La grâce et la paix: Le royaume et la justice de Dieu

Dans toutes les lettres de Paul, il mentionne la grâce et la paix dans la partie d’introduction:

  • « Je vous écris, à vous tous qui êtes à Rome les bien-aimés de Dieu, appelés à appartenir à Dieu. La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (Romains 1:7 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (1 Corinthiens 1:3 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par Jésus-Christ le Seigneur » (2 Corinthiens 1:2 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (Galates 1:3 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix » (Ephésiens 1:2 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous donnent la grâce et la paix » (Philippiens 1:2 BDS).
  • « ceux qui, à Colosses, appartiennent à Dieu par leur union avec le Christ et qui sont nos fidèles frères en lui. Que Dieu notre Père vous accorde la grâce et la paix » (Colossiens 1:2 BDS).
  • « Paul, Silvain et Timothée saluent l’Église des Thessaloniciens dans la communion avec Dieu le Père et avec le Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous soient accordées » (1 Thessaloniciens 1:1 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient accordées par Dieu notre Père et par le Seigneur Jésus-Christ » (2 Thessaloniciens 1:2 BDS).
  • « salue Timothée, son véritable enfant dans la foi. Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Seigneur t’accordent grâce, bonté et paix » (1 Timothée 1:2 BDS).
  • « salue Timothée, son cher enfant: Que Dieu le Père et Jésus-Christ, notre Seigneur, t’accordent grâce, bonté et paix » (2 Timothée 1:2 BDS).
  • « Je te salue, Tite, mon véritable enfant en notre foi commune: Que Dieu le Père et Jésus-Christ notre Sauveur t’accordent la grâce et la paix » (Tite 1:4 BDS).
  • « Que Dieu notre Père et le Seigneur Jésus-Christ vous accordent la grâce et la paix » (Philémon 1:3 BDS).

Mais on voit aussi Pierre faire de même dans les deux lettres de lui:

  • «  Dieu, le Père, vous a choisis d’avance, conformément à son plan, et vous lui avez été consacrés par l’Esprit, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par l’aspersion de son sang. Que la grâce et la paix vous soient abondamment accordées » (1 Pierre 1:2 BDS).
  • « Que la grâce et la paix vous soient données en abondance par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur » (2 Pierre 1:2 BDS).

Et aussi, Jean dans la lettre qu’il adresse à l’Eglise (la Dame):

  • « La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour » (2 Jean 1:3 BDS).

5848028913_36ca7fa2ccPour quelle raison Paul introduit-il toutes ses lettres avec ce désir que la grâce et la paix soient données/accordées à ses destinataires? Pourquoi place-t-il systématiquement la grâce et la paix côte-à-côte? Pourquoi Pierre et Jean semblent-ils faire de même? Qu’est-ce que peuvent contenir la grâce et la paix de si important et qu’est-ce qu’il faut comprendre par la grâce et par la paix?

Il peut être bon de rappeler que, en résumé, la grâce de Dieu c’est la vérité et que la vérité c’est la grâce de Dieu, c’est-à-dire sa faveur imméritée et « imméritable » (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce). C’est précisément ce en quoi consiste l’Evangile: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu (cf. Actes 20:24). Ensuite, la paix dont il est question ici n’est pas la paix sur terre, Jésus ayant clairement dit à ses disciples: « Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur terre: ma mission n’est pas d’apporter la paix, mais l’épée » (Matthieu 10:34 BDS). Ceci dit, Jésus a bel et bien parlé d’une paix qu’il nous laisse: « Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. C’est pourquoi, ne soyez pas troublés et n’ayez aucune crainte en votre cœur” (Jean 14:27 BDS). Jean rapporte encore ces paroles de Jésus: « Il fallait que je vous dise aussi cela pour que vous trouviez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir bien des afflictions. Mais courage! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33 BDS). La paix que Jésus nous a laissé est notamment la paix avec Dieu, et c’est cette paix qui permet d’être sans crainte, avec un cœur qui n’est pas troublé, face au monde et aux afflictions qui lui sont propres (voir aussi L’opposé du malheur: la paix parfaite de Dieu).

Dans sa lettre aux Romains, Paul dit: « Puisque nous avons été déclarés justes (diakaioo) en raison de notre foi, nous sommes en paix avec Dieu grâce à notre Seigneur Jésus-Christ. Par lui, nous avons eu accès, au moyen de la foi, à ce don gratuit de Dieu dans lequel nous nous trouvons désormais établis; et notre fierté se fonde sur l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu » (Romains 5:1-2 BDS). Le terme original traduit par « déclarés justes » est dikaioo qui ne signifie pas uniquement déclarer que quelqu’un est juste, mais il signifie aussi rendre ce quelqu’un juste, comme il doit être. Le terme inclue la transformation, la droiture. Jésus nous a apporté la paix avec Dieu par ce qu’il a enseigné et démontré au sujet de l’amour du Père. Il a démontré jusqu’à la mort qu’il a soufferte par ses ennemis, que Dieu ne condamne pas, même pas ses ennemis, ce n’est pas Dieu le meurtrier (cf. Jean 8:44). Comme le Père a toujours aimé Jésus, Jésus a aimé (cf. Jean 15:9). Jésus a démontré que c’est par le moyen de la foi que l’on accède au Père et aux réalités de la droiture. La justification/droiture à laquelle on accède uniquement par le moyen de la foi nous donne la paix. C’est un don gratuit de Dieu qui est pour nous, et le moyen de l’obtenir c’est uniquement celui de la foi. Cette paix ne peut pas être vécue (reçue) par le croyant sans passer par le moyen de la foi en Christ, c’est-à-dire croire ce qu’il a enseigné et démontré au sujet du Père: Dieu est amour. Et Jean nous dit: « Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité » (1 Jean 4:18 BDS). Ainsi, la vérité au sujet de l’amour du Père que Christ a démontrée est ce qui nous donne la paix avec Dieu, en rétablissant le fait que ce n’est pas Dieu qui châtie. Il a supprimé la crainte envers Dieu, la crainte qui pousse les hommes à se maintenir à distance, dans les ténèbres à cause de leurs fautes.

Dans ce même chapitre, Paul dit encore: « Car si, par la faute commise par un seul homme, la mort a régné à cause de ce seul homme, à bien plus forte raison ceux qui reçoivent les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ, lui seul » (Romains 5:17 BDS). Selon ce que Paul dit de sa propre expérience, nous avons donc besoin de recevoir uniquement deux choses pour régner dans la vie par Jésus-Christ, lui seul:

  • les trésors surabondants de la grâce.
  • le don de la justification.

Royaume et justiceLorsqu’on règne dans la vie par Jésus-Christ, le diable ne règne pas dans notre vie. Christ est l’exemple parfait de ce que signifie régner dans la vie. Et Paul, alors même qu’il écrit ses lettres, est devenu un exemple d’un homme qui règne dans la vie par le moyen de la foi, quelqu’un qui est plus que vainqueur dans toutes les circonstances de la vie, et même face à la persécution dont il est la cible à cause de sa foi en Christ. Rien ne semble l’atteindre dans son être intérieur, et non seulement son cœur ne se trouble pas, mais il détruit les œuvres du diable autour de lui. Et même physiquement, Paul semble quasiment inatteignable, se relevant dans la foulée d’une lapidation où il fut laissé pour mort (cf. Actes 14:7-20). Paul sait de quoi il parle, à cause de Christ qui vit pleinement en lui par le moyen de la foi (cf. Galates 2:20). Paul a conscience de ce qu’est la part de Christ en lui parce qu’il connait celui qu’il était sans Christ, quand il était encore livré à lui-même face à la Loi et cherchant à plaire à Dieu sans le moyen de la foi (cf. Romains 7). Ainsi, parce qu’il connait la vérité qui rend libre: le don de la justification/droiture, maintenant il peut dire: « Que dire de plus? Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous?Qui accusera encore les élus de Dieu? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera? Le Christ est mort, bien plus: il est ressuscité! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous. Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour du Christ? La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? Car il nous arrive ce que dit l’Écriture: A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour. On nous considère comme des moutons destinés à l’abattoir. Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8:31-37 BDS).

C’est intéressant de voir ce que Jésus a dit en réponse aux besoins qui deviennent des soucis de ce monde si la confiance en Dieu n’est pas établie: « Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus » (Matthieu 6:33 SG21).

Ces différents passages amènent aux parallèles suivants:

  • La grâce et la paix.
  • Les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification.
  • Le royaume et la justice de Dieu.

Ces passages parlent en réalité de choses qui sont liées, et il est intéressant de relever les points suivants:

  • Le Père et le Fils sont un (cf. Jean 10:30), dans une parfaite unité d’Esprit, et agissent ensemble. C’est le Père qui est celui qui donne la grâce, il en est la source, mais elle est donnée à travers le Fils qui est l’héritier de ce qui vient du Père. Le Fils est celui par qui la grâce du Père est révélée aux hommes. Le Père et le Fils sont un, parfaitement unis dans l’Esprit. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la grâce, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La grâce révélée et démontrée par le Fils est celle qui vient du Père. Par ailleurs, c’est parce que la grâce est pleinement révélée par le Fils, que la création tout entière attend avec un ardent désir que les hommes aient cette révélation des fils de Dieu (cf. Romains 8:19), afin que la grâce soit déversée sur terre comme au ciel, de la même manière que Jésus-Christ l’a démontrée. « Car ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Romains 8:14 BDS).
  • Le Père donne la paix à travers le Fils. La paix nous est donnée par le Fils qui transmet la justification/droiture en nous amenant à vivre dans la lumière qu’il a apportée au sujet du Père, jusqu’à donner sa vie sans chercher à la sauver. En vivant dans la lumière, nous sommes en communion et sommes ainsi purifié du péché (cf. 1 Jean 1:7). Dieu nous délivre du péché par la vérité qui est en son Fils, pour nous faire paraître saint, irréprochable et sans faute devant Lui, le Père (cf. Colossiens 1:22). Mais le Père et le Fils sont parfaitement unis. C’est pour cela, qu’en ce qui concerne la paix, Dieu le Père et le Seigneur Jésus-Christ ne peuvent pas être dissociés. La paix que le Fils donne est celle qui vient du Père. La paix est d’ailleurs une caractéristique du fruit de l’Esprit (Galates 5:22), Dieu est Esprit (Jean 4:24).
  • Le royaume de Dieu est manifesté sur terre par les trésors surabondants de la grâce. Ces trésors sont un acompte sur l’héritage du royaume de Dieu. Cet acompte est donné par le Père à travers le Fils (cf. Jean 16:7), et c’est l’Esprit de Dieu, cette puissance de Dieu (cf. Actes 1:8), qui constitue cet acompte (cf. Ephésiens 1:14). Cet Esprit est donné comme l’attestation du pardon des péchés, comme témoin de l’appartenance à Dieu en tant que fils (et filles) adoptifs (cf. Romains 8:15), et il est la puissance même qui vient de Dieu (cf. Actes 1:8), la même puissance que Jésus a reçu (cf. Matthieu 3:16-17) et par laquelle il a agi conformément au Père. Ainsi, les trésors surabondants de la grâce viennent par l’Esprit pour démontrer la gloire de Dieu à laquelle il nous rend participant (cf. 2 Pierre 1:3-11). Le Fils a révélé à quoi ressemblent les trésors surabondants de la grâce de Dieu à laquelle on accède par le moyen de la foi.
  • La justice/droiture de Dieu est manifestée par le don de la justification/droiture, qui corrige l’injustice de l’héritage du péché en Adam et que la loi de Moïse a mise en évidence. Le don de la justification/droiture n’est pas une étiquette par laquelle nous sommes déclarés justes, mais elle est le don qui, par l’Esprit au moyen de la foi, nous libère de l’esclavage du péché pour nous permettre de mener une vie juste et sainte conforme à celle menée par le Fils. Cette vie-là n’est produite que par la vérité révélée en Jésus-Christ, et nécessite le moyen de la foi en lui.

Royaume et justice 2Ainsi, rechercher le royaume de Dieu c’est rechercher ses trésors surabondants de la grâce et les recevoir par le moyen de la foi, pour manifester le règne de Dieu sur terre comme au ciel (cf. Matthieu 6:10), et annoncer ce règne en même temps qu’on le démontre par la puissance du Saint-Esprit (cf. Luc 9:1-6, Luc 10:1-9, Actes 1:8), en vivant cette réalité annoncée par Jésus: « Vraiment, je vous l’assure: celui qui croit en moi accomplira lui-même les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes parce que je vais auprès du Père » (Jean 14:12 BDS). Dans l’évangile de Marc, nous retrouvons Jésus qui, avant de s’en retourner auprès du Père, reparle de ces mêmes œuvres : « Et il leur dit: Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes miraculeux qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront des démons, ils parleront des langues nouvelles, ils saisiront des serpents venimeux, ou s’il leur arrive de boire un poison mortel, cela ne leur causera aucun mal. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris.

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer la Parole en tout lieu. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait leur prédication par les signes miraculeux qui l’accompagnaient » (Marc 16:15-20 BDS).

Rechercher la justice/droiture de Dieu c’est rechercher le don de la justification/droiture, par lequel la paix parfaite nous est donnée, et recevoir ce don par le moyen de la foi pour mener une vie juste et sainte, remplie d’amour, qui témoigne de Jésus-Christ, portant en nous-mêmes le fruit de son Esprit: l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (cf. Galates 5:22-23) pour le bénéfice de ceux qui nous entourent où que nous soyons. La justice/droiture de Dieu est rétablie en détruisant les œuvres du diable par la puissance du Saint-Esprit, venant à bout du mal par le bien, manifestant l’amour de Dieu, par les mêmes œuvres que Jésus a accomplies envers tous les captifs du pouvoir de l’adversaire qui est le dominateur de ce monde.

Royaume et justice 3Les clés du royaume de Dieu et de sa justice/droiture sont toutes résumées ci-dessus. Parce que tous les trésors surabondants de la grâce et le don de la justification/droiture sont tous reçus de la même manière: par le moyen de la foi ! C’est-à-dire croire dans son cœur ce que Jésus a dit et démontré, croire tout ce que Dieu a accompli en Christ, croire aux promesses de Dieu conformes à Jésus-Christ, et auxquelles Dieu dit « oui » en Jésus-Christ (cf. 2 Corinthiens 1:20), et agir en conséquence de ces promesses, et en conséquence de l’accomplissement de tout ce que les écritures annonçaient au sujet de Jésus-Christ (cf. Jean 19:30). Il est important de relever que, parfois, « agir » par la foi signifie attendre sans rien entreprendre, ou aussi simplement confesser/proclamer de sa bouche: « Chacun goûtera à satiété les fruits de ses paroles et se rassasiera de ce que ses lèvres ont produit. La mort et la vie sont au pouvoir de la langue: vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits » (Proverbe 18:20-21 BDS).

Il est bon de relire encore dans l’introduction de la deuxième lettre de Jean: « La grâce, la bonté et la paix qui nous viennent de Dieu, le Père, et de Jésus-Christ, le Fils du Père, seront avec nous pour que nous en vivions dans la vérité et dans l’amour » (2 Jean 1:3 BDS). Le terme traduit dans la version du Semeur par « bonté » signifie miséricorde, cette disposition à pardonner à un coupable, cette disposition à venir en aide à celui qui est dans le besoin sans tenir compte de ses fautes. Jean nous laisse comprendre que la grâce, la miséricorde et la paix est ce qui permet de vivre dans la vérité et dans l’amour. Vivre dans la vérité et dans l’amour c’est vivre dans la réalité de la grâce de Dieu, manifestant envers le monde que Dieu a tant aimé, les trésors surabondants de la grâce par la puissance de l’Esprit, au moyen de la foi, en étant enraciné dans la paix donnée en recevant par le moyen de la foi le don de la justification/droiture pour mener une vie juste et sainte. C’est là ce que le Père désire pour ses enfants: « Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi » (Jean 4:23 BDS). Jésus est l’exemple parfait de ce que signifie adorer le Père par l’Esprit et en vérité. C’est seulement par l’Esprit, dans cette puissance de Dieu agissante en nous et à travers nous par le moyen de la foi, et dans la connaissance de la vérité, que se trouve l’adoration: la manifestation de la gloire de Dieu à travers ceux qui lui appartiennent. Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, souligne l’ampleur démesurée de cette réalité, : « A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nous demandons ou même pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ pour toutes les générations et pour l’éternité. Amen! » (Ephésiens 3:20-21 BDS).

Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ, notre Seigneur.

La vérité dans l’amour: clé de la croissance

S’il y a une notion qui a certainement provoquée plus de blessures chez les gens que ce qu’elle en a guérie, c’est probablement celle de « dire la vérité à son prochain« . Ceci vient essentiellement de ce que les gens comprennent par « dire la vérité« , qui est souvent interprété faussement comme dire tout ce que l’on pense, ce que l’on ressent, exprimer notre désaccord avec l’autre, lui faire savoir ce qu’il a provoqué chez nous, et surtout ce qui ne va pas chez lui…, etc. Dans le Nouveau Testament, lorsque la Bible parle de « la vérité« , elle sous-entend essentiellement dans la majorité des textes, la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu. Il s’agit en particulier de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, tout ce qu’elle comprend et dont Jésus en est la démonstration. C’est Jésus qui est la Vérité (cf. Jean 14:6) dont la Bible parle, l’image visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15).

Voici ce que Paul écrit avant de mentionner la notion de dire la vérité à son prochain : « C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête: le Christ (Ephésiens 4:11-15 BDS).

Vérité dans l'amour 2Ce que Paul dit ici, c’est que les serviteurs que Dieu a donnés comme ambassadeurs (apôtres), comme porte-paroles de Dieu (prophètes), comme annonceur de la Bonne Nouvelle (évangélistes), comme prenant soin des autres tels des bergers (pasteurs) et enseignant les choses de Dieu (enseignants), sont donnés pour équiper les autres dans ses domaines respectifs, afin qu’ils soient rendus aptes à servir pour construire le corps de Christ. Paul dit même que c’est de cette manière-là, à travers la contribution de chacun de ces services mentionnés, pour que tous soient équipés dans tous ces domaines, que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance de Jésus-Christ. Il dit qu’ainsi équipé, on parvient à l’état d’adultes dans la foi, c’est-à-dire à un stade où le plein développement de la vie de Christ est manifeste chez le croyant. Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucune hiérarchie dans ces services, mais que chacun d’eux est nécessaire pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à servir en vue de la construction du corps de Christ. Aujourd’hui, le problème se trouve dans le fait que ceux qui enseignent les autres dans ces domaines, bien que considérés dans ces cinq services, ne connaissent souvent pas eux-mêmes la vérité. En étant modelé par le monde actuel et par la tradition de ce qu’ils ont entendu des autres, ils font partie des « hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur« , par une sagesse tout humaine que les enfants dans la foi ne discernent en général pas. Le résultat est qu’aujourd’hui, de nombreux croyants ne parviennent jamais à l’état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude de Christ. Surtout, s’ils ne cherchent pas eux-mêmes à connaître la vérité. Les cinq services dont parle Paul étaient, en son temps, par des hommes qui connaissaient la vérité et qui vivaient selon la vérité. Celle-ci n’avait pas encore été diluée dans des traditions issues d’une pensée tout humaine, et maintenue durant des siècles à cause de l’inaccessibilité aux Écritures par les croyants, et dont l’Église en porte encore de nombreuses séquelles.

Ce passage de la lettre aux Ephésiens laisse entendre que ce qui caractérise un enfant dans la foi est d’être ballotté par le vent de toutes sortes d’enseignements, ces enseignements pouvant même être contradictoires entre eux. Il laisse entrevoir que ce ballottement provient, d’une part, d’un manque au niveau des cinq services mentionnés, mais aussi, d’enseignements provenant d’hommes habiles à entrainer les autres dans l’erreur. Il faut comprendre que lors des écrits de Paul, les écrits du Nouveau Testament que l’on connait aujourd’hui n’étaient pas encore rassemblés et accessibles à tous les croyants. Sans compter que les évangiles n’avaient pas encore été mis par écrit. Les services mentionnés étaient donc essentiels pour que les croyants soient enseignés correctement. Lorsqu’on parle d’entrainer les autres dans l’erreur, on parle ici d’enseignements qui ne sont pas conformes à la vérité, bien qu’ils semblent être authentiques aux oreilles de ceux qui sont enfants dans la foi*. La conséquence est que la plénitude qui vient du Christ n’est pas manifeste chez les croyants, l’état d’adulte n’est pas atteint. Mais ce stade n’est bien souvent pas atteint non plus chez ceux qui enseignent pourtant les autres. Pour cette raison:

Tout enseignement doit être éprouvé, avec une préoccupation sincère de la vérité, à la lumière de ce que dit véritablement celui qui est la vérité : Jésus-Christ.
(voir aussi Approche théologique)

Cette préoccupation de la vérité doit être constante, parce que tout enseignement qui n’est pas conforme à la vérité ne produit simplement pas ce que seule la vérité produit: la libération de l’esclavage du péché (cf. Jean 8:31-45), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) conforme à la volonté de Dieu: l’amour. Mais c’est aussi l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie du croyant qui se trouve compromis par une méconnaissance de la vérité. Malheureusement, chez de nombreux croyants, par leur méconnaissance de la vérité, le règne de Dieu (voir Romains 14:17) n’est pas manifesté dans leur vie, et les mêmes œuvres que Jésus a faites et qu’il a dit que ses disciples feraient (Jean 14:12) se trouvent également absentes de leur vie.

Vérité dans l'amour 3Dans la foi, le stade adulte n’est pas simplement atteint par les années qui passent. Il est possible de confesser Jésus comme Seigneur et de croire que Dieu l’a ressuscité des morts, et cela depuis de nombreuses années et être toutefois resté un enfant dans la foi aux caractéristiques ci-dessus (voir aussi note de bas de page*), à cause de manquements au niveau des services mentionnés et/ou d’enseignements erronés qui sont crus (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité). Le Saint-Esprit, que Jésus dénomme précisément « l’Esprit de vérité« , joue un rôle majeur pour conduire dans le discernement de la vérité et filtrer ce qui est erroné dans les enseignements donnés par certains hommes: « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jean 16:13 BDS). Les enseignements erronés sont rarement totalement erronés. Mais ils contiennent souvent un certain nombre d’éléments de la vérité qui se trouvent mélangés avec des mensonges issus d’une pensée tout humaine, généralement modelée par le monde actuel et par la tradition. Ces enseignements erronés peuvent résonner comme remplis de sagesse pour ceux qui connaissent mal les Écritures, et en particulier ignorent les paroles que Jésus a prononcées. Il est donc vital de connaître la vérité qui est en Christ et de se débarrasser du mensonge qui peut habiter ce qu’on croit.

« C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain… » (Ephésiens 4:25 BDS). C’est débarrassé du mensonge concernant Dieu et les choses de Dieu, que l’Évangile est véritablement ce qu’il est: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ainsi que ce qui est transmis est « la vérité à son prochain« . C’est cela que Paul décrit par « la vérité » à dire à son prochain (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce).

Mais cette vérité, la Bonne Nouvelle avec tout ce qu’elle comprend, se doit d’être exprimée dans l’amour (cf. caractéristiques de l’amour). C’est ainsi que nous grandissons à tous égards vers le Christ, c’est-à-dire à sa ressemblance. Exprimer la vérité dans l’amour implique d’être premièrement soi-même enraciné dans l’amour de Dieu, afin que la vérité qui est exprimée soit issue d’un amour pour les gens. Paul insiste sur l’amour à plusieurs reprises, comme aux Corinthiens: « Supposons que j’aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j’aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. » (1 Corinthiens 13:2-3 BDS).

Et c’est pour transmettre la vérité dans l’amour que Paul a consacré sa vie: « C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité » (1 Timothée 2:4-7 BDS).

 

* A noter: Les caractéristiques que Paul décrit comme celles des enfants dans la foi sont notamment: être asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde (Galates 4:3), fonctionner comme des hommes livrés à eux-mêmes en fonction de leur propre nature et agissant d’une manière tout humaine, se jalouser les uns les autres et se disputer, se caractériser et se comparer par une dénomination (1 Corinthiens 3:1-4). Jean le résume ainsi, lorsqu’il décrit ceux qui ne sont plus des enfants dans la foi, mais qui sont déjà parvenus à l’état de « jeunes gens« , il dit qu’ils ont vaincu le mal (1 Jean 2:12-14), leur vie n’est plus caractérisée par le péché (voir 1 Jean 3:1-10). Il n’y a pas de condamnation apportée par Paul et par Jean, mais un bon moyen de tester, en étant honnête avec soi-même, si ce que l’on croit est la vérité. La présence des caractéristiques de « l’enfant dans la foi » devrait être un signal dans la vie du croyant qu’il y a des choses erronées dans ce qu’il croit concernant Dieu et les choses de Dieu. La connaissance de qui est Dieu véritablement, tel qu’il s’est révélé en la personne de Jésus-Christ, a pour conséquence l’amour. C’est ce que nous dit Jean: « Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:8 BDS). Jean ne laisse aucune place à la prétention.

L’Esprit donné en accueillant avec foi la Bonne Nouvelle

IMG_2430Tout au long de l’histoire biblique, nous voyons Dieu donner son Esprit à des hommes qui se sont tournés vers Lui et se retrouvaient alors à accomplir des choses extraordinaires, au-delà de leur propre capacité humaine. Dans Genèse 41, on voit le pharaon, qui pourtant ne marchait pas avec l’Éternel, faire le constat suivant face à Joseph: « Trouverions-nous un homme aussi compétent que celui-ci en qui habite l’Esprit de Dieu? » (Genèse 41:38 BDS). On voit Dieu donner son Esprit, à ceux qui sont tournés vers Lui et placent leur confiance en Lui. Et sa gloire est ainsi révélée par l’accomplissement de ses œuvres qui sont bonnes. Mais aucun des hommes qui ont précédé Jésus n’a accompli que les œuvres du Père qui sont bonnes, parce qu’ils ne l’avaient jamais vu. Par leur manière de penser, modelée par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement, même les hommes qui marchaient avec l’Éternel et qui avaient reçu son Esprit, accomplissaient aussi les œuvres du Malin qui sont contraires à l’amour. Les hommes étaient incapables de discerner entre l’Esprit de l’Éternel et d’autres esprits (voir Jean 8:48, 10:20, Marc 2:7, 14:64). Et ceci, parce qu’ils ne connaissaient pas le Père tel qu’il est véritablement (cf. Jean 16:2-3, Jean 17:6, 25-26). L’image de l’Éternel qui était ainsi transmise par les hommes du peuple de l’Éternel, inclus ceux qui avaient reçu l’Esprit de l’Éternel, était déformée et ne poussaient pas les hommes à se tourner vers l’Éternel (voir Jean 10:8-10). Au contraire, la tendance était de pousser les hommes loin de l’Éternel, ou de les maintenir tournés vers l’Éternel par un esprit religieux et une justice du mal pour le mal envers leurs ennemis, faussement prétendue justice de Dieu, par ignorance. Ainsi, toutes les actions des hommes prétendues au nom de l’Éternel ne sont pas toutes conformes à l’Esprit de l’Éternel (ex: 2 Rois 1:9-15, Luc 9:51-56).

Mais l’Éternel est venu Lui-même, en chair et en os en la personne de Jésus-Christ, montrer la vérité à son propre sujet. Il a ainsi démasqué les œuvres du Malin. Il a aussi montré sa volonté de donner Son Esprit à tous les hommes qui se tournent vers Lui, afin qu’ils puissent être délivré du mal qui est en eux. Cette délivrance se produit par la vérité qui est en Christ et dans laquelle son Esprit conduit. Ce salut est en Jésus-Christ. Et le don de l’Esprit de l’Éternel, le même qui était en Christ, est Celui par lequel il marque tous ceux qui appartiennent à Dieu. Les Écritures montrent Esaïe apercevoir déjà cette réalité que l’Éternel désirait : « Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu sur nous d’en haut, et alors le désert deviendra un verger, et le verger sera semblable à la forêt. Le droit habitera dans le désert, et la justice dans le verger. Le fruit de la justice (justice/droiture) sera la paix. L’effet de la justice (justice/droiture), ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais. Mon peuple habitera un domaine de paix dans des demeures sûres, dans des maisons tranquilles. La forêt tombera, abattue par la grêle, et la cité tombera au plus bas. Bienheureux serez vous: vous sèmerez partout le long d’eaux abondantes et vous pourrez laisser les bœufs comme les ânes en liberté » (Esaïe 32:15-20 BDS). Jésus, par une démonstration de la vérité au sujet de l’Éternel, Dieu est amour et l’amour ne commet pas le mal, attire les hommes vers Dieu (cf. Jean 12:32, 14:6), pour qu’ils se tournent vers Lui et fassent appel à Lui afin que ceux-ci reçoivent son Esprit.

Esprit donnéDans le livre de Joël, on voit déjà ce désir de Dieu de déverser son Esprit sur tout le monde, lorsque Joël dit au nom de l’Éternel : « Après cela, moi, je répandrai mon Esprit sur tout le monde: vos fils, vos filles prophétiseront. Vos vieillards, par des songes, vos jeunes gens, par des visions, recevront des révélations. Et même sur les serviteurs, sur les servantes, moi, je répandrai mon Esprit en ces jours-là… » (Joël 3 BDS).

Avant de s’en retourner vers le Père, Jésus a dit à ses disciples: « il vaut mieux pour vous que je m’en aille. En effet, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous. Mais si je m’en vais, alors je vous l’enverrai« . Jésus leur dit aussi : « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière…« , « Il manifestera ma gloire…« , « le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit moi-même«  (Jean 16:7, 13, 14, 14:26 BDS). Ainsi, c’est Jésus qui envoie l’Esprit, mais Jésus et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). C’est cet Esprit qui manifeste la gloire de Dieu et qui conduit le disciple de Jésus dans la vérité tout entière, à travers les paroles que Jésus a prononcées. C’est cet Esprit dont le fruit produit est « l’amour, la joie, la paix, la patience, l’amabilité, la bonté, la fidélité/foi, la douceur, la maîtrise de soi » (Galates 5:22-23 BDS). Ce fruit, l’Esprit le produit en abondance, ce qui prouve ainsi que le croyant est réellement disciple de Jésus (cf. Jean 15:8), attaché aux paroles de Jésus (cf. Jean 8:31). C’est l’action de cet Esprit dans la vie du croyant qui est l’adoration véritable que Jésus annonce à la Samaritaine: « Crois-moi, lui dit Jésus, l’heure vient où il ne sera plus question de cette montagne ni de Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient du peuple juif. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent par l’Esprit et en vérité » (Jean 4:21-24 BDS). Jésus laisse comprendre que ceux qui l’ont précédé n’étaient pas de vrais adorateurs. La véritable adoration n’est pas ce que pourrait produire l’homme par ses propres efforts. L’adoration ne consiste pas non plus en un culte rendu sur une montagne ou dans un temple de pierre, comme l’ont fait ceux qui ont précédé Jésus, mais il s’agit de ce que produit l’Esprit de Dieu dans la vie de l’homme qui place sa confiance en Dieu, et qui est attaché à la vérité que Christ a révélée. L’exemple parfait de l’adoration, par l’Esprit et en vérité, dont Jésus parle c’est: Sa propre vie.

Alors la question à se poser est la suivante: Comment Jésus donne-t-il son Esprit? Comment être rempli de l’Esprit de Dieu et voir son fruit grandir en nous?

Le désir d’être rempli de l’Esprit de Dieu et d’expérimenter la plénitude de la vie de Christ, avec toutes les bonnes caractéristiques que produit l’Esprit Saint, est en général présent chez de nombreux croyants. On peut entendre toutes sortes de prières qui vont dans le sens d’exprimer ce désir, avec parfois une recherche assidue à ce que l’Esprit Saint se manifeste, conscient de la nécessité de l’intervention de l’Esprit de Dieu. Mais bien souvent la sincérité de cette démarche semble insuffisante et infructueuse, et la réalité de l’Esprit de Dieu quelque peu aléatoire, un peu comme si l’Esprit Saint agissait au bon vouloir de Dieu et que sa volonté était fluctuante. Mais cette inconstance apparente de l’action de l’Esprit et de la volonté de Dieu n’est clairement pas ce que l’on observe dans la vie de Jésus, ni dans celle des apôtres et disciples de Jésus qui est décrite dans le livre des actes ou dans les lettres du Nouveau Testament. Dieu n’est pas inconstant.

Paul donne une réponse à la question: comment Dieu donne son Esprit? Il le fait dans sa lettre aux Galates. Ceux-ci avaient commencé en expérimentant la vie de l’Esprit, la grâce de Dieu à laquelle on accède au moyen de la foi. Mais ils avaient progressivement commencé à mélanger la grâce et la loi de Moïse, ne comptant plus alors uniquement sur la grâce de Dieu en Jésus-Christ par le moyen de la foi seule, mais comptant sur leur obéissance aux prescriptions de Moïse pour obtenir la faveur de Dieu et essayer de voir ainsi la sanctification se produire. Et ce mélange de la grâce avec les prescriptions de Moïse chez les Galates amène Paul à réagir sans compromis et de manière assez directe. En sorte qu’il n’évoque aucune louange au sujet des Galates dans l’introduction de sa lettre, contrairement à toutes ses lettres adressées aux autres églises. Car Paul sait que ce mélange de la grâce et des prescriptions de Moïse, basées sur les propres efforts, produit l’opposé de la sanctification. Ce mélange ramène à l’esclavage du péché et lui donne sa force (voir 1 Corinthiens 15:56). Paul leur dit dans sa lettre: « Manquez-vous à ce point d’intelligence? Après avoir commencé par l’Esprit de Dieu, est-ce en comptant sur vos propres ressources que vous allez parvenir à la perfection? » (Galates 3:3 BDS). Paul laisse ainsi comprendre que les prescriptions de Moïse, que les Galates avaient commencé à mélanger à l’Évangile, sont basées sur les propres ressources humaines. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle ces prescriptions de Moïse, autour du décalogue (dix commandements), étaient inefficaces et donnaient même de la force au péché. Ainsi, en comptant sur des moyens humains, il est impossible de parvenir à être semblable à Christ. C’est par l’Esprit de Dieu que l’on parvient à la perfection qui est en Christ.

Et voici la réponse donnée par Paul à comment Dieu donne son Esprit: « Voyons! Lorsque Dieu vous donne son Esprit et qu’il accomplit parmi vous des miracles, le fait-il parce que vous obéissez à la Loi ou parce que vous accueillez avec foi la Bonne Nouvelle que vous avez entendue? » (Galates 3:5 BDS). La Bonne Nouvelle consistait dans le fait de la grâce de Dieu, à laquelle on accède par le moyen de la foi.

IMG_2518Paul sous-entend que ce n’est pas en réponse à l’obéissance à la Loi, aux standards de Dieu et à ses commandements, ni aux prescriptions de Moïse auxquels les Galates avaient commencé à se soumettre, que Dieu donne son Esprit et accomplit des miracles parmi les croyants. Ce n’est pas non plus sur une demande formulée de leur part pour être davantage rempli de l’Esprit. Non, Dieu donne son Esprit et accomplit des miracles parce qu’on accueille avec foi la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu ! Il est intéressant de prendre conscience que Paul s’adresse à des chrétiens, aux chrétiens de la Galatie, donc à des gens qui ont déjà entendu la Bonne Nouvelle et qui avaient reçu l’Esprit de Dieu, par lequel ils avaient commencés. Le verbe « accueillir » est conjugué ici dans un présent continu. Paul permet aussi de comprendre que:

C’est en accueillant continuellement avec foi la Bonne Nouvelle que Dieu donne son Esprit!

La Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu a été plus que démontrée en Jésus-Christ, durant toute sa vie, jusqu’à sa mort et sa résurrection. Et la grâce de Dieu a été démontrée depuis, dans la vie de ses disciples (voir Jean 8:31-32, Matthieu 24:25, Actes 11:26). C’est cette réalité de la grâce de Dieu, démontrée en Christ jusqu’à choisir de mourir (cf. Jean 10:18) en démontrant que Dieu ne retourne pas le mal pour le mal (cf. Luc 23:34, Matthieu 5:38-48), qui purifie de la fausse manière des hommes de penser (ce en quoi consiste le péché par définition). Cette purification se produit dans l’union avec le Christ, par un changement de la manière tout humaine de penser, pour l’aligner avec celle de Christ, afin de nous faire paraître saints, irréprochables et sans faute devant Dieu (cf. Colossiens 1:22). Cette réalité est à saisir personnellement par le moyen de la foi en Jésus-Christ, c’est-à-dire la foi dans ses paroles et dans ce qu’il a démontré par sa propre vie. Il s’agit de demeurer dans l’amour du Père céleste que Christ a démontré (cf. Jean 15:3-4, 9). C’est en accueillant avec foi (croire et agir en conséquence) la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, que l’Esprit de Dieu est donné à ceux qui croient. Mais c’est aussi en continuant d’accueillir avec foi cette Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, que le croyant est rempli de l’Esprit de Dieu, et que cet Esprit produit Son fruit en celui qui croit. C’est ce que l’auteur aux Hébreux souligne aussi, indirectement, en disant: « Gardons les yeux fixés sur Jésus, qui nous a ouvert le chemin de la foi et qui la porte à la perfection » (Hébreux 12:2 BDS). Jésus ouvre le chemin de la pleine confiance en Dieu, et porte cette confiance à la perfection. C’est en gardant continuellement les yeux fixés sur la vérité qui est en Christ, la grâce de Dieu, que la perfection se produit en celui qui croit.

C’est en gardant les yeux fixés sur la vérité qui est en Christ, en nourrissant les pensées de la grâce de Dieu, de la vérité du pardon des péchés que Christ a enseignée et démontrée une fois pour toute, que la transformation se produit (cf. Romains 12:2), et que l’Esprit accomplit son œuvre dans le croyant (voir aussi Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté). Et de la même manière, c’est aussi en accueillant continuellement avec foi la Bonne Nouvelle de la grâce, que Dieu accomplit des miracles parmi les croyants. Et aussi, que par les croyants eux-mêmes, agissant par la foi dans la grâce de Dieu, il accomplit des miracles pour démontrer au monde la grâce de Dieu, et les attirer ainsi à Lui par son amour (voir Jean 14:12).

C’est afin qu’ils soient remplis de l’Esprit de Dieu, que Paul a dit aux Philippiens: « Enfin, frères, nourrissez vos pensées de tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’amour ou d’approbation, de tout ce qui mérite respect et louange«  (Philippiens 4:8 BDS), et qu’il dit aussi aux Ephésiens: « laissez-vous constamment remplir par l’Esprit: ainsi vous vous encouragerez mutuellement par le chant de psaumes, d’hymnes et de cantiques inspirés par l’Esprit, vous louerez le Seigneur de tout votre cœur par vos chants et vos psaumes; à tout moment et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ«  (Ephésiens 5:18-20 BDS). Ainsi, c’est en nourrissant les pensées de tout ce qui est conforme à la grâce de Dieu et à la vérité, et par la reconnaissance exprimée à Dieu qui en découle, que le croyant est constamment rempli par l’Esprit. Mais il va de soi que si un croyant se nourrit de chants et de pensées qui ne sont pas conformes à la vérité que Christ a enseignée et démontrée, mais qui transmettent une image de Dieu qui est faussée, ces chants et ses pensées ne peuvent en aucun cas amener ce croyant à être rempli de l’Esprit de Dieu… Car l’Esprit de Dieu est l’Esprit de vérité, c’est Celui qui était en Christ, Christ est la vérité.

Toutefois, il peut être bon de préciser que le Saint-Esprit n’est pas retiré au croyant qui se nourrit de mauvaises pensées contraires à la vérité, car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables (cf. Romains 11:29). Dieu ne reprend pas ce qu’il donne. Mais le croyant qui nourrit ses pensées de ce qui n’est pas conforme à la vérité qui est en Christ, ne pourra simplement pas être rempli de cet Esprit qu’il a reçu. Par ses mauvaises manières de penser, c’est de ce qui est contraire à l’amour dont il sera rempli (voir Romains 8:4-7, Galates 5:17-21). Un tel croyant sera donc conduit par une nature tout humaine qui est corrompue et non par l’Esprit de vérité qui produit une vie juste et sainte. Ainsi, le fruit qu’il porte ne pourra pas être le fruit de l’Esprit (voir Galates 5:22-23), malgré le fait que l’Esprit de Dieu habite en Lui (voir 1 Corinthiens 6:19). Car il est non seulement nécessaire que l’Esprit de Dieu soit en nous, il est aussi nécessaire de demeurer dans l’Esprit de vérité, la vérité de la grâce de Dieu. Jésus a dit à ceux qui avaient déjà été purifié grâce à l’enseignement qu’il leur a donné: « Demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attaché au cep. Il en est de même pour vous: si vous ne demeurez pas en moi, vous ne pouvez porter aucun fruit«  (Jean 15:7 BDS). « Mais si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez«  (Jean 15:7 BDS).

 

La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité

Test de la vérité 1La première lettre de Jean est remplie d’indications précieuses permettant notamment d’évaluer notre connaissance de Dieu et de Jésus. Le constat que cette lettre de Jean a le potentiel de révéler peut s’avérer difficile à entendre pour certaines personnes parce que Jean ne laisse pas de place à la prétention. Il est bon de savoir que cette lettre a été rédigée dans une période où il y avait déjà des hérésies (conceptions erronées en matière de foi) niant, par exemple, l’humanité de Jésus et l’existence du péché avec les actions qui en découlent. Aussi, pour tirer le meilleur de cette lettre, il est vital de l’approcher avec humilité, en étant honnête avec soi-même et, surtout, accompagné de la réalité du pardon que Christ a démontré, en sorte d’éviter tout sentiment de culpabilité qui endurcit le cœur (voir Péchés pardonnés à cause de son nom et Le cœur est affermi par la grâce). Ainsi, cette lettre avec son intention devient un joyau qui permet de déceler s’il y a des hérésies dans ce que l’on croit, et chercher alors à rétablir la vérité qui produit la sanctification et la délivrance du péché pour mener une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24voir aussi Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté).

Jean, comme un père avec un cœur rempli d’amour qui repose les bases de la non-condamnation en provenance de Dieu, s’exprime ainsi: « Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jean 2:1-2 NEG79). Le terme traduit ici par « victime expiatoire » est hilasmos qui en vérité a le sens d’apaisement, de moyen d’apaiser, c’est-à-dire le moyen de mettre fin à la violence d’un sentiment, d’une sensation pénible, à un trouble, à une agitation. Bien que Jésus ait fait l’expérience de la méchanceté des hommes, il n’est pas une « victime expiatoire » comme traduit ici, et Jésus l’a fait comprendre notamment lorsqu’il a dit: « En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10:18 BDS). Jésus n’a pas cherché à échapper à la mort bien qu’il en avait la possibilité (cf. Matthieu 26:52-54), mais il a démontré l’amour dans toutes ses caractéristiques, donnant sa propre vie jusqu’à la mort.  Et il a démontré qu’il est la résurrection et la vie (cf. Jean 11:25), en sorte que les hommes n’aient plus peur de la mort et soient habilités, par le moyen de la foi en Lui, à aimer leurs ennemis comme il l’a enseigné et démontré. Jésus est le moyen d’être apaisé en ce qui concerne le péché, parce qu’il a démontré que le Père ne tient pas compte des fautes, il n’est pas celui qui condamne, mais il sauve celui qui vient à Lui et fait appel à Lui. Jésus n’est pas le défenseur des hommes face au Père, mais il est le Défenseur de tous les hommes face à l’Accusateur. Jésus est le défenseur face à celui qui est le père du mensonge et le meurtrier dès le commencement, le diable qui a modelé la manière de penser des hommes (cf. Jean 8:44, Jean 5:45). Avec cette assurance devant Dieu donnée une fois pour toutes par Jésus-Christ, Jean enchaine avec ceci:

« Voici comment nous savons que nous connaissons le Christ: c’est parce que nous obéissons à ses commandementsSi quelqu’un dit: «Je le connais» sans obéir à ses commandements, c’est un menteur et la vérité n’est pas en lui » (1 Jean 2:3-4 BDS).

Test de la vérité 3Le terme « connaître » (en grec ginosko) utilisé ici implique aussi une notion de connaissance rapprochée, d’intimité. La vérité au sujet de Jésus et l’intimité avec lui, c’est-à-dire la communion avec lui, vont de pair. On ne peut pas connaître Jésus intimement sans connaître la vérité dont parle la Bible à son sujet, dont ses propres paroles qui nous sont rapportées dans les évangiles. Et on ne peut pas connaître la vérité au sujet de Jésus sans être uni à lui, les deux sont nécessaires. C’est d’ailleurs dans l’union avec Jésus, qui se produit par le moyen de la foi (cf. Ephésiens 3:12), que le voile est ôté sur les Écritures (cf. 2 Corinthiens 3:14). Il s’avère qu’une méconnaissance de la vérité est non seulement la cause d’une méconnaissance de Jésus, mais elle est surtout la conséquence de cette méconnaissance de Jésus, car Jésus est la vérité. On pourrait l’illustrer ainsi:

La vérité = Jésus = la vérité.

Paul dit aux Colossiens que « En lui (Christ) se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Colossiens 2:3 BDS). Ainsi, une méconnaissance de Dieu est à la fois la cause et la conséquence d’une méconnaissance de la vérité qui est en Christ. Christ est la porte qui ouvre la connaissance. Ceci découle du fait que Jésus est la vérité (cf. Jean 14:6).

On accède au Père par la vérité et on accède à la vérité par Jésus.

Pour revenir à ce qui est dit dans 1 Jean 2 ci-dessus, c’est que si quelqu’un connait le Christ, il va forcément obéir à ses commandements, c’est indissociable. L’obéissance aux commandements de Christ est une conséquence directe de la connaissance du Christ, ce n’est pas le résultat d’efforts humains… L’obéissance aux commandements nous permet précisément de savoir et d’avoir l’assurance que nous connaissons effectivement la vérité au sujet de Christ, et donc du Père tel que Christ l’a révélé. L’obéissance est la mesure de la connaissance de la vérité: Christ. Ce que Jean nous dit donc ici, c’est que prétendre connaître le Christ sans obéir à ses commandements révèle que la vérité n’est pas en celui qui n’y obéit pas… En d’autres termes, si l’obéissance aux commandements de Jésus n’est pas là, notamment l’obéissance à cette parole « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jean 15:17 NEG79), c’est que ce qui est cru par le croyant n’est pas conforme à la vérité qui est en Christ. En vérité, il s’agit notamment de ce qui concerne la partie de la vérité qui délivre du péché et habilite à l’amour, et que Christ a révélé. En réalité, il s’agit de la partie fondamentale* et libératrice de l’esclavage du péché qui est ignorée, méconnue, ou parfois même rejetée à cause de la tradition.

C’est là une super indication que Jean nous donne pour savoir si ce que l’on croit concernant Dieu et nous-mêmes est effectivement la vérité, ou si l’on est dans de fausses interprétations de la Bible par ignorance des paroles de Christ, particulièrement en ce qui concerne le pardon des péchés. En conséquence, si quelqu’un n’arrive pas à obéir aux commandements, il ne faut pas continuer de s’efforcer d’essayer en prétendant connaitre Jésus, ceci donne vie au péché qui s’appuie précisément sur le commandement (cf. Romains 7:8). Ainsi avec ce que Jean nous dit, nous constatons que:

L’obéissance aux commandements de Jésus démontre si la vérité est en nous.

Il peut être bon de préciser qu’il s’agit d’aimer Dieu et d’aimer notre prochain comme Christ l’a fait lui-même. La réalité demeure que ce ne sont pas nos efforts qui produisent cette obéissance, mais connaître la vérité, c’est-à-dire le Christ. Alors, si l’obéissance aux commandements de Jésus, l’obéissance à l’amour, fait défaut, il faut premièrement ne pas prendre les choses personnellement, ni recevoir la culpabilité qui vient de l’accusateur qui est le père du mensonge. Mais il est nécessaire de vérifier ce que l’on croit en cherchant la vérité dans la Bible avec l’aide de l’Esprit-Saint. Et il s’agit principalement de connaître Jésus-Christ, c’est-à-dire ses paroles et ses actes qui nous enseignent la vérité et qui se trouvent dans les évangiles. Le rôle du Saint-Esprit a notamment pour but de conduire dans la vérité tout entière (cf. Jean 16:13), d’enseigner toutes choses et de rappeler les paroles que Jésus a prononcées (cf. Jean 14:26), car ce sont elles qui amènent à connaître la vérité qui délivre du péché (cf. Jean 8:31-36). Ainsi, en remplaçant les mensonges (ce que l’on croit mais qui est erroné) par la vérité qui est en Christ, l’obéissance aux commandements de Jésus se produit naturellement (par la nouvelle nature en Christ) pour celui qui est uni à lui par le moyen de la foi, et qui connait la vérité. Jean, qui connait bien cette vérité, dit d’ailleurs que les commandements ne sont pas pénibles (cf. 1 Jean 5:3), c’est une réalité dans l’union avec le Christ, et il va jusqu’à dire que:

« Celui qui prétend qu’il demeure en Christ doit aussi vivre comme le Christ lui-même a vécu » (1 Jean 2:6 BDS).

Jean ne laisse aucune place à la prétention pour ceux qui prétendent que leur enseignement est conforme à la vérité, notamment en ce qui concerne le pardon/effacement des péchés. C’est là un encouragement à mettre les « efforts » au bon endroit: chercher à connaître Dieu par la vérité qui est en Jésus-Christ, en recherchant la vérité qui les concerne et dont la Bible parle. Et lorsqu’on connait et croit la vérité, le Christ, l’obéissance que la connaissance de la vérité produit se passe alors naturellement, elle n’est pas pénible, elle déborde de l’amour qui est en Christ. C’est précisément là le meilleur test pour savoir si l’on connait réellement la vérité :

« Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour«  (1 Jean 4:8 BDS).

 

* voir Dossier: Le point sur le pardon des péchés, Dossier: Le point sur la repentance

La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce

Dans le premier chapitre de son Évangile, Jean écrit ceci: « Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité!  » (Jean 1:14 BDS). Dans ce passage, Jean définit la gloire qu’il a contemplé dans le Fils unique envoyé par le Père comme: plénitude de grâce et de vérité! Ce qui veut dire que:

La plénitude de la grâce et de la vérité est la gloire de Dieu.

Grace et vérité 1Jean exprime qu’il n’y a pas eu d’autres fils comme ce Fils envoyé par le Père, il est unique. Ce que Jean et d’autres ont pu contempler dans ce Fils, n’avait jamais été contemplé en aucun autre. Ainsi, en Jésus-Christ, la grâce et la vérité de Dieu se trouvent au plus haut degré de développement, dans toute leur force, leur intensité et c’est là ce qui qualifie la gloire de Dieu. Et Jean poursuit en disant: « Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre. En effet, si la Loi nous a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1:16-17 BDS). La grâce de Dieu est surabondante et inépuisable, elle est à la mesure de l’amour de Dieu (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu).
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Dans ce qu’il exprime ici, Jean place d’un côté la Loi donnée par Moïse, et de l’autre côté la grâce et la vérité. Ce qui est intéressant de relever c’est que la vérité est du côté de la grâce, faveur imméritée et « imméritable ». Les prescriptions données en marge du décalogue par l’intermédiaire de Moïse impliquaient un fonctionnement au mérite alors que la grâce est exactement l’opposé. Certaines prescriptions de Moïse excluaient la grâce et condamnaient à mort. La vérité est que la grâce est précisément ce qui démontre l’amour de Dieu, sa véritable nature et c’est Christ qui a rendu témoignage à la vérité. Personne d’autre ne l’a fait.
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Avant le régime de la Loi introduit par Moïse, régime avec des prescriptions au mérite, on constate un Dieu invisible qui ne tenait pas compte des fautes de ceux qui avaient placé leur confiance en lui, ni de son peuple conduit par Moïse. On voit l’Éternel qui manifeste sa bienveillance, sa grâce envers eux (par exemple Genèse 12, Exode 16, Exode 17). Mais l’histoire semble subir comme un nouveau tournant à travers le ministère de Moïse qui, au service du décalogue gravé sur des pierres, a conduit à la mort, à ce qui s’oppose à l’amour (cf. 2 Corinthiens 3:7-9, Jean 5:45). Le ministère de Moïse fait apparaître l’Éternel comme ayant changé d’humeur, et comme celui qui demande la mort à cause de sa sainteté. Mais cette idée pervertit la définition de la sainteté qui est précisément l’absence de tout mal. L’Éternel semble avoir fait savoir à Moïse, à la fin de sa vie, qu’Aaron et lui, ont déshonoré la sainteté de Dieu aux yeux des Israélites (cf. Nombres 20:12-13). La sainteté de Dieu, l’absence du mal en Lui, a été pleinement démontrée en Jésus-Christ. Par ses paroles et ses actes, Jésus a mis en lumière qu’un certain nombre de décisions et paroles transmises par Moïse en marge du décalogue étaient une réponse issues d’une pensée tout humaine face à la dureté du cœur des hommes (cf. Matthieu 19:8Jean 5:45, 8:1-11). La Loi de Dieu gravée sur des pierres a démontré la perversité de la pensée tout humaine modelée par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). La réaction de Moïse avec le décalogue a été la même que celle de beaucoup de croyants aujourd’hui qui se retrouvent avec ses mêmes loi de Dieu gravées dans leur cœur: ils se condamnent eux-mêmes et condamnent les autres par ces lois. Et cela parce qu’ils ne tiennent pas compte de la vérité qui est en Christ: Dieu ne tient pas compte des fautes et un changement de la manière de penser est nécessaire pour être rendu apte à vivre conformément à la loi de l’amour que Christ a démontrée. Il y a une perversion de la manière de penser des hommes que la loi de Moïse met en évidence. C’est ce dont Paul parle aux Romains en disant: « Est-il donc possible que ce qui est bon (le décalogue) soit devenu pour moi une cause de mort? Au contraire, c’est le péché (harmatia qui signifie faux état d’esprit) ! En effet, il m’a donné la mort en se servant de ce qui est bon pour manifester sa nature de péché et pour montrer son excessive perversité par le moyen du commandement » (Romains 7:13 BDS). « Car personne ne sera déclaré (rendu) juste devant lui parce qu’il aura accompli les œuvres demandées par la Loi. En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché » (Romains 3:20 BDS). Ce régime de la loi de Moïse, régime du mérite, n’a rien solutionné, au contraire. Et ce régime instauré par Moïse au service du décalogue que personne n’arrivait à satisfaire à cause du péché, ce faux état d’esprit de la pensée tout humaine, a duré jusqu’à la venue de Dieu Lui-même en la personne de Jésus-Christ. Christ en démontrant la vérité a mis fin à ce régime-là, une fois pour toutes. « Car le Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés (rendus) justes » (Romains 10:4 BDS).

La vérité est du côté de la grâce, pas du côté de la loi de Moïse.

Grace et vérité 2C’est la grâce qui est la vérité parce que la loi de Moïse avec son régime au mérite ne reflète pas l’amour de Dieu, ni le fait qu’il soit juste. La loi de Moïse peut laisser croire à celui qui ne comprend pas l’intention de Dieu, que Dieu fonctionne au mérite. La Loi peut aussi laisser croire faussement que Dieu est injuste, parce que suite à la faute d’un seul, Adam, tous ont hérité d’une fausse manière de penser et de ses conséquences. Mais Dieu a toujours fait grâce, mais le seul moyen d’y accéder a toujours été celui de la foi. La vérité qui est en Christ c’est que tous ont la possibilité d’accéder à la grâce de Dieu (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Dieu désire partager son amour. Il a créé l’homme par amour, pour l’amour et pour lui partager sa gloire: sa grâce (cf. Ephésiens 1:6). Son désir est de bénir l’homme, de lui déverser sa grâce, que le cœur de l’homme s’attache à Lui et soit le reflet de Son image, mais il ne peut pas le faire contre la volonté de l’homme, sans le choix de l’homme de mettre sa confiance en Lui et de penser comme Lui. Il ne peut pas le faire sans le moyen de la foi (voir aussi La foi qui plait à Dieu: croire en sa faveur imméritée).

Dans le texte original de Jean 1:17, le verbe utilisé pour la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ est un singulier. Pour être pleinement fidèle au sens, il faudrait traduire par la grâce et la vérité est venue par Jésus-Christ, ce qui donne une faute de français. Mais en réalité, la grâce et la vérité ne font qu’un! Si l’on touche à la grâce, on touche à la vérité, et de la même manière si l’on touche à la vérité, on touche à la grâce. La vérité c’est la grâce et la grâce c’est la vérité, et les deux sont venus en un Fils unique: Jésus-Christ, conformément à cette parole de l’Écriture: « L’amour et la vérité vont se rencontrer, et la justice et la paix se donneront l’accolade » (Psaumes 85:11 BDS).

Connaître la vérité: clé de la sanctification et de la liberté

IMG_0427Dans l’Évangile selon Jean au chapitre 17, où Jésus s’adresse au Père et prie pour ses disciples, il exprime ceci:

« Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. » (Jean 17:17 LSG)

La notion de vérité a suscité un grand nombre de débats qui visent souvent à définir ce qu’est la vérité ou, parfois, à en supprimer toutes notions absolues, chacun prétendant que ce qu’il croit est la vérité. Sans entrer dans ces controverses, ce qui est important à relever ici dans ce que Jésus exprime dans sa prière, c’est que: la vérité produit la sanctification et que la parole du Père de Jésus-Christ est la vérité. Le Père de Jésus-Christ ne dit pas de mensonge, mais ce qu’il dit peut être mal compris et donc sujet à une transmission de quelque chose d’erroné qui n’est ni la vérité, ni la parole de Dieu. Chaque individu croit pour lui-même que ce qu’il croit être vrai est la vérité. De plus, si ce qu’un individu croit est en grande partie issue de ce qu’il a entendu des autres, et non de sa propre recherche de la vérité, alors s’il trouve d’autres personnes qui croient comme lui, cela aura généralement tendance à renforcer son sentiment que ce qu’il croit est la vérité. Mais ce n’est pas parce qu’un homme a parlé au nom de Dieu que ce que cet homme dit est forcément la vérité, la parole de Dieu, même si un grand nombre d’individus le croit. C’est Jésus-Christ qui est la vérité, dont la parole est conforme à Dieu, parce qu’il est dans une parfaite unité avec le Père (cf. Jean 10:30). Alors comment savoir si une prétention à connaître la vérité n’est pas qu’une prétention mensongère et illusoire de celui qui croit connaître la vérité? Cette question est fondamentale car, rappelons-le, chaque individu croit pour lui-même que ce qu’il croit est la vérité. Et il y a une diversité de croyances qui s’opposent clairement entre elles, et ne peuvent donc pas être toutes simultanément conformes à la vérité.

A la vérité s’oppose le mensonge. Dans Jean 8:44, il nous est rapporté que Jésus a dit que le père du mensonge est le diable, qu’il ne se tient pas dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Jésus dit que lorsque le diable ment, il parle de son propre fond. Le terme original diabolos signifie calomniateur et celui qui accuse faussement. Calomnier signifie dénaturer sciemment quelque chose par de fausses interprétations. Le diable, l’adversaire, se pose en ennemi de Dieu et utilise essentiellement la vérité comme base du mensonge. Dès le commencement, il s’appuie sur la vérité pour la déformer par de fausses interprétations. Jésus nous dit que le diable est l’initiateur du mensonge, il en est le père. Le père du mensonge déforme la vérité, l’ampute ou cherche à la faire disparaître. Il ne se tient pas dans la vérité. Mais aussi, par exemple, l’adversaire prend les Écritures, les textes bibliques, pour suggérer intentionnellement des choses contraires à la pensée de Dieu que Jésus-Christ a révélée. L’adversaire suggère des choses qui ne sont pas la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Ce que le père du mensonge suggère n’est jamais la vérité, bien que ce qu’il dise contienne des éléments appartenant à la vérité. Par exemple, ce n’est pas parce qu’on place le seul vrai Dieu, ou Jésus-Christ, dans une phrase que la phrase est conforme à la vérité. Bien que le mensonge s’appuie toujours sur des éléments appartenant à la vérité, cela ne fait pas du mensonge quelque chose de conforme à la vérité. Le mensonge détruit la vie.

La vérité quant à elle, elle sanctifie, elle rend saint et sain (de corps, d’âme et d’esprit). Le terme original pour sanctifier est hagazio qui signifie être vénérable (se dit de quelqu’un dont la vie est exemplaire), séparer des choses profanes, purifier. La sanctification est la transformation qui amène une vie semblable à celle de Jésus-Christ (cf. 1 Jean 4:17), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24), conforme à la pensée de Dieu et à sa volonté pour l’être humain. La vérité produit l’amour semblable à celui qu’a manifesté Jésus-Christ. Jésus-Christ est la référence de ce à quoi ressemble la vie d’un homme sanctifié. La vérité au sujet du Père habitait Jésus, il se tenait dans la vérité. C’est pourquoi sa vie était juste et sainte, conforme à la vérité, Jésus-Christ est la vérité (cf. Jean 14:6). Le dominateur de ce monde, le diable, n’avait aucune prise sur Jésus (cf. Jean 14:30, Jean 10:18), parce que Jésus connaissait la vérité et il se tenait dans la vérité. Jésus ne pouvait pas être trompé par le mensonge comme Adam et Eve l’ont été, et comme l’ont été tous ceux qui sont venus avant Jésus-Christ (cf. Jean 10:8-10). Toutefois, le père du mensonge a essayé de tromper Jésus (voir Matthieu 4:1-11). Jésus-Christ a démontré la vérité concernant le seul vrai Dieu, son Père. Il a démontré ce qui est conforme à Dieu sur terre et ce qui ne l’est pas. Jésus-Christ nous laisse savoir que la vérité est ce qui sanctifie. Par ce que Jésus a exprimé, nous comprenons que si nous ne sommes pas sanctifié, c’est que nous ignorons la vérité et sommes attachés à des mensonges, par ignorance de la vérité. Comme déjà évoqué, sanctifier signifie rendre quelqu’un saint, c’est-à-dire dépourvu de ce qui appartient au mal. C’est amener une personne dans un état où la grâce se manifeste, où l’amour est présent dans toute sa plénitude et ses caractéristiques, telles que Jésus-Christ les a démontrées. IMG_0418Lorsqu’on se plonge dans les textes bibliques, il est donc fondamentale de rechercher la vérité. Il s’agit de rechercher ce qui est conforme à la parole de Dieu, c’est-à-dire conforme à ce que Dieu dit et pense véritablement. Parce qu’une interprétation des textes bibliques qui ne correspond pas à la vérité, et qui est contraire à la pensée du seul vrai Dieu, ne produit pas une vie semblable à celle de son fils, Jésus-Christ. Seule la vérité amène à une vie sanctifiée, juste et sainte, avec le même amour que Jésus-Christ. C’est pour cela qu’il est possible de lire la Bible, de connaître des passages bibliques que l’on cite par cœur, d’avoir fait de « hautes études diplômées », de passer des heures à prier dans toutes les directions et d’expérimenter tout sauf l’abondance de vie que Jésus promet, et de demeurer esclave du péché et ne pas voir se produire la sanctification, et ainsi mener une vie où les caractéristiques qui sont en Jésus-Christ sont absentes, une vie où le fruit de l’Esprit est absent, en résumé : une vie sans amour, une vie étrangère à la vie que Dieu donne véritablement (cf. Ephésiens 4:18).

Ainsi, une des raisons, si ce n’est la raison pour laquelle beaucoup de croyants expérimentent une vie qui ne transpire pas la vie et les caractéristiques de Jésus-Christ, ne vient pas d’un manque de volonté, mais du fait de croire des choses qui, en réalité, ne sont en pas la vérité, des choses qui ne sont pas la parole conforme à la pensée de Dieu. Il en résulte une vie qui ne manifeste pas la puissance du Saint-Esprit, une vie sans les mêmes œuvres que Jésus-Christ, une vie sans force, une vie conforme au monde actuel.

Certains peuvent croire une interprétation de certains textes bibliques en pensant que cette interprétation est la vérité, simplement parce que beaucoup d’autres croient la même chose… Mais la véracité de l’interprétation se démontre par ce que produit cette interprétation, prétendue conforme à la vérité, dans la vie de ceux qui la croient, et notamment le résultat de cette interprétation sur la sanctification. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit des croyances qui touchent directement à la sainteté. Le seul vrai Dieu ne laisse aucune place à la prétention, car à la vérité s’attache certaines caractéristiques qui sont propres à la connaissance de la vérité et que Jésus-Christ a démontrées. Jésus explique même le moyen de tester la connaissance de la vérité, qu’il a lui-même démontrée par sa propre vie.

Dans l’Évangile selon Jean, au chapitre 8 il nous est rapporté que Jésus a dit aux Juifs qui avaient mis leur confiance en lui : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:31-32 NEG79). Dans ce passage, le terme affranchir est eleutheroo qui signifie rendre libre, amener à la liberté de la domination du péché. C’est pourquoi Jésus dit : « En vérité, en vérité, je vous le dit, quiconque se livre au péché est esclave du péché« . Et il dit par la suite : « Si donc le fils vous affranchit, vous serez réellement libres« . Jésus parle d’être libéré du péché. Le terme original pour péché est harmatia qui signifie ce qui est mal. Il vient du verbe harmatano qui a le sens d’erreur, de faux état d’esprit. En d’autres termes, il s’agit d’avoir de fausses manières de penser, contraires à la vérité qui est en Jésus-Christ. C’est en connaissant la vérité, conséquence de s’attacher à la parole que Jésus-Christ a annoncée, que la liberté dont Jésus est l’exemple (il n’a point péché, cf. 1 Pierre 2:22, 1 Jean 3:5, 2 Corinthiens 5:21), se manifeste en nous et à travers nous. A noter, il s’agit de s’attacher à la parole que Jésus -Christ a fait connaître. C’est la parole de Jésus-Christ qui amène à connaître la vérité qui libère, qui sanctifie. Il s’agit d’une parole que ceux qui l’ont précédé n’ont pas forcément annoncée, typiquement Jésus a dit « tes péchés sont pardonnés » sans qu’il n’y ait eu aucune prérogative de la part de ceux à qui il s’est adressé (cf. Matthieu 9:2, Marc 2:5 , Luc 5:20, Luc 7:48). Jésus a dit « je ne te condamne pas non plus » sans qu’il n’y ait eu aucune prérogative requise à cette non-condamnation (cf. Jean 8:11). Pour exemples, ni le paralytique, ni la femme adultère n’ont fait ou dit quoi que ce soit pour obtenir le pardon de leurs péchés et la non-condamnation que Jésus leur a annoncés et démontrés. Sans l’intervention de Jésus-Christ, la femme adultère aurait très certainement été lapidée conformément à ce qui avait été prescrit par Moïse et enseigné comme « parole de l’Éternel » par les hommes qui sont venus avant Jésus-Christ… Et Jésus a clairement laissé savoir que c’est lui qui est la vérité et, de plus, il a dit explicitement : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10:30 NEG79). Dans le contexte, il est clair qu’il s’agit là d’une unité d’esprit entre le Père et le Fils, c’est-à-dire d’une même manière de penser qui produit des actions chez le Fils qui sont conformes au Père. C’est aussi pourquoi Jésus a dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:9 NEG79).

Lorsque les accusateurs qui voulaient condamner la femme adultère ont demandé à Jésus : « Moïse, dans la loi (nomos: toute chose établie, toute choses acceptée par l’usage, une coutume, une loi, un commandement), nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? » (cf. Jean 8:5), le fait est que, sans en avoir conscience, c’est à celui qui est dans une parfaite unité avec le seul vrai Dieu qu’ils adressaient cette question. Et Jésus a donné une réponse conforme à son Père, le seul vrai Dieu, et il a clairement démontré que son jugement sur ce cas ne ressemble pas à la parole qui animait la croyance des accusateurs, et ne ressemblait pas non plus à la parole de ceux dont ils ont suivi aveuglément les enseignements. Jésus-Christ est la vérité. Lorsque Jésus s’est adressé à des Juifs, qui le poursuivaient parce qu’il avait guéri un infirme le jour du sabbat, il a éclairci certaines choses : « Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, celui en qui vous avez mis votre espérance » (Jean 5:21 SG21). L’accusation qui était issue des paroles de Moïse demeurait présente à l’époque de Jésus à cause d’une lecture des Écritures, et en particulier des paroles de Moïse, sans connaître la vérité au sujet du Père, tel que Jésus-Christ l’a révélé. C’est pourquoi, Jésus s’est adressé au seul vrai Dieu en disant : « Père juste, le monde ne t’a point connu; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci (les disciples de Jésus) ont connu que tu m’as envoyé » (Jean 17:25 NEG79).

En réalité, c’est toute la puissance de l’Évangile qui se manifeste grâce à la vérité et par la connaissance de la vérité : Jésus-Christ est la vérité. Une ignorance de la vérité par une interprétation erronée de ce qu’il nous est transmis que Jésus a dit, et par une interprétation erronée des textes bibliques en général, comme de déclarer conforme à la vérité quelque chose qui ne l’ai pas, ne produit rien de la vie et des caractéristiques qui sont en Jésus-Christ. Aussi, lorsqu’on ne vit pas encore les caractéristiques de la vie en Jésus-Christ, telles que décrites dans les textes bibliques par ceux qui ont expérimenté la vérité qui les produit, alors en toute humilité et avec l’aide du Saint-Esprit (Dieu est Esprit), il est fondamental de se poser la question suivante :

Est-ce que ce que je connais et crois être la vérité est conforme à la vérité?

Sanctification 10Parce que la sanctification ne vient pas des efforts humains et de l’éventuelle « bonne intention », mais de la connaissance de la vérité. Dieu ne ment pas (cf. Nombres 23:19). Et une parole qui n’appartient pas à la vérité, n’est pas une parole de Dieu. C’est Jésus-Christ qui l’a fait savoir et sa vie en a été témoin. Jésus-Christ est né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité (cf. Jean 18:37). La parole de Dieu est la vérité. Ce qui n’appartient pas à la vérité ne peut pas appartenir à la parole de Dieu. Ce qui est contraire à la vérité qui est en Jésus-Christ ne peut pas être la parole de Dieu. Même si certains croyants s’obstinent, de nos jours, à appeler « parole de Dieu » des paroles qui s’opposent à la vérité qui est en Jésus-Christ et à ce qu’il a fait connaître au sujet du seul vrai Dieu, son Père. L’Ancien Testament est rempli de certaines croyances au sujet de Dieu et des choses de Dieu qui ne produisent pas une vie semblable à Jésus-Christ. Il s’agit de certaines croyances (pas toutes!) qui ne sont pas conformes à la vérité. Dès les temps anciens, certains hommes de foi ont bien manifesté et démontré la puissance de la foi, et même prophétisé au sujet du Messie, mais aucun n’a démontré être libéré du péché au point d’aimer leurs ennemis comme Jésus-Christ et ses disciples après lui l’ont fait, conformément à la vérité. Il y avait certaines croyances et compréhensions au sujet de Dieu parmi les hommes, qui nous sont rapportées dans les écrits de l’Ancien Testament qui ne permettent simplement pas de vivre les caractéristiques que seule la vérité produit. Et les écrits du Nouveau Testament en véhicule encore certaines séquelles mélangées à la vérité. Jésus a d’ailleurs clairement dit : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont point écoutés » (Jean 10:8 NEG79). Les brebis sont les disciples qui s’attachent à la parole que Jésus-Christ a annoncée et qui permet de parvenir à la connaissance de la vérité. Sans Jésus-Christ, nul ne vient à la connaissance du Père tel qu’il est véritablement. Le terme original traduit ci-dessus par « voleurs » est kleptes qui signifie celui qui détourne, c’est un nom transmis aux faux enseignants, qui n’ont pas soin d’instruire, mais abusent de la confiance pour leur propre gain. Et Jésus dit que tous ceux qui l’ont précédé entrent dans cette catégorie… Oups… ! Sans le témoignage que Jésus-Christ a rendu à la vérité, il y a donc un manque de discernement dans la manière de penser et dans la compréhension au sujet de Dieu et des choses de Dieu, il y a un mélange et une confusion entre ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas. Le père du mensonge est meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). C’est uniquement par la vérité qui est en Jésus-Christ que la confusion entre les œuvres du diable et celles de Dieu peut être démasquée et potentiellement évitée. Celui qui ne s’attache pas à la parole que Jésus-Christ a annoncée ne peut pas parvenir à la connaissance de la vérité.

Croire à certaines choses qui ne sont pas la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu, donc croire à certains mensonges, ne produit pas une vie juste et sainte. Le problème de fond lié au comportement et à l’étouffement de la vie de Jésus-Christ chez le croyant, n’est pas en lien avec la quantité insuffisante d’efforts et de discipline ou la simple mauvaise volonté, mais bien une méconnaissance de la vérité. La sanctification est l’établissement, ou le rétablissement, de la vérité dans la vie d’une personne. Il faut discerner les mensonges qui sont crus concernant Dieu. Certains mensonges concernent les choses de Dieu et/ou ce que Dieu dit à propos des hommes. Il est vital de remplacer ces mensonges par la vérité qui se trouve en Jésus-Christ et qui se trouve à l’aide de Jésus-Christ et du même Saint-Esprit qui était en lui. En réalité, cela ne peut se faire uniquement en cherchant à connaître la vérité et en découvrant la vérité dans laquelle le Saint-Esprit conduit (voir aussi 1 Jean 2:27).

Un mensonge ne peut être décelé que par la connaissance de la vérité. C’est connaître la vérité qui révèle les mensonges qui étaient crus précédemment. Car nous sommes tous venus au monde dans l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu et des choses de Dieu. Les êtres humains se transmettent l’ignorance de la vérité de génération en génération, depuis que le mensonge est entré dans le monde, trompant Adam et Eve. C’est la vérité qui produit l’amour, la libération du péché (faux état de l’esprit) pour une vie juste et sainte. La vérité nous a été rendue connue par Jésus-Christ. Lorsque Jésus enseigne sur l’amour et qu’il dit : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5:48 NEG79), il croit que cela est possible à ses auditeurs, s’ils connaissent le Père tel que Jésus l’a fait connaître. Lorsque Jésus dit à la femme adultère : « Va, mais désormais, ne pèche plus« , il croit que cela est possible pour cette femme. Mais la condition pour que cela soit rendue possible pour elle, c’est de vivre dans la grâce de Dieu que Jésus-Christ a démontrée à tous dans cet épisode, autant envers les accusateurs de cette femme qu’en vers cette femme, et il est nécessaire pour elle de vivre dans la parole que Jésus lui a dite et dont il a fait la démonstration concrète envers ses accusateurs et envers elle : « je ne te condamne pas« . Le problème de cette femme n’était pas dans l’ignorance que rien de bon ne sort de l’adultère, mais dans le fait qu’elle ne connaissait pas l’amour véritable du Père dont seul le Fils de Dieu lui a témoigné. Dieu est amour.

L’encouragement ici, c’est que des transformations importantes et vitales peuvent avoir lieu sans attendre des décennies. Il s’agit du temps nécessaire pour découvrir, établir, ou rétablir, la vérité dans ce qu’on croit concernant le seul vrai Dieu, notre Père céleste, et concernant celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ. Tout en sachant que « celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » (Philippiens 1:6 NEG79).

La connaissance de la vérité, la parole de Dieu, revient à avoir une connaissance correcte et précise de Dieu et de Jésus-Christ. C’est une clé pour que la grâce (faveur de Dieu, imméritée et « imméritable ») et la paix soient multipliées selon 2 Pierre 1:2 dans la vie du croyant.

Voir aussi: