Le cœur est affermi par la grâce

Coeur affermi 5« Ne vous laissez pas entraîner par toutes sortes de doctrines qui sont étrangères à notre foi. Ce qui est bien, en effet, c’est que notre cœur soit affermi par la grâce divine et non par des règles relatives à des aliments. Ces règles n’ont jamais profité à ceux qui les suivent » (Hébreux 13:9 BDS), écrit l’auteur aux Hébreux. Il y a ici une incitation à ne pas se laisser entraîner par toutes sortes de principes ou de croyances qui ne prônent pas la foi, c’est-à-dire la confiance en Dieu lui-même au lieu de la confiance en nos propres efforts ou capacités à se discipliner. L’auteur souligne ici que:

C’est la grâce divine qui affermit le cœur !

C’est précisément la faveur de Dieu imméritée et « imméritable » qui affermit le cœur, qui le remplit et le comble (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu et L’amour fait grandir dans la foi). C’est la grâce à laquelle on accède par le moyen de la foi qui produit le changement du cœur de l’homme. Les doctrines qui promeuvent des règles et une grande discipline au lieu de la confiance en Dieu n’ont jamais profité à ceux qui les suivent, car:

Les règles n’ont aucun pouvoir de changement sur le cœur de l’homme!

Coeur affermi 6C’est ce que l’apôtre Paul souligne aussi à plusieurs reprises comme dans sa lettre aux Romains lorsqu’il dit « ce que la Loi était incapable de faire, parce que l’état de l’homme la rendait impuissante, Dieu l’a fait: il a envoyé son propre Fils avec une nature semblable à celle des hommes pécheurs et, pour régler le problème du péché, il a exécuté sur cet homme la sanction qu’encourt le péché » (Romains 8:3- BDS). Toutefois, il faut faire attention ici à l’idée de sanction venant du Père que Paul véhicule… Car Paul ne tient pas compte des paroles de Jésus au sujet du Père. Il n’avait pas connaissance des paroles de Jésus que l’on retrouve dans les évangiles…! Jésus a enseigné et démontré clairement que ce n’est pas le Père qui est celui qui sanctionne le péché, les hommes le font et leur fausse manière de penser les amène à faire le mal. Regarder à la croix comme à une punition du péché est à l’opposé de la vérité qui est en Christ au sujet du Père, et fait passer le Père céleste pour un meurtrier à la place du diable (cf. Jean 8:44). La Loi gravée sur des pierres (le décalogue), elle-même est sainte et le commandement est saint, juste et bon nous dit Paul (cf. Romains 7:12). Mais la Loi gravée sur des pierres et les commandements de Dieu qui s’y trouvent, ainsi que toutes règles qu’on pourrait y ajouter comme Moïse l’a fait, n’ont aucun pouvoir de changement sur le cœur de l’homme. Et cela est due à la mauvaise manière de penser et de comprendre les choses qui habite l’homme depuis la faute d’Adam. Ce qui délivre du péché et qui sauve l’homme de cet état d’incapacité à faire ce qui est bien, c’est précisément la faveur de Dieu, imméritée et « imméritable », qui est la manifestation de son amour inconditionnel. C’est cette révélation de qui est véritablement Dieu, sa grâce qu’il a démontrée par la vie et la mort de Christ, qui change la manière de penser et de comprendre les choses au sujet de Dieu. C’est ce qui amène le cœur de l’homme à être transformé. Cette faveur imméritée, expression de son amour pour nous, Dieu l’a enseigné et démontré en Jésus-Christ. C’est ce que Paul résume en disant:

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu; ce n’est pas le fruit d’œuvres que vous auriez accomplies » (Ephésiens 2:8-9 BDS). « Dans la surabondance de sa grâce, notre Seigneur a fait naître en moi la foi et l’amour que l’on trouve dans l’union avec Jésus-Christ » (1 Timothée 1:14 BDS). Le cœur de Paul a été transformé par la grâce de Dieu dont il a fait l’expérience. Cette grâce a produit en lui la confiance en Dieu et l’amour dans l’union avec Jésus-Christ.

Dans la lettre que Jacques écrit, il dit ceci: « Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs, et purifiez votre cœur, vous qui avez le cœur partagé » (Jacques 4:8 BDS). Il y a une séquence dans ce que Jacques dit ici, et cette séquence est de s’approcher de Dieu en premier lieu! La conséquence de s’approcher de lui est que Dieu s’approche de nous. Dieu ne rejettera jamais celui qui s’approche de lui et ce indépendamment de l’état de celui qui s’approche de Dieu. Christ a démontré qu’il ne rejette pas celui qui vient à Lui. Jacques ne dit pas qu’il faut d’abord nettoyer nos mains et purifier notre cœur partagé pour s’approcher de Dieu. Parce que la vérité est que c’est Dieu seul qui peut faire ce nettoyage et cette purification. Pour être plus précis, c’est la vérité qui est en Jésus-Christ au sujet du Père et de son amour qui nous purifie. C’est par Son Esprit, l’Esprit de vérité, qu’il nous purifie de l’intérieur vers l’extérieur. C’est l’œuvre de Dieu Lui-même et il effectue cette transformation du cœur en nous faisant goûter à sa faveur imméritée et « imméritable » : sa grâce qui est l’expression de son amour inconditionnel.

C’est en goûtant à la grâce de Dieu que notre cœur cesse d’être partagé.

Coeur affermi 4David, qui pourtant vivait sous le régime de la loi de Moïse, c’est-à-dire le régime du mérite avec ses exigences et ses conséquences, avait déjà bien compris une partie du cœur de Dieu et la réalité de sa grâce lorsqu’il s’exprime ainsi: « Tu n’as voulu ni offrande ni sacrifice. Tu m’as ouvert l’oreille, car tu n’as demandé ni holocaustes ni sacrifices pour expier le péché » (Psaume 40:7 BDS). David avait goûté à la bonté de Dieu : « Car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, c’est lui qui te guérit de toute maladie, qui t’arrache à la tombe. C’est lui qui te couronne de tendresse et d’amour, et qui te comble de bonheur tout au long de ton existence; et ta jeunesse, comme l’aigle, prend un nouvel essor » (Psaume 103:3-5 BDS). Le psaume 67 le résume aussi merveilleusement dans les deux versets suivant:

« Que Dieu nous fasse grâce! Qu’il nous bénisse! Qu’il nous regarde avec bonté, afin que sur la terre on reconnaisse comment tu interviens, et que dans toutes les nations on voie comment tu sauves! » (Psaume 67:2-3 BDS)

Jésus lui-même, qui est la plénitude de la grâce de Dieu et qui en est la démonstration, affermit les cœurs en exprimant cette réalité de la grâce de Dieu pour celui qui place sa confiance dans le Père: « Oui, vraiment, je vous l’assure: celui qui écoute ce que je dis et qui place sa confiance dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné; il est déjà passé de la mort à la vie » (Jean 5:24 BDS).

La foi qui plait à Dieu: croire à sa faveur imméritée

Foi qui plait 4« Pour montrer qu’il est nécessaire de prier constamment, sans jamais se décourager, Jésus raconta à ses disciples la parabole suivante: Il y avait dans une ville un juge qui ne révérait pas Dieu et n’avait d’égards pour personne. Il y avait aussi, dans cette même ville, une veuve qui venait constamment le trouver pour lui dire: «Défends mon droit contre mon adversaire.» Pendant longtemps, il refusa. Mais il finit par se dire: «J’ai beau ne pas révérer Dieu et ne pas me préoccuper des hommes, cette veuve m’ennuie; je vais donc lui donner gain de cause pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.» Le Seigneur ajouta: Notez bien comment ce mauvais juge réagit. Alors, pouvez-vous supposer que Dieu ne défendra pas le droit de ceux qu’il a choisis et qui crient à lui jour et nuit, et qu’il tardera à leur venir en aide? Moi je vous dis qu’il défendra leur droit promptement. Seulement, lorsque le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il encore la foi sur la terre? » (Luc 18:1-8 BDS).

Jésus utilise cette parabole pour dire que Dieu qui, contrairement au mauvais juge qu’il ne faut pas confondre avec Dieu, se préoccupe des hommes et a égard pour chacun à cause de son immense amour. Dieu défend le droit de ceux qu’il a choisis (tout ceux qui ont foi en Lui) et qui s’attendent à Lui constamment. Il dit même que Dieu le fait promptement! Et Jésus termine cette parabole en exprimant sa préoccupation quant à savoir s’il trouvera encore, à son retour, la foi sur terre… Pourquoi cette préoccupation de Jésus?

L’auteur aux Hébreux nous dit ceci: « Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu » (Hébreux 11:6a SG21).

Pourquoi est-ce impossible de plaire à Dieu sans la foi?

Parce que la foi est le seul moyen par lequel on accède à Dieu et aux réalités de Dieu qui sont l’expression de son amour, tel que Christ l’a démontré. Par le moyen de la foi, c’est-à-dire croire à ce que Dieu a dit et démontré en Christ, Dieu peut ainsi nous affranchir de toute notion de mérite, car croire est un choix accessible à tous (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu). Les Écritures nous disent par exemple que:

  • C’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de nous c’est un don de Dieu (cf. Ephésiens 2:8)
  • C’est par la foi que nous sommes unis à Christ (cf. Ephésiens 3:12)
  • C’est par la foi que Christ vit dans notre cœur (cf. Ephésiens 3:17)
  • C’est par la foi que les hommes sont déclarés/rendus (dikaioo) justes (cf. Romains 3:28)
  • C’est en recevant la Bonne Nouvelle avec foi que nous recevons le Saint Esprit (cf. Galates 3:2, 14), c’est-à-dire l’Esprit de Dieu
  • C’est par la foi que nous sommes fils de Dieu (cf. Galates 3:26) et ainsi co-héritiers avec Christ (cf. Romains 8:17)

Ainsi, par le moyen de la foi, nous avons accès à toutes les réalités de Dieu qui sont en Christ.

Foi qui plait 5De la même manière que « par la foi, nous comprenons que l’univers a été harmonieusement organisé par la parole de Dieu, et qu’ainsi le monde visible tire son origine de l’invisible » (Hébreux 11:3 BDS), c’est par le moyen de la foi, en croyant à ce que Dieu dit (sa Parole), que les réalités invisibles du royaume de Dieu deviennent visibles dans ce monde. C’est pour ces raisons que « La foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1 SG21).

C’est parce que toutes les choses célestes invisibles sont libérées par le moyen de la foi, que par la foi nous avons véritablement l’assurance des choses que l’on espère, et que ces réalités célestes invisibles deviennent une démonstration visibles de celles qu’on ne voit pas sans le moyen de la foi.

Alors quelle est la foi qui plaît à Dieu? C’est précisément la foi qui s’attend à la faveur imméritée et « imméritable » de Dieu. C’est donc la foi qui s’attend à l’expression de l’amour de Dieu démontrée une fois pour toute en Jésus-Christ. « Sans la foi, il est impossible de lui être agréable; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent » (Hébreux 11:6 NEG79). L’auteur aux Hébreux laisse comprendre que ceux qui cherchent Dieu goûtent à Sa bonté, la condition c’est chercher Dieu Lui-même, et c’est Christ qui nous a montré le Père. Au retour de Jésus, la nécessité de la foi sera toujours une réalité, car : « En somme, trois choses demeurent: la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour » (1 Corinthiens 13:13 BDS), car Dieu est amour. Ceux qui ont rejeté Jésus parce qu’ils ne croyaient pas en Lui n’ont pas goûté au salut qu’il a apporté, et au retour de Jésus il en sera de même. Ainsi, en résumé:

C’est la foi qui s’attend à la faveur imméritée de Dieu qui lui est agréable!

La foi: le moyen d’être placé sous l’autorité de Dieu

Dans sa lettre aux douze tribus dispersées du peuple de Dieu, Jacques dit: « Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jacques 4:7 – BDS).

Foi autorité 1Il y a une séquence dans ce que Jacques dit dans ce passage et qui commence par la soumission à Dieu. Le Larousse défini la soumission comme le fait de se mettre sous le pouvoir d’une autorité. Aussi, par définition,

Être soumis à Dieu c’est être placé sous le pouvoir de son autorité.

Le terme soumission est souvent mal perçu et/ou mal compris, et ce généralement lié à une utilisation abusive du pouvoir de l’autorité humaine. Mais lorsqu’on connait l’immensité de l’amour de Dieu, dont la vie de Christ en est l’expression parfaite, être sous son autorité est l’emplacement le plus sûr qu’il soit, c’est le garant du meilleur qu’il désire pour nous par amour. « Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous? » (Romains 8:31 – BDS).

Sur le plan spirituel, il n’y a que deux autorités sous le pouvoir desquelles il est possible de se trouver: celle de Dieu ou celle contre lui. Jésus l’a exprimé ainsi: « Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi pour rassembler, disperse » (Matthieu 12:30 – BDS).

Aussi la question est: Comment être soumis à Dieu, c’est-à-dire être sous le pouvoir de son autorité ?

Paul donne la réponse à cette question en s’adressant aux romains : « Car je leur rends ce témoignage: ils ont un zèle ardent pour Dieu, mais il leur manque le discernement. En méconnaissant la manière dont Dieu déclare les hommes justes et en cherchant à être déclarés justes par leurs propres moyens, ils ne se sont pas soumis à Dieu en acceptant le moyen par lequel il nous déclare justes. Car le Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés justes » (Romains 10:2-4 – BDS). Le moyen par lequel nous sommes déclarés justes est donné précédemment dans cette même lettre de Paul: « Dieu déclare les hommes justes par leur foi en Jésus-Christ, et cela s’applique à tous ceux qui croient, car il n’y a pas de différence entre les hommes » (Romains 3:22 -BDS). Ce n’est pas par nos propres moyens, c’est-à-dire par ce qu’on pourrait faire ou ne pas faire, que nous sommes déclarés et rendus justes par Dieu, mais par le moyen de la foi conforme à la parole de Jésus-Christ. Ceci qui veut dire que:

C’est le moyen de la foi pour ce qui touche à la justification qui nous place sous l’autorité de Dieu !

Foi autorité 2C’est en grande partie cet élément de la vérité qui permet de résister à l’ennemi de Dieu, l’Accusateur, qui lui va toujours essayer de pointer les fautes. Mais face à la foi en Jésus-Christ, par laquelle Dieu lui-même déclare le croyant juste indépendamment de ses actions, l’Accusateur ne peut plus rien faire et n’a plus aucune autorité sur le croyant. La résistance face à l’adversaire s’effectue avec la Parole de Dieu*. C’est la Parole de Dieu, saisie par le moyen de la foi (c’est-à-dire qu’il faut croire), qui s’oppose à celle de l’adversaire de Dieu. Le résultat est que l’adversaire se retrouve sans pouvoir et prend la fuite.

Romains 10:2-4 sous-entend qu’il est tout à fait possible d’être plein de zèle pour Dieu et toutefois ne pas être sous le pouvoir de l’autorité de Dieu. Cela arrive par méconnaissance du moyen par lequel Dieu déclare et nous rend juste, c’est-à-dire le moyen de la foi, et d’essayer d’obtenir cette justification/droiture par un autre moyen. C’est cela qui place le « croyant zélé sans discernement » sous le pouvoir de l’autorité de l’ennemi de Dieu (voir aussi Le drame du fonctionnement au mérite tout en étant sauvé et Comment la grâce tue le péché). C’est de cette manière, par ignorance de ce qui touche à la justice de Dieu, que les prescriptions de Moïse données en marge du décalogue ont amené la condamnation (cf. 2 Corinthiens 3:7).

Connaître la vérité que c’est par le moyen de la foi, sans chercher à être déclaré juste par nos propres moyens, qui nous place sous le pouvoir de l’autorité de Dieu est vitale parce c’est là une clé pour une vie de victoire où le dominateur de ce monde perd toute emprise, où ses attaques n’atteignent plus le croyant. C’est pourquoi Paul dit aux chrétiens d’Ephèse: « En toute circonstance, saisissez-vous de la foi comme d’un bouclier avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du diable » (Ephésiens 6:16 – BDS).

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* il est intéressant de voir comment Jésus résiste aux tentatives de l’adversaire dans Luc 4:1-13 et/ou Matthieu 4:1-11, et de relever la manière de faire de l’adversaire, comme la remise en question de l’identité de Jésus en tant que Fils, ou l’utilisation de l’Écriture à l’encontre de la pensée de Dieu, etc. et au final l’adversaire s’en va, il est sans pouvoir face à la confiance en Dieu et à la connaissance de la vérité.

Péchés pardonnés à cause de son nom – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

« Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom. 13 Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin* » (1 Jean 2:12-13 NEG79).

En s’adressant ainsi aux « enfants« , aux « pères » et aux « jeunes gens« , Jean n’est pas en train de parler en termes de catégories sur le plan humain, mais en termes de maturité sur le plan spirituel, c’est-à-dire de maturité dans la connaissance de Dieu, et de celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ.

Réconcilié 4Jean nous dit que ce qui qualifie et démontre l’état spirituel de « jeunes gens« , c’est la victoire sur le diable, ou sur le mal selon la traduction. La victoire sur le diable, ou sur le mal, signifie qu’il n’a plus aucune emprise sur nous, qu’il est vaincu. En réalité, il n’est pas possible de devenir « jeunes gens« , c’est-à-dire d’avoir vaincu l’ennemi de Dieu, le mal, sans croire au fait que les péchés sont pardonnés uniquement à cause du nom de Celui qui est de toute éternité. Il a donné et envoyé son Fils avec le nom Yahshua (Jésus) qui signifie Yahweh (Dieu) sauve.

Dans l’Évangile selon Jean, il rapporte ces paroles de Jésus:

« Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur[1] ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché[2], (et concernant) la justice[3], et (concernant) le jugement[4]: en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. » (Jean 16:7-11 NEG79)

[1] Le terme original parakletos signifie convoqué, appelé aux côtés, appelé à l’aide, celui qui plaide la cause d’un autre.

[2] Le terme original hamartia signifie ce qui est mal, faux état d’esprit.

[3] Le terme original dikaiosune signifie l’état de celui qui est comme il doit être, qui vient de dikaios qui signifie droit, juste, vertueux.

[4] Le terme original krisis signifie séparation, sélection, jugement (décision donnée concernant toute chose).

Jésus dit à ses disciples que le rôle du Consolateur, c’est-à-dire du Saint-Esprit, est de convaincre le monde en ce qui concerne le péché, et ce précisément parce que le monde ne croit pas en Jésus-Christ. Le terme original pour convaincre est elegcho qui signifie réfuter, trouver une faute, corriger. Les faux raisonnements concernant le péché, c’est-à-dire le faux état d’esprit, notamment l’idée du pardon des péchés en réponse à une demande de pardon, provient de ne pas croire en ce que Jésus-Christ a fait connaître : Dieu sauve, Dieu pardonne, à cause de son nom[5]. Jésus-Christ est né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Lorsqu’on ne croit pas que c’est uniquement à cause des caractéristiques du seul vrai Dieu, tel que Jésus-Christ l’a fait connaître, que nous sommes pardonnés, mais qu’on continue de croire que cela dépend de ce qu’on pourrait dire ou faire, on s’égare dans nos raisonnements. Il en résulte que la victoire sur le mal ne se produit pas. Le rôle du Saint-Esprit est précisément de réfuter et de corriger les faux raisonnements au sujet du péché. Il y a une nécessité de rétablir la vérité entre ce qui appartient au bien et ce qui appartient au mal, et de ne pas confondre les deux. Et la vérité qui est en Jésus-Christ, c’est que rendre le mal pour le mal appartient au mal. Autrement dit, ne pas pardonner appartient au mal. Et celui qui ne vit pas dans le pardon des péchés, tel que Jésus-Christ l’a enseigné et démontré, n’arrivera pas à vivre dans le pardon des péchés des autres envers lui.

[5] « C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. » – Esaïe 43 :25 NEG79, « De loin l’Éternel se montre à moi: Je t’aime d’un amour éternel; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. » – Jérémie 31 :3 NEG79

C’est important de constater que le nom donné par Jésus-Christ au Saint-Esprit est parakletos qui signifie convoqué, appelé aux côtés, appelé à l’aide, celui qui plaide la cause d’un autre.

Marcher-dans-la-lumière1Une raison pour laquelle la victoire sur le mal ne se produit pas chez de nombreux croyants vient notamment de continuer de croire que le pardon de Dieu pour une faute commise est là seulement si nous lui avons demandé pardon pour cette faute. Cette méconnaissance, cet égarement au sujet du pardon de Dieu, garde généralement l’individu sous la culpabilité et le maintien sous la condamnation parce qu’il croit, injustement, qu’il n’est pas pardonné tant qu’il n’a pas demandé pardon à Dieu pour la faute commise. Alors cela peut l’amener à prendre du temps, voir des jours avant de s’adresser à Dieu, à cause du poids de la faute, de la honte et de la culpabilité qui s’y rattachent. Avec cette croyance dans ce qui est un mensonge, l’adversaire de Dieu, l’Accusateur, possède une autorité sur l’individu et le maintien captif du mal et sous son emprise. L’individu aura tendance à rester focalisé sur le péché et dans un cycle interminable de demande de pardon sans une libération durable de l’esclavage du péché.

Mais l’encouragement est une fois de plus important, conséquent et libérateur, parce que la vérité demeure :

Vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom: Dieu sauve !

Jésus-Christ a annoncé, enseigné et démontré le pardon des péchés. Car la vérité c’est que Dieu est amour et l’amour pardonne. Il ne tient pas compte des fautes. Lorsque Dieu a donné et envoyé son Fils parmi les hommes, celui-ci est venu avec le nom : Dieu sauve (Yahshua). C’est précisément le pardon des péchés, avec toute la faveur de Dieu, imméritée et « imméritable », totalement liée à la nature de Dieu, telle que Jésus-Christ a démontré une fois pour toutes, qui permet la libération de l’esclavage du péché. C’est ce que Paul a aussi expérimenté, et qui l’a amené à dire aux Romains : « Car le péché ne sera plus votre maître puisque vous n’êtes plus sous le régime de la loi (régime du mérite) mais sous celui de la grâce » (Romains 6:14 BDS). Sous le régime de la grâce, l’adversaire de Dieu n’a plus la possibilité de maintenir l’accusation envers celui qui vit sous ce régime pour lui-même, et pour les autres.
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« En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires du message de la réconciliation » (2 Corinthiens 5:19 BDS). Aucune faute n’éloigne Dieu des hommes, Jésus-Christ l’a démontré en se tenant en compagnie des pécheurs les plus dévalorisés par les religieux. Ce sont les hommes qui ont tendance à se tenir à distance de Dieu à cause de leurs fautes, lorsqu’ils ne croient pas au pardon de celles-ci. Mais Dieu a démontré en Jésus-Christ, jusqu’à la mort à la croix, qu’il ne tient pas compte de leurs fautes. C’est cette démonstration de l’amour et de la grâce de Dieu qui nous amène à être réconciliés avec Lui. Car l’image que nous avions de Dieu, qui nous était présenté comme celui qui juge et qui condamne les hommes, nous éloignait de Lui. La Bonne Nouvelle en Jésus-Christ dépasse de loin la sagesse tout humaine et sa manière de penser à l’encontre de Dieu. Mais cette nouvelle n’est bonne que pour celui qui croit véritablement en Jésus-Christ et à ce qu’il a fait : enseigné et démontré que Dieu est amour et que l’amour ne tient pas compte des fautes, mais que les hommes sont jugés et condamnés par leurs fausses manières de penser et d’agir…
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* Autre traduction: le mal
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Péchés pardonnés à cause de son nom – 1ère Partie

PardonnésDes douze apôtres, Jean est probablement celui qui avait la plus profonde conscience de l’amour de Jésus (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu). Cette conscience de l’amour de Dieu, qui vient d’une connaissance approfondie de l’amour de Jésus-Christ, conduit à une compréhension du pardon de Dieu à la mesure de son amour.

Dans la première lettre de Jean, il s’adresse soudainement aux enfants, aux pères et aux jeunes gens, et il commence par les enfants: « Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés à cause de son nom. Je vous écris, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin. Je vous ai écrit, petits enfants, parce que vous avez connu le Père » (1 Jean 2:12-13 NEG79).

En s’adressant ainsi aux « enfants« , aux « pères » et aux « jeunes gens« , Jean n’est pas en train de parler en termes de catégories sur le plan humain, mais en termes de maturité sur le plan spirituel, c’est-à-dire dans la connaissance de Dieu, et de celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. Ces termes s’adressent à ceux qui se sont tournés vers Dieu par Jésus-Christ. Et ce qu’il écrit à ceux qui sont au stade « enfants« , c’est que:

Les péchés sont pardonnés à cause de son nom.

La lettre de Jean ne rajoute rien ici concernant le pardon des péchés, aucune condition particulière, aucune chose à faire. La réalité de cette vérité c’est que l’être humain n’a absolument aucune part « à faire » dans le pardon que Dieu donne. Les péchés ne sont pas pardonnés à cause de ce que l’être humain pourrait faire ou ne pas faire, mais uniquement à cause du nom de Celui qui est de toute éternité. Le terme traduit par nom est onoma. Il s’agit des noms propres à chacun utilisés pour tout ce qu’il recouvre, tout ce qui est pensé ou ressenti quand il est amené à l’esprit par sa mention, en entendant ce nom, en s’en rappelant, tant par le rang, l’autorité, les actions etc. Lorsque Celui qui est de toute éternité a donné et envoyé son Fils, celui-ci est venu avec le nom Yahshua (Jésus) qui signifie Yahweh (Dieu) sauve. Jésus-Christ est celui qui a fait connaître le nom du Père, aux hommes qu’il a choisi du milieu du monde (cf. Jean 17:6) et il a dit au Père: « Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux » (Jean 17:26 NEG79). Jésus-Christ a démontré que Dieu sauve, Dieu pardonne. C’est lui qui a fait connaître les caractéristiques de son Père, le seul vrai Dieu, celui que personne n’a jamais vu (cf. Jean 1:18, 1 Jean 4:12). Jésus-Christ a démontré d’autres caractéristiques de Dieu que ce qui venait à l’esprit avant lui lorsque le nom de Dieu était mentionné. Dieu sauve, Dieu pardonne. Et la réalité de ce pardon est qu’il est pour tout être humain. Mais ce pardon, sans aucune intervention de l’homme, devient véritablement effectif avec ses conséquences, uniquement par le moyen de la foi. Il est nécessaire de croire que Dieu pardonne et de s’en saisir par la foi, pour en voir le fruit.

Croire n’est pas une part à faire parce que c’est un choix.

Toute notion de mérite dans ce choix reste exclue. Le pardon et ses conséquences ne sont pas effectifs parce qu’on aurait fait une demande de pardon à Dieu, mais parce qu’on croit que nous sommes pardonnés à cause de son nom. Et le chemin de la droiture/justification passe par croire le Fils, Jésus-Christ, lorsqu’il dit à cause du nom de son Père : « tes péchés sont pardonnés« . C’est là la réalité immense de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, l’expression de l’amour que Jésus-Christ a démontré. Dans ce sens, c’est intéressant de relever que lorsque Jésus dit au paralytique « tes péchés sont pardonnés » (Luc 5:17-26 ; Matthieu 9:2-8 ; Marc 2:1-12), ou à la femme adultère qu’il ne la condamne pas (Jean 8:1-11), il n’est relaté aucune demande de pardon de leur part, aucune chose qu’ils auraient faites pour mériter le pardon, l’effacement de leurs fautes, que Jésus le leur annonce. Jésus-Christ annonce et démontre simplement le pardon, tel que le fait et le vit l’homme à l’image de Dieu.

Dans la première lettre de Jean, il laisse comprendre que ce qui qualifie un croyant d’enfant spirituellement, c’est donc d’avoir encore des doutes sur le fait que les péchés sont pardonnés. Il ajoute même « Je vous le confirme, enfants: vous connaissez le Père… » (1 Jean 2:14 BDS). Cette connaissance du pardon de Dieu, dans toute son ampleur, sans intervention de l’homme autre que le moyen de la foi, démontre la connaissance du Père tel qu’il est véritablement, dans son amour dont la grâce en est l’expression. Et cette connaissance au sujet du pardon, saisi par le moyen de la foi, est la fondation nécessaire sans laquelle la croissance spirituelle vers l’état de « jeunes gens« , puis vers celui de « pères« , ne peut pas se produire.

A suivre

La confiance en Dieu: clé de toute joie et de la paix divine

ConfianceA l’approche de la fin de sa lettre aux Romains, Paul exprime ceci:

« Que Dieu, qui est l’auteur de l’espérance, vous comble de toute joie et de sa paix par votre confiance en lui. Ainsi votre cœur débordera d’espérance par la puissance du Saint-Esprit » (Romains 15:13 BDS).

Il y a toujours beaucoup de substance dans ce que Paul exprime. Ici, il rappelle que Dieu est l’auteur de l’espérance. L’espérance est ce sentiment de confiance en l’avenir, qui porte à attendre avec confiance la réalisation de ce qu’on désire. De nos jours, dans l’utilisation courante du terme « espérance », la tendance est d’entendre ce terme comme empreint d’incertitude, et non de confiance, mais ce n’est pas là la définition du mot. Ce qui permet de nourrir l’espérance, dans sa véritable définition, est notamment la garantie de l’amour inconditionnel de Dieu démontrée en Jésus-Christ (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu). Et Paul dit d’ailleurs ceci au chapitre 8 : « Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » (Romains 8:32 NEG79). Dieu désire effectivement tout nous donner avec son Fils, Jésus-Christ, qui a démontré par sa vie à quoi ressemble ce que Dieu donne. Toutefois, il faut faire attention ici avec cette pensée exprimée par Paul disant « Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous…« . Cette affirmation, en faisant passer le Père pour un complice de meurtre, fait apparaître des caractéristiques au sujet du Père qui s’opposent à la vérité qui est en Jésus-Christ. Jésus a été très clair en disant: « En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10:18 BDS). « Le voleur vient seulement pour voler, pour tuer et pour détruire. Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante. » (Jean 10:10 BDS)

Après le rappel que Dieu est l’auteur de l’espérance, Paul insinue ceci:

C’est par la confiance en Lui, que Dieu nous comble de toute joie et de sa paix.

La confiance en Lui est ce qui donne accès à la grâce de Dieu, faveur imméritée et « imméritable ». En réalité, placer sa confiance en Dieu c’est croire à sa bonté et à sa fidélité. Aussi:

Faire confiance à Dieu, c’est croire à son intégrité.

Confiance 2Ne pas lui faire confiance c’est la remettre en doute. Mais l’amour n’est pas susceptible, ni irritable, et Dieu est amour. Et il nous est dit par Paul que Dieu comble de toute joie et de sa paix celui qui a confiance en Lui. Faire confiance à Dieu est un choix délibéré, sans aucune notion de mérite. Ainsi, l’amour inconditionnel de Dieu peut s’exprimer par sa grâce, sans mérite, en réponse à la confiance en Lui (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu). C’est là un encouragement de plus puisque toute joie et la paix de Dieu ne sont pas le résultat de ce que nous pouvons produire par nous-mêmes. Et ainsi, rempli de toute joie et de la paix divine, notre cœur déborde réellement d’espérance, de confiance en l’avenir, par la puissance du Saint-Esprit. Dieu est Esprit.

Le Fils, Jésus-Christ, est celui qui a fait connaître le Père, le seul vrai Dieu. C’est par la confiance dans le Fils au sujet du Père que nous parvenons à la confiance dans le Père. C’est pourquoi, Pierre, qui en a aussi fait l’expérience, confirme cette réalité d’une joie glorieuse que procure la confiance dans le Fils, lorsqu’il dit : « Jésus, vous ne l’avez pas vu, et pourtant vous l’aimez; mais en plaçant votre confiance en lui sans le voir encore, vous êtes remplis d’une joie glorieuse qu’aucune parole ne saurait exprimer, car vous obtenez votre salut qui est le but de votre foi. » (1 Pierre 1:8-9 BDS).

Le drame du fonctionnement au mérite tout en ayant l’assurance de la vie après la mort

La lettre aux Galates est la seule lettre où Paul n’exprime aucune louange pour la foi de ses destinataires. Même aux Corinthiens, chez qui il y avait pourtant des problèmes d’orgueil, de division et même un cas d’inceste dans l’assemblée, il exprime « je ne cesse d’exprimer ma reconnaissance à mon Dieu à votre sujet… » (1 Corinthiens 1:4-9 BDS). Mais aux Galates, rien de cela, aucune louange, il les reprend directement: « Je m’étonne de la rapidité avec laquelle vous abandonnez celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour vous tourner vers un autre message… » (Galates 1:6-8 BDS)

MélangeCe qu’il se passait chez les Galates qui suscitait une réaction de Paul qui semble assez directe, c’est qu’un mélange entre la grâce et les prescriptions de Moïse prenait place au milieu d’eux comme si la grâce seule, démontrée en Jésus-Christ, ne pouvait pas sauver mais qu’il fallait aussi accomplir les prescriptions de Moïse pour ce faire. C’est probablement là le plus gros drame de beaucoup de croyants aujourd’hui: Ils commencent sous la grâce en Jésus Christ et la mélange petit à petit avec un fonctionnement sous la loi de Moïse. Comment cela se produit-il aujourd’hui alors que beaucoup de croyant savent qu’ils ne sont plus sous le régime de la loi de Moïse à cause de ce que Christ a démontré, et de plus parce qu’ils regardent à la croix avec les lunettes des prescriptions de Moïse en matière de sacrifice ? (Malgré le fait que Christ a démontré que l’idée des sacrifices n’est pas conforme à l’Esprit de Dieu). Il est toujours bon de se rappeler que:

La loi de Moïse est un fonctionnement au mérite et la grâce en est précisément l’opposé !

A noter, par loi de Moïse, il faut entendre les prescriptions qu’il a données en marge du décalogue qui est, lui, la Loi de l’Éternel (gravée sur des pierres) que Christ a confirmée. Le mélange de la grâce et de la loi de Moïse est à comprendre comme le mélange de grâce et de mérite. Ce mélange est souvent révélé par des expressions du genre: « oui, mais nous devons quand même faire notre part… », avec l’idée que notre part est quelque chose à faire, alors que notre part c’est la foi, et que lorsque la croyance est correcte et conforme à la vérité qui est en Christ les œuvres en découlent naturellement à son image. Ce mélange se produit lorsqu’on vit comme sauvé par la grâce à cause de Christ pour ce qui est de l’éternité (l’après mort physique dans ce monde), mais qu’on vit dans le présent sans le moyen de la foi, sans changer la manière de penser et de comprendre les choses pour l’aligner sur la pensée du Christ. On vit alors dans l’illusion que Dieu fait parfois du favoritisme, ou que la faveur de Dieu est fonction de nos œuvres. Cela revient à croire que Dieu fonctionne au mérite, mais ce fonctionnement est contraire à l’amour, et Dieu est amour. Ce fonctionnement au mérite se traduit souvent par une justification personnelle en fonction des œuvres, par comparaison avec celles des autres, et par des jalousies quant à la manifestation concrète de la grâce de Dieu dans la vie des autres.

Voici ce que Paul dit aux chrétiens de Galates: « Vous qui cherchez à vous faire déclarer (dikaioo qui signifie aussi rendre juste) justes par Dieu en accomplissant la Loi (les prescriptions de Moïse), vous êtes séparés du Christ: vous n’êtes plus sous le régime de la grâce » (Galates 5:4 BDS). Dans une autre version: « Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez à être considérés comme justes dans le cadre de la loi, vous êtes déchus de la grâce » (Galates 5:4 S21).

En d’autres termes, lorsqu’un croyant fonctionne au mérite, bien qu’ayant l’assurance de l’éternité avec Dieu (par la déclaration que Jésus est Seigneur et par la croyance dans le cœur que Dieu l’a ressuscité des morts – cf. Romains 10:9), il vit séparé du Christ et sans le bénéfice de la grâce ! En d’autres termes, un tel croyant vit livré à lui-même et sans la faveur de Dieu, et ce malgré ses prières adressées à Dieu et malgré ses efforts fournis (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu).

La partie du salut qui concerne la vie après la mort n’est pas remise en question ici*, mais la conséquence du fonctionnement au mérite est une vie où les caractéristiques de Christ ne sont pas manifestes dans le croyant et à travers lui. Ce fonctionnement engendre une vie où la faveur imméritée et « imméritable » que Dieu offre en Christ n’est pas présente dans toute sa plénitude, puisqu’un tel croyant n’est plus sous le régime de la grâce à cause de son fonctionnement au mérite. Il en résulte une vie semblable à l’homme livré à lui-même et ce indépendamment du nombre de prières et d’efforts… Et en général, puisqu’il y a un fonctionnement au mérite, et qui s’appuie même sur les commandements donnés par Jésus, le péché est alors plein de vie dans la vie d’un tel croyant (voir aussi Comment la grâce tue le péché). En résumé, ce fonctionnement au mérite prive de la partie du salut qui est pour le monde présent, et maintient ainsi le croyant au stade d’enfant… Il reste esclave du péché et sans le bénéfice de l’héritage en Christ (cf. Galates 4:1-11).

Mélange 1Ce mélange de grâce et de mérite produit généralement une certaine tiédeur chez le croyant, parce que le péché est plein de force par ce fonctionnement (cf. 1 Corinthiens 15:56). Parmi les différents symptômes se trouvent par exemple le sentiment de culpabilité avec une conscience chargée, l’expérience concrète de la condamnation, une vie de foi et une relation avec le Seigneur subissant facilement des hauts et des bas en fonctions de la qualité des œuvres et en fonction des circonstances. La grâce devient alors perçue comme une sorte de favoritisme de Dieu dont nous sommes parfois exclus selon son bon vouloir, ce qui amène des pensées fatalistes chez le croyant. Avec le mélange de grâce et de mérite, la Bonne Nouvelle (l’Évangile) ne l’est plus vraiment et devient amère, éteignant la paix et la joie que produit l’Évangile, et cela supprime également le désir bouillonnant de partager l’Évangile.

Ce qui est encourageant avec la compréhension de ce que produit le mélange de grâce et de mérite, c’est qu’il est simple à corriger… En cessant tout fonctionnement au mérite et en s’appuyant uniquement sur la bonté de Dieu démontrée en Christ, nous nous retrouvons totalement sous le régime de la grâce. Il s’agit de compter sur la bonté de Dieu uniquement parce qu’il est bon, et d’avoir une pleine confiance en Lui.

 

* A noter: les seules conditions à l’éternité avec Dieu demeurent « si de ta bouche, tu déclares que Jésus est Seigneur et si dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé, car celui qui croit dans son cœur, Dieu le déclare juste; celui qui affirme de sa bouche, Dieu le sauve » (Romains 10:9-10 BDS). Tous ceux qui feront appel au Seigneur seront sauvés. Dans ce chapitre 10 de Romains, Paul parle spécifiquement de la vie après la mort dans ce monde. Ce sont d’ailleurs ces deux conditions que le brigand sur la croix, indépendamment de ce qu’il mérite, a rempli en une seule phrase lorsqu’il a dit à Jésus : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner« . Cette parole montre que le brigand croyait dans son cœur que Christ allait revenir à la vie et qu’il  est Celui qui règne. C’est ce qu’il démontre verbalement. A cette parole Jésus lui répond: « Vraiment, je te l’assure: aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:41-43 BDS).

Comment la grâce ôte le péché

mériteAlors qu’il est en train de parler du fonctionnement de l’homme charnel, c’est-à-dire l’homme vivant sans le moyen de la foi, Paul dit aux Romains : « Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises; car sans loi le péché est mort » (Romains 7:8 NEG79), et il dit même « car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir » (Romains 7:11 NEG79). Le terme original traduit par « la loi » est nomos qui signifie toute chose établie, toute chose acceptée par l’usage, une coutume, une loi, un commandement. Le terme en soi ne donne aucun à priori de conformité ou non-conformité avec la pensée de Dieu. Le péché est par définition un faux état de l’esprit, une fausse manière de penser, non-conforme à Dieu. Dieu est amour. La problématique décrite par Paul ici, vient d’une fausse manière de penser à l’approche de la loi. Paul dit que sans loi le péché est mort. Dans le contexte, on comprend qu’en parlant de la loi et du commandement, Paul sous-entend le contenu du décalogue, et non les prescriptions données par Moïse en marge de celui-ci.

C’est en cherchant à être déclaré/rendu juste dans un fonctionnement au mérite, que le péché, ce faux état d’esprit, est plein de force. Ce qu’il se passe, c’est que le fonctionnement au mérite attise le péché, il le nourrit. C’est pour cela même que Paul, à cause de sa propre expérience, rend attentif que « Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. Car personne ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Romains 3:19-20 NEG79). La loi met en évidence le péché. Le péché, ce faux état de l’esprit, est présent parmi les hommes depuis que le mensonge est entré dans le monde en Eden. C’est sa fausse manière de penser et de comprendre les choses qui empêche l’homme d’arriver à vivre conformément à la Loi de Dieu qui est l’amour. La manière fausse de penser consiste notamment à vivre selon un fonctionnement au mérite en cherchant à être agréé par Dieu sans le moyen de la foi. Chercher à être sauvé par Dieu à travers une notion de mérite et sans changement de manière de penser produit la mort. Si la manière de penser et de comprendre les choses n’est pas changée et alignée sur ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré, alors le péché continue d’agir par ce faux état de l’esprit.

La Bonne Nouvelle de l’Évangile est précisément que « c’est par la grâce (faveur imméritée et « imméritable ») que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi (en croyant). Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Ephésiens 2:8-9 LSG). Dieu a tout créé pour partager sa gloire par amour et pour l’amour. La gloire de Dieu c’est sa grâce (cf. Ephésiens 1:6). Le salut, cette délivrance du péché, est offert par un don qui ne peut être ni acheté, ni mérité, ni obtenu par un autre moyen que celui de la foi en ce que Jésus-Christ a enseigné et démontré. C’est Jésus-Christ qui a enseigné et démontré la vérité à propos de notre Père céleste. C’est seulement par le moyen de la foi, que celui qui croit est rendu juste par Dieu, par la vérité que Jésus-Christ a révélée. Celui qui cherche à mériter la faveur de Dieu par toutes sortes d’efforts, de disciplines et par sa propre obéissance n’y parvient pas. Ainsi :

Sous la grâce est rendu juste celui qui croit.

Le fait est que « personne ne sera justifié (dikaioo qui signifie rendu juste et déclaré juste) devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains 3:20 NEG79). Les prescriptions que Moïse a données en marge du décalogue n’ont jamais permise de parvenir à l’obéissance au décalogue et d’être rendu juste devant Dieu. Les prescriptions de Moïse, basées sur ce que les hommes peuvent faire par eux-mêmes, permettaient tout juste de s’attendre à la faveur de Dieu malgré la désobéissance à certaines paroles du décalogue, et d’être mis à mort pour la désobéissance aux autres paroles du décalogue… Jésus-Christ a d’ailleurs démontré que les mises à mort ordonnées par Moïse n’étaient pas conformes à l’Esprit de l’Éternel (cf. Jean 8, Jean 5:45). C’est pourquoi, face à ce fonctionnement au mérite induit par les prescriptions de Moïse, Paul dit encore: « Reste-t-il encore une raison de se vanter? Non, cela est exclu. Pourquoi?

Parce que ce qui compte, ce n’est plus le principe du mérite, mais celui de la foi. » (Romains 3:27 BDS)

Fonctionner au mérite donne vie au péché. C’est le principe du mérite dans la pensée tout humaine, modelée par le père du mensonge, qui a donné des prescriptions telles qu’œil pour œil, dent pour dent, vie pour vie… (cf. Exode 21:23-25), Lévitique 24:19-20) ce que Jésus-Christ a pris soin de corriger (cf. Matthieu 5:38-42). Le mérite est un fonctionnement qui n’existe pas dans l’amour, c’est un mode de fonctionnement séparé de l’amour. Le mérite est le mode dans lequel l’adversaire de Dieu agit. Le mérite exclut l’amour, il lui est contraire. Il n’y a pas de mérite dans l’amour et il n’y a pas d’amour dans la notion de mérite. Lorsqu’on essaye de plaire à Dieu autrement que par le moyen de la foi pour obtenir sa faveur, on est voué à l’échec et au constat que c’est le péché qui s’exprime, il prend vie. C’est la réalité de cette manière fausse de penser qui est alors mise en évidence par les actions qu’elle produit. Cela se passe si la manière de penser n’est pas renouvelée par la manière de penser que Jésus-Christ a enseignée et démontrée. Le péché s’appuie sur ce désir de mérite dont l’orgueil est le support. L’orgueil vient du besoin d’être aimé et valorisé, devant les hommes et devant Dieu. Ce besoin d’être aimé est le symptôme de la non-connaissance intime de l’amour de Dieu et de la valeur que tout homme possède à ses yeux. Mais la grâce, elle, est précisément la faveur de Dieu, indépendamment des œuvres. Dieu nous en fait don. Donner c’est sa nature, et on y accède en croyant à cette faveur, imméritée et « imméritable », à saisir par le moyen de la foi. Cela revient à croire à son amour parce que Dieu est Amour, et à compter sur sa bonté simplement et uniquement parce qu’il est Bon, même pour les ingrats – non-miséricordieux – et pour les méchants – hostiles à Dieu (cf. Luc 6:35). graceDe cette manière, par sa grâce, Dieu anéantit toute notion de mérite dans la manière de penser sur laquelle le péché pourrait s’appuyer. En comprenant le principe de la grâce, la clé peut alors être saisie pour que le péché perde son emprise et que le constat devienne celui de Paul: « le péché ne sera plus votre maître puisque vous n’êtes plus sous le régime de la Loi (régime du mérite établit par Moïse) mais sous celui de la grâce » (Romains 6:14 BDS), rétablit une fois pour toute par Dieu par celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. A noter, Dieu n’a jamais changé, il a toujours fait grâce. Mais l’apparition des prescriptions au mérite introduites par Moïse a mis la grâce de côté. Pourtant Dieu a fait savoir à Moïse: « C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié » (Exode 33:19 BDS), dont le sens révélé en Jésus-Christ signifie en vérité : « je ferai grâce à ceux à qui tu ne fais pas grâce, j’aurai pitié de ceux pour qui tu n’as aucune pitié… »

En résumé, le péché est par définition une fausse manière de penser, et une fausse manière de comprendre les choses qui s’oppose à l’amour. La grâce est l’opposé de toute manière de penser qui s’oppose à l’amour. La grâce est l’expression de l’amour, qui est la nature même de Dieu. En corrigeant la manière de penser et en l’alignant sur la vérité qui est en Jésus-Christ, alors ce moyen de la foi en Jésus-Christ, en ce qu’il a enseigné et démontré ôte le péché. La vérité fait disparaître le péché pour le remplacer par l’amour. La vérité en Christ rétablit l’amour et la grâce dans la manière de penser. Il en découle une transformation de l’intérieur vers l’extérieur. En prenant connaissance, avec foi, de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, le croyant peut ainsi vivre dans la pleine confiance en Dieu en toutes circonstances, et ainsi le péché n’a plus d’emprise pour agir…

La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu

La grâce de Dieu est quelque chose qui semble connue de nombreux croyants mais qui se révèle bien souvent incomprise, étouffée, sous-estimée, voir oubliée ou même pervertie. Le problème lorsque la grâce est méconnue, c’est qu’il s’agit du fondement de l’Évangile. La grâce de Dieu est la substance même de l’Évangile, car l’Évangile est précisément la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ce que Luc rapporte dans le livre des Actes au sujet de ce que Paul a dit à propos de la Bonne Nouvelle : « Ma vie m’importe peu, je ne lui accorde aucun prix; mon but c’est d’aller jusqu’au bout de ma course et d’accomplir pleinement le service que le Seigneur m’a confié c’est-à-dire de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu » (Actes 20:24 BDS).

Le service dont Paul parle comme celui que le Seigneur lui a confié consiste à proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

Le terme original traduit par grâce est charis qui signifie ce qui fournit la joie, le plaisir, les délices, la douceur, le charme, la tendresse. Le terme parle aussi de la bonté, la faveur, de bonne volonté, c’est-à-dire une volonté qui est bonne. Il vient du verbe chairo qui a le sens de se réjouir, être heureux, être bien, être extrêmement réjoui.

Cross equals loveMatthieu nous rapporte que Jésus, qui a corrigé certaines choses qui avaient été enseignées et a rétabli la vérité,  a dit : « Vous avez appris qu’il a été dit : «  Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Eh bien, moi (Jésus) je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes » (Matthieu 5:45 BDS). Luc l’a rapporté ainsi : « Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats (non-miséricordieux) et pour les méchants (mauvais). Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6:35-36 NEG79). C’est là, la racine de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

Ainsi, Jésus-Christ a enseigné et démontré que cette parole de l’Écriture : « C’est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j’aurai pitié de qui je veux avoir pitié » (Exode 33:19 BDS) signifie « je ferai grâce à ceux à qui tu ne veux pas faire grâce et j’aurai pitié de ceux dont tu n’as aucune pitié ». Jésus-Christ a agi comme un fils du Très-Haut. Il a enseigné et démontré que le Père fait grâce et a pitié de ceux dont les êtres humains, notamment ceux enracinés dans les prescriptions de Moïse, n’avaient aucune pitié et ceux pour qui ils ne témoignaient aucune grâce.

Tous les hommes n’ont pas réagi de manière identique face à la grâce que Jésus-Christ a enseignée, démontrée et manifestée sur terre jusqu’à ce qu’il monte vers le Père. La grâce, telle que démontrée par Jésus-Christ, a même souvent été une des raisons pour laquelle certains hommes l’ont rejeté, déjà en son temps. Lorsque les êtres humains sont modelés par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement, alors ils ont soif de vengeance et sont animés par le mérite. Toutefois, la grâce ne s’impose pas, ce serait contraire à la grâce elle-même. Elle ne peut pas non plus contraindre les autres à manifester la grâce. En général, celui qui ne manifeste pas la grâce envers les autres agit ainsi parce qu’il ne vit pas lui-même sous la grâce de Dieu, celle à laquelle on accède par le moyen de la foi.

Dieu est amour et l’amour véritable est inconditionnel. En réalité, c’est un pléonasme de parler d’amour inconditionnel, car l’amour au sens biblique, tel que Jésus-Christ l’a révélé, est par définition inconditionnel. L’amour est, par ses caractéristiques intrinsèques, indépendant de l’être aimé, et de ce qu’il peut faire ou ne pas faire. La grâce de Dieu est, par définition, la faveur de Dieu. C’est une faveur, imméritée et « imméritable », qui est l’expression de l’amour. Dieu désire profondément montrer et démontrer son amour (inconditionnel). Il veut le manifester à tous, et à chacun en particulier, parce qu’il est Amour. L’amour est Sa nature. Mais Dieu peut uniquement démontrer l’amour par la grâce. Pour quelle raison? C’est parce que la grâce exclut, par sa nature, toute notion de mérite. La grâce est imméritée et « imméritable ».

En observant dans les Évangiles comment Jésus-Christ manifestait la grâce, on comprend que la grâce est à l’opposé du mérite. Il n’y a pas de notion de mérite dans l’amour, pas plus qu’il n’y a d’amour dans la notion de mérite. Le fonctionnement au mérite, c’est : on agit envers vous en fonction de ce que vous méritez, ainsi on vous récompense en fonction de ce que vous faites ou ne faites pas, et on vous punit selon les mêmes principes. Mais l’amour donne sans compter. Toutefois, l’amour ne peut pas imposer à l’être aimer de recevoir ce qu’il donne, ce serait contraire à l’amour. L’amour tient compte de la volonté de l’autre, même si la volonté de l’autre n’est pas bonne.

En réalité, la grâce est en réalité le seul moyen d’expression de l’amour. Dieu est Amour. La grâce ne peut pas être en réponse à une notion quelconque de mérite. Si la grâce était en réponse à une notion de mérite, il ne s’agirait plus de la grâce, et donc ce ne serait plus l’expression de l’amour. Aussi, la grâce de Dieu ne peut être déversée ou, plus précisément, accédée, qu’en dehors de toute notion de mérite. La faveur donnée par amour ne peut être donnée qu’en dehors de toute notion de mérite et d’autojustification. Il est fondamental de comprendre que:

On accède à la grâce de Dieu que par le moyen de la foi.

Dieu déverse sa faveur, imméritée et « imméritable », en réponse à la foi. Le terme original pistis signifie une conviction de la vérité, une pleine confiance concernant la relation avec Dieu et les choses de Dieu. « Or, la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11 :1 NEG79). Le moyen de la foi est ce qui maintient l’exclusion de toute notion de mérite dans la relation avec Dieu. Le mérite est d’ailleurs en général ce qui nourrit un égocentrisme qui crie du cœur « j’ai besoin d’être aimé et valorisé » ou « je suis haï et ne vaut rien ». Ces deux expressions ont la même racine: un égo centrisme qui est l’expression du besoin de se savoir profondément aimé sans condition. Ce besoin ne peut être rempli uniquement en Dieu, par la vérité qui est en Jésus-Christ. Mais le moyen de la foi, par laquelle on accède à la grâce de Dieu, implique une manière de penser conforme à la vérité qui se trouve en Jésus-Christ. Il s’agit d’avoir une manière de penser conforme à la pensée de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné… » (cf. Jean 3:16-17). « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Ephésiens 2:8-9 NEG79).

Une manière de penser et de comprendre les choses non conforme à la pensée de Dieu, mais conforme au père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement et qui déforme l’image de qui est Dieu, a pour conséquence l’expérience des caractéristiques d’une manière de penser qui s’oppose à l’amour, et donc s’oppose à la grâce de Dieu.