen de la foi, et qui connait la vérité. Jean, qui connait bien cette vérité, dit d’ailleurs que les commandements ne sont pas pénibles (cf. 1 Jean 5:3), c’est une réalité dans l’union avec le Christ, et il va jusqu’à dire que:

« Celui qui prétend qu’il demeure en Christ doit aussi vivre comme le Christ lui-même a vécu » (1 Jean 2:6 BDS).

Jean ne laisse aucune place à la prétention pour ceux qui prétendent que leur enseignement est conforme à la vérité, notamment en ce qui concerne le pardon/effacement des péchés. C’est là un encouragement à mettre les « efforts » au bon endroit: chercher à connaître Dieu par la vérité qui est en Jésus-Christ, en recherchant la vérité qui les concerne et dont la Bible parle. Et lorsqu’on connait et croit la vérité, le Christ, l’obéissance que la connaissance de la vérité produit se passe alors naturellement, elle n’est pas pénible, elle déborde de l’amour qui est en Christ. C’est précisément là le meilleur test pour savoir si l’on connait réellement la vérité :

« Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour«  (1 Jean 4:8 BDS).

 

* voir Dossier: Le point sur le pardon des péchés, Dossier: Le point sur la repentance

La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce

Dans le premier chapitre de son Évangile, Jean écrit ceci: « Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité!  » (Jean 1:14 BDS). Dans ce passage, Jean définit la gloire qu’il a contemplé dans le Fils unique envoyé par le Père comme: plénitude de grâce et de vérité! Ce qui veut dire que:

La plénitude de la grâce et de la vérité est la gloire de Dieu.

Grace et vérité 1Jean exprime qu’il n’y a pas eu d’autres fils comme ce Fils envoyé par le Père, il est unique. Ce que Jean et d’autres ont pu contempler dans ce Fils, n’avait jamais été contemplé en aucun autre. Ainsi, en Jésus-Christ, la grâce et la vérité de Dieu se trouvent au plus haut degré de développement, dans toute leur force, leur intensité et c’est là ce qui qualifie la gloire de Dieu. Et Jean poursuit en disant: « Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre. En effet, si la Loi nous a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1:16-17 BDS). La grâce de Dieu est surabondante et inépuisable, elle est à la mesure de l’amour de Dieu (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu).
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Dans ce qu’il exprime ici, Jean place d’un côté la Loi donnée par Moïse, et de l’autre côté la grâce et la vérité. Ce qui est intéressant de relever c’est que la vérité est du côté de la grâce, faveur imméritée et « imméritable ». Les prescriptions données en marge du décalogue par l’intermédiaire de Moïse impliquaient un fonctionnement au mérite alors que la grâce est exactement l’opposé. Certaines prescriptions de Moïse excluaient la grâce et condamnaient à mort. La vérité est que la grâce est précisément ce qui démontre l’amour de Dieu, sa véritable nature et c’est Christ qui a rendu témoignage à la vérité. Personne d’autre ne l’a fait.
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Avant le régime de la Loi introduit par Moïse, régime avec des prescriptions au mérite, on constate un Dieu invisible qui ne tenait pas compte des fautes de ceux qui avaient placé leur confiance en lui, ni de son peuple conduit par Moïse. On voit l’Éternel qui manifeste sa bienveillance, sa grâce envers eux (par exemple Genèse 12, Exode 16, Exode 17). Mais l’histoire semble subir comme un nouveau tournant à travers le ministère de Moïse qui, au service du décalogue gravé sur des pierres, a conduit à la mort, à ce qui s’oppose à l’amour (cf. 2 Corinthiens 3:7-9, Jean 5:45). Le ministère de Moïse fait apparaître l’Éternel comme ayant changé d’humeur, et comme celui qui demande la mort à cause de sa sainteté. Mais cette idée pervertit la définition de la sainteté qui est précisément l’absence de tout mal. L’Éternel semble avoir fait savoir à Moïse, à la fin de sa vie, qu’Aaron et lui, ont déshonoré la sainteté de Dieu aux yeux des Israélites (cf. Nombres 20:12-13). La sainteté de Dieu, l’absence du mal en Lui, a été pleinement démontrée en Jésus-Christ. Par ses paroles et ses actes, Jésus a mis en lumière qu’un certain nombre de décisions et paroles transmises par Moïse en marge du décalogue étaient une réponse issues d’une pensée tout humaine face à la dureté du cœur des hommes (cf. Matthieu 19:8Jean 5:45, 8:1-11). La Loi de Dieu gravée sur des pierres a démontré la perversité de la pensée tout humaine modelée par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). La réaction de Moïse avec le décalogue a été la même que celle de beaucoup de croyants aujourd’hui qui se retrouvent avec ses mêmes loi de Dieu gravées dans leur cœur: ils se condamnent eux-mêmes et condamnent les autres par ces lois. Et cela parce qu’ils ne tiennent pas compte de la vérité qui est en Christ: Dieu ne tient pas compte des fautes et un changement de la manière de penser est nécessaire pour être rendu apte à vivre conformément à la loi de l’amour que Christ a démontrée. Il y a une perversion de la manière de penser des hommes que la loi de Moïse met en évidence. C’est ce dont Paul parle aux Romains en disant: « Est-il donc possible que ce qui est bon (le décalogue) soit devenu pour moi une cause de mort? Au contraire, c’est le péché (harmatia qui signifie faux état d’esprit) ! En effet, il m’a donné la mort en se servant de ce qui est bon pour manifester sa nature de péché et pour montrer son excessive perversité par le moyen du commandement » (Romains 7:13 BDS). « Car personne ne sera déclaré (rendu) juste devant lui parce qu’il aura accompli les œuvres demandées par la Loi. En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché » (Romains 3:20 BDS). Ce régime de la loi de Moïse, régime du mérite, n’a rien solutionné, au contraire. Et ce régime instauré par Moïse au service du décalogue que personne n’arrivait à satisfaire à cause du péché, ce faux état d’esprit de la pensée tout humaine, a duré jusqu’à la venue de Dieu Lui-même en la personne de Jésus-Christ. Christ en démontrant la vérité a mis fin à ce régime-là, une fois pour toutes. « Car le Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés (rendus) justes » (Romains 10:4 BDS).

La vérité est du côté de la grâce, pas du côté de la loi de Moïse.

Grace et vérité 2C’est la grâce qui est la vérité parce que la loi de Moïse avec son régime au mérite ne reflète pas l’amour de Dieu, ni le fait qu’il soit juste. La loi de Moïse peut laisser croire à celui qui ne comprend pas l’intention de Dieu, que Dieu fonctionne au mérite. La Loi peut aussi laisser croire faussement que Dieu est injuste, parce que suite à la faute d’un seul, Adam, tous ont hérité d’une fausse manière de penser et de ses conséquences. Mais Dieu a toujours fait grâce, mais le seul moyen d’y accéder a toujours été celui de la foi. La vérité qui est en Christ c’est que tous ont la possibilité d’accéder à la grâce de Dieu (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Dieu désire partager son amour. Il a créé l’homme par amour, pour l’amour et pour lui partager sa gloire: sa grâce (cf. Ephésiens 1:6). Son désir est de bénir l’homme, de lui déverser sa grâce, que le cœur de l’homme s’attache à Lui et soit le reflet de Son image, mais il ne peut pas le faire contre la volonté de l’homme, sans le choix de l’homme de mettre sa confiance en Lui et de penser comme Lui. Il ne peut pas le faire sans le moyen de la foi (voir aussi La foi qui plait à Dieu: croire en sa faveur imméritée).

Dans le texte original de Jean 1:17, le verbe utilisé pour la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ est un singulier. Pour être pleinement fidèle au sens, il faudrait traduire par la grâce et la vérité est venue par Jésus-Christ, ce qui donne une faute de français. Mais en réalité, la grâce et la vérité ne font qu’un! Si l’on touche à la grâce, on touche à la vérité, et de la même manière si l’on touche à la vérité, on touche à la grâce. La vérité c’est la grâce et la grâce c’est la vérité, et les deux sont venus en un Fils unique: Jésus-Christ, conformément à cette parole de l’Écriture: « L’amour et la vérité vont se rencontrer, et la justice et la paix se donneront l’accolade » (Psaumes 85:11 BDS).

Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté

IMG_0427Dans l’Évangile selon Jean au chapitre 17, où Jésus s’adresse au Père et prie pour ses disciples, il exprime ceci:

« Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. » (Jean 17:17 LSG)

La notion de vérité a suscité un grand nombre de débats qui visent souvent à définir ce qu’est la vérité ou, parfois, à en supprimer toutes notions absolues, chacun prétendant que ce qu’il croit est la vérité. Sans entrer dans ces controverses, ce qui est important à relever ici dans ce que Jésus exprime dans sa prière, c’est que: la vérité produit la sanctification et que la parole du Père de Jésus-Christ est la vérité. Le Père de Jésus-Christ ne dit pas de mensonge, mais ce qu’il dit peut être mal compris et donc sujet à une transmission de quelque chose d’erroné qui n’est ni la vérité, ni la parole de Dieu. Chaque individu croit pour lui-même que ce qu’il croit être vrai est la vérité. De plus, si ce qu’un individu croit est en grande partie issue de ce qu’il a entendu des autres, et non de sa propre recherche de la vérité, alors s’il trouve d’autres personnes qui croient comme lui, cela aura généralement tendance à renforcer son sentiment que ce qu’il croit est la vérité. Mais ce n’est pas parce qu’un homme a parlé au nom de Dieu que ce que cet homme dit est forcément la vérité, la parole de Dieu, même si un grand nombre d’individus le croit. C’est Jésus-Christ qui est la vérité, dont la parole est conforme à Dieu, parce qu’il est dans une parfaite unité avec le Père (cf. Jean 10:30). Alors comment savoir si une prétention à connaître la vérité n’est pas qu’une prétention mensongère et illusoire de celui qui croit connaître la vérité? Cette question est fondamentale car, rappelons-le, chaque individu croit pour lui-même que ce qu’il croit est la vérité. Et il y a une diversité de croyances qui s’opposent clairement entre elles, et ne peuvent donc pas être toutes simultanément conformes à la vérité.

A la vérité s’oppose le mensonge. Dans Jean 8:44, il nous est rapporté que Jésus a dit que le père du mensonge est le diable, qu’il ne se tient pas dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Jésus dit que lorsque le diable ment, il parle de son propre fond. Le terme original diabolos signifie calomniateur et celui qui accuse faussement. Calomnier signifie dénaturer sciemment quelque chose par de fausses interprétations. Le diable, l’adversaire, se pose en ennemi de Dieu et utilise essentiellement la vérité comme base du mensonge. Dès le commencement, il s’appuie sur la vérité pour la déformer par de fausses interprétations. Jésus nous dit que le diable est l’initiateur du mensonge, il en est le père. Le père du mensonge déforme la vérité, l’ampute ou cherche à la faire disparaître. Il ne se tient pas dans la vérité. Mais aussi, par exemple, l’adversaire prend les Écritures, les textes bibliques, pour suggérer intentionnellement des choses contraires à la pensée de Dieu que Jésus-Christ a révélée. L’adversaire suggère des choses qui ne sont pas la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Ce que le père du mensonge suggère n’est jamais la vérité, bien que ce qu’il dise contienne des éléments appartenant à la vérité. Par exemple, ce n’est pas parce qu’on place le seul vrai Dieu, ou Jésus-Christ, dans une phrase que la phrase est conforme à la vérité. Bien que le mensonge s’appuie toujours sur des éléments appartenant à la vérité, cela ne fait pas du mensonge quelque chose de conforme à la vérité. Le mensonge détruit la vie.

La vérité quant à elle, elle sanctifie, elle rend saint et sain (de corps, d’âme et d’esprit). Le terme original pour sanctifier est hagazio qui signifie être vénérable (se dit de quelqu’un dont la vie est exemplaire), séparer des choses profanes, purifier. La sanctification est la transformation qui amène une vie semblable à celle de Jésus-Christ (cf. 1 Jean 4:17), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24), conforme à la pensée de Dieu et à sa volonté pour l’être humain. La vérité produit l’amour semblable à celui qu’a manifesté Jésus-Christ. Jésus-Christ est la référence de ce à quoi ressemble la vie d’un homme sanctifié. La vérité au sujet du Père habitait Jésus, il se tenait dans la vérité. C’est pourquoi sa vie était juste et sainte, conforme à la vérité, Jésus-Christ est la vérité (cf. Jean 14:6). Le dominateur de ce monde, le diable, n’avait aucune prise sur Jésus (cf. Jean 14:30, Jean 10:18), parce que Jésus connaissait la vérité et il se tenait dans la vérité. Jésus ne pouvait pas être trompé par le mensonge comme Adam et Eve l’ont été, et comme l’ont été tous ceux qui sont venus avant Jésus-Christ (cf. Jean 10:8-10). Toutefois, le père du mensonge a essayé de tromper Jésus (voir Matthieu 4:1-11). Jésus-Christ a démontré la vérité concernant le seul vrai Dieu, son Père. Il a démontré ce qui est conforme à Dieu sur terre et ce qui ne l’est pas. Jésus-Christ nous laisse savoir que la vérité est ce qui sanctifie. Par ce que Jésus a exprimé, nous comprenons que si nous ne sommes pas sanctifié, c’est que nous ignorons la vérité et sommes attachés à des mensonges, par ignorance de la vérité. Comme déjà évoqué, sanctifier signifie rendre quelqu’un saint, c’est-à-dire dépourvu de ce qui appartient au mal. C’est amener une personne dans un état où la grâce se manifeste, où l’amour est présent dans toute sa plénitude et ses caractéristiques, telles que Jésus-Christ les a démontrées. IMG_0418Lorsqu’on se plonge dans les textes bibliques, il est donc fondamentale de rechercher la vérité. Il s’agit de rechercher ce qui est conforme à la parole de Dieu, c’est-à-dire conforme à ce que Dieu dit et pense véritablement. Parce qu’une interprétation des textes bibliques qui ne correspond pas à la vérité, et qui est contraire à la pensée du seul vrai Dieu, ne produit pas une vie semblable à celle de son fils, Jésus-Christ. Seule la vérité amène à une vie sanctifiée, juste et sainte, avec le même amour que Jésus-Christ. C’est pour cela qu’il est possible de lire la Bible, de connaître des passages bibliques que l’on cite par cœur, d’avoir fait de « hautes études diplômées », de passer des heures à prier dans toutes les directions et d’expérimenter tout sauf l’abondance de vie que Jésus promet, et de demeurer esclave du péché et ne pas voir se produire la sanctification, et ainsi mener une vie où les caractéristiques qui sont en Jésus-Christ sont absentes, une vie où le fruit de l’Esprit est absent, en résumé : une vie sans amour, une vie étrangère à la vie que Dieu donne véritablement (cf. Ephésiens 4:18).

Ainsi, une des raisons, si ce n’est la raison pour laquelle beaucoup de croyants expérimentent une vie qui ne transpire pas la vie et les caractéristiques de Jésus-Christ, ne vient pas d’un manque de volonté, mais du fait de croire des choses qui, en réalité, ne sont en pas la vérité, des choses qui ne sont pas la parole conforme à la pensée de Dieu. Il en résulte une vie qui ne manifeste pas la puissance du Saint-Esprit, une vie sans les mêmes œuvres que Jésus-Christ, une vie sans force, une vie conforme au monde actuel.

Certains peuvent croire une interprétation de certains textes bibliques en pensant que cette interprétation est la vérité, simplement parce que beaucoup d’autres croient la même chose… Mais la véracité de l’interprétation se démontre par ce que produit cette interprétation, prétendue conforme à la vérité, dans la vie de ceux qui la croient, et notamment le résultat de cette interprétation sur la sanctification. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit des croyances qui touchent directement à la sainteté. Le seul vrai Dieu ne laisse aucune place à la prétention, car à la vérité s’attache certaines caractéristiques qui sont propres à la connaissance de la vérité et que Jésus-Christ a démontrées. Jésus explique même le moyen de tester la connaissance de la vérité, qu’il a lui-même démontrée par sa propre vie.

Dans l’Évangile selon Jean, au chapitre 8 il nous est rapporté que Jésus a dit aux Juifs qui avaient mis leur confiance en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:31-32 NEG79). Dans ce passage, le terme affranchir est eleutheroo qui signifie rendre libre, amener à la liberté de la domination du péché. C’est pourquoi Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dit, quiconque se livre au péché est esclave du péché« . Et il dit par la suite : « Si donc le fils vous affranchit, vous serez réellement libres« . Jésus parle d’être libéré du péché. Le terme original pour péché est harmatia qui signifie ce qui est mal. Il vient du verbe harmatano qui a le sens d’erreur, de faux état d’esprit. En d’autres termes, il s’agit d’avoir de fausses manières de penser, contraires à la vérité qui est en Jésus-Christ. C’est en connaissant la vérité, conséquence de s’attacher à la parole que Jésus-Christ a annoncée, que la liberté dont Jésus est l’exemple (il n’a point péché, cf. 1 Pierre 2:22, 1 Jean 3:5, 2 Corinthiens 5:21), se manifeste en nous et à travers nous. A noter, il s’agit de s’attacher à la parole que Jésus -Christ a fait connaître. C’est la parole de Jésus-Christ qui amène à connaître la vérité qui libère, qui sanctifie. Il s’agit d’une parole que ceux qui l’ont précédé n’ont pas forcément annoncée, typiquement Jésus a dit « tes péchés sont pardonnés » sans qu’il n’y ait eu aucune prérogative de la part de ceux à qui il s’est adressé (cf. Matthieu 9:2, Marc 2:5 , Luc 5:20, Luc 7:48). Jésus a dit « je ne te condamne pas non plus » sans qu’il n’y ait eu aucune prérogative requise à cette non-condamnation (cf. Jean 8:11). Pour exemples, ni le paralytique, ni la femme adultère n’ont fait ou dit quoi que ce soit pour obtenir le pardon de leurs péchés et la non-condamnation que Jésus leur a annoncés et démontrés. Sans l’intervention de Jésus-Christ, la femme adultère aurait très certainement été lapidée conformément à ce qui avait été prescrit par Moïse et enseigné comme « parole de l’Éternel » par les hommes qui sont venus avant Jésus-Christ… Et Jésus a clairement laissé savoir que c’est lui qui est la vérité et, de plus, il a dit explicitement : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10:30 NEG79). Dans le contexte, il est clair qu’il s’agit là d’une unité d’esprit entre le Père et le Fils, c’est-à-dire d’une même manière de penser qui produit des actions chez le Fils qui sont conformes au Père. C’est aussi pourquoi Jésus a dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:9 NEG79).

Lorsque les accusateurs qui voulaient condamner la femme adultère ont demandé à Jésus : « Moïse, dans la loi (nomos: toute chose établie, toute choses acceptée par l’usage, une coutume, une loi, un commandement), nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? » (cf. Jean 8:5), le fait est que, sans en avoir conscience, c’est à celui qui est dans une parfaite unité avec le seul vrai Dieu qu’ils adressaient cette question. Et Jésus a donné une réponse conforme à son Père, le seul vrai Dieu, et il a clairement démontré que son jugement sur ce cas ne ressemble pas à la parole qui animait la croyance des accusateurs, et ne ressemblait pas non plus à la parole de ceux dont ils ont suivi aveuglément les enseignements. Jésus-Christ est la vérité. Lorsque Jésus s’est adressé à des Juifs, qui le poursuivaient parce qu’il avait guéri un infirme le jour du sabbat, il a éclairci certaines choses : « Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, celui en qui vous avez mis votre espérance » (Jean 5:21 SG21). L’accusation qui était issue des paroles de Moïse demeurait présente à l’époque de Jésus à cause d’une lecture des Écritures, et en particulier des paroles de Moïse, sans connaître la vérité au sujet du Père, tel que Jésus-Christ l’a révélé. C’est pourquoi, Jésus s’est adressé au seul vrai Dieu en disant : « Père juste, le monde ne t’a point connu; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci (les disciples de Jésus) ont connu que tu m’as envoyé » (Jean 17:25 NEG79).

En réalité, c’est toute la puissance de l’Évangile qui se manifeste grâce à la vérité et par la connaissance de la vérité : Jésus-Christ est la vérité. Une ignorance de la vérité par une interprétation erronée de ce qu’il nous est transmis que Jésus a dit, et par une interprétation erronée des textes bibliques en général, comme de déclarer conforme à la vérité quelque chose qui ne l’ai pas, ne produit rien de la vie et des caractéristiques qui sont en Jésus-Christ. Aussi, lorsqu’on ne vit pas encore les caractéristiques de la vie en Jésus-Christ, telles que décrites dans les textes bibliques par ceux qui ont expérimenté la vérité qui les produit, alors en toute humilité et avec l’aide du Saint-Esprit (Dieu est Esprit), il est fondamental de se poser la question suivante :

Est-ce que ce que je connais et crois être la vérité est conforme à la vérité?

Sanctification 10Parce que la sanctification ne vient pas des efforts humains et de l’éventuelle « bonne intention », mais de la connaissance de la vérité. Dieu ne ment pas (cf. Nombres 23:19). Et une parole qui n’appartient pas à la vérité, n’est pas une parole de Dieu. C’est Jésus-Christ qui l’a fait savoir et sa vie en a été témoin. Jésus-Christ est né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (cf. Jean 18:37). La parole de Dieu est la vérité. Ce qui n’appartient pas à la vérité ne peut pas appartenir à la parole de Dieu. Ce qui est contraire à la vérité qui est en Jésus-Christ ne peut pas être la parole de Dieu. Même si certains croyants s’obstinent, de nos jours, à appeler « parole de Dieu » des paroles qui s’opposent à la vérité qui est en Jésus-Christ et à ce qu’il a fait connaître au sujet du seul vrai Dieu, son Père. L’Ancien Testament est rempli de certaines croyances au sujet de Dieu et des choses de Dieu qui ne produisent pas une vie semblable à Jésus-Christ. Il s’agit de certaines croyances (pas toutes!) qui ne sont pas conformes à la vérité. Dès les temps anciens, certains hommes de foi ont bien manifesté et démontré la puissance de la foi, et même prophétisé au sujet du Messie, mais aucun n’a démontré être libéré du péché au point d’aimer leurs ennemis comme Jésus-Christ et ses disciples après lui l’ont fait, conformément à la vérité. Il y avait certaines croyances et compréhensions au sujet de Dieu parmi les hommes, qui nous sont rapportées dans les écrits de l’Ancien Testament qui ne permettent simplement pas de vivre les caractéristiques que seule la vérité produit. Et les écrits du Nouveau Testament en véhicule encore certaines séquelles mélangées à la vérité. Jésus a d’ailleurs clairement dit : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés » (Jean 10:8 NEG79). Les brebis sont les disciples qui s’attachent à la parole que Jésus-Christ a annoncée et qui permet de parvenir à la connaissance de la vérité. Sans Jésus-Christ, nul ne vient à la connaissance du Père tel qu’il est véritablement. Le terme original traduit ci-dessus par « voleurs » est kleptes qui signifie celui qui détourne, c’est un nom transmis aux faux enseignants, qui n’ont pas soin d’instruire, mais abusent de la confiance pour leur propre gain. Et Jésus dit que tous ceux qui l’ont précédé entrent dans cette catégorie… Oups… ! Sans le témoignage que Jésus-Christ a rendu à la vérité, il y a donc un manque de discernement dans la manière de penser et dans la compréhension au sujet de Dieu et des choses de Dieu, il y a un mélange et une confusion entre ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas. Le père du mensonge est meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). C’est uniquement par la vérité qui est en Jésus-Christ que la confusion entre les œuvres du diable et celles de Dieu peut être démasquée et potentiellement évitée. Celui qui ne s’attache pas à la parole que Jésus-Christ a annoncée ne peut pas parvenir à la connaissance de la vérité.

Croire à certaines choses qui ne sont pas la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, donc croire à certains mensonges, ne produit pas une vie juste et sainte. Le problème de fond lié au comportement et à l’étouffement de la vie de Jésus-Christ chez le croyant, n’est pas en lien avec la quantité insuffisante d’efforts et de discipline ou la simple mauvaise volonté, mais bien une méconnaissance de la vérité. La sanctification est l’établissement, ou le rétablissement, de la vérité dans la vie d’une personne. Il faut discerner les mensonges qui sont crus concernant Dieu. Certains mensonges concernent les choses de Dieu et/ou ce que Dieu dit à propos des hommes. Il est vital de remplacer ces mensonges par la vérité qui se trouve en Jésus-Christ et qui se trouve à l’aide de Jésus-Christ et du même Saint-Esprit qui était en lui. En réalité, cela ne peut se faire uniquement en cherchant à connaître la vérité et en découvrant la vérité dans laquelle le Saint-Esprit conduit (voir aussi 1 Jean 2:27).

Un mensonge ne peut être décelé que par la connaissance de la vérité. C’est connaître la vérité qui révèle les mensonges qui étaient crus précédemment. Car nous sommes tous venus au monde dans l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Les êtres humains se transmettent l’ignorance de la vérité de génération en génération, depuis que le mensonge est entré dans le monde, trompant Adam et Eve. C’est la vérité qui produit l’amour, la libération du péché (faux état de l’esprit) pour une vie juste et sainte. La vérité nous a été rendue connue par Jésus-Christ. Lorsque Jésus enseigne sur l’amour et qu’il dit : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48 NEG79), il croit que cela est possible à ses auditeurs, s’ils connaissent le Père tel que Jésus l’a fait connaître. Lorsque Jésus dit à la femme adultère : « Va, mais désormais, ne pèche plus« , il croit que cela est possible pour cette femme. Mais la condition pour que cela soit rendue possible pour elle, c’est de vivre dans la grâce de Dieu que Jésus-Christ a démontrée à tous dans cet épisode, autant envers les accusateurs de cette femme qu’en vers cette femme, et il est nécessaire pour elle de vivre dans la parole que Jésus lui a dite et dont il a fait la démonstration concrète envers ses accusateurs et envers elle : « je ne te condamne pas« . Le problème de cette femme n’était pas dans l’ignorance que rien de bon ne sort de l’adultère, mais dans le fait qu’elle ne connaissait pas l’amour véritable du Père dont seul le Fils de Dieu lui a témoigné. Dieu est amour.

L’encouragement ici, c’est que des transformations importantes et vitales peuvent avoir lieu sans attendre des décennies. Il s’agit du temps nécessaire pour découvrir, établir, ou rétablir, la vérité dans ce qu’on croit concernant le seul vrai Dieu, notre Père céleste, et concernant celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. Tout en sachant que « celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6 NEG79).

La connaissance de la vérité, la parole de Dieu, revient à avoir une connaissance correcte et précise de Dieu et de Jésus-Christ. C’est une clé pour que la grâce (faveur de Dieu, imméritée et « imméritable ») et la paix soient multipliées selon 2 Pierre 1:2 dans la vie du croyant.

Voir aussi: