La connaissance du salut par le pardon des péchés

Dans l’évangile que nous transmet Luc, suite à la naissance de son fils Jean, Zacharie retrouve la parole, il est rempli du Saint-Esprit et prophétise en ces termes :

9073525179_1a9b46be8c_o« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur dans la famille de son serviteur David. C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens: un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent! Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre: il avait juré qu’après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, à cause de la profonde bonté de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix » (Luc 1:68-79 SG21).

Zacharie est en train de parler de Jésus lorsqu’il dit que Dieu a visité et racheté son peuple. Le sens original des termes parle ici de rendre visite, dans le sens de prendre soin et aussi de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance. Dieu est venu lui-même, en Jésus-Christ, parmi les hommes (cf. Jean 1:1, 14) pour apporter cette délivrance. La salut dont Zacharie parle ici, consiste à être délivré de ceux qui sont hostiles à Dieu, qui poursuivent et détestent ceux qui marchent avec Dieu. Celui qui caractérise le mieux ces critères d’hostilité reste Satan, qui est la source du mal, celui qui inspire le mal chez l’homme. Satan est le père du mensonge, le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). Aussi, la lutte à mener n’est pas contre les hommes eux-mêmes (cf. Ephésiens 6:12). C’est cette délivrance apportée par Jésus-Christ qui est la manifestation de la bonté de Dieu et de sa fidélité à l’alliance qu’il a faite avec Abraham. La délivrance que donne Jésus-Christ est ce qui permet de servir Dieu sans crainte, car Dieu est amour (cf. 1 Jean 4:8) et l’amour bannit toute crainte (cf. 1 Jean 4:18). Lorsqu’on connait intimement l’amour de Dieu, il n’y a plus de crainte, parce qu’on sait que Dieu est avec nous et pas contre nous (cf. Romains 8:31). Cette délivrance dont parle Zacharie est ce qui permet de marcher dans la sainteté tous les jours de notre vie, c’est-à-dire mener une vie sainte dont l’esclavage du péché est absent. Cette délivrance est aussi ce qui permet de marcher dans la justice de Dieu tous les jours de notre vie. Cela consiste à être au plein bénéfice de la bonté de Dieu et de la manifester aux autres, tel que Christ l’a fait lui-même. Sa justice est ainsi manifestée parce que l’esclavage du péché, et le mal qu’il produit, est une injustice qui est entrée dans le monde par la faute d’un seul homme (cf. Romains 5:16-17). Dieu vient rétablir la justice dans la vie de celui qui se confie en lui par Jésus-Christ. Aussi, il n’est plus victime de cette injustice du péché, et le mal contre lui ne produit plus le mal en lui, il est habilité à l’amour.

Et alors que Zacharie prophétise ensuite sur son propre fils, il nous laisse savoir ceci:

La connaissance du salut vient par le pardon des péchés.

Connaissance du salut 1Zacharie nous dit que le pardon des péchés découle de la profonde bonté de Dieu. Dieu est amour et l’amour pardonne tout (cf. 1 Corinthiens 13:7). Dieu est venu en Jésus-Christ pour faire connaître le fait qu’il pardonne les péchés. D’autant plus que le péché agissant dans la nature de l’homme est une injustice entrée dans le monde à cause de la faute d’un seul qui a fait entrer le mensonge dans le monde et déformer l’image de Dieu dans la pensée de l’homme. La manière de penser des hommes a été corrompue par l’ignorance de la vérité au sujet de Dieu en suivant la pensée du père du mensonge. L’homme est déclaré juste par sa confiance en Dieu, uniquement par sa foi en Lui. Mais l’homme est rendu juste, transformé pour mener une vie juste et sainte, par la foi en la vérité qui est en Christ. Christ et le Père ne font qu’un (cf. Jean 10:30). Il s’agit donc aujourd’hui de la foi en Christ, car c’est Lui la vérité au sujet du Père. En vérité, il ne s’agit pas uniquement d’une déclaration de la part de Dieu, mais il s’agit aussi d’une libération du péché par la vérité que Christ a révélée. Cela se produit lorsqu’on s’en saisit, par le moyen de la foi en ce que Jésus a dit et démontré.

Connaître le salut ne signifie pas seulement en avoir une vague connaissance dans le sens général, mais une bonne compréhension, et c’est Jésus qui apporte cette compréhension. Mais connaître le salut n’est pas juste une théorie, car la délivrance est réelle et véritable, elle est concrète et pratique dans le présent. Le terme original pour salut ici est « soteria » (en grec σωτηρίαν) et il nous parle de délivrance, de conservation, de sûreté et de sécurité. En réalité, il inclut la somme des bienfaits et bénédictions promises par Dieu. Car en Jésus-Christ, Dieu a dit « oui » à tout ce qu’il avait promis (cf. 2 Corinthiens 1:20). C’est par le moyen de la foi que l’on est déclaré juste (cf. Romains 3:21-24). Celui qui est déclaré juste à cause de sa foi en Jésus-Christ est au bénéfice de tout ce que Dieu a promis pour le juste, et la liste de ses promesses est longue. Le salut, cette délivrance et accès à toutes les promesses de Dieu, est obtenu par le moyen de la foi, c’est un don de Dieu par sa grâce, cette faveur imméritée donnée par amour (cf. Ephésiens 2:8).

Sans croire que les péchés sont pardonnés une fois pour toute, il n’est pas possible de connaître et comprendre pleinement le salut qui touche profondément la vie présente. Sans cette connaissance, cela signifie alors rester étranger à la vie que Dieu donne véritablement.

Il est ainsi possible de connaître des choses sur Dieu et d’entretenir une relation avec lui, tout en ne goûtant pas pleinement au salut, à la délivrance.

Zacharie souligne que la bonté de Dieu est ce qui l’a poussé à venir vers nous pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. En Christ réside la vie, c’est lui qui est la lumière (cf. Jean 1:4-5). Les ténèbres n’ont aucun pouvoir face à la lumière. Aussi, lorsque la lumière brille, les ténèbres ne sont pas. L’éclairage que Jésus a apporté est pour être dirigé sur le chemin de la paix. La paix est apportée par le pardon des péchés qui est une fois pour toute (cf. Romains 5:1-2). C’est sur ce chemin de la paix que le croyant est invité à marcher, c’est-à-dire vivre en pleine confiance en Dieu à cause de la vérité de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. Jésus est celui par qui est venu le pardon des péchés d’une manière claire, c’est aussi pourquoi Jésus a dit: « Le chemin, c’est moi, parce que je suis la vérité et la vie » (cf. Jean 14:6). Le terme original pour la paix est « eirene » (en grec εἰρήνης) et il contient la notion de tranquillité, de paix entre les individus*, d’harmonie et de concorde. Il nous parle aussi de sûreté et de sécurité, mais il inclut également la prospérité  qui consiste à cet état favorable tant au niveau de la santé que de la réussite dans ce qui est entrepris. Ce terme « eirene » inclut aussi la félicité, ce grand bonheur et contentement intérieur rempli de joie. Il s’agit aussi de la paix avec Dieu qui amène à ne rien craindre de sa part, ce qui pousse à s’attendre à sa bonté qui est manifestée dans le salut qui vient par la connaissance du pardon des péchés.

* Note sur la paix entre les individus: cette paix n’a pas lieu sans le moyen de la foi. Celui qui vit dans la foi sera habité lui-même par la paix dans ses relations, même avec ceux qui n’ont pas eux-mêmes la foi. Car sa paix ne dépend pas des autres, elle vient de Dieu et fait partie du salut, de ce que Jésus a apporté. Ainsi personne ne peut la lui prendre, sauf s’il se laisse influencer dans sa manière de penser et dans ce qu’il croit en lien avec le pardon des péchés et l’amour de Dieu. Jésus a précisé: « Je pars, mais je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne » (Jean 14:27 BDS). Pour celui qui vit par le moyen de la foi, en paix avec Dieu parce que déclaré juste par sa foi, la paix l’habitera face aux autres. Car la paix vient du fait d’être établi dans la grâce de Dieu, dans l’assurance de son amour. Ceci est le garant de sa bienveillance et de sa justice, Dieu prenant soin lui-même de ceux qui lui appartiennent.

Démontrer la grâce de Dieu c’est lui être fidèle et honorer sa Sainteté

S’il y a une notion du caractère de Dieu qui est souvent mal comprise, c’est celle de sa Sainteté. Dieu est Amour et sa Sainteté est une conséquence du fait d’être amour (voir aussi L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu). Il n’y a aucun mal dans l’amour, l’amour ne trame pas le mal (cf. 1 Corinthiens 13:5). L’Amour est dépourvu du mal car le mal ne trouve aucun accès dans l’amour, et Dieu ne tente/éprouve personne (cf. Jacques 1:13). En réalité:

L’absence de mal est ce qui caractérise la sainteté.

Infidélité 3La sainteté est à l’opposé du mal, elle est à l’opposé de ce qui est du péché. Aussi, la tendance naturelle de la pensée humaine, c’est de vouloir prendre le caractère Saint de Dieu pour le faire pointer le mal et le punir. Mais ce qu’on observe, dès la première désobéissance de l’homme en Eden, c’est un Dieu qui s’approche de l’homme, qui le cherche, alors que celui-ci se cache à cause de la honte qui l’habite à cause de sa faute (cf. Genèse 3:8-13). Bien qu’il sache déjà ce qu’il s’est passé, Dieu montre que de son côté la relation n’est pas brisée. Il pose des questions sans pointer la faute et laisse l’homme lui répondre. Au milieu des conséquences de la désobéissance de l’homme, Dieu montre de suite son désir de pourvoir à ce qui est nécessaire pour couvrir la honte que l’homme ressent. Celui qui détenait le pouvoir de la mort (cf. Hébreux 2:14) a pu agir dans ce monde, une fois qu’Adam s’est placé sous le pouvoir de son autorité, en plaçant sa confiance dans celui qui est le meurtrier et le père du mensonge (cf. Jean 8:44). Les animaux sont les premières victimes de la mort, le meurtrier a frappé dès qu’il a pu. Mais Dieu, celui qui est la vie, en fait des vêtements de peaux à Adam et Eve (cf. Genèse 3:21), afin de couvrir leur honte. Dès le commencement, Dieu a démontré sa grâce et son désir de prendre soin de l’homme, et de supprimer le sentiment de honte et de culpabilité, afin que l’homme place sa confiance en Lui et ne soit pas sous le pouvoir de l’autorité du voleur, celui qui vient pour voler, pour tuer, pour détruire (cf. Jean 10:10). Il y avait déjà là une manifestation du caractère de Dieu, de la vérité qu’il a clairement démontrée en Christ. Car Dieu ne change pas. Il y avait déjà en Eden, cette réalité du besoin de se revêtir de la vérité qui a été démontrée une fois pour toute en Christ (cf. Romains 13:14Galates 3:27). C’est la vérité au sujet de Dieu qui enlève la honte de la désobéissance, par une démonstration de grâce qui est l’expression de l’amour véritable.

Dieu ne change pas, il reste le même. Ce qu’on observe par exemple à la sortie d’Egypte, c’est un peuple qui râle sans cesse, s’en prend à Moïse pour se plaindre de leur situation, et pourtant Dieu, lui, ne les reprend pas. Il leur montre son amour et sa grâce en prenant soin d’eux, sans tenir compte de leur rébellion, ni même la mentionner. Dans le livre des Nombres au chapitre 20, il y a un épisode où Dieu démontre clairement ce que sa sainteté signifie, comment elle se manifeste et l’importance qu’il y attache.

« Le premier mois de l’année, toute la communauté des Israélites parvint au désert de Tsîn… L’eau vint à manquer. Alors le peuple s’attroupa pour s’en prendre à Moïse et Aaron. Ils s’en prirent à Moïse et lui dirent: Ah! Si seulement nous étions morts quand nos compatriotes ont péri devant l’Eternel! Pourquoi avez-vous mené la communauté de l’Eternel dans ce désert? Pour nous y faire mourir, nous et notre bétail? Pourquoi nous avez-vous fait quitter l’Egypte et venir dans ce lieu de misère? Ici on ne peut rien semer! Il n’y a ni figuier, ni vigne, ni grenadier. Il n’y a même pas d’eau à boire!
Moïse et Aaron s’éloignèrent de l’assemblée pour se diriger vers l’entrée de la tente de la Rencontre où ils se jetèrent face contre terre. Alors la gloire de l’Eternel leur apparut. L’Eternel parla à Moïse et lui dit: Prends ton bâton et, avec ton frère Aaron, rassemblez la communauté. Devant eux, vous parlerez à ce rocher pour qu’il donne son eau. Ainsi tu feras jaillir pour eux de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à la communauté et au bétail. Moïse prit le bâton qui se trouvait devant l’Eternel, comme celui-ci le lui avait ordonné. Moïse et Aaron convoquèrent l’assemblée devant le rocher désigné; et Moïse leur dit: Ecoutez donc, rebelles que vous êtes! Croyez-vous que nous pourrons faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher? Moïse leva la main et, par deux fois, frappa le rocher avec son bâton. L’eau jaillit en abondance. Hommes et bêtes purent se désaltérer. Mais l’Eternel dit à Moïse et à Aaron: Vous ne m’avez pas été fidèles et vous n’avez pas honoré ma sainteté aux yeux des Israélites. A cause de cela, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur destine. »
(Nombres 20:1-12 BDS)

Dans ce passage, on voit que Dieu ne demande pas à Moïse de dire quoi que ce soit à son peuple, ni même concernant leur rébellion, mais de montrer simplement sa puissance et sa bonté qui prend soin de leurs besoins. Il dit à Moïse de se tenir devant le peuple avec son bâton, qui est le symbole pour le peuple de l’autorité que Dieu lui a déléguée, et il lui dit de parler au rocher. Mais au lieu de faire ce que Dieu a demandé, Moïse (et Aaron qui était le porte-parole de Moïse pour le peuple) traite le peuple de rebelle, il pointe leur faute et les accuse. Malgré la désobéissance de Moïse, l’eau jaillit en abondance du rocher, car l’Éternel désire bel et bien abreuver le peuple et prendre soin d’eux. Mais le reproche de l’Éternel envers Moïse et Aaron est direct, et la conséquence est importante.

Dieu qualifie d’infidélité envers sa personne le fait de condamner en son nom au lieu de montrer sa grâce, et il appelle cela « ne pas honorer sa sainteté ».

Infidélité 1

La conséquence de cette infidélité à Dieu est que Moïse et Aaron n’ont pas fait entrer le peuple en terre promise. Cet épisode nous montre l’importance que Dieu attache à sa grâce, faveur imméritée, qui est l’expression de sa Sainteté.

Dieu n’a pas changé. Jésus, qui est la vérité, a démontré une fidélité à la sainteté de Dieu dans toutes ses œuvres et ses paroles, et il a dit lui-même: « En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui » (Jean 3:17 BDS). Et ce n’est pas surprenant que Jésus ait dit, à ceux dont la manière de penser était modelée par les prescriptions de Moïse: « Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance » (Jean 5:45 NEG79).

Il y a dans cet épisode de Nombres 20, un principe qui demeure aujourd’hui: pointer et condamner les fautes au nom de Dieu, au lieu de démontrer et témoigner de sa grâce, empêche d’entrer dans les promesses de Dieu. Cela empêche ceux qui appartiennent à Dieu de prendre possession de l’héritage qu’il a promis en Christ, et il en est de même pour celui qui ne vit pas la grâce pour lui-même. Avec cette infidélité à Dieu concernant sa Sainteté, de la part de ceux qui conduisent et/ou enseignent le peuple, le cœur de ceux qui appartiennent à Dieu ne peut jamais être pleinement transformé. Parce que l’image de Dieu qui leur est transmise est celle de la condamnation au lieu de la grâce (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Cela a été la problématique de Moïse, durant tout son ministère, qui est d’ailleurs appelé par Paul « le ministère de la condamnation ». « Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu! » (2 Corinthiens 3:7-9 BDS). Paul relève le fait que le visage de Moïse rayonnait de la gloire de Dieu. Cette gloire venait du temps passé avec l’Éternel. Mais elle était passagère, cette gloire disparaissait lorsque Moïse allait vers le peuple… sans doute à cause de la condamnation et l’absence de grâce avec laquelle Moïse conduisait le peuple. Mais la gloire de ceux qui amènent les hommes à être rendus justes, pour mener une vie juste et sainte, par une démonstration de la grâce en Jésus-Christ, cette gloire-là n’est pas passagère.

Infidélité 2Dans Exode 17, une quarantaine d’années avant l’épisode de Nombres 20, il y avait déjà eu une situation similaire où le peuple s’était plaint. Dieu n’avait pas non plus pointé l’attitude du peuple, mais il avait dit à Moïse: « Passe devant le peuple et emmène avec toi quelques responsables d’Israël. Prends à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil et va! Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb; tu frapperas le rocher, de l’eau en jaillira et le peuple pourra boire. Moïse fit ainsi en présence des responsables d’Israël » (Exode 17:5-6 BDS). En se tenant sur le rocher pour être frappé, il y avait déjà là une démonstration de l’amour de l’Éternel qui prend lui-même les coups que Moïse aurait certainement préféré donner au peuple. Et il y avait déjà là aussi une démonstration que Dieu est la source d’eau vive. C’est ce que Paul souligne aux Corinthiens: « Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait*; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même » (1 Corinthiens 10:4 BDS). Un parallèle avec le Christ que nous montre Exode 17 et Nombres 20 peut faire place à l’illustration suivante: puisque le rocher (le Christ) a pris les coups sur lui-même (à la croix) pour les fautes du peuple, il ne faut plus frapper le rocher en pointant les fautes du peuple, car cela est une infidélité à Dieu et s’appelle déshonorer la Sainteté de Dieu. Christ vit dans chaque croyant en Lui, et par la foi le croyant est un avec Christ, il est son corps et l’ensemble des croyants fait un seul corps: le corps de Christ (cf. Galates 2:20, 1 Corinthiens 12:27Ephésiens 3:17). Jésus a dit à Saul (avant qu’il devienne Paul) qui persécutait les chrétiens: « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?… Je suis, moi, Jésus, que tu persécutes » (cf. Actes 9:4-5). Ainsi, ce qui est fait (ou dit) à ceux qui ont la foi en Christ, c’est à Jésus et à Dieu lui-même que cela est fait (cf. Luc 10:16).

Aujourd’hui, tous ceux qui appartiennent à Dieu, par la foi en Christ et le sceau de son Esprit, sont à l’image des « prêtres » de la loi de Moïse (cf. 1 Pierre 2:5, Apocalypse 1:6). Ce que Dieu désire de la part de ceux qui conduisent son peuple, mais aussi de tous ses « prêtres » que sont chaque croyant, c’est qu’ils montrent sa grâce au peuple en s’adressant au rocher (le Christ), et ce devant le peuple pour qu’il en sorte de l’eau vive, afin que les hommes soient abreuvés par cette eau vive et goûte à la grâce de Dieu. C’est ainsi que ses « prêtres » (tout disciple de Jésus), et ceux qui conduisent le peuple de Dieu en particulier, feront entrer son peuple dans les réalités que Dieu a promise en Christ.

* Paul dit que le rocher accompagnait le peuple, parce qu’il y avait eu deux événements similaires  à une quarantaine d’années d’intervalle.

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 2ième Partie

…suite de l’article précédent.

Amour 3La grâce est la faveur de Dieu, imméritée et « imméritable », il ne peut pas en être autrement parce que Dieu est Amour. La grâce est comment Dieu exprime et manifeste concrètement son Amour, qui est inconditionnel. Dieu ne peut pas aimer autrement que inconditionnellement. Dieu ne peut pas exprimer un Amour issu du mérite, en fonction de l’autre, ceci est impossible parce que son Amour est absolu, parfait, inconditionnel et ne peut pas dépendre de l’être aimé. Rien ni personne ne peut changer Dieu Lui-même, et Dieu est Amour. La grâce ne peut qu’être imméritée et « imméritable », autrement ce n’est plus la grâce, c’est du mérite (définition du mérite: ce qui rend quelqu’un, ou sa conduite, digne d’estime, de récompense, eu égard aux difficultés surmontées). L’Amour parfait ne peut pas s’imposer, il ne peut que tenir compte de la volonté de l’être aimé, autrement ce n’est plus l’Amour. L’Amour ne peut pas être intéressé, dans le sens de chercher son propre intérêt, mais il s’intéresse à l’autre et à son intérêt. Et un aspect qui peut être essentiel de comprendre, c’est que:

L’Amour donne mais ne peut pas imposer à l’autre de recevoir.

Dieu nous a donné Jésus-Christ, mais il ne peut pas nous imposer de recevoir, car il est Amour. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné…« . Quand il s’agit de donner à l’autre, l’Amour ne peut que donner du bon à l’autre. Quand il s’agit de « prendre » quelque chose de l’autre, l’Amour ne peut « prendre » que le mal de l’autre:

« Pourtant, en vérité, c’est de nos maladies qu’il s’est chargé, et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui, alors que nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié.
Mais c’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé.
Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants, pareils à des brebis, chacun de nous allait par son propre chemin: l’Éternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous » (Esaïe 53:4-6 BDS). Contrairement à la pensée tout humaine, Dieu n’a pas puni Jésus, mais il était en Christ réconciliant le monde avec lui-même ne tenant pas compte des fautes (cf. 2 Corinthiens 5:19). Christ a démontré que Dieu ne punit pas, ne frappe pas et n’humilie pas, mais il prend sur Lui. Dieu était en Christ et il a choisi de prendre sur lui: « En effet, personne ne peut m’ôter la vie: je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10:18 BDS). Ésaïe a prophétisé notre fausse manière de penser en disant: « nous pensions que Dieu l’avait puni, frappé et humilié« .

C’est là qui est Dieu: il est Amour.

Jésus est la Vérité concernant Dieu, toutes ces caractéristiques de Dieu se retrouvent en Christ, car il est dans le Père et le Père est en lui. C’est ce que Jésus dit à Philippe:

« Philippe intervint:
– Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira.
-Eh quoi, lui répondit Jésus, après tout le temps que j’ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire: «Montre-nous le Père?»
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même: le Père demeure en moi et c’est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres. Croyez-moi: je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez au moins à cause des œuvres que vous m’avez vu accomplir (Jean 14:8-11 BDS).

Amour 1Toutes les caractéristiques de l’Amour décrites dans cet article (1ère et 2ième partie), qui correspondent à qui est Dieu, ont été démontrées en Jésus et par Jésus durant son vie, et l’œuvre de Christ à la croix contient même la totalité des caractéristiques de l’Amour. « A peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être quelqu’un aurait-il le courage de mourir pour le bien. Mais voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous: alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Romains 5:7-8 BDS).

C’est essentiel de connaître ces caractéristiques de l’Amour, qui correspondent à qui est Dieu dans son essence, parce que toute méconnaissance de qui est Dieu en tant qu’Amour, ne permettra pas d’être rempli de l’amour de Dieu, ni de mener une vie dépourvue de crainte, cette réalité que Jean a connue et décrite: « Nous avons connu l’amour que Dieu nous porte et nous y avons cru... L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité. Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier » (1 Jean 4:16-19 BDS).

L’Amour: caractéristique essentielle de qui est Dieu – 1ère Partie

Amour 4Dans sa première lettre écrite, notamment pour déceler un certain nombre d’hérésies qui commençaient à être enseignées parmi les chrétiens, Jean souligne ce qui est lié à l’amour. Il s’agit ici de l’amour “agapê”, qui est l’amour même de Dieu. « Mes chers amis, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et il connaît Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:7-8 BDS). En s’adressant à « mes chers amis« , Jean ne s’adresse pas uniquement à des chrétiens, mais aussi à des non-chrétiens*. Il y a là un test direct pour savoir si nous connaissons effectivement Dieu de façon intime. En d’autres termes, un test aussi pour savoir si ce que nous connaissons de Dieu est bien la vérité conforme à qui est le Dieu unique et véritable que Christ a démontré. Une relation d’intimité en communion avec Dieu implique une connaissance correcte au sujet de sa personne. Et le test de la connaissance intime de Dieu est: est-ce que j’aime d’un amour « agapê »? Si oui, c’est que je connais intimement Dieu, nous dit Jean. Ceci implique non seulement une relation avec Dieu, mais aussi une connaissance correcte concernant qui est Dieu:

Dieu est Amour.

Il est important de rappeler ici qu’il ne s’agit pas de recevoir une condamnation pour l’absence d’amour. Aussi, l’absence de l’amour « agapê » doit seulement être perçue comme une indication d’hérésie(s) ou d’ignorance(s) dans ce qui est cru concernant Dieu, autrement dit une méconnaissance de Dieu. On ne parle pas ici des choses de Dieu, mais des caractéristiques de Dieu lui-même, bien que les deux soient liées. On ne peut pas avoir une connaissance correcte des choses de Dieu sans avoir une connaissance correcte de Dieu lui-même et de ses caractéristiques.

Amour 2Jean décrit en quoi consiste l’amour: « cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire (un apaisement) pour nos péchés… Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui... La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4:10, 16, 18, 19 NEG79). Jean sait d’où lui vient l’amour « agapê » avec lequel il aime les gens, ce n’est pas une prétention, mais bien la réalité de ce qu’il connait et vit, c’est pourquoi il en parle.

Jésus a dit: « Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle. En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu’il soit sauvé par lui » (Jean 3:16-17 BDS).

Aujourd’hui, le verbe « aimer » et le terme « amour » sont employés avec toutes sortes d’idées, mais Paul donne aux Corinthiens un descriptif des caractéristiques véritables de l’amour, telles qu’on peut les voir en Jésus-Christ. Par définition: « L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. L’amour n’aura pas de fin. … En somme, trois choses demeurent : la foi, l’espérance et l’amour, mais la plus grande d’entre elles, c’est l’amour » (1 Corinthiens 13:4-8, 13 BDS).

L’amour est la plus grande chose, nous dit Paul. En réalité, c’est précisément parce que Dieu est Amour. Toutes les autres caractéristiques qui sont en Dieu découlent de celle-ci. Il n’y a pas de mal dans l’Amour, le mal n’y trouve aucun accès. C’est la raison pour laquelle Dieu est Saint, car il n’y a aucun mal en Lui et il ne peut pas y en avoir. L’Amour ne peut pas supporter, ni soutenir, ni semer l’injustice quelle qu’elle soit, c’est pourquoi Dieu peut seulement être Juste. C’est la raison pour laquelle Dieu ne répond pas à l’injustice par l’injustice, ni au mal par le mal, Christ l’a enseigné et démontré par sa vie. L’Amour tient parole quoi qu’il arrive, c’est pourquoi Dieu est Fidèle. « Si nous sommes infidèles, lui, il demeure fidèle, car il ne pourra jamais se renier lui-même » (2 Timothée 2:13 BDS). L’Amour est fidèle à tout ce qu’il dit, à tout ce qu’il promet, car l’Amour ne ment pas. L’Amour est la vérité, il n’y a pas de mensonge dans l’Amour, il ne peut pas mentir, c’est la raison pour laquelle Dieu est la vérité: Jésus-Christ est la vérité, car Dieu est amour et ils sont un, parfaitement unis (cf. Jean 10:30).

A suivre

 

* pour rappel: dans cette lettre, lorsque Jean s’adresse spécifiquement aux chrétiens, il les appelle « mes chers enfants » (chrétiens issus de son propre ministère), ou « enfants » (chrétiens au stade d’enfant), ou encore « jeunes gens » ou « pères » qui sont là aussi des termes de maturité dans l’union avec le Christ.

La vérité dans l’amour: clé de la croissance

S’il y a une notion qui a certainement provoquée plus de blessures chez les gens que ce qu’elle en a guérie, c’est probablement celle de « dire la vérité à son prochain« . Ceci vient essentiellement de ce que les gens comprennent par « dire la vérité« , qui est souvent interprété faussement comme dire tout ce que l’on pense, ce que l’on ressent, exprimer notre désaccord avec l’autre, lui faire savoir ce qu’il a provoqué chez nous, et surtout ce qui ne va pas chez lui…, etc. Dans le Nouveau Testament, lorsque la Bible parle de « la vérité« , elle sous-entend essentiellement dans la majorité des textes, la vérité concernant Dieu et les choses de Dieu. Il s’agit en particulier de la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu, tout ce qu’elle comprend et dont Jésus en est la démonstration. C’est Jésus qui est la Vérité (cf. Jean 14:6) dont la Bible parle, l’image visible du Dieu invisible (cf. Colossiens 1:15).

Voici ce que Paul écrit avant de mentionner la notion de dire la vérité à son prochain : « C’est lui (Dieu) qui a fait don de certains comme apôtres, d’autres comme prophètes, d’autres comme évangélistes, et d’autres encore comme pasteurs et enseignants. Il a fait don de ces hommes pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à accomplir leur service en vue de la construction du corps du Christ. Ainsi nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. Au contraire, en exprimant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête: le Christ (Ephésiens 4:11-15 BDS).

Vérité dans l'amour 2Ce que Paul dit ici, c’est que les serviteurs que Dieu a donnés comme ambassadeurs (apôtres), comme porte-paroles de Dieu (prophètes), comme annonceur de la Bonne Nouvelle (évangélistes), comme prenant soin des autres tels des bergers (pasteurs) et enseignant les choses de Dieu (enseignants), sont donnés pour équiper les autres dans ses domaines respectifs, afin qu’ils soient rendus aptes à servir pour construire le corps de Christ. Paul dit même que c’est de cette manière-là, à travers la contribution de chacun de ces services mentionnés, pour que tous soient équipés dans tous ces domaines, que nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et l’unité dans la connaissance de Jésus-Christ. Il dit qu’ainsi équipé, on parvient à l’état d’adultes dans la foi, c’est-à-dire à un stade où le plein développement de la vie de Christ est manifeste chez le croyant. Il est intéressant de noter que Paul ne donne aucune hiérarchie dans ces services, mais que chacun d’eux est nécessaire pour que ceux qui appartiennent à Dieu soient rendus aptes à servir en vue de la construction du corps de Christ. Aujourd’hui, le problème se trouve dans le fait que ceux qui enseignent les autres dans ces domaines, bien que considérés dans ces cinq services, ne connaissent souvent pas eux-mêmes la vérité. En étant modelé par le monde actuel et par la tradition de ce qu’ils ont entendu des autres, ils font partie des « hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur« , par une sagesse tout humaine que les enfants dans la foi ne discernent en général pas. Le résultat est qu’aujourd’hui, de nombreux croyants ne parviennent jamais à l’état d’adulte, à un stade où se manifeste toute la plénitude de Christ. Surtout, s’ils ne cherchent pas eux-mêmes à connaître la vérité. Les cinq services dont parle Paul étaient, en son temps, par des hommes qui connaissaient la vérité et qui vivaient selon la vérité. Celle-ci n’avait pas encore été diluée dans des traditions issues d’une pensée tout humaine, et maintenue durant des siècles à cause de l’inaccessibilité aux Écritures par les croyants, et dont l’Église en porte encore de nombreuses séquelles.

Ce passage de la lettre aux Ephésiens laisse entendre que ce qui caractérise un enfant dans la foi est d’être ballotté par le vent de toutes sortes d’enseignements, ces enseignements pouvant même être contradictoires entre eux. Il laisse entrevoir que ce ballottement provient, d’une part, d’un manque au niveau des cinq services mentionnés, mais aussi, d’enseignements provenant d’hommes habiles à entrainer les autres dans l’erreur. Il faut comprendre que lors des écrits de Paul, les écrits du Nouveau Testament que l’on connait aujourd’hui n’étaient pas encore rassemblés et accessibles à tous les croyants. Sans compter que les évangiles n’avaient pas encore été mis par écrit. Les services mentionnés étaient donc essentiels pour que les croyants soient enseignés correctement. Lorsqu’on parle d’entrainer les autres dans l’erreur, on parle ici d’enseignements qui ne sont pas conformes à la vérité, bien qu’ils semblent être authentiques aux oreilles de ceux qui sont enfants dans la foi*. La conséquence est que la plénitude qui vient du Christ n’est pas manifeste chez les croyants, l’état d’adulte n’est pas atteint. Mais ce stade n’est bien souvent pas atteint non plus chez ceux qui enseignent pourtant les autres. Pour cette raison:

Tout enseignement doit être éprouvé, avec une préoccupation sincère de la vérité, à la lumière de ce que dit véritablement celui qui est la vérité : Jésus-Christ.
(voir aussi Approche théologique)

Cette préoccupation de la vérité doit être constante, parce que tout enseignement qui n’est pas conforme à la vérité ne produit simplement pas ce que seule la vérité produit: la libération de l’esclavage du péché (cf. Jean 8:31-45), une vie juste et sainte (cf. Ephésiens 4:24) conforme à la volonté de Dieu: l’amour. Mais c’est aussi l’accomplissement des promesses de Dieu dans la vie du croyant qui se trouve compromis par une méconnaissance de la vérité. Malheureusement, chez de nombreux croyants, par leur méconnaissance de la vérité, le règne de Dieu (voir Romains 14:17) n’est pas manifesté dans leur vie, et les mêmes œuvres que Jésus a faites et qu’il a dit que ses disciples feraient (Jean 14:12) se trouvent également absentes de leur vie.

Vérité dans l'amour 3Dans la foi, le stade adulte n’est pas simplement atteint par les années qui passent. Il est possible de confesser Jésus comme Seigneur et de croire que Dieu l’a ressuscité des morts, et cela depuis de nombreuses années et être toutefois resté un enfant dans la foi aux caractéristiques ci-dessus (voir aussi note de bas de page*), à cause de manquements au niveau des services mentionnés et/ou d’enseignements erronés qui sont crus (voir aussi La vérité: clé de l’obéissance & l’obéissance: test de la vérité). Le Saint-Esprit, que Jésus dénomme précisément « l’Esprit de vérité« , joue un rôle majeur pour conduire dans le discernement de la vérité et filtrer ce qui est erroné dans les enseignements donnés par certains hommes: « Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière » (Jean 16:13 BDS). Les enseignements erronés sont rarement totalement erronés. Mais ils contiennent souvent un certain nombre d’éléments de la vérité qui se trouvent mélangés avec des mensonges issus d’une pensée tout humaine, généralement modelée par le monde actuel et par la tradition. Ces enseignements erronés peuvent résonner comme remplis de sagesse pour ceux qui connaissent mal les Écritures, et en particulier ignorent les paroles que Jésus a prononcées. Il est donc vital de connaître la vérité qui est en Christ et de se débarrasser du mensonge qui peut habiter ce qu’on croit.

« C’est pourquoi, débarrassés du mensonge, que chacun de vous dise la vérité à son prochain… » (Ephésiens 4:25 BDS). C’est débarrassé du mensonge concernant Dieu et les choses de Dieu, que l’Évangile est véritablement ce qu’il est: la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. C’est ainsi que ce qui est transmis est « la vérité à son prochain« . C’est cela que Paul décrit par « la vérité » à dire à son prochain (voir aussi La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce).

Mais cette vérité, la Bonne Nouvelle avec tout ce qu’elle comprend, se doit d’être exprimée dans l’amour (cf. caractéristiques de l’amour). C’est ainsi que nous grandissons à tous égards vers le Christ, c’est-à-dire à sa ressemblance. Exprimer la vérité dans l’amour implique d’être premièrement soi-même enraciné dans l’amour de Dieu, afin que la vérité qui est exprimée soit issue d’un amour pour les gens. Paul insiste sur l’amour à plusieurs reprises, comme aux Corinthiens: « Supposons que j’aie le don de prophétie, que je comprenne tous les mystères et que je possède toute la connaissance; supposons même que j’aie, dans toute sa plénitude, la foi qui peut transporter les montagnes: si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu’à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m’en vanter, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien. » (1 Corinthiens 13:2-3 BDS).

Et c’est pour transmettre la vérité dans l’amour que Paul a consacré sa vie: « C’est pour publier ce témoignage que j’ai été institué prédicateur et apôtre (je dis la vérité, je ne mens pas), pour enseigner aux non-Juifs ce qui concerne la foi et la vérité » (1 Timothée 2:4-7 BDS).

 

* A noter: Les caractéristiques que Paul décrit comme celles des enfants dans la foi sont notamment: être asservis aux principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde (Galates 4:3), fonctionner comme des hommes livrés à eux-mêmes en fonction de leur propre nature et agissant d’une manière tout humaine, se jalouser les uns les autres et se disputer, se caractériser et se comparer par une dénomination (1 Corinthiens 3:1-4). Jean le résume ainsi, lorsqu’il décrit ceux qui ne sont plus des enfants dans la foi, mais qui sont déjà parvenus à l’état de « jeunes gens« , il dit qu’ils ont vaincu le mal (1 Jean 2:12-14), leur vie n’est plus caractérisée par le péché (voir 1 Jean 3:1-10). Il n’y a pas de condamnation apportée par Paul et par Jean, mais un bon moyen de tester, en étant honnête avec soi-même, si ce que l’on croit est la vérité. La présence des caractéristiques de « l’enfant dans la foi » devrait être un signal dans la vie du croyant qu’il y a des choses erronées dans ce qu’il croit concernant Dieu et les choses de Dieu. La connaissance de qui est Dieu véritablement, tel qu’il s’est révélé en la personne de Jésus-Christ, a pour conséquence l’amour. C’est ce que nous dit Jean: « Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4:8 BDS). Jean ne laisse aucune place à la prétention.

La grâce c’est la vérité & la vérité c’est la grâce

Dans le premier chapitre de son Évangile, Jean écrit ceci: « Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité!  » (Jean 1:14 BDS). Dans ce passage, Jean définit la gloire qu’il a contemplé dans le Fils unique envoyé par le Père comme: plénitude de grâce et de vérité! Ce qui veut dire que:

La plénitude de la grâce et de la vérité est la gloire de Dieu.

Grace et vérité 1Jean exprime qu’il n’y a pas eu d’autres fils comme ce Fils envoyé par le Père, il est unique. Ce que Jean et d’autres ont pu contempler dans ce Fils, n’avait jamais été contemplé en aucun autre. Ainsi, en Jésus-Christ, la grâce et la vérité de Dieu se trouvent au plus haut degré de développement, dans toute leur force, leur intensité et c’est là ce qui qualifie la gloire de Dieu. Et Jean poursuit en disant: « Nous avons tous été comblés de ses richesses. Il a déversé sur nous une grâce après l’autre. En effet, si la Loi nous a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1:16-17 BDS). La grâce de Dieu est surabondante et inépuisable, elle est à la mesure de l’amour de Dieu (voir aussi La grâce: l’expression de l’amour inconditionnel de Dieu).
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Dans ce qu’il exprime ici, Jean place d’un côté la Loi donnée par Moïse, et de l’autre côté la grâce et la vérité. Ce qui est intéressant de relever c’est que la vérité est du côté de la grâce, faveur imméritée et « imméritable ». Les prescriptions données en marge du décalogue par l’intermédiaire de Moïse impliquaient un fonctionnement au mérite alors que la grâce est exactement l’opposé. Certaines prescriptions de Moïse excluaient la grâce et condamnaient à mort. La vérité est que la grâce est précisément ce qui démontre l’amour de Dieu, sa véritable nature et c’est Christ qui a rendu témoignage à la vérité. Personne d’autre ne l’a fait.
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Avant le régime de la Loi introduit par Moïse, régime avec des prescriptions au mérite, on constate un Dieu invisible qui ne tenait pas compte des fautes de ceux qui avaient placé leur confiance en lui, ni de son peuple conduit par Moïse. On voit l’Éternel qui manifeste sa bienveillance, sa grâce envers eux (par exemple Genèse 12, Exode 16, Exode 17). Mais l’histoire semble subir comme un nouveau tournant à travers le ministère de Moïse qui, au service du décalogue gravé sur des pierres, a conduit à la mort, à ce qui s’oppose à l’amour (cf. 2 Corinthiens 3:7-9, Jean 5:45). Le ministère de Moïse fait apparaître l’Éternel comme ayant changé d’humeur, et comme celui qui demande la mort à cause de sa sainteté. Mais cette idée pervertit la définition de la sainteté qui est précisément l’absence de tout mal. L’Éternel semble avoir fait savoir à Moïse, à la fin de sa vie, qu’Aaron et lui, ont déshonoré la sainteté de Dieu aux yeux des Israélites (cf. Nombres 20:12-13). La sainteté de Dieu, l’absence du mal en Lui, a été pleinement démontrée en Jésus-Christ. Par ses paroles et ses actes, Jésus a mis en lumière qu’un certain nombre de décisions et paroles transmises par Moïse en marge du décalogue étaient une réponse issues d’une pensée tout humaine face à la dureté du cœur des hommes (cf. Matthieu 19:8Jean 5:45, 8:1-11). La Loi de Dieu gravée sur des pierres a démontré la perversité de la pensée tout humaine modelée par le père du mensonge qui est le meurtrier dès le commencement (cf. Jean 8:44). La réaction de Moïse avec le décalogue a été la même que celle de beaucoup de croyants aujourd’hui qui se retrouvent avec ses mêmes loi de Dieu gravées dans leur cœur: ils se condamnent eux-mêmes et condamnent les autres par ces lois. Et cela parce qu’ils ne tiennent pas compte de la vérité qui est en Christ: Dieu ne tient pas compte des fautes et un changement de la manière de penser est nécessaire pour être rendu apte à vivre conformément à la loi de l’amour que Christ a démontrée. Il y a une perversion de la manière de penser des hommes que la loi de Moïse met en évidence. C’est ce dont Paul parle aux Romains en disant: « Est-il donc possible que ce qui est bon (le décalogue) soit devenu pour moi une cause de mort? Au contraire, c’est le péché (harmatia qui signifie faux état d’esprit) ! En effet, il m’a donné la mort en se servant de ce qui est bon pour manifester sa nature de péché et pour montrer son excessive perversité par le moyen du commandement » (Romains 7:13 BDS). « Car personne ne sera déclaré (rendu) juste devant lui parce qu’il aura accompli les œuvres demandées par la Loi. En effet, la Loi donne seulement la connaissance du péché » (Romains 3:20 BDS). Ce régime de la loi de Moïse, régime du mérite, n’a rien solutionné, au contraire. Et ce régime instauré par Moïse au service du décalogue que personne n’arrivait à satisfaire à cause du péché, ce faux état d’esprit de la pensée tout humaine, a duré jusqu’à la venue de Dieu Lui-même en la personne de Jésus-Christ. Christ en démontrant la vérité a mis fin à ce régime-là, une fois pour toutes. « Car le Christ a mis fin au régime de la Loi pour que tous ceux qui croient soient déclarés (rendus) justes » (Romains 10:4 BDS).

La vérité est du côté de la grâce, pas du côté de la loi de Moïse.

Grace et vérité 2C’est la grâce qui est la vérité parce que la loi de Moïse avec son régime au mérite ne reflète pas l’amour de Dieu, ni le fait qu’il soit juste. La loi de Moïse peut laisser croire à celui qui ne comprend pas l’intention de Dieu, que Dieu fonctionne au mérite. La Loi peut aussi laisser croire faussement que Dieu est injuste, parce que suite à la faute d’un seul, Adam, tous ont hérité d’une fausse manière de penser et de ses conséquences. Mais Dieu a toujours fait grâce, mais le seul moyen d’y accéder a toujours été celui de la foi. La vérité qui est en Christ c’est que tous ont la possibilité d’accéder à la grâce de Dieu (voir aussi Le cœur est affermi par la grâce). Dieu désire partager son amour. Il a créé l’homme par amour, pour l’amour et pour lui partager sa gloire: sa grâce (cf. Ephésiens 1:6). Son désir est de bénir l’homme, de lui déverser sa grâce, que le cœur de l’homme s’attache à Lui et soit le reflet de Son image, mais il ne peut pas le faire contre la volonté de l’homme, sans le choix de l’homme de mettre sa confiance en Lui et de penser comme Lui. Il ne peut pas le faire sans le moyen de la foi (voir aussi La foi qui plait à Dieu: croire en sa faveur imméritée).

Dans le texte original de Jean 1:17, le verbe utilisé pour la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ est un singulier. Pour être pleinement fidèle au sens, il faudrait traduire par la grâce et la vérité est venue par Jésus-Christ, ce qui donne une faute de français. Mais en réalité, la grâce et la vérité ne font qu’un! Si l’on touche à la grâce, on touche à la vérité, et de la même manière si l’on touche à la vérité, on touche à la grâce. La vérité c’est la grâce et la grâce c’est la vérité, et les deux sont venus en un Fils unique: Jésus-Christ, conformément à cette parole de l’Écriture: « L’amour et la vérité vont se rencontrer, et la justice et la paix se donneront l’accolade » (Psaumes 85:11 BDS).

L’amour fait grandir dans la foi

Hands Holding a Seedling and SoilDans sa réponse aux Corinthiens sur leur question en rapport aux viandes sacrifiées aux idoles, Paul commence ainsi: « Passons au problème des viandes provenant d’animaux sacrifiés aux idoles. «Nous possédons tous la connaissance voulue,» dites-vous. C’est entendu, mais cette connaissance rend orgueilleux. L’amour, lui, fait grandir dans la foi » (1 Corinthiens 8:1 BDS).

Il est écrit ici que la connaissance évoquée par les Corinthiens rend orgueilleux, et dans ce passage Paul met en opposition la connaissance qui rend orgueilleux et l’amour.

Le terme ici pour connaissance est gnosis qui signifie la connaissance dans le sens général d’intelligence, de compréhension. La connaissance sans l’amour comme fondation se retrouve avec une prétention à se considérer comme supérieur par la connaissance. Il en découle une sagesse tout humaine qui ne fait pas appel au moyen de la foi, mais qui agit selon les principes de ce monde, et qui bien souvent cherche à être justifié par les œuvres, dans un fonctionnement au mérite. En réalité, c’est l’orgueil que nourrit la connaissance qui est dépourvue d’amour. L’amour ici est le terme agapê. C’est cet amour inconditionnel qui ne se trouve pas dans l’homme livré à lui-même vivant sans le moyen de la foi, mais cet amour qui se trouve dans celui qui se sait profondément aimé inconditionnellement par Dieu et qui connait Dieu conformément à la vérité qui est en Jésus-Christ. (voir aussi L’amour: clé de la plénitude de Dieu). L’orgueil et l’amour inconditionnel sont incompatibles. Car celui qui croit qu’il est profondément aimé inconditionnellement et parfaitement accepté par Dieu, tel que Jésus-Christ l’a fait connaître, n’a plus rien à prouver à qui que ce soit. Sa valeur et son identité sont alors en Dieu, par la foi en Jésus-Christ, et non plus dans une connaissance qu’il évalue comme inférieure ou supérieure aux autres. Ainsi, l’amour (agapê) éteint l’orgueil qui n’a plus de raison d’être dans le cœur de celui qui connait Dieu et se sait aimé inconditionnellement par lui.

La lettre aux Hébreux 12:2 nous dit que Jésus est celui qui fait naître la foi et qui la mène à la perfection. Comment cela se produit-il? Jésus-Christ nous révèle la vérité concernant l’amour inconditionnel pour nous de notre Père céleste, le seul vrai Dieu. La connaissance de l’amour de Dieu pour nous a pour conséquence la confiance en lui, la foi, cette ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas (cf. Hébreux 11:1). C’est ainsi que l’amour fait grandir dans la foi. Sans l’amour agapê, la connaissance rend orgueilleux.

C’est aussi pour cela que Jésus a fait savoir à ses disciples : « Comme le Père m’a toujours aimé, moi aussi je vous ai aimés; maintenez-vous donc dans mon amour (agapê) » (Jean 15:9 BDS).